Side event : “La liberté d’information en Afrique”

Side event : “La liberté d’information en Afrique”

Reporters sans frontières Suisse & Africa21 proposent une conférence sur :

 

La liberté d’information en Afrique

 

Vendredi 22 juin 2018, 16h-17h

Salle XXI, Palais des Nations, Genève

Mots d’introduction :

– Emmanuel Vianès, Africa 21

– Hélène Sackstein, Reporters sans frontières

 

Modération :

– Marc Allgöwer, journaliste

 

Panélistes :

– David Kaye, Rapporteur spécial des Nations unies sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression

– Jean-Luc Mootoosamy, journaliste et Directeur de Media Expertise

– Thomas Vennen, Vice-président d’Africa 21 et spécialiste en bonne gouvernance

 

Modalités de déroulement : les interventions des experts se feront en français et en anglais.

Inscription : Pour les personnes sans badge d’accès au Palais des Nations merci de bien vouloir vous inscrire à info@africa21.org avant le 17 juin 2018.

 

Flyer Side Event Liberté d’information en Afrique

“Pendant la Coupe du Monde, la répression continue” : la campagne de RSF sur la Russie

“Pendant la Coupe du Monde, la répression continue” : la campagne de RSF sur la Russie

A la veille de l’ouverture de la Coupe du monde de football en Russie, Reporters sans frontières (RSF) lance une campagne de mobilisation pour dénoncer l’emprise toujours plus forte du Kremlin sur le journalisme russe et saluer le combat de ceux qui y résistent.

En installant à Paris un faux terrain de football, sur lequel les photos en grandeur nature de sept journalistes russes emprisonnés étaient posées, Reporters sans frontières (RSF) a lancé une campagne de communication à la veille de l’ouverture de la Coupe du monde de football 2018 en Russie. Pour dénoncer la situation et mobiliser le public, RSF diffuse des vignettes de collection avec les figures des journalistes détenus, parmi lesquels Alexandre Sokolov et Igor Roudnikov. Jamais autant de journalistes, salariés ou blogueurs, n’ont été emprisonnés dans le pays depuis la chute de l’URSS en 1991. La campagne sera poursuivie avec d’autres visuels dans les semaines qui viennent, afin d’éviter que le plus grand événement médiatique de l’année ne serve la propagande du système Poutine en camouflant la réduction toujours plus drastique du pluralisme journalistique dans ce pays.

Le Kremlin contrôle les principaux grands médias russes, dont il se sert pour déverser sur la population un torrent de propagande. Malgré toute sa détermination, le journalisme indépendant perd du terrain. Dès qu’un média indépendant parvient à atteindre le grand public, il est brutalement renvoyé sur le banc de touche. Ceux qui infligent des tacles par derrière aux reporters, en revanche, ne reçoivent que rarement des cartons rouges : des violences policières aux assassinats, l’impunité est la règle. Au moins 34 journalistes ont été tués du fait de leurs activités depuis l’accession de Vladimir Poutine au pouvoir en 1999. Dans la grande majorité des cas, les enquêtes ne donnent rien et les commanditaires ne sont jamais identifiés. En Tchétchénie ou en Crimée, annexée en 2014, les règles n’ont tout bonnement plus cours : avec la bénédiction du Kremlin, les autorités jouent “à huis-clos”.

« La ferveur populaire que suscite la Coupe du monde de football ne doit pas faire oublier l’autre match, déséquilibré, qui oppose le pouvoir aux médias indépendants en Russie, a déclaré Christophe Deloire, secrétaire général de RSF, lors du point presse. Jamais la liberté de la presse n’a été aussi piétinée depuis la chute de l’URSS. Pour éviter que le plus grand événement médiatique de l’année ne se réduise à un décor Potemkine, nous mettons à l’honneur les visages de ces journalistes qui incarnent la résistance à la main-mise du Kremlin sur les médias. »

Poursuivant la métaphore, le secrétaire général de RSF a expliqué comment le Kremlin “truquait les matches en changeant arbitrairement les règles du jeu” : de la pénalisation de la diffamation à l’“offense aux sentiments des croyants, les lois liberticides ne cessent de se multiplier. Leur caractère vague et large permet leur application sélective et arbitraire. Les organisations de défense de la liberté de la presse n’échappent pas à la criminalisation, qui menace même aujourd’hui les médias étrangers. Hier encore très libre, Internet est à son tour brutalement repris en main.

