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	<title>2022-01-FR | Reporter sans frontières</title>
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	<description>Section suisse</description>
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		<title>L’application du secret bancaire aux journalistes: premier loupé au Parlement</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/lapplication-du-secret-bancaire-aux-journalistes-premier-loupe-au-parlement/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 May 2022 07:30:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2022-01-FR]]></category>
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					<description><![CDATA[Fin janvier, on s’en souvient, la Suisse et son secret bancaire étaient à la une des médias en Europe et ailleurs. Sous le nom de code « Suisse secrets », un consortium international de journalistes d’investigation avait révélé le contenu d’une énorme fuite dont il avait bénéficié, un fichier contenant les données d’une multitude de [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Fin janvier, on s’en souvient, la Suisse et son secret bancaire étaient à la une des médias en Europe et ailleurs. Sous le nom de code « Suisse secrets », un consortium international de journalistes d’investigation avait révélé le contenu d’une énorme fuite dont il avait bénéficié, un fichier contenant les données d’une multitude de clients de Credit Suisse <em>(photo Keystone-ATS)</em>, parmi lesquels nombre de potentats.</p>
<p>Les journalistes suisses de Tamedia, traditionnellement associés à ce consortium, s’étaient cette fois abstenus. La raison ? L’interdiction récente faite aux médias par la loi suisse sur les banques d’exploiter des données bancaires volées. Une interdiction qui a suscité l’incompréhension de l’ensemble des médias ayant participé à l’opération et les a amenés à adresser à la Suisse un appel au respect de la liberté de la presse.</p>
<h6>« A son profit ou au profit d’un tiers »</h6>
<p>En effet, une révision de l’article 47 de la loi sur les banques, entrée en vigueur en 2015 à la suite d’une série de vols de données de clients de la place financière suisse, punit désormais quiconque, qu’il soit banquier ou non, exploite de telles informations « à son profit ou au profit d’un tiers ». Dans sa nouvelle version, l’article 47 pourrait donc aussi s’appliquer à de journalistes exploitant des données bancaires volées pour en révéler le contenu : en 2014, à la tribune du Conseil national, le PLR appenzellois Andrea Caroni et la ministre des finances de l’époque, Eveline Widmer-Schlumpf, l’ont expressément confirmé, tout en admettant qu’une appréciation au cas par cas resterait nécessaire pour évaluer si vraiment un journaliste pouvait être sanctionné.</p>
<p>Jusque-là, une violation du secret bancaire ne pouvait être commise que par une personne astreinte au secret en raison des fonctions qu’elle exerçait au sein d’un établissement financier. Mais pour mieux lutter contre le vol de données bancaires, le Parlement a décidé d’étendre le cercle des personnes pouvant être poursuives à toutes les personnes qui utilisent des données bancaires volées, à un titre ou un autre.</p>
<h6>Echec du premier essai</h6>
<p>Lors des débats au Parlement, en 2014 quelques voix au PS avaient averti, sans être suives, que c’était une erreur, que l’application du secret bancaire aux journalistes était contraire à la liberté de la presse. Aujourd’hui, les chambres doivent se pencher à nouveau sur la question. Diverses interventions parlementaires ont en effet été déposées pour tenter de faire changer la loi. Mais le premier essai a échoué. La semaine dernière, la commission de l’économie et des redevances du Conseil national a annoncé avoir rejeté les premières propositions en ce sens. D’autres interventions parlementaires sur le même sujet sont encore en suspens, mais les discussions s&rsquo;annoncent d&rsquo;ores et déjà difficiles. Au sein de la commission précitée, la majorité estime en effet qu’il n’y a pas lieu de changer la loi. Elle craint « qu’une modification de la loi sur les banques dans le sens voulu par les propositions en question n’ouvre la voie à des accusations publiques ciblant les particuliers. » Elle note également que, « dans la pratique, aucun journaliste n’a été condamné jusqu’ici par un tribunal pour une violation de l’art. 47 de la loi sur les banques. »</p>
