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	<title>International | Reporter sans frontières</title>
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		<title>L’exil des journalistes gagne du terrain dans le monde : le nombre de pays de départ a doublé en cinq ans selon les données RSF</title>
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		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Jun 2026 09:30:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[À l’occasion de la journée internationale des réfugiés le 20 juin dernier, Reporters sans frontières (RSF) révèle une carte de l’exil des journalistes soutenus par RSF depuis 2021. Dans un contexte international marqué par les tensions politiques et sécuritaires, le nombre de pays où les professionnels de l’information sont contraints à la fuite a doublé [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>À l’occasion de la journée internationale des réfugiés le 20 juin dernier, Reporters sans frontières (RSF) révèle une carte de l’exil des journalistes soutenus par RSF depuis 2021. Dans un contexte international marqué par les tensions politiques et sécuritaires, le nombre de pays où les professionnels de l’information sont contraints à la fuite a doublé en cinq ans, selon les données RSF. Pour les journalistes concernés, plus de 1 400 personnes d’au moins 65 pays, la volonté de continuer à informer se heurte aux dangers liés à l’exercice de leur mission et aux limites des politiques d’accueil.</strong></p>
<p><iframe style="width: 100%; height: 600px;" title="Interactive or visual content" src="https://routes-de-l-exil.data.rsf.org/?lang=en" frameborder="0" scrolling="no" sandbox="allow-same-origin allow-forms allow-scripts allow-downloads allow-popups allow-popups-to-escape-sandbox allow-top-navigation-by-user-activation"></iframe></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">« </span><i><span style="font-weight: 400;">Les parcours d’exil des journalistes soutenus par RSF dessinent chaque année une cartographie mondiale de la répression. RSF dresse un bilan consternant qui fait écho aux enseignements du Classement 2026 de la liberté de la presse dans le monde : depuis cinq ans, 1 468 reporters de plus de 60 pays ont été soutenus par l’organisation car forcés de fuir les menaces, la prison ou la mort. Un chiffre accablant, qui ne représente pourtant qu’une partie d’un phénomène bien plus grand. Et le calvaire de ces reporters ne s’arrête pas là : extorsions, expulsions et violences administratives sont le quotidien de nombre d’entre eux après avoir dû fuir. Pour défendre le droit à l’information fiable, il importe que les États offrent aux journalistes exilés, dernier rempart contre la désinformation et la propagande qui gagnent du terrain, une protection effective : garanties contre le refoulement, visas d’urgence, titres de séjour pérennes, accès aux programmes de réinstallation et soutien à la reprise de leur travail. </span></i><span style="font-weight: 400;">»</span><i><span style="font-weight: 400;"><br />
</span></i><b>Vianney Loriquet</b><b><br />
</b><b>Datajournaliste et responsable du Classement mondial de la liberté de la presse</b></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">677 journalistes afghans, 160 russes, 101 birmans et des centaines d’autres d’une soixantaine de pays différents… Entre 2021 et 2025, l’exil a frappé des pans entiers du journalisme indépendant. D’après les données du bureau assistance de RSF international, 65 pays ont connu au moins un départ de journaliste contraint à l’exil ; dans 20 d’entre eux, au moins dix journalistes ont dû quitter leur pays.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Certains d’entre eux ont rejoint la Suisse après un parcours semé d’embûches. C’est pourquoi la section suisse de RSF a également soutenu, ces dernières années, plusieurs journalistes en exil qui ont dû fuir leur pays d’origine en raison de persécutions ou d’un danger pour leur vie. Ce soutien leur est apporté grâce à notre fonds de soutien et de solidarité spécialement créé à cet effet. Ces dernières années, RSF Suisse a ainsi pu venir en aide à plusieurs professionnels des médias, notamment originaires des régions kurdes de Turquie, de Biélorussie ou de Syrie.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le phénomène du journalisme en exil prend de l&rsquo;ampleur à l&rsquo;échelle mondiale et ne se limite pas à une région particulière.</span> <span style="font-weight: 400;">En cinq ans, le nombre de pays concernés a doublé, passant de 19 en 2021 à 40 en 2025. Sur la même période, le nombre de journalistes exilés ayant bénéficié de l’aide de RSF est resté à un niveau élevé : 235 en 2021 et 243 en 2025.</span></p>
<h5><b>Guerres et crime organisé poussent les journalistes à l’exil</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">L&rsquo;aggravation des crises sécuritaires et politiques dans plusieurs régions du monde est une clé de lecture de cette extension des zones de départ. </span></p>
<h5><b>Afrique subsaharienne : dégradation sécuritaire au Sahel et dans les Grands Lacs</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">La reprise des combats dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) a ouvert de nouvelles routes d’exil. En 2025, 21 journalistes ont fui le pays avec le soutien de RSF, pour la plupart vers le Burundi et l’Ouganda. Au Sahel, le phénomène s’étend désormais à une liste croissante de pays – Mali, Tchad, Guinée, Burkina Faso… – et progresse d’est e</span><span style="font-weight: 400;">n ouest depuis cinq ans, jusqu’au Sénégal.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;"><b>E</b></span><span style="font-weight: 400;"><b>n Amérique latine : un climat de violence politique et criminelle<br />
</b></span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L’instabilité des institutions, la pression des cartels sur le journalisme indépendant et le durcissement autoritaire de régimes comme ceux du Salvador ou du Venezuela nourrissent une dynamique particulièrement préoccupante : depuis le 1er janvier 2026, six journalistes ont déjà été tués au Mexique, en Colombie et au Guatemala. Pour ne pas connaître un sort similaire, des dizaines de journalistes ont pris la route de l’exil dans cette région. Ces cas restent toutefois parmi les plus difficiles à quantifier : dans des contextes aussi dégradés, les données d’assistance de RSF ne captent qu’une partie du phénomène.</span></p>
<h5><b>Répression, expulsions, détentions : l’engrenage de l’exil afghan</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">L’Afghanistan est devenu l’épicentre mondial de l’exil des journalistes depuis la chute de Kaboul, le 15 août 2021. En cinq ans, 677 journalistes afghans ont fui leur pays avec le soutien de RSF, soit près de la moitié des cas recensés par l’assistance de RSF dans le monde. Dispersés aujourd’hui dans 28 pays, ils incarnent l’une des plus grandes hémorragies du journalisme indépendant de l’histoire récente. </span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;">Toujours selon les chiffres de l’assistance de RSF, le pic de départs a été atteint en 2022 avec 183 journalistes afghans contraints à l’exil, et les répliques se font encore sentir. En 2025, 82 journalistes ont encore dû quitter le pays.<br />
</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Nombre de ces journalistes ne sont pourtant toujours pas en sécurité dans le pays où ils ont trouvé un refuge temporaire. Au Pakistan, une politique d’expulsion massive des réfugiés afghans a été lancée en 2023, dans un contexte de tensions entre le gouvernement pakistanais et le régime taliban. Au moins une cinquantaine de journalistes ont ainsi</span><a href="https://rsf.org/fr/pakistan-l-exil-bris%C3%A9-des-journalistes-afghans-renvoy%C3%A9s-vers-le-cauchemar-taliban-pendant-que-le" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;"> été renvoyés de force en Afghanistan</span></a><span style="font-weight: 400;">. Les visas de séjour des exilés afghans ne sont presque plus renouvelés, les plongeant dans l’illégalité.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">« </span><span style="font-weight: 400;">Après avoir passé une journée entière dans un centre de détention de la police pakistanaise, j’ai été contraint de payer 115 000 roupies pakistanaises [environ 330 francs suisses] pour éviter l’expulsion et obtenir ma libération. Début février, le propriétaire de ma maison m’a demandé de quitter les lieux </span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">, racontait en mars 2026 à RSF un reporter afghan réfugié à Islamabad.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En Afghanistan, le régime taliban poursuit son verrouillage de l’espace public. Cinq journalistes sont toujours officiellement détenus, </span><a href="https://rsf.org/barometre" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">selon les données du baromètre de RSF</span></a><span style="font-weight: 400;">. Pour les journalistes afghans, le choix se réduit chaque année davantage : disparaître du paysage médiatique, prendre la route de l’exil, ou risquer la détention.</span></p>
<h5><b>Birmanie : la junte veut réduire la presse au silence</b></h5>
<p><b></b><span style="font-weight: 400;">En Birmaine aussi, la situation est dramatique. En quatre ans, plus d’une centaine de journalistes accompagnés par RSF ont été contraints à fuir le pays. Depuis le coup d’État de février 2021, </span><a style="font-size: 14px;" href="https://rsf.org/fr/birmanie-quatre-ans-apr%C3%A8s-le-coup-d-%C3%A9tat-le-documentaire-de-rsf-d%C3%A9voile-la-r%C3%A9sistance-des">la junte militaire birmane mène une répression implacable contre la presse</a><span style="font-weight: 400;">. Sept journalistes et défenseurs de la liberté de la presse ont été tués. En tout, environ 300 journalistes birmans auraient trouvé refuge en Thaïlande pour fuir ce climat de terreur. Les conditions sont particulièrement précaires pour ces exilés, la majorité travaillant pour des salaires très faibles, sans statut légal ni couverture santé.</span></p>
<p><b></b><span style="font-weight: 400;">En réponse, RSF a soutenu plus de 350 journalistes birmans, toujours dans le pays ou en exil, notamment à travers le <a href="https://rsf.org/fr/en-pleine-guerre-civile-le-programme-rsf-pour-la-libert%C3%A9-de-la-presse-en-birmanie-soutenu-plus-de">Myanmar Press Freedom Project</a>, lancé en 2024 depuis la Thaïlande.</span></p>
<h5><b>Russie : le Kremlin poursuit les journalistes au-delà des frontières</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">La guerre d&rsquo;agression à grande échelle contre l’Ukraine a marqué une rupture brutale : en 2022, au plus fort du durcissement du régime contre la presse indépendante, 78 journalistes exilés ont bénéficié de l’aide de RSF, contre quatre l’année précédente. En tout, depuis 2021, 160 journalistes russes ayant bénéficié de l’assistance de RSF ont été contraints à l’exil, mais le chiffre total des professionnels des médias qui ont dû fuir le pays était déjà dix fois supérieur en 2023 </span><a href="https://rsf.org/fr/rsf-exhorte-les-etats-europ%C3%A9ens-%C3%A0-renforcer-leur-soutien-au-journalisme-russe-ind%C3%A9pendant-3"><span style="font-weight: 400;">selon un rapport de The Fix et du JX Fund,</span></a><span style="font-weight: 400;"> fonds de soutien pour le journalisme en exil créé par RSF.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">À mesure que le journalisme indépendant disparaît du territoire russe, les rédactions en exil deviennent l’un des derniers relais d’information libre pour la population. </span><a href="https://rsf.org/fr/rapport-jx-fund-les-m%C3%A9dias-russes-en-exil-un-rempart-fragile-que-l-europe-doit-soutenir-d-urgence"><span style="font-weight: 400;">D’après un autre rapport du JX Fund et de The Fix paru en 2025</span></a><span style="font-weight: 400;">, 63 médias russes indépendants basés à l’étranger restent actifs, malgré leur fragilité, entre la baisse des financements américains et les pressions constantes du Kremlin. Les auteurs du rapport évaluent leur audience entre 6 % et 9 % des adultes russes, soit plusieurs millions de personnes. Pour les faire taire, Moscou déplace désormais la répression hors de ses frontières. Entre février 2022 et septembre 2025, 66 professionnels des médias ont été arrêtés ou condamnés par contumace à cause de leur travail, </span><a href="https://rsf.org/fr/exil%C3%A9s-condamn%C3%A9s-traqu%C3%A9s-comment-la-russie-exporte-sa-r%C3%A9pression-judiciaire-contre-pr%C3%A8s-de-70"><span style="font-weight: 400;">selon des données croisées par RSF avec celles de Justice for Journalists (JFJ</span></a><span style="font-weight: 400;">).</span></p>
<h5><b>Égypte, Turquie : accueillir sans protéger la liberté de la presse</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">Dans plusieurs pays, l’accueil de journalistes fuyant des zones de conflit coexiste avec l’exil de reporters nationaux critiques du pouvoir. L’Égypte illustre cette ambivalence : depuis 2021, au moins 31 journalistes soutenus par RSF, majoritairement soudanais et palestiniens, y ont trouvé refuge. Certains continuent d’informer depuis le pays, à l’instar des </span><a href="https://rsf.org/fr/soudan-les-m%C3%A9dias-en-exil-fragiles-canaux-d-information-sur-une-guerre-oubli%C3%A9e"><span style="font-weight: 400;">médias soudanais</span></a><span style="font-weight: 400;">qui s’y sont installés. En tout, plus de 300 journalistes auraient fui le conflit qui règne au Soudan vers l’Égypte.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ces médias restent pourtant sous la menace de la censure du gouvernement soudanais, avec l&rsquo;aide de son allié égyptien. </span><span style="font-weight: 400;">« </span><span style="font-weight: 400;">Des actes d’intimidation, allant de l’expulsion du pays à des menaces de mort et des campagnes de diffamation ont visé l’équipe de Sudania 24, notamment le présentateur du programme qui a reçu des pressions pour publier un communiqué de soutien à l&rsquo;armée soudanaise </span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">, témoignait, sous le couvert de l’anonymat, un journaliste de la chaîne à RSF en 2025.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Par ailleurs, au moins 11 journalistes ont aussi fui l’Égypte sur la même période. Sous la dictature militaire du président Abdel Fattah al-Sissi, le pays demeure, en dépit de récentes libérations comme celle d’</span><a href="https://rsf.org/fr/%C3%A9gypte-le-journaliste-anglo-%C3%A9gyptien-alaa-abdel-fattah-enfin-lib%C3%A9r%C3%A9"><span style="font-weight: 400;">Alaa Abdel Fattah</span></a><span style="font-weight: 400;">, l’une des plus grandes prisons du monde pour les journalistes : 18 d’entre eux y sont actuellement détenus pour avoir fait leur travail.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Plus au nord, la Turquie connaît une dynamique similaire. Pôle régional d’accueil pour les réfugiés, elle a vu au moins 46 journalistes exilés d’Afghanistan, de Palestine ou de Syrie s’y installer depuis 2021. </span><a href="https://rsf.org/fr/turquie-la-r%C3%A9pression-anti-presse-du-pr%C3%A9sident-erdogan-n-pas-de-fronti%C3%A8re"><span style="font-weight: 400;">Mais pour les journalistes de Turquie, travailler en toute indépendance reste un défi majeur</span></a><span style="font-weight: 400;">. Au moins dix d’entre eux, d’après les données de l’assistance de RSF (un chiffre probablement très inférieur à la réalité, qui monte à plusieurs dizaines) ont fui le pays entre 2021 et 2025. </span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">« </span><i><span style="font-weight: 400;">Lorsqu’un journaliste est contraint de fuir son pays, l’exil ne met pas fin aux menaces. Précarité, isolement et répression transnationale s’ajoutent souvent aux difficultés administratives et linguistiques du pays d’accueil. Pourtant, ces professionnels continuent de produire une information indispensable, souvent au péril de leur sécurité. Garantir leur protection et leur permettre de poursuivre leur activité journalistique n’est pas seulement une obligation humanitaire : c’est une condition indispensable à la défense du droit à l’information et au maintien d’un débat démocratique. Les États ont la responsabilité de leur offrir des conditions d’accueil, de protection et d’intégration à la hauteur de cet enjeu. </span></i><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><b>Victoria Lavenue</b><b><br />
</b><b>Responsable du bureau Assistance de RSF</b></p></blockquote>
<h5><b>Le journalisme exilé rempart contre la désinformation, des politiques d’accueil pourtant encore lacunaire </b><br style="font-weight: 400;" /><br style="font-weight: 400;" /></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">RSF émet dix recommandations à destination des pays accueillant des journalistes exilés, réparties en trois axes principaux : la protection juridique, le soutien financier et le renforcement des capacités. </span></p>
<p><strong>RENFORCER LES PROTECTIONS JURIDIQUES</strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">1.Accorder des visas de longue durée afin d’offrir une protection immédiate, renouvelable, aux journalistes en danger et à leurs familles.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">2.Faciliter la délivrance de titres de séjour et de permis de travail de longue durée afin de permettre aux journalistes exilés de se réinstaller plus facilement et de reprendre leur activité dans le pays de destination, en particulier lorsqu’un retour rapide dans leur pays d’origine est peu probable.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">3.Mettre en place des dispositifs d’alerte des services de police par les journalistes menacés en cas de répression transnationale.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">4.Adopter une législation obligeant les plateformes numériques à répondre au harcèlement ciblant les journalistes, afin de protéger les journalistes exilés contre la répression transnationale et les abus en ligne.</span></p>
<p><strong>SOUTENIR LA VIABILITÉ FINANCIÈRE</strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">5.Financer les programmes existants, tels que le Journalism in Exile Fund, afin de favoriser le passage d’un financement par projet à un financement de fonctionnement structurel et durable pour les médias en exil.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">6.Faciliter l’enregistrement des médias en exil et prévoir des exonérations fiscales et des subventions publiques pour les médias en exil durant leurs premières années de développement.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">7.Financer et promouvoir des pôles médias offrant aux médias en exil des espaces de coworking, des outils de production et des </span><a href="https://rsf.org/fr/un-du-projet-voix-en-exil-cfi-la-mdj-rsf-et-singa-organisent-l-%C3%A9v%C3%A9nement-ensemble-pour-la" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">programmes de mentora</span></a><span style="font-weight: 400;">t – comme Voix en exil en France.</span></p>
<p><strong>RENFORCER LES CAPACITÉS DES MÉDIAS EN EXIL</strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">8.Soutenir le développement et l’adoption partagée de technologies ou de capacités de contournement, telles que le </span><a href="https://rsf.org/fr/bouquet-satellitaire-svoboda" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">bouquet satellitaire Svoboda</span></a><span style="font-weight: 400;"> ou </span><a href="https://rsf.org/fr/collateral-freedom" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Collateral Freedom</span></a><span style="font-weight: 400;">, afin d’aider les médias en exil à briser le mur de la censure étatique dans leur pays d’origine.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">9.Encourager les médias en exil à s’engager dans un processus de certification de leurs pratiques éditoriales – notamment par l’adhésion à des standards internationaux comme la </span><a href="https://journalismtrustinitiative.org/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Journalism Trust Initiative</span></a><span style="font-weight: 400;"> – afin de les protéger des pressions extérieures susceptibles de compromettre leur intégrité journalistique.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">10.Financer des programmes de formation permettant aux journalistes exilés de continuer à développer leurs compétences dans des domaines tels que la cybersécurité, la gestion juridique et financière, la sécurité numérique, l’enquête en sources ouvertes, la mesure d’audience, etc.</span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Dans les territoires ukrainiens occupés par la Russie, s’informer devient un acte clandestin</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/dans-les-territoires-ukrainiens-occupes-par-la-russie-sinformer-devient-un-acte-clandestin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Jun 2026 10:14:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
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					<description><![CDATA[Le Kremlin a partiellement ou totalement bloqué les réseaux sociaux et les services de messagerie non-russes dans les territoires ukrainiens de l’est et du sud-est occupés par la Russie. Isolés sur le plan numérique, des habitantes et habitants tentent malgré tout de contourner la censure pour rester en contact avec le monde extérieur et s’informer [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le Kremlin a partiellement ou totalement bloqué les réseaux sociaux et les services de messagerie non-russes dans les territoires ukrainiens de l’est et du sud-est occupés par la Russie. Isolés sur le plan numérique, des habitantes et habitants tentent malgré tout de contourner la censure pour rester en contact avec le monde extérieur et s’informer auprès de sources indépendantes en dehors des récits de propagande. Reporters sans frontières (RSF) a recueilli les témoignages de personnes pour qui s’informer est devenu un acte clandestin. </strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">«Un jour Internet et Telegram fonctionnent, le lendemain non.» Pour s’informer, Ihor*, qui vit dans les territoires ukrainiens occupés par la Russie, dépend de services quasiment inaccessibles. En Ukraine libre, ses proches ont accès à des sources plurielles. Lui, non. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine en 2022, les plateformes et messageries appartenant à des entreprises américaines comme Facebook, Instagram, X, YouTube, Signal ou encore Viber, appartenant à la société japonaise Rakuten, ont été partiellement ou totalement <a href="https://rsf.org/fr/présidentielle-en-russie-le-kremlin-renforce-son-bouclier-doré-en-ligne-pour-censurer-les" target="_blank" rel="noopener">censurées</a>. Dernière cible en date : Telegram, la messagerie fondée par l’entrepreneur russe Pavel Dourov, qui <a href="https://carnegieendowment.org/ru/russia-eurasia/politika/2026/03/russia-internet-telegram-restrictions" target="_blank" rel="noopener">fait l’objet d’un blocage</a> depuis le printemps dernier, après avoir perdu les grâces du Kremlin. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Moscou a progressivement fermé l’espace numérique en Russie et dans les régions de l’est et du sud de l’Ukraine envahies par l’armée russe en 2014 et en 2022, les remplaçant par <a href="https://rsf.org/fr/dans-les-territoires-occupés-d-ukraine-la-messagerie-du-kremlin-max-érige-un-nouveau-rideau-de-fer" target="_blank" rel="noopener">ses propres applications</a>, telles que Max sur laquelle RSF a déjà enquêté. Les médias ukrainiens <a href="https://euvsdisinfo.eu/fr/lemprise-de-la-russie-sur-linformation-dans-les-territoires-occupes-de-lukraine/" target="_blank" rel="noopener">interdits</a> ont été remplacés par des <a href="https://rsf.org/fr/enquête-sur-le-mystérieux-alexandre-malkevitch-le-propagandiste-du-kremlin-en-ukraine" target="_blank" rel="noopener">sites de désinformation</a> favorables au Kremlin, à l’instar de la holding ZaMedia, créée en 2022 par l’entrepreneur russe Alexander Malkevitch, ou de l’installation de médias russes comme le groupe audiovisuel d’État VGTRK qui a ouvert un bureau dans la ville occupée de Donetsk.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour continuer à accéder à une information plurielle, les habitants des régions sous contrôle russe de Donetsk, de Louhansk, de Zaporijjia, de Kherson ou encore de Crimée ont dû adapter leurs pratiques. </span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">« </span><span style="font-weight: 400;">RSF condamne le verrouillage informationnel orchestré par le Kremlin dans les territoires occupés, en mimétisme avec ce qui est aussi monnaie courante en Russie. Les habitants sont forcés de s&rsquo;informer dans la clandestinité, en espérant que les ruses employées un jour, les VPN notamment, seront toujours efficaces le lendemain. Il est inacceptable que des populations entières soient aujourd’hui ainsi coupées de sources d’informations fiables et matraquées de propagande russe dans leur propre pays.<br />