La Russie occupe la 148e place sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse, publié par RSF en 2018.

ALBUM_FR

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STICKERS FR

Schüsse auf Journalisten ermitteln

Schüsse auf Journalisten ermitteln

Reporter ohne Grenzen (ROG) fordert den Internationalen Strafgerichtshof auf, wegen der wiederholten Schüsse israelischer Soldaten auf palästinensische Journalisten bei den jüngsten Protesten im Gazastreifen Ermittlungen aufzunehmen. Während der Zusammenstöße an der Grenze des Gazastreifens seit dem 30. März haben Scharfschützen der israelischen Armee auf rund 20 Journalisten direkt geschossen. Reporter ohne Grenzen betrachtet dies als Kriegsverbrechen gemäß dem Römischen Statut des Internationalen Strafgerichtshofs. Deshalb hat sich ROG am Dienstag (15.5.) formell an dessen Chefanklägerin Fatou Bensouda gewandt.

„Der israelischen Armee kann nicht entgangen sein, dass unter den demonstrierenden Zivilisten auch Journalisten waren“, sagte ROG-Geschäftsführer Christian Mihr. „Trotzdem hat die Armee weder geeigneten Schutzvorkehrungen getroffen noch differenziert, als sie mit scharfer Munition auf Journalisten schoss, die die Proteste bloß beobachteten. Diese vorsätzliche und wiederholte Verletzung des humanitären Völkerrechts stellt ein Kriegsverbrechen dar.“

Reporter, Kameraleute und Fotografen durch Schüsse verletzt

Laut Berichten verschiedener Quellen wurden die folgenden Journalisten von Schüssen getroffen, als sie am vergangenen Montag (14.5.) über Demonstrationen östlich von Gaza-Stadt berichteten: Omar Hamdan, der als Kameramann für den staatlichen algerischen Fernsehsender ENTV arbeitet, wurde am Fuß verletzt; Al-Dschasira-Reporter Wael Dahduh an der rechten Hand; der Kameramann Mohammed Abu Dahrudsch (Zain Media) am linken Bein. Jasser Kudeih, der als freier Fotograf für die Hamas-nahe Tageszeitung Filastin arbeitet, erlitt einen Bauchschuss und musste in einem Krankenhaus in Gaza auf die Intensivstation gebracht werden.

Zwei weitere Journalisten wurden nahe Chan Junis durch Schüsse verletzt. Der Reporter Abdullah al-Schorbagi vom Hamas-nahen Khan Younis Media Network wurde in den linken Fuß geschossen. Nihad Fuad, ein Reporter für den Bürgerradiosender Forsan al-Erada, wurde am Kopf getroffen und musste im Krankenhaus behandelt werden. Nahe Rafah wurde der Reporter Farhan Haschem Abu Hadaid vom Online-Portal Safad Press ins linke Bein geschossen.

Zwei palästinensische Journalisten wurden durch Schüsse israelischer Soldaten getötet, seit die aktuellen Proteste der Palästinenser an der Grenze des Gazastreifens zu Israel begannen: Jaser Murtadscha (30 Jahre), ein Fotograf der unabhängigen Agentur Ain Media, und Ahmed Abu Hussein (27), ein Reporter für Schaab und Bisan News. Beide waren durch eine Weste oder durch einen Helm mit der Aufschrift „Press“ (Presse) eindeutig als Journalisten gekennzeichnet.

Für internationales Aufsehen sorgten diese Woche auch zwei Videos, auf denen zu sehen war, wie Drohnen der israelischen Armee jeweils direkt über einer Gruppe von Journalisten Tränengas versprühen.

Auf der Rangliste der Pressefreiheit von Reporter ohne Grenzen steht Israel auf Platz 87 von 180 Ländern, die Palästinensergebiete stehen auf Platz 134.

