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	<title>Newsletter 2025-03-FR | Reporter sans frontières</title>
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		<title>Le Conseil fédéral reporte une nouvelle fois la régulation des plateformes en Suisse</title>
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		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Apr 2025 12:31:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Newsletter 2025-03-FR]]></category>
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					<description><![CDATA[Depuis des années, une part importante de notre débat public se déroule sur Internet, en particulier sur les réseaux sociaux. Sur Facebook, Instagram, X ou Twitter, sur TikTok (Photo: Keystone-ATS). Cela a radicalement changé la manière dont nous accédons à des informations fiables. Le fait que le Conseil fédéral a repoussé à une date indéterminée [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Depuis des années, une part importante de notre débat public se déroule sur Internet, en particulier sur les réseaux sociaux. Sur Facebook, Instagram, X ou Twitter, sur TikTok <em>(Photo: Keystone-ATS)</em>. Cela a radicalement changé la manière dont nous accédons à des informations fiables. Le fait que le Conseil fédéral a repoussé à une date indéterminée son avant-projet de régulation des plateformes numériques est problématique pour au moins deux raisons.</strong></p>
<p>Une régulation minutieuse est indispensable. La Commission fédérale des médias l&rsquo;a déjà souligné en début d&rsquo;année, compte tenu du pouvoir des plateformes sur le marché et l&rsquo;opinion publique. Les réseaux sociaux exercent une influence quasi illimitée sur les flux d&rsquo;informations circulant sur leurs plateformes et déterminent, à l&rsquo;aide d&rsquo;algorithmes opaques, qui voit quoi, quand et quels contenus sont supprimés. Ils disposent ainsi d&rsquo;un pouvoir considérable pour contrôler le débat public sur Internet, et ce sans aucun contrôle démocratique ou social.</p>
<h5><strong>Les plateformes en ligne se soustraient à leurs responsabilités</strong></h5>
<p>La première raison pour laquelle cette absence de contrôle pose problème est qu&rsquo;elle rentre en contradiction avec le mode de fonctionnement des médias d’information, fondé sur un processus de négociation et de règles déontologiques strictes. Les journalistes ne peuvent pas écrire ce qu&rsquo;ils veulent. Ils doivent respecter des règles fixées, par exemple, par le Conseil suisse de la presse ou l&rsquo;Autorité indépendante d&rsquo;examen des plaintes en matière de radio-télévision.</p>
<p>Lorsque les journalistes diffusent des informations mensongères ou trompeuses ou violent les droits des personnes, ils sont réprimandés et poursuivis. Les plateformes en ligne, en revanche, n&rsquo;ont que peu ou pas de responsabilité envers le public. La désinformation et les fausses nouvelles se propagent donc rapidement et facilement sur ces canaux.</p>
<h5><strong>La transparence et la confiance en pâtissent</strong></h5>
<p>La deuxième raison pour laquelle il est important de réguler les grandes plateformes en ligne en Suisse concerne la transparence : dans leur configuration actuelle, les exploitants des grandes plateformes sont totalement opaques. Les utilisateurs n&rsquo;ont souvent d&rsquo;autre choix que d&rsquo;accepter les règles des géants des réseaux sociaux, sans pouvoir les comprendre. Les critères selon lesquels les plateformes trient et hiérarchisent leurs contenus restent flous. À part les PDG richissimes qui les dirigent, on ne sait généralement pas qui se cache derrière les plateformes. Il en va tout autrement des médias traditionnels. Ceux-ci publient généralement leurs mentions légales, leurs lignes directrices éditoriales et leur charte rédactionnelle sur leur site internet, dans un souci de transparence et de confiance. Les lecteurs doivent pouvoir savoir et comprendre qui leur fournit des informations et comment s’assurer de leur fiabilité.</p>
<p>Afin de renforcer précisément ces deux principes, à savoir la transparence et l&rsquo;instauration d&rsquo;un climat de confiance, RSF a lancé ces dernières années la <a href="https://www.journalismtrustinitiative.org/" target="_blank" rel="noopener"><em>Journalism Trust Initiative</em></a> <em>(JTI)</em>, qui vise à renforcer la confiance dans les médias et à encourager les rédactions à agir de manière plus transparente et plus ouverte envers le public. Mi-avril, RSF s&rsquo;est jointe à 190 rédactions du monde entier pour adresser <a href="https://rsf.org/fr/lettre_commune_aux_geants_technologie_jti" target="_blank" rel="noopener">une lettre ouverte aux géants de la technologie,</a> les appelant à reconnaître le journalisme comme un bien public essentiel et à intégrer la JTI dans leurs algorithmes. En effet, dans notre société, la confiance et la transparence sont essentielles à la cohésion démocratique. Sans régulation, ces valeurs s&rsquo;érodent de plus en plus sur les plateformes en ligne.</p>
