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	<title>actualité | Reporter sans frontières</title>
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		<title>Allemagne : RSF se prépare dès à présent à d’éventuels recours juridiques en réponse aux projets de l’AfD pour l’audiovisuel en Saxe-Anhalt</title>
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		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Sep 2026 13:18:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Reporters sans frontières (RSF) se prépare à engager d&#8217;éventuelles actions en justice contre tout affaiblissement du régime pluraliste de radiodiffusion en Saxe-Anhalt. Cette décision fait suite aux annonces de l&#8217;AfD, qui a déclaré qu&#8217;en cas d&#8217;arrivée au pouvoir, elle résilierait les accords interétatiques relatifs à la radiodiffusion et procéderait à une refonte en profondeur de [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><b>Reporters sans frontières (RSF) se prépare à engager d&rsquo;éventuelles actions en justice contre tout affaiblissement du régime pluraliste de radiodiffusion en Saxe-Anhalt. Cette décision fait suite aux annonces de l&rsquo;AfD, qui a déclaré qu&rsquo;en cas d&rsquo;arrivée au pouvoir, elle résilierait les accords interétatiques relatifs à la radiodiffusion et procéderait à une refonte en profondeur de la radiodiffusion publique.</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">« Nous prenons au sérieux les annonces de l’AfD et nous nous préparons donc dès à présent à d’éventuelles ingérences de l’État dans la réglementation de l’audiovisuel », déclare Christian Mihr, directeur général de Reporters sans frontières. « Si un futur gouvernement régional venait à dénoncer les accords interétatiques sur l’audiovisuel et s’il s’avérait que la réglementation de l’audiovisuel qui en résulterait ne permettait plus une formation d’opinion libre et complète, nous engagerions les démarches juridiques qui s’imposent. »</span></p>
<h5><b>Conséquences d&rsquo;un retrait du service public audiovisuel en Saxe-Anhalt</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">Dans son programme gouvernemental, l&rsquo;AfD de Saxe-Anhalt annonce : « Les accords interétatiques sur la radiodiffusion seront résiliés dès la prise de fonction, afin de créer une véritable dynamique de réforme ! »</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le fondement juridique de la radiodiffusion publique (ÖRR) en Allemagne repose sur les lois des Länder et sur les traités interétatiques conclus par ceux-ci &#8211; notamment le Traité interétatique sur les médias (MStV), le Traité interétatique sur le financement de la radiodiffusion (RFinStV) et le Traité interétatique sur la redevance audiovisuelle (RBStV). Pour mettre en œuvre ses projets politiques, l&rsquo;AfD en Saxe-Anhalt devrait dénoncer tous les accords interétatiques qui servent de fondement juridique au régime de la radiodiffusion. Cela inclut impérativement le MStV, qui définit la mission de service public, et le RFinStV, qui fixe le montant de la redevance. Pour une réforme complète en Saxe-Anhalt, il faudrait en outre décider de la résiliation du traité d’État relatif au MDR (l&rsquo;accord juridique qui régit le fonctionnement, l&rsquo;organisation et le financement du diffuseur public de radio et de télévision pour les États régionaux allemands de Saxe, Saxe-Anhalt et Thuringe.), ce qui entraînerait le retrait du Land de l’organisme interrégional commun.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La simple résiliation des accords interétatiques sur la radiodiffusion ne mettrait pas fin du jour au lendemain aux activités du  MDR : en raison d’un préavis de deux ans prévu dans l’accord interétatique relatif au MDR, la Saxe-Anhalt resterait dans un premier temps membre à part entière de l’organisme de radiodiffusion. Toutefois, si le Land ne met pas en place de nouvelle réglementation d’ici là &#8211; que ce soit par une réforme du contrat d’État en collaboration avec la Saxe et la Thuringe ou par une réforme de la législation régionale sur les médias -, cela serait inconstitutionnel. En effet, la réglementation régionale en matière de radiodiffusion doit impérativement garantir les principes structurels exigés par la Cour constitutionnelle fédérale : le principe de diversité, le principe d’indépendance vis-à-vis de l’État, ainsi qu’une couverture médiatique équilibrée et objective sur le fond.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Au cas où il s&rsquo;avérerait que ces principes ne soient pas respectés, RSF se réserve le droit d&rsquo;engager des poursuites judiciaires. En effet, les citoyens de Saxe-Anhalt doivent pouvoir continuer à s&rsquo;informer de manière exhaustive et libre à partir de sources d&rsquo;information fiables ; ce droit est protégé par leur liberté d&rsquo;information garantie par la Constitution.</span></p>
<h5><b>Une offensive systématique contre le système médiatique pluraliste et indépendant</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">Derrière les revendications de l&rsquo;AfD en matière de politique des médias se cache une démarche systématique qui va bien au-delà de la simple critique de l&rsquo;audiovisuel public et vise à ébranler les fondements d&rsquo;un système médiatique pluraliste et indépendant.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Alors que l’audiovisuel public est instrumentalisé comme une cible principale &#8211; le chef de file de la liste électorale de Saxe-Anhalt, Ulrich Siegmund, accuse par exemple de manière générale l’audiovisuel public sur TikTok de « manipuler » les citoyens -, la délégitimation d’une information libre ne s’arrête pas aux médias publics. Des médias établis tels que le Spiegel, la Süddeutsche Zeitung ou Die Zeit sont systématiquement diffamés à l’aide de termes polémiques tels que « presse du cartel », « médias du système » ou « presse mensongère ». Le cas de la station locale à but non lucratif Radio Corax, à Halle, illustre à quel point ce programme menace leur survie au niveau local. Sous le titre explicite « Couper les vivres à Radio Corax ! », le parti fustige, dans son programme de gouvernement, la station en la qualifiant d’« Antifa-News » qui se revendiquerait comme une « organisation terroriste anti-allemande ». Ses contenus offriraient une tribune au « fanatisme de gauche », à l’« idéologie arc-en-ciel perverse » et au « genderisme ». Il exige que toute subvention accordée à la station par l’Autorité régionale des médias lui soit retirée et que toutes les radios libres fassent l’objet d’un contrôle.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Derrière l’appel apparent de l’AfD en faveur de la liberté d’expression &#8211; formulé concrètement dans le programme gouvernemental de Saxe-Anhalt comme suit : « Les médias doivent à nouveau refléter l’ensemble du spectre des opinions » &#8211; se cache une tentative de restreindre la liberté d’expression. Alice Weidel a déjà clairement indiqué dès 2018 à quel point le parti entendait remplacer systématiquement la couverture médiatique des médias indépendants par ses propres messages : « Notre objectif ambitieux à long terme est que les Allemands finissent par regarder l’AfD plutôt que l’ARD » (le grand groupe audiovisuel public allemand). Cette stratégie s’accompagne d’une demande de révision du Digital Services Act (DSA). Les discours sur la censure, diffusés de manière ciblée dans ce contexte, déforment l’objectif réel de la réglementation numérique de l’État : garantir un espace numérique démocratique, exempt de haine et d’incitation à la haine, dans lequel les citoyens peuvent trouver des informations fiables.</span></p>
<h5><b>Les expériences internationales incitent à la prudence</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">Au niveau européen, RSF constate depuis des années que les </span><a href="https://rsf.org/en/rsf-publishes-new-report-protect-europe-s-public-media" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">médias de service public</span></a><span style="font-weight: 400;"> figurent parmi les premières cibles des gouvernements qui cherchent à affaiblir le journalisme indépendant. Souvent, on assiste d’abord à une politisation des instances de contrôle, au remplacement des directions, à l’affaiblissement des bases de financement ou à une modification des missions de service public, de telle sorte que l’indépendance éditoriale et la diversité des médias sont compromises.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La Hongrie a montré jusqu’où une telle restructuration peut aller : sous le Premier ministre Viktor Orbán, les chaînes de service public, auparavant autonomes, ont été centralisées au sein de la holding médiatique d’État MTVA et transformées en instruments de propagande du gouvernement. Les instances de contrôle étaient elles aussi sous l’influence du gouvernement. Parallèlement, les médias privés indépendants ont été affaiblis par l’attribution sélective de la publicité publique, des retraits de licence, des rachats par des oligarques proches du Fidesz et des campagnes de diffamation. Au final, les acteurs proches du gouvernement contrôlaient environ 80 % du paysage médiatique hongrois.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En Slovaquie, l&rsquo;audiovisuel public subit une érosion calquée sur le modèle hongrois. En juin 2024, le gouvernement du Premier ministre Robert Fico a dissous la chaîne publique RTVS dans le cadre d&rsquo;une procédure d&rsquo;urgence et l&rsquo;a remplacée par STVR. Il s&rsquo;est ainsi ouvert de nouvelles possibilités d&rsquo;exercer une influence sur la direction et l&rsquo;orientation éditoriale. Parallèlement, le financement a été réduit d’environ 30 % ; les professionnels des médias critiques ont été licenciés et la liberté éditoriale a été restreinte. </span><a href="https://rsf.org/en/slovakia-rsf-and-partners-concerned-about-cracks-independent-oversight-public-broadcaster" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">En août 2026, RSF</span></a><span style="font-weight: 400;">, en collaboration avec des organisations partenaires slovaques, a également mis en garde contre des violations systématiques des principes d’impartialité et de pluralisme d’opinion, pourtant prescrits par la loi, dans les journaux télévisés de la STVR.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les exemples européens montrent à quelle vitesse des prétendues réformes des médias peuvent se transformer en contrôle politique. L&rsquo;Allemagne n&rsquo;est pas à l&rsquo;abri de telles évolutions.</span> <span style="font-weight: 400;">Le système audiovisuel allemand étant organisé selon un modèle fédéral, les Länder assument une responsabilité particulière : ils doivent protéger la diversité des médias, leur indépendance vis-à-vis de l&rsquo;État et le droit des citoyen·ne·s à une information libre. C&rsquo;est pourquoi RSF examinera de près toute tentative visant à saper le pluralisme du système audiovisuel en Saxe-Anhalt.</span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Malte : RSF s’indigne d’un acquittement dans l’affaire de la journaliste Daphne Caruana Galizia</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/malte-rsf-sindigne-dun-acquittement-dans-laffaire-de-la-journaliste-daphne-caruana-galizia/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Sep 2026 14:03:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
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					<description><![CDATA[Le 2 septembre, le tribunal pénal de La Valette a déclaré l’homme d’affaires maltais Yorgen Fenech, lié à la fois à la mafia et à des responsables politiques, non coupable de « complicité » et d’ « association de malfaiteurs » dans l’affaire de l’assassinat de la journaliste d’investigation Daphne Caruana Galizia. Indignée par l’absence [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le 2 septembre, le tribunal pénal de La Valette a déclaré l’homme d’affaires maltais Yorgen Fenech, lié à la fois à la mafia et à des responsables politiques, non coupable de « complicité » et d’ « association de malfaiteurs » dans l’affaire de l’assassinat de la journaliste d’investigation Daphne Caruana Galizia. Indignée par l’absence de justice pleine et entière près d’une décennie après le crime, Reporters sans frontières (RSF) exige que le gouvernement prenne des mesures pour protéger les journalistes et la liberté de la presse.</strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Près de neuf ans après que la journaliste d’investigation Daphne Caruana Galizia a été tuée par une bombe placée dans sa voiture, le jury du tribunal pénal de La Valette, la capitale maltaise, a acquitté l’homme d’affaires Yorgen Fenech. Après deux mois de procès et huit heures de délibération, l’homme accusé d’avoir ordonné l’assassinat a été déclaré non coupable des deux chefs d’accusation qui pesaient contre lui : complicité et association de malfaiteurs dans l’assassinat de la journaliste.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Huit jurés sur neuf ont voté « non coupable » pour les deux chefs d’accusation alors que six voix étaient nécessaires pour le condamner. Le procès, auquel RSF a </span><a href="https://rsf.org/fr/malte-l-ouverture-du-proc%C3%A8s-du-commanditaire-pr%C3%A9sum%C3%A9-de-l-assassinat-de-journaliste-daphne-caruana" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">assisté</span></a><span style="font-weight: 400;">, avait démarré le 1er juillet.</span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">« Nous sommes plus qu’indignés. Ce verdict signifie que près de neuf ans après l’assassinat de Daphne Caruana Galizia, les autorités maltaises n’ont toujours pas identifié ni condamné le commanditaire. Nous sommes solidaires de la famille de la journaliste, qui a d’abord souffert de la perte de Daphne, puis s’est battue avec acharnement pour obtenir justice, pour finalement apprendre que l’homme accusé d’avoir ordonné l’assassinat est déclaré non coupable. La justice doit être pleinement rendue et les autorités maltaises doivent mettre en œuvre les mesures attendues depuis trop longtemps pour rendre justice à Daphne et sa famille, et protéger les journalistes, in fine la liberté de la presse. L’absence de ces mesures a contribué à l’assassinat de Daphne Caruana Galizia, comme l’a conclu l’enquête publique sur ce crime il y a cinq ans. »<br />
</span><b>Pavol Szalai<br />
</b><b>Directeur du bureau de Prague de RSF</b></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">La journaliste a été assassinée le 16 octobre 2017 lorsque sa voiture qui avait été piégée a explosé près de son domicile, dans la ville de Bidnija, située dans le nord de l’île. Selon le </span><a href="https://timesofmalta.com/article/live-trial-yorgen-fenech-enters-day-29.1132252" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">témoignage devant le tribunal</span></a><span style="font-weight: 400;"> de son fils, le journaliste Matthew Caruana Galizia, Daphne Caruana Galizia avait consacré ses derniers jours à leur enquête commune sur des allégations de corruption dans le cadre du projet ElectroGas, portant sur la construction d’une centrale électrique alimentée au gaz naturel.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le parquet a accusé Yorgen Fenech, l’un des principaux actionnaires d’ElectroGas et homme d’affaires lié à la fois à la mafia et à des responsables politiques, d’avoir ordonné l’assassinat de Daphne Caruana Galizia, sur la base de preuves et du récit du témoin-clé Melvin Theuma, qui a avoué avoir joué le rôle d’intermédiaire dans cet assassinat.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Cinq hommes ont été condamnés après que Melvin Theuma a bénéficié d’une grâce en 2019 en échange d’informations sur l’assassinat. En 2022, la Cour pénale de Malte a </span><a href="https://rsf.org/fr/malte-la-soci%C3%A9t%C3%A9-civile-d%C3%A9nonce-le-manque-dambition-et-de-transparence-du-gouvernement-dans-les" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">reconnu</span></a><span style="font-weight: 400;"> les frères Alfred et George Degiorgio coupables d’avoir installé et fait exploser la bombe dans le véhicule de Daphne Caruana Galizia. Le troisième accusé, Vincent Muscat, qui avait plaidé coupable dans sa participation à l’assassinat, a </span><a href="https://rsf.org/fr/malte-une-premi%C3%A8re-condamnation-et-un-d%C3%A9but-de-justice-pour-daphne-caruana-galizia" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">négocié</span></a><span style="font-weight: 400;"> une réduction de peine en 2021 en échange de son témoignage, qui a contribué à la </span><a href="https://rsf.org/fr/malte-une-premi%C3%A8re-condamnation-et-un-d%C3%A9but-de-justice-pour-daphne-caruana-galizia" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">condamnation</span></a><span style="font-weight: 400;">, en 2025, de Robert Agius et Jamie Vella pour avoir fourni les explosifs.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L’enquête publique sur l’assassinat de Daphne Caruana Galizia, pour laquelle le témoignage de RSF avait été </span><a href="https://rsf.org/fr/rsf-est-appel%C3%A9e-%C3%A0-t%C3%A9moigner-dans-l-enqu%C3%AAte-publique-sur-l-assassinat-de-daphne-caruana-galizia-dont" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">pris en compte</span></a><span style="font-weight: 400;">, a </span><a href="https://rsf.org/fr/l-%C3%A9tat-maltais-doit-reconna%C3%AEtre-sa-responsabilit%C3%A9-dans-l-assassinat-de-daphne-caruana-galizia" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">conclu</span></a><span style="font-weight: 400;"> dans son rapport de 2021 que l’État devait « assumer la responsabilité » de ce crime. Les autorités maltaises ont toutefois systématiquement </span><a href="https://cpj.org/2026/04/cpj-partners-urge-malta-to-take-action-on-media-reforms/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">manqué à leur devoir</span></a><span style="font-weight: 400;"> de mettre en œuvre la plupart des recommandations du rapport.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Malte est située 67e sur 180 pays et territoires dans le </span><a href="https://rsf.org/classement" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Classement mondial de la liberté de la presse 2026</span></a><span style="font-weight: 400;"> de RSF, ce qui la place au cinquième rang des pires performances parmi les 27 États membres de l’Union européenne.</span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Mexique : Ricardo Zuniga Rosas, huitième journaliste assassiné cette année, avait publiquement dénoncé des menaces liées à son travail</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/mexique-ricardo-zuniga-rosas-huitieme-journaliste-assassine-cette-annee-avait-publiquement-denonce-des-menaces-liees-a-son-travail/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Sep 2026 08:00:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
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					<description><![CDATA[Le photographe et journaliste local Ricardo Zuniga Rosas a été assassiné le 29 août à l’âge de 35 ans, dans la municipalité de Tehuitzingo, dans l’État de Puebla. En mai, il avait dénoncé publiquement des menaces liées à son travail journalistique. Il est le deuxième journaliste assassiné à Puebla en moins de deux mois. Reporters [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><b>Le photographe et journaliste local Ricardo Zuniga Rosas a été assassiné le 29 août à l’âge de 35 ans, dans la municipalité de Tehuitzingo, dans l’État de Puebla. En mai, il avait dénoncé publiquement des menaces liées à son travail journalistique. Il est le deuxième journaliste assassiné à Puebla en moins de deux mois. Reporters sans frontières (RSF) condamne ce meurtre, demande une enquête approfondie et appelle la présidente Claudia Sheinbaum et les autorités fédérales à activer le dispositif d’urgence national face aux violences contre les journalistes, réclamé par RSF le 26 août.</b></p>
<p><b>Ricardo Zuniga Rosas</b><span style="font-weight: 400;"> a été</span><a href="https://www.eluniversalpuebla.com.mx/estado/matan-a-creador-de-contenido-en-tehuitzingo-denuncio-amenazas-tras-criticar-al-gobierno-municipal/?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;"> tué par balles</span></a><span style="font-weight: 400;"> le 29 août dans la petite localité rurale de Santa Cruz Atopoltitlan, dans la municipalité de Tehuitzingo, dans l’État de Puebla. Il est le huitième journaliste tué au Mexique en raison de son travail en 2026, soit, en moyenne un journaliste tué par mois.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Selon des médias tels que les quotidiens </span><a href="https://www.eluniversalpuebla.com.mx/estado/matan-a-creador-de-contenido-en-tehuitzingo-denuncio-amenazas-tras-criticar-al-gobierno-municipal/?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener"><i><span style="font-weight: 400;">El Universal</span></i></a><span style="font-weight: 400;"> et</span><a href="https://www.jornada.com.mx/noticia/2026/08/30/estados/asesinan-al-creador-de-contenido-ricardo-zuniga-en-puebla-denuncio-amenazas-por-criticar-al-alcalde-priista-de-tehuitzingo" target="_blank" rel="noopener"> <i><span style="font-weight: 400;">La Jornada</span></i></a><span style="font-weight: 400;">, deux hommes à moto sont arrivés à Productos Zuma, le magasin de produits d’entretien de Ricardo Zuniga Rosas, où se trouvait le journaliste. Ils sont entrés dans les locaux et lui ont tiré dessus. Transporté à l’hôpital de Tehuitzingo, il y est déclaré mort.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le journaliste local utilisait principalement sa</span><a href="https://www.facebook.com/ricardo.zuniga.90260" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;"> page Facebook</span></a><span style="font-weight: 400;">, qui comptait environ 13 000 abonnés, pour publier des photos et des vidéos, ainsi que pour diffuser en direct des plaintes et des signalements de citoyens sur des questions d’intérêt public à Tehuitzingo et dans d’autres municipalités de la région. Il publiait également des contenus sur sa chaîne YouTube, </span><i><span style="font-weight: 400;">Richie TV</span></i><span style="font-weight: 400;">, consacrés notamment aux travaux publics locaux, à la gestion des fonds publics et à d’autres questions d’intérêt public dans la région.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le 9 mai, Ricardo Zuniga Rosas avait</span><a href="https://www.facebook.com/share/p/1DabXCTAJm/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;"> publiquement dénoncé</span></a><span style="font-weight: 400;"> sur sa page Facebook avoir reçu, le 3 avril, un appel téléphonique d’une personne non identifiée lui demandant de cesser de questionner l’administration municipale sur la gestion de la décharge locale, l’utilisation des fonds publics, les travaux municipaux et d’autres questions politiques locales. Selon sa publication sur Facebook, son interlocuteur l’avait averti qu’il subirait des conséquences s’il continuait à couvrir ces sujets.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Une enquête policière sur le meurtre est déjà en cours. Le gouvernement de l’État de Puebla a </span><a href="https://x.com/e_consulta/status/2094437504300560711?s=20" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">condamné</span></a><span style="font-weight: 400;"> publiquement sur X le meurtre et appelé le parquet de l’État de Puebla (FGE) à déterminer si les activités journalistiques de Ricardo Zuniga Rosas constituaient le mobile du crime.</span></p>
<blockquote><p><i><span style="font-weight: 400;">« Le meurtre de Ricardo Zuniga Rosas ne peut pas être considéré comme un incident isolé. Ce professionnel de l’information, qui avait publiquement dénoncé des menaces liées à son travail journalistique, a été tué seulement 23 jours après que RSF et d’autres organisations ont appelé les autorités de l’État de Puebla à renforcer de toute urgence les enquêtes et les mesures de protection en faveur des journalistes. Le parquet de l’État doit désormais transformer ses engagements en résultats concrets et établir à la fois qui a tué Roberto Zuniga Rosas et qui était à l’origine des menaces qui ont précédé son meurtre. »</span></i></p>
<p><strong>Artur Romeu</strong><br />
<strong>Directeur du bureau Amérique latine de RSF</strong></p></blockquote>