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28 mai : Assemblée générale RSF Suisse

28 mai : Assemblée générale RSF Suisse

CONVOCATION A L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ORDINAIRE

28 mai 2018 à 18h30

Fonction Cinéma
Maison des Arts du Grütli
Rue du Général Dufour 16- 1204 Genève

ORDRE DU JOUR

1. Procès-verbal de l‘assemblée générale du 31 mai 2017 (*)
2. Rapport d’activités 2017
3. Comptes 2017, rapport du trésorier
4. Approbation des rapports et comptes 2017
5. Décharge au comité pour sa gestion de l’exercice 2017
6. Renouvellement du comité
7. Organisation de la direction à Genève
8. Activités futures
9. Divers

La partie administrative de l’AG sera précédée de la projection du film The Cleaners, de Moritz Riesewieck et Hans Block.

Une verrée suivra l’AG.

Per Mausklick aus der BND-Datenbank

Per Mausklick aus der BND-Datenbank

Reporter ohne Grenzen (ROG) hat am Freitag (4.5.) auf der Digitalkonferenz re:publica in Berlin ein Online-Tool vorgestellt, mit dem sich jeder gegen die Analyse seiner Telefon-Verbindungsdaten durch den Bundesnachrichtendienst (BND) juristisch wehren kann. Der „Bitte Nicht Durchleuchten-Generator“ ist die Folge eines wegweisenden Urteils des Bundesverwaltungsgerichts, das dem BND die Speicherung und Nutzung von Daten im sogenannten Verkehrsanalysesystem (kurz VerAS) untersagt. Das Urteil gilt zunächst nur für Telefon-Daten von ROG. Mit dem Online-Tool kann sich nun jeder darauf berufen und beim BND beantragen, die eigenen Daten ebenfalls aus der illegalen Verarbeitung in VerAS zu nehmen.

„Das Urteil ist ein Meilenstein im Kampf für einen besseren Rechtsschutz gegenüber dem Bundesnachrichtendienst. Mit unserem Online-Tool sollen mehr Menschen davon profitieren und ihre Rechte wahrnehmen können“, sagte Christian Mihr, Geschäftsführer von Reporter ohne Grenzen. „Der BND darf im Namen der Sicherheit nicht die Rechte derjenigen missachten, die er schützen soll. Je mehr Menschen der illegalen Verarbeitung widersprechen, desto stärker wird diese Botschaft an den Geheimdienst.“

Mit wenigen Klicks aus der Geheimdienst-Datei

Unter www.reporter-ohne-grenzen.de/bnd-generator finden Interessierte eine Eingabemaske. Sie müssen nur ihren Namen und ihre Postanschrift angeben, damit der BND ihnen die Herausnahme aus der VerAS-Datenbank bestätigen kann. Der „Bitte Nicht Durchleuchten-Generator“ erzeugt dann automatisch ein juristisches Schreiben, womit der BND im Namen der Person aufgefordert wird, es künftig zu unterlassen, „Telefonie-Metadaten aus meinen Telekommunikationsverkehren in der Datei VerAS zu speichern oder zu nutzen.“ Eine E-Mail-Adresse ist nur für den Versand einer Bestätigung durch ROG erforderlich, wird jedoch nicht an den Geheimdienst weitergegeben. Der BND hat dann zehn Tage Zeit, um der Aufforderung nachzukommen.

Die Erstellung des Generators ist Teil der Strategie von Reporter ohne Grenzen, um insbesondere den Rechtsschutz von Journalistinnen und Journalisten zu stärken. Sie wurden in der Vergangenheit bereits Opfer von geheimdienstlicher Überwachung. Wie der Spiegel im Februar 2017 enthüllte, überwachte der BND ab 1999 gezielt mindestens 50 Telefon- und Faxnummern von Journalisten und Redaktionen unter anderem in Afghanistan, Pakistan und Nigeria, darunter Anschlüsse der BBC, der New York Times und der Nachrichtenagentur Reuters. ROG führte das Verfahren gegen den BND daher zwar im eigenen Namen, wollte Erfolge aber stets für eine breite Öffentlichkeit nutzbar machen.