</span><b>Pauline Maufrais et Vincent Berthier<br />
</b><b>Chargée de la zone Ukraine et responsable du bureau technologie et journalisme de RSF</b></p></blockquote>
<h5><b>La colonisation numérique russe des territoires occupés</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;"><a href="https://rsf.org/fr/la-colonisation-de-l-ukraine-commence-par-son-réseau" target="_blank" rel="noopener">La colonisation numérique russe</a> commence dès le numéro de téléphone : les habitants ont progressivement été contraints d’abandonner leurs cartes SIM ukrainiennes d’avant occupation au profit d’opérateurs russes ou locaux afin de rester joignables ou d’accéder à certains services administratifs. </span><span style="font-weight: 400;">«</span><span style="font-weight: 400;">J’ai dû acheter deux cartes SIM russes, je l’ai vécu comme une contrainte et non pas comme un choix</span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">, confie Maryana, habitante de Crimée occupée depuis 2014. </span><span style="font-weight: 400;">«</span><span style="font-weight: 400;">En règle générale, nous essayons de retarder le plus longtemps possible tout passage à tout ce qui est russe</span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">, explique Tetyana, une habitante de Donetsk, dans l’est du pays, région partiellement occupée depuis 2014. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ihor, de la région occupée de Louhansk, toujours dans l’est, a lui aussi dû s’adapter. Dans son cas, ni les cartes SIM ukrainiennes, ni les cartes SIM russes ne fonctionnaient. Il s’est alors résolu à prendre une carte locale. </span><span style="font-weight: 400;">«</span><span style="font-weight: 400;">Toutes les cartes russes ne marchent pas ici, j’ai dû acheter une carte sim de LNR</span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">, raconte-t-il, en référence à la </span><span style="font-weight: 400;">«</span><span style="font-weight: 400;">République populaire de Louhansk</span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">, territoire séparatiste porté par la Russie depuis 2014 qui a déclaré son annexion, illégale, en 2022</span></p>
<h5><b>D’une messagerie à l’autre au gré des blocages</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">Si les applications de messagerie et de réseaux sociaux développées par des entreprises non-russes ont longtemps permis de s’informer et de garder le lien avec le monde extérieur, elles ont été progressivement bloquées. Viber, WhatsApp, puis Facebook</span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">, énumère Ihor. </span><span style="font-weight: 400;">«</span><span style="font-weight: 400;">Aujourd’hui nous n’avons plus vraiment de messagerie qui fonctionne vraiment</span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">. Les habitants et habitantes cherchent </span><span style="font-weight: 400;">«</span><span style="font-weight: 400;">des solutions pour communiquer avec leurs proches en Ukraine libre</span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;"> et cet isolement forcé laisse des traces. </span><span style="font-weight: 400;">«</span><span style="font-weight: 400;">C’est triste, on fait tout ce qu’on peut pour maintenir le lien, mais rien ne marche correctement</span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">, regrette Ihor.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Alors pour déjouer ce manque criant d’informations, la population confie parfois passer par l’intermédiaire de leurs proches, hors territoires occupés. </span><span style="font-weight: 400;">«</span><span style="font-weight: 400;">Lorsque certaines informations me paraissent douteuses, je les envoie aux membres de ma famille qui ont accès à plus de sources</span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">, explique Tetyana, depuis la région de Donetsk. Ces territoires sont en effet <a href="https://euvsdisinfo.eu/fr/lemprise-de-la-russie-sur-linformation-dans-les-territoires-occupes-de-lukraine/" target="_blank" rel="noopener">inondés</a> par des sources d’information pro-Kremlin ou contrôlées directement par la Russie, les <a href="https://rsf.org/fr/dix-ans-d-occupation-russe-en-crimée-une-décennie-de-répression-du-journalisme-indépendant-local" target="_blank" rel="noopener">médias indépendants ont été bloqués</a>. Pour Maryana, en Crimée, Telegram, partiellement accessible, reste encore sa source </span><span style="font-weight: 400;">«</span><span style="font-weight: 400;">d’information principale</span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">, malgré les réseaux de bots de propagande pro-russes qui y pullulent, comme l’a montré une analyse de l’<a href="https://www.atlanticcouncil.org/in-depth-research-reports/report/report-russian-bot-networks-occupied-ukraine/#russia-practices-info-influence" target="_blank" rel="noopener">Atlantic Council</a>. Ihor, quant à lui, raconte consulter le réseau social chinois TikTok, non officiellement interdit, même si l’accès est instable malgré son VPN, car </span><span style="font-weight: 400;">«</span><span style="font-weight: 400;">il y trouve quelques informations</span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Interrogée par RSF, la rédactrice en chef du média ukrainien RIA-PIVDEN, Svitlana Zalizetska, qui est basée à Zaporijjia, ville du sud-est en zone libre, et qui communique régulièrement avec les territoires occupés, confirme que les échanges sont souvent </span><span style="font-weight: 400;">«</span><span style="font-weight: 400;">à sens unique</span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">. La population dans ces zones contrôlées par le Kremlin </span><span style="font-weight: 400;">«</span><span style="font-weight: 400;">peut nous appeler, mais pas l’inverse</span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">. Et les blocages imposent de la flexibilité. </span><span style="font-weight: 400;">«</span><span style="font-weight: 400;">Il faut constamment chercher de nouvelles messageries, avoir des règles de communication qui correspondent à la réalité sécuritaire</span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">, résume la journaliste. </span></p>
<h5><b>Les VPN comme solution…</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour contourner les blocages, les citoyens s’équipent. Les VPN, Virtual Private Network, masquent les adresses IP des utilisateurs et leur permettent de se connecter à des serveurs hors d&rsquo;atteinte de la censure russe. Leurs téléchargements ont explosé. Google Trends, l’outil qui permet de suivre l’évolution de l’intérêt des internautes pour un mot-clé sur le moteur de recherche de Google, garde la trace de cette ruée vers les VPN depuis l’occupation. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Dans les oblasts de Kherson et de Zaporijjia, les recherches sur les VPN ont atteint leur pic dès juillet 2022, alors que les autorités d’occupation tentaient de bloquer l&rsquo;accès, respectivement aux VPNs ou à des réseaux sociaux.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les requêtes les plus populaires disent l’urgence de la situation : </span><span style="font-weight: 400;">«</span><i><span style="font-weight: 400;">télécharger VPN</span></i><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">, ou encore </span><span style="font-weight: 400;">«</span><i><span style="font-weight: 400;">VPN gratuit</span></i><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">. Dans la région de Donetsk, le pic a été atteint en août 2024, alors que le débit de YouTube était </span><span style="font-weight: 400;"><a href="https://rsf.org/fr/russie-rsf-d%C3%A9nonce-un-ralentissement-de-youtube-provoqu%C3%A9-par-les-autorit%C3%A9s-qui-met-en-p%C3%A9ril-le" target="_blank" rel="noopener">fortement dégradé à la suite d’une décision administrative des autorités russes.</a></span></p>
<h5><b></b><b>…instable et risquée</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">Ces VPN, trouvés sur des plateformes grand public comme Google Play, le catalogue d’applications de l’américain Google, fonctionnent souvent mal en raison des blocages. </span><span style="font-weight: 400;">«</span><i><span style="font-weight: 400;">Dernièrement, j’ai trouvé un nouveau VPN. Mais il fonctionne un jour sur deux</span></i><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">, rapporte Ihor.</span> <span style="font-weight: 400;">Recourir à un VPN reste une entreprise risquée. Depuis le 1er septembre 2025, Moscou intensifie sa répression contre cet outil. Faire la promotion des VPN expose désormais à de lourdes amendes : jusqu&rsquo;à 80 000 roubles (environ 880 francs suisses) pour les particuliers et 500 000 roubles (près de 5400 francs suisses) pour les personnes morales. Est également sanctionné d&rsquo;une amende de 5 000 roubles (environ 54 francs suisses) l&rsquo;usage d&rsquo;un VPN pour consulter des contenus considérés par le Kremlin comme </span><span style="font-weight: 400;">«</span><span style="font-weight: 400;">extrémistes</span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">, qui concernent nombre de publications journalistiques indépendantes sur la guerre.</span></p>
<h5><b>Une vision plus critique de l’espace numérique</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">La censure et les restrictions de la Russie ont formé les habitants à l’enjeu de la sécurité en ligne. </span><span style="font-weight: 400;">«</span><i><span style="font-weight: 400;">J’ai commencé à faire plus attention : authentification à deux facteurs, vérification des connexions et prudence en général</span></i><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">, raconte Maryana. Dans cette bulle fermée, la messagerie russe Max, </span><a href="https://rsf.org/fr/dans-les-territoires-occup%C3%A9s-d-ukraine-la-messagerie-du-kremlin-max-%C3%A9rige-un-nouveau-rideau-de-fer" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">imposée à marche forcée</span></a><span style="font-weight: 400;"> par le Kremlin pour remplacer les applications et messageries bloquées, ne convainc pas. </span><span style="font-weight: 400;">«</span><i><span style="font-weight: 400;">Les commentaires sont très mauvais</span></i><span style="font-weight: 400;">»</span><i><span style="font-weight: 400;">, </span></i><span style="font-weight: 400;">rapporte Ihor. Dans la mesure du possible, les habitants </span><span style="font-weight: 400;">«</span><i><span style="font-weight: 400;">l’installent sur un autre téléphone</span></i><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">, conclut Maryana. Un revers numérique pour le Kremlin.</span></p>
<p><i><span style="font-weight: 400;">*Pour des raisons de sécurité, tous les témoins ont des noms d’emprunt et les noms des villes ne sont pas cités. </span></i></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>France : une décision sans précédent de l’autorité de régulation (ARCOM) contre la chaîne CNews</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/france-une-decision-sans-precedent-de-lautorite-de-regulation-arcom-contre-la-chaine-cnews/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Jun 2026 10:10:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[En adressant une mise en demeure à la chaîne d’information en continu française CNews à la suite d’une saisine de Reporters sans frontières (RSF) pour des manquements manifestes et un « déséquilibre structurel » en matière de pluralisme, le régulateur français fait enfin preuve de fermeté vis-à-vis d’un acteur qui contrevient à ses obligations légales. [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>En adressant une mise en demeure à la chaîne d’information en continu française CNews à la suite d’une saisine de Reporters sans frontières (RSF) pour des manquements manifestes et un « déséquilibre structurel » en matière de pluralisme, le régulateur français fait enfin preuve de fermeté vis-à-vis d’un acteur qui contrevient à ses obligations légales. RSF salue une décision à la hauteur des responsabilités qui incombent au régulateur et qui prend la mesure des manquements manifestes, durables et intentionnels à l’antenne de CNews.</strong></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">«La décision rendue publique à moins d’un an de l’élection présidentielle, montre que le régulateur a pris la mesure de ce qui se produisait sur cette antenne et du danger pour l’information fiable et le débat public. L’Arcom siffle la fin de la récréation pour CNews et, loin de la fuite en avant des années passées, prend ses responsabilités et met les moyens. Les analyses du régulateur convergent avec le travail d’enquête de RSF et arrivent au même constat implacable sur le caractère univoque des programmes et sur la place secondaire accordée aux faits par rapport au commentaire. L’ONG mène campagne depuis 2021 pour le respect du pluralisme sur les antennes de CNews et a été l’aiguillon d’une régulation pertinente, de la décision du Conseil d’État de février 2024 à cette décision sans précédent de juin 2026. RSF demeurera vigilante sur le changement de comportement de l’éditeur et se réserve le droit de saisir à nouveau l’Arcom et faire sanctionner CNews, si le droit n’était pas appliqué.»<br />
</span><b>Thibaut Bruttin<br />
</b><b>Directeur général de RSF</b></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Dans sa décision rendue le 15 juin 2026, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) française dresse un constat accablant. Après avoir analysé 168 heures de programmes sur CNews au mois de mars 2025 qui faisait l’objet de l’<a href="https://rsf.org/fr/pluralisme-en-france-sur-cnews-le-grand-contournement" target="_blank" rel="noopener">enquête</a> et de la <a href="https://rsf.org/fr/d%C3%A9faut-de-pluralisme-sur-la-cha%C3%AEne-fran%C3%A7aise-cnews-rsf-saisit-l-arcom" target="_blank" rel="noopener">saisine</a> de RSF, le régulateur estime que trois quarts des séquences expriment « à quelques nuances près » le même point de vue. Pire, ajoute l’Arcom, les points de vue divergents « demeurent isolés et se voient même dans certains cas dévalorisés. »</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Sur le contenu, à l’instar de RSF, l’Arcom a identifié une hyperconcentration éditoriale et des thématiques traitées à l’unisson. La religion musulmane est présentée sans réelle contradiction « comme une menace pour la société française » ; l’immigration, abordée de manière récurrente, est présentée comme un facteur déterminant de la montée de l’insécurité ; les affaires judiciaires font apparaître la surreprésentation de certaines thèses ; La France Insoumise (le parti fortement à gauche de Jean-Luc Mélenchon) fait l’objet « de mises en cause particulièrement vives sans contradiction significative » ; ou encore la guerre en Ukraine est traitée de manière « largement univoque » pour critiquer le soutien de la France.</span></p>
<h5><b>Les faits secondaires par rapport aux commentaires</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">Comme l’avait également documenté RSF, l’Arcom souligne que c’est la façon même avec laquelle les débats sont construits sur la chaîne qui ont très largement participé au traitement univoque de l’actualité. La présentation et la contextualisation des faits occupent une place « secondaire au regard de celle occupée par leur commentaire ». Les échanges en plateau conduisent le plus souvent « à un traitement de l’actualité qui tend à se confondre avec son commentaire largement univoque ». À cet égard, l’Arcom estime que les animateurs, à travers leurs éditos, se positionnent comme des « prescripteurs de point de vue à adopter sur le thème abordé » tout en limitant la parole accordée aux intervenants qui nuancent les propos ou défendent une opinion différente.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La décision de l’Arcom survient à la suite d’une <a href="https://rsf.org/fr/d%C3%A9faut-de-pluralisme-sur-la-cha%C3%AEne-fran%C3%A7aise-cnews-rsf-saisit-l-arcom" target="_blank" rel="noopener">saisine déposée par RSF</a> le 15 janvier 2026. Dans cette plainte de plus d’une centaine de pages, l’organisation démontrait comment la chaîne du groupe Canal+, propriété du milliardaire d’extrême droite Vincent Bolloré, apparaît comme la seule parmi les quatre chaînes françaises d’information en continu (BFMTV, CNews, France Info, LCI) à s’éloigner de manière manifeste, durable et intentionnelle des <a href="https://www.arcom.fr/se-documenter/espace-juridique/textes-juridiques/deliberation-ndeg-2024-15-du-17-juillet-2024-relative-au-respect-du-principe-de-pluralisme-des-courants-de-pensee-et-dopinion-par-les-editeurs-de-services" target="_blank" rel="noopener">critères établis par le régulateur</a> pour garantir le respect du pluralisme interne.</span></p>
<h5><b>Une dérobade sur le pluralisme politique</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">Alors que trois enquêtes indépendantes, celles de RSF, puis celles de <a href="https://www.mediapart.fr/journal/culture-et-idees/261225/temps-de-parole-les-grosses-ficelles-de-cnews-que-l-arcom-n-pas-vues" target="_blank" rel="noopener">Mediapart</a> et de <a href="https://rsf-ch.ch/le-refoulement-de-la-journaliste-francaise-alice-froussard-par-israel-apres-gaza-le-verrouillage-informationnel-de-la-cisjordanie/" target="_blank" rel="noopener">Libération</a>, avaient conclu à un détournement manifeste des règles relatives au pluralisme du temps de parole des personnalités politiques avec une très large surreprésentation de la gauche la nuit (lorsque presque personne ne consomme les programmes de CNews) et une surreprésentation de la droite et de l’extrême droite aux heures de grandes écoutes sur CNews, le régulateur n’a pas revue sa copie à ce sujet. Une dérobade d’autant plus inquiétante que la pratique s’est poursuivie après le mois de mars 2025 qui avait fait l’objet de l’enquête et de la saisine de RSF. Par ailleurs, en choisissant de séparer artificiellement le pluralisme politique du pluralisme des courants de pensée et d’opinion, l’Arcom introduit un système à deux vitesses de nature à complexifier inutilement la régulation dans ce domaine.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Si ces deux décisions n’ont pas le même fondement et que leur concomitance est de nature à faire naître une confusion, voire une fausse symétrie, la décision de l’Arcom intervient après la mise en demeure, le 11 juin dernier, de deux radios publiques, France Inter et Franceinfo, appelées à veiller davantage au pluralisme politique par le régulateur de l’audiovisuel, estimant que le parti Rassemblement national (parti d’extrême droite français) a été sous-représenté sur les temps diurnes durant les trois premiers mois de l’année 2026. Radio France, qui a <a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-info-de-france-inter/une-situation-conjoncturelle-repond-radio-france-apres-la-mise-en-demeure-de-l-arcom-pour-sous-representation-du-rn-1204101" target="_blank" rel="noopener">reconnu son erreur</a>, a plaidé « une situation conjoncturelle » et signifié que ses équipes « sont pleinement engagées pour le respect du pluralisme et appliquent une transparence totale. »</span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le refoulement de la journaliste française Alice Froussard par Israël : après Gaza, le verrouillage informationnel de la Cisjordanie ?</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/le-refoulement-de-la-journaliste-francaise-alice-froussard-par-israel-apres-gaza-le-verrouillage-informationnel-de-la-cisjordanie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 Jun 2026 12:20:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
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					<description><![CDATA[Trente minutes après son arrivée, le 10 juin, à l’aéroport Ben Gurion en Israël, d’où elle devait rejoindre la Cisjordanie pour un reportage, la journaliste française Alice Froussard, collaboratrice de Radio France Internationale (RFI), a été interpellée, interrogée puis expulsée du pays par la police israélienne. Reporters sans frontières (RSF) exprime sa pleine solidarité avec [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-chapo field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<p dir="ltr"><strong>Trente minutes après son arrivée, le 10 juin, à l’aéroport Ben Gurion en Israël, d’où elle devait rejoindre la Cisjordanie pour un reportage, la journaliste française Alice Froussard, collaboratrice de Radio France Internationale (RFI), a été interpellée, interrogée puis expulsée du pays par la police israélienne. Reporters sans frontières (RSF) exprime sa pleine solidarité avec cette journaliste, spécialiste de la Cisjordanie depuis de nombreuses années, et dénonce une mesure liberticide d’une extrême gravité, révélatrice d’une volonté d’entraver la couverture de la Cisjordanie par la presse étrangère.</strong></p>
</div>
<div class="field field--name-field-contenu-editorial field--type-entity-reference-revisions field--label-hidden field__items">
<div class="field__item">
<div class="paragraph paragraph--type--texte-riche paragraph--view-mode--default">
<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-texte-riche field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Après le blocus imposé aux médias étrangers à Gaza, est-ce le tour de la Cisjordanie ? Les autorités israéliennes ont refoulé une journaliste étrangère à l&rsquo;aéroport de Ben Gurion, à Tel Aviv, alors même qu&rsquo;elle disposait de tous les documents requis pour entrer dans le pays et exercer son métier sur un territoire qu’elle arpente depuis des années.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">La journaliste française indépendante <strong>Alice Froussard, </strong>correspondante en Cisjordanie pour plusieurs médias français, a atterri en Israël a 22 heures, ce mercredi 10 juin, pour se rendre à Ramallah, en Cisjordanie occupée, comme à son habitude, en mission journalistique officielle pour <em>Radio France International</em> (<em>RFI</em>).  À 22 h 30, elle fut appréhendée, selon les informations de RSF, par les agents de contrôle aux frontières, interrogée, puis renvoyée plus de 10 heures plus tard vers la France.</p>
<p>L’interdiction officielle, émise par l&rsquo;Administration des contrôles aux frontières et consultée par RSF, invoque comme motifs du refus <em>“des considérations de sécurité publique, de sûreté publique ou d&rsquo;ordre public”</em> et <em>“des considérations liées à la prévention de l&rsquo;immigration clandestine”</em>. La journaliste disposait pourtant de toutes les pièces requises, d’un visa et d’un contrat officiel avec <em>RFI</em>. <em>“La personne susmentionnée sera expulsée d’Israël conformément à l’article 10(A) de la loi dès que possible et, d’ici là, sera détenue dans un lieu désigné à cet effet”</em> stipule la lettre qui précise également qu’Alice Froussard devra présenter une demande préalable avant toute future visite en Israël.</p>
</div>
</div>
</div>
<div class="field__item">
<div class="paragraph paragraph--type--citation paragraph--view-mode--default">
<blockquote>
<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-texte-riche field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<p><em>«L&rsquo;expulsion d&rsquo;Alice Froussard d&rsquo;Israël est injustifiable. Cette correspondante expérimentée, qui couvre la Cisjordanie depuis des années, fait partie des journalistes qui ont le courage de se rendre dans les territoires palestiniens occupés pour travailler auprès de leurs confrères palestiniens, malgré les risques sécuritaires croissants auxquels ils sont exposés. Le refus de la laisser exercer son métier révèle jusqu&rsquo;où les autorités israéliennes sont prêtes à aller pour priver l’opinion publique internationale d’informations en provenance de la Palestine. Alors qu’elles imposent un blocus médiatique sur Gaza depuis bientôt trois ans, elles entravent désormais encore davantage l’information sur la Cisjordanie. Nous exprimons notre solidarité avec Alice Froussard, nous dénonçons son expulsion et nous appelons les autorités israéliennes à lever immédiatement cette interdiction aberrante qui viole toutes les normes du droit international.»</em></p>
<p><strong>Jonathan Dagher<br />
</strong>Responsable du Bureau Moyen-Orient de RSF</p>
</div>
</blockquote>
</div>
</div>