<p>Il n’en reste pas moins que c’était la volonté explicite du législateur de voir cette disposition s&rsquo;appliquer aux journalistes. De l’avis de notre organisation comme de celui de la Rapporteure spéciale des Nations Unies pour la liberté d’expression, Irene Khan, l&rsquo;article 47 de la loi sur les banques, dans sa forme actuelle, fait peser une menace inadmissible sur la liberté de la presse. Les médias doivent en effet rester libres de publier des informations provenant de données bancaires volées dès lors que ces informations sont véridiques et contribuent à un débat d’intérêt général, ce qui est le cas des « Suisse secrets ». RSF Suisse estime que cette façon de voir est la seule qui soit compatible avec la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme et que les lois, en Suisse, doivent s’y conformer.</p>
<h6>Vingt ou vingt-cinq ans des débats</h6>
<p>L’affaire évoque de près la saga de l’article 293 du Code pénal, qui prohibe la publication de documents officiels secrets. Il aura fallu vingt ou vingt-cinq ans de débat d’experts, d’interventions au Parlement, de décisions des tribunaux ainsi que plusieurs jugements de la Cour européenne des droits de l’homme pour que les chambres fédérales admettent qu’une application pure et simple de cet article aux journalistes n’était pas défendable et qu’il fallait donc le réviser. Et encore, tous les problèmes ne sont pas résolus puisqu’il appartient désormais aux juges d’évaluer au cas par cas l’intérêt public à la révélation d’un document secret avant de poursuivre un journaliste, une approche qui laisse subsister une part non négligeable d’incertitude et donc de risque pour les journalistes.</p>
<p>Pour notre organisation, il est nécessaire d’éviter cet écueil et d’exclure purement et simplement toute application de l’article 47 de la la loi sur les banques aux médias. C’est ce que prévoit en particulier <a href="https://www.parlament.ch/fr/ratsbetrieb/suche-curia-vista/geschaeft?AffairId=20220421">l’initiative parlementaire déposée par le Vert vaudois Raphaël Mahaim</a>. Quant à savoir si une telle proposition peut trouver une majorité au Parlement et si elle a une chance de voir le jour, ce sera une autre histoire…</p>
<h6>Denis Masmejan, secrétaire général de RSF Suisse</h6>
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		<title>Du nouveau à SWI swissinfo.ch, entre certification JTI et guerre en Ukraine</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/du-nouveau-a-swi-swissinfo-ch-entre-certification-jti-et-guerre-en-ukraine/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 May 2022 07:29:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2022-01-FR]]></category>
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					<description><![CDATA[Larissa M. Bieler est directrice et rédactrice en chef de SWI swissinfo.ch (photo Keystone-ATS). Elle explique ce que signifie pour son média la certification selon les normes de la Journalism Trust Initiative (JTI), une initiative lancée par RSF. Et elle précise les conséquences de la guerre en Ukraine et du durcissement des lois sur les [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Larissa M. Bieler est directrice et rédactrice en chef de SWI swissinfo.ch <em>(photo Keystone-ATS)</em>. Elle explique ce que signifie pour son média la certification selon les normes de la Journalism Trust Initiative (JTI), une initiative lancée par RSF. Et elle précise les conséquences de la guerre en Ukraine et du durcissement des lois sur les médias en Russie pour la plateforme russophone de SWI swissinfo.ch.</p>
<p><strong><a href="https://www.swissinfo.ch/ger">&#8211; SWI swissinfo.ch</a> est le premier média de Suisse à avoir obtenu le <a href="https://rsf-ch.ch/de/swissinfo-pionnier-de-la-certification-jti-journalism-trust-initiative-lancee-par-rsf-2/">label « Journalism Trust Initiative » (JTI)</a>. Pourquoi avez-vous pris cette décision ?</strong></p>