BND sammelt Daten ohne gesetzliche Grundlage

Am 13. Dezember 2017 hatte das Bundesverfassungsgericht in Leipzig entschieden, dass der BND ab sofort keine Verbindungsdaten aus Telefongesprächen von ROG in der VerAS-Datenbank speichern und nutzen darf. Das Urteil setzt dem deutschen Auslandsgeheimdienst zum ersten Mal seit Jahrzehnten Schranken bei der Sammlung von Metadaten. ROG hatte am 30. Juni 2015 Klage gegen den BND beim Bundesverwaltungsgericht eingereicht, das in diesem Fall als erste und letzte Instanz zuständig ist. In dem Verfahren wurde ROG von dem Rechtsanwalt Niko Härting vertreten, dessen Kanzlei HÄRTING Rechtsanwälte ROG nun auch bei der Erstellung des Generators juristisch beraten hat. Die Klage aus 2015 richtete sich unter anderem gegen das System VerAS, mit dem der BND seit dem Jahr 2002 ohne gesetzliche Grundlage Metadaten auch von deutschen Bürgern sammelt, die im Zusammenhang mit ihrer Kommunikation anfallen.

Davon betroffen sind sowohl die sogenannte Ausland-Ausland-Kommunikation als auch Gespräche zwischen In- und Ausland sowie Verbindungsdaten, die dem BND von befreundeten Geheimdiensten zugeliefert werden. Die Speicherung geschieht so umfassend, dass auch Journalistinnen und Journalisten erfasst werden können, die nur indirekt und über mehrere weitere Kommunikationspartner zum Beispiel mit einem Terrorverdächtigen in Verbindung gebracht werden können.

Auf der Rangliste der Pressefreiheit steht Deutschland auf Platz 15 von 180 Staaten.

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3 mai : Journée mondiale de la liberté de la presse. RSF lance le film “#FightFakeNews”

3 mai : Journée mondiale de la liberté de la presse. RSF lance le film “#FightFakeNews”

A l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, Reporters sans frontières (RSF) lance une campagne de communication pour lutter contre la désinformation, avec le film “#FightFakeNews” (voir la Vidéo  )

La lutte contre la désinformation est l’un des enjeux majeurs de la défense du journalisme. A l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le 3 mai 2018, Reporters sans frontières (RSF) lance un film de mobilisation contre les “fake news”, intitulé “#FightFakeNews”. Réalisé par l’agence BETC, ce spot met en parallèle les ravages humains des contrefaçons de produits industriels ou pharmaceutiques et les ravages politiques de la “contrefaçon” de l’information. Au contraire des contrefaçons classiques, dont les conséquences sur la santé ou l’environnement sont visibles et mesurables, le phénomène des “fake news” sape les fondements de la démocratie.

“Les contenus produits de façon rigoureuse et honnête subissent de plus en plus la concurrence déloyale de contenus sponsorisés, de propagande et de rumeurs, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières. Comme le prouvent les études, les informations fausses circulent plus aisément que celles qui sont dignes de confiance, à cause des biais cognitifs des êtres humains. Nous ne saurions rester passifs devant les dangers pour la sincérité du débat public et donc pour la démocratie. RSF travaille à promouvoir concrètement la liberté, l’indépendance et le pluralisme du journalisme.”

Cette campagne à destination du grand public, pouvant être diffusée tant par les chaînes de télévision que sur les réseaux sociaux et tous les sites Internet qui le souhaitent, est lancée une semaine après la publication par RSF du Classement mondial de la liberté de la presse 2018 et moins d’un mois après le lancement officiel de la “Journalism Trust Initiative”, un dispositif d’autorégulation des médias visant à renforcer le journalisme dans le nouvel écosystème de l’information, proposé par RSF et ses partenaires, l’Agence France-Presse (AFP), l’Union européenne de radio-télévision (UER) et le Global Editors Network (GEN).

Le film “#FightFakeNews” existe en deux versions, d’une durée respective de 30 et 50 secondes.

La Suisse au 5e rang du Classement mondial de la liberté de la presse 2018

La Suisse au 5e rang du Classement mondial de la liberté de la presse 2018

Le score de la Suisse progresse légèrement en 2018 (8,15 contre 8,64 en 2017). La Suisse gagne ainsi deux rangs dans le classement 2018 de RSF et figure désormais à la 5ème place. C’est le meilleur résultat depuis la création du classement mondial de la liberté de la presse par RSF en 2002.
Cette quasi-stabilité doit être saluée, alors que la situation de la presse se dégrade dans de nombreux pays européens. Le recul de 5 places du Danemark, où la journaliste suédoise Kim Wall a été assassinée l’an dernier, explique aussi la progression de la Suisse. Les experts suisses, qui ont rempli le questionnaire de RSF, mettent en évidence les éléments suivants, survenus ou initialisés en 2017 :

 La pression économique sur les médias privés, en particulier la presse écrite, s’est encore aggravée en 2017. La diminution des recettes publicitaires, au profit surtout des grands réseaux dits sociaux, se traduit par une réduction continue des effectifs journalistiques et un stress accru pour ceux qui restent.