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<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-texte-riche field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<p dir="ltr"><strong>Après l&rsquo;expulsion, la diffamation </strong></p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Le ministre israélien de la Diaspora et de la Lutte contre l&rsquo;antisémitisme Amichai Chikli s’est quant à lui félicité de cette expulsion <a class="external-website" title="sur le réseau social X - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://x.com/AmichaiChikli/status/2064975299737993533" target="_blank" rel="noopener"><u>sur le réseau social X</u></a>, en émettant des accusations infondées de “soutien au Hamas” contre la journaliste.<em> </em>La recommandation d’expulser la journaliste aurait été adressée ce ministre sur avis du directeur général de son ministère selon le site d’information israélien <em>I24News. “Les autorités lui reprochent notamment d’avoir qualifié certaines lois israéliennes de ‘draconiennes’, d’avoir affirmé que le système judiciaire israélien était dual et constituait un exemple ‘d’apartheid’, ainsi que d’avoir déclaré, au sujet du massacre du 7 octobre, que ‘l’attaque devait être examinée dans son contexte’.”</em></p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr"><em>RFI</em> a dénoncé dans un communiqué “<em>le refoulement de la journaliste Alice Froussard à son arrivée en Israël</em>” qui intervient comme le précise la direction du média <em>“dans un contexte de difficultés croissantes rencontrées par les journalistes pour couvrir l’actualité de la région”</em>.</p>
<p dir="ltr"><strong>Des représailles politiques ? </strong></p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">L&rsquo;interdiction d&rsquo;entrée sur le territoire imposée à Alice Froussard intervient au lendemain de l&rsquo;annonce par le ministère français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, d&rsquo;une interdiction de séjour en France envers le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, pour “incitation à la violence” et pour avoir promu “l&rsquo;annexion de la Cisjordanie”. Un éventuel amalgame entre l&rsquo;État français et une journaliste indépendante française est apparu plus clairement à la suite d&rsquo;une autre déclaration du ministre Amichai Chikli. Alors que l’ambassade de France à Jérusalem a exprimé son indignation ce jeudi face à l’expulsion d’Alice Froussard, Amichai Chikli a répondu en s’adressant au président Macron et à Jean-Noël Barrot, pour dénoncer les sanctions prises par la France.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr"><strong>Pressions croissantes sur la presse internationale</strong></p>
<p>RSF avait déjà alerté il y a quelques semaines sur la <a href="https://rsf.org/fr/isra%C3%ABl-rsf-d%C3%A9nonce-linterdiction-d-entr%C3%A9e-sur-le-territoire-de-la-journaliste-espagnole-queralt" target="_blank" rel="noopener"><u>pression croissante qu’exerce Israël sur la presse internationale</u></a> après l&rsquo;interdiction d’entrée sur le territoire de la journaliste espagnole <strong>Queralt Castillo</strong>, ainsi que la révocation des visas de la journaliste française<strong> Khadija Toufik</strong> et du journaliste italien <strong>Alessandro Stefanelli</strong>. Ces interdictions renforcent la pression sur<strong> </strong>les journalistes palestiniens de Cisjordanie, eux-mêmes dans le viseur des forces israéliennes depuis des années :<strong> </strong>arrestations, intimidations et <a class="external-website" title="violences - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.youtube.com/watch?v=04yb4eBCfUE&amp;t=1s" target="_blank" rel="noopener"><u>violences</u></a>, voire assassinat, comme cela a été le cas de <a href="https://rsf.org/fr/palestine-deux-ans-apr%C3%A8s-le-meurtre-de-la-journaliste-d-al-jazeera-shireen-abu-akleh-par-l-arm%C3%A9e" target="_blank" rel="noopener"><strong><u>Shireen Abu Akleh</u></strong></a><strong>,</strong> correspondante emblématique d’<em>Al Jazeera,</em> tuée en reportage par un sniper israèlien, le 11 mai 2022.</p>
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		<title>Colombie : l’assassinat du journaliste Cristian Hernando Herrera Nariño, sous protection de l’État, appelle à des mesures renforcées des autorités</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/colombie-lassassinat-du-journaliste-cristian-hernando-herrera-narino-sous-protection-de-letat-appelle-a-des-mesures-renforcees-des-autorites/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Jun 2026 12:42:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[Reporters sans frontières (RSF) condamne l’assassinat du journaliste colombien Cristian Hernando Herrera Nariño, tué par balles ce samedi 6 juin à Cúcuta, à la frontière avec le Venezuela. Ancien reporter judiciaire pour La Opinión et Q’hubo Cúcuta, il dirigeait les médias numériques Cúcuta Real et Cúcuta al Rojo Vivo. Correspondant de l’organisation la Fondation pour [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Reporters sans frontières (RSF) condamne l’assassinat du journaliste colombien Cristian Hernando Herrera Nariño, tué par balles ce samedi 6 juin à Cúcuta, à la frontière avec le Venezuela. Ancien reporter judiciaire pour La Opinión et Q’hubo Cúcuta, il dirigeait les médias numériques Cúcuta Real et Cúcuta al Rojo Vivo. Correspondant de l’organisation la Fondation pour la liberté de la presse (Fundación para la Libertad de Prensa &#8211; FLIP), il couvrait le crime organisé, le narcotrafic, la contrebande, la corruption et les violences armées dans l’une des zones les plus dangereuses du pays et avait été menacé à plusieurs reprises. RSF appelle les autorités à prendre en compte son travail journalistique et les conditions de sa protection par l’État dans l’enquête. Il est le deuxième journaliste tué dans le pays depuis le début de l’année. </strong></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">« RSF adresse toutes ses condoléances aux proches de Cristian Herrera. L’assassinat de ce journaliste renommé, sous protection étatique, doit être examiné à la lumière des menaces répétées qu’il a reçues par le passé, de ses deux périodes d’exil contraint et d’une tentative d’assassinat à laquelle il avait échappé. L’organisation demande une enquête rapide et indépendante ; l’identification et la poursuite des auteurs et des commanditaires ; un examen de l’adéquation des mesures de protection qui lui avaient été attribuées ; et des garanties de sécurité pour les journalistes menacés dans le Norte de Santander, en particulier les collègues proches de Cristian Herrera exposés à des menaces, dont José Ignacio Arango. Cristian Herrera est le deuxième journaliste assassiné en Colombie en 2026 et le neuvième depuis le début du gouvernement du président Gustavo Petro en 2022. »<br />
</span><b>Artur Romeu<br />
</b><b>Directeur du bureau Amérique latine de RSF.</b></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Âgé de 50 ans et père de deux enfants, le journaliste emblématique Cristian Herrera bénéficiait du programme colombien de protection de l’État depuis 2014. Pendant plus de deux décennies, il avait signalé des menaces liées à son travail, survécu à une <a href="https://rsf-es.org/colombia-los-periodistas-cristian-herrera-y-andres-gonzalez-logran-escapar-de-un-intento-de-asesinato/" target="_blank" rel="noopener">tentative</a> d’assassinat en 2017 et été contraint à deux reprises de quitter le pays : d’abord pour le Chili, puis pour l’Espagne, où il avait séjourné avec sa famille dans le cadre d’un <a href="https://rsf-es.org/espana-solidaridad-tranquilidad-y-fuerzas-para-continuar-lo-que-el-programa-de-acogida-de-rsf-espana-aporta-a-los-periodistas-participantes/" target="_blank" rel="noopener">programme temporaire de relocalisation de RSF</a> destiné aux journalistes menacés. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le journaliste, ancien reporter judiciaire pour La Opinión et Q’hubo Cúcuta, dirigeait les médias en ligne Cúcuta Real et Cúcuta al <a href="https://www.facebook.com/profile.php?id=61564008867754#" target="_blank" rel="noopener">Rojo</a> Vivo, collaborait aussi avec Noticias Cúcuta 75 et était correspondant et membre du conseil d’administration de la<a href="https://flip.org.co/pronunciamientos" target="_blank" rel="noopener"> FLIP</a>, partenaire de RSF. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Il a été tué le samedi 6 juin à Cúcuta alors qu’il était avec sa famille. « Ils l’ont tué devant nous », a déclaré Karla Gabriela Niño Claro, femme du journaliste Cristian Herrera.  Selon son témoignage, après avoir tiré sur le journaliste emblématique, l’agresseur se serait arrêté et les aurait regardés, tandis qu’elle demandait à sa fille de reculer, par crainte qu’il ne leur tire aussi dessus. Selon l’Unité nationale de protection (<a href="https://x.com/unpcolombia/status/2063390270566089114?s=48" target="_blank" rel="noopener">UNP</a>), qui s’est exprimé sur le réseau social X, le journaliste se déplaçait, au moment de l’attaque, dans un véhicule mis à disposition par l’institution ; l’UNP a également indiqué que l’absence d’escortes à ce moment-là répondait à « une demande expresse et volontaire du journaliste ».  Une enquête a été ouverte sur cet homicide.Le Bureau du Défenseur du peuple, institution publique nationale des droits humains, a <a href="https://x.com/defensoriacol/status/2063343260135833993?s=46&amp;t=viD_VYG38FeptJiG8Pt9MA" target="_blank" rel="noopener">demandé au parquet</a> d’enquêter sur les sujets couverts par Cristian Herrera, les risques auxquels il était exposé et le contexte de violence dans le Norte de Santander et le Catatumbo.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Karla Gabriela Niño Claro décrit sa mari comme un journaliste « passionné », attaché à l’information et à la véracité, y compris dans les conditions les plus difficiles. « Pour honorer son amour de la liberté de la presse, son travail et son engagement, je demande que son crime fasse l’objet d’un suivi et que Cristian ne devienne pas un cas de plus en Colombie », a-t-elle affirmé. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">« Cristian était l’un des plus grands exemples d’amour pour le journalisme dans le Norte de Santander. Avec plus de 20 ans d’expérience, il connaissait les risques d’exercer dans une région comme celle-ci, mais cela ne l’a jamais arrêté. ‘El Gordo’, comme l’appelaient affectueusement ses amis, laisse un héritage aux journalistes et représentera toujours une part importante de l’histoire de la presse de notre ville », témoigne José Ignacio Arango, fondateur de Noticias Cúcuta 75 et collègue de Cristian Herrera, lui-même sous protection étatique et <a href="https://rsf.org/fr/colombie-les-menaces-contre-les-journalistes-dinvestigation-sintensifient-malgr%C3%A9-les-efforts-de" target="_blank" rel="noopener">menacé</a>. </span></p>
<h5><b>Neuf journalistes tués en Colombie depuis 2022</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">Cúcuta est le principal centre urbain du Norte de Santander, un département qui comprend le Catatumbo, région marquée par la présence de groupes armés, de routes du narcotrafic, de contrebande, de passages frontaliers illégaux et d&rsquo;affrontements pour le contrôle territorial. En juillet 2024, la police de Cúcuta a indiqué que, sur 25 bandes criminelles visées par des opérations, 17 restaient actives dans la ville.  L’assassinat de Cristian Herrera intervient un mois après celui du journaliste <a href="https://rsf.org/fr/colombie-rsf-condamne-l-assassinat-de-mateo-p%C3%A9rez-rueda-et-alerte-sur-le-silence-impos%C3%A9-%C3%A0-la-presse" target="_blank" rel="noopener">Mateo Pérez Rueda</a>, directeur du média numérique El Confidente, dans l’Antioquia. Cristian Herrera est le deuxième journaliste assassiné en Colombie en 2026 et le neuvième depuis le début du gouvernement du président Gustavo Petro, en août  2022, selon RSF. </span></p>
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		<title>États-Unis : le Pentagone restreint l’accès des journalistes indépendants</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/la-guerre-des-etats-unis-contre-lacces-a-linformation-le-pentagone-restreint-lacces-des-journalistes-independants/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Jun 2026 08:08:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[La décision du Pentagone de fermer l&#8217;accès de son service de presse aux journalistes marque la dernière escalade d&#8217;une campagne soutenue visant à restreindre le journalisme indépendant au siège du ministère de la Défense. Sous la direction du ministre Pete Hegseth, les journalistes couvrant le Pentagone se heurtent à des obstacles tels que des restrictions [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-chapo field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<p dir="ltr"><strong>La décision du Pentagone de fermer l&rsquo;accès de son service de presse aux journalistes marque la dernière escalade d&rsquo;une campagne soutenue visant à restreindre le journalisme indépendant au siège du ministère de la Défense. Sous la direction du ministre Pete Hegseth, les journalistes couvrant le Pentagone se heurtent à des obstacles tels que des restrictions d’accès, des limites d’accréditation et de photographie, ainsi qu’un manque de transparence. Ces mesures restreignent systématiquement la couverture indépendante sur l’armée américaine, pourtant essentielle pour tenir le public informé des activités du gouvernement.</strong></p>
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<div class="field field--name-field-contenu-editorial field--type-entity-reference-revisions field--label-hidden field__items">
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<div class="paragraph paragraph--type--texte-riche paragraph--view-mode--default">
<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-texte-riche field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<p class="text-align-justify" dir="ltr">En début de semaine, le Pentagone a reclassé son service de presse en « <a class="external-website" title="“Installation pour informations classifiées compartimentées” - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://apnews.com/article/pentagon-media-restrictions-trump-hegseth-91bae8b82d16b96091f31518cc4d4c72" target="_blank" rel="noopener"><u>Installation pour informations classifiées compartimentées</u></a> » («<em>sensitive Compartmented Information Facility» </em>ou SCIF), interdisant aux journalistes l’accès à un espace longtemps utilisé pour les interactions entre reporters et responsables de la défense. Si les dirigeants du Pentagone ont présenté cette décision comme une mesure de sécurité de routine, il s’agit en réalité de la dernière d’une série de restrictions introduites sous le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, qui ont progressivement limité les lieux où les journalistes peuvent se rendre, les personnes à qui ils peuvent s’adresser, les informations qu’ils peuvent rechercher et la manière dont ils peuvent couvrir l’action des dirigeants militaires. Prises dans leur ensemble, ces mesures révèlent une tendance plus large à restreindre l’accès du journalisme indépendant au sein de l’une des institutions militaires les plus puissantes au monde.</p>
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<div class="paragraph paragraph--type--citation paragraph--view-mode--default">
<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-texte-riche field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<blockquote>
<p dir="ltr"><em>« Les tentatives grotesques du secrétaire à la Défense Pete Hegseth pour museler le journalisme objectif viennent d’atteindre un nouveau niveau de bassesse. Après avoir échoué dans sa tentative d’obliger les journalistes à signer des serments de loyauté et s’être plaint de photos peu flatteuses de lui-même, le secrétaire à la Défense va jusqu’à expulser la presse de son propre bureau de presse. Aucune restriction prise isolément ne semble révolutionnaire en soi. Mais prises dans leur ensemble, ces mesures constituent un effort systématique visant à réduire le contrôle indépendant exercé sur le Pentagone. Le public ne peut pas demander des comptes aux institutions si les journalistes se voient progressivement refuser l’accès nécessaire pour rendre compte de leurs activités. »</em></p>
<p dir="ltr"><strong>Ben Grazda<br />
</strong>Responsable du plaidoyer au bureau Amérique du Nord de RSF</p>
</blockquote>
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<div class="paragraph paragraph--type--texte-riche paragraph--view-mode--default">
<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-texte-riche field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<h5 class="text-align-justify"><strong>Restriction de l’accès : ériger des murs à l’intérieur du Pentagone</strong></h5>
<p class="text-align-justify">Le premier élément, et le plus visible, de cette tendance a été la restriction progressive de l’accès physique des journalistes. En mai 2025, Pete Hegseth a ordonné de <a class="external-website" title="nouvelles mesures de contrôle physique - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://media.defense.gov/2025/May/23/2003721693/-1/-1/1/UPDATED-PHYSICAL-CONTROL-MEASURES-FOR-PRESS-MEDIA-ACCESS-WITHIN-THE-PENTAGON.PDF" target="_blank" rel="noopener"><u>nouvelles mesures de contrôle physique</u></a> qui ont restreint l’accès des journalistes accrédités à des zones du Pentagone où ils avaient toujours été autorisés à entrer. En vertu de cette politique, les journalistes doivent obtenir une autorisation officielle ou être accompagnés pour pénétrer dans des espaces auparavant librement accessibles aux membres de la presse. Le Pentagone a justifié ces changements comme nécessaires pour empêcher des divulgations non autorisées, mais les journalistes affirment qu’ils entravent considérablement leurs activités de reportage habituelles.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Les restrictions à la liberté de déplacement au sein des locaux se sont encore durcies, poussant les journalistes à réagir. En décembre 2025, Julian E. Barnes, journaliste spécialisé dans les questions de sécurité internationale au <em>New York Times</em>, <a class="external-website" title="a intenté un procès - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.reuters.com/legal/government/new-york-times-sues-pentagon-over-press-access-2025-12-04/" target="_blank" rel="noopener"><u>a intenté un procès</u></a> contre cette mesure, encore aggravée par une nouvelle politique d’accréditation annoncée en octobre de la même année, arguant qu’elle portait atteinte aux activités de collecte d’informations protégées par la Constitution. En mars 2026, un juge fédéral a statué que certaines de ces restrictions entravaient illégalement le travail des journalistes. La bataille juridique s&rsquo;est poursuivie le 18 mai 2026, lorsque le même média a intenté une action en justice <a class="external-website" title="pour la deuxième fois - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://apnews.com/article/pentagon-press-access-new-york-times-lawsuit-df3330d202a87f41f25effc9ab96abab" target="_blank" rel="noopener"><u>pour la deuxième fois</u></a> en cinq mois, contestant une politique exigeant que les journalistes soient escortés par des fonctionnaires dans l&rsquo;ensemble du bâtiment.</p>
<h5 class="text-align-justify"><strong>Restriction de l&rsquo;information : le travail de reportage quotidien est devenu un problème de sécurité</strong></h5>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Les barrières physiques se sont également accompagnées de mesures visant à restreindre l&rsquo;accès à l&rsquo;information. En septembre 2025, le Pentagone a introduit une nouvelle politique intitulée <a class="external-website" title="“Media In-Brief” - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.nytimes.com/interactive/2025/09/20/us/pentagon-press-restrictions.html" target="_blank" rel="noopener"><em><u>“Media In-Brief”</u></em></a>, exigeant des journalistes souhaitant obtenir une accréditation qu&rsquo;ils acceptent des restrictions relatives au traitement et à la sollicitation d&rsquo;informations “non autorisées”.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">La controverse a rapidement pris de l&rsquo;ampleur. En octobre 2025, des journalistes de grands médias ont refusé de signer la déclaration et <a class="external-website" title="ont rendu leurs accréditations - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://apnews.com/article/pentagon-press-access-hegseth-trump-restrictions-5d9c2a63e4e03b91fc1546bb09ffbf12" target="_blank" rel="noopener"><u>ont rendu leurs accréditations</u></a> auprès du Pentagone en signe de protestation. Ces médias ont fait valoir que cette politique menaçait les activités de collecte d&rsquo;informations protégées par la Constitution, en créant une incertitude quant aux informations que les journalistes pouvaient légalement rechercher, conserver ou utiliser dans leurs reportages.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Cet épisode a marqué un tournant significatif dans les relations entre le Pentagone et la presse. Plutôt que de traiter les journalistes comme des gardiens indépendants au service de l’intérêt public, cette politique a présenté les pratiques de reportage courantes comme des risques potentiels pour la sécurité nécessitant une surveillance et un contrôle accrus.</p>
<h5 class="text-align-justify"><strong>Remodeler la presse accréditée : l’importance des choix d’accréditation</strong></h5>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Le Pentagone a également modifié la composition même de la presse accréditée. En février 2025, plusieurs organes de presse membres de longue date ont été exclus des espaces de travail dédiés au Pentagone et remplacés par <a class="external-website" title="un système de rotation des médias - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.reuters.com/world/us/trumps-pentagon-says-it-will-rotate-out-some-media-offices-2025-02-01/" target="_blank" rel="noopener"><u>un système de rotation des médias</u></a> qui a permis à de nouveaux organes d’entrer dans le bâtiment. Les responsables du Pentagone ont présenté ces changements comme un effort visant à diversifier l’accès et à élargir la participation. Pourtant, les détracteurs ont fait valoir que cette politique affaiblissait la capacité de couverture institutionnelle à un moment où un examen rigoureux des affaires militaires était plus que nécessaire.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">En mars 2026, à la suite de la publication de photographies largement diffusées prises lors d’apparitions précédentes, les photographes de presse indépendants <a class="external-website" title="ont été exclus - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.washingtonpost.com/business/2026/03/11/hegseth-press-briefings-photos-iran/" target="_blank" rel="noopener"><u>ont été exclus</u></a> des points presse du Pentagone auxquels participait Pete Hegseth. Les responsables du Pentagone ont démenti les informations selon lesquelles cette décision serait liée à un mécontentement face à une image “peu flatteuse” de Pete Hegseth.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">La photographie joue un rôle unique dans la responsabilité publique, car le journalisme visuel indépendant constitue un contre-pouvoir important face à la capacité du gouvernement à façonner sa propre image.</p>