<h5><b>Une vague de journalistes assassinés en 2026</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">Le meurtre de Ricardo Zuniga Rosas a eu lieu seulement trois jours après une</span><a href="https://rsf.org/fr/mexique-rsf-et-des-m%C3%A9dias-de-tout-le-pays-interpellent-la-pr%C3%A9sidente-sheinbaum-et-les-autorit%C3%A9s" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;"> opération de communication</span></a><span style="font-weight: 400;"> menée par RSF et plus de 40 médias à travers le Mexique, appelant le gouvernement de la présidente Claudia Sheinbaum et les autorités judiciaires à prendre des mesures concrètes pour protéger les professionnels de l’information menacés dans le pays. Le 6 août, RSF avait également rencontré la procureure générale de l’État de Puebla, Idamis Pastor Betancourt, afin de demander le renforcement des mesures de protection pour les journalistes, aux côtés des organisations de défense de la liberté de la presse ARTICLE 19, Committee to Protect Journalists (CPJ) et Propuesta Civica.</span></p>
<p><b>Les sept autres journalistes tués en 2026 sont :</b></p>
<ul>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><a href="https://rsf.org/fr/mexique-l-assassinat-de-francisco-alejandro-leyva-aguilar-septi%C3%A8me-journaliste-tu%C3%A9-en-2026-r%C3%A9v%C3%A8le-l" target="_blank" rel="noopener"><b>Francisco Alejandro Leyva Aguilar</b></a><span style="font-weight: 400;">, journaliste, commentateur politique et ancien directeur du média public </span><i><span style="font-weight: 400;">CORTV</span></i><span style="font-weight: 400;">, a été tué par balles le 22 juillet dans l’État d’Oaxaca. Un an auparavant, il avait déposé une plainte officielle signalant avoir reçu des menaces de mort.</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><a href="https://rsf.org/fr/mexique-sixi%C3%A8me-journaliste-tu%C3%A9-en-2026-le-gouvernement-doit-agir-de-toute-urgence-contre-les" target="_blank" rel="noopener"><b>Josué Martinez Contreras</b></a><span style="font-weight: 400;">, du média </span><i><span style="font-weight: 400;">Noticias San Martin Texmelucan</span></i><span style="font-weight: 400;">, a été tué le 16 juillet.</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><a href="https://rsf.org/fr/alex-serna-sp%C3%A9cialiste-de-l-environnement-cinqui%C3%A8me-journaliste-tu%C3%A9-au-mexique-depuis-janvier-2026" target="_blank" rel="noopener"><b>Manuel Alejandro Moreno Serna</b></a><span style="font-weight: 400;"> (“Alex Serna”), du média </span><i><span style="font-weight: 400;">Observatorio Ciudadano de la Costa Grande</span></i><span style="font-weight: 400;">, a été tué le 3 juillet.</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><a href="https://rsf.org/fr/mexique-alors-que-le-pays-inaugure-la-coupe-du-monde-2026-un-journaliste-est-assassin%C3%A9-dans-l-%C3%A9tat" target="_blank" rel="noopener"><b>Luis Angel Lopez Valdez</b></a><span style="font-weight: 400;">, directeur du média </span><i><span style="font-weight: 400;">Reportaje Policiaco Veracruzano</span></i><span style="font-weight: 400;">, a été assassiné le 11 juin. Il bénéficiait du dispositif de protection de l’État.</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><a href="https://rsf.org/fr/troisi%C3%A8me-meurtre-de-journaliste-%C3%A0-veracruz-au-mexique-en-2026-rsf-exige-des-r%C3%A9ponses-urgentes" target="_blank" rel="noopener"><b>Roxana Berenice Guzman Ramirez</b></a><span style="font-weight: 400;">, directrice du média </span><i><span style="font-weight: 400;">Pulso Informativo del Sureste</span></i><span style="font-weight: 400;">, a été enlevée le 2 juin avant que son corps ne soit retrouvé à la fin du mois de juin.</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><a href="https://rsf.org/fr/deux-attaques-par-balles-contre-des-journalistes-en-deux-jours-au-mexique-faisant-un-tu%C3%A9-des" target="_blank" rel="noopener"><b>Juan David Gamez</b></a><span style="font-weight: 400;">, du média </span><i><span style="font-weight: 400;">Tactica SS</span></i><span style="font-weight: 400;">, a été tué le 18 mars.</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><a href="https://rsf.org/fr/mexique-un-onzi%C3%A8me-journaliste-assassin%C3%A9-sous-la-pr%C3%A9sidence-sheinbaum-rsf-r%C3%A9clame-justice-apr%C3%A8s-la" target="_blank" rel="noopener"><b>Carlos Castro</b></a><span style="font-weight: 400;">, du média </span><i><span style="font-weight: 400;">Cadigo Norte de Veracruz</span></i><span style="font-weight: 400;">, a été tué le 8 janvier. Il avait été placé sous la protection de l’État après avoir reçu des menaces, mais les mesures avaient été suspendues en 2024 après que les autorités eurent estimé que le niveau de risque avait diminué.</span></li>
</ul>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Cisjordanie occupée : la nouvelle norme ?</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/cisjordanie-occupee-la-nouvelle-norme-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Aug 2026 09:14:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
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					<description><![CDATA[Grenades aveuglantes, gaz lacrymogène, munitions réelles, détentions : l’action menée par les autorités et l’armée israélienne à l’encontre des professionnels des médias palestiniens en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est se caractérise par sa dureté et son arbitraire. Cela ne suscite toutefois qu’une faible opposition au niveau international. Islam Amarneh est une journaliste de 31 ans [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;"><strong>Grenades aveuglantes, gaz lacrymogène, munitions réelles, détentions : l’action menée par les autorités et l’armée israélienne à l’encontre des professionnels des médias palestiniens en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est se caractérise par sa dureté et son arbitraire. Cela ne suscite toutefois qu’une faible opposition au niveau international.</strong></p>
<p style="font-weight: 400;">Islam Amarneh est une journaliste de 31 ans originaire de Cisjordanie ; elle travaille habituellement pour l’agence de presse féministe palestinienne Nawa. Or, le 3 mai, précisément à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, elle a été arrêtée au milieu de la nuit au sud de Bethléem par des soldats israéliens, au domicile de son père. Depuis lors, elle est incarcérée, sans procès ni audience. Une telle détention est possible en vertu de la législation israélienne, qui autorise le recours à une « détention administrative » à l&rsquo;encontre de personnes dont les autorités estiment qu&rsquo;elles pourraient enfreindre la loi à l&rsquo;avenir.</p>
<p style="font-weight: 400;">En vertu de cet instrument juridique controversé, Israël détient actuellement plus de 3 000 Palestiniens, dont certains pour une durée indéterminée. Parmi eux figurent au moins 19 professionnels des médias. Islam Amarneh est l’une d’entre eux, tout comme son frère Osayd, également journaliste, qui a été incarcéré il y a exactement un an, le 27 août 2025. Selon les autorités israéliennes, les deux frère et sœur représentaient un risque pour la sécurité nationale d’Israël, raison pour laquelle ils ont été placés en détention pour une durée indéterminée.</p>
<p style="font-weight: 400;">La détention de ces deux frère et sœur illustre parfaitement le prix que les journalistes de Cisjordanie doivent payer pour exercer leur métier. RSF a documenté, cet été encore,<a href="https://rsf.org/fr/cisjordanie-larm%C3%A9e-isra%C3%A9lienne-multiplie-les-violences-contre-les-reporters-palestiniens" target="_blank" rel="noopener"> toute une série d’agressions</a> commises par les autorités et l’armée à l’encontre de professionnels des médias. Le 11 mai, l’armée israélienne a utilisé des gaz lacrymogènes et des grenades aveuglantes contre des journalistes dans le camp de réfugiés de Qalandia, près de Jérusalem. Le 16 mai, l’armée israélienne a interdit l’accès du camp de réfugiés près de Jénine aux professionnels des médias. Le 25 mai, la police de Jérusalem a arrêté un journaliste palestinien de 25 ans près de la mosquée Al-Aqsa, dans la vieille ville, et lui a interdit l’accès au complexe de la mosquée pendant six mois. Le 7 juin, l’armée israélienne a même ouvert le feu et tiré sur un groupe de professionnels des médias qui se rendaient au camp de réfugiés de Balata, près de Naplouse. Parmi eux se trouvait notamment le photographe de l’agence américaine Associated Press, Majdi Mohammed Shteih.</p>
<h5 style="font-weight: 400;"><strong>La presse internationale est également prise pour cible</strong></h5>
<p style="font-weight: 400;">Outre ces mesures à l&rsquo;encontre des journalistes palestiniens, la presse internationale en Israël et en Cisjordanie a récemment fait l&rsquo;objet d&rsquo;une pression croissante de la part d&rsquo;Israël. La journaliste française Alice Froussard, qui travaille notamment pour la RTS, a été<a href="https://rsf-ch.ch/le-refoulement-de-la-journaliste-francaise-alice-froussard-par-israel-apres-gaza-le-verrouillage-informationnel-de-la-cisjordanie/" target="_blank" rel="noopener"> empêchée d&rsquo;entrer sur le territoire et expulsée</a> en juin à l&rsquo;aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv. La journaliste espagnole Queralt Castillo s’est également vu refuser l’entrée en Israël en janvier 2026. De même, entre juillet 2025 et janvier 2026, des interdictions d’entrée ont été<a href="https://rsf.org/fr/isra%C3%ABl-rsf-d%C3%A9nonce-linterdiction-d-entr%C3%A9e-sur-le-territoire-de-la-journaliste-espagnole-queralt"> prononcées</a> à l’encontre de la journaliste française Khadija Toufik et du journaliste italien Alessandro Stefanelli.</p>
<p style="font-weight: 400;">Heureusement, aucun journaliste n’a été tué ou gravement blessé lors de tous ces incidents. Cela n’en rend toutefois pas moins graves l’arbitraire et les atteintes à la liberté de la presse commises par les autorités israéliennes. Au contraire : elles méritent toute notre attention, tout comme c’est le cas dans d’autres contextes. Israël figure parmi les plus grandes prisons au monde pour les professionnels des médias. Selon les données recueillies par Reporters sans frontières, seuls la Chine, la Russie, la Birmanie et la Biélorussie comptent davantage de journalistes emprisonnés qu’Israël.</p>
<p style="font-weight: 400;">Les mesures prises par Israël à l’encontre des journalistes palestiniens et internationaux en Cisjordanie semblent être devenues depuis longtemps la nouvelle norme. Compte tenu de la guerre menée par Israël dans la bande de Gaza, des destructions qui y règnent et de la situation qui reste précaire, ces faits ne retiennent plus guère l’attention de la communauté internationale. Pourtant, ces développements sont révélateurs du deuxième front de la guerre menée par Israël : outre la campagne militaire visant à contrôler militairement la bande de Gaza, le gouvernement de Netanyahou s’efforce tout autant de contrôler le récit de la guerre et du conflit entre Israéliens et Palestiniens. Dans cette logique, les journalistes qui rapporteraient des fais contredisant ce récit ne sont qu’une source de perturbation. Dans la bande de Gaza, où plus de 200 journalistes ont déjà été tués par des attaques israéliennes, cela semble hélas avoir été une évidence. Mais il en va de même en Cisjordanie. RSF demande que ces pratiques cessent, que les journalistes détenus arbitrairement soient libérés et que les pays alliés de l’Etat d’Israël fassent pression en ce sens.</p>
<h6><strong>Valentin Rubin, Policy &amp; Advocacy Manager RSF Suisse</strong></h6>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Quand les journalistes disparaissent mystérieusement</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/quand-les-journalistes-disparaissent-mysterieusement/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 Aug 2026 08:00:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
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		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[« Journée internationale des victimes de disparitions forcées ». Chez Reporters sans frontières, à l’évocation de cette journée, ce dimanche 30 août nous entendons directement « journalistes disparus ». Parce que des journalistes qui disparaissent ne sont pas seulement des tragédies individuelles mais un amoindrissement de la qualité de notre information et donc une réduction de notre capacité à [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>« Journée internationale des victimes de disparitions forcées ». Chez Reporters sans frontières, à l’évocation de cette journée, ce dimanche 30 août nous entendons directement « journalistes disparus ». Parce que des journalistes qui disparaissent ne sont pas seulement des tragédies individuelles mais un amoindrissement de la qualité de notre information et donc une réduction de notre capacité à faire des choix éclairés, nous décidons aujourd’hui de leur rendre hommage.</strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">« Disparus ». Avec des guillemets, oui. Car la plupart des disparitions </span><a href="https://rsf.org/fr/depuis-10-ans-19-journalistes-victimes-de-disparition-forc%C3%A9e-dans-le-monde" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">(près de la moitié</span></a><span style="font-weight: 400;">) sont en fait des disparitions forcées, c&rsquo;est-à-dire des enlèvements voire des meurtres déguisés. Et ce constat est d’autant plus alarmant lorsque l’on sait que les gouvernements sont tout de même souvent impliqués. De par leur silence sur ces détentions, voire par la dissimulation du sort et du lieu de détention des journalistes.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le cas du journaliste étasunien Austin Tice est particulièrement poignant et témoigne de ce procédé. Entré en Syrie au printemps 2012 par la Turquie, il couvrait la guerre civile pour plusieurs médias américains. D’abord présent dans le nord et le centre du pays, il est devenu, à partir de fin juillet, l’un des rares journalistes étrangers à réussir à entrer dans Damas. Il a finalement été arrêté le 14 août de la même année, alors qu’il cherchait sans doute à gagner le Liban pour sortir du pays. Le 14 août dernier marquait le triste anniversaire des 14 ans de sa disparition en Syrie. Malgré une enquête approfondie de Reporters sans frontières qui s’est rendue sur place après la chute du régime en décembre 2024, il est à ce jour impossible de dire si Austin Tice est encore vivant. Aucune preuve ne peut l’avérer. Mais aucune preuve ne démontre non plus qu’il est décédé dans les geôles syriennes. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le calvaire d&rsquo;Austin Tice résonne bien au-delà des frontières syriennes, rappelant la réalité mondiale glaçante. Aujourd&rsquo;hui, c’est le </span><a href="https://rsf.org/fr/journalistes-disparus-au-mexique-la-lutte-contre-limpunit%C3%A9-%C3%A0-lordre-du-jour-des-nations-unies" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Mexique</span></a><span style="font-weight: 400;"> qui arrive en tête du triste classement des pays où RSF compte le plus de disparitions forcées : 28 journalistes ont disparu dont 6 pour lesquels nous sommes absolument sûrs qu’il s’agit d’une disparition forcée. La </span><a href="https://rsf.org/fr/disparus-et-otages-sous-l-%C3%A8re-bachar-al-assad-portraits-de-45-journalistes-et-collaborateurs-de" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Syrie</span></a><span style="font-weight: 400;"> arrive à la deuxième place avec 37 journalistes disparus depuis 1995 dont 5 disparitions forcées. La distinction entre les journalistes portés disparus et les journalistes victimes de disparitions forcées se porte sur le statut même de l’exaction : un journaliste est porté disparu lorsqu’on ne sait pas s’il a été pris en otage, s’il est détenu par un Etat ou s’il a été tué. Alors qu’un journaliste est officiellement victime de disparition forcée lorsque, selon le droit international, sa disparition se caractérise par la privation de liberté par une autorité officielle (ou un groupe agissant en son nom, avec son soutien, ou avec son consentement), conjuguée au refus de reconnaître cette privation ou de révéler le sort de la personne concernée et sa localisation. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le baromètre de RSF qui répertorie les disparitions de journalistes en temps réel montre que 137 journalistes sont actuellement portés disparus dans le monde, dont 46 pour lesquels nous sommes certains qu’il s’agit de disparitions forcées.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Absence de vérité, silence des autorités et impunité sont utilisés comme des outils délibérés par lesquels les Etats (et les acteurs agissant en leur nom) privent les familles et la profession d’enquêtes, de procès, de réponses&#8230; Le signal donné est fort : la vie des journalistes n’a pas de valeur, produisant un effet paralysant et induisant l’autocensure pour certains de leurs pairs. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">C’est pourquoi RSF était présente au premier </span><a href="https://rsf-ch.ch/pres-de-la-moitie-des-journalistes-disparus-dans-le-monde-sont-victimes-de-disparitions-forcees/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Congrès international contre les disparitions forcées</span></a><span style="font-weight: 400;"> qui s’est ouvert l’année passée en janvier à Genève. Nous y avons appelé les États à faire de la ratification universelle de la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées une action prioritaire. Force est de constater que, malgré les efforts des Nations Unies, les disparitions forcées de journalistes sont encore d’actualité. La dernière disparition forcée en date : celle de Hassan Hamad, présentateur radio pour Blue Nile Radio au Soudan. Il a été arrêté le 13 mai 2026 par un </span><a href="https://www.cfjustice.org/sudan-committee-for-justice-documents-the-enforced-disappearance-of-broadcaster-hassan-hamed-hamad-in-blue-nile-state-and-calls-for-disclosure-of-his-fate/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">service de sécurité</span></a><span style="font-weight: 400;"> lié à l’armée dans l’Etat du Nil Bleu. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les journalistes ne disparaissent pas. Ils sont enlevés. Il est grand temps de renforcer la protection des journalistes et de lutter contre l’impunité.</span></p>
<h6><strong>Sophie Sager, chargée des projets RSF Suisse</strong></h6>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<item>
		<title>Serbie : RSF s’alarme du nombre croissant de journalistes en exil, un phénomène sans équivalent dans l’UE et les Balkans</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/serbie-rsf-salarme-du-nombre-croissant-de-journalistes-en-exil-un-phenomene-sans-equivalent-dans-lue-et-les-balkans/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Aug 2026 15:22:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[La Serbie est le seul pays de la zone Union européenne (UE) – Balkans où des journalistes sont contraints de partir pour des raisons liées à leur travail. Reporters sans frontières (RSF) appelle l’UE à cesser de fermer les yeux sur les atteintes à la liberté des médias dans ce pays candidat à l’adhésion. Ils [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><b>La Serbie est le seul pays de la zone Union européenne (UE) – Balkans où des journalistes sont contraints de partir pour des raisons liées à leur travail. Reporters sans frontières (RSF) appelle l’UE à cesser de fermer les yeux sur les atteintes à la liberté des médias dans ce pays candidat à l’adhésion.</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ils ont fui, mais continuent pourtant d’être menacés. Le journaliste <strong>Marko Vidojkovic</strong>, éditorialiste au quotidien Danas et auteur du podcast « Dobar, los, zao » (Le Bon, la Brute et le Truand), diffusé par le média en ligne serbe Nova.rs, a quitté la Serbie en 2023 en raison de</span><a href="https://www.pen-international.org/cases/marko-vidojkovi" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;"> menaces de mort</span></a><span style="font-weight: 400;">, après avoir fait l’objet d’une</span><a href="https://www.danas.rs/vesti/politika/ana-brnabic-dodje-mi-da-opsujem-sve-one-koji-se-upiru-da-ponasanje-marka-vidojkovica-legitimizuju-ali-necu/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;"> campagne publique de dénigrement</span></a><span style="font-weight: 400;"> menée par le Président Aleksandar Vucic. Le 16 août 2026, il a de nouveau fait l’objet d’appels au meutre, selon l’</span><a href="https://en.nuns.rs/ijas-immediately-identify-and-prosecute-those-threatening-journalists-biljana-stepanovic-marko-vidojkovic-and-nenad-kulacin/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Association indépendante des journalistes de Serbie</span></a><span style="font-weight: 400;"> (IJAS). L’enquête de police sur les menaces visant Marko Vidojkovic n’a jusqu’à présent donné aucun résultat.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Selon les informations de RSF, Marko Vidojkovic est l’un des six journalistes serbes qui travaillent depuis l’exil. L’un d’entre eux a quitté le pays en 2024 et quatre autres ont quitté la Serbie cette année.</span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">« À quelques cas isolés près, la Serbie est le seul pays de la région UE-Balkans dont les journalistes doivent quitter leur patrie pour pouvoir travailler en sécurité. Cette situation est le fruit de la répression systématique du journalisme par le gouvernement serbe et de l’impunité qu’il favorise pour les crimes commis contre les journalistes. L’amélioration de la liberté des médias est une condition importante de l’intégration de la Serbie à l’UE, et pourtant les journalistes serbes fuient vers l’UE. La Commission européenne et les États membres de l’UE doivent cesser de négocier l’adhésion de la Serbie comme si rien de tout cela n’avait lieu. »<br />
</span><b>Pavol Szalai<br />
</b><b>Directeur du bureau de Prague de RSF</b></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Le départ le plus récent est celui du journaliste indépendant <strong>Aleksandar Radic</strong>, qui est spécialisé dans les questions militaires. C’est l’un des premiers à avoir déclaré publiquement – dans le même sens que d’autres</span><a href="https://balkaninsight.com/2025/03/17/serbian-govt-denies-using-sonic-weapon-to-cause-panic-at-mass-protest/bi/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;"> informations parues dans les médias</span></a><span style="font-weight: 400;"> – qu’une arme sonique avait probablement été utilisée contre les participants à la manifestation antigouvernementale organisée à Belgrade le 15 mars 2025. Depuis, le parquet supérieur de Belgrade enquête pour déterminer si cette version des faits a été fabriquée de toutes pièces. Aleksandar Radic a été interpellé pour un « entretien informatif », à la suite duquel des médias pro-gouvernementaux ont diffusé des images de vidéosurveillance le montrant avec sa fille mineure, ainsi que ses échanges privés avec d’autres journalistes. Visé par des attaques politiques et sous la menace d’une éventuelle arrestation, Aleksandar Radic a quitté la Serbie fin juin 2026. Le 17 juillet, le ministère de l’Intérieur a</span><a href="https://www.eurasiareview.com/20072026-serbian-interior-ministry-accuses-military-analyst-over-sound-cannon-claim/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;"> déposé une plainte pénale</span></a><span style="font-weight: 400;"> contre lui, le soupçonnant de préparer des actes portant atteinte à l’ordre constitutionnel et à la sécurité de la Serbie et d’avoir divulgué des informations classifiées.</span></p>