 Cette situation économique difficile amène aussi plusieurs grands éditeurs à regrouper géographiquement leurs rédactions – hormis les rubriques régionales – et à créer des journaux manteaux. Les projets de Tamedia en Suisse alémanique (Tages Anzeiger, Bund, Berner Zeitung et sans doute bientôt Basler Zeitung) et en Suisse romande (24 Heures, Tribune de Genève et Matin Dimanche, ainsi que Matin et 20 Minutes) et l’étude lancée par la Neue Zürcher Zeitung et AZ Medien vont déboucher sur une concentration accrue, la disparition de nombreux postes de journalistes et une perte de diversité.

 2017 aura aussi été marqué par la disparition de l’Hebdo après plus de 35 ans d’existence et, dans la foulée, la restructuration du Temps.

 Le projet de fusion entre l’Agence télégraphique suisse (ats) et Keystone, lancé en 2017, risque de se traduire par la perte de plusieurs dizaines d’emplois de journalistes et un affaiblissement de la qualité des productions, en particulier pour les rédactions francophone et italophone. Il n’est pas certain à ce jour qu’une forme de soutien public puisse atténuer les conséquences de cette profonde restructuration qui a provoqué un mouvement de grève des journalistes de l’ats.

 La vivacité du débat public provoquée par l’initiative populaire No Billag a mis en évidence une contestation inédite de la SSR, de son financement et du périmètre de ses activités. Malgré un rejet massif de l’initiative le 4 mars dernier, ce débat a déjà débouché sur un plafonnement de la redevance en faveur de la SSR, qui va la forcer à économiser quelque 100 millions de francs, et va se poursuivre lors de l’examen de la nouvelle loi fédérale sur les médias électroniques.

Classement mondial de la liberté de la presse 2018 : la haine du journalisme menace les démocraties

Classement mondial de la liberté de la presse 2018 : la haine du journalisme menace les démocraties

L’édition 2018 du Classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (RSF) témoigne de l’accroissement des sentiments haineux à l’encontre des journalistes. L’hostilité revendiquée envers les médias, encouragée par des responsables politiques et la volonté des régimes autoritaires d’exporter leur vision du journalisme menacent les démocraties.

Le Classement mondial de la liberté de la presse, qui évalue chaque année la situation du journalisme dans 180 pays, révèle un climat de haine de plus en plus marqué. L’hostilité des dirigeants politiques envers les médias n’est plus l’apanage des seuls pays autoritaires comme la Turquie (157e, -2) ou l’Egypte (161e), qui ont sombré dans la “média-phobie” au point de généraliser les accusations de “terrorisme” contre les journalistes et d’emprisonner arbitrairement tous ceux qui ne leur prêtent pas allégeance.

De plus en plus de chefs d’Etat démocratiquement élus voient la presse non plus comme un fondement essentiel de la démocratie, mais comme un adversaire pour lequel ils affichent ouvertement leur aversion. Pays du Premier amendement, les Etats-Unis de Donald Trump figurent désormais à la 45e place du Classement, en recul de deux places. Le président adepte du “media-bashing” décomplexé, en qualifiant les reporters d’“ennemis du peuple”, use d’une formule utilisée autrefois par Joseph Staline.

Dans certains pays, la frontière entre la brutalité verbale et la violence physique est de plus en plus ténue. Aux Philippines (133e, -6), le président Rodrigo Duterte, coutumier des insultes et des menaces à l’encontre des médias d’information, a prévenu : être journaliste “ne préserve pas des assassinats”. En Inde (138e, -2), les discours de haine envers les journalistes sont relayés et amplifiés sur les réseaux sociaux, souvent par des armées de trolls à la solde du Premier ministre Narendra Modi. En l’espace d’un an, dans chacun de ces deux pays, au moins quatre journalistes ont été froidement abattus.