<p><strong>&#8211; Larissa M. Bieler:</strong> L&rsquo;une des plus grandes attentes des jeunes vis-à-vis des médias est que la qualité puisse être rapidement identifiée et distinguée des fake news. C&rsquo;est ce que montrent diverses études, et c&rsquo;est aussi ce qu’a révélé un sondage réalisé par la SSR. La JTI est plus qu&rsquo;un simple label de qualité. Il s’agit aussi de rendre les fake news plus rapidement identifiables par les êtres humains et les machines, en coopération avec les entreprises technologiques. En d&rsquo;autres mots, le journalisme digne de confiance doit se différencier plus clairement des fake news et la JTI rend cela possible. Pour la première fois, des normes de qualité internationales ont été créées, mettant la transparence au coeur des préoccupations. L&rsquo;initiative est nouvelle et a été <a href="https://rsf.org/fr/journalism-trust-initiative" target="_blank" rel="noopener">lancée par Reporters sans frontières (RSF)</a> avec ses partenaires, notamment <a href="https://www.afp.com/en/agency/press-releases-newsletter/afp-joins-rsf-initiative-combat-disinformation-and-distinguish-trustworthy-media" target="_blank" rel="noopener">l&rsquo;Agence France-Presse (AFP)</a> et l&rsquo;<a href="https://www.ebu.ch/news/2021/05/ebu-supports-public-launch-of-journalism-trust-initiative-and-the-push-for-greater-media-transparency" target="_blank" rel="noopener">Union européenne de radio-télévision (UER)</a>.</p>
<p><strong>&#8211; L&rsquo;introduction des normes JTI a-t-elle été difficile pour votre médias ? A-t-elle induit de grands changements?</strong></p>
<p>&#8211; Il n&rsquo;y a pas eu de changements dans les flux de travail, nos processus de qualité internes se déroulent déjà à plusieurs niveaux. Mais nous devions être plus transparents, par exemple en donnant plus d&rsquo;informations sur notre organisation et en rendant nos normes de qualité transparentes. Les candidats à la certification doivent se soumettre à un contrôle externe complexe et détaillé. C&rsquo;est un processus précieux. Nous avons également pu affiner ou compléter les directives et espérons que le plus grand nombre possible de médias nous imiteront, afin que la désinformation soit de plus en plus déclassée par les moteurs de recherche. Pour les utilisateurs, la valeur ajoutée réside également dans la standardisation de la qualité journalistique, qui devient plus explicite.</p>
<p><strong>&#8211; Y a-t-il des conseils importants que vous pouvez donner à d&rsquo;autres médias qui s&rsquo;intéresseraient au label JTI ?</strong></p>
<p>&#8211; Chaque média, aussi petit soit-il, a la possibilité de mettre la JTI en œuvre et de soutenir ainsi la lutte contre les fake news.</p>
<p><strong>&#8211; Comment la rédaction de Swissinfo a-t-elle réagi ? Quel impact sur le travail quotidien?</strong></p>
<p>&#8211; SWI swissinfo.ch est fier d&rsquo;être le premier média suisse à avoir obtenu le certificat JTI. La procédure devra être répétée tous les deux ans, pour d’évidentes raisons: la production journalistique sera à nouveau soumise à un examen approfondi et peut ainsi être maintenue à un niveau qualitatif élevé. Ce n&rsquo;est toutefois pas la qualité des contenus individuels qui est contrôlée, mais celle des processus et des flux de travail.</p>
<p><strong>&#8211; Y a-t-il autre chose en rapport avec le label JTI qui soit important pour SWI swissinfo.ch ?</strong></p>
<p>&#8211; Outre les critères de JTI, nous travaillons avec des processus internes complexes et nous adoptons une attitude et une éthique de travail respectant des critères de diligence ainsi que les lignes directrices éthiques et journalistiques. En tant que prestataire de service public, nous nous conformons aux critères de qualité de la SSR et misons sur la pertinence, le professionnalisme, l&rsquo;indépendance, la diversité et l&rsquo;accessibilité. La production de SWI <a href="http://swissinfo.ch/">swissinfo.ch</a> est le fruit du travail d’une équipe multinationale, multiculturelle et multilingue qui conçoit, contextualise et adapte des contenus en dix langues pour les publics les plus divers.</p>
<p><strong>&#8211; SWI swissinfo.ch propose également un service en russe. Apparemment, le nombre de personnes qui l&rsquo;utilisent a fortement augmenté depuis la guerre en Ukraine. A quel point ?</strong></p>
<p>&#8211; Après le début de la guerre en Ukraine, l&rsquo;utilisation de la plateforme russophone de SWI swissinfo.ch a plus que triplé. Alors que nous avions jusqu&rsquo;ici environ 50’000 utilisateurs par semaine, nous en avons compté près de 180’000 durant la deuxième semaine de mars. Nous en sommes maintenant à un peu plus de 110’000, soit deux fois plus que d&rsquo;habitude.</p>
<p>La majorité, 27 %, proviennent d&rsquo;Ukraine. 23 % des visites proviennent d&rsquo;utilisateurs russes. La Suisse représente 16 % des visites, 4 % supplémentaires proviennent de Pologne et d&rsquo;Allemagne. Sur notre principal canal de médias sociaux, V-Kontakte, nous avons environ 23’000 followers. Sur cette plateforme, neuf utilisateurs sur dix viennent de Russie. Sur notre page Facebook en russe, nous avons atteint 74’000 followers. Sur Twitter, nous avons 1600 followers et sur Instagram 5000.</p>