<h5><b>Spirale de violences contre les journalistes</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">RSF connaît l’identité et les pays d’accueil des autres journalistes en exil, mais ne les divulgue pas pour des raisons de sécurité. Travaillant pour des médias nationaux comme locaux, enquêtant sur les abus de pouvoir et la corruption et couvrant de manière critique l’action du gouvernement serbe, ces journalistes ont subi des campagnes de dénigrement alimentées par le pouvoir et relayées par des médias qui lui sont acquis. Ils ont également fait l’objet de mesures arbitraires de la part des forces de l’ordre, de procédures judiciaires abusives, de menaces de mort et même de violences physiques.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Un</span><a href="https://ipi.media/report-a-dangerous-spiral-of-violence-against-journalists-in-serbia/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;"> récent rapport sur la liberté des médias cosigné par RSF</span></a><span style="font-weight: 400;"> a dénoncé la spirale de violences qui frappe l’ensemble de la profession en Serbie. En 2025, RSF a d’ailleurs inscrit le président serbe Aleksandar Vucic sur sa liste des</span><a href="https://rsf.org/fr/%C3%A9dition-2025-des-pr%C3%A9dateurs-de-la-libert%C3%A9-de-la-presse" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;"> « prédateurs de la liberté de la presse »</span></a><span style="font-weight: 400;">.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Bien que la Commission européenne ait conclu en juillet dans le chapitre Serbie de son </span><a href="https://commission.europa.eu/publications/2026-rule-law-report-communication-and-country-chapters_en?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Rapport 2026 sur l’état de droit</span></a><span style="font-weight: 400;">, que « la sécurité des journalistes s’est encore détériorée », elle a proposé au même moment d’ouvrir un nouveau groupe de chapitres dans les négociations d’adhésion avec la Serbie, estimant que l’équilibre global nécessaire avait été atteint. Huit États membres s’y sont opposés, invoquant la situation de l’état de droit et bloquant de fait l’ouverture de nouveaux chapitres de négociation.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La </span><a href="https://rsf.org/fr/pays/serbie" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Serbie</span></a><span style="font-weight: 400;"> occupe la 104e place sur 180 pays et territoires au </span><a href="https://rsf.org/classement" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Classement mondial de la liberté de la presse 2026</span></a><span style="font-weight: 400;"> de RSF, soit la dernière place parmi les 40 pays de la zone UE-Balkans.</span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>De Melitopol aux geôles russes : trois ans de captivité pour six journalistes ukrainiens</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/de-melitopol-aux-geoles-russes-trois-ans-de-captivite-pour-six-journalistes-ukrainiens/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Aug 2026 11:29:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[Condamnations iniques, mauvais traitements, absence de procès… Six des sept professionnels des médias de Melitopol, ville occupée du sud-est de l’Ukraine, croupissent dans les geôles du Kremlin après avoir été arbitrairement arrêtés par les forces russes le 20 août 2023, un seul ayant été libéré. Trois ans après ce coup de filet, Reporters sans frontières [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><b>Condamnations iniques, mauvais traitements, absence de procès… Six des sept professionnels des médias de Melitopol, ville occupée du sud-est de l’Ukraine, croupissent dans les geôles du Kremlin après avoir été arbitrairement arrêtés par les forces russes le 20 août 2023, un seul ayant été libéré. Trois ans après ce coup de filet, Reporters sans frontières (RSF) met en lumière leur situation et demande leur libération immédiate. </b></p>
<p><i><span style="font-weight: 400;">«Il ne peut pas l’écrire directement dans ses lettres mais, à travers ses allusions, nous comprenons qu’il subit de mauvais traitements.»</span></i><span style="font-weight: 400;"> Artur est inquiet. Cela fait trois ans que son frère </span><b>Vladyslav Hershon</b><span style="font-weight: 400;">, administrateur de la chaîne Telegram locale ukrainienne </span><i><span style="font-weight: 400;">Melitopol Tse Ukraina,</span></i><span style="font-weight: 400;"> qui informait sur la vie quotidienne de la ville de Melitopol sous occupation russe, a été </span><a href="https://rsf.org/fr/enqu%C3%AAte-rsf-sur-les-traces-des-journalistes-disparus-de-melitopol" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">arrêté</span></a><span style="font-weight: 400;"> par l’armée russe. Après avoir été détenu dans la région russe de Rostov, dans le sud-ouest du pays, où il était «</span><i><span style="font-weight: 400;">quotidiennement battu»</span></i><span style="font-weight: 400;">, selon les informations d’Artur, il a été transféré cette année dans une prison de la ville de Vladimir, à l’est de Moscou. Le jeune homme de 28 ans, </span><a href="https://rsf.org/fr/premi%C3%A8res-condamnations-des-professionnels-des-m%C3%A9dias-rafl%C3%A9s-%C3%A0-melitopol-15-et-16-ans-de-prison" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">condamné</span></a><span style="font-weight: 400;"> en 2025 à 15 ans de prison pour «espionnage» et «terrorisme» en raison de son activité d’information, souffre de démangeaisons ainsi que d’un problème rénal, alerte son frère.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Vladyslav Hershon</span> <span style="font-weight: 400;">est loin d’être le seul dans cette situation. Cinq de ses six confrères et consœurs, </span><a href="https://rsf.org/fr/enqu%C3%AAte-rsf-sur-les-traces-des-journalistes-disparus-de-melitopol" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">arrêtés</span></a><span style="font-weight: 400;"> avec lui le 20 août 2023 à Melitopol et liés à deux chaînes d’information locale sur Telegram, </span><i><span style="font-weight: 400;">Melitopol tse Ukrainia</span></i><span style="font-weight: 400;"> et </span><i><span style="font-weight: 400;">RIA-Pivden, </span></i><span style="font-weight: 400;">sont encore en prison et ont, pour la plupart, été lourdement condamnés.</span></p>
<p><b>Jusqu’à 26 ans de prison</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les condamnations se sont enchaînées contre ces six professionnels des médias de Melitopol avec des peines allant de 14 à 26 ans de prison. La plus récente est celle d’</span><b>Oleksandr Malyshev, </b><span style="font-weight: 400;">administrateur de la chaîne </span><i><span style="font-weight: 400;">Melitopol tse Ukraina, </span></i><span style="font-weight: 400;">qui a écopé en avril dernier de 26 ans pour «attaque terroriste» et «espionnage», la plus lourde peine jamais prononcée contre un professionnel des médias depuis l’invasion à grande échelle de 2022. Il est incarcéré dans le centre de détention n°3 de Rostov, à Novotcherkassk, dans le sud-ouest de la Russie.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Quelques mois auparavant, en novembre, son collègue,</span> <b>Maksym Rupchov</b><span style="font-weight: 400;">, avait, quant à lui, été condamné à 15 ans de prison pour «trahison» et «participation à une organisation terroriste». Selon les informations reçues par RSF, Maksym Rupchov a été transféré à près de 3 000 kilomètres de Melitopol, à Charp, en Iamalie, dans le nord russe.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En octobre, c’était la benjamine du groupe agée de 21 ans et administratrice de cette même chaîne, </span><b>Yana Suvorova, </b><span style="font-weight: 400;">qui </span><a href="https://www.instagram.com/p/DQMA6lJiiEg/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">écopait</span></a><span style="font-weight: 400;"> de 14 ans de prison pour «terrorisme» et «espionnage». Elle est emprisonnée dans la prison n°2 de Taganrog, connue pour ses mauvais traitements envers les détenus ukrainiens, </span><a href="https://rsf.org/fr/d%C3%A9clar%C3%A9e-morte-par-la-russie-rsf-r%C3%A9v%C3%A8le-les-derniers-mois-de-captivit%C3%A9-de-victoria-roshchyna" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">documentés par RSF</span></a><span style="font-weight: 400;">, et où avait été enfermée la journaliste indépendante morte en détention russe, </span><a href="https://rsf.org/fr/vika-ne-se-l%C3%A8ve-pas-des-t%C3%A9moins-racontent-les-derniers-jours-de-victoria-roshchyna-journaliste" target="_blank" rel="noopener"><b>Victoria Roshchyna</b></a><span style="font-weight: 400;">. Interrogé par l’organisation, son compagnon indique recevoir des lettres de sa part. </span></p>
<p><b>Des sorts encore incertains</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L’incertitude demeure quant au sort de l’administrateur de la chaîne Telegram du média d’information local </span><i><span style="font-weight: 400;">RIA-Pivden </span></i><span style="font-weight: 400;">– auparavant </span><i><span style="font-weight: 400;">RIA-Melitopol </span></i><span style="font-weight: 400;">–</span> <b>Heorhiy Levtchenko</b><span style="font-weight: 400;">, </span><a href="https://rsf.org/fr/premi%C3%A8res-condamnations-des-professionnels-des-m%C3%A9dias-rafl%C3%A9s-%C3%A0-melitopol-15-et-16-ans-de-prison" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">condamné</span></a><span style="font-weight: 400;"> à 16 ans de prison en septembre 2025 pour «haute trahison». Quelques mois après son procès, il a été envoyé dans la prison n°2 de Simféropol, en Crimée occupée. Il avait alors déclaré vouloir faire appel à Moscou et, selon les informations reçues par RSF, la Cour suprême de la Fédération de Russie a confirmé son jugement en juin 2026. Son lieu actuel de détention n’est pas connu, confirme la directrice de </span><i><span style="font-weight: 400;">RIA-Pivden, </span></i><b>Svitlana</b> <b>Zalizetska</b><span style="font-weight: 400;">.</span><i><span style="font-weight: 400;"> «Nous vérifions actuellement des informations selon lesquelles il aurait pu être transféré en République de l’Altaï, en Russie, pour y purger sa peine.» </span></i><span style="font-weight: 400;">Toutefois, «</span><i><span style="font-weight: 400;">les possibilités d’obtenir des informations fiables sur son lieu de détention sont très limitées»</span></i><span style="font-weight: 400;">, souligne la journaliste ukrainienne.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Enfin, </span><b>Anastasia Hloukhovska</b><span style="font-weight: 400;">, ex-journaliste pour le média local </span><i><span style="font-weight: 400;">Ria-Pivden </span></i><span style="font-weight: 400;">jusqu’à l’invasion russe à grande échelle en 2022,</span> <span style="font-weight: 400;">est la seule à ne pas avoir été poursuivie ni condamnée depuis son arrestation. Détenue au secret depuis trois ans, elle a toutefois été localisée : des témoins interrogés par RSF </span><a href="https://rsf.org/fr/russie-dans-lenfer-carc%C3%A9ral-de-kizel-les-preuves-de-vie-de-deux-journalistes-ukrainiens-d%C3%A9tenus-au" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">ont confirmé sa présence</span></a><span style="font-weight: 400;"> dans la prison n°3 de Kizel, à des milliers de kilomètres à l’est de l’Ukraine. </span></p>
<h5><b>L’espoir d’un échange</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">Les familles de journalistes de Melitopol détenus placent leurs espoirs dans un échange de prisonniers entre l’Ukraine et la Russie qui permettrait le retour de leurs proches. Un précédent le nourrit : </span><b>Mark Kaliush</b><span style="font-weight: 400;">, administrateur de </span><i><span style="font-weight: 400;">Melitopol Tse Ukraina, </span></i><span style="font-weight: 400;">également arrêté le 20 août 2023, a été </span><a href="https://rsf.org/fr/apr%C3%A8s-plus-de-deux-ans-dans-les-ge%C3%B4les-du-kremlin-les-journalistes-ukrainiens-dmytro-khyliuk-et" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">échangé le 24 août 2025, au même titre que le reporter </span><b>Dmytro Kyliuk</b><span style="font-weight: 400;">.</span></a><span style="font-weight: 400;"> </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Si le défenseur des droits humains ukrainien, Dmytro Lubinets, a </span><a href="https://www.youtube.com/live/DGN0nOMt9bk" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">déclaré</span></a><span style="font-weight: 400;">, lors d’une conférence de presse, le 12 août dernier, que l’Ukraine avait constitué «</span><i><span style="font-weight: 400;">une liste de journalistes» </span></i><span style="font-weight: 400;">dans le cadre de négociations d’échanges, Artur, le frère de Vladyslav Hershon, rappelle que le principal obstacle à la libération reste «</span><i><span style="font-weight: 400;">le pays voisin»</span></i><span style="font-weight: 400;"> – la Russie. </span></p>
<blockquote><p><i><span style="font-weight: 400;">« Trois ans après leur arrestation arbitraire, six professionnels des médias ukrainiens de Melitopol sont victimes du système répressif du Kremlin. Rien ne justifie leur maintien dans les geôles russes dans des conditions inhumaines et dégradantes, et parfois sans aucune information sur leur lieu exact de détention. RSF demande leur libération immédiate et inconditionnelle, et celle de tous les professionnels des médias détenus par la Russie.»</span></i></p>
<p><b>Pauline Maufrais</b><b><br />
</b><span style="font-weight: 400;">Chargée de zone Ukraine chez RSF</span></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">RSF recense au moins </span><a href="https://rsf.org/fr/ukraine-portraits-des-professionnels-des-m%C3%A9dias-arbitrairement-d%C3%A9tenus" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">27 professionnels ukrainiens</span></a><span style="font-weight: 400;"> des médias emprisonnés par Moscou. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les demandes de RSF aux autorités russes concernant cette affaire sont toujours restées sans réponse</span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>« Libre, mais pas chez moi » : la journaliste biélorusse Maryna Zolatava raconte sa vie en exil</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/libre-mais-pas-chez-moi-la-journaliste-bielorusse-maryna-zolatava-raconte-sa-vie-en-exil/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Aug 2026 09:12:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[Journaliste et ancienne rédactrice en chef du site d&#8217;information indépendant, désormais fermé, TUT.BY, Maryna Zolatava livre à Reporters sans frontières (RSF) un témoignage inédit sur la répression qui continue de frapper les médias indépendants dans son pays. Arrêtée en 2021, libérée en 2025 puis contrainte à l&#8217;exil, elle reste l&#8217;une des voix les plus emblématiques [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Journaliste et ancienne rédactrice en chef du site d&rsquo;information indépendant, désormais fermé, TUT.BY, Maryna Zolatava livre à Reporters sans frontières (RSF) un témoignage inédit sur la répression qui continue de frapper les médias indépendants dans son pays. Arrêtée en 2021, libérée en 2025 puis contrainte à l&rsquo;exil, elle reste l&rsquo;une des voix les plus emblématiques de la presse libre biélorusse.</strong></p>
<p>Le 9 août 2020, une élection présidentielle frauduleuse permet à Alexandre Loukachenko de se maintenir au pouvoir au Bélarus, déclenchant un vaste mouvement de contestation à travers le pays. Le régime répond par une <a href="https://rsf.org/fr/b%C3%A9larus-%C3%A0-la-veille-d-un-simulacre-d-%C3%A9lection-rsf-d%C3%A9pose-plainte-%C3%A0-la-cpi-pour-les-crimes-contre-l" target="_blank" rel="noopener"><u>répression massive</u></a> visant les opposants, qui s&rsquo;étend rapidement aux médias indépendants. En 2021, <strong>Maryna Zolatava</strong>, rédactrice en chef de <em>TUT.BY,</em> le principal média indépendant du pays, est arrêtée et le média est <a href="https://rsf.org/fr/b%C3%A9larus-rsf-d%C3%A9nonce-la-tentative-des-autorit%C3%A9s-de-r%C3%A9duire-au-silence-le-principal-m%C3%A9dia-ind%C3%A9pendant" target="_blank" rel="noopener"><u>fermé</u></a>. Qualifiée de « <a href="https://rsf.org/fr/en-proc%C3%A8s-au-b%C3%A9larus-la-journaliste-maryna-zolatava-cultive-l-espoir-depuis-la-prison" target="_blank" rel="noopener"><u>terroriste</u></a> » et <a href="https://rsf.org/fr/b%C3%A9larus-l-absurde-condamnation-de-maryna-zolatava-et-de-lioudmila-tchekina-confirm%C3%A9e-par-la-cour" target="_blank" rel="noopener"><u>condamnée</u></a> à douze ans de prison en 2023, elle est finalement <a href="https://rsf.org/fr/maryna-zolatava-est-libre-rsf-salue-la-lib%C3%A9ration-de-la-journaliste-de-tutby-apr%C3%A8s-plus-de-quatre" target="_blank" rel="noopener"><u>libérée</u></a> le 13 décembre 2025 avant d&rsquo;être immédiatement expulsée vers l&rsquo;Ukraine. Elle obtient ensuite une protection internationale en Pologne, où elle retrouve sa famille.</p>
<p>Dans le témoignage qu’elle livre à RSF, elle revient sur son arrestation et sur <a href="https://rsf.org/fr/b%C3%A9larus-%C3%A0-la-veille-d-un-simulacre-d-%C3%A9lection-rsf-d%C3%A9pose-plainte-%C3%A0-la-cpi-pour-les-crimes-contre-l" target="_blank" rel="noopener"><u>l&rsquo;anéantissement</u></a> de la liberté de la presse au Bélarus, où 20 professionnels des médias restent à ce jour <a href="https://rsf.org/fr/b%C3%A9larus-portraits-des-professionnels-des-m%C3%A9dias-arbitrairement-d%C3%A9tenus" target="_blank" rel="noopener"><u>détenus</u></a>.</p>
<h2 class="text-align-center" dir="ltr"><strong>Six ans après les manifestations en Biélorussie, la presse libre a été interdite et 21 professionnels des médias sont en prison</strong></h2>
<p class="text-align-center" dir="ltr"><em><strong>Par</strong> <strong>Maryna Zolatava</strong></em></p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">« Cela ne durera pas plus d&rsquo;un an. On ne peut pas créer une Corée du Nord en plein cœur de l&rsquo;Europe au XXIe siècle. » C&rsquo;est ce que je me disais, un soir de septembre 2020, assise dans une voiture avec ma collègue de <em>TUT.BY</em>, <strong>Katsiaryna Barysevich</strong>, devant le commissariat où plusieurs de nos confrères venaient d&rsquo;être emmenés. Cette voiture nous avait été prêtée par un lecteur de <em>TUT.BY</em>, qui voulait soutenir notre rédaction.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Deux mois plus tard, Katya (Katsiaryna) était arrêtée à son tour et condamnée à six mois de colonie pénitentiaire pour avoir écrit que Raman Bandarenka, un habitant de Minsk battu par des militants pro-gouvernementaux puis décédé à l&rsquo;hôpital, n&rsquo;était pas ivre au moment des faits, contrairement à ce qu&rsquo;avait affirmé le président Alexandre Loukachenko.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">C’était neuf mois <a href="https://rsf.org/fr/b%C3%A9larus-rsf-d%C3%A9nonce-la-tentative-des-autorit%C3%A9s-de-r%C3%A9duire-au-silence-le-principal-m%C3%A9dia-ind%C3%A9pendant" target="_blank" rel="noopener"><u>avant que la répression contre </u></a><a class="external-website" title="TUT.BY - ouverture dans un nouvel onglet" href="http://tut.by/" target="_blank" rel="noopener"><em><u>TUT.BY</u></em></a> ne s’intensifie et que je sois arrêté. Malgré une répression déjà sans précédent dans l&rsquo;histoire du Bélarus indépendant, nous étions loin d&rsquo;imaginer ce qui nous attendait.</p>
<h5 class="text-align-justify" dir="ltr"><strong>Les médias indépendants labellisés « organisations extrémistes »</strong></h5>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Il s&rsquo;est avéré qu&rsquo;il était possible de purger le paysage médiatique sans avoir recours à la coupure d’Internet. Il suffit simplement de <a href="https://rsf.org/fr/b%C3%A9larus-6-mois-apr%C3%A8s-l-arrestation-de-raman-pratasevich-l-extr%C3%A9misme-est-devenu-l-arme-ma%C3%AEtresse" target="_blank" rel="noopener"><u>déclarer tous les médias indépendants</u></a> « organisations extrémistes » et d’imposer des sanctions – administratives ou pénales – pour toute interaction avec eux. Vous risquez 15 jours de détention pour vous être abonné à un compte « extrémiste » sur les réseaux sociaux ou pour avoir partagé un lien provenant de celui-ci, même s’il contient le contenu le plus anodin qui soit, comme des prévisions météorologiques. Et si vous accordez une interview à un tel média, si vous y travaillez ou que vous y avez travaillé avant qu&rsquo;il ne soit déclaré « extrémiste », vous risquez une peine de trois ou quatre ans de prison.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Vous pensez que j&rsquo;exagère ? Rien que dans mon unité de la colonie pénitentiaire, entre 2023 et 2025, quatre personnes ont été emprisonnées pour cette raison. <a href="https://rsf.org/fr/maryna-zolatava-et-lioudmila-tchekina-d%C3%A9clar%C3%A9es-extr%C3%A9mistes-le-r%C3%A9gime-bi%C3%A9lorusse-s-acharne-contre" target="_blank" rel="noopener"><u>Sans même me compter.</u></a></p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Nous qui avons grandi dans les premières années de l&rsquo;indépendance du Bélarus, aurions-nous pu imaginer qu&rsquo;un jour les peines infligées aux dissidents sous le “socialisme développé” paraîtraient presque clémentes face aux condamnations de 10 à 15 ans prononcées après 2020 ? Ces peines rappellent les années 1930, celles de la Grande Terreur stalinienne. Certes, nous n&rsquo;avons pas été déportés en Sibérie, nous n&rsquo;avons pas construit de camps dans la steppe ni abattu d’arbres par moins cinquante degrés. Faut-il en remercier Alexandre Loukachenko ? Ou est-ce simplement parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a ni Sibérie ni steppe au Bélarus ?</p>
<h5 class="text-align-justify" dir="ltr"><strong>Libre, mais pas chez moi</strong></h5>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Depuis décembre 2025, principalement grâce aux efforts des États-Unis, je suis libre. Ou, pour être plus précise : libre, mais pas chez moi. Aujourd&rsquo;hui, il ne nous reste que deux options: être « chez soi, mais sans liberté », ou « libre, mais pas chez soi ». Notre groupe de prisonniers politiques a été transféré des prisons biélorusses vers l&rsquo;Union européenne (UE) <em>via</em> l&rsquo;Ukraine. J&rsquo;ai obtenu une protection internationale en Pologne, où j&rsquo;ai retrouvé ma famille. Je devrais être heureuse.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Non.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Non. Parce que ma collègue <strong>Liudmila Chekina</strong>, qui était directrice de <em>TUT.BY,</em> est toujours en prison. Elle a déjà passé six anniversaires derrière les barreaux. Liudmila garde le moral et, j’en suis sûr, rayonne d’optimisme. Mais je sais à quel point c’est difficile pour elle.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Non. Parce que les journalistes biélorusses continuent d&rsquo;être condamnés à de très lourdes peines. En 2026, les dirigeants du célèbre média régional <em>Intex-press</em>, <strong>Uladzimir Yanukevich</strong> et <strong>Andrei Pakalenka</strong>, ont été condamnés respectivement à quatorze et onze ans de prison. Uladzimir Yanukevich a pourtant 65 ans. Le journaliste de <em>BelaPAN</em> <strong>Pavel Dabravolski </strong>a écopé de neuf ans de prison. Le journaliste <strong>Kiryl Pazniak </strong>et sa fille Yanina, âgée de vingt ans, ont chacun été condamnés à trois ans et demi de prison. En mars, la journaliste de <em>Belsat</em> <strong>Katsiaryna Andreyeva </strong>a été <a href="https://rsf.org/fr/b%C3%A9larus-six-journalistes-graci%C3%A9s-lors-d-une-vague-de-lib%C3%A9rations-historique" target="_blank" rel="noopener"><u>libérée</u></a> après cinq ans et demi de détention, tandis que son mari, le journaliste indépendant <strong>Ihar Ilyash</strong>, a été condamné à quatre ans de colonie pénitentiaire l&rsquo;automne dernier. Au total, <a href="https://rsf.org/fr/b%C3%A9larus-portraits-des-professionnels-des-m%C3%A9dias-arbitrairement-d%C3%A9tenus" target="_blank" rel="noopener"><u>20 professionnels des médias sont actuellement détenus au Bélarus.</u></a></p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Non. Parce que la répression continue. À la suite de négociations avec les Américains, les autorités biélorusses ont libéré (ou expulsé de force) plus de 500 personnes en l’espace d’un an, parmi lesquelles des personnalités politiques de premier plan et des militants de la société civile. Mais, dans le même temps, elles continuent d’emprisonner de plus en plus de personnes. La dernière libération collective <a href="https://rsf.org/fr/b%C3%A9larus-six-journalistes-graci%C3%A9s-lors-d-une-vague-de-lib%C3%A9rations-historique" target="_blank" rel="noopener"><u>remonte</u></a> à mars 2026. Le 28 avril, le journaliste <strong>Andrzej Poczobut</strong> a <a href="https://rsf.org/fr/b%C3%A9larus-andrzej-poczobut-enfin-libre-rsf-exhorte-minsk-%C3%A0-lib%C3%A9rer-tous-les-journalistes-d%C3%A9tenus" target="_blank" rel="noopener"><u>retrouvé</u></a> la liberté. Pourtant, <a class="external-website" title="selon les défenseurs des droits humains, - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://prisoners.spring96.org/en" target="_blank" rel="noopener"><u>selon les défenseurs des droits humains, </u></a>au moins 883 prisonniers politiques étaient toujours détenus fin juillet 2026, dont de nombreuses personnes âgées ou gravement malades. Beaucoup ont déjà passé cinq, voire six ans derrière les barreaux.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Non. Parce que le métier de journaliste <a href="https://rsf.org/fr/presque-tous-les-m%C3%A9dias-ind%C3%A9pendants-ont-%C3%A9t%C3%A9-%C3%A9radiqu%C3%A9s-au-b%C3%A9larus-apr%C3%A8s-la-d%C3%A9tention-et-l-exil" target="_blank" rel="noopener"><u>est désormais interdit au Bélarus</u></a>. Cela paraît inconcevable : pour continuer à informer sur leur propre pays, mes collègues ont dû le quitter. Ils ne peuvent plus couvrir les événements sur le terrain, ni recueillir des témoignages de personnes au Bélarus, ni assister aux conférences de presse officielles ni même signer leurs articles de leur nom. La plupart des médias indépendants ont été classés comme “organisations extrémistes”, ce qui expose toute personne collaborant avec eux à des poursuites pénales. Malgré cela, mes confrères poursuivent leur travail avec un engagement admirable, ce qui  force le respect. Ils ont dû réinventer leur manière de faire du journalisme. De nombreux projets d&rsquo;enquête et d&rsquo;analyse ont vu le jour. Il est difficile de garder le pouls d&rsquo;un pays depuis l&rsquo;exil, mais ils y parviennent.</p>