<p>L&rsquo;énorme pouvoir commercial des quelques grandes plateformes s&rsquo;accompagne d&rsquo;un pouvoir d&rsquo;influence tout aussi important, surtout lorsque de plus en plus de personnes renoncent à s&rsquo;informer par les médias traditionnels. D&rsquo;un point de vue démocratique, nous devrions donc nous attacher en priorité à réduire ce pouvoir d&rsquo;influence entre les mains d&rsquo;une poignée de PDG américains du secteur des technologies. Il est plus que regrettable que le Conseil fédéral ait repoussé l’adoption de son avant-projet, pourtant annoncé de longue date, destiné à mettre un frein à cette tendance en adoptant une réglementation des plateformes, adaptée à la Suisse, surtout si, <a href="https://www.24heures.ch/conseil-federal-report-dune-reglementation-pour-apaiser-trump-198682733567" target="_blank" rel="noopener">comme l’ont rapporté les médias</a>, il s’agissait de ne pas contrarier l&rsquo;administration Trump à Washington.</p>
<p><strong>Valentin Rubin, Policy &amp; Advocacy Manager, RSF Suisse</strong></p>
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			</item>
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		<title>Indépendance, législation, éducation : les piliers suédois de la liberté de la presse</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/independance-legislation-education-les-piliers-suedois-de-la-liberte-de-la-presse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Apr 2025 12:03:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Newsletter 2025-03-FR]]></category>
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					<description><![CDATA[A quelques jours de la publication du Classement mondial de la liberté de la presse 2025 par Reporters Sans Frontières (RSF), ce vendredi 2 mai, nous tournons notre regard vers les pays qui obtiennent depuis des années des résultats supérieurs à la moyenne en matière de liberté de la presse, comme la Suède. Au cours [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>A quelques jours de la publication du Classement mondial de la liberté de la presse 2025 par Reporters Sans Frontières (RSF), ce vendredi 2 mai, nous tournons notre regard vers les pays qui obtiennent depuis des années des résultats supérieurs à la moyenne en matière de liberté de la presse, comme la Suède. Au cours des huit dernières années, ce pays scandinave s&rsquo;est toujours classé deuxième, troisième ou quatrième dans ce classement. Dans un contexte mondial où la liberté de la presse est tendue depuis des années, et à l&rsquo;approche de la publication du nouveau classement, il est essentiel de comprendre les raisons pour lesquelles la Suède obtient toujours d&rsquo;aussi bons résultats. Elle témoigne en effet d’un engagement particulier envers l’indépendance des médias. Cette position enviable s’inscrit dans un contexte où la liberté de la presse est fondamentale pour la démocratie. Nous avons interrogé Bruno Kaufmann, journaliste suisse et correspondant pour l’Europe du Nord de la chaîne de télévision suisse alémanique SRF, qui vit en Suède depuis de nombreuses années. </strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Bruno Kaufmann attribue la bonne place de la Suède « à une très longue tradition de liberté de presse et d’opinion en Suède». Il explique d’ailleurs que « la Constitution et la législation protègent ces droits fondamentaux ». Il souligne en particulier que les professionnels des médias sont «conscients de ce cadre, le revendiquent et le respectent ». D’autres facteurs contribuent également à cette situation globalement favorable, comme un « fort service public audiovisuel ainsi qu’un soutien ciblé envers les médias démocratiques ».</span></p>
<h5><b>Les bases légales ont été posées dès le 18e siècle</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">En 1766, la Suède devenait le premier pays du monde à adopter une loi sur la liberté de la presse. Cette tradition historique a encore aujourd’hui un impact durable sur les mentalités et les pratiques journalistiques.</span> <span style="font-weight: 400;">Les médias suédois sont indépendants du pouvoir politique : leurs propriétaires ne subissent pas d’ingérences des pouvoirs exécutif et législatif et, aucun politicien en fonction ne peut siéger au sein d’un conseil d’administration d’un média public ou d’une autorité de surveillance des médias.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le cadre légal suédois protège également la liberté de la presse. Les médias publics sont régulés par une commission de l’audiovisuel indépendante qui fait partie de l’Autorité suédoise de la presse et de l’audiovisuel. Un médiateur indépendant est chargé de traiter les plaintes relatives à l’éthique journalistique. La protection juridique des sources journalistiques est garantie et le principe d’accès à l’information publique est un pilier de la démocratie suédoise. En bref, la libre circulation de l’information est un droit fondamental en Suède. Bruno Kaufmann souligne également que « les professionnels des médias jouissent de droits particuliers, par exemple en matière d’accès à l’information ». </span></p>