<p>Les offres en russe, si elles n&rsquo;ont pas été créées directement en russe, sont adaptées au public cible russophone. Donc, la contextualisation et le classement tiennent compte des particularités culturelles, politiques et linguistiques du groupe cible. SWI swissinfo.ch propose régulièrement des débats multilingues sur des thèmes spécifiques – ceci également pour le public russophone. Ceux-ci sont automatiquement traduits dans les dix langues et affichés dans la langue préférée du lectorat. Pour les russophones, c&rsquo;est une bonne occasion d&rsquo;échanger avec des personnes du monde entier et de partager leur perspective.</p>
<p><strong>&#8211; Par quels moyens/vecteurs les Russes accèdent-ils à SWI swissinfo.ch ?</strong></p>
<p>&#8211; Nos pages sont toujours accessibles en Russie. Par le biais de V-Kontakte VK, la plateforme de médias sociaux numéro 1 en Russie, SWI swissinfo.ch atteint en outre environ 23&rsquo;000 utilisateurs.</p>
<p><strong>&#8211; En Russie, les médias indépendants ont dû fermer leurs portes, l&rsquo;accès aux réseaux sociaux a été coupé et les médias restants sont menacés de sanctions drastiques pour « diffusion de fausses informations ». Les médias ne peuvent plus utiliser certains termes ; ils doivent écrire ou parler d&rsquo;une « opération spéciale » en Ukraine au lieu de « guerre » ou d' »invasion » de l&rsquo;Ukraine. Cela a-t-il des conséquences pour le service russe de SWI swissinfo.ch ? Les textes diffusés par exemple via le réseau russe V-Kontakte VK doivent-ils être adaptés ?</strong></p>
<p>&#8211; Non, SWI swissinfo.ch ne doit pas adapter ses textes, nous sommes indépendants sur le plan journalistique. Nous n&rsquo;évaluons pas et n&rsquo;intervenons pas, nous ne menons pas de guerre de l&rsquo;information, avec notre journalisme nous offrons une perspective suisse sur la guerre. Au sein de la rédaction en chef, nous nous sommes mis d&rsquo;accord sur le langage à utiliser et nous évitons les termes qui rabaissent la gravité de la situation, comme « conflit » ou « crise ». Et nous n&rsquo;utilisons pas la rhétorique russe. En conséquence, nous ne parlons pas d' »opération militaire spéciale » ou de « dénazification », mais de « guerre », d' »invasion russe » ou d' »attaque russe ».</p>
<p><strong>&#8211; Quelles sont les autres conséquences des mesures de censure russes pour SWI swissinfo.ch ?</strong></p>
<p>&#8211; Actuellement, nous sommes surtout préoccupés par la répression et la sécurité de nos propres journalistes à Berne et de nos collaborateurs indépendants sur place. La nouvelle jurisprudence en Russie prévoit des peines drastiques pour les critiques. Tous les contenus publiés en russe sont concernés. Nous avons constitué une task force interne à cet effet et avons déjà pris des mesures. Jusqu&rsquo;à présent, nous n&rsquo;avons pas non plus connaissance de cas de répression à l&rsquo;encontre de collaborateurs de SWI. La situation n&rsquo;est pas totalement nouvelle pour nous, nous faisons également des reportages en Chine et sommes confrontés à des défis similaires.</p>
<p><strong>&#8211; Quel rôle peut jouer une offre comme le service russe de SWI swissinfo.ch dans une situation comme celle que nous vivons actuellement ?</strong></p>
<p>&#8211; Le libre accès à l&rsquo;information est un droit humain, tout comme celui d&rsquo;exprimer librement son opinion. Dans le cadre de son mandat, SWI swissinfo.ch publie des articles sur l&rsquo;actualité mondiale dans une perspective suisse. Avec notre information indépendante, équilibrée et basée sur des faits, nous apportons une contribution à tous les russophones qui souhaitent s&rsquo;informer sur la guerre en Ukraine du point de vue suisse. Nous contribuons donc directement à la libre formation de l&rsquo;opinion et sommes actuellement encore accessibles en Russie. Nous développons notre présence, par exemple avec le canal Telegram qui vient d&rsquo;être ouvert en russe.</p>
<p>Notre rôle ne diffère pas dans le contexte de la guerre. Nos débats multilingues rendent en outre possible un dialogue international et réunissent le monde autour d&rsquo;une table. La traduction directe permet aux utilisateurs de 10 langues différentes de voir toutes les contributions et réponses dans leur langue préférée.</p>