<h5 class="text-align-justify" dir="ltr"><strong>Août 2020 : un tournant pour le Bélarus</strong></h5>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Il y a six ans, le Bélarus a vécu des événements décisifs. Dès le début de la campagne présidentielle, les deux principaux adversaires d&rsquo;Alexandre Loukachenko, Viktar Babaryka et Sergueï Tikhanovski, ont été arrêtés. Viktar Babaryka a été condamné à quatorze ans de prison avant d&rsquo;être expulsé en décembre 2025. Sergueï Tikhanovski a été condamné à dix-huit ans avant d&rsquo;être expulsé en juin 2025. Son épouse, Sviatlana Tikhanovskaïa, s&rsquo;est alors portée candidate à sa place. Avec Maria Kalesnikava, directrice de campagne de Viktar Babaryka, et Veronika Tsepkalo, elles ont formé un trio inédit dont les rassemblements ont attiré des milliers de personnes jusque dans les plus petites villes du pays. Jamais auparavant les Biélorusses ne s&rsquo;étaient autant mobilisés pour une campagne électorale. Comme à son habitude, Alexandre Loukachenko a organisé une fraude électorale massive, impossible à dissimuler à l&rsquo;ère du numérique. À <em>TUT.BY</em>, nous en avons recueilli de nombreuses preuves. Les électeurs descendus dans la rue ont été confrontés à une violence policière sans précédent. Cette violence et cette répression se poursuivent encore aujourd&rsquo;hui. Elles ont contraint des centaines de milliers de Biélorusses à quitter leur pays.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Beaucoup sont aujourd&rsquo;hui désillusionnés et pensent avoir perdu. Je ne partage pas ce point de vue. L&rsquo;année 2020 a montré la maturité du peuple biélorusse, son aspiration à l&rsquo;indépendance et sa volonté de défendre résolument son choix et de faire valoir ses droits par des moyens légaux. Mais aujourd&rsquo;hui, les Biélorusses, qu&rsquo;ils vivent dans leur pays ou en exil, traversent une période extrêmement difficile.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">À l&rsquo;occasion de l’anniversaire de ces événements importants, je voudrais lancer un appel à mes confrères et consœurs du monde entier. N&rsquo;oubliez pas le Bélarus. Nous existons. Nous sommes neuf millions. Et le Bélarus n&rsquo;est pas Alexandre Loukachenko. Écoutez nos voix.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Azerbaïdjan : des peines allant jusqu’à 14 ans de prison pour cinq journalistes de Toplum TV</title>
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		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Jul 2026 09:33:10 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[Un tribunal de Bakou a condamné, ce lundi 27 juillet, cinq journalistes et collaborateurs du média indépendant Toplum TV  à des peines de près de 12 à 14 ans de prison. Reporters sans frontières (RSF) dénonce un procès inique, emblématique d’une escalade de la répression contre les médias indépendants en Azerbaïdjan, qui doit prendre fin. [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><b>Un tribunal de Bakou a condamné, ce lundi 27 juillet, cinq journalistes et collaborateurs du média indépendant Toplum TV  à des peines de près de 12 à 14 ans de prison. Reporters sans frontières (RSF) dénonce un procès inique, emblématique d’une escalade de la répression contre les médias indépendants en Azerbaïdjan, qui doit prendre fin. Tous les professionnels des médias détenus doivent être libérés. </b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La justice azerbaïdjanaise a infligé des peines d’une extrême sévérité aux collaborateurs de la chaîne YouTube indépendante Toplum TV : 14 ans de prison pour son directeur Alesker Mammadli, 13 ans pour les journalistes Ilkin Amrakhov et Mushvig Jabbarov, 12 ans pour le journaliste Farid Ismailov, et 11 ans, 11 mois et 28 jours pour le responsable des réseaux sociaux Elmir Abbasov. Ce dernier, qui était sous surveillance policière mais pas détenu, est désormais en prison. Condamnés pour « contrebande » et « activités entrepreneuriales illégales », tous avaient plaidé non coupable. Leurs avocats ont annoncé faire appel.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ce verdict intervient lors d’une audience finale plus de deux ans après la <a href="https://rsf.org/fr/toplum-tv-nouvelle-victime-de-la-r%C3%A9pression-contre-les-journalistes-en-azerba%C3%AFdjan">perquisition</a> par les autorités des bureaux de Toplum TV en mars 2024 et l’arrestation de plusieurs de ses membres sur un motif infondé de « contrebande de devises étrangères ». Les journalistes ont dénoncé des poursuites motivées par leur travail d’information. </span></p>
<p>L&rsquo;Azerbaïdjan est par ailleurs très actif et très présent en Suisse. À l&rsquo;occasion des prochains Championnats du monde de ski alpin à Crans-Montana, l&rsquo;Azerbaïdjan est <a href="https://www.rts.ch/info/regions/valais/2025/article/mondiaux-de-ski-2027-l-azerbaidjan-sponsor-fache-crans-montana-et-le-valais-29094297.html" target="_blank" rel="noopener">partenaire premium de la Fédération internationale de ski (FIS)</a> et pourra ainsi (malgré de très graves violations des droits de l&rsquo;homme et une répression sévère à l&rsquo;encontre de la presse dans le pays) se présenter sous son meilleur jour sur la scène internationale lors des compétitions qui se dérouleront en février 2027. Parallèlement, l’Azerbaïdjan exploite, par l’intermédiaire de la société pétrolière d’État SOCAR (State Oil Company of Azerbaijan Republic), plus de <a href="https://www.publiceye.ch/de/themen/rohstoffe/socar-feuer-und-flamme-fuer-so-vieles" target="_blank" rel="noopener">200 stations-service en Suisse</a>.</p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">« Cette décision inique montre l’instrumentalisation de la justice azerbaïdjanaise, mise au pas par le président Ilham Aliyev pour réduire au silence les derniers médias indépendants du pays. Alors que le président azerbaïdjanais était encore en visite diplomatique en Allemagne en juillet, il envoie en prison les professionnels des médias qui l’effraient parce qu’ils révèlent la vérité de son régime. Ces peines qui vont jusqu’à 14 ans de prison sont scandaleusement lourdes et elles doivent être annulées. RSF demande la libération immédiate de ces journalistes qui n’auraient jamais dû être arrêtés ainsi que tous leurs confrères détenus arbitrairement. »<br />
</span><b>Bureau Europe de l’Est et Asie centrale de RSF</b></p></blockquote>
<h5><b>Répression des autorités</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">La machine répressive d’Ilham Aliyev tourne à plein régime contre les médias indépendants comme <a href="https://rsf.org/fr/rafle-post-cop29-en-azerba%C3%AFdjan-rsf-demande-la-lib%C3%A9ration-des-journalistes-de-meydan-tv">Meydan TV</a> ou le média d’investigation <a href="https://rsf.org/fr/jusqu-%C3%A0-neuf-ans-de-prison-pour-sevinj-vagifgizi-et-ses-coll%C3%A8gues-rsf-d%C3%A9nonce-des-condamnations">Abzas Media</a>. Dans ces cas-là aussi, les autorités ont <a href="https://rsf.org/fr/jusqu-%C3%A0-neuf-ans-de-prison-pour-sevinj-vagifgizi-et-ses-coll%C3%A8gues-rsf-d%C3%A9nonce-des-condamnations">poursuivi</a> les journalistes pour des charges de « contrebande de devises étrangères ». <a href="https://rsf.org/fr/professionnels-des-m%C3%A9dias-arbitrairement-emprisonn%C3%A9s-en-azerba%C3%AFdjan-portraits">Vingt-six professionnels des médias</a> sont derrière les barreaux, détenus dans des conditions inhumaines et <a href="https://rsf.org/fr/entrez-dans-la-cellule-de-sevinj-vagifgizi-action-coup-de-poing-pour-les-journalistes-d%C3%A9tenus-en">dégradantes</a>, sans <a href="https://rsf.org/fr/entrez-dans-la-cellule-de-sevinj-vagifgizi-action-coup-de-poing-pour-les-journalistes-d%C3%A9tenus-en">accès aux soins</a>. Le cas d’Alesker Mammadli, cofondateur de Toplum TV, est particulièrement inquiétant. Atteint d’un cancer de la thyroïde, il s’est vu <a href="https://x.com/RSF_inter/status/1778054634856223008">refuser</a> des soins médicaux nécessaires en prison. Son maintien en détention fait peser un risque sur sa vie. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;"><strong>Texte :</strong> Pauline Maufrais, RSF international, et Alena Struzh, RSF Allemagne</span></p>
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		<title>Les États-Unis imposent des restrictions drastiques en matière de visas aux journalistes étrangers</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/les-etats-unis-imposent-des-restrictions-drastiques-en-matiere-de-visas-aux-journalistes-etrangers/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Jul 2026 15:05:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[Le 16 juillet, le gouvernement américain a annoncé qu’il réduirait considérablement la durée des visas accordés aux journalistes étrangers, la limitant pour la plupart à huit mois au lieu de permettre des séjours pouvant aller jusqu’à cinq ans. Bien que les journalistes puissent présenter une nouvelle demande pour une période supplémentaire de 240 jours, cette [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><b>Le 16 juillet, le gouvernement américain a annoncé qu’il réduirait considérablement la durée des visas accordés aux journalistes étrangers, la limitant pour la plupart à huit mois au lieu de permettre des séjours pouvant aller jusqu’à cinq ans. Bien que les journalistes puissent présenter une nouvelle demande pour une période supplémentaire de 240 jours, cette nouvelle politique instaure un cycle administratif de renouvellement fastidieux. Les journalistes chinois sont soumis à des restrictions encore plus strictes, leur visa étant limité à 90 jours. Reporters sans frontières (RSF) met en garde contre le fait que ces changements rendront plus difficile le travail de reportage indépendant des correspondants internationaux aux États-Unis et les exposeront à une pression politique accrue.</b></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">« Ce changement prive les journalistes étrangers de la possibilité de couvrir l’actualité depuis les États-Unis et rend extrêmement difficile, voire impossible, le travail des médias internationaux sur le territoire américain. Cela impose des contraintes personnelles, juridiques et financières inutiles aux journalistes et à leurs médias, et cela constitue une nouvelle sanction contre la presse de la part de l’administration Trump et du ministère de la Sécurité intérieure, qui n’a de comptes à rendre à personne. Le cycle incessant des renouvellements de visas restreint la liberté de la presse, car les journalistes se sentiront contraints d’éviter de s’attirer les foudres de l’administration, de peur que leurs demandes ne soient rejetées. Les États-Unis ont toujours été les champions de la liberté d’expression et de la presse, mais cette politique viole directement ces valeurs. Les États-Unis sont le lieu où les journalistes devraient pouvoir couvrir l’actualité sans subir de censure gouvernementale ni de pression politique. Le Congrès doit agir pour garantir que les journalistes étrangers puissent travailler librement et, par là même, faire des reportages aux États-Unis qui touchent leur public dans leur pays d’origine. »<br />
</span><b>Ben Grazda<br />
</b><b>Responsable du plaidoyer du bureau Amérique du Nord de RSF</b></p></blockquote>
<h5><b>Une nouvelle politique ouvre la voie aux abus politiques</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">Les correspondants internationaux rendent compte de l’actualité politique aux États-Unis pour des millions de personnes à travers le monde. Leur travail ne doit pas dépendre des décisions arbitraires d’une quelconque autorité. Le département de la Sécurité intérieure (DHS) a déjà refusé à plusieurs reprises l’entrée sur le territoire américain à des personnes en raison de leurs propos, et il pourrait désormais utiliser le nouveau système de visas pour sanctionner de manière sélective les reportages critiques.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le gouvernement avait proposé ces règles plus strictes en août 2025. Le DHS justifie sa décision en affirmant que les titulaires de visa doivent faire l’objet d’une vérification plus approfondie. RSF avait appelé le DHS à abandonner cette proposition l’année dernière, affirmant qu’elle imposerait une charge excessive aux journalistes et créerait un système présentant un fort risque d’abus de la part du gouvernement. RSF avait également pris la tête d’un groupe comprenant 17 autres organisations de défense de la liberté de la presse pour demander au DHS de renoncer aux modifications proposées et avait soumis des observations publiques sur ces restrictions. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Cette politique en matière de visas s&rsquo;inscrit dans une série de mesures prises par l&rsquo;administration Trump visant à contrôler la couverture médiatique et à accroître encore la pression sur les médias qui lui déplaisent. Le 16 juillet, le ministère de la Justice a adressé des citations à comparaître à plusieurs journalistes du New York Times, les obligeant à témoigner devant un grand jury au sujet de leurs articles sur les problèmes de sécurité liés à l&rsquo;avion Air Force One offert par le Qatar. Le journal a riposté en demandant l&rsquo;annulation de ces citations à comparaître. L&rsquo;avocat de la rédaction, David McCraw, les a qualifiées d&rsquo; « abusives et irrecevables ».</span></p>
<h5><b>Incertitudes au sein des médias suisses et européens</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">La décision prise à Washington devrait, selon toute vraisemblance, concerner également les médias suisses qui ont des correspondants en poste aux États-Unis. Les rédactions concernées suivent la situation de près, même si l&rsquo;évaluation des répercussions à long terme reste encore incertaine.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Dès l&rsquo;automne 2025, l&rsquo;Union européenne de radio-télévision (<strong>UER</strong>), qui représente de nombreux radiodiffuseurs publics européens, s&rsquo;était déjà prononcée contre le projet du gouvernement américain. Dans une </span><a href="https://www.ebu.ch/files/live/sites/ebu/files/News/2025/09/US_i-visa_statement_ENG_with%20signatories.pdf" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">déclaration commune</span></a><span style="font-weight: 400;"> signée par la <strong>SSR</strong>, la <strong>NZZ</strong>, <strong>le VSM</strong> (l&rsquo;association des éditeurs alémaniques) et 120 autres médias et organisations médiatiques du monde entier, les signataires ont souligné le rôle crucial des correspondants à l&rsquo;étranger pour l&rsquo;information du public européen. Ils ont également mis en garde contre le risque que leurs reportages soient entravés par des procédures bureaucratiques excessives.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour les correspondants permanents installés aux États-Unis, la séparation entre la durée de validité du visa et l&rsquo;autorisation de séjour (désormais limitée à 240 jours renouvelables) fait peser une épée de Damoclès permanente. Interrogé par RSF Suisse, un correspondant basé aux États-Unis pour une chaîne européenne témoigne sous couvert d&rsquo;anonymat. Selon lui le risque principal est celui d&rsquo;un traitement administratif rallongé et d&rsquo;une incertitude permanente. Si le mandat est remis en cause tous les 240 jours, cela impacte directement la vie personnelle, familiale et professionnelle. En cas de retard de traitement de l&rsquo;administration, les correspondants pourraient temporairement perdre le droit de travailler. Pour les rédactions, cela impose un coût financier et une logistique lourde : faudrait-il mettre fin au mandat, ou envoyer un autre journaliste ? Ce délai raccourci met les journalistes étrangers à la merci de l&rsquo;arbitraire administratif, ce qui évoque plutôt des pratiques observées dans des régimes autoritaires. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Bien que ce risque de contrôle des propos inquiète la profession, ce même correspondant affirme sa volonté de ne pas céder à l&rsquo;autocensure et de poursuivre son travail habituel. </span></p>
<p>Selon un grand média suisse qui a tenu à garder l&rsquo;anonymat « ces nouvelles dispositions sont avant tout source d’incertitude supplémentaire pour les correspondants concernés. Même s’il n’est pas encore possible d’évaluer de manière définitive leurs répercussions concrètes, on peut craindre que des procédures de visa plus lourdes ou plus restrictives ne compliquent le travail des médias internationaux. » En précisant que « si une adaptation des rotations des correspondants s’avérait nécessaire, nous nous attendons à une charge administrative supplémentaire. »</p>
<p><span style="font-weight: 400;">De son côté, le service de communication de la <strong>Neue Zürcher Zeitung (NZZ)</strong> se veut plus mesurée quant à l&rsquo;impact immédiat sur son organisation : « Selon nos connaissances actuelles, la réglementation annoncée n&rsquo;a pas d&rsquo;impact sur la couverture médiatique de la NZZ depuis les États-Unis. Notre indépendance journalistique et notre travail d&rsquo;information n&rsquo;en sont pas affectés. Il n&rsquo;est pas encore possible d&rsquo;évaluer de manière définitive quelles seront les conséquences pratiques à plus long terme. Nous suivons les développements futurs avec attention. »</span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Échec de la protection de l&#8217;État : un septième journaliste tué cette année au Mexique</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/echec-de-la-protection-de-letat-un-septieme-journaliste-tue-cette-annee-au-mexique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Jul 2026 08:00:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[Reporters sans frontières (RSF) condamne l’assassinat du journaliste Francisco Alejandro Leyva Aguilar, ce 22 juillet dans l’État d’Oaxaca. Il s’agit du septième journaliste tué au Mexique depuis le début de l’année 2026, le deuxième en moins d’une semaine. Un an auparavant, Leyva avait officiellement signalé avoir reçu des menaces de mort. RSF exige l’ouverture d’une [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-chapo field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<p dir="ltr"><strong>Reporters sans frontières (RSF) condamne l’assassinat du journaliste Francisco Alejandro Leyva Aguilar, ce 22 juillet dans l’État d’Oaxaca. Il s’agit du septième journaliste tué au Mexique depuis le début de l’année 2026, le deuxième en moins d’une semaine. Un an auparavant, Leyva avait officiellement signalé avoir reçu des menaces de mort. RSF exige l’ouverture d’une enquête avec l’intervention des autorités fédérales ainsi qu’une explication publique sur les défaillances des institutions qui étaient informées de la situation de risque dans laquelle se trouvait le journaliste.</strong></p>
</div>
<div class="field field--name-field-contenu-editorial field--type-entity-reference-revisions field--label-hidden field__items">
<div class="field__item">
<div class="paragraph paragraph--type--texte-riche paragraph--view-mode--default">
<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-texte-riche field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<p class="text-align-justify" dir="ltr"><strong>Francisco Alejandro Leyva Aguilar</strong>, âgé de 60 ans, a été abattu par balles le 22 juillet dans la municipalité de San Pablo Etla, dans l’État d’Oaxaca. Le gouverneur de l’État, Salomón Jara, a <a class="external-website" title="condamné - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://x.com/salomonj/status/2079990024171299114?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E2079990024171299114%7Ctwgr%5Ee4266910b70b8449b4f0d9eb627a57c01dff5a9e%7Ctwcon%5Es1_c10&amp;ref_url=https%3A%2F%2Felpais.com%2Fmexico%2F2026-07-22%2Fasesinado-a-balazos-el-periodista-francisco-" target="_blank" rel="noopener"><u>condamné</u></a> ce crime et a demandé une coordination entre le parquet de l’État et le Bureau du procureur général de la République, ainsi que son unité spécialisée dans les crimes contre la liberté d’expression.</p>
</div>
</div>
</div>
<div class="field__item">
<div class="paragraph paragraph--type--citation paragraph--view-mode--default">
<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-texte-riche field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<blockquote>
<p dir="ltr"><em>« Sept journalistes assassinés en un peu plus de six mois témoignent d’un échec grave et durable de l’État mexicain. Parmi les victimes figurent des journalistes qui avaient signalé des menaces ainsi que d’autres qui avaient bénéficié de mécanismes de protection ou de mesures de surveillance. Ouvrir une enquête après chaque assassinat n’a pas permis de protéger des vies, n’a pas mis fin à la violence et ne peut plus constituer l’unique réponse. Le gouvernement mexicain doit assumer sa responsabilité politique, expliquer les défaillances constatées dans chaque affaire et présenter un plan national d’urgence. »</em></p>
<p dir="ltr"><strong>Artur Romeu</strong><br />
Directeur du bureau Amérique latine de RSF</p>
</blockquote>
</div>
</div>
</div>
<div class="field__item">
<div class="paragraph paragraph--type--texte-riche paragraph--view-mode--default">