Les violences verbales des leaders politiques à l’encontre de la presse se sont multipliées aussi sur le continent européen, pourtant celui où la liberté de la presse est la mieux garantie. En République tchèque (34e, -11), le président Milos Zeman, s’est présenté, en octobre dernier, à une conférence de presse muni d’une kalachnikov factice sur laquelle était inscrite l’expression “pour les journalistes”. En Slovaquie (27e, -10), Robert Fico, Premier ministre jusqu’en mars 2018, traitait les journalistes de “sales prostituées anti-slovaques” ou de “simples hyènes idiotes”. Un journaliste, Jan Kuciak, a été assassiné en
février dans ce pays d’Europe centrale, après la mort de Daphne Caruana Galizia dans l’explosion de sa voiture à Malte (65e, -18).

“La libération de la haine contre les journalistes est l’une des pires menaces pour les démocraties, constate le secrétaire général de Reporters sans frontières, Christophe Deloire. Les dirigeants politiques qui alimentent la détestation du journalisme portent une lourde responsabilité, car remettre en cause la vision d’un débat public fondé sur la libre recherche des faits favorise l’avènement d’une société de propagande. Contester aujourd’hui la légitimité du journalisme, c’est jouer avec un feu politique extrêmement dangereux. »

En 2018, la Norvège et la Corée du Nord conservent leur première et dernière place

Dans cette nouvelle édition, la Norvège reste en tête du Classement pour la seconde année consécutive, talonnée comme l’an dernier par la Suède (2e). Traditionnellement respectueux de la liberté de la presse, les pays nordiques n’en sont pas moins affectés par la détérioration générale. Pour la deuxième année consécutive, la Finlande (4e, -1), affaiblie par une affaire où le secret des sources a été menacé, baisse dans le Classement et perd sa troisième place, au profit des Pays-Bas. A l’autre extrême du Classement, la Corée du Nord (180e) conserve la dernière place.

Le Classement montre l’influence grandissante des “hommes forts” et des contre-modèles. Après avoir étouffé les voix indépendantes à l’intérieur de ses frontières, la Russie (148e) de Vladimir Poutine étend son réseau de propagande à travers le monde grâce à ses médias comme RT et Sputnik, et la Chine (176e) de Xi Jinping exporte son modèle d’information verrouillée en Asie. Dans leur répression implacable des voix critiques, ils confortent ainsi des pays qui figurent déjà en queue de Classement comme le Vietnam (175e), le Turkménistan (178e) ou l’Azerbaïdjan (163e).
Quand ce ne sont pas les despotes, c’est la guerre qui contribue à transformer des pays en trous noirs de l’information, comme l’Irak (160e, -2), qui a rejoint cette année les bas-fonds du Classement. Sur la carte de la liberté de la presse, jamais il n’y avait eu autant de pays en noir.

Des indices régionaux au plus bas

C’est en Europe, la zone géographique où la liberté de la presse est la moins menacée dans le monde, que la dégradation de l’indice régional est la plus importante cette année. Sur les cinq plus fortes baisses du Classement 2018, quatre sont des pays européens : Malte (65e, -18), République tchèque (34e, -11), Serbie (76e, -10) et Slovaquie (27e, -10). La lente érosion du modèle européen se confirme (cf. notre analyse régionale, En Europe aussi, on assassine les journalistes).

Indices régionaux

En deuxième position, mais cependant loin derrière, avec plus de dix points d’écart, se situe le continent américain, qui offre une situation contrastée (cf. nos analyses régionales, Les Etats-Unis dégringolent, le Canada remonte et Un bilan en demi-teinte en Amérique latine). En Amérique centrale, la violence et l’impunité continuent de faire régner la peur et l’autocensure. Avec onze journalistes tués, le Mexique (147e) est devenu en 2017 le deuxième pays le plus meurtrier au monde pour les journalistes. Le Venezuela (143e), avec ses six places en moins, affiche la plus importante chute du continent, le président Maduro poursuivant sa dérive autoritaire. A l’inverse, l’Equateur (92e), où les tensions entre le pouvoir et les médias privés se sont apaisées, remonte de treize positions et enregistre la plus forte progression cette année. Au Nord, l’Amérique de Donald Trump perd à nouveau deux places en 2018 tandis que le Canada de Justin Trudeau en gagne quatre et se hisse dans le top 20 à la 18e place, au niveau où la situation de la liberté de la presse est qualifiée de “plutôt bonne”.