<p>Lorsque le président suisse Cassis déclare que « faire le jeu d&rsquo;un agresseur n&rsquo;est pas de la neutralité », nous en rendons également compte. Nous expliquons ce qu&rsquo;est devenue la neutralité suisse. Nous évoquons la vague de solidarité qui s&rsquo;est levée en Suisse pour soutenir l&rsquo;Ukraine. Nous évoquons ce qui se passe par exemple avec le commerce de matières premières russes en Suisse, la question de l&rsquo;énergie. Nous contextualisons les thèmes de sécurité européens ou les questions relatives aux armes nucléaires du point de vue suisse. Nos journalistes russophones disposent en outre d&rsquo;une expertise unique sur la Russie. Actuellement, les médias suisses s&rsquo;adressent souvent à nous pour nous demander d&rsquo;expliquer les événements de manière équilibrée et basée sur des faits.</p>
<p>Plus de 250 millions de personnes dans le monde parlent le russe. L&rsquo;accès à l&rsquo;information et la libre formation de l&rsquo;opinion sont des droits de l&rsquo;homme. SWI swissinfo.ch apporte une contribution à ce groupe potentiel grâce à son journalisme de qualité, indépendant et équilibré.</p>
<p><em>Larissa M. Bieler est directrice et rédactrice en chef de SWI swissinfo.ch. Elle a longtemps travaillé comme journaliste indépendante, puis a été rédactrice en chef du « Bündner Tagblatt » à partir de 2013. Début 2016, elle est devenue rédactrice en chef de SWI swissinfo.ch, et depuis octobre 2018, elle en est également la directrice.</em></p>
<p><em>SWI swissinfo.ch est la plate-forme numérique d&rsquo;actualités et d&rsquo;informations en dix langues de la SSR. Elle traite de sujets et d&rsquo;événements d&rsquo;actualité, en mettant l&rsquo;accent sur les informations relatives à la Suisse. Les personnes à l&rsquo;étranger qui s&rsquo;intéressent à la Suisse et les Suisses de l&rsquo;étranger constituent le public cible. SWI swissinfo.ch a été créée en 1999 à partir de Radio Suisse Internationale (SRI), fondée en 1935.</em></p>
<h6>Bettina Büsser, coordinatrice RSF Suisse pour la Suisse alémanique</h6>
<p><em> L&rsquo;entretien a été mené par écrit.</em></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le journalisme et la guerre</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/le-journalisme-et-la-guerre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 May 2022 07:28:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2022-01-FR]]></category>
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					<description><![CDATA[Editorial En deux mois et demi de combats, la guerre en Ukraine a déjà fait sept tués parmi les journalistes. C’est énorme. Sur toute l’année 2012, la plus meurtrière pour les professionnels de l’information en Syrie, 17 d’entre eux avaient perdu la vie. Les conditions ne sont certes pas réellement comparables, les chiffres non plus, [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h2>Editorial</h2>
<p>En deux mois et demi de combats, la guerre en Ukraine a déjà fait sept tués parmi les journalistes. C’est énorme. Sur toute l’année 2012, la plus meurtrière pour les professionnels de l’information en Syrie, 17 d’entre eux avaient perdu la vie. Les conditions ne sont certes pas réellement comparables, les chiffres non plus, mais les premières semaines du conflit ukrainien se sont révélées d’une extrême dangerosité pour les reporters <em>(photo Keystone-ATS).</em></p>
<p>Et il n’y a pas que les tués. Reporters sans frontières a recueilli <a href="https://rsf.org/fr/actualites/le-temoignage-glacant-dun-fixeur-de-radio-france-enleve-et-torture-par-larmee-russe-en-ukraine" target="_blank" rel="noopener">le témoignage glaçant</a> d’un « fixeur » ukrainien au service de Radio France, arrêté et torturé durant plusieurs jours par les troupes russes avant d’être relâché. D’autres ont eu simplement de la chance. Le <a href="https://rsf-ch.ch/le-photoreporter-genevois-guillaume-briquet-pris-pour-cible-par-des-troupes-russes-ils-ont-clairement-tire-pour-tuer/" target="_blank" rel="noopener">photoreporter genevois Guillaume Briquet</a> n’a été que légèrement blessé après que son véhicule, pourtant équipé de marquages « Press » a été pris pour cible par des tireurs russes, le 6 mars, non loin de Mikolaïv, dans le sud de l’Ukraine. Notre organisation rappelle que le fait de viser un professionnel de l’information en tant que tel est constitutif d’un crime de guerre et a déjà communiqué plusieurs cas de ce type à la Cour pénale internationale.</p>