<h5 class="text-align-justify"><strong>Restriction du contrôle : limitation de la responsabilité</strong></h5>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Tout en défendant leurs politiques restrictives en matière de presse contre des contestations judiciaires, les dirigeants du Pentagone ont également pris des mesures qui menaçaient <a class="external-website" title="l'indépendance éditoriale - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.theguardian.com/us-news/2026/jan/16/defense-department-stars-and-stripes-editorial-control?" target="_blank" rel="noopener"><u>l&rsquo;indépendance éditoriale</u></a> de <em>Stars and Stripes</em>, un journal militaire que le Congrès protège depuis longtemps contre toute ingérence directe du gouvernement. En janvier 2026, le ministère de la Défense a <a class="external-website" title="annoncé son intention - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.stripes.com/theaters/us/2026-01-15/pentagon-refocus-stars-and-stripes-content-20415816.html?" target="_blank" rel="noopener"><u>annoncé son intention</u></a> de réformer le journal. Ces mesures semblaient aller au-delà du simple financement et de la supervision du journal pour s&rsquo;étendre à un contrôle potentiel de son contenu, ce qui, selon les critiques, porterait atteinte à l&rsquo;indépendance éditoriale de longue date du journal.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Les inquiétudes se sont intensifiées en mars 2026, lorsque le Pentagone a publié <a class="external-website" title="un plan de modernisation - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.warren.senate.gov/imo/media/doc/letter_from_senators_warren_blumenthal_gallego_duckworth_on_stars_and_stripes.pdf?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener"><u>un plan de modernisation</u></a> qui renforçait le contrôle du département sur les activités du journal. Puis, en avril 2026, le Pentagone a licencié <a class="external-website" title="Jacqueline Smith, médiatrice du Stars and Stripes - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.washingtonpost.com/business/2026/04/23/stars-stripes-ombudsman-fired-pentagon/?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener"><u>Jacqueline Smith, médiatrice du </u><em><u>Stars and Stripes</u></em></a>, dont le poste avait été créé par le Congrès en 1991 pour garantir l&rsquo;indépendance éditoriale du journal.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Les restrictions imposées par le Pentagone aux journalistes reflètent <a href="https://rsf.org/fr/%C3%A9tats-unis-huit-fa%C3%A7ons-dont-donald-trump-restreint-la-libert%C3%A9-de-la-presse-au-sens-propre-du-terme" target="_blank" rel="noopener"><u>une détérioration plus générale de la liberté de la presse</u></a> sous l’administration Trump, marquée par des attaques contre les organes de presse, des poursuites judiciaires contre des journalistes, des tentatives d’influencer les décisions éditoriales et des obstacles croissants à l’accès à l’information d’intérêt public. Les conséquences sont déjà visibles dans le Classement mondial de la liberté de la presse de RSF, où les États-Unis ont chuté cette année à la <a href="https://rsf.org/fr/pays-%C3%A9tats-unis" target="_blank" rel="noopener"><u>64e place</u></a>, leur plus mauvais classement jamais enregistré.</p>
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		<title>Vous allez couvrir la Coupe du monde 2026 ? Préparez-vous à bien plus que du football !</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/vous-allez-couvrir-la-coupe-du-monde-2026-preparez-vous-a-bien-plus-que-du-football/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2026 09:49:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[La Coupe du monde de la FIFA 2026, qui se déroulera du 11 juin au 19 juillet, devrait attirer des milliers de journalistes aux États-Unis, au Mexique et au Canada pour couvrir le plus grand événement sportif mondial de l’année. À quelques jours du début du tournoi, Reporters sans frontières appelle les professionnels des médias [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><b>La Coupe du monde de la FIFA 2026, qui se déroulera du 11 juin au 19 juillet, devrait attirer des milliers de journalistes aux États-Unis, au Mexique et au Canada pour couvrir le plus grand événement sportif mondial de l’année. À quelques jours du début du tournoi, Reporters sans frontières appelle les professionnels des médias à se préparer à un environnement de travail plus complexe, marqué par une surveillance accrue, des contrôles renforcés aux frontières et des inquiétudes grandissantes quant à la liberté de la presse au Mexique et aux États-Unis.</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les États-Unis ayant atteint</span><a href="https://rsf.org/fr/pays-%C3%A9tats-unis" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;"> leur plus bas classement</span></a><span style="font-weight: 400;"> jamais enregistré dans le Classement mondial de la liberté de la presse de RSF et le </span><a href="https://rsf.org/fr/pays-mexique" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Mexique</span></a><span style="font-weight: 400;"> demeurant l’un des pays les plus dangereux pour les journalistes, les reporters qui couvriront la Coupe du monde de football 2026 doivent se préparer minutieusement, comme pour tout reportage dans un contexte sensible. Bien que le Canada soit nettement </span><a href="https://rsf.org/fr/pays-canada" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">mieux classé</span></a><span style="font-weight: 400;"> que ses co-organisateurs, les journalistes qui y couvriront des </span><a href="https://rsf.org/fr/canada-rsf-d%C3%A9nonce-larrestation-de-savanna-craig-et-les-m%C3%A9thodes-dintimidation-employ%C3%A9es-par-la"><span style="font-weight: 400;">manifestations</span></a><span style="font-weight: 400;"> et d’autres sujets nationaux sensibles devront tout de même rester vigilants face aux risques sur le terrain.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Voici quelques points importants à garder à l’esprit avant de faire vos valises. </span></p>
<h5><b>Coup d&rsquo;envoi : avant votre arrivée</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">De nombreux journalistes étrangers sont exposés à des risques avant même de quitter l&rsquo;aéroport car les autorités frontalières américaines disposent d&rsquo;un large pouvoir discrétionnaire pour refuser l&rsquo;entrée sur le territoire, procéder à des contrôles approfondis ou même placer temporairement les voyageurs en détention. En conséquence, de nombreux journalistes étrangers sont exposés à certains risques avant même leur départ, même s&rsquo;ils disposent d&rsquo;un visa en cours de validité, d&rsquo;une accréditation pour la Coupe du monde et d&rsquo;une autorisation d&rsquo;entrée ESTA.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les journalistes doivent connaître leurs droits à la frontière, informer leurs contacts au sein de leur rédaction de leurs projets de voyage et mettre en place des procédures d&rsquo;urgence en cas d&rsquo;interrogatoire ou de détention</span><span style="font-weight: 400;"> et d’identifier des contacts juridiques avant de partir. </span><span style="font-weight: 400;">Ceux qui sont connus pour couvrir des sujets sensibles tels que la politique, les migrations, les manifestations ou les relations internationales peuvent faire l’objet d’une surveillance accrue.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La compétition se déroulant dans trois pays, les journalistes doivent vérifier les règles d’entrée et de réadmission de chaque pays, ainsi que les conditions de reportage, avant de se rendre sur place. Au Mexique, les reporters pourraient avoir besoin de mesures de sécurité supplémentaires en dehors des zones urbaines principales, tandis que ceux qui couvrent des manifestations ou des incidents politiquement sensibles au Canada et surtout aux États-Unis doivent se tenir informés des </span><a href="https://www.aljazeera.com/opinions/2026/5/21/canada-is-using-its-borders-to-police-palestine-solidarity" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">pratiques</span></a><span style="font-weight: 400;"> de la police locale et de toute </span><a href="https://www.cbc.ca/news/canada/toronto/toronto-police-protest-ban-9.7139973" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">restriction </span></a><span style="font-weight: 400;">concernant les rassemblements publics.</span></p>
<h5><b>Avis de la VAR : vous pourriez faire l&rsquo;objet d&rsquo;une surveillance</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">La sécurité numérique est essentielle pour préparer un reportage. Les autorités américaines peuvent inspecter les appareils électroniques à la frontière, notamment les téléphones, les ordinateurs portables et autres gadgets, ainsi que les messages, les e-mails et l&rsquo;activité sur les réseaux sociaux. RSF recommande aux journalistes de supprimer les données sensibles de leurs appareils, de se déconnecter des comptes inutiles et de désactiver les méthodes d&rsquo;authentification biométrique telles que la reconnaissance d&#8217;empreintes digitales et faciale avant de voyager. Les reporters devraient également passer en revue leurs publications sur les réseaux sociaux, car certaines procédures de visa et d’entrée sur le territoire comportent désormais des vérifications en ligne susceptibles de donner lieu à des interrogatoires supplémentaires.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Nous vous conseillons de lire les articles au sujet de la </span><a href="https://resources.rsf.org/fr/digital-safety/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">sécurité digitale publiés sur le site Ressources de RSF</span></a><span style="font-weight: 400;">. RSF Suisse vient également de publier un guide de sécurité numérique pour les journalistes. Vous y trouverez des conseils pratiques afin de sécuriser vos appareils électroniques et d’adopter une bonne hygiène numérique.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La Coupe du monde se déroulera dans des zones urbaines étroitement surveillées, où les forces de l&rsquo;ordre peuvent recourir à des caméras de surveillance, des drones, à la reconnaissance faciale et à des technologies de localisation des téléphones lors de grands événements. Au Mexique, les journalistes couvrant des sujets tels que le </span><a href="https://rsf.org/fr/deux-attaques-par-balles-contre-des-journalistes-en-deux-jours-au-mexique-faisant-un-tu%C3%A9-des" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">crime organisé</span></a><span style="font-weight: 400;">, les migrations, la corruption ou les forces de l&rsquo;ordre en dehors du tournoi devraient mettre en place des mesures plus strictes pour protéger leurs sources, leurs communications et leurs données de localisation. Au Canada, les journalistes couvrant des manifestations ou des événements politiquement sensibles pourraient faire l&rsquo;objet d&rsquo;une </span><a href="https://www.bloomberg.com/news/articles/2026-05-26/apple-google-blast-canada-s-plan-to-expand-police-data-powers" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">surveillance numérique accrue.</span></a> <span style="font-weight: 400;">Les journalistes couvrant des manifestations en marge de la Coupe du monde doivent également se préparer à une escalade de la violence et d’éventuels heurts. Lisez les </span><a href="https://resources.rsf.org/fr/safety-tips-for-journalists-covering-protests/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">conseils de Reporters sans frontières</span></a><span style="font-weight: 400;"> à ce sujet afin de préparer au mieux la couverture de la manifestation et de réduire les risques qui y sont liés. </span></p>
<h5><b>Carton rouge : les journalistes restent une cible potentielle</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">L&rsquo;accréditation de presse vise à aider les journalistes à exercer leur métier en toute sécurité. Cependant, ces dernières années, des reporters américains ont parfois été arrêtés, placés en garde à vue, verbalisés ou entravés dans leur travail alors qu&rsquo;ils</span><a href="https://rsf.org/fr/les-attaques-contre-les-journalistes-dans-le-minnesota-concluent-la-premi%C3%A8re-ann%C3%A9e-du-second-mandat" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;"> couvraient des manifestations</span></a><span style="font-weight: 400;"> et des interventions policières, malgré la détention des accréditations requises. Compte tenu de </span><a href="https://resources.rsf.org/travel-advisory-for-journalists-ahead-of-u-s-fifa-world-cup/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">l&rsquo;intensification prévue des activités </span></a><span style="font-weight: 400;">de l&rsquo;ICE (Immigration and Customs Enforcement), notamment du risque de profilage racial et de ciblage des populations vulnérables pendant l’événement, il est vivement recommandé aux journalistes étrangers</span><b> de se munir en permanence de leurs papiers d&rsquo;identité </b><span style="font-weight: 400;">lorsqu&rsquo;ils seront sur le terrain. Les journalistes doivent également s&rsquo;assurer d&rsquo;avoir obtenu le visa approprié pour couvrir la Coupe du monde.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les journalistes couvrant les manifestations, les opérations de contrôle de l’immigration, le maintien de l’ordre et les manifestations politiquement sensibles liées à la compétition pourraient être confrontés à des tensions accrues avec les forces de l’ordre. RSF conseille aux journalistes de se familiariser avec les lois locales relatives aux rassemblements publics, à l’accréditation et aux protocoles d’interaction avec la police avant de se rendre sur le terrain.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Au Mexique, les journalistes doivent faire preuve d’une prudence particulière lorsqu’ils couvrent des événements en dehors des principales zones de compétition ou lorsque leur reportage porte sur le crime organisé, la corruption ou la politique locale. Le Mexique reste l’un des pays les plus dangereux pour les journalistes, nombre d’entre eux étant confrontés à des menaces, à des intimidations et à des violences en raison de leur travail. Les reporters internationaux devraient travailler en étroite collaboration avec des contacts locaux de confiance et éviter tout risque inutile dans des lieux qu’ils ne connaissent pas.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Au Canada, les journalistes couvrant des manifestations ou des rassemblements publics controversés pourraient se heurter à des restrictions policières, à des risques de détention ou à des mesures visant à limiter l’accès des médias à proximité des zones de sécurité et des lieux de rassemblement public. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">RSF exhorte les reporters dans les trois pays hôtes à nous signaler toute violation de la liberté de la presse pendant la Coupe du monde.</span></p>
<h5><b>Échauffements : prenez le temps de vous organiser</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">La préparation d’un journaliste ne se limite pas à réserver des billets d’avion et à préparer son matériel. Il doit communiquer son itinéraire à ses rédacteurs en chef ou à ses contacts, trouver une assistance juridique, conserver des sauvegardes cryptées de ses documents essentiels et mettre en place des plans d’intervention rapide au cas où son matériel serait confisqué ou s’il venait à être interpellé.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les journalistes voyageant aux États-Unis, au Canada et au Mexique doivent savoir que les conditions d’exercice, les pratiques policières et les systèmes d’intervention d’urgence peuvent varier considérablement d’une ville à l’autre et d’une juridiction à l’autre. Établir des contacts locaux de confiance avant leur arrivée peut aider les reporters à gérer des situations juridiques, linguistiques et sécuritaires inconnues lors d’événements qui évoluent rapidement.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">RSF encourage également les journalistes à documenter et à signaler sans délai à RSF toute violation de la liberté de la presse pendant la Coupe du monde de la FIFA 2026, y compris les entraves, les intimidations, l’usage excessif de la force, la surveillance et les détentions arbitraires.</span></p>
<h5><b>Fair-play – Sur le terrain et avec les médias</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">La Coupe du monde devrait avant tout rester une affaire de football autant qu&rsquo;un des événements sportifs les plus fédérateurs au monde. Les journalistes qui se déplacent pour couvrir le tournoi devraient pouvoir se concentrer sur le jeu et les événements qui s&rsquo;y rapportent, et non sur les risques d&rsquo;intimidation ou d&rsquo;ingérence dans l&rsquo;exercice de leur métier.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le football mérite le fair-play. Les journalistes méritent la liberté de le couvrir en toute sécurité.</span></p>
<p><b>Consultez notre site internet de ressources pour les journalistes pour plus d&rsquo;informations</b><a href="https://resources.rsf.org/fr/" target="_blank" rel="noopener"><b> ici</b></a><b>, et contactez RSF à l&rsquo;adresse </b><a href="mailto:worldcup@rsf.org" target="_blank" rel="noopener"><b>worldcup@rsf.org</b></a><b> si vous souhaitez signaler une violation des droits de la presse ou si vous avez besoin d&rsquo;aide.</b></p>
<p><b>Plus de ressources : </b></p>
<p><a href="https://fifa.gan-compliance.com/p/Case?locale=en-GB" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Portail de signalement</span></a><span style="font-weight: 400;"> de la </span><b>FIFA</b><span style="font-weight: 400;"> pour les infractions</span></p>
<p><a href="https://resources.rsf.org/travel-advisory-for-journalists-ahead-of-u-s-fifa-world-cup/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Conseils aux voyageurs</span></a><span style="font-weight: 400;"> de </span><b>RSF et de l&rsquo;ACLU</b></p>
<p><a href="https://freedom.press/digisec/blog/reporting-on-the-world-cup-defend-your-devices/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Conseils en matière de sécurité numérique</span></a><span style="font-weight: 400;"> de la </span><b>Freedom of the Press Foundation</b></p>
<p><a href="https://www.nlg.org/kyr-booklet/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Brochure «Know Your Risks»</span></a><span style="font-weight: 400;"> de la </span><b>National Lawyers Guild</b></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Médias aux Etats-Unis: «Les répercussions des événements actuels se feront sentir encore longtemps»</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/medias-aux-etats-unis-les-repercussions-des-evenements-actuels-se-feront-sentir-encore-longtemps/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Jun 2026 14:29:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans le classement mondial de la liberté de la presse publié cette année par RSF, les États-Unis atteignent un nouveau plus bas historique, comme en 2025. Classée 64e sur 180 pays recensés, la plus ancienne démocratie du monde ne figure même plus dans le premier tiers du classement. Que cela signifie-t-il pour le journalisme dans [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><b>Dans le classement mondial de la liberté de la presse publié cette année par RSF, les États-Unis atteignent un nouveau plus bas historique, comme en 2025. Classée 64e sur 180 pays recensés, la plus ancienne démocratie du monde ne figure même plus dans le premier tiers du classement. Que cela signifie-t-il pour le journalisme dans ce pays ? Le journaliste américain Gabe Bullard, qui vit en Suisse depuis 2023, nous donne son point de vue.</b></p>
<p><b>On observe depuis des années un recul de la liberté de la presse aux États-Unis, et ce bien avant l&rsquo;arrivée de Trump. Que pensez-vous de cette évolution ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ce qui m&rsquo;inquiète, c&rsquo;est que les médias américains ne s&rsquo;opposent pas suffisamment, de concert, aux mesures et restrictions que Trump impose au journalisme dans le pays. L&rsquo;accès au Pentagone a été rendu plus difficile, notamment parce que de nombreux médias se sont opposés – à juste titre – aux nouvelles exigences. De plus, le pool de presse entourant Trump a été profondément remanié. Mais lorsque Trump insulte une fois de plus les médias lors d’une de ses nombreuses conférences de presse, les journalistes présents l’acceptent généralement sans broncher. Ils ne s’opposent pas assez, ni de manière suffisamment collective, à cette attitude hostile à la presse. Cela m’inquiète, même en tant qu’observateur de loin. À cela s’ajoute la situation économique très difficile, qui fait que les médias disposent de moins de moyens et ont tendance à se plier plus facilement ou à prendre moins de risques dans leur couverture médiatique.</span></p>
<p><b>Que voulez-vous dire par là ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">De plus en plus de rédactions se concentrent sur des sujets déjà très en vogue, pour lesquels elles peuvent plus facilement anticiper l’intérêt qu’ils susciteront auprès du public. Par ailleurs, elles ont largement structuré leur modèle économique autour des plateformes numériques – parfois encore davantage aux États-Unis qu’en Europe – et veillent à diffuser leurs contenus de manière à favoriser leur mise en avant par les algorithmes. On pourrait presque parler d’une capitulation face aux réseaux sociaux : les rédactions produisent souvent des articles plus courts, des vidéos plus dynamiques, verticales et optimisées pour les</span> <span style="font-weight: 400;">appareils mobiles, dans le but de ne pas perdre leur audience.</span></p>
<p><b>Et cela fonctionne-t-il ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pas vraiment. Les contenus optimisés pour mobiles et les vidéos verticales ne suffisent pas à eux seuls. N’oublions pas que la pression est déjà forte. L’administration Trump entrave régulièrement le travail de la presse et l’hostilité à l’égard des médias est importante. Selon moi, cela contribue à ce que davantage de personnes se détournent de l’actualité. Par ailleurs, depuis des années, on observe chez de nombreux responsables publics et politiques une tendance à nier leurs agissements fautifs ou à les qualifier de « fake news ». Ce qui, autrefois, aurait provoqué un scandale, voire une démission, est aujourd’hui rapidement oublié. Les médias perdent ainsi leur fonction de contre-pouvoir. Une vidéo verticale optimisée pour mobile ne peut, à elle seule, résoudre ce problème.</span></p>
<p><strong>Depuis 2023, vous vivez en Suisse et travaillez depuis ici comme journaliste indépendant. Auparavant, vous avez couvert l’actualité locale et nationale pour diverses rédactions américaines, notamment pour des stations de radio publiques. Pourriez-vous aujourd’hui encore exercer ce travail aux États-Unis comme vous le faisiez à l’époque ?</strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Oui et non. Certains postes que j’ai occupés par le passé n’existent tout simplement plus aujourd’hui, supprimés à la suite de coupes budgétaires drastiques. Certaines émissions de radio pour lesquelles je travaillais se sont tournées vers les réseaux sociaux, dans l’espoir d’élargir leur audience – avec un succès mitigé. Parallèlement, j’ai aussi travaillé dans le journalisme local, notamment dans le Kentucky. On y voit émerger de nouveaux projets passionnants. Mais la pression reste évidemment très forte. Cela dit, lorsqu’il y a de nouvelles initiatives dans le paysage médiatique américain, elles apparaissent surtout au niveau local. C’est aussi là que la demande est forte pour une information qui touche directement la population. Et il ne s’agit pas toujours des derniers tweets de Trump et de son administration, mais bien d’évolutions concrètes et locales.</span></p>
<p><b>En particulier, les stations de radio locales, organisées sur le modèle du service public, sont soumises à une pression particulièrement forte aux États-Unis.</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Lorsque je travaillais moi-même pour la radio publique, nous nous efforcions, comme d’autres stations, de réduire la part des financements fédéraux afin de diminuer la dépendance financière vis-à-vis de Washington D. C. Heureusement, cela a permis à certaines radios d’être moins fortement touchées par les coupes budgétaires décidées par Trump l’an dernier. Parallèlement, certaines stations bénéficiant d’une forte demande locale ont pu enregistrer une hausse des dons privés. La question est toutefois de savoir dans quelle mesure ce type de financement est durable. Quoi qu’il en soit, les conséquences des décisions actuelles continueront de se faire sentir pendant longtemps au sein des médias publics.</span></p>
<p><b>Quelles solutions immédiates les radios locales ont-elles mises en place face à cette pression économique croissante ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Certaines stations de radio locales ont notamment fait appel à des consultants et tentent désormais de se positionner comme concurrentes des radios commerciales. Je pense que c’est une mauvaise idée, d’autant plus que cela va à l’encontre de la mission fondamentale des médias de service public. Dans la station du Kentucky où je travaillais auparavant, nous avons constaté que les radios publiques comme la nôtre ne souffraient pas de l’image de médias « élitistes » déconnectés des besoins de la population. Au contraire, la demande était bien réelle, et nous pouvions y répondre en tant que média non commercial.</span></p>
<p><strong>Ce sont des débats et des arguments similaires à ceux que nous observons également en Suisse au sujet des médias de service public.</strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Absolument. À cet égard, j’ai également suivi de près l’initiative « 200 francs ça suffit » de moitié du 8 mars et j’ai été très satisfait de son issue. Les États-Unis et la Suisse ne sont évidemment pas comparables à l’identique, mais je dirais qu’une votation similaire sur le budget des médias de service public aux États-Unis aurait probablement abouti à un résultat favorable aux médias. Mais il ne s’agit bien sûr que de suppositions. Ce que j’ai par ailleurs trouvé remarquable et habile, c’est la manière dont les opposants à l’initiative en Suisse ont fortement mobilisé des figures de la politique américaine comme Elon Musk et Donald Trump.</span></p>
