REPORTER SANS FRONTIERES section Suisse

“Bravo Donald !”: les prédateurs de la liberté de la presse saluent les efforts de Donald Trump pour dénigrer les journalistes
January 18th, 2018

Depuis l'accession de Donald Trump à la fonction suprême, plus une semaine ne passe sans que le président des Etats-Unis attaque et dénigre les journalistes. Quasi-quotidiennement, il les accuse de divulguer des "fake news" et de mal faire leur travail. Dernière offensive en date, le chef de la Maison Blanche a annoncé sur son compte Twitter, son intention de décerner des prix pour les médias « les plus malhonnêtes et corrompus de l’année ».
Face à cet acharnement et en réponse à cette annonce grotesque, Reporters sans frontières (RSF) lance sur les réseaux sociaux une campagne intitulée “Bravo Donald !”.

Réalisée par l’agence de publicité BETC, cette campagne met en scène certains prédateurs de la liberté de la presse (le président de la République populaire de Chine Xi Jinping, le guide suprême de la Révolution islamique d’Iran Ali Khamenei, le président de la Turquie Recep Tayyip Erdogan et le président du Venezuela Nicolás Maduro) félicitant le président américain pour ses efforts et sa créativité pour bafouer la liberté de l’information et dénigrer les journalistes.

“Cette campagne rappelle, sur le ton de l’humour, que les pratiques du président américain ne sont pas dignes du pays du 1er amendement. Les agissements de Donald Trump entraînent petit à petit les Etats-Unis vers un climat anti-journaliste digne des pires pays pour la liberté de la presse, alors même qu’il a fait le serment, lors de son entrée en fonction, de la protéger et de la défendre, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières. En attaquant de la sorte les journalistes et en infantilisant de façon grotesque les médias, Donald Trump fait peser de lourdes menaces sur la démocratie américaine.”

Les Etats-Unis ont perdu en un an deux places au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF, se situant à la 43e place. Les violations de la liberté de la presse survenues en 2017 seront prises en compte dans le classement de 2018, qui enregistrera très certainement une nouvelle chute des Etats-Unis.