<h6>Oksana Baoulina, tuée par un drone à Kiev</h6>
<p>Les journalistes russes aussi paient le prix de cette guerre. Oksana Baoulina a ainsi été tuée le 23 mars par la frappe d’un drone à Kiev alors qu’elle était en reportage pour son média, le site d’investigation en ligne <em>The Insider</em>. Quant à celles et ceux qui sont restés en Russie, la censure, les intimidations, les menaces et la répression qui les frappent les empêchent de faire leur métier. Nous demandons que les pays occidentaux, et notamment la Suisse, les accueillent sans entraves, tout comme leurs confrères ukrainiens, afin qu’ils puissent continuer à informer.</p>
<p>Dans cette guerre comme dans les autres, les journalistes sont confrontés à quelques-unes des questions les plus fondamentales de leur métier. Quels risques prendre pour informer le public ? Jusqu’où aller dans la représentation de l’horreur pour faire comprendre ? Plus fondamentalement encore, comment parvenir à discerner la vérité lorsque les réalités du terrain et des opérations militaires, le contrôle de l’information par les belligérants, la propagande, la censure, tout tend à contrecarrer la recherche des faits ?</p>
<p>A ces interrogations, la reporter de guerre française Martine Laroche-Joubert a admirablement répondu mardi 5 avril sur les ondes de la radio RTS La Première. <a href="https://www.rts.ch/audio-podcast/2022/audio/l-invite-de-la-matinale-martine-laroche-joubert-reporter-de-guerre-25813723.html" target="_blank" rel="noopener">Invitée de La Matinale</a>, celle qui fut la première journaliste à entrer dans Sarajevo assiégée et bombardée, en 1992, a rappelé avec force les préceptes qui, à ses yeux, devraient guider les journalistes à qui incombe la responsabilité de chroniquer l’abominable – l’insoutenable souvent : approcher au plus près de la vérité, la rechercher sans cesse, vérifier encore plus, ne pas se laisser gagner par l’émotion.</p>
<h6>« Notre rôle, c&rsquo;est d&rsquo;être médiateurs »</h6>
<p>La journaliste Maurine Mercier, auteure de reportages exceptionnels pour la RTS en Ukraine, ne dit pas autre chose. Elle a recueilli le <a href="https://www.rts.ch/info/monde/13017149-a-boutcha-une-mere-et-sa-fille-temoignent-de-deux-semaines-de-viols-et-de-terreur.html" target="_blank" rel="noopener">témoignage d’une femme violée</a> tous les jours pendant deux semaines et demi par des soldats russes à Boutcha. Dans le podcast <a href="https://www.rts.ch/info/monde/13016652-podcast-comment-on-raconte-la-guerre.html" target="_blank" rel="noopener">Le Point J</a> de la chaîne de service public, elle confie : « Est-ce notre rôle d’ajouter de l’émotion là où il y en a déjà trop ? Notre rôle, c’est d’être médiateurs. On ne devrait jamais déroger à cette règle », observant aussi qu’une guerre, « il faudrait la couvrir des deux côtés. »</p>
<p>Face aux crimes commis en Ukraine dont l’abjection se révèle jour après jour, ces leçons ne sont simples ni à entendre ni à appliquer. La vérification des faits, le recoupement de sources, la fiabilité de l’information et l’indépendance de celles et ceux qui la recueillent sont pourtant, pour le journalisme, des impératifs catégoriques en dehors desquels il n’est pas de salut.</p>
<p>Tout indique qu’aujourd’hui même plus qu’hier, c’est bien ce rôle de tiers de confiance qui constitue la valeur cardinale du journalisme aux yeux du public. Le dernier rapport du <a href="https://reutersinstitute.politics.ox.ac.uk/sites/default/files/2021-06/Digital_News_Report_2021_FINAL.pdf" target="_blank" rel="noopener">Reuters Institute for the Study of Journalism</a> est instructif : en 2021, dans un tout autre contexte, celui de la crise sanitaire, la demande du public pour une information fiable, pertinente et indépendante s’est fortement accrue. Sans ouvrir ici le débat sur la confiance dans les médias, observons seulement qu’à l’heure des réseaux sociaux, la mission première du journaliste – « rechercher la vérité, en raison du droit qu’a le public de la connaître et quelles qu’en puissent être les conséquences pour lui-même », pour reprendre les mots du code de déontologie des journalistes suisses – n’en est que plus forte et plus nécessaire. Nous continuerons à défendre celles et ceux qui y consacrent toute leur énergie.</p>
<h6>Denis Masmejan, secrétaire général de RSF Suisse</h6>
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