Vient ensuite l’Afrique, avec un score qui s’est légèrement amélioré par rapport à 2017 mais qui présente également des situations très variées (cf. notre analyse régionale Le journalisme de terrain à haut risque en Afrique). La fréquence des coupures internet, notamment au Cameroun (129e) ou en République démocratique du Congo (154e), qui s’ajoute aux fréquentes agressions et arrestations, révèle de nouvelles formes de censure dans la région. La Mauritanie (72e), qui a adopté une loi punissant de peine de mort le blasphème et l’apostasie même en cas de repentir, affiche la plus forte régression du continent : moins 17 places. Le départ du pouvoir de trois des pires prédateurs de la presse en Afrique ouvre toutefois une ère prometteuse pour les journalistes du Zimbabwe (126e, +2), d’Angola (121e, +4) et de Gambie (122e), qui affiche avec un gain de 21 places la plus forte hausse du Classement.

Dans la zone Asie-Pacifique, qui conserve sa quatrième place au niveau régional, la Corée du Sud gagne 20 places, la 2e plus forte hausse du Classement, et se hisse à la 43e position, tournant la page d’une décennie noire après l’élection du président Moon Jae-In. Cependant les démocraties d’Asie du Nord peinent à préserver leurs modèles face à une Chine toute puissante qui exporte sans complexe ses méthodes pour réduire au silence toute voix critique. Le Cambodge (142e), qui semble dangereusement emprunter la voie chinoise en fermant par dizaine des organes de presse indépendants, dévisse de dix places, accusant l’une des plus fortes baisses de la région (cf. notre analyse régionale Les démocraties de la zone Asie-Pacifique menacées par le contre-modèle chinois de contrôle des médias).

L’espace post-soviétique et la Turquie restent pour leur part aux avant-postes de la dégradation mondiale de la liberté de la presse (cf. notre analyse régionale Reflux historique de la liberté de la presse dans l’espace post-soviétique et en Turquie ). Près des deux tiers des pays de la zone pointent toujours autour ou derrière la 150e place du Classement, et la plupart continuent de baisser. A l’image du Kirghizistan (98e), qui affiche l’une des plus fortes baisses du Classement (-9) après une année marquée par de multiples pressions contre les médias et notamment des amendes astronomiques pour “offense au chef de l’Etat”. Au vu de ces piètres performances, sans surprise, l’indice de la région Europe de l’Est et Asie centrale est sur le point de rattraper celui de la zone Moyen-Orient et Afrique du Nord.

Au regard des indicateurs utilisés pour mesurer les évolutions des pays, année après année, c’est dans la zone Moyen-Orient et Afrique du Nord que la dégradation de l’indicateur environnement, c’est-à-dire du climat dans lequel travaillent les journalistes, est la plus forte (cf. nos analyses régionales, Le Moyen-Orient déchiré par les conflits et les affrontements politiques et Le journalisme mis à rude épreuve en Afrique du Nord). Les conflits armés qui perdurent en Syrie (177e), au Yémen (167e, -1), les accusations récurrentes de terrorisme utilisées contre les journalistes en Egypte (161e), en Arabie saoudite (169e, -1), au Bahreïn (166e, -2) continuent de faire de cette région du monde l’endroit où il est le plus difficile et dangereux pour un journaliste d’exercer sa profession. ______

Publié chaque année depuis 2002 à l’initiative de RSF, le Classement mondial de la liberté de la presse permet d’établir la situation relative de 180 pays en matière de liberté d’information. La méthodologie du classement s’appuie sur leurs performances en matière de pluralisme, d’indépendance des médias, d’environnement et d’autocensure, de cadre légal, de transparence et de qualité des infrastructures soutenant la production de l’information. Il ne s’agit pas ici d’évaluer les politiques gouvernementales des pays. Les indices globaux et régionaux sont calculés à partir des scores obtenus par les différents pays. Ces scores sont eux-mêmes établis à partir d’un questionnaire proposé en vingt langues à des experts du monde entier, doublé d’une analyse qualitative. A noter que plus l’indice est élevé, pire est la situation. La notoriété du Classement mondial de la liberté de la presse en fait un outil de plaidoyer essentiel.