<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-texte-riche field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Francisco Alejandro Leyva Aguilar exerçait le journalisme depuis près de trente ans et a dirigé  le réseau de chaînes de télévision et de stations de radio publiques <em>CORTV</em> (Corporation de radio et télévision d’Oaxaca) entre 2016 et 2020. Au moment de son assassinat, il publiait la chronique politique en ligne <em>El Zumbido del Moscardón</em>, reprise dans plusieurs médias d’Oaxaca, comme <em>Hendirecto</em> et <em>Presente de Oaxaca</em>, et administrait une <a class="external-website facebook" title="page - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.facebook.com/leyvaguilar" target="_blank" rel="noopener"><u>page</u></a>Facebook sur laquelle il publiait des chroniques sur l’actualité politique. Celle-ci était suivie par plus de 15 000 personnes. La veille de son assassinat, il y avait publié une chronique critique à l’égard du gouverneur et de plusieurs membres de son administration.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr"><strong>Un journaliste menacé</strong></p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Un peu plus d’un an auparavant, le 14 juillet 2025, Leyva s’était présenté devant le Bureau du défenseur des droits de l’homme du peuple d’Oaxaca ( “Defensoría de los Derechos Humanos del Pueblo de Oaxaca”) l’institution locale de défense des droits humains, pour déposer une plainte à la suite de menaces de morts qu’il avait reçu. Il faisait un lien entre ces menaces et le fait qu’il ait été publiquement discrédité dans le cadre de « Trapitos al Sol», une rubrique diffusée lors des conférences de presse officielles du gouverneur d’Oaxaca, Salomón Jara. Lancée en avril 2024, cette rubrique avait pour objectif affiché de démentir les informations que le gouvernement de l’État considérait comme fausses ou trompeuses à son sujet. Selon cette plainte, le journaliste a déclaré que cette mise en cause publique aurait été suivie d’une campagne de discrédit menée par des médias et des comptes en ligne, ainsi que de menaces de mort proférées par téléphone par des individus non identifiés. Leyva a imputé cette campagne au gouvernement de l’État et a publiquement tenu le gouverneur pour responsable de tout préjudice qui pourrait lui être causé.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Deux jours plus tard, il a déposé une plainte auprès du Bureau du procureur général de la République contre le gouverneur de l’État, Salomón Jara, deux responsables de l’administration de l’État et toute autre personne susceptible d’être impliquée. Le parquet fédéral a ouvert une enquête pour menaces, mais n’a pris aucune mesure de protection et a transmis le dossier au parquet de l’État d’Oaxaca douze jours plus tard. Les documents consultés par RSF montrent que le parquet de l’État n’a confirmé la réception du dossier qu’en novembre 2025, soit quatre mois après le dépôt de la plainte.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr"><strong>Un journaliste par mois tué au Mexique depuis 2026</strong></p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Avec sept journalistes tués depuis janvier 2026, le Mexique compte désormais l’équivalent d&rsquo; un professionnel de l’information mort par mois en raison de travail.</p>
<ul>
<li dir="ltr">
<p class="text-align-justify"><a href="https://rsf.org/fr/mexique-sixi%C3%A8me-journaliste-tu%C3%A9-en-2026-le-gouvernement-doit-agir-de-toute-urgence-contre-les" target="_blank" rel="noopener"><strong><u>Josué Martínez Contreras</u></strong></a>, du média <em>Noticias San Martín Texmelucan</em>, a été tué le 16 juillet 2026.</p>
</li>
<li dir="ltr">
<p class="text-align-justify"><a href="https://rsf.org/fr/alex-serna-sp%C3%A9cialiste-de-l-environnement-cinqui%C3%A8me-journaliste-tu%C3%A9-au-mexique-depuis-janvier-2026" target="_blank" rel="noopener"><strong><u>Manuel Alejandro Moreno Serna</u></strong></a> (Alex Serna), du média <em>Observatorio Ciudadano de la Costa Grande</em>, a été tué le 3 juillet 2026.</p>
</li>
<li dir="ltr">
<p class="text-align-justify"><a href="https://rsf.org/fr/mexique-alors-que-le-pays-inaugure-la-coupe-du-monde-2026-un-journaliste-est-assassin%C3%A9-dans-l-%C3%A9tat" target="_blank" rel="noopener"><strong><u>Luis Ángel López Valdez</u></strong></a><strong>,</strong> rédacteur et web-rédacteur pour Reportaje Policiaco Veracruzano, a été assassiné le 11 juin 2026.  Il bénéficiait de mesures d’accompagnement et de surveillance.</p>
</li>
<li dir="ltr">
<p class="text-align-justify"><a href="https://rsf.org/fr/troisi%C3%A8me-meurtre-de-journaliste-%C3%A0-veracruz-au-mexique-en-2026-rsf-exige-des-r%C3%A9ponses-urgentes" target="_blank" rel="noopener"><strong><u>Roxana Guzmán Ramírez</u></strong></a>, du média <em>Pulso Informativo del Sureste</em>, a été enlevée le 2 juin 2026 avant d&rsquo;être retrouvée assassinée à la fin du mois de juin.</p>
</li>
<li dir="ltr">
<p class="text-align-justify"><a href="https://rsf.org/fr/deux-attaques-par-balles-contre-des-journalistes-en-deux-jours-au-mexique-faisant-un-tu%C3%A9-des" target="_blank" rel="noopener"><strong><u>Juan David Gámez</u></strong></a>, du média <em>Táctica SS</em>, a été tué le 18 mars 2026.</p>
</li>
<li dir="ltr">
<p class="text-align-justify"><a href="https://rsf.org/fr/mexique-un-onzi%C3%A8me-journaliste-assassin%C3%A9-sous-la-pr%C3%A9sidence-sheinbaum-rsf-r%C3%A9clame-justice-apr%C3%A8s-la" target="_blank" rel="noopener"><strong><u>Carlos Castro</u></strong></a>, du média Código Norte de Veracruz, a été tué le 8 janvier 2026. Il avait été intégré à un mécanisme de protection de l’État après avoir reçu des menaces, mais les mesures ont été suspendues en 2024, les autorités estimant que le risque avait été écarté.</p>
</li>
</ul>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Le Mexique occupe la 122ᵉ place sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2026 de RSF et chute à la 160ᵉ place pour l’indicateur de sécurité. Le pays demeure l’un des endroits les plus dangereux et les plus meurtriers au monde pour exercer le journalisme.</p>
</div>
</div>
</div>
</div>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>France : des collaborateurs de la mairie d’Annecy parmi les mystérieux acheteurs de centaines d’exemplaires de L’Essor Savoyard</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/france-des-collaborateurs-de-la-mairie-dannecy-parmi-les-mysterieux-acheteurs-de-centaines-dexemplaires-de-lessor-savoyard/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Jul 2026 10:40:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Plusieurs centaines d’exemplaires de l’hebdomadaire régional L’Essor Savoyard (hebdomadaire régional français couvrant l&#8217;actualité d&#8217;Annecy et ses environs) du 4 juin 2026 ont été achetés dans différents points de ventes de la ville d’Annecy par de mystérieux clients. Après plusieurs semaines d&#8217;enquête, Reporters Sans Frontières (RSF), en collaboration avec l’Essor Savoyard, a identifié une opération impliquant des [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-chapo field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<p dir="ltr"><strong>Plusieurs centaines d’exemplaires de l’hebdomadaire régional L’Essor Savoyard (hebdomadaire régional français couvrant l&rsquo;actualité d&rsquo;Annecy et ses environs) du 4 juin 2026 ont été achetés dans différents points de ventes de la ville d’Annecy par de mystérieux clients. Après plusieurs semaines d&rsquo;enquête, Reporters Sans Frontières (RSF), en collaboration avec l’Essor Savoyard</strong><em><strong>,</strong></em><strong> a identifié une opération impliquant des personnes directement liées à la mairie. Le but : faire disparaître le journal, dont la Une portait sur une accusation de viol présumé contre le premier adjoint au maire.</strong></p>
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<p class="text-align-justify" dir="ltr">Des ventes records et un journal local en rupture de stock. Difficile de trouver <em>L’Essor Savoyard </em>lors de sa parution le 4 juin dernier à Annecy, dans le sud-est de la France. Ce matin-là, à l&rsquo;ouverture des points de vente, et dans les heures qui suivent, plusieurs mystérieux acheteurs viennent s’emparer de l’édition de la semaine, dont la Une est consacrée au témoignage exclusif d’une victime présumée de viol qui met en cause le premier adjoint au maire de la ville, Anthony Granger. Une information que certains souhaitent apparemment voir disparaître des kiosques, au prix d’une opération de censure grossière et mal ficelée.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Dans au moins une vingtaine de points de vente, visités au cours de cette enquête conjointe menée par RSF et <em>L’Essor Savoyard</em>, le même scénario se répète : dès l’ouverture, une personne se présente et demande à acheter tous les journaux disponibles. De mémoire de kiosquier, « <em>du jamais vu »</em> à Annecy. Bien que surpris, certains acceptent de vendre l&rsquo;intégralité du stock. Dans une grande surface de la ville, un homme et une femme se font même passer pour des salariés de <em>L’Essor Savoyard</em> et achètent 146 exemplaires au prétexte qu’une erreur se serait glissée dans le numéro.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">D’autres vendeurs se montrent plus circonspects. « <em>Un homme, qui était là avant même l’ouverture, est venu et a voulu acheter mes 110 exemplaires », </em>raconte l&rsquo;un d&rsquo;eux. « <em>J’ai accepté de lui en vendre la moitié ». </em>Un peu plus tard, un deuxième homme arrive et en achète une quinzaine « <em>pour l’exposé de sa fille »</em>, se souvient le commerçant. À peine une demi-heure plus tard, une femme se présente comme travaillant dans l’hôtellerie, et s’empare de différents magazines avant d’ajouter, l’air de rien, 20 exemplaires du journal. Fatigué de ce manège, il refuse de lui vendre ces derniers, malgré son insistance. « <em>Elle m’a dit qu’elle souhaitait les distribuer à ses clients. Mais quand je lui ai dit qu’elle ne pouvait prendre qu’un ou deux exemplaires de L’Essor Savoyard, elle n’a rien acheté. »</em></p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Excédé, le gérant décide finalement de déplacer les journaux derrière le comptoir et donne la consigne d’en vendre deux par personne au maximum. « <em>Je ne savais même pas sur quoi portait le numéro, mais on n’a pas à empêcher nos clients de trouver leurs journaux ! », </em>s&rsquo;exclame-t-il. Rapidement, les kiosquiers se passent le mot. Plusieurs dissimulent une partie de leurs stocks et limitent les ventes, pour s’assurer que leurs acheteurs habituels puissent se procurer le journal. Malgré ces précautions, en une matinée à peine, une grande partie des rayons sont vidés. À 12h17, le distributeur informe <em>L’Essor Savoyard</em> que 65 % des espaces de vente du réseau n’ont plus aucun exemplaire à vendre.</p>
<h5 class="text-align-justify" dir="ltr"><strong>La chasse aux exemplaires</strong></h5>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Selon les investigations de RSF et de<em> L’Essor Savoyard, </em>au moins 20 points de vente dans l’ensemble de l’agglomération d’Annecy sont concernés par cette opération. Au total, plus de 900 journaux ont été achetés en masse, pour un montant total de près de 2 300 euros. Le caractère exceptionnel et organisé de ces achats en masse mesurés au cours de cette enquête concorde avec les ventes records constatées par le journal. Alors que ce dernier s’écoule habituellement à environ 2000 exemplaires, 1000 de plus ont été achetés ce jour-là, soit une hausse de 50 %.</p>
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<blockquote>
<p dir="ltr"><em><strong>«À l’heure où une information circule en quelques secondes sur Internet, cette tentative de faire disparaître un journal d’informations locales en achetant tous ses exemplaires dans les kiosques a quelque chose d’un mauvais polar . Mais derrière le caractère presque absurde de cette opération, le signal est grave. Des centaines d’exemplaires d’un hebdomadaire régional ont été soustraits aux lecteurs dans le but manifeste d’étouffer une affaire de viol présumé mettant en cause un élu : une information d’intérêt public. La presse d’information locale est un contre-pouvoir essentiel. Il faut la protéger, et non chercher à la faire taire. »<br />
</strong></em>Haïfa Mzalouat<br />
Journaliste au bureau investigation de RSF</p>
</blockquote>
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<p class="text-align-justify" dir="ltr">Selon les commerçants, aucun de ces mystérieux acheteurs ne fait partie de leur clientèle habituelle. Mais en croisant des témoignages et des images, RSF a été en mesure d’identifier plusieurs personnes directement liées à la mairie.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Dans un établissement où <em>L’Essor Savoyard</em> est consultable, une consigne a été transmise avant même l’ouverture : le journal ne doit pas être exposé ce jour-là. Cette directive est donnée, selon les informations obtenues au cours de cette enquête, par Myriam Clerc, conseillère spéciale et ancienne collaboratrice parlementaire du maire, Antoine Armand. Cette dernière a également été reconnue dans un tabac où plusieurs dizaines de journaux ont été achetés. Sur la base de photos publiques, le gérant et son employée présents ce fameux 4 juin, la reconnaissent formellement. Interrogée sur son implication dans cette opération, l’intéressée répond, entre de longs silences, « <em>qu’elle n’a pas de commentaire à faire ». </em></p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Dans un autre point de vente du centre-ville d’Annecy, une vendeuse a de son côté formellement reconnu une élue locale, venue lui acheter une cinquantaine de journaux ce jour-là. « <em>Je la connais bien, les élus viennent souvent. Elle a même tenté de relever l’affiche indiquant la Une du numéro »</em>,<em> </em>raconte-t-elle. Dans deux autres tabacs, un jeune homme a acheté une quarantaine d’exemplaires en tout. Sa description, et des images consultées par RSF, font apparaître de fortes ressemblances et des points communs avec un autre collaborateur du cabinet du maire. Interrogés par RSF, ces deux personnes nient toute implication dans l’achat des journaux du 4 juin.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Du côté de la Mairie, plusieurs élus ne voient pas d’un bon œil cette tentative de faire disparaître <em>L’Essor Savoyard</em> de l’espace public. Sous couvert d’anonymat, un membre de la majorité confirme avoir<em> « la certitude que cela vient de chez nous ». </em>Il raconte que<em> « des élus ont été appelés pour acheter des journaux : certains ont accepté, d’autres ont refusé ».</em> Selon lui, cette opération « <em>ridicule » </em>a été décidée « <em>dans un moment de panique, de manière un peu désespérée »</em>.</p>
<h5 class="text-align-justify" dir="ltr"><strong>Une tentative de censure qui en rappelle d’autres </strong></h5>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Après les révélations du quotidien d’investigation en ligne <a class="external-website" title="La Lettre - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.lalettre.fr/fr/politique_collectivites-et-territoires/2026/05/27/un-adjoint-d-antoine-armand-vise-par-une-plainte-pour-viol-a-annecy,110772951-art" target="_blank" rel="noopener"><em><u>La Lettre</u></em></a><em> </em>et de <em>L’Essor Savoyard </em>au sujet de la plainte déposée contre le premier adjoint Anthony Granger pour viol présumé, la mairie a attendu plusieurs semaines avant de s’exprimer sur cette affaire. Lors du conseil municipal du 29 juin, le nouveau maire Antoine Armand (Renaissance, le parti politique d&rsquo;Emmanuel Macron) a annoncé la mise en retrait politique du principal concerné. Contacté par RSF et <em>L’Essor Savoyard</em> au sujet de la disparition des journaux, Anthony Granger répond qu’il n’a pas de « <em>commentaire à faire »</em> et qu’il « <em>est étranger à cela »</em>. De son côté, le maire assure « <em>qu’aucune consigne n’a été donnée, aucune organisation n’a été mise en place et aucun argent public n’a été mis à disposition, ni par la Ville ni par son cabinet »</em>. Confronté aux éléments obtenus pendant cette enquête, il estime qu’ils ne permettent pas d’établir la « <em>réalité de ces initiatives »</em>, mais que si c’était le cas, « <em>il les désapprouverait avec fermeté ». </em></p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Ce n’est pas la première fois que des journaux disparaissent ainsi de l’espace public après des révélations journalistiques. En janvier 2023, l’hebdomadaire <em>L’Express</em> <a class="external-website" title="affirmait - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.lexpress.fr/politique/lexpress-introuvable-a-frejus-apres-notre-enquete-sur-rachline-les-calculs-de-faure-AGLENMOVRJHXXJBL75TQ245WSU/" target="_blank" rel="noopener"><u>affirmait</u></a> que des proches du maire de Fréjus, David Rachline (Rassemblement National, parti politique français d&rsquo;extrême droite), avaient raflé les exemplaires de l’hebdomadaire après une enquête sur sa gestion de cette ville située dans le sud-est de la France. Douze ans plus tôt, en 2011 à Puteaux, <a class="external-website" title="600 exemplaires - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.lemonde.fr/politique/article/2011/10/21/mise-en-cause-par-le-canard-enchaine-la-maire-de-puteaux-fait-acheter-tous-les-exemplaires-de-l-hebdomadaire_1591680_823448.html" target="_blank" rel="noopener"><u>600 exemplaires</u></a><em> </em>de l’hebdomadaire satirique <em>Le Canard Enchaîné</em> avaient été achetés par l’équipe de la maire Joëlle Ceccaldi-Raynaud (UMP, un parti politique français classé à droite et devenu «Les Républicains» en 2015), alors mise en cause dans une affaire de pots-de-vin. Le 2 avril 2025, rebelote pour le « palmipède », qui a vu tous ses exemplaires <a class="external-website" title="disparaître des rayons - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.lecanardenchaine.fr/politique/50591-chasse-au-canard-a-lisieux" target="_blank" rel="noopener"><u>disparaître des rayons</u></a>, après un numéro mettant en cause le maire de Lisieux dans le Calvados, Sébastien Leclerc (Les Républicains, parti politique français classé à droite). Mais ces méthodes ont rarement l’effet escompté : en voulant étouffer l’information, elles finissent surtout par lui donner davantage d’écho.</p>
<p><strong>Si vous avez des informations à partager avec nous, n’hésitez pas à nous contacter de manière sécurisée à </strong><a class="external-website" title="investigation@rsfsecure.org - ouverture dans un nouvel onglet" href="mailto:investigation@rsfsecure.org" target="_blank" rel="noopener"><strong><u>investigation@rsfsecure.org</u></strong></a><strong> </strong></p>
<p class="text-align-right" dir="ltr"><em>En collaboration avec Florent Pecchio et Maxime Petit (L&rsquo;Essor Savoyard)</em></p>
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		<title>États-Unis : la fusion prévue entre Paramount et Warner Bros. met en danger le paysage médiatique américain</title>
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		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Jul 2026 12:27:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[Le temps presse pour empêcher la fusion, d’un montant de 111 milliards de dollars, entre les conglomérats médiatiques Paramount et Warner Bros. Discovery, qui placerait certaines des marques d’information les plus influentes aux États-Unis et dans le monde sous le contrôle d’un seul propriétaire. Alors que les dirigeants des deux entreprises espèrent finaliser l&#8217;opération dès fin [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-chapo field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<p dir="ltr"><strong>Le temps presse pour empêcher la fusion, d’un montant de 111 milliards de dollars, entre les conglomérats médiatiques Paramount et Warner Bros. Discovery, qui placerait certaines des marques d’information les plus influentes aux États-Unis et dans le monde sous le contrôle d’un seul propriétaire. Alors que les dirigeants des deux entreprises espèrent finaliser l&rsquo;opération dès </strong><a class="external-website" title="fin juillet - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.wsj.com/business/deals/three-gulf-funds-agree-to-back-paramounts-81-billion-takeover-of-warner-04eda364?mod=article_inline" target="_blank" rel="noopener"><strong><u>fin juillet</u></strong></a><strong>, Reporters sans frontières (RSF) exhorte les procureurs généraux des États américains à bloquer cette fusion, avertissant qu&rsquo;elle réduirait l&rsquo;accès des citoyens et citoyennes à une information fiable et porterait atteinte au pluralisme des médias.</strong></p>
</div>
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<div class="field__item">
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<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-texte-riche field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<p class="text-align-justify" dir="ltr">La fusion des sociétés qui <a class="external-website" title="contrôlent - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://deadline.com/2026/06/paramount-warner-bros-job-losses-la-county-report-1236962892/" target="_blank" rel="noopener"><u>contrôlent</u></a> la chaîne d’information <em>CNN</em> et le réseau CBS, y compris les <a class="external-website" title="28 chaînes locales - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.paramountpressexpress.com/location-not-allowed" target="_blank" rel="noopener"><u>28 chaînes locales</u></a> détenues par CBS, limiterait les choix des Américains en matière d’information. Cette concentration <a class="external-website" title="réduirait l’éventail - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.hollywoodreporter.com/tv/tv-news/cnn-wary-bari-weiss-oversight-paramount-warner-bros-merger-1236632178/" target="_blank" rel="noopener"><u>réduirait l’éventail</u></a> de l’offre médiatique et des informations accessibles au public, et <a class="external-website" title="mettrait en péril des milliers d’emplois - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.hollywoodreporter.com/business/business-news/paramount-warner-bros-merger-1236594993/" target="_blank" rel="noopener"><u>mettrait en péril des milliers d’emplois</u></a> dans le secteur des médias. Plusieurs États américains sont déjà en train de finaliser une action en justice pour violation des lois antitrust – sur la concurrence – visant à contester cette fusion, qui devrait être déposée cette semaine, <a class="external-website" title="selon le quotidien New York Times - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.nytimes.com/2026/07/12/business/state-ag-lawsuit-paramount-warner-bros.html" target="_blank" rel="noopener"><u>selon le quotidien </u><em><u>New York Times</u></em></a>.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Cette fusion suscite une opposition farouche et persistante. Plus de 5 500 professionnels d’Hollywood ont signé une <a class="external-website" title="lettre ouverte - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://blockthemerger.com/openletter" target="_blank" rel="noopener"><u>lettre ouverte</u></a> s’opposant à cette opération. Selon le quotidien <em>Wall Street Journal</em>, <a class="external-website" title="les juristes de la division antitrust - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.wsj.com/business/media/justice-department-decision-to-allow-paramount-deal-surprised-staff-investigators-a18f70da?mod=e2tw" target="_blank" rel="noopener"><u>les juristes de la division antitrust</u></a> du ministère de la Justice <em>“étaient enclins à recommander une action en justice” </em>visant à bloquer la fusion, au motif qu’elle serait anticoncurrentielle et enfreindrait la législation antitrust. Mais des hauts responsables du ministère ont clos l’enquête de l’agence avant qu’ils n’aient pu formuler une recommandation. Plusieurs sénateurs ont également déjà condamné ces <a class="external-website" title="investissements étrangers massifs - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.booker.senate.gov/news/press/booker-schiff-warren-urge-fcc-to-halt-paramountwarner-bros-merger-over-national-security-risks" target="_blank" rel="noopener"><u>investissements étrangers massifs</u></a> émanant de <a href="https://rsf.org/fr/pays/arabie-saoudite" target="_blank" rel="noopener"><u>gouvernements hostiles</u></a> aux journalistes. Par ailleurs, les autorités britanniques s’apprêtent à <a class="external-website" title="s’opposer à cette opération - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://edition.cnn.com/2026/06/30/media/uk-discovery-wbd-merger-intl?utm_source=cnn_Reliable+Sources&amp;utm_medium=email" target="_blank" rel="noopener"><u>s’opposer à cette opération</u></a> dans les semaines à venir.</p>
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<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-texte-riche field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<blockquote>
<p dir="ltr"><em>« Aucune entreprise ne devrait avoir autant d’influence sur ce que les Américains regardent, lisent et entendent que celle que pourrait détenir Paramount-Warner Bros. Les  Américains et Américaines comptent sur  une offre médiatique fiable et plurielle pour prendre des décisions du quotidien allant de leur alimentation, leur vote, leurs investissements pour l’avenir ou encore l’éducation de leurs enfants. Cette fusion monopolistique porterait un coup dévastateur au journalisme américain en réduisant la diversité éditoriale et  en concentrant davantage les médias entre les mains d’oligarques qui ont déjà pris des décisions éditoriales drastiques  chez CBS. Plusieurs États américains semblent prêts à bloquer cette fusion devant les tribunaux. RSF appelle d’autres États à se joindre à eux sans délai. »</em></p>
<p dir="ltr"><strong>Ben Grazda</strong><br />
