REPORTER SANS FRONTIERES section Suisse

Nations Unies : Une vraie lame de fond s'acharne sur la société
February 23rd, 2017

C’est ainsi que Michel Forst décrit la situation actuelle à travers le monde. C’est pour illustrer les attaques contre la liberté et l’indépendance des medias et soutenir ses analyses et ses propositions que RSF fera la déclaration suivante à la 34ème session du Conseil des droits de l’homme

Mr. Frost attribut avec raison les attaques qui cherchent à affaiblir durablement la société civile aux profondes reconfigurations politiques qui s’opèrent sur tous les continents.

 

Cela est particulièrement vrai pour leurs effets sur les medias et tous les acteurs de l’information qui dans  certains pays sont dorénavant désignés ‘ennemi N° 1’ . Parmi ces pays on en retrouve qui, jusqu’à très récemment, se présentaient  comme les plus ardents défenseurs de la liberté et indépendance de la presse et ne se privaient jamais de critiquer les mauvais élèves.

 

L’exemple récent le plus flagrant   est la conférence de presse du président des Etats Unis qui passa 77 minutes à accuser la presse de malhonnêteté en appelant  le public à «combattre  les attaques et les déceptions des media». Il a aussi l’habitude de désigner certains journalistes qui lui posent des questions gênantes à l’opprobre  générale.

 

Au Royaume Uni, c’est une menace juridique qui se profile. Il s’agit d’une proposition de loi punissant les journalistes de prison s’ils obtiennent des informations par le biais de fuites. Ainsi, cette loi redéfinirait comme ‘espionnage’    une action commise non seulement par celui qui communique des données mais également celui qui les obtient. Un journaliste qui fait un travail légitime d’information  deviendrait ainsi un ‘espion’ passible de prison.

 

En France, l’un des candidats aux élections présidentielles et ses alliés ne se privent pas d’attaquer et de railler les journalistes qui couvrent leur campagne. Une autre candidate a fait éjecter d’une réunion de campagne un journaliste qui lui posait une question embarrassante.

 

Enfin, il y a la Hongrie où Victor Orban qui depuis 2010 ne cesse d’accroitre son contrôle sur les  medias  en toute impunité et la Pologne dont le gouvernement conservateur en place depuis 2015 étend aussi son contrôle sur les medias public,  manie sans complexe la pression économique pour influencer les réseaux d’information prives et limite l’accès des journalistes au parlement.

 

RSF soutient les propositions de M. Forst d’étudier les nouveaux paradigmes  qui redéfinissent le rôle de la société civile afin de mieux en comprendre les tenants et aboutissants. Nous l’encourageons également à collaborer avec ses collègues qui traitent de liberté d’expression, d’assemblée, du droit à la vie privée et des impacts des mesures anti-terroristes dont le mandat est complémentaire.