<h5><b>Les menaces et les insultes à l’encontre des médias sont mal perçues</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">Concrètement, cette troisième place au Classement mondial signifie pour les journalistes suédois qu’ils peuvent exercer leur métier au quotidien avec davantage de libertés que dans d’autres pays. Pour beaucoup de collègues de Bruno Kaufmann, cela va de soi. Ils ne sont soumis à aucune restriction majeure et ne risquent ni corruption ni licenciement pour leurs opinions. </span><span style="font-weight: 400;">« </span><span style="font-weight: 400;">Cette liberté nécessite toutefois une vigilance constante au vu des développements actuels », estime Bruno Kaufmann. En effet, les restrictions et les agressions à l’encontre des professionnels des médias provoquent un vif émoi, de grandes protestations et exercent une forte pression politique. Il cite notamment le cas de Joakim Medin, emprisonné depuis fin mars en Turquie pour l’exercice de sa profession. En Suède même, les agressions contre les professionnels des médias sont rares. « Les menaces et les insultes à l&rsquo;encontre des professionnels des médias, par exemple de la part du chef du parti nationaliste de droite Démocrates suédois, sont toujours très mal perçues », explique Bruno Kaufmann.</span></p>
<h5><b>Un financement stable malgré la concentration croissante des médias</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">Le financement des médias en Suède prévoit un rôle de l&rsquo;État dans le soutien aux médias. Le système public de soutien aux médias, qui fête cette année son 60e anniversaire, se concentre, selon Bruno Kaufmann, à la fois </span><span style="font-weight: 400;">«</span><span style="font-weight: 400;">sur le soutien au journalisme professionnel et sur la distribution des contenus journalistiques.</span><span style="font-weight: 400;">» Dans de nombreux endroits, cette aide a longtemps contribué financièrement au maintien de plus de deux journaux dans la même commune, dans le but clair de garantir la diversité des médias au niveau local. </span><span style="font-weight: 400;">Désormais,</span> <span style="font-weight: 400;">les subventions publiques sont également accordées sans discrimination aux journaux aux opinions politiques parfois radicales, <a href="https://rsf.org/fr/pays/su%C3%A8de" target="_blank" rel="noopener">ce qui est parfois critiqué</a>. Les débats sur le contenu et le financement des médias publics sont particulièrement alimentés par un rapport parlementaire de 2024 et la volonté du parti national-conservateur </span><i><span style="font-weight: 400;">Sverigedemokraterna (Démocrates suédois)</span></i><span style="font-weight: 400;"> de les contrôler davantage. Bruno Kaufmann précise que la distribution est actuellement faite par une « autorité étatique indépendante ». </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Malgré un financement globalement stable, on observe une concentration croissante des groupes médiatiques : la grande majorité des journaux suédois (</span><i><span style="font-weight: 400;">Dagens Nyheter, Aftonbladet, TV4…</span></i><span style="font-weight: 400;">) appartiennent à une poignée de grands groupes médiatiques. Dans le domaine audiovisuel, la concentration est encore plus marquée. Le journaliste suisse Bruno Kaufmann souligne que le paysage médiatique suédois est dominé par de grands groupes médiatiques tels que « Bonnier ». « Il existe donc aussi des incertitudes dans le plus grand pays nordique. » </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Il souligne toutefois que les entreprises médiatiques suédoises ont réussi très tôt à passer du « modèle du journal papier au modèle en ligne » et à faire payer les utilisateurs pour les contenus journalistiques. « Aujourd&rsquo;hui, ce sont principalement les utilisateurs eux-mêmes qui assurent le financement de base grâce à des abonnements numériques. » Auparavant, selon Bruno Kaufmann, les recettes publicitaires dominaient encore.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Interrogé sur ce que la Suisse pourrait tirer des enseignements du modèle suédois en matière de tradition et d’ancrage de la liberté de la presse depuis 1766, Bruno Kaufmann cite trois éléments. Parmi les éléments que la Suisse pourrait adopter du modèle suédois, Bruno Kaufmann cite trois éléments.  « La forte protection de la liberté des médias, le cofinancement public des infrastructures médiatiques et une utilisation intensive des médias dans l&rsquo;enseignement de la démocratie à l&rsquo;école ».</span></p>
<h6><strong>Sophie Sager, RSF Suisse</strong></h6>
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