Responsable du plaidoyer du bureau Amérique du Nord de RSF</p>
</blockquote>
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<h5 class="text-align-justify" dir="ltr"><strong>Les fusions passées renseignent sur les dangers de la concentration</strong></h5>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">En août 2025, <a class="external-website" title="Paramount et Skydance ont fusionné - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.paramount.com/press/skydance-media-and-paramount-global-complete-merger-creating-next-generation-media-company" target="_blank" rel="noopener"><u>Paramount et Skydance ont fusionné</u></a> pour former une seule et même entreprise. Cette opération, dont le montant s’élève à <a class="external-website" title="huit milliards de dollars - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://apnews.com/article/paramount-skydance-media-cbs-trump-merger-a030c4f2c1903ed0e7f927782a64fcc0" target="_blank" rel="noopener"><u>huit milliards de dollars</u></a>, a placé Paramount, la société qui contrôle la <a class="external-website" title="troisième chaîne - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.tvinsider.com/1254222/cbs-abc-nbc-evening-news-ratings-2026-q1/" target="_blank" rel="noopener"><u>troisième chaîne</u></a> d’information la plus regardée du pays, <a class="external-website" title="CBS News - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://apnews.com/article/paramount-skydance-merger-cbs-news-trump-85560c3c7aaaa1fe894380683e66a89c" target="_blank" rel="noopener"><em><u>CBS New</u></em><u>s</u></a>, entre les mains du milliardaire <a class="external-website" title="David Ellison - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.nytimes.com/2026/06/14/business/media/trump-ufc-david-ellison.html" target="_blank" rel="noopener"><u>David Ellison</u></a>, un allié de <a class="external-website" title="Donald Trump - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.pbs.org/newshour/politics/trumps-moves-against-media-outlets-mirror-authoritarian-approaches-to-silencing-dissenthttps://www.pbs.org/newshour/politics/trumps-moves-against-media-outlets-mirror-authoritarian-approaches-to-silencing-dissent" target="_blank" rel="noopener"><u>Donald Trump</u></a>. Quelques mois seulement après la fusion, 2 000 personnes – soit environ 10 % des effectifs de Paramount – ont <a class="external-website" title="perdu leur emploi - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://apnews.com/article/paramount-layoffs-skydance-merger-job-cuts-d98e6037d36254487112c833781b8f42" target="_blank" rel="noopener"><u>perdu leur emploi</u></a>. Quant à <em>CBS News</em> a <a class="external-website" title="licencié - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.cnn.com/2026/03/20/media/cbs-news-layoffs-bari-weiss-paramount" target="_blank" rel="noopener"><u>licencié</u></a> en mars 6 % de son personnel et a décidé de fermer <em>CBS News Radio</em>.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Conséquence de cette concentration ? Un public moins bien informé. <em>CBS News Radio</em> comptait environ <a class="external-website" title="700 stations affiliées - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.usatoday.com/story/entertainment/tv/2026/05/22/cbs-news-radio-shutdown/90215365007/" target="_blank" rel="noopener"><u>700 stations affiliées</u></a> à travers le pays, qui se sont de fait retrouvées privées de leur principale source de programmes. Sa disparition prive ces stations d’un fournisseur majeur de contenus. La radio, qui ne nécessite pas de connexion Internet, demeure pourtant l’un des <a class="external-website" title="moyens les plus accessibles - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.americanbar.org/groups/crsj/resources/human-rights/2025-october/losing-infrastructure-community-connection/" target="_blank" rel="noopener"><u>moyens les plus accessibles</u></a> pour diffuser l’actualité, d’autant que de plus en plus d’Américains vivent dans des <a class="external-website" title="déserts de l’information - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.medill.northwestern.edu/news/2025/news-deserts-hit-new-high-and-50-million-have-limited-access-to-local-news-study-finds.html" target="_blank" rel="noopener"><u>déserts de l’information</u></a>. Les anciennes stations affiliées à CBS doivent <a class="external-website" title="désormais choisir - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://news.wttw.com/2026/06/23/legacy-brand-sunset-illinois-radio-stations-reckon-cbs-news-radio-s-shutdown" target="_blank" rel="noopener"><u>désormais choisir</u></a> parmi un nombre de plus en plus restreint de sources pour s’approvisionner en informations, ce qui nuit à la diversité des informations qu’elles peuvent diffuser auprès d’un public qui compte sur leur couverture médiatique.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">La fusion entre Paramount et Warner Bros., d’un montant de <a class="external-website" title="près de 111 milliards de dollars - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://apnews.com/article/warner-brothers-paramount-skydance-netflix-david-ellison-d52e8730ba894adf2ebb9a69646d323b" target="_blank" rel="noopener"><u>près de 111 milliards de dollars</u></a>, éclipserait l’accord conclu en 2025 entre Paramount et Skydance (8 milliards de dollars). En conséquence, les spécialistes prévoient des répercussions encore plus dévastatrices pour les journalistes et le public. Selon un <a class="external-website" title="rapport - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://opportunity.lacounty.gov/wp-content/uploads/2026/06/Paramount_Warner_Merger_March_17_2026_Motion_Report_Back.pdf" target="_blank" rel="noopener"><u>rapport</u></a> récent du Département des opportunités économiques de Los Angeles, cela pourrait se traduire par la suppression d’environ 2 500 emplois dans le secteur des médias, y compris des postes de journalistes, dans la région de Los Angeles, et d’environ 6 000 dans le monde entier.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">En tant qu’actionnaire de la fondation Paramount, la filiale américaine de RSF, Reporters sans frontières, Inc., a déjà <a href="https://rsf.org/fr/%C3%A9tats-unis-rsf-et-la-fpf-demandent-%C3%A0-paramount-d%C3%AAtre-transparent-au-sujet-de-lacquisition" target="_blank" rel="noopener"><u>alerté</u></a>, aux côtés de la Freedom of the Press Foundation, sur les dangers de la concentration accrue des grands réseaux d’information entre les mains d’actionnaires ayant des liens avec des personnalités politiques. Pour les deux organisations, cela pourrait bouleverser complètement le paysage médiatique américain en renforçant la censure éditoriale, en sapant la confiance du public, en affaiblissant la responsabilité démocratique et en accélérant les licenciements dans les rédactions.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">RSF est profondément préoccupée par le fait que les grands conglomérats médiatiques cèdent de plus en plus aux pressions politiques, à un moment où les journalistes américains sont déjà confrontés à une escalade des menaces judiciaires, des intimidations et des atteintes à leur indépendance. Les Etats-Unis occupent la 64e place au Classement mondial de la liberté de la presse de RSF, perdant 7 places en 2026.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Correspondante au Liban: « Vivre au quotidien avec des drones au-dessous de la tête est épuisant »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Jul 2026 08:00:33 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[Basée au Liban depuis 2020, la journaliste indépendante Sophie Woeldgen couvre l’actualité du Proche Orient, d’abord pour le média en ligne Heidi.news, aujourd’hui principalement pour les médias Le Temps, Le Soir (Belgique) et La Tribune du Dimanche (France). Elle nous livre son témoignage sur la réalité du métier de correspondante : ciblage des reporters, précarité [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Basée au Liban depuis 2020, la journaliste indépendante Sophie Woeldgen couvre l’actualité du Proche Orient, d’abord pour le média en ligne Heidi.news, aujourd’hui principalement pour les médias Le Temps, Le Soir (Belgique) et La Tribune du Dimanche (France). Elle nous livre son témoignage sur la réalité du métier de correspondante : ciblage des reporters, précarité des pigistes et charge mentale d’un quotidien rythmé par le bourdonnement incessant des drones. </strong></p>
<p><b>Vous couvrez un terrain hautement inflammable, notamment le sud du Liban, qualifié de zone de combat par l’armée israélienne. Comment parvient-on à travailler sous les bombardements ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Cette guerre-ci est beaucoup plus difficile à couvrir que les précédentes phases du conflit. Mais, déjà en 2024 des tirs d’artillerie avaient tué Issam Abdallah, journaliste pour Reuters et blessé gravement Christina Assi, photographe pour l&rsquo;AFP. Ils étaient pourtant parfaitement identifiés comme « Presse » sur une route dégagée que nous empruntions tous. Les enquêtes ont démontré qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;un ciblage. Une question s&rsquo;est alors posée pour nous, journalistes : devons-nous continuer à afficher nos insignes de presse au risque d&rsquo;être ciblés, ou devons-nous nous déplacer en civils pour nous fondre dans la masse ? C&rsquo;est un double tranchant permanent. Une vingtaine de journalistes ont été tués au Liban depuis octobre 2023. </span></p>
<p><b>A quoi ressemble une semaine type en tant que journaliste au Liban ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">C&rsquo;est un peu compliqué car je bouge beaucoup, mais cela dépend du contexte. Tout </span><span style="font-weight: 400;">dépend si l’on est en période d&rsquo;escalade, de guerre de haute intensité, ou dans des phases plus calmes. En tant que correspondante, il y a une obligation de réagir à n&rsquo;importe quel moment. Bien sûr, je planifie des interviews et des rencontres pour garder le</span><span style="font-weight: 400;"> lien, créer des contacts et obtenir des informations de fond. Ce travail est moins lié à l&rsquo;actualité immédiate, mais nourrit les papiers et la compréhension du pays. A côté de cela, il y a l&rsquo;urgence : s&rsquo;il se passe quelque chose à un endroit, je prends la voiture </span><span style="font-weight: 400;">et j&rsquo;y vais. Cela peut être à 6 heures du matin, en début d&rsquo;après-midi, à l&rsquo;autre bout du pays ou un dimanche. Cette capacité de réaction est fondamentale.</span></p>
<p><b>Contrairement à d&rsquo;autres correspondants, vous avez fait le choix de travailler sans fixeur sur place. Pourquoi ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">C&rsquo;est précisément la force d&rsquo;être correspondante locale : on prend le temps de bâtir son propre réseau avec des contacts directs. Quand la situation l’exige, je peux appeler directement mes sources pour savoir si une route est ouverte, fermée ou dangereuse. Il y a aussi une réalité économique : les fixeurs demandent des tarifs extrêmement élevés. Les chaînes de télévision ou les grands médias américains paient des sommes que nous, journalistes de presse écrite, sommes incapables d&rsquo;aligner. Et je reste convaincue que l&rsquo;absence d&rsquo;intermédiaire permet de nouer une relation différente, plus humaine avec les gens.</span></p>
<p><b>La violence s&rsquo;est-elle intensifiée contre les reporters et les civils ces derniers mois ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L&rsquo;exemple terrible d&rsquo;Amal Khalil, une collègue avec qui j’ai collaboré. Elle et sa consœur se trouvaient juste derrière une voiture qui a été frappée par un drone. Elles se sont immédiatemen</span><span style="font-weight: 400;">t réfugiées dans un bâtiment qui a son tour a été frappé par un avion de chasse israélien. La Croix-Rouge et l&rsquo;armée libanaise ont tenté d&rsquo;intervenir pour les extraire, mais elles ont essuyé des tirs de l&rsquo;armée israélienne. L&rsquo;interdiction d&rsquo;accès a duré six heures. Quand la Croix-Rouge a enfin pu approcher, Amal avait succombé à ses blessures. En tant qu&rsquo;Européens, nous bénéficions d&rsquo;une relative protection mais nos collègues libanais sont en première ligne. On observe un ciblage systématique des secouristes et des journalistes au Sud. Cette année, avec les évacuations massives, tout véhicule en mouvement est devenu une cible. Nos fenêtres d&rsquo;opportunité sont minimes et demandent de prendre de grands risques.</span></p>
<p><b>Face à un tel danger, comment évaluez-vous les risques. Observez-vous une différence avec vos collègues salariés en termes de sécurité ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La sécurité sur le terrain est une notion très volatile, elle change en l&rsquo;espace de quelques minutes. Certains de mes collègues salariés doivent, pour chaque déplacement, demander l&rsquo;autorisation à un responsable de la sécurité basé à Paris ou ailleurs. Pour moi, ce fonctionnement est contre-productif. Sur le terrain, vous voyez une accalmie, vous constatez qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de drone à cet instant précis, vous savez qui vous allez voir, il faut saisir l&rsquo;opportunité. Devoir attendre des validations hiérarchiques à distance bloque ces fenêtres cruciales. La perception du risque depuis un bureau parisien n&rsquo;a rien à voir avec la réalité du contexte local. </span></p>
<p><strong>C&rsquo;est à dire ?</strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Il n&rsquo;y a pas de risque zéro. Le danger aujourd&rsquo;hui au Liban n&rsquo;est pas de recevoir un éclat et de s&rsquo;en tirer avec deux mois d&rsquo;arrêt maladie. En discutant avec les soignants, on sait qu&rsquo;en cas de frappe directe de drone sur une voiture, les chances de survie sont quasi nulles. La question devient alors purement journalistique : je ne vais pas sur le terrain pour le plaisir d&rsquo;y aller. L&rsquo;évaluation doit être rigoureuse : est-ce que l&rsquo;importance de l&rsquo;information que je vais rapporter vaut le coup de prendre ce risque spécifique ? Si l&rsquo;objectif éditorial est crucial, alors j&rsquo;accepte ce risque. Avec l&rsquo;expérience, on développe aussi des réflexes, on apprend à analyser le comportement d&rsquo;un drone au-dessus de nos têtes ou à se mettre à l&rsquo;ombre car on sait qu’on est beaucoup plus visibles au soleil.</span></p>
<p><b>Existe-t-il une différence majeure entre les journalistes salariés et les pigistes indépendants comme vous ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le vrai problème de fond est le manque cruel de moyens et la sous-rémunération systémique des correspondants indépendants. Pour être honnête, je gagne moins que le salaire minimum genevois. Je parviens à m&rsquo;en sortir parce que je n&rsquo;ai pas d&rsquo;enfants à charge, mais c&rsquo;est un travail usant, 7 jours sur 7, sur place depuis des mois. Et la majorité de mes collègues indépendants touchent encore beaucoup moins que moi. Ma situation n’est pas la plus précaire car je sais que j’ai des médias qui me suivent et je me sens sécurisée sur ce point mais cette précarité pousse à la surenchère et au danger. Cela signifie aussi renoncer à consulter un psychologue parce que c&rsquo;est trop cher. Pour réussir à vendre un article, certains pigistes sont poussés à prendre des risques démesurés. Je vois des collègues développer des troubles obsessionnels, souffrir d&rsquo;insomnies sévères, devenir d&rsquo;une nervosité extrême, jusqu&rsquo;au point de rupture où ils lâchent totalement la profession. En Suisse, le statut de pigiste n&rsquo;offre absolument aucune sécurité. Si j&rsquo;ai un problème de santé demain, la question est immédiate : combien de temps puis-je tenir financièrement avant de devoir retravailler ?</span></p>
<p><b>Vous vivez actuellement à Beyrouth. À quoi ressemble votre quotidien ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Juste avant notre entretien, j&rsquo;ai dû fermer toutes les fenêtres de mon appartement parce qu&rsquo;un drone tournait au-dessus de mon immeuble. Sinon, le bourdonnement est tel que vous ne m&rsquo;entendriez pas. J&rsquo;ai la chance d&rsquo;habiter dans un quartier chrétien qui est épargné par les bombardements directs. Mais la guerre psychologique est omniprésente. Le conflit s&rsquo;est intensifié récemment, mais nous subissons des bombardements imprévisibles et une tension permanente depuis des mois. Vivre au quotidien avec des drones au-dessus de la tête est épuisant. Le volume sonore de ces engins est assourdissant et s&rsquo;infiltre physiquement : quand le drone descend très bas et stagne pendant des heures, je sens mon rythme cardiaque s&rsquo;accélérer, mes muscles se tendre. Les voisins s&rsquo;énervent, les enfants pleurent, les animaux paniquent. Mon père, qui me disait toujours que j&rsquo;exagérais, est venu me voir l&rsquo;année passée. Après deux jours de drones non-stop, il devenait fou et ne comprenait pas comment on pouvait tolérer cette violation constante de l&rsquo;espace aérien. Au Liban, nous avons tristement banalisé ce bruit constant. </span></p>
<p><b>Cette fatigue physique et psychologique altère-t-elle la qualité de votre travail ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Cela demande une énergie colossale. J&rsquo;aime profondément ce pays, ses habitants, et c&rsquo;est un choix conscient de ma part d&rsquo;être ici. Mais après des semaines de bombardements, il y a des moments où j&rsquo;ai juste envie de rentrer, de me poser, et de faire du journalisme dans des conditions normales, là où il y a de l&rsquo;électricité en continu, du calme, la possibilité de manger et de dormir correctement. Quand je rentre en Suisse, les idées s&rsquo;organisent clairement dans ma tête tout simplement parce que j&rsquo;ai pu dormir. Les capacités de réflexion sont altérées lorsque la majorité de votre énergie quotidienne est siphonnée par des mécanismes de pure survie. </span></p>
<p><b>Vous évoquiez votre réseau de confiance sur place, mais quelle est l&rsquo;attitude générale de la population envers les journalistes ? Constatez-vous de la méfiance ou une évolution ces dernières années ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">J’ai mentionné l’armée israélienne mais il y a aussi le Hezbollah qui combat au sud du Liban. Ils surveillent de très près nos positions et nos accès. Il est toujours possible de naviguer, mais cela demande beaucoup d&rsquo;efforts, de contacts et de patience. Si une tentative échoue le premier jour, il faut réessayer le lendemain en espérant ne pas tomber sur la personne qui bloquera le passage. C&rsquo;est un travail permanent mais c&rsquo;est aussi cela qui rend le métier fascinant. En Iran et dans une partie de la Syrie le passage par un fixeur est obligatoire, ce qui restreint la liberté puisqu’il doit rendre des comptes aux autorités et risque des ennuis si votre travail déplaît. En Jordanie, les contrôles sont stricts, et le Nord d&rsquo;Israël est presque totalement bouclé aux journalistes. C&rsquo;est toute la région qui subit une restriction globale des accès.</span></p>
<h6><strong>Sophie Sager, Chargée de projets RSF Suisse</strong></h6>
<p><em>(Photo : Alexandra Henry. Sur la photo : Sophie Woeldgen immortalise des chars près du checkpoint qui mène à Kobane, près de l&rsquo;Euphrate. La route venait d&rsquo;être conquise par des combattants des Forces Démocratiques Syriennes vers la fin janvier 2026.)</em></p>
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		<title>Vague de procédures-bâillons contre Heidi.news : RSF saisit la rapporteuse spéciale de l&#8217;ONU Irene Khan</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/vague-de-procedures-baillons-contre-heidi-news-rsf-saisit-la-rapporteuse-speciale-de-lonu-irene-khan/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Jul 2026 12:46:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Newsletter 2026-06-FR]]></category>
		<category><![CDATA[Suisse]]></category>
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					<description><![CDATA[Le média suisse romand Heidi.news fait face depuis plusieurs mois à une vague sans précédent d’interdictions de publication ordonnées par la justice. Quatre articles d’investigation du journaliste Antoine Harari ont fait l&#8217;objet de pas moins de 45 ordonnances de mesures superprovisionnelles – un instrument du droit civil suisse permettant à une personne ou à une [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-chapo field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<p><strong>Le média suisse romand Heidi.news fait face depuis plusieurs mois à une vague sans précédent d’interdictions de publication ordonnées par la justice. Quatre articles d’investigation du journaliste Antoine Harari ont fait l&rsquo;objet de pas moins de 45 ordonnances de mesures superprovisionnelles – un instrument du droit civil suisse permettant à une personne ou à une entreprise d’obtenir, parfois sans même que la partie adverse soit entendue, une interdiction judiciaire de publier certains contenus. L’issue des procédures demeure incertaine. Si les plaignants obtenaient gain de cause, les conséquences pour la liberté de la presse en Suisse seraient profondément préoccupantes. Face à cette situation, Reporters sans frontières (RSF) a saisi la rapporteuse spéciale des Nations unies sur la liberté d’expression. </strong></p>
</div>
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<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-texte-riche field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Au printemps, le journaliste Antoine Harari du média en ligne suisse romand <em>Heidi.news</em> a consacré une <a class="external-website" title="série d’articles - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.heidi.news/explorations/le-fabuleux-destin-d-abdallah-chatila" target="_blank" rel="noopener"><u>série d’articles</u></a> aux activités de l’homme d’affaires genevois Abdallah Chatila et plus spécifiquement au sujet du rachat de la filiale suisse d’une banque russe visée par des sanctions européennes et suisses.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Pour financer ce rachat, Abdallah Chatila a emprunté 140 millions de francs suisses, avec la promesse de « dérussifier » la banque. Or, selon l’enquête d’<em>Heidi.news</em>,<em> </em>plusieurs créanciers ayant accordé ces prêts entretiendraient des liens étroits avec la Russie de Vladimir Poutine et certains seraient eux-mêmes visés par des sanctions.</p>
<h5 class="text-align-justify" dir="ltr"><strong>Les créanciers, un sujet d’intérêt public… qui vaut des ennuis à </strong><em><strong>Heidi.news </strong></em></h5>
<p class="text-align-justify" dir="ltr"><em>Heidi.news</em> a publié les noms de ces créanciers, estimant que cette information relevait clairement de l’intérêt public. L’enquête révélait en effet des éléments qui semblent avoir échappé aux organismes de surveillance. Cette publication a toutefois donné lieu à 45 ordonnances de mesures superprovisionnelles prononcées par la justice. Les demandes ont été déposées par sept avocats représentant au total 15 personnes physiques et morales. Les mesures provisionnelles et superprovisionnelles sont un instrument du droit civil suisse permettant à des particuliers ou à des entreprises d’agir en justice contre des contenus journalistiques les concernant, lorsqu’ils estiment qu’ils pourraient en subir un « préjudice grave ».</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">En Suisse, ces mesures sont fréquemment utilisées contre les médias afin de les contraindre à supprimer certains éléments de leurs publications, tels que des noms ou des informations précises. Elles peuvent être ordonnées par un tribunal sans même que la partie adverse soit entendue au préalable. La frontière entre un usage légitime de ces procédures et une censure arbitraire apparaît particulièrement ténue. Cela est d’autant plus vrai depuis la révision récente de la base légale par le Parlement suisse. Dans l’ancienne version du texte de loi, la partie plaignante devait démontrer un « préjudice particulièrement grave ». Depuis 2025, il suffit désormais d’un « préjudice grave », sans qu’il soit nécessaire qu’il soit « particulièrement » important. Une modification apparemment mineure de la loi, mais aux conséquences significatives pour la liberté de la presse.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Pour le rédacteur en chef de <em>Heidi.news</em>, Serge Michel, les motivations des plaignants ne font aucun doute. Il déclare à RSF : « I<em>l ne s’agit pas de prétendre que </em>Heidi.news<em> a publié des informations erronées ou portant atteinte à la personnalité, entraînant un préjudice grave, comme le prévoit le Code civil. Il s’agit de nous réduire au silence au moyen de procédures-bâillons manifestement abusives. Cette avalanche de mesures superprovisionnelles est absurde. »</em></p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Selon Serge Michel, certains plaignants auraient même engagé des actions contre <em>Heidi.news</em> à titre personnel, tout en agissant simultanément au nom des sociétés dont ils sont les seuls propriétaires, afin de lancer des procédures parallèles portant sur le même objet. Cette pratique multiplie manifestement la charge de travail, ainsi que les frais d’avocats, pour la rédaction de <em>Heidi.news</em>. Elle illustre également le caractère arbitraire et abusif de ces procédures.</p>