<p><strong>Dans quel sens ?</strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">On sait depuis longtemps ce que Musk a fait de Twitter. Et à quel point, chez Trump et Musk, les plateformes de communication et les médias se sont mêlés à la politique. L’influence de ces personnalités sur les médias aux États-Unis est considérable, et cela comporte des risques. Dans ce contexte, il a été très habile, en amont de l’initiative, d’établir ce lien et de mettre en garde contre ces dérives.</span></p>
<p><strong>Pourquoi avez-vous quitté les États-Unis pour vous installer en Suisse en 2023, encore sous l’administration Biden ?</strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Il s’agissait avant tout de raisons personnelles. Mais déjà les années précédentes, je m’étais interrogé sur l’impact réel de mon travail, face à une pression et un stress croissants. Les médias révélaient des comportements répréhensibles de personnalités importantes et rendaient publiques certaines de leurs pratiques, mais celles-ci conservaient malgré tout leur poste. Des cas comparables auraient autrefois eu un impact bien plus fort. Dans ce contexte, 2023 a été un bon moment pour me réorienter et venir en Suisse. En tant que journaliste indépendant, je continue de m’intéresser de près aux médias, y compris aux États-Unis. Mais j’ai désormais davantage de recul pour réfléchir au fonctionnement des médias et de l’industrie médiatique, ainsi qu’à leur viabilité à long terme.</span></p>
<p><strong>Comment votre regard sur le journalisme et la liberté de la presse a-t-il évolué depuis lors ?</strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">J’ai toujours considéré une presse libre ainsi qu’un journalisme local et d’investigation comme essentiels. Si je regarde l’évolution actuelle, cette conviction n’a fait que se renforcer. Les principaux défis, notamment dans un contexte de coupes budgétaires massives, concernent avant tout le modèle économique. Les médias, aux États-Unis comme ailleurs, doivent réussir à convaincre leur public de leur pertinence – en particulier lorsqu’ils sont décriés par des responsables politiques et largement ignorés par une partie de l’opinion publique. Ils doivent expérimenter, innover, ce qui nécessite évidemment des moyens suffisants et de la créativité. Mais les stratégies commerciales toujours renouvelées – résumés par l’IA, articles encore plus courts, et autres formats similaires auxquels de nombreux médias se raccrochent – ne suffiront pas, à elles seules, à résoudre le problème.</span></p>
<h6><strong>VALENTIN RUBIN, POLICY &amp; ADVOCACY MANAGER RSF SUISSE</strong></h6>
<p>&nbsp;</p>
<h6><strong style="color: #666666;">Partagez cet article !</strong></h6>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Iran : RSF et le CPJ alertent sur la coupure d’Internet depuis plus que 80 jours utilisée pour masquer la répression contre la presse</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/iran-rsf-et-le-cpj-alertent-sur-la-coupure-dinternet-depuis-plus-que-80-jours-utilisee-pour-masquer-la-repression-contre-la-presse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 May 2026 10:50:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[Reporters sans frontières (RSF) et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) sont profondément alarmés par la coupure nationale d’Internet toujours en cours en Iran, qui prive les journalistes du pays de tout contact avec le reste du monde depuis maintenant plus que 80 jours consécutifs. Ce qui avait commencé comme une tentative de contrôle [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-chapo field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<p dir="ltr"><strong>Reporters sans frontières (RSF) et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) sont profondément alarmés par la coupure nationale d’Internet toujours en cours en Iran, qui </strong><a class="external-website" title="prive les journalistes - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://cpj.org/2026/04/how-middle-east-journalists-report-during-internet-blackouts/" target="_blank" rel="noopener"><strong><u>prive les journalistes</u></strong></a><strong> du pays de tout contact avec le reste du monde depuis maintenant plus que 80 jours consécutifs. Ce qui avait commencé comme une tentative de </strong><a class="external-website" title="contrôle de l’information - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://cpj.org/2026/02/iran-tightens-media-crackdown-with-raids-financial-pressure/" target="_blank" rel="noopener"><strong><u>contrôle de l’information</u></strong></a><strong> est devenu une attaque prolongée contre la liberté de la presse et une lutte quotidienne pour les reporters locaux qui tentent de travailler dans le pays.</strong></p>
</div>
<div class="field field--name-field-contenu-editorial field--type-entity-reference-revisions field--label-hidden field__items">
<div class="field__item">
<div class="paragraph paragraph--type--texte-riche paragraph--view-mode--default">
<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-texte-riche field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Selon le service de surveillance indépendant <a class="external-website" title="NetBlocks - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://x.com/netblocks/status/2056279162206220652" target="_blank" rel="noopener"><u>NetBlocks</u></a>, cette coupure entre désormais dans sa 12e semaine, ce qui en fait <a class="external-website" title="la plus longue et la plus sévère - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.themiddleeastuncovered.com/p/the-longest-internet-shutdown-in" target="_blank" rel="noopener"><u>la plus longue et la plus sévère</u></a> jamais enregistrée dans le pays. Le CPJ et RSF avertissent que ce rempart numérique a transformé l’Iran en un trou noir de l’information, délibérément créé par les autorités pour <a class="external-website" title="dissimuler une campagne silencieuse - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.openglobalrights.org/weaponizing-internet-shutdowns-in-iran-the-emerging-risk-of-crimes-against-humanity/" target="_blank" rel="noopener"><u>dissimuler une campagne silencieuse</u></a> et implacable visant à réduire au silence les journalistes indépendants par l’intimidation.</p>
</div>
</div>
</div>
<div class="field__item">
<div class="paragraph paragraph--type--citation paragraph--view-mode--default">
<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-texte-riche field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<blockquote>
<p dir="ltr"><em>«En coupant l’accès à Internet pendant près de trois mois, le gouvernement iranien a créé un vide opérationnel terrifiant dans lequel la presse est privée de sa défense la plus élémentaire : l’attention du public. Nous assistons à une tentative délibérée de rendre invisibles à l’extérieur du pays le harcèlement, les menaces et les arrestations arbitraires visant les journalistes locaux – et ce faisant, de priver le public de son droit fondamental à être informé.»</em></p>
<p dir="ltr"><strong>Sara Qudah</strong><br />
Directrice régionale du CPJ</p>
</blockquote>
</div>
</div>
</div>
<div class="field__item">
<div class="paragraph paragraph--type--texte-riche paragraph--view-mode--default">
<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-texte-riche field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Pour les rares reporters indépendants et rédactions qui tentent encore de travailler en Iran, le blocage de l’accès à Internet rend les reportages sûrs et fiables presque impossibles. Privés d’applications de messageries sécurisées ou même de connexion fiable, les journalistes ne peuvent ni contacter leurs sources en sécurité, ni vérifier des informations sur le terrain, ni transmettre leurs articles à l’étranger. Cette coupure ne rend pas seulement le travail plus compliqué : elle protège les autorités de toute surveillance.</p>
</div>
</div>
</div>
<div class="field__item">
<div class="paragraph paragraph--type--citation paragraph--view-mode--default">
<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-texte-riche field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<blockquote>
<p dir="ltr"><em>«Le trou noir informationnel imposé par le régime iranien étouffe le pays, ses journalistes et ses citoyens. En coupant Internet, en surveillant ce qu’il reste des activités en ligne des journalistes et en continuant de menacer les professionnels des médias, le régime plonge le pays dans l’obscurité, se protégeant de toute responsabilité. Le public iranien, tout comme la communauté internationale, ont droit à une information libre, fiable et pluraliste en provenance de ce pays. Cette coupure d’Internet constitue une attaque contre ce droit et doit être levée immédiatement.»</em></p>
<p dir="ltr"><strong>Jonathan Dagher<br />
</strong>Responsable du bureau Moyen-Orient de RSF</p>
</blockquote>
</div>
</div>
</div>
<div class="field__item">
<div class="paragraph paragraph--type--texte-riche paragraph--view-mode--default">
<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-texte-riche field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Ces derniers mois, les autorités ont discrètement arrêté, menacé et convoqué des journalistes <a class="external-website" title="à travers tout le pays - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://cpj.org/2026/03/press-freedom-violations-in-the-middle-east-during-the-iran-war/" target="_blank" rel="noopener"><u>à travers tout le pays</u></a>, sachant que ces abus passeraient <a href="https://rsf.org/fr/guerre-en-iran-acc%C3%A8s-restreint-%C3%A0-l-information-reporters-sous-les-bombes-le-journalisme-face-%C3%A0-la" target="_blank" rel="noopener"><u>inaperçus et ne seraient pas signalés</u></a>. En privant la population d’accès à Internet, le gouvernement a réduit les citoyens au rôle de simples observateurs de leur propre pays, tout en retirant aux journalistes leur seule véritable protection : l’attention du public et le soutien international.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Avec cette <a href="https://rsf.org/fr/black-out-m%C3%A9diatique-en-iran-au-moins-un-m%C3%A9dia-suspendu-et-aucun-signal-des-autres-r%C3%A9dactions" target="_blank" rel="noopener"><u>coupure</u></a> d’Internet, il est extrêmement difficile de savoir ce qu’il se passe pour les organisations internationales de défense de la liberté de la presse. Pour le CPJ comme pour RSF, confirmer les arrestations, vérifier la sécurité des professionnels des médias et documenter les attaques, est devenu plus difficile que jamais.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Ce vide informationnel est particulièrement dangereux pour les <a class="external-website" title="journalistes emprisonnés - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://cpj.org/2026/03/cpj-calls-for-immediate-release-of-jailed-journalists-in-iran-amid-escalating-conflict/" target="_blank" rel="noopener"><u>journalistes emprisonnés</u></a> en Iran, tel que le journaliste irano-américain <a class="external-website" title="Reza Valizadeh - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://cpj.org/data/people/reza-valizadeh/" target="_blank" rel="noopener"><strong><u>Reza Valizadeh</u></strong></a>, toujours détenu dans la prison d’Evin à Téhéran. Avec des communications restreintes, on sait peu de choses sur leur état de santé ou leur situation judiciaire, et les organisations internationales ne peuvent pas intervenir efficacement pour les protéger.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Le CPJ et RSF appellent de toute urgence les autorités iraniennes à :</p>
<ul>
<li dir="ltr">rétablir immédiatement un accès complet à Internet dans tout le pays et lever toutes les restrictions numériques ;</li>
<li dir="ltr">mettre fin aux menaces permanentes, au harcèlement judiciaire et à la détention arbitraire des journalistes exerçant leur métier ;</li>
<li dir="ltr">libérer immédiatement tous les journalistes emprisonnés en raison de leur travail et permettre aux observateurs internationaux d’évaluer les conditions de santé et de sécurité de chaque professionnel des médias incarcéré.</li>
</ul>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Le monde ne peut rester passif et laisser l’obscurité numérique servir de couverture pour réduire la presse au silence. Le CPJ et RSF appellent les instances des Nations unies chargées des droits humains, ainsi que les gouvernements du monde entier, à demander des comptes à Téhéran pour ces violations sans précédent.</p>
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		<title>Dans les prisons d’Israël, les méthodes inhumaines de l’armée et du Shin Bet contre les journalistes de Gaza</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/dans-les-prisons-disrael-les-methodes-inhumaines-de-larmee-et-du-shin-bet-contre-les-journalistes-de-gaza/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 May 2026 10:25:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[Reporters sans frontières (RSF) a recueilli les témoignages de cinq journalistes palestiniens de Gaza incarcérés après le 7 octobre 2023 en Israël, dont le cameraman de la société de production Ain Media Alaa al-Sarraj, le chef du bureau local du journal Al-Araby Al-Jadeed Diaa al-Kahlout, le reporter de la chaîne Palestine Today Shady Abu Sedo [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><b>Reporters sans frontières (RSF) a recueilli les témoignages de cinq journalistes palestiniens de Gaza incarcérés après le 7 octobre 2023 en Israël, dont le cameraman de la société de production Ain Media Alaa al-Sarraj, le chef du bureau local du journal Al-Araby Al-Jadeed Diaa al-Kahlout, le reporter de la chaîne Palestine Today Shady Abu Sedo et le responsable local du quotidien palestinien Al-Quds Emad al-Ifranji. Ils font état d&rsquo;arrestations ciblées, d’interrogatoires liés à leur métier et de sévices cruels, aux mains de leurs geôliers israéliens. L&rsquo;organisation dénonce des actes inhumains répétés perpétrés par l’armée et l’agence de sécurité intérieure d’Israël.</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le temps où </span><b>Shady Abu Sedo</b><span style="font-weight: 400;"> réalisait des reportages paraît aujourd’hui appartenir à une autre vie. Le dernier ne remonte pourtant qu’au 18 mars 2024. Ce jour-là, le caméraman de la chaîne </span><i><span style="font-weight: 400;">Palestine Today</span></i><span style="font-weight: 400;"> est à l’hôpital Al-Shifa de Gaza pour interviewer des victimes de bombardements israéliens, déclenchés cinq mois plus tôt en riposte aux attaques de la branche armée du Hamas du 7 octobre 2023. Arrêté par des soldats après s’être identifié comme journaliste, Shady Abu Sedo est détenu, à partir de cette date, 572 jours sur la base militaire de Sde Teiman, à 30 kilomètres de la bande de Gaza dans le désert du Néguev, puis dans les prisons d’Ofer et de Ketziot-Al Naqab.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Au terme de ce gouffre d’un an et demi de torture et de privations, d’interrogatoires et de violences en partie liés à son métier, il demeure, à 36 ans, meurtri par des traumatismes et des séquelles physiques qui l’empêchent de reprendre son travail. </span><i><span style="font-weight: 400;">« Puisque tu as laissé ta caméra à l’hôpital Al-Shifa, je vais te crever l’œil »,</span></i><span style="font-weight: 400;"> lui avait annoncé l’un de ses bourreaux, en référence au lieu de son arrestation, avant de le rouer de coups au visage. Son œil droit n’a de fait pas recouvré la vue. La gale contractée en prison continue de l’assaillir et il souffre désormais d’épilepsie, d&rsquo;insomnie et d’anorexie. </span><i><span style="font-weight: 400;">« Après avoir vu les scènes auxquelles j’ai assisté, je ne peux plus rester chez moi entre quatre murs, ni regarder le ciel sans faire de crise. Si je ne prends pas de sédatifs, je me mets soudain à hurler »,</span></i><span style="font-weight: 400;"> explique le reporter rescapé, </span><a href="https://rsf.org/fr/palestine-sur-19-journalistes-d%C3%A9tenus-arbitrairement-en-deux-ans-isra%C3%ABl-en-lib%C3%A8re-seulement-trois" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">libéré le 11 octobre 2025</span></a><span style="font-weight: 400;">.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Aucun des cinq journalistes interviewés par RSF (l&rsquo;un d&rsquo;eux a requis l’anonymat par peur de représailles de la part de l’armée israélienne) n’a pu poursuivre son activité professionnelle après sa détention. Lorsqu’il ne s’agit pas de graves blessures physiques et psychologiques infligées lors de leur détention, les destructions provoquées par les bombardements de l’armée israélienne sont en cause. Après sa libération, Shady Abu Sedo n’a pas retrouvé sa maison, frappée par l’aviation israélienne. </span><i><span style="font-weight: 400;">« J’ai perdu ma maison, ma voiture et tout mon matériel de reportage d’une valeur de plus de 50 000 dollars </span></i><span style="font-weight: 400;">[environ 39 500 francs]</span><i><span style="font-weight: 400;"> »,</span></i><span style="font-weight: 400;"> détaille quant à lui </span><b>Alaa al-Sarraj</b><span style="font-weight: 400;">, détenu 692 jours du 16 novembre 2023 au 11 octobre 2025. </span><i><span style="font-weight: 400;">« Mais je peux repartir de zéro »,</span></i><span style="font-weight: 400;"> assure ce journaliste de 35 ans, employé de la société de production </span><i><span style="font-weight: 400;">Ain Media</span></i><span style="font-weight: 400;">, dont l’ensemble des archives de reportages ont été détruites et deux journalistes </span><a href="https://rsf.org/fr/guerre-isra%C3%ABl-gaza-la-liste-de-journalistes-tu%C3%A9s-dans-l-exercice-de-leurs-fonctions-en-palestine-en" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">tués</span></a><span style="font-weight: 400;"> par l’armée israélienne, tandis qu’un autre est </span><a href="https://rsf.org/fr/rsf-demande-la-lib%C3%A9ration-des-journalistes-palestiniens-d%C3%A9tenus-arbitrairement-par-les-forces-0" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">incarcéré</span></a><span style="font-weight: 400;"> et deux sont portés </span><a href="https://rsf.org/fr/disparus-le-7-octobre-2023-%C3%A0-gaza-qu-est-il-arriv%C3%A9-aux-journalistes-nidal-al-wahidi-et-haytham" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">disparus</span></a><span style="font-weight: 400;"> depuis le 7 octobre 2023.</span></p>
<h5><b>Carte de presse en main</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">Comme Shady Abu Sedo, les quatre autres professionnels de l’information interviewés par RSF témoignent avoir explicitement signifié à l’armée israélienne être journaliste – dont le travail doit être protégé en terrain de guerre selon le droit international – au moment de leur arrestation dans la bande de Gaza. Pour Alaa al-Sarraj, c’était au </span><i><span style="font-weight: 400;">check-point</span></i><span style="font-weight: 400;"> de Netzarim installé par l’armée israélienne sur la route Salah al-Din pour filtrer la population au centre du territoire assiégé. Le 16 novembre 2023, </span><i><span style="font-weight: 400;">« j’ai été interrogé sur place, j’ai attesté que j&rsquo;étais journaliste et c&rsquo;est sur cette base que j&rsquo;ai été arrêté »,</span></i><span style="font-weight: 400;"> explique-t-il.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le mois suivant, </span><b>Diaa al-Kahlout</b><span style="font-weight: 400;">, alors directeur de l’antenne gazaouie du quotidien international basé au Qatar </span><i><span style="font-weight: 400;">Al-Araby Al-Jadeed </span></i><span style="font-weight: 400;">(</span><i><span style="font-weight: 400;">The New Arab</span></i><span style="font-weight: 400;"> en anglais), brandit même sa carte de presse alors qu’il indique son métier à plusieurs reprises aux soldats israéliens qui l’interpellent violemment, le 7 décembre 2023 à Beit Lahya, au nord de la bande de Gaza. </span><i><span style="font-weight: 400;">« Peu importe »,</span></i><span style="font-weight: 400;"> aurait rétorqué d’abord l’un d’eux, avant que le journaliste se retrouve placé parmi un groupe de plusieurs centaines d’hommes captifs, dénudés et ligotés, comme en atteste </span><a href="https://www.theguardian.com/world/video/2023/dec/08/footage-palestinian-men-stripped-to-underwear-after-detention-in-gaza-video" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">une vidéo</span></a><span style="font-weight: 400;"> filmée par un soldat israélien.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Tout au long de cette interpellation puis de son transfert, le journaliste, qui avait alors 37 ans, est frappé et interrogé par les militaires qui l’encadrent, ainsi que par un officier qui dit appartenir au Shin Bet, l’agence de renseignement intérieur d’Israël. Ils le questionnent sur ses articles, ses liens supposés avec des membres du Hamas ou encore sur le propriétaire de son média. Alors qu’il tente de s’expliquer, un soldat le bâillonne avec du scotch. </span><i><span style="font-weight: 400;">« J’ai perdu tout espoir »,</span></i><span style="font-weight: 400;"> se souvient-il, à cet instant, le dernier avant d’être </span><i><span style="font-weight: 400;">« jeté dans un camion »</span></i><span style="font-weight: 400;"> et d’être conduit de force en territoire israélien.</span></p>
<h5><b>« Je te connais, t’es un journaliste »</b></h5>
<p><b>Emad al-Ifranji</b><span style="font-weight: 400;"> n’a quant à lui nul besoin de se présenter. Lorsqu’il est arrêté dans la nuit du 18 mars 2024 à l’hôpital Al-Shifa, où il se trouvait pour bénéficier d’électricité et d’une connexion Internet pour son travail, le directeur du quotidien palestinien </span><i><span style="font-weight: 400;">Al-Quds </span></i><span style="font-weight: 400;">à Gaza, aujourd’hui âgé de 57 ans, est immédiatement identifié par le soldat israélien qui l’appréhende. </span><i><span style="font-weight: 400;">« Je te connais, t’es un journaliste chevronné »,</span></i><span style="font-weight: 400;"> lui aurait dit ce dernier, selon le témoignage d’Emad al-Ifranji, qui poursuit : </span><i><span style="font-weight: 400;">« J&rsquo;ai répondu que c’était vrai, il m’a traîné brutalement hors du bâtiment des consultations externes, et c’est là qu’a commencé le voyage. »</span></i></p>
<h5><b>De Sde Teiman à Ofer, Ketziot et Nafah</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">Cette descente dans l’enfer carcéral israélien débute à l’intérieur des baraquements de Sde Teiman. </span><i><span style="font-weight: 400;">« À partir de là, tu perds ton nom pour devenir un numéro »,</span></i><span style="font-weight: 400;"> relate Emad al-Ifranji, qui sera, comme Shady Abu Sedo, détenu 572 jours. Les cinq journalistes interviewés par RSF ont été incarcérés en premier lieu sur cette base militaire du sud d’Israël, dénoncée par des organisations </span><a href="https://www.btselem.org/publications/202408_welcome_to_hell" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">israéliennes</span></a><span style="font-weight: 400;"> et </span><a href="https://www.amnesty.fr/actualites/palestiniens-et-palestiniennes-victimes-de-detention-arbitraire-et-de-torture/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">internationales</span></a><span style="font-weight: 400;"> de défense des droits humains comme un camp de torture.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">À la merci de leurs geôliers, les journalistes témoignent avoir subi violences, humiliations et privations. Leurs récits ont en commun la terreur face aux passages à tabac aléatoires alors qu’ils gardent en permanence les yeux bandés. Les fractures qui en résultent sont systématiquement laissées sans soins, entraînant des complications douloureuses et souvent irréversibles. La quantité de nourriture et les heures de sommeil autorisées les maintiennent à peine en vie pour recevoir les coups et les insultes de soldats hilares. Certains ont été témoins du meurtre de codétenus ou du viol d’un autre par un chien.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Succèdent à Sde Teiman, pour quatre des journalistes interviewés, la prison d’Ofer, à proximité de Ramallah, en Cisjordanie occupée, où une unité militaire a été établie pour les captifs de Gaza, et celle de Ketziot-Al Naqab, proche du Sinaï égyptien, précédée, dans le cas d’Alaa al-Sarraj, par celle de Nafha, au sud du Néguev. Les violations et les mauvais traitements contre les détenus y demeurent la norme. Seul Diaa al-Kahlout a été libéré au terme de 33 jours de violences et de traitements cruels et inhumains endurés sur la base militaire israélienne.</span></p>