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<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-texte-riche field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<blockquote><p><em>« La section suisse de RSF critique depuis longtemps la faille juridique que constituent les mesures superprovisionnelles en Suisse. La vague de plaintes visant </em>Heidi.news<em> illustre parfaitement le recours massif aux procédures-bâillons contre une petite rédaction. Le cadre légal facilite excessivement, selon nous, les actions engagées contre des contenus journalistiques jugés dérangeants. Nous appelons également le Parlement à se saisir enfin de la questions des procédures-bâillons. »<br />
</em><strong>Denis Masmejan</strong><br />
<strong>Secrétaire général de RSF Suisse</strong></p></blockquote>
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<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-texte-riche field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<h5 class="text-align-justify" dir="ltr"><strong>Les mesures superprovisionnelles : une faille du cadre juridique suisse</strong></h5>
<p class="text-align-justify" dir="ltr"><em>Heidi.news</em> n’est pas le seul média à faire face à de telles mesures superprovisionnelles, d’autres titres de presse suisses étant également concernés. Ces dernières années, des mesures superprovisionnelles ont notamment été ordonnées contre la <a class="external-website" title="RTS - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.rts.ch/audio-podcast/2025/audio/la-rts-obtient-la-suspension-des-mesures-superprovisionnelles-concernant-l-affaire-denis-vipret-28982890.html" target="_blank" rel="noopener"><em><u>RTS</u></em></a>, contre le groupe de presse national Tamedia ou encore contre le journal <em>Blick</em>. <a class="external-website" title="Le problème est bien connu. - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.humanrights.ch/fr/rechercher/mesures-provisionnelles-medias-liberte-expression-danger-suisse" target="_blank" rel="noopener"><u>Le problème est bien connu. </u></a></p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Pour <em>Heidi.news</em>, les neuf audiences judiciaires organisées dans le canton de Genève représentent déjà une charge considérable, en temps et en argent. Si les plaignants obtenaient gain de cause, les frais de procédure et les honoraires d’avocats alourdiraient significativement cette charge.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">L’effet de telles mesures superprovisionnelles est indéniable, affirme Serge Michel : « <em>Le risque d’autocensure augmente. Mais nous ne nous laissons ni influencer ni intimider. »</em> La rédaction prépare la suite de son enquête sur Abdallah Chatila, mais en raison des procédures judiciaires en cours, la date de publication n’a toutefois pas encore été fixée.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr"><em>Heidi.news</em> a également <a class="external-website" title="lancé, en mai, une pétition - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://secure.avaaz.org/community_petitions/fr/les_membres_du_parlement_suisse_protegeons_la_liberte_de_la_presse_en_suisse/?tkXJMkb" target="_blank" rel="noopener"><u>lancé, en mai, une pétition</u></a> appelant le législateur suisse à introduire une loi contre les procédures-bâillons (SLAPP), ou à défaut, à mettre en place des mécanismes empêchant que les médias soient ainsi entravés dans leur travail – par exemple <em>via</em> une procédure en deux étapes permettant de déterminer si une plainte est fondée ou si elle relève d’une procédure abusive.</p>
<h5 class="text-align-justify" dir="ltr"><strong>RSF mobilisée contre les procédures-bâillons </strong></h5>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Une réglementation comparable existe déjà dans l’Union européenne et au Royaume-Uni, mais pas en Suisse. C’est pourquoi la section suisse de RSF, en collaboration avec d’autres organisations médiatiques suisses et des ONG de la société civile, s’engage dans le cadre de <a class="external-website" title="l’Alliance suisse contre les SLAPP - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.allianz-gegen-slapp.ch/" target="_blank" rel="noopener"><u>l’Alliance suisse contre les SLAPP</u></a>, afin de lutter contre cette dérive et de sensibiliser le public, ainsi que les responsables politiques à ce problème.</p>
<h5 class="text-align-justify" dir="ltr"><strong>La rapporteuse spéciale des Nations unies sur la liberté d’expression, Irene Khan, a été saisie</strong></h5>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">RSF a en outre soutenu la rédaction de <em>Heidi.news</em> et appuyé sa démarche auprès de la rapporteuse spéciale des Nations unies pour la liberté d’expression, Irene Khan. L’objectif est de porter cette question, particulièrement préoccupante en Suisse au regard de la législation actuelle, au plus haut niveau des instances internationales compétentes.</p>
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		<item>
		<title>La presse à Hong Kong souffre depuis six ans de la loi draconienne sur la sécurité nationale</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/la-presse-a-hong-kong-souffre-depuis-six-ans-de-la-loi-draconienne-sur-la-securite-nationale-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Jun 2026 15:22:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[Il y a six ans, le 30 juin 2020, le gouvernement de Xi Jinping à Pékin a adopté à Hong Kong la loi radicale et draconienne sur la sécurité nationale (National Security Law). Depuis lors, dans la région administrative spéciale de Hong Kong, toute déclaration publique ou intention manifestée visant à séparer Hong Kong de [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Il y a six ans, le 30 juin 2020, le gouvernement de Xi Jinping à Pékin a adopté à Hong Kong la loi radicale et draconienne sur la sécurité nationale (National Security Law). Depuis lors, dans la région administrative spéciale de Hong Kong, toute déclaration publique ou intention manifestée visant à séparer Hong Kong de la Chine est considérée comme un délit. Cette loi peut être interprétée de manière si large que ses conséquences pour le mouvement démocratique hongkongais, ainsi que pour les médias et la liberté de la presse, restent aujourd’hui encore très graves. Au cours des six dernières années, de nombreux médias ont dû cesser leurs activités, et des locaux de rédactions ont été perquisitionnés par les forces de sécurité. De plus, des personnalités du monde des médias et des entrepreneurs du secteur, tels que Jimmy Lai ou Patrick Lam, ont été emprisonnés et réduits au silence sur la base d’accusations forgées de toutes pièces. Au moins 19 professionnels des médias ont été emprisonnés à Hong Kong depuis 2020, et certains d’entre eux ne sont toujours pas libres. <em>(Photo : Keystone-ATS)</em></strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le plus connu d’entre eux est sans doute Jimmy Lai. Depuis plus de cinq ans et demi, </span><a href="https://rsf.org/en/2000-days-behind-bars-time-running-out-jimmy-lai" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">soit plus de 2 000 jours</span></a><span style="font-weight: 400;">, il est détenu arbitrairement à Hong Kong, dont une grande partie en isolement cellulaire. En décembre 2025, une nouvelle condamnation a été prononcée à l’encontre de Lai : 20 ans de prison. Il est accusé de complot en vue de collaborer avec des forces étrangères ainsi que de publication de contenus séditieux en lien avec son ancienne activité d’éditeur du journal « Apple Daily ». Le verdict proprement dit n’a été rendu qu’en février 2026 ; il s’agit de la peine la plus lourde prononcée à ce jour contre un journaliste à Hong Kong en vertu de la loi sur la sécurité nationale.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En 2024, le procès des deux journalistes de l’ancien journal « Stand News », Patrick Lam et Chung Pui-kuen, a fait tout autant de bruit. La rédaction de « Stand News » avait déjà été prise d’assaut par les forces de sécurité fin 2021, ce qui avait contraint le journal à cesser ses activités. Bien que les chefs d’accusation retenus contre Patrick Lam et Chung Pui-kuen dans le jugement de 2024 ne relevaient pas de la loi sur la sécurité nationale, « Stand News » avait auparavant été déclaré comme constituant un risque pour la sécurité nationale de Hong Kong. Patrick Lam et Chung Pui-kuen ont été condamnés respectivement à onze et vingt-et-un mois d’emprisonnement pour émeute et atteinte à la sécurité de l’État, en vertu de la Loi fondamentale de Hong Kong (Hong Kong Basic Law).</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les procès intentés contre Jimmy Lai, ainsi que contre Patrick Lam et Chung Pui-kuen, illustrent parfaitement le recul drastique de la liberté de la presse à Hong Kong ces dernières années. En 2010, Hong Kong occupait encore la 34e place sur 180 pays et territoires recensés dans le classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF. En 2019, la région administrative spéciale occupait déjà la 73e place. Et aujourd’hui, les problèmes ont pris une telle ampleur que Hong Kong n’occupe plus que la 140e place. La situation de la liberté de la presse est globalement considérée comme très grave et il s’agit de l’un des plus forts recul de la liberté de la presse observés par RSF au cours des dernières décennies.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">RSF a toujours suivi de près les événements dans la zone administrative spéciale et a elle-même été confrontée à la répression exercée par les autorités. Celles-ci s’en prennent non seulement aux professionnels des médias, mais aussi aux ONG, comme Reporters sans frontières. En 2024, Aleksandra Bielakowska, collaboratrice de RSF, a </span><a href="https://rsf.org/en/hong-kong-rsf-representative-detained-and-deported-attempt-monitor-jimmy-lai-s-national-security" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">même été détenue pendant plusieurs heures à l’aéroport de Hong Kong sous de vagues prétextes, empêchée d’entrer sur le territoire, puis expulsée</span></a><span style="font-weight: 400;">. Le travail et la présence de RSF ont manifestement trop inquiété les autorités de Hong Kong pour qu’elles puissent laisser Mme Bielakowska entrer sans réagir.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Malgré la loi sur la sécurité nationale et la répression de plus en plus sévère à l’encontre de la presse, les professionnels des médias de Hong Kong n’ont pas cédé et continuent de résister. Patrick Lam, de « Stand News », a déclaré en 2024 dans sa </span><a href="https://x.com/hkdc_us/status/1829119010694181301" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">déclaration faite à la suite du verdict rendu à son encontre et à celle de Chung Pui-kuen</span></a><span style="font-weight: 400;"> : « Nous avons révélé des vérités qui, sans cela, seraient restées cachées, même si cela n’a pas été sans difficulté. Nous avons défendu les plus démunis et les minorités, malgré les attaques et les condamnations. Nous avons documenté autant que possible la vie quotidienne à Hong Kong. Nous voulions consigner ces histoires avant qu’elles ne disparaissent. Mais nous savions tous que notre liberté s’amenuisait. Malgré tout, beaucoup ont choisi de rester, de se battre et de tirer parti de l’espace restreint dont nous disposions. »</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Et Sébastien, le fils de Jimmy Lai, a déclaré en février 2026 </span><a href="https://www.youtube.com/watch?v=W15ZWKTWIkg" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">aux médias américains</span></a><span style="font-weight: 400;"> que son père était resté stoïquement calme lors du prononcé du verdict en février. Il aurait même souri, « en signe de résistance ». Cela a donné de la force à Sébastien Lai. La Chine a peut-être emprisonné physiquement Jimmy Lai, mais pas son esprit de combat, a souligné Sébastien. Cet esprit de combat a certes coûté très cher à Jimmy Lai, à savoir sa liberté. Et pourtant, il sert d’inspiration à la presse encore libre dans la région, de repère et de source de motivation. Car les libertés qui subsistent doivent être mises à profit et préservées. Sinon, elles disparaîtront elles aussi complètement.</span></p>
<h6><strong>Valentin Rubin, Policy &amp; Advocacy Manager RSF Suisse</strong></h6>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Dans les territoires ukrainiens occupés par la Russie, s’informer devient un acte clandestin</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/dans-les-territoires-ukrainiens-occupes-par-la-russie-sinformer-devient-un-acte-clandestin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Jun 2026 10:14:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[Le Kremlin a partiellement ou totalement bloqué les réseaux sociaux et les services de messagerie non-russes dans les territoires ukrainiens de l’est et du sud-est occupés par la Russie. Isolés sur le plan numérique, des habitantes et habitants tentent malgré tout de contourner la censure pour rester en contact avec le monde extérieur et s’informer [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le Kremlin a partiellement ou totalement bloqué les réseaux sociaux et les services de messagerie non-russes dans les territoires ukrainiens de l’est et du sud-est occupés par la Russie. Isolés sur le plan numérique, des habitantes et habitants tentent malgré tout de contourner la censure pour rester en contact avec le monde extérieur et s’informer auprès de sources indépendantes en dehors des récits de propagande. Reporters sans frontières (RSF) a recueilli les témoignages de personnes pour qui s’informer est devenu un acte clandestin. </strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">«Un jour Internet et Telegram fonctionnent, le lendemain non.» Pour s’informer, Ihor*, qui vit dans les territoires ukrainiens occupés par la Russie, dépend de services quasiment inaccessibles. En Ukraine libre, ses proches ont accès à des sources plurielles. Lui, non. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine en 2022, les plateformes et messageries appartenant à des entreprises américaines comme Facebook, Instagram, X, YouTube, Signal ou encore Viber, appartenant à la société japonaise Rakuten, ont été partiellement ou totalement <a href="https://rsf.org/fr/présidentielle-en-russie-le-kremlin-renforce-son-bouclier-doré-en-ligne-pour-censurer-les" target="_blank" rel="noopener">censurées</a>. Dernière cible en date : Telegram, la messagerie fondée par l’entrepreneur russe Pavel Dourov, qui <a href="https://carnegieendowment.org/ru/russia-eurasia/politika/2026/03/russia-internet-telegram-restrictions" target="_blank" rel="noopener">fait l’objet d’un blocage</a> depuis le printemps dernier, après avoir perdu les grâces du Kremlin. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Moscou a progressivement fermé l’espace numérique en Russie et dans les régions de l’est et du sud de l’Ukraine envahies par l’armée russe en 2014 et en 2022, les remplaçant par <a href="https://rsf.org/fr/dans-les-territoires-occupés-d-ukraine-la-messagerie-du-kremlin-max-érige-un-nouveau-rideau-de-fer" target="_blank" rel="noopener">ses propres applications</a>, telles que Max sur laquelle RSF a déjà enquêté. Les médias ukrainiens <a href="https://euvsdisinfo.eu/fr/lemprise-de-la-russie-sur-linformation-dans-les-territoires-occupes-de-lukraine/" target="_blank" rel="noopener">interdits</a> ont été remplacés par des <a href="https://rsf.org/fr/enquête-sur-le-mystérieux-alexandre-malkevitch-le-propagandiste-du-kremlin-en-ukraine" target="_blank" rel="noopener">sites de désinformation</a> favorables au Kremlin, à l’instar de la holding ZaMedia, créée en 2022 par l’entrepreneur russe Alexander Malkevitch, ou de l’installation de médias russes comme le groupe audiovisuel d’État VGTRK qui a ouvert un bureau dans la ville occupée de Donetsk.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour continuer à accéder à une information plurielle, les habitants des régions sous contrôle russe de Donetsk, de Louhansk, de Zaporijjia, de Kherson ou encore de Crimée ont dû adapter leurs pratiques. </span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">« </span><span style="font-weight: 400;">RSF condamne le verrouillage informationnel orchestré par le Kremlin dans les territoires occupés, en mimétisme avec ce qui est aussi monnaie courante en Russie. Les habitants sont forcés de s&rsquo;informer dans la clandestinité, en espérant que les ruses employées un jour, les VPN notamment, seront toujours efficaces le lendemain. Il est inacceptable que des populations entières soient aujourd’hui ainsi coupées de sources d’informations fiables et matraquées de propagande russe dans leur propre pays.<br />
</span><b>Pauline Maufrais et Vincent Berthier<br />
</b><b>Chargée de la zone Ukraine et responsable du bureau technologie et journalisme de RSF</b></p></blockquote>
<h5><b>La colonisation numérique russe des territoires occupés</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;"><a href="https://rsf.org/fr/la-colonisation-de-l-ukraine-commence-par-son-réseau" target="_blank" rel="noopener">La colonisation numérique russe</a> commence dès le numéro de téléphone : les habitants ont progressivement été contraints d’abandonner leurs cartes SIM ukrainiennes d’avant occupation au profit d’opérateurs russes ou locaux afin de rester joignables ou d’accéder à certains services administratifs. </span><span style="font-weight: 400;">«</span><span style="font-weight: 400;">J’ai dû acheter deux cartes SIM russes, je l’ai vécu comme une contrainte et non pas comme un choix</span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">, confie Maryana, habitante de Crimée occupée depuis 2014. </span><span style="font-weight: 400;">«</span><span style="font-weight: 400;">En règle générale, nous essayons de retarder le plus longtemps possible tout passage à tout ce qui est russe</span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">, explique Tetyana, une habitante de Donetsk, dans l’est du pays, région partiellement occupée depuis 2014. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ihor, de la région occupée de Louhansk, toujours dans l’est, a lui aussi dû s’adapter. Dans son cas, ni les cartes SIM ukrainiennes, ni les cartes SIM russes ne fonctionnaient. Il s’est alors résolu à prendre une carte locale. </span><span style="font-weight: 400;">«</span><span style="font-weight: 400;">Toutes les cartes russes ne marchent pas ici, j’ai dû acheter une carte sim de LNR</span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">, raconte-t-il, en référence à la </span><span style="font-weight: 400;">«</span><span style="font-weight: 400;">République populaire de Louhansk</span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">, territoire séparatiste porté par la Russie depuis 2014 qui a déclaré son annexion, illégale, en 2022</span></p>
<h5><b>D’une messagerie à l’autre au gré des blocages</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">Si les applications de messagerie et de réseaux sociaux développées par des entreprises non-russes ont longtemps permis de s’informer et de garder le lien avec le monde extérieur, elles ont été progressivement bloquées. Viber, WhatsApp, puis Facebook</span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">, énumère Ihor. </span><span style="font-weight: 400;">«</span><span style="font-weight: 400;">Aujourd’hui nous n’avons plus vraiment de messagerie qui fonctionne vraiment</span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">. Les habitants et habitantes cherchent </span><span style="font-weight: 400;">«</span><span style="font-weight: 400;">des solutions pour communiquer avec leurs proches en Ukraine libre</span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;"> et cet isolement forcé laisse des traces. </span><span style="font-weight: 400;">«</span><span style="font-weight: 400;">C’est triste, on fait tout ce qu’on peut pour maintenir le lien, mais rien ne marche correctement</span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">, regrette Ihor.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Alors pour déjouer ce manque criant d’informations, la population confie parfois passer par l’intermédiaire de leurs proches, hors territoires occupés. </span><span style="font-weight: 400;">«</span><span style="font-weight: 400;">Lorsque certaines informations me paraissent douteuses, je les envoie aux membres de ma famille qui ont accès à plus de sources</span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">, explique Tetyana, depuis la région de Donetsk. Ces territoires sont en effet <a href="https://euvsdisinfo.eu/fr/lemprise-de-la-russie-sur-linformation-dans-les-territoires-occupes-de-lukraine/" target="_blank" rel="noopener">inondés</a> par des sources d’information pro-Kremlin ou contrôlées directement par la Russie, les <a href="https://rsf.org/fr/dix-ans-d-occupation-russe-en-crimée-une-décennie-de-répression-du-journalisme-indépendant-local" target="_blank" rel="noopener">médias indépendants ont été bloqués</a>. Pour Maryana, en Crimée, Telegram, partiellement accessible, reste encore sa source </span><span style="font-weight: 400;">«</span><span style="font-weight: 400;">d’information principale</span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">, malgré les réseaux de bots de propagande pro-russes qui y pullulent, comme l’a montré une analyse de l’<a href="https://www.atlanticcouncil.org/in-depth-research-reports/report/report-russian-bot-networks-occupied-ukraine/#russia-practices-info-influence" target="_blank" rel="noopener">Atlantic Council</a>. Ihor, quant à lui, raconte consulter le réseau social chinois TikTok, non officiellement interdit, même si l’accès est instable malgré son VPN, car </span><span style="font-weight: 400;">«</span><span style="font-weight: 400;">il y trouve quelques informations</span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Interrogée par RSF, la rédactrice en chef du média ukrainien RIA-PIVDEN, Svitlana Zalizetska, qui est basée à Zaporijjia, ville du sud-est en zone libre, et qui communique régulièrement avec les territoires occupés, confirme que les échanges sont souvent </span><span style="font-weight: 400;">«</span><span style="font-weight: 400;">à sens unique</span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">. La population dans ces zones contrôlées par le Kremlin </span><span style="font-weight: 400;">«</span><span style="font-weight: 400;">peut nous appeler, mais pas l’inverse</span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">. Et les blocages imposent de la flexibilité. </span><span style="font-weight: 400;">«</span><span style="font-weight: 400;">Il faut constamment chercher de nouvelles messageries, avoir des règles de communication qui correspondent à la réalité sécuritaire</span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">, résume la journaliste. </span></p>
<h5><b>Les VPN comme solution…</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour contourner les blocages, les citoyens s’équipent. Les VPN, Virtual Private Network, masquent les adresses IP des utilisateurs et leur permettent de se connecter à des serveurs hors d&rsquo;atteinte de la censure russe. Leurs téléchargements ont explosé. Google Trends, l’outil qui permet de suivre l’évolution de l’intérêt des internautes pour un mot-clé sur le moteur de recherche de Google, garde la trace de cette ruée vers les VPN depuis l’occupation. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Dans les oblasts de Kherson et de Zaporijjia, les recherches sur les VPN ont atteint leur pic dès juillet 2022, alors que les autorités d’occupation tentaient de bloquer l&rsquo;accès, respectivement aux VPNs ou à des réseaux sociaux.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les requêtes les plus populaires disent l’urgence de la situation : </span><span style="font-weight: 400;">«</span><i><span style="font-weight: 400;">télécharger VPN</span></i><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">, ou encore </span><span style="font-weight: 400;">«</span><i><span style="font-weight: 400;">VPN gratuit</span></i><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">. Dans la région de Donetsk, le pic a été atteint en août 2024, alors que le débit de YouTube était </span><span style="font-weight: 400;"><a href="https://rsf.org/fr/russie-rsf-d%C3%A9nonce-un-ralentissement-de-youtube-provoqu%C3%A9-par-les-autorit%C3%A9s-qui-met-en-p%C3%A9ril-le" target="_blank" rel="noopener">fortement dégradé à la suite d’une décision administrative des autorités russes.</a></span></p>
<h5><b></b><b>…instable et risquée</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">Ces VPN, trouvés sur des plateformes grand public comme Google Play, le catalogue d’applications de l’américain Google, fonctionnent souvent mal en raison des blocages. </span><span style="font-weight: 400;">«</span><i><span style="font-weight: 400;">Dernièrement, j’ai trouvé un nouveau VPN. Mais il fonctionne un jour sur deux</span></i><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">, rapporte Ihor.</span> <span style="font-weight: 400;">Recourir à un VPN reste une entreprise risquée. Depuis le 1er septembre 2025, Moscou intensifie sa répression contre cet outil. Faire la promotion des VPN expose désormais à de lourdes amendes : jusqu&rsquo;à 80 000 roubles (environ 880 francs suisses) pour les particuliers et 500 000 roubles (près de 5400 francs suisses) pour les personnes morales. Est également sanctionné d&rsquo;une amende de 5 000 roubles (environ 54 francs suisses) l&rsquo;usage d&rsquo;un VPN pour consulter des contenus considérés par le Kremlin comme </span><span style="font-weight: 400;">«</span><span style="font-weight: 400;">extrémistes</span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">, qui concernent nombre de publications journalistiques indépendantes sur la guerre.</span></p>
<h5><b>Une vision plus critique de l’espace numérique</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">La censure et les restrictions de la Russie ont formé les habitants à l’enjeu de la sécurité en ligne. </span><span style="font-weight: 400;">«</span><i><span style="font-weight: 400;">J’ai commencé à faire plus attention : authentification à deux facteurs, vérification des connexions et prudence en général</span></i><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">, raconte Maryana. Dans cette bulle fermée, la messagerie russe Max, </span><a href="https://rsf.org/fr/dans-les-territoires-occup%C3%A9s-d-ukraine-la-messagerie-du-kremlin-max-%C3%A9rige-un-nouveau-rideau-de-fer" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">imposée à marche forcée</span></a><span style="font-weight: 400;"> par le Kremlin pour remplacer les applications et messageries bloquées, ne convainc pas. </span><span style="font-weight: 400;">«</span><i><span style="font-weight: 400;">Les commentaires sont très mauvais</span></i><span style="font-weight: 400;">»</span><i><span style="font-weight: 400;">, </span></i><span style="font-weight: 400;">rapporte Ihor. Dans la mesure du possible, les habitants </span><span style="font-weight: 400;">«</span><i><span style="font-weight: 400;">l’installent sur un autre téléphone</span></i><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">, conclut Maryana. Un revers numérique pour le Kremlin.</span></p>
<p><i><span style="font-weight: 400;">*Pour des raisons de sécurité, tous les témoins ont des noms d’emprunt et les noms des villes ne sont pas cités. </span></i></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>France : une décision sans précédent de l’autorité de régulation (ARCOM) contre la chaîne CNews</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/france-une-decision-sans-precedent-de-lautorite-de-regulation-arcom-contre-la-chaine-cnews/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Jun 2026 10:10:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[En adressant une mise en demeure à la chaîne d’information en continu française CNews à la suite d’une saisine de Reporters sans frontières (RSF) pour des manquements manifestes et un « déséquilibre structurel » en matière de pluralisme, le régulateur français fait enfin preuve de fermeté vis-à-vis d’un acteur qui contrevient à ses obligations légales. [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>En adressant une mise en demeure à la chaîne d’information en continu française CNews à la suite d’une saisine de Reporters sans frontières (RSF) pour des manquements manifestes et un « déséquilibre structurel » en matière de pluralisme, le régulateur français fait enfin preuve de fermeté vis-à-vis d’un acteur qui contrevient à ses obligations légales. RSF salue une décision à la hauteur des responsabilités qui incombent au régulateur et qui prend la mesure des manquements manifestes, durables et intentionnels à l’antenne de CNews.</strong></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">«La décision rendue publique à moins d’un an de l’élection présidentielle, montre que le régulateur a pris la mesure de ce qui se produisait sur cette antenne et du danger pour l’information fiable et le débat public. L’Arcom siffle la fin de la récréation pour CNews et, loin de la fuite en avant des années passées, prend ses responsabilités et met les moyens. Les analyses du régulateur convergent avec le travail d’enquête de RSF et arrivent au même constat implacable sur le caractère univoque des programmes et sur la place secondaire accordée aux faits par rapport au commentaire. L’ONG mène campagne depuis 2021 pour le respect du pluralisme sur les antennes de CNews et a été l’aiguillon d’une régulation pertinente, de la décision du Conseil d’État de février 2024 à cette décision sans précédent de juin 2026. RSF demeurera vigilante sur le changement de comportement de l’éditeur et se réserve le droit de saisir à nouveau l’Arcom et faire sanctionner CNews, si le droit n’était pas appliqué.»<br />
</span><b>Thibaut Bruttin<br />
</b><b>Directeur général de RSF</b></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Dans sa décision rendue le 15 juin 2026, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) française dresse un constat accablant. Après avoir analysé 168 heures de programmes sur CNews au mois de mars 2025 qui faisait l’objet de l’<a href="https://rsf.org/fr/pluralisme-en-france-sur-cnews-le-grand-contournement" target="_blank" rel="noopener">enquête</a> et de la <a href="https://rsf.org/fr/d%C3%A9faut-de-pluralisme-sur-la-cha%C3%AEne-fran%C3%A7aise-cnews-rsf-saisit-l-arcom" target="_blank" rel="noopener">saisine</a> de RSF, le régulateur estime que trois quarts des séquences expriment « à quelques nuances près » le même point de vue. Pire, ajoute l’Arcom, les points de vue divergents « demeurent isolés et se voient même dans certains cas dévalorisés. »</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Sur le contenu, à l’instar de RSF, l’Arcom a identifié une hyperconcentration éditoriale et des thématiques traitées à l’unisson. La religion musulmane est présentée sans réelle contradiction « comme une menace pour la société française » ; l’immigration, abordée de manière récurrente, est présentée comme un facteur déterminant de la montée de l’insécurité ; les affaires judiciaires font apparaître la surreprésentation de certaines thèses ; La France Insoumise (le parti fortement à gauche de Jean-Luc Mélenchon) fait l’objet « de mises en cause particulièrement vives sans contradiction significative » ; ou encore la guerre en Ukraine est traitée de manière « largement univoque » pour critiquer le soutien de la France.</span></p>
<h5><b>Les faits secondaires par rapport aux commentaires</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">Comme l’avait également documenté RSF, l’Arcom souligne que c’est la façon même avec laquelle les débats sont construits sur la chaîne qui ont très largement participé au traitement univoque de l’actualité. La présentation et la contextualisation des faits occupent une place « secondaire au regard de celle occupée par leur commentaire ». Les échanges en plateau conduisent le plus souvent « à un traitement de l’actualité qui tend à se confondre avec son commentaire largement univoque ». À cet égard, l’Arcom estime que les animateurs, à travers leurs éditos, se positionnent comme des « prescripteurs de point de vue à adopter sur le thème abordé » tout en limitant la parole accordée aux intervenants qui nuancent les propos ou défendent une opinion différente.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La décision de l’Arcom survient à la suite d’une <a href="https://rsf.org/fr/d%C3%A9faut-de-pluralisme-sur-la-cha%C3%AEne-fran%C3%A7aise-cnews-rsf-saisit-l-arcom" target="_blank" rel="noopener">saisine déposée par RSF</a> le 15 janvier 2026. Dans cette plainte de plus d’une centaine de pages, l’organisation démontrait comment la chaîne du groupe Canal+, propriété du milliardaire d’extrême droite Vincent Bolloré, apparaît comme la seule parmi les quatre chaînes françaises d’information en continu (BFMTV, CNews, France Info, LCI) à s’éloigner de manière manifeste, durable et intentionnelle des <a href="https://www.arcom.fr/se-documenter/espace-juridique/textes-juridiques/deliberation-ndeg-2024-15-du-17-juillet-2024-relative-au-respect-du-principe-de-pluralisme-des-courants-de-pensee-et-dopinion-par-les-editeurs-de-services" target="_blank" rel="noopener">critères établis par le régulateur</a> pour garantir le respect du pluralisme interne.</span></p>
<h5><b>Une dérobade sur le pluralisme politique</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">Alors que trois enquêtes indépendantes, celles de RSF, puis celles de <a href="https://www.mediapart.fr/journal/culture-et-idees/261225/temps-de-parole-les-grosses-ficelles-de-cnews-que-l-arcom-n-pas-vues" target="_blank" rel="noopener">Mediapart</a> et de <a href="https://rsf-ch.ch/le-refoulement-de-la-journaliste-francaise-alice-froussard-par-israel-apres-gaza-le-verrouillage-informationnel-de-la-cisjordanie/" target="_blank" rel="noopener">Libération</a>, avaient conclu à un détournement manifeste des règles relatives au pluralisme du temps de parole des personnalités politiques avec une très large surreprésentation de la gauche la nuit (lorsque presque personne ne consomme les programmes de CNews) et une surreprésentation de la droite et de l’extrême droite aux heures de grandes écoutes sur CNews, le régulateur n’a pas revue sa copie à ce sujet. Une dérobade d’autant plus inquiétante que la pratique s’est poursuivie après le mois de mars 2025 qui avait fait l’objet de l’enquête et de la saisine de RSF. Par ailleurs, en choisissant de séparer artificiellement le pluralisme politique du pluralisme des courants de pensée et d’opinion, l’Arcom introduit un système à deux vitesses de nature à complexifier inutilement la régulation dans ce domaine.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Si ces deux décisions n’ont pas le même fondement et que leur concomitance est de nature à faire naître une confusion, voire une fausse symétrie, la décision de l’Arcom intervient après la mise en demeure, le 11 juin dernier, de deux radios publiques, France Inter et Franceinfo, appelées à veiller davantage au pluralisme politique par le régulateur de l’audiovisuel, estimant que le parti Rassemblement national (parti d’extrême droite français) a été sous-représenté sur les temps diurnes durant les trois premiers mois de l’année 2026. Radio France, qui a <a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-info-de-france-inter/une-situation-conjoncturelle-repond-radio-france-apres-la-mise-en-demeure-de-l-arcom-pour-sous-representation-du-rn-1204101" target="_blank" rel="noopener">reconnu son erreur</a>, a plaidé « une situation conjoncturelle » et signifié que ses équipes « sont pleinement engagées pour le respect du pluralisme et appliquent une transparence totale. »</span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Palantir débouté face à Republik : un signal important pour la liberté de la presse</title>
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		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Jun 2026 12:11:06 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Suisse]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans 22 des 23 points examinés, le média suisse Republik a obtenu gain de cause devant le tribunal de commerce de Zurich face au géant technologique américain Palantir. En début d’année, l’entreprise avait intenté une action en justice contre Republik, qui avait publié en décembre 2025, avec le collectif d’investigation WAV, deux articles sur les [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">Dans 22 des 23 points examinés, le média suisse Republik a obtenu gain de cause devant le tribunal de commerce de Zurich face au géant technologique américain Palantir. En début d’année, l’entreprise avait intenté une action en justice contre Republik, qui avait publié en décembre 2025, avec le collectif d’investigation WAV, deux articles sur les activités de Palantir en Suisse.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">À la suite de ces publications, Palantir avait exigé la publication dans Republik d’un long droit de réponse, que la rédaction avait refusé. L’entreprise avait alors saisi la justice civile contre ce média indépendant basé à Zurich. La semaine dernière, le tribunal de commerce de Zurich a rendu un jugement particulièrement réjouissant pour la liberté de la presse. Sur 22 des 23 points litigieux, Republik a obtenu gain de cause face au groupe technologique américain. Le tribunal n’a donné raison à Palantir que sur un seul point.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Si Palantir avait obtenu gain de cause sur la majorité des points, voire sur l’ensemble de sa demande de droit de réponse, les conséquences pour la liberté de la presse — du moins pour les médias suisses — auraient pu être problématiques. Les droits de réponse occupent certes une place importante dans le débat public. Dans le cas de Palantir, le droit de réponse demandé visait avant tout des objectifs de communication. Si la justice zurichoise l&rsquo;avait accepté, sa décision aurait mis une certaine pression sur les médias suisses pour ne parler de Palantir, à l&rsquo;avenir, que dans les termes voulus par l&rsquo;entreprise américaine.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">À cet égard, le jugement du tribunal de commerce de Zurich constitue un signal très positif. RSF Suisse se réjouit de l’issue favorable de cette longue et coûteuse procédure judiciaire pour Republik et le collectif d’investigation WAV. Certes, la décision n’est pas encore définitive. Mais elle montre qu’un journalisme rigoureux, fondé sur les faits et indépendant, portant sur des entreprises puissantes comme Palantir, relève clairement de l’intérêt public et doit avoir toute sa place dans une démocratie comme la Suisse. Elle rappelle également qu’il vaut la peine de défendre ces principes.</span></p>
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		<title>Le refoulement de la journaliste française Alice Froussard par Israël : après Gaza, le verrouillage informationnel de la Cisjordanie ?</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/le-refoulement-de-la-journaliste-francaise-alice-froussard-par-israel-apres-gaza-le-verrouillage-informationnel-de-la-cisjordanie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 Jun 2026 12:20:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[Trente minutes après son arrivée, le 10 juin, à l’aéroport Ben Gurion en Israël, d’où elle devait rejoindre la Cisjordanie pour un reportage, la journaliste française Alice Froussard, collaboratrice de Radio France Internationale (RFI), a été interpellée, interrogée puis expulsée du pays par la police israélienne. Reporters sans frontières (RSF) exprime sa pleine solidarité avec [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-chapo field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<p dir="ltr"><strong>Trente minutes après son arrivée, le 10 juin, à l’aéroport Ben Gurion en Israël, d’où elle devait rejoindre la Cisjordanie pour un reportage, la journaliste française Alice Froussard, collaboratrice de Radio France Internationale (RFI), a été interpellée, interrogée puis expulsée du pays par la police israélienne. Reporters sans frontières (RSF) exprime sa pleine solidarité avec cette journaliste, spécialiste de la Cisjordanie depuis de nombreuses années, et dénonce une mesure liberticide d’une extrême gravité, révélatrice d’une volonté d’entraver la couverture de la Cisjordanie par la presse étrangère.</strong></p>
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<p class="text-align-justify" dir="ltr">Après le blocus imposé aux médias étrangers à Gaza, est-ce le tour de la Cisjordanie ? Les autorités israéliennes ont refoulé une journaliste étrangère à l&rsquo;aéroport de Ben Gurion, à Tel Aviv, alors même qu&rsquo;elle disposait de tous les documents requis pour entrer dans le pays et exercer son métier sur un territoire qu’elle arpente depuis des années.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">La journaliste française indépendante <strong>Alice Froussard, </strong>correspondante en Cisjordanie pour plusieurs médias français, a atterri en Israël a 22 heures, ce mercredi 10 juin, pour se rendre à Ramallah, en Cisjordanie occupée, comme à son habitude, en mission journalistique officielle pour <em>Radio France International</em> (<em>RFI</em>).  À 22 h 30, elle fut appréhendée, selon les informations de RSF, par les agents de contrôle aux frontières, interrogée, puis renvoyée plus de 10 heures plus tard vers la France.</p>
<p>L’interdiction officielle, émise par l&rsquo;Administration des contrôles aux frontières et consultée par RSF, invoque comme motifs du refus <em>“des considérations de sécurité publique, de sûreté publique ou d&rsquo;ordre public”</em> et <em>“des considérations liées à la prévention de l&rsquo;immigration clandestine”</em>. La journaliste disposait pourtant de toutes les pièces requises, d’un visa et d’un contrat officiel avec <em>RFI</em>. <em>“La personne susmentionnée sera expulsée d’Israël conformément à l’article 10(A) de la loi dès que possible et, d’ici là, sera détenue dans un lieu désigné à cet effet”</em> stipule la lettre qui précise également qu’Alice Froussard devra présenter une demande préalable avant toute future visite en Israël.</p>
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<p><em>«L&rsquo;expulsion d&rsquo;Alice Froussard d&rsquo;Israël est injustifiable. Cette correspondante expérimentée, qui couvre la Cisjordanie depuis des années, fait partie des journalistes qui ont le courage de se rendre dans les territoires palestiniens occupés pour travailler auprès de leurs confrères palestiniens, malgré les risques sécuritaires croissants auxquels ils sont exposés. Le refus de la laisser exercer son métier révèle jusqu&rsquo;où les autorités israéliennes sont prêtes à aller pour priver l’opinion publique internationale d’informations en provenance de la Palestine. Alors qu’elles imposent un blocus médiatique sur Gaza depuis bientôt trois ans, elles entravent désormais encore davantage l’information sur la Cisjordanie. Nous exprimons notre solidarité avec Alice Froussard, nous dénonçons son expulsion et nous appelons les autorités israéliennes à lever immédiatement cette interdiction aberrante qui viole toutes les normes du droit international.»</em></p>
<p><strong>Jonathan Dagher<br />
</strong>Responsable du Bureau Moyen-Orient de RSF</p>
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</blockquote>
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<p dir="ltr"><strong>Après l&rsquo;expulsion, la diffamation </strong></p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Le ministre israélien de la Diaspora et de la Lutte contre l&rsquo;antisémitisme Amichai Chikli s’est quant à lui félicité de cette expulsion <a class="external-website" title="sur le réseau social X - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://x.com/AmichaiChikli/status/2064975299737993533" target="_blank" rel="noopener"><u>sur le réseau social X</u></a>, en émettant des accusations infondées de “soutien au Hamas” contre la journaliste.<em> </em>La recommandation d’expulser la journaliste aurait été adressée ce ministre sur avis du directeur général de son ministère selon le site d’information israélien <em>I24News. “Les autorités lui reprochent notamment d’avoir qualifié certaines lois israéliennes de ‘draconiennes’, d’avoir affirmé que le système judiciaire israélien était dual et constituait un exemple ‘d’apartheid’, ainsi que d’avoir déclaré, au sujet du massacre du 7 octobre, que ‘l’attaque devait être examinée dans son contexte’.”</em></p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr"><em>RFI</em> a dénoncé dans un communiqué “<em>le refoulement de la journaliste Alice Froussard à son arrivée en Israël</em>” qui intervient comme le précise la direction du média <em>“dans un contexte de difficultés croissantes rencontrées par les journalistes pour couvrir l’actualité de la région”</em>.</p>
<p dir="ltr"><strong>Des représailles politiques ? </strong></p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">L&rsquo;interdiction d&rsquo;entrée sur le territoire imposée à Alice Froussard intervient au lendemain de l&rsquo;annonce par le ministère français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, d&rsquo;une interdiction de séjour en France envers le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, pour “incitation à la violence” et pour avoir promu “l&rsquo;annexion de la Cisjordanie”. Un éventuel amalgame entre l&rsquo;État français et une journaliste indépendante française est apparu plus clairement à la suite d&rsquo;une autre déclaration du ministre Amichai Chikli. Alors que l’ambassade de France à Jérusalem a exprimé son indignation ce jeudi face à l’expulsion d’Alice Froussard, Amichai Chikli a répondu en s’adressant au président Macron et à Jean-Noël Barrot, pour dénoncer les sanctions prises par la France.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr"><strong>Pressions croissantes sur la presse internationale</strong></p>
<p>RSF avait déjà alerté il y a quelques semaines sur la <a href="https://rsf.org/fr/isra%C3%ABl-rsf-d%C3%A9nonce-linterdiction-d-entr%C3%A9e-sur-le-territoire-de-la-journaliste-espagnole-queralt" target="_blank" rel="noopener"><u>pression croissante qu’exerce Israël sur la presse internationale</u></a> après l&rsquo;interdiction d’entrée sur le territoire de la journaliste espagnole <strong>Queralt Castillo</strong>, ainsi que la révocation des visas de la journaliste française<strong> Khadija Toufik</strong> et du journaliste italien <strong>Alessandro Stefanelli</strong>. Ces interdictions renforcent la pression sur<strong> </strong>les journalistes palestiniens de Cisjordanie, eux-mêmes dans le viseur des forces israéliennes depuis des années :<strong> </strong>arrestations, intimidations et <a class="external-website" title="violences - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.youtube.com/watch?v=04yb4eBCfUE&amp;t=1s" target="_blank" rel="noopener"><u>violences</u></a>, voire assassinat, comme cela a été le cas de <a href="https://rsf.org/fr/palestine-deux-ans-apr%C3%A8s-le-meurtre-de-la-journaliste-d-al-jazeera-shireen-abu-akleh-par-l-arm%C3%A9e" target="_blank" rel="noopener"><strong><u>Shireen Abu Akleh</u></strong></a><strong>,</strong> correspondante emblématique d’<em>Al Jazeera,</em> tuée en reportage par un sniper israèlien, le 11 mai 2022.</p>
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