<h5><b>Les interrogatoires d’Aman et du Shin Bet</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">Ceux qui sont ressortis de Sde Teiman parlent d’une machine à </span><i><span style="font-weight: 400;">« soumettre les hommes »</span></i><span style="font-weight: 400;">, rappelle l’un des cinq journalistes survivants. Rouage essentiel de la mécanique tortionnaire, les interrogatoires cruels qui y sont pratiqués font des journalistes des cibles distinctes. Ainsi, Shady Abu Sedo, avant d’être conduit à l’officier qui s’est acharné sur son œil droit, a été attaché des heures au </span><i><span style="font-weight: 400;">« frigo »</span></i><span style="font-weight: 400;">, une cellule de deux mètres sur un mètre équipée d’une climatisation </span><i><span style="font-weight: 400;">« qui te mord les os »</span></i><span style="font-weight: 400;">. Il a ensuite été interrogé, selon lui, par un officier d’Aman, l’agence du renseignement militaire, spécifiquement sur son travail :  a-t-il filmé au nord de la bande de Gaza ? S’y trouvait-il en reportage le 7 octobre 2023 ? Connaît-il des journalistes qui ont couvert les attaques des combattants du Hamas ? </span><i><span style="font-weight: 400;">« J’ai tué tous les journalistes, et j’ai amené ici ceux que je n’ai pas pu tuer », </span></i><span style="font-weight: 400;">conclut l’homme qui le questionne, toujours selon les souvenirs de Shady Abu Sedo, enfermé les jours suivants dans le </span><i><span style="font-weight: 400;">« disco »,</span></i><span style="font-weight: 400;"> un bâtiment de Sde Teiman conçu pour pousser les prisonniers à l’épuisement au moyen de puissantes enceintes diffusant en continu de la musique. Un autre journaliste interviewé par RSF a lui aussi été soumis à cette torture.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Si la quasi-totalité des détenus de Sde Teiman ont subi de tels interrogatoires, notamment pour être questionnés sur le sort des otages israéliens, les reporters sont soumis à </span><i><span style="font-weight: 400;">« des questions techniques qui se concentrent sur le travail journalistique dans la bande de Gaza »,</span></i><span style="font-weight: 400;"> souligne Alaa al-Sarraj. Lui a, en effet, été interrogé sur son parcours universitaire et son réseau professionnel : des médecins de l’hôpital Al-Shifa, des hommes politiques, des organisations politiques, ses confrères de Gaza. </span><i><span style="font-weight: 400;">« Ils m’ont aussi posé des questions que l’on pourrait dire de stratégie »,</span></i><span style="font-weight: 400;"> poursuit-il.</span> <span style="font-weight: 400;">À des postes de responsabilité dans leurs médias respectifs, Emad al-Ifranji et Diaa al-Kahlout ont été soumis, aux mains d’Aman et du Shin Bet, à pas moins de quatre de ces interrogatoires extrêmements violents, signe d’une attention particulière prêtée aux journalistes afin de tenter de collecter des informations jugées tactiques par les autorités israéliennes dans le cadre du conflit. En mars 2024, au cours des premières semaines de son incarcération à Sde Teiman, Emad al-Ifranji est questionné, lors de deux interrogatoires séparés d’une dizaine de jours, sur une interview qu’il a réalisée treize ans plus tôt, celle de du dirigeant du Hamas dans la bande de Gaza, Yahya Sinouar, alors recherché par l’armée israélienne qui le considère comme l’organisateur des attaques du 7 octobre 2023 et le tuera pour cela le 16 octobre 2024.</span></p>
<h5><b>Des « combattants illégaux » selon la justice israélienne</b><b><br />
</b><b></b></h5>
<p>Les juges du tribunal de Beer-Sheva ont recouvert d’un vernis légal cette incarcération prolongée de civils identifiés comme journalistes par les renseignements israéliens. Au fil d’audiences expéditives en visioconférence ou par téléphone et sans avocat, la cour du district sud d’Israël, compétente en vertu d’une loi de 2002 sur « les combattants illégaux » révisée après le 7 octobre 2023 et applicable aux milliers de captifs de Gaza, a approuvé à plusieurs reprises la poursuite de leur détention d’une durée indéterminée. <i>« Il est présumé que si un détenu correspond à la définition de journaliste, ce fait est porté à l&rsquo;attention de la cour ; toutefois, nous ne disposons d&rsquo;aucune information particulière à ce sujet »</i> assure le ministère israélien de la Justice.</p>
<p><span style="font-weight: 400;">À l’instar de son utilisation contre les journalistes, cette loi, basée sur un terme </span><i><span style="font-weight: 400;">« indéfini et donc susceptible d&rsquo;abus et incompatible avec le principe de légalité »</span></i><span style="font-weight: 400;">, selon un </span><a href="https://documents.un.org/doc/undoc/gen/g07/149/30/pdf/g0714930.pdf" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">rapport</span></a><span style="font-weight: 400;"> de l’ONU de 2007, permet de </span><i><span style="font-weight: 400;">« justifier l’arrestation de ces milliers de détenus de Gaza et leur maintien en prison pour des périodes indéfinies sur la base d’informations secrètes »,</span></i><span style="font-weight: 400;"> contextualise une avocate spécialiste du système carcéral israélien pour les Palestiniens.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Quatres soldats tiennent Emad al-Ifranji en joue, leur viseurs laser pointés sur son visage, au cours de sa première audience. Ce dont le ministère de la Justice dit n&rsquo;avoir </span><i><span style="font-weight: 400;">« aucune connaissance »</span></i><span style="font-weight: 400;">. Alors que la session dure moins de cinq minutes, Emad al-Ifranji parvient à rappeler à la cour qu’il est </span><i><span style="font-weight: 400;">« protégé en vertu du droit international et de la quatrième convention de Genève »</span></i><span style="font-weight: 400;">. </span><i><span style="font-weight: 400;">« Comment puis-je être un combattant illégal, je suis journaliste »,</span></i><span style="font-weight: 400;"> s’est défendu, de son côté, Shady Abu Sedo face à un magistrat de Beer-Sheva </span><i><span style="font-weight: 400;">via</span></i><span style="font-weight: 400;"> une webcam. La réponse a été sans appel : </span><i><span style="font-weight: 400;">« Vous appartenez à la presse palestinienne terroriste. »</span></i></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Quelques jours avant leur libération, ces journalistes ont été convoqués par le renseignement militaire israélien qui a pour procédure habituelle de soumettre les détenus à une ultime épreuve d’intimidation. Certains d’entre eux témoignent avoir été expressément mis en garde contre la reprise de leur métier.</span></p>
<blockquote><p><i><span style="font-weight: 400;">« Les faits rapportés sont accablants pour les autorités israéliennes : qu’il s’agisse de l’armée, du Shin Bet ou de la justice. Ces journalistes ont été arrêtés en connaissance de leur profession et dans certains cas en raison de celle-ci. Leur métier a justifié des interrogatoires qui relèvent de la torture au cours d’une détention arbitraire rendue légale par des juges. Ces actes répétés témoignent d’une persécution systématique des journalistes en Palestine dans le but d’empêcher la couverture médiatique des violations du droit commises par l’État israélien. RSF continue d’exiger la libération immédiate de tous les journalistes palestiniens arbitrairement détenus par Israël.»<br />
</span></i><b>Martin Roux<br />
</b><b>Responsable du bureau crises de RSF</b></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Contactée par RSF au sujet des témoignages des cinq journalistes incarcérés, l’armée israélienne se défend de </span><i><span style="font-weight: 400;">« s’en prendre intentionnellement aux journalistes »</span></i><span style="font-weight: 400;"> et, malgré l’accumulation de preuves accablantes, </span><i><span style="font-weight: 400;">« rejette les allégations concernant les mauvais traitements systématiques infligés aux détenus, notamment aux journalistes. » </span></i><span style="font-weight: 400;">Le Shin Bet n’a pas répondu aux questions de RSF.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Selon RSF, </span><a href="https://rsf.org/fr/rsf-demande-la-lib%C3%A9ration-des-journalistes-palestiniens-d%C3%A9tenus-arbitrairement-par-les-forces-0" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">19 journalistes</span></a><span style="font-weight: 400;"> palestiniens demeurent arbitrairement détenus par les autorités israéliennes. Deux d’entre eux ont été, comme les témoins cités dans cet article, capturés dans la bande de Gaza après le 7 octobre 2023 : </span><b>Hani Issa</b><span style="font-weight: 400;">, rédacteur en chef de </span><i><span style="font-weight: 400;">Quds Net</span></i><span style="font-weight: 400;">, et </span><b>Amjad Arafat</b><span style="font-weight: 400;">, reporter pour la société de production </span><i><span style="font-weight: 400;">Ain Media</span></i><span style="font-weight: 400;">. Figure du journalisme en Palestine, le grand reporter </span><b>Ali Samoudi</b><span style="font-weight: 400;">, basé à Jénine, au nord de la Cisjordanie occupée, a été libéré le 30 avril 2026 après un an d’emprisonnement injuste. Il a déclaré le jour de sa libération avoir perdu près de 60 kilos au cours de sa détention, pointant les mauvais traitements infligés par les autorités israéliennes.</span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Chine : RSF appelle le président Trump à obtenir la libération du patron de presse Jimmy Lai lors de sa visite d’État prévue cette semaine</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/chine-rsf-appelle-le-president-trump-a-obtenir-la-liberation-du-patron-de-presse-jimmy-lai-lors-de-sa-visite-detat-prevue-cette-semaine/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 May 2026 08:13:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
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					<description><![CDATA[Reporters sans frontières (RSF) exhorte le président américain Donald Trump à faire pression pour la libération du fondateur du journal indépendant aujourd’hui disparu Apple Daily, Jimmy Lai, lors de sa rencontre prévue cette semaine en Chine avec le président Xi Jinping. Jimmy Lai, qui purge la plus longue peine jamais prononcée au titre de la [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><b>Reporters sans frontières (RSF) exhorte le président américain Donald Trump à faire pression pour la libération du fondateur du journal indépendant aujourd’hui disparu Apple Daily, Jimmy Lai, lors de sa rencontre prévue cette semaine en Chine avec le président Xi Jinping. Jimmy Lai, qui purge la plus longue peine jamais prononcée au titre de la loi sur la sécurité nationale à Hong Kong, est dans un état de santé alarmant après plus de 1 950 jours derrière les barreaux.</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le président américain Donald Trump doit effectuer une visite d’État en Chine du 13 au 15 mai, la première d’un président américain en exercice depuis près d’une décennie. À plusieurs reprises, Donald Trump a déjà <a href="https://rsf.org/fr/rsf-appelle-sir-keir-starmer-et-donald-trump-%C3%A0-discuter-du-sort-du-patron-de-presse-britannique" target="_blank" rel="noopener">affirmé</a> qu’il ferait « tout ce qu’il peut pour sauver » l’emblématique patron de presse<strong> Jimmy Lai</strong>. Plus tôt cette année, il a également laissé entendre que le cas de </span><b>Jimmy Lai </b><span style="font-weight: 400;">pourrait être abordé dans le cadre de discussions commerciales plus larges entre les États-Unis et la Chine.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le 7 mai, plus de cent parlementaires américains ont adressé une <a href="https://chrissmith.house.gov/uploadedfiles/2026-05-07_scott_smith_letter_to_president_trump_re_jimmy_lai.pdf" target="_blank" rel="noopener">lettre</a> au président Trump lui demandant d’évoquer le cas de <strong>Jimmy Lai</strong>. Son fils, <strong>Sebastien Lai</strong>, a également <a href="https://www.independent.co.uk/news/world/asia/trump-china-jimmy-lai-xi-jinping-son-b2972296.html" target="_blank" rel="noopener">demandé publiquement</a> à Donald Trump de le ramener chez lui.</span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">« Les États-Unis doivent prendre des mesures urgentes et décisives pour obtenir la libération immédiate de cet homme qui a consacré sa vie à la défense de la démocratie et de la liberté de la presse. Le président Trump a répété à plusieurs reprises que la libération de <strong>Jimmy Lai</strong> était une priorité. Il faut désormais que ces paroles soient suivies d’une intervention concrète. Le monde a déjà été témoin de la mort tragique du défenseur de la liberté de la presse et prix Nobel de la paix Liu Xiaobo dans une prison chinoise, faute d’une pression internationale suffisante. Cet échec ne doit pas se répéter. <strong>Jimmy Lai</strong> ne doit pas subir le même sort. Nous appelons le président Trump à profiter de sa visite en Chine pour exiger la liberté de <strong>Jimmy Lai</strong> et obtenir son retour sans délai. »<br />
</span><b>Aleksandra Bielakowska<br />
</b><b>Responsable du plaidoyer du bureau Asie-Pacifique de RSF</b></p></blockquote>
<h5><b>20 ans de prison en raison de son travail</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">En février 2026, <strong>Jimmy Lai</strong> a été <a href="https://rsf.org/fr/la-condamnation-de-jimmy-lai-r%C3%A9v%C3%A8le-leffondrement-de-la-libert%C3%A9-de-la-presse-%C3%A0-hong-kong" target="_blank" rel="noopener">condamné</a> à 20 ans de prison – tandis que six autres employés du quotidien Apple Daily ont reçu des peines allant de six à dix ans – alors que Pékin renforçait sa répression contre la presse indépendante à Hong Kong.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Lauréat d’un prix RSF pour la liberté de la presse, <strong>Jimmy Lai</strong> est détenu depuis décembre 2020 dans des conditions particulièrement dures – notamment à l’isolement – qui ont gravement <a href="https://rsf.org/fr/proc%C3%A8s-du-patron-de-presse-britanno-hongkongais-jimmy-lai-rsf-et-72-organisations-interpellent-le" target="_blank" rel="noopener">détérioré son état de santé</a> et entraîné une importante perte de poids.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En avril 2026, le gouvernement de Hong Kong a supprimé trois entreprises liées à <strong>Jimmy Lai</strong> du registre des sociétés du territoire et a cherché à <a href="https://hongkongfp.com/2026/04/21/hong-kong-govt-applies-to-seize-hk127m-of-jailed-media-tycoon-jimmy-lais-assets/" target="_blank" rel="noopener">confisquer</a> 127 millions de dollars hongkongais d’actifs (environ 13,8 millions d’euros).</span></p>
<h5><b>La liberté de la presse au plus bas à Hong Kong</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">Depuis 2020, le gouvernement de Hong Kong a poursuivi au moins 28 journalistes, dont huit sont actuellement <a href="https://rsf.org/fr/la-condamnation-de-jimmy-lai-r%C3%A9v%C3%A8le-leffondrement-de-la-libert%C3%A9-de-la-presse-%C3%A0-hong-kong" target="_blank" rel="noopener">détenus</a>. Hong Kong occupe la 140e place sur 180 pays et territoires dans le <a href="https://rsf.org/classement" target="_blank" rel="noopener">Classement mondial de la liberté de la presse</a> 2026 de RSF, contre la 18e place il y a 20 ans.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les journalistes à Hong Kong sont systématiquement confrontés au harcèlement, à la surveillance en ligne et hors ligne, aux menaces, et au doxxing, soit la divulgation en ligne de données personnelles.</span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Colombie : RSF condamne l’assassinat de Mateo Pérez Rueda et alerte sur le silence imposé à la presse par les groupes armés en Antioquia</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/colombie-rsf-condamne-lassassinat-de-mateo-perez-rueda-et-alerte-sur-le-silence-impose-a-la-presse-par-les-groupes-armes-en-antioquia/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 May 2026 08:01:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[Reporters sans frontières (RSF) condamne l’assassinat de Mateo Pérez Rueda, directeur du média numérique El Confidente, basé à Yarumal, dans le nord de l’Antioquia. Le journaliste a été vu pour la dernière fois le 5 mai 2026, lorsqu’il s’est rendu dans une zone rurale de Briceño afin d’y réaliser un reportage dans un territoire marqué [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><b>Reporters sans frontières (RSF) condamne l’assassinat de Mateo Pérez Rueda, directeur du média numérique El Confidente, basé à Yarumal, dans le nord de l’Antioquia. Le journaliste a été vu pour la dernière fois le 5 mai 2026, lorsqu’il s’est rendu dans une zone rurale de Briceño afin d’y réaliser un reportage dans un territoire marqué par les affrontements armés. Le 8 mai, une mission humanitaire conjointe du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et du Bureau du Défenseur du peuple de Colombie a récupéré le corps du journaliste dans une zone rurale d’Antioquia, comme l’a confirmé le président Gustavo Petro sur son compte X.</b></p>
<p><b>Mateo Pérez Rueda</b><span style="font-weight: 400;">, âgé de 24 ans, dirigeait El Confidente, un média local de Yarumal qu’il avait lancé en 2021 et qui compte 4 400 abonnés sur Facebook. Ses collègues se souviennent de lui comme d’un jeune homme profondément lié à la vie culturelle de sa municipalité, actif dans l’atelier littéraire El sueño del pino, présent lors de festivals de poésie et engagé dans le reportage depuis des lieux où presque personne d’autre ne couvrait les événements.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Selon les informations recueillies par RSF, <strong>Mateo Pérez Rueda</strong> s’était rendu à Briceño pour couvrir les récents affrontements entre l’armée colombienne et le Front 36, un groupe armé composé de dissidents de l’ancienne guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). Sa disparition a été rendue publique le 6 mai. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Un jour plus tard, l’alerte institutionnelle concernant son cas confirmait qu’il s’était rendu dans la zone rurale de la municipalité pour couvrir les affrontements et soulignait la nécessité de garanties humanitaires afin de localiser le journaliste et d’apporter des réponses à sa famille. La récupération de son corps n’a été possible qu’au terme d’une mission humanitaire, mettant en évidence l’extrême difficulté d’accès au territoire. Cette opération conjointe du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et du Bureau du Défenseur du peuple de Colombie a permis de retrouver le corps du journaliste dans une zone rurale d’Antioquia, comme l’a confirmé le président Gustavo Petro sur son compte X.</span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">« RSF condamne l’assassinat de Mateo Pérez Rueda et exprime sa solidarité avec sa famille, ses collègues et la communauté de Yarumal. Ce crime ne peut pas être traité comme un simple épisode de violence supplémentaire. Un journaliste était sur le terrain pour collecter de l&rsquo;information, vérifier des faits et informer, puis il a disparu avant d’être assassiné. Tuer un reporter parce qu’il exerce son métier impose le silence à tout un territoire et prive une communauté de son droit à l’information. Les journalistes sont des civils et leur travail doit être respecté et protégé par toutes les parties au conflit. Informer ne peut jamais devenir un motif de disparition ou de mort. RSF appelle les autorités colombiennes à élucider rapidement l’assassinat du journaliste, à poursuivre tous les auteurs responsables, et à garantir la justice pour sa famille. Ce qui s’est produit à Briceño confirme que partout où le contrôle armé s’impose, le journalisme local reste exposé et les communautés deviennent de plus en plus isolées des informations dont elles ont besoin pour comprendre ce qui se passe sur leur propre territoire. »</span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><b>Artur Romeu<br />
</b><b>Directeur du bureau Amérique latine de RSF</b></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Briceño traverse une grave crise humanitaire et sécuritaire. Dans cette région, les affrontements entre groupes armés ont entraîné des homicides, des menaces, des confinements, des déplacements forcés et des restrictions à la circulation de la population civile. Dans ce contexte, la disparition puis l’assassinat de<strong> Mateo Pérez Rueda</strong> montrent à quel point le contrôle armé réduit l’espace du journalisme, expose celles et ceux qui tentent d’informer et pousse des communautés entières au silence, tout en affaiblissant leur droit de savoir ce qui se passe autour d’elles.</span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Iran : Narges Mohammadi entre la vie et la mort, l’urgence d’agir</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/iran-narges-mohammadi-entre-la-vie-et-la-mort-lurgence-dagir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 May 2026 09:04:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[Depuis sa dernière arrestation en Iran le 12 décembre 2025, la journaliste, militante des droits humains et lauréate du prix Nobel de la paix, Narges Mohammadi, se voit refuser des soins médicaux d&#8217;urgence. Reporters sans frontières (RSF), aux côtés de son avocate Chirinne Ardakani et de la Coalition Free Narges, tire la sonnette d&#8217;alarme quant [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><b>Depuis sa dernière arrestation en Iran le 12 décembre 2025, la journaliste, militante des droits humains et lauréate du prix Nobel de la paix, Narges Mohammadi, se voit refuser des soins médicaux d&rsquo;urgence. Reporters sans frontières (RSF), aux côtés de son avocate Chirinne Ardakani et de la Coalition Free Narges, tire la sonnette d&rsquo;alarme quant à son état de santé devenu critique, depuis début mai, et adresse un courrier au haut-commissaire des Nations unies aux droits de l&rsquo;homme. Elle doit être protégée sans délai.  </b></p>
<p><b>Narges Mohammadi </b><span style="font-weight: 400;">est entre la vie et la mort. Début mai, à la suite d’une détérioration rapide de l’état de santé de la journaliste détenue à la prison de Zanjan, au nord-ouest de la capitale iranienne, Téhéran, elle a été transférée dans un hôpital local. Elle a été victime d’une crise cardiaque et de plusieurs épisodes de perte de conscience. Selon ses avocats et les membres de sa famille, l&rsquo;hôpital où elle reste sous l’étroite surveillance du régime n&rsquo;est pas équipé pour répondre à ses besoins vitaux. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Un appel urgent pour la libération de Narges Mohammadi a été lancé ce mardi 5 mai lors d&rsquo;une conférence de presse organisée par Chirinne Ardakani, l&rsquo;avocate de la famille de</span> <span style="font-weight: 400;">Narges Mohammadi, aux côtés de Mona Armande, directrice du plaidoyer de la Fondation Narges Mohammadi, et des membres de la Coalition Free Narges, représentée par le responsable du bureau Moyen-Orient de RSF Jonathan Dagher.</span><i><span style="font-weight: 400;"> « Nous n&rsquo;avons jamais eu aussi peur pour la vie de Narges, elle risque à tout moment de nous quitter »</span></i><span style="font-weight: 400;">, a souligné Chirinne Ardakani.</span></p>
<blockquote><p><i><span style="font-weight: 400;">« Narges Mohammadi est en train d’être exécutée à petit feu. Le régime iranien refuse de la libérer, refuse de lui prodiguer les soins nécessaires et est directement responsable de la détérioration de son état de santé depuis son arrestation violente le 12 décembre. Il n’est pas trop tard pour agir afin de sauver la vie de Narges Mohammadi. Nous appelons la communauté internationale à utiliser tous les leviers diplomatiques, juridiques et politiques pour faire pression sur le régime iranien afin qu’il libère la lauréate du prix Nobel. RSF, aux côtés de la coalition et de l’avocate de Narges Mohammadi, a également écrit au haut-commissaire aux droits de l’homme des Nations unies, Volker Türk, pour lui expliquer la situation et lui demander de prendre des mesures urgentes afin d’assurer la sécurité de Narges Mohammadi et d’appeler à sa libération. Narges Mohammadi mérite d’être libre et en bonne santé, tout comme ses 19 consœurs et confrères actuellement détenus en Iran. »</span></i><i><span style="font-weight: 400;"><br />
</span></i><b>Jonathan Dagher</b><b><br />
</b><b>Responsable du bureau Moyen-Orient de RSF</b></p></blockquote>
<h5><b>Lire la lettre ouverte aux haut-commissaire aux droits de l’homme </b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">La journaliste, militante des droits des femmes iraniennes et des droits humains en Iran, et autrice du livre </span><i><span style="font-weight: 400;">Torture Blanche</span></i><span style="font-weight: 400;">, a été arrêtée le 12 décembre 2025, à l’issue d’une brève permission médicale, après avoir pris la parole lors des funérailles d’un militant iranien des droits humains. Selon les informations de RSF, les coups qu’elle a reçus ce jour-là ont directement contribué à la détérioration de son état de santé, les autorités iraniennes ayant refusé de lui prodiguer des soins médicaux adéquats </span><a href="https://rsf.org/fr/iran-rsf-d%C3%A9nonce-l-acharnement-du-r%C3%A9gime-contre-narges-mohammadi" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">malgré nos appels.</span></a><b></b></p>
<h5><b>L’Iran sous black-out médiatique</b></h5>
<p><b></b><span style="font-weight: 400;">L&rsquo;Iran occupe la quatrième place la plus basse (176e/180) du </span><a style="font-size: 14px;" href="https://rsf.org/classement?year=2026" target="_blank" rel="noopener">Classement mondial de la liberté de la presse</a><span style="font-weight: 400;"> 2026 </span><a style="font-size: 14px;" href="https://rsf.org/classement-2026-la-libert%C3%A9-de-la-presse-au-plus-bas-depuis-25-ans?year=2026&amp;data_type=general" target="_blank" rel="noopener">publié</a><span style="font-weight: 400;"> par RSF le 30 avril. Depuis mars 2026, avec le début de l&rsquo;offensive américano-israélienne en Iran, </span><a style="font-size: 14px;" href="https://rsf.org/fr/rsf-s-associe-%C3%A0-34-organisations-pour-demander-la-protection-urgente-des-journalistes-d%C3%A9tenus-en" target="_blank" rel="noopener">les journalistes couvrant la guerre</a><span style="font-weight: 400;"> sont soumis à des restrictions accrues. Alors qu’ils fuient leurs villes </span><a style="font-size: 14px;" href="https://rsf.org/fr/guerre-en-iran-acc%C3%A8s-restreint-%C3%A0-l-information-reporters-sous-les-bombes-le-journalisme-face-%C3%A0-la" target="_blank" rel="noopener">sous les bombes, ils continuent d&rsquo;être menacés par le régime,</a><span style="font-weight: 400;"> qui a coupé les moyens de communication de la presse indépendante. Le régime continue également de s’en prendre aux journalistes et aux médias indépendants en exil, tandis que 20 journalistes demeurent dans les prisons de la République islamique. Pour contourner la censure, </span><a style="font-size: 14px;" href="https://rsf.org/fr/black-out-m%C3%A9diatique-en-iran-rsf-lance-une-fr%C3%A9quence-radio-en-persan-avec-rfpi-pour-diffuser-une" target="_blank" rel="noopener">RSF a lancé une fréquence radio</a><span style="font-weight: 400;"> en ondes courtes avec le média iranien en exil, </span><i style="color: #666666; font-size: 14px;">Iran Wire</i></p>
<p><br style="font-weight: 400;" /><br style="font-weight: 400;" /></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>France : le député Alloncle veut transformer l’audiovisuel public en média d’État</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/france-le-depute-alloncle-veut-transformer-laudiovisuel-public-en-media-detat/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 May 2026 12:29:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[Soixante-neuf propositions qui dessinent les contours d’un projet politique qui ne dit pas son nom : l’affaiblissement et in fine la soumission de l’audiovisuel public au pouvoir politique. Mise sous tutelle du pouvoir exécutif, économies budgétaires drastiques, réduction du périmètre… Les préconisations du rapporteur de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public traduisent une volonté manifeste [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Soixante-neuf propositions qui dessinent les contours d’un projet politique qui ne dit pas son nom : l’affaiblissement et in fine la soumission de l’audiovisuel public au pouvoir politique. Mise sous tutelle du pouvoir exécutif, économies budgétaires drastiques, réduction du périmètre… Les préconisations du rapporteur de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public traduisent une volonté manifeste de nuire au service public de l’information en France. Reporters sans frontières (RSF) appelle les parlementaires à s’opposer fermement à ces orientations et à toute traduction législative et rappelle ses recommandations pour un audiovisuel public fort, indépendant et suffisamment financé.</strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Fruit d’un travail de six mois d’auditions et de rédaction porté par son rapporteur,  le député Charles Alloncle (Union des droites pour la République, </span><span style="font-weight: 400;">un parti de droite conservatrice fondé en 2024 par Éric Ciotti, issu d’une scission des Républicains</span><span style="font-weight: 400;">), et son président, Jérémie Patrier-Leitus (Horizons, </span><span style="font-weight: 400;">un parti appartenant au groupe parlementaire du président Emmanuel Macron »</span><span style="font-weight: 400;">), le rapport de la commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public dévoile ses recommandations ce mardi 5 mai.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">S’il est parfaitement légitime que la représentation nationale demande des comptes au service public de l’audiovisuel, ces travaux parlementaires ont cependant été instrumentalisés par son rapporteur, en droite ligne d’une idéologie actuellement </span><a href="https://rsf.org/fr/pour-la-sauvegarde-des-m%C3%A9dias-publics-en-europe-rsf-lance-son-rapport-pressions-sur-les-m%C3%A9dias" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">à la mode en Europe</span></a><span style="font-weight: 400;"> : la prise de contrôle, par le pouvoir politique,  des médias de service public à travers des stratégies de définancement, de réorganisation douteuse de leur gouvernance, et d’attaques calomnieuses contre leurs employés et dirigeants. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En Suisse, des critiques plus ou moins semblables ont également été relayées par les partisans de l&rsquo;initiative « 200 francs ça suffit » mais le résultat du scrutin a montré qu&rsquo;elles n&rsquo;ont pas convaincu &#8211;</span><a href="https://rsf-ch.ch/linitiative-200-francs-ca-suffit-clairement-rejetee-marque-de-confiance-dans-le-journalisme-et-le-service-public/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;"> l&rsquo;initiative a été rejetée</span></a><span style="font-weight: 400;"> par près de 62% des votants et par tous les cantons.</span><span style="font-weight: 400;"> </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Alors même que </span><a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/organes/autres-commissions/commissions-enquete/ce-audiovisuel-public" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">l’objectif affiché</span></a><span style="font-weight: 400;"> de la commission d’enquête était de « s’assurer de l’absence de tout agenda politique » dans l’audiovisuel public, d’en « vérifier l’objectivité » ou de « rechercher l’existence de potentielles collusions avec des facteurs exogènes et de conflits d’intérêts », le rapporteur propose notamment que ses dirigeants soient directement nommés par le président de la République. Une absurdité qui renvoie aux temps immémoriaux de l’ORTF (Office de radiodiffusion-télévision française), média d’État, pendant lesquels l’audiovisuel public n’était ni indépendant, ni impartial dans le traitement de l’information.</span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">« À la lecture des conclusions de la commission, la pensée profonde du rapporteur est limpide : un bon audiovisuel public est un audiovisuel public affaibli et soumis. On marche sur la tête. Comment souhaiter l’indépendance et la neutralité de l’audiovisuel public mais vouloir faire nommer ses dirigeants par le pouvoir exécutif ? Une telle commission aurait dû être l’occasion de proposer des solutions pour consolider les médias de service public, attaqués de toutes parts en Europe, via de solides garanties d’indépendance. Les conclusions du rapporteur sont en total décalage avec les enjeux réels mais à la hauteur de la tenue des auditions. RSF appelle les parlementaires à rejeter cette vision et à construire un cadre protecteur en conformité avec le règlement européen sur la liberté des médias (EMFA). »<br />
</span><b>Thibaut Bruttin<br />
</b><b>Directeur général de RSF</b></p></blockquote>
<h5><b>Sanctuariser et renforcer l’indépendance de l’audiovisuel public</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">Nomination des dirigeants de l’audiovisuel public par le président de la République et de ses principaux directeurs par le ministre de tutelle (recommandations n°19 et n°20), rattachement de la tutelle de l’audiovisuel public au Premier ministre (recommandation n°15), suppression de programmes jugés « incompatibles » avec les missions du service public parce que « militants » (recommandation n°2)&#8230; Le rapporteur préconise des recommandations qui contredisent l’indépendance éditoriale de l’audiovisuel public tel que consacré par la loi de 1986.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">A contrario, RSF rappelle la nécessité de mettre en place des garanties d’indépendance fortes dans la nomination des dirigeants de médias de service public. La participation de la société civile à la gouvernance des médias, notamment, permettrait de réduire l’influence politique sur leur gouvernance. C’est aussi ce que préconise le président de la commission d’enquête (propositions n°17 et 18).</span></p>
<h5><b>Plutôt que la neutralité stricte, c’est à un devoir d’impartialité vérifiable que doit répondre l’audiovisuel public </b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">Alors que la plupart des recommandations du rapporteur visent à aligner le statut des journalistes de l’audiovisuel public au régime de stricte neutralité imposé aux fonctionnaires de l’État, sans égard ni pour la liberté éditoriale, ni pour les obligations déontologiques existantes (recommandations n°1, 3, 6, 8), RSF rappelle l’impossible neutralité journalistique et l’indispensable obligation d’impartialité.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L’impartialité est ici entendue comme le principe de neutralité adapté à la nature du travail journalistique, soit l’obligation de traiter les sujets de manière honnête, équilibrée et en toute indépendance. Le droit européen, comme national, exige des médias de service public non pas une neutralité impossible, mais une impartialité vérifiable (pluralisme des points de vue, traitement honnête, absence de parti pris manifeste et répété). Ainsi, comme le préconise le président de la commission, l’impartialité doit être entendue comme un « principe directeur » pour l’audiovisuel public et sa définition pourrait faire l’objet d’une clarification dans la loi (proposition n°1).</span></p>
<h5><b>Stabiliser et protéger le financement de l’audiovisuel public</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">Si le rapport préconise l’adoption d’une loi de programmation pluriannuelle des financements de l’audiovisuel public, adoptée par le Parlement, comme recommandé par RSF, il vient aussi proposer un resserrement des dispositifs de contrôle financier externe et interne (recommandations n°16 et 17) et la suppression ou la fusion de chaînes ou de services de l’audiovisuel public (recommandations n°2, 38,  44, 45, 46, 52). Des coupes budgétaires déraisonnables et  contraires à la mission centrale du service public de l’audiovisuel soit, la  production d’une information fiable, indépendante et pluraliste et sa diffusion sur tout le territoire de la République. À cet effet, RSF rappelle que les médias de service public doivent bénéficier d’un financement stable et suffisant, indépendant et libre de toute ingérence politique, équitable et transparent – ainsi que le souligne justement le président de la commission (propositions n°27 et 28).</span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;">RSF n’a eu de cesse d’alerter, ces dernières années, sur les menaces qui pèsent sur l’audiovisuel public au sein de l’Union européenne, notamment à travers </span><a href="https://rsf.org/fr/pour-la-sauvegarde-des-m%C3%A9dias-publics-en-europe-rsf-lance-son-rapport-pressions-sur-les-m%C3%A9dias" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">le rapport Pressions sur les médias publics : un test décisif pour les démocraties européennes</span></a><span style="font-weight: 400;">, publié en amont de l’entrée en vigueur, le 8 août 2025, de l’article 5 de la législation européenne sur la liberté des médias (EMFA). Une mesure qui tient autant de la consécration que de la sauvegarde, et dont RSF demande l’application pleine et entière, en France comme dans tous les États membres.</span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Face à la criminalisation du journalisme, une protection juridique renforcée et des politiques pénales ambitieuses</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/face-a-la-criminalisation-du-journalisme-une-protection-juridique-renforcee-et-des-politiques-penales-ambitieuses/</link>
		
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		<pubDate>Mon, 04 May 2026 12:56:07 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[La criminalisation du journalisme constitue aujourd’hui l’une des menaces les plus sérieuses pour les démocraties selon le Classement mondial de la liberté de la presse 2026 de Reporters sans frontières (RSF). À la censure directe et aux violences physiques, vient s’ajouter l’usage détourné du droit. À travers des incriminations instrumentalisées et des procédures judiciaires abusives, [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><b>La criminalisation du journalisme constitue aujourd’hui l’une des menaces les plus sérieuses pour les démocraties selon le Classement mondial de la liberté de la presse 2026 de Reporters sans frontières (RSF). À la censure directe et aux violences physiques, vient s’ajouter l’usage détourné du droit. À travers des incriminations instrumentalisées et des procédures judiciaires abusives, l’espace de la liberté de la presse se réduit. L’enjeu est désormais clair : les États, en particulier les démocraties, doivent faire de la protection des journalistes une priorité politique et pénale, du national à l’international.</b><span style="font-weight: 400;"> </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">« La criminalisation du journalisme ne résulte pas, à l’échelle mondiale, d’un vide juridique, mais du détournement des outils existants et, le plus souvent, d’un défaut de volonté politique de le protéger. Si le droit international, attaqué de toutes parts, a perdu une partie de sa capacité protectrice, il conserve néanmoins un potentiel important. La clé réside désormais dans l’action des États, en particulier des démocraties, qui doivent faire de la protection des journalistes une priorité politique et pénale. À défaut, l’impunité et la loi du plus fort continueront de prospérer – entraînant avec elles l’érosion de la liberté de la presse et du droit à l’information. Des leviers d’action existent, ils supposent le déploiement de politiques publiques volontaristes destinées à renforcer un environnement favorable au journalisme, ainsi que de politiques pénales offensives permettant d’enquêter sur les crimes commis contre les journalistes et d’en poursuivre les auteurs. »<br />
</span><b>Antoine Bernard<br />
</b><b>Directeur du plaidoyer et de l’assistance de RSF</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Face à la criminalisation du journalisme révélée par le nouveau Classement mondial de la liberté de la presse 2026 de RSF, plusieurs leviers d’action sont identifiés dont les États démocratiques doivent s’emparer : </span></p>
<ol>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;">des poursuites pénales efficaces en droit national ;</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;">des sanctions individuelles contre ceux qui persécutent les journalistes ;</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;">des contentieux stratégiques redonnant de la substance à la liberté de la presse et au droit à l’information. </span></li>
</ol>
<p><span style="font-weight: 400;">Cela commence notamment par la lutte contre les procédures-bâillons (ou SLAPP, Strategic Lawsuits Against Public Participation) qui visent à épuiser financièrement et psychologiquement les journalistes. Les moyens de prévention de telles procédures sont connus et préconisés par exemple par le Conseil de l’Europe. Ils passent par : </span></p>
<ul>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;">l’adoption de législations applicables aux procédures abusives, y compris en matière pénale (par exemple, les plaintes abusives en diffamation relevant du pénal) ;</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;">des mécanismes de rejet rapide des plaintes qualifiables d’abusives ;</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;">la sanction des auteurs de telles procédures indues.</span></li>
</ul>
<p><span style="font-weight: 400;">Autre priorité, le renforcement des mécanismes nationaux de protection. Souvent dépourvus d’indépendance, de budget adéquat et de pouvoirs d’enquête, ainsi que mal coordonnés avec la justice, ils peinent à répondre aux attaques contre les journalistes et aux violations de leurs droits, a fortiori lorsqu’elles sont systématiques, ce que RSF a pu constater en Amérique centrale. Il s’agit dès lors de renforcer ces mécanismes : </span></p>
<ul>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;">en garantissant leur indépendance statutaire, financière et fonctionnelle ;</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;">en leur conférant des pouvoirs d’enquête et de sanction administrative ou encore la faculté de saisir les autorités judiciaires ;</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;">en les faisant rapporter annuellement sur leur activité devant le parlement.</span></li>
</ul>
<p><span style="font-weight: 400;">Sur le plan pénal, l’enjeu est tout aussi crucial : près de 90 % des crimes commis contre des journalistes restent impunis. Cette situation reflète autant un déficit de volonté politique que l’absence de stratégies pénales dédiées, y compris dans des États démocratiques. Il s’agit dès lors d&rsquo;adopter des politiques pénales : </span></p>
<ul>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;">donnant la priorité à la sanction des auteurs de crimes contre les journalistes ;</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;">prévoyant la formation spécialisée des magistrats, ce que préconise l’Unesco dans ses Lignes directrices destinées aux procureurs relatives aux crimes commis contre les journalistes ;</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;">s’articulant avec une coopération judiciaire internationale renforcée pour enquêter et poursuivre les auteurs de crimes commis contre les journalistes. </span></li>
</ul>
<p><span style="font-weight: 400;">Certaines initiatives montrent qu’une évolution est possible, parmi lesquelles : `</span></p>
<ul>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;">les 127 enquêtes préliminaires ouvertes par la justice ukrainienne à date de février 2026, depuis février 2022, sur des crimes internationaux visant des journalistes en Ukraine ;</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;">la qualification récente, par la justice française et la Cour pénale internationale (CPI), de crimes commis contre des journalistes en Syrie et au Bélarus comme des crimes contre l’humanité de persécution en raison de leur activité journalistique ;</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;">l’attention portée pour la première fois, en avril 2026, aux crimes internationaux commis contre les journalistes par le “Réseau Génocide” des procureurs de 34 États dans le cadre d’Eurojust, l’Agence de l&rsquo;Union européenne pour la coopération judiciaire en matière pénale.</span></li>
</ul>
<p><a href="https://rsf.org/fr/classement"><span style="font-weight: 400;">Découvrez le Classement mondial de la liberté de la presse.</span></a></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<item>
		<title>Le Classement mondial de la liberté de la presse au plus bas depuis sa création il y a 25 ans</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/le-classement-mondial-de-la-liberte-de-la-presse-au-plus-bas-depuis-sa-creation-il-y-a-25-ans/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Apr 2026 04:00:03 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Suisse]]></category>
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					<description><![CDATA[À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, Reporters sans frontières (RSF) publie son nouveau Classement mondial de la liberté de la presse pour 2026. Il en ressort que le score moyen de la liberté de la presse, tous pays confondus, atteint son plus bas historique. Pour la première fois depuis [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, Reporters sans frontières (RSF) publie son nouveau Classement mondial de la liberté de la presse pour 2026. Il en ressort que le score moyen de la liberté de la presse, tous pays confondus, atteint son plus bas historique. Pour la première fois depuis la création de notre classement il y a 25 ans, plus de la moitié des pays évalués se situent dans les catégories « difficile » et « très grave ». La pression juridique, qui prend souvent la forme de ce qu’on appelle le<em> lawfare</em> (« guerre juridique »), s’intensifie partout dans le monde. C’est dans une certaine mesure également le cas en Suisse, qui gagne toutefois une place au classement grâce au recul d’autres pays et malgré une situation quasi inchangée.</strong></p>
<p>La tendance observée ces dernières années concernant la situation de la liberté de la presse dans le monde se poursuit en 2026. De plus en plus de pays se retrouvent dans les deux dernières catégories du classement – « difficile » et « très grave ». Si lors de la première édition de 2002, plus de 20% de la population mondiale vivait encore dans des pays où la situation de la liberté de la presse pouvait être qualifiée de « bonne », ce chiffre n’est plus que de 1% dans la 25e édition de 2026. Parallèlement, plus de 50% de la population mondiale vit aujourd’hui dans des pays où la situation doit être considérée comme « difficile » ou « très grave ». En 2002, ce chiffre n’était que de 13%.</p>
<blockquote><p><em>« Des cinq indicateurs qui permettent de mesurer l’état de la liberté de la presse dans le monde, l’indicateur légal est celui qui baisse le plus cette année, signe d’une criminalisation croissante du journalisme. Au nom de la sécurité nationale ou de la lutte contre le terrorisme, un nombre croissant de pays poursuivent les professionnels des médias ou interdisent la couverture de sujets d’intérêt général &#8211; une tendance qui ne concerne pas que les régimes autoritaires. »<br />
</em><strong>Isabelle Cornaz, présidente de RSF Suisse</strong></p></blockquote>
<p>Dans sept pays seulement – la Norvège, les Pays-Bas, l&rsquo;Estonie, le Danemark, la Suède, la Finlande et l&rsquo;Irlande –, la situation de la liberté de la presse peut être qualifiée de « bonne » dans l&rsquo;ensemble. Comme les années précédentes, la <strong>Suisse</strong>(8e) ne figure donc pas parmi les meilleurs. Les problèmes juridiques, notamment l’application aux journalistes du secret bancaire et les mesures civiles de blocage de contenus journalistiques, pèsent trop lourdement. Le rejet de l’initiative visant à réduire de moitié la redevance radio-tv le 8 mars 2026 a certes permis d’éviter le pire, mais de nombreux médias sont toujours confrontés à une pression économique constante.</p>
<h5><strong>Nos informations détaillées</strong></h5>
<p><span style="color: #ff0000;"><strong><a style="color: #ff0000;" href="https://rsf-ch.ch/wp-content/uploads/2026/04/RSF_Communique-Global_Website_FR_2026.pdf" target="_blank" rel="noopener">Analyse globale de la liberté de la presse dans le monde en 2026</a></strong></span></p>
<p><span style="color: #ff0000;"><strong><a style="color: #ff0000;" href="https://rsf-ch.ch/wp-content/uploads/2026/04/RSF_Communique-Suisse_Website_FR_2026.pdf" target="_blank" rel="noopener">La situation en Suisse</a></strong></span></p>
<p><span style="color: #ff0000;"><strong><a style="color: #ff0000;" href="https://rsf-ch.ch/wp-content/uploads/2026/04/Carte-RSF-2026-FR.pdf" target="_blank" rel="noopener">Carte</a></strong></span></p>
<p><span style="color: #ff0000;"><strong><a style="color: #ff0000;" href="https://rsf-ch.ch/wp-content/uploads/2026/04/Tableau_Classement-RSF-2026-FR.png" target="_blank" rel="noopener">Tableau</a></strong></span></p>
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		<item>
		<title>Burundi : Sandra Muhoza définitivement libre !</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/burundi-sandra-muhoza-definitivement-libre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Apr 2026 14:00:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[La cour d’appel de Ngozi, dans le nord du Burundi, a prononcé ce 13 avril le verdict du procès de la journaliste Sandra Muhoza. Elle a été condamnée à six mois de prison ferme pour «aversion raciale» – une peine qu’elle a déjà purgée et qui lui permet donc de recouvrer sa liberté pleine et [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><b>La cour d’appel de Ngozi, dans le nord du Burundi, a prononcé ce 13 avril le verdict du procès de la journaliste Sandra Muhoza. Elle a été condamnée à six mois de prison ferme pour «aversion raciale» – une peine qu’elle a déjà purgée et qui lui permet donc de recouvrer sa liberté pleine et entière. Même si la journaliste n’aurait jamais dû passer un jour en prison et être condamnée pour avoir exercé son métier, Reporters sans frontières (RSF) est soulagée que la journaliste voit son calvaire judiciaire prendre fin.</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Jour de joie pour Sandra Muhoza. Si, la cour d’appel de Ngozi, au nord du pays, a condamné, ce 13 avril, la journaliste du média en ligne La Nova Burundi à six mois de prison ferme pour «aversion raciale», elle permet sa libération pleine et entière, deux ans jour pour jour après son arrestation. En effet, la journaliste, qui a été libérée provisoirement par le même tribunal, le 4 mars, après 685 jours de prison, a largement purgé cette peine. En outre, Sandra Muhoza a été déclarée non-coupable d&rsquo;«atteinte à l’intégrité du territoire national». </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Cette décision devrait enfin mettre un terme – sauf en cas de pourvoi en cassation – à une procédure judiciaire, fondée sur un dossier vide. </span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">«La décision rendue ce 13 avril par la cour d’appel de Ngozi doit mettre un terme au calvaire judiciaire de Sandra Muhoza, fondé sur un dossier vide. La journaliste a, pendant deux ans, servi d’exemple : comme Floriane Irangabiye avant elle, sa détention arbitraire visait à mettre au pas le reste de la corporation journalistique. RSF est soulagée que Sandra Muhoza, qui a déjà payé trop cher le prix de son journalisme, puisse enfin retrouver une liberté pleine et entière et appelle les autorités burundaises à ne pas réitérer de telles attaques liberticides contre l’information.»<br />
</span><b>Sadibou Marong<br />
</b><b>Directeur du bureau Afrique subsaharienne de RSF</b></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Arrêtée le 13 avril 2024 à Ngozi, sa commune de résidence, Sandra Muhoza était poursuivie pour avoir relayé, sur un groupe WhatsApp de journalistes, une information concernant une distribution présumée d&rsquo;armes par les autorités à des jeunes du parti au pouvoir. Elle avait été transférée à la prison centrale de Mpimba à Bujumbura cinq jours plus tard. </span></p>
<h5><b>Une procédure marathon</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">Initialement condamnée le 16 décembre 2024 à 21 mois de prison pour «atteinte à l’intégrité du territoire national» et «aversion raciale» par le tribunal de première instance de Mukaza, la cour d’appel du même parquet avait finalement annulé la procédure en juin 2025, en déclarant son incompétence territoriale pour se prononcer sur l&rsquo;affaire. Le dossier avait alors été renvoyé devant le tribunal de grande instance de Ngozi, ville de résidence de Sandra Muhoza où elle avait été arrêtée. Elle n’a pourtant pas été libérée, mais transférée à la prison pour femmes de Ngozi le 26 septembre 2025, dans le cadre d&rsquo;une seconde procédure pour les mêmes faits. La journaliste avait alors été condamnée le 13 janvier 2026 à quatre ans de servitude pénale principale, soit de la prison ferme, et à payer une amende de 200 000 francs burundais (environ 60 euros).</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Lors de son transfert, Sandra Muhoza, en béquilles, avait des difficultés pour se déplacer, conséquence de problèmes de santé survenus au dos et aux jambes durant sa détention. Depuis la fin novembre, sa santé s’est cependant améliorée grâce à un traitement médicamenteux. </span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<item>
		<title>France : la proposition de loi Yadan fait peser un risque sur l’exercice du journalisme</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/france-la-proposition-de-loi-yadan-fait-peser-un-risque-sur-lexercice-du-journalisme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Apr 2026 11:42:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[La proposition de loi visant à lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme, qui sera examinée à partir du 16 avril à l’Assemblée nationale, suscite de vives inquiétudes au regard de la liberté de la presse et de l’exercice du journalisme en France. Reporters sans frontières (RSF) appelle la représentation nationale à prendre conscience des [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><b>La proposition de loi visant à lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme, qui sera examinée à partir du 16 avril à l’Assemblée nationale, suscite de vives inquiétudes au regard de la liberté de la presse et de l’exercice du journalisme en France. Reporters sans frontières (RSF) appelle la représentation nationale à prendre conscience des risques importants que ce texte fait peser sur l’activité journalistique, en particulier du fait de dispositions larges et imprécises.</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Des préoccupations majeures pour le journalisme, en particulier sur le plan juridique, résident dans les deux premiers articles de la proposition de loi visant à lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme, qui en compte quatre. Adoptée à une courte majorité en commission des lois le 20 janvier dernier, la proposition de loi portée par la députée Caroline Yadan (Ensemble pour la République), sera examinée à partir du 16 avril en séance plénière à l’Assemblée nationale. Elle entend répondre, selon son exposé des motifs, à des manifestations contemporaines de l’antisémitisme, identifiées notamment dans l’appel à la destruction de l’État d’Israël ou dans sa comparaison avec le régime nazi.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Alors que l’article 1er vise à étendre le délit de provocation et d’apologie du terrorisme, l’article 2 crée une nouvelle incrimination d’appel à la destruction d’un État. L’introduction de notions floues dans la définition, déjà problématique, du délit d’apologie du terrorisme, telles que «implicitement» ou «banalisation outrancière», fragilise le principe de légalité et ouvre la voie à des interprétations extensives, susceptibles d’intégrer des contenus journalistiques. Dès lors, le champ des incriminations pourrait conduire à une confusion entre travail journalistique et infraction pénale, notamment dans la couverture de groupes ou de discours qualifiés de terroristes, d’analyse de leur stratégie ou de leur rhétorique, ou encore dans la diffusion d’images ou de documents de propagande à des fins d’information.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le Conseil d’État a recommandé l’intégration de l’infraction d’appel à la destruction d’un État reconnu par la République française dans la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. Une insertion, adoptée en commission, qui permet notamment de maintenir l’infraction dans le régime protecteur du droit de la presse et d’écarter l’application des techniques spéciales d’enquête propres à la matière terroriste.</span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">« Les définitions larges et imprécises des incriminations de la proposition de loi Yadan inquiètent. Certes, la réintégration de l’article 2 dans la loi de 1881, comme proposé par le Conseil d’État, constitue un élément rassurant pour les journalistes au regard des garanties procédurales et de la protection du secret des sources. Mais un risque majeur d’effet dissuasif sur le traitement journalistique de sujets sensibles demeure. Si cette proposition devait être adoptée, rien, en l&rsquo;état, n&#8217;empêcherait qu’un journaliste soit assimilé à l&rsquo;auteur des propos incriminés qu&rsquo;il rapporte. La représentation nationale doit être consciente des risques que le texte comporte pour l’exercice du journalisme et la liberté de la presse. RSF se joint aux préoccupations de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), dont elle est membre, ainsi qu’aux nombreuses voix soulignant le risque d&rsquo;atteinte disproportionnée de cette proposition à la liberté d&rsquo;expression et à la liberté de la presse. »<br />
</span><b>Thibaut Bruttin<br />
</b><b>Directeur général de RSF</b></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">La commission nationale consultative des droits à l’homme a, à plusieurs reprises, alerté sur les risques que fait peser cette proposition de loi, notamment sur la liberté d’expression. Elle appelle à en rejeter les deux premiers articles.</span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<item>
		<title>Corruption en Azerbaïdjan : la Cour suprême confirme les peines de prison iniques des journalistes d’Abzas Media</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/corruption-en-azerbaidjan-la-cour-supreme-confirme-les-peines-de-prison-iniques-des-journalistes-dabzas-media/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Apr 2026 12:30:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[Le 3 avril, la Cour suprême d’Azerbaïdjan a rejeté le pourvoi en cassation de six journalistes travaillant pour le média indépendant anti-corruption Abzas Media. Les lourdes peines de prison infligées à  Sevinj Vagifgizi, Elnara Gasimova, Ulvi Hasanli, Mahammad Kekalov, Nargiz Absalamova et Hafiz Babali sont maintenues, et tous les recours juridiques internes sont maintenant épuisés. [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><b>Le 3 avril, la Cour suprême d’Azerbaïdjan a rejeté le pourvoi en cassation de six journalistes travaillant pour le média indépendant anti-corruption Abzas Media. Les lourdes peines de prison infligées à  Sevinj Vagifgizi, Elnara Gasimova, Ulvi Hasanli, Mahammad Kekalov, Nargiz Absalamova et Hafiz Babali sont maintenues, et tous les recours juridiques internes sont maintenant épuisés. Reporters sans frontières (RSF) condamne cette décision inique, un acte manifeste de représailles contre le journalisme indépendant dans le pays.</b></p>
<p><i><span style="font-weight: 400;">«Conditions de détention inacceptables, arrestations arbitraires et procès inéquitables : dans l’affaire </span></i><span style="font-weight: 400;">Abzas Media</span><i><span style="font-weight: 400;">, les journalistes sont punis par le régime azerbaïdjanais pour avoir fait leur travail. L’impunité persistante face aux violences qu’ils ont subies en détention et le déni systématique de justice ne doivent pas être tolérés par la communauté internationale. Ces journalistes, comme tous les professionnels de l’information injustement détenus dans le pays, doivent être immédiatement libérés.»</span></i><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><b>Anne Bocandé</b><b><br />
</b><b>Directrice éditoriale de RSF</b></p>
<h5><b>De graves irrégularités procédurales</b></h5>
<p><b></b><span style="font-weight: 400;">Le 3 avril, la Cour suprême d’Azerbaïdjan a rejeté les </span><a href="https://abzas.org/en/2026/4/supreme-court-rejects-journali6797cd9f-d/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">pourvois en cassation</span></a><span style="font-weight: 400;"> des journalistes d’Abzas Media Sevinj Vagifgizi, Ulvi Hasanli, Mahammad Kekalov, Elnara Gasimova et Nargiz Absalamova et du journaliste indépendant contribuant au média Hafiz Babali. Ces recours mettaient en lumière des violations fondamentales du droit à un procès équitable tout au long de la procédure. Des organisations de défense des </span><a href="https://freevoicescollective.org/abzas-media-trials/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">droits humains</span></a><span style="font-weight: 400;"> et des </span><a href="https://abzas.org/en/2025/9/default-title21eff36a-b/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">médias en exil </span></a><span style="font-weight: 400;">ont par exemple rapporté que l’accès aux pièces du dossier pour un examen indépendant avait été refusé et que des témoignages auraient été obtenus sous la contrainte puis rétractés par la suite. Enfin, l’affaire  portée devant la Cour suprême a été divisée en trois audiences d’appel distinctes sans aucune justification. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Lors de l’audience, la défense a souligné que l’accusation n’avait présenté aucune preuve crédible pour étayer les charges de “contrebande de devises étrangères” et de “blanchiment d’argent”. Les avocats des journalistes ont réitéré qu’il n’existe aucune preuve que les journalistes aient transporté, dissimulé ou même eu connaissance des 40 000 euros retrouvés dans les locaux d’Abzas Media lors d’une perquisition policière. Le dossier repose largement sur des spéculations – notamment de prétendus liens professionnels – plutôt que sur des preuves concrètes. Des observateurs du procès ont aussi signalé des comportements humiliants envers les prévenus de la part des juges et des procureurs. En ultime recours, les journalistes prévoient de saisir la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH).</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La Cour suprême a </span><a href="https://x.com/RSF_inter/status/2041542916858916880" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">parallèlement</span></a><span style="font-weight: 400;"> rejeté le même jour l’appel du journaliste emprisonné Farid Mehralizade, collaborateur de Radio Free Europe/Radio Liberty (RFE/RL). Lui aussi est poursuivi dans le cadre de l’affaire Abzas Media, bien que lui-même et le média ont à plusieurs reprises nié tout lien professionnel.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Bien que trois journalistes n’aient pas assisté à l’audience, leurs avocats ont lu des déclarations en leur nom. La rédactrice en chef d’Abzas Media, </span><a href="https://rsf.org/fr/azerba%C3%AFdjan-la-journaliste-sevinj-vagifgizi-incarne-depuis-la-prison-la-r%C3%A9sistance-d-une-presse" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Sevinj Vagifgizi</span></a><span style="font-weight: 400;">, s’est ainsi adressée au président Ilham Aliyev : “Monsieur Aliyev, cessez de donner des instructions illégales aux tribunaux. Laissez les juges prendre des décisions indépendantes dans les affaires qu’ils traitent.” Elle a ajouté : “La personne qui a ordonné [notre condamnation] est Ilham Aliyev – dont nous avons révélé la corruption familiale.”</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le journaliste d’investigation collaborant avec Abzas Media, Hafiz Babali, présent dans la salle d’audience, a quant à lui parlé des conséquences de sa détention sur sa santé : “Je suis en détention depuis 28 mois et je n’ai pas eu accès à ma retraite pendant cette période. J’ai de sérieux problèmes de santé. Je l’utilisais pour mes soins médicaux, aujourd’hui, on m’en prive.” Tous ont </span><a href="https://rsf.org/fr/entrez-dans-la-cellule-de-sevinj-vagifgizi-action-coup-de-poing-pour-les-journalistes-d%C3%A9tenus-en" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">signalé</span></a><span style="font-weight: 400;"> des mauvais traitements, un accès insuffisant à la nourriture et aux soins médicaux, ainsi que des violences de la part du personnel pénitentiaire.</span></p>
<h5><strong>Répression systématique des médias indépendants en Azerbaïdjan</strong></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">L’affaire Abzas Media est le symbole de la </span><a href="https://rsf.org/fr/azerba%C3%AFdjan-ilham-aliev-an%C3%A9antit-les-voix-ind%C3%A9pendantes-pour-s%C3%A9curiser-son-r%C3%A9gime-dynastique" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">répression</span></a><span style="font-weight: 400;"> systématique des médias indépendants en </span><a href="https://rsf.org/fr/pays/azerba%C3%AFdjan" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Azerbaïdjan</span></a><span style="font-weight: 400;">, classé 167e sur 180 pays et territoires dans le </span><a href="https://rsf.org/classement" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Classement mondial de la liberté de la presse</span></a><span style="font-weight: 400;"> 2025 de RSF. Le média est reconnu pour ses enquêtes sur la corruption au sein de l’élite politique azerbaïdjanaise. Depuis novembre 2023, six journalistes travaillant pour Abzas Media et un autre de RFE/RL ont été arrêtés dans le cadre de cette affaire et </span><a href="https://rsf.org/fr/jusqu-%C3%A0-neuf-ans-de-prison-pour-sevinj-vagifgizi-et-ses-coll%C3%A8gues-rsf-d%C3%A9nonce-des-condamnations" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">condamnés</span></a><span style="font-weight: 400;"> à des peines allant jusqu’à neuf ans de prison. Une cour d’appel avait déjà </span><a href="https://abzas.net/en/2025/9/azerbaijani-appeal-court-uphol6a8727a4-f/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">confirmé</span></a><span style="font-weight: 400;"> ces condamnations en </span><a href="https://abzas.net/en/2025/9/azerbaijani-appeal-court-uphol6a8727a4-f/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">septembre</span></a><span style="font-weight: 400;"> 2025. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Au moins </span><a href="https://rsf.org/fr/professionnels-des-m%C3%A9dias-arbitrairement-emprisonn%C3%A9s-en-azerba%C3%AFdjan-portraits" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">25 professionnels des médias sont actuellement détenus</span></a><span style="font-weight: 400;"> – dont 24 sur la base d’accusations de “contrebande de devises étrangères”.</span></p>
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		<title>Chine : Zhang Zhan privée d’avocat face à une répression implacable</title>
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		<pubDate>Tue, 07 Apr 2026 12:18:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
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					<description><![CDATA[Reporters sans frontières (RSF) condamne les dernières mesures empêchant la journaliste Zhang Zhan d&#8217;avoir accès à un avocat et au monde extérieur. Après sa deuxième condamnation en septembre 2025 sur la base d&#8217;accusations forgées de toutes pièces, elle se voit désormais refuser le droit d&#8217;être représentée par un avocat de son choix, ce qui compromet [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><b>Reporters sans frontières (RSF) condamne les dernières mesures empêchant la journaliste Zhang Zhan d&rsquo;avoir accès à un avocat et au monde extérieur. Après sa deuxième condamnation en septembre 2025 sur la base d&rsquo;accusations forgées de toutes pièces, elle se voit désormais refuser le droit d&rsquo;être représentée par un avocat de son choix, ce qui compromet sa capacité à faire appel de cette condamnation injuste.</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Selon les informations de RSF, Zhang Zhan s’est vu refuser l’accès à un avocat la semaine dernière, ce qui l’empêche de faire appel d’un verdict injuste avec l’aide d’un conseil juridique indépendant. Le 19 septembre 2025, elle a été condamnée à quatre ans de prison pour le chef d’accusation fallacieux de «provocation de querelles et de troubles», à l’issue d’un procès à huis clos. Le verdict a été confirmé par des documents examinés par RSF. Zhang Zhan poursuit une grève de la faim partielle et a besoin de toute urgence de soins médicaux adéquats.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Des diplomates d’au moins sept pays et cinq militants qui souhaitaient suivre le procès se sont vu </span><a href="https://rsf.org/fr/nouvelle-peine-de-prison-pour-zhang-zhan-symbole-de-la-r%C3%A9pression-continue-de-la-libert%C3%A9-de-la" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">refuser l’accès</span></a><span style="font-weight: 400;"> à la salle d’audience et, dans certains cas, ont été brièvement détenus. Les demandes des avocats souhaitant la rencontrer ont été systématiquement rejetées depuis sa deuxième condamnation et ses représentants légaux font l’objet d’un harcèlement continu de la part des autorités.</span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">« Nous sommes indignés par la manière dont les autorités chinoises cherchent à intimider et à réduire au silence Zhang Zhan, une figure emblématique de la liberté de la presse en Chine. Comme si sa condamnation arbitraire ne suffisait pas, elles lui refusent désormais le droit de choisir son propre avocat, ce qui compromet encore davantage sa capacité à faire appel. Zhang Zhan devrait être reconnue comme une journaliste courageuse qui a alerté le monde sur une crise sanitaire mortelle, et non être emprisonnée alors que sa vie est en danger. Nous appelons la communauté internationale à intensifier la pression sur Pékin pour mettre fin à la persécution de Zhang Zhan, garantir sa sécurité et son accès à des soins médicaux adéquats, et assurer sa libération immédiate.<br />
</span><b>Aleksandra Bielakowska<br />
</b><b>Responsable du plaidoyer, RSF Asie-Pacifique</b></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">La lauréate du prix RSF de la liberté de la presse 2021 est </span><a href="https://rsf.org/fr/one-year-after-her-second-arrest-chinese-journalist-zhang-zhan-still-detained-without-trial" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">coupée du monde extérieur</span></a><span style="font-weight: 400;"> depuis plus d’un an, son lieu de détention et ses conditions de vie étant tenus secrets. Le jour de son procès au tribunal populaire de la nouvelle zone de Pudong à Shanghai, des diplomates d’au moins </span><a href="https://hongkongfp.com/2025/09/19/chinese-citizen-journalist-zhang-zhan-reportedly-on-trial-again/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">sept pays</span></a><span style="font-weight: 400;"> ont été empêchés d’y assister. Le 21 septembre, tant le Bureau du Haut-Commissaire aux droits de l’homme des </span><a href="https://www.ohchr.org/en/press-releases/2025/09/china-second-sentencing-zhang-zhan-deeply-disturbing" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Nations unies</span></a><span style="font-weight: 400;"> que la </span><a href="https://x.com/ExtSpoxEU/status/1969752994372878357" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Commission européenne</span></a><span style="font-weight: 400;"> ont condamné la condamnation de Zhang Zhan et appelé à sa libération immédiate et inconditionnelle.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Zhang a été </span><a href="https://rsf.org/fr/freezhangzhan-rsf-est-constern%C3%A9-par-l-acharnement-du-r%C3%A9gime-contre-la-journaliste-ind%C3%A9pendante-de" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">placée en détention</span></a><span style="font-weight: 400;"> le 28 août 2024 et incarcérée au centre de détention de Pudong. Il s’agit de sa deuxième peine de prison : elle avait été arrêtée une première fois en mai 2020 pour avoir réalisé des reportages depuis Wuhan pendant l’épidémie de COVID-19, publiant plus de 100 vidéos en ligne. </span><a href="https://rsf.org/fr/une-journaliste-chinoise-condamn%C3%A9e-%C3%A0-quatre-ans-de-prison-pour-avoir-couvert-l%C3%A9pid%C3%A9mie-de-covid-19" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Condamnée à quatre ans de prison</span></a><span style="font-weight: 400;"> en décembre de la même année, elle a failli mourir lors d’une grève de la faim menée pour protester contre les mauvais traitements subis, avant d’être libérée en mai 2024. Tout au long de sa première incarcération, RSF </span><a href="https://rsf.org/fr/chine-rsf-appelle-%C3%A0-la-lib%C3%A9ration-imm%C3%A9diate-d-une-journaliste-emprisonn%C3%A9e-de-nouveau-hospitalis%C3%A9e" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">a mené campagne pour sa libération</span></a><span style="font-weight: 400;"> et a dénoncé les mauvais traitements qu’elle subissait en prison. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La Chine, plus grande prison au monde pour les journalistes et les défenseurs de la liberté de la presse avec au moins 120 professionnels des médias actuellement derrière les barreaux, est classée 178e sur 180 pays et territoires dans le </span><a href="https://rsf.org/fr/classement-mondial-de-la-libert%C3%A9-de-la-presse-2024-le-journalisme-sous-pressions-politiques" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Classement mondial de la liberté de la presse 2025</span></a><span style="font-weight: 400;"> de RSF.</span></p>
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