<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Newsletter 2022-02-FR | Reporter sans frontières</title>
	<atom:link href="https://rsf-ch.ch/category/newsletter-fr/newsletter-2022-02-fr/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://rsf-ch.ch</link>
	<description>Section suisse</description>
	<lastBuildDate>Mon, 04 Jul 2022 16:00:25 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	
	<item>
		<title>Aide d&#8217;urgence pour les reporters de guerre: un entraînement réaliste</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/aide-durgence-pour-les-reporters-de-guerre-un-entrainement-realiste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Jul 2022 08:40:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Newsletter 2022-02-FR]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://rsf-ch.ch/?p=26012</guid>

					<description><![CDATA[Dans les zones de crise et de guerre, les reporters peuvent se trouver en danger loin de toute assistance médicale. Que faire alors ? Après avoir travaillé en Ukraine, le journaliste indépendant Raimond Lüppken a voulu être mieux préparé et a participé, avec son confrère Dario Veréb, à une formation pour les reporters de guerre [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans les zones de crise et de guerre, les reporters peuvent se trouver en danger loin de toute assistance médicale. Que faire alors ? Après avoir travaillé en Ukraine, le journaliste indépendant Raimond Lüppken a voulu être mieux préparé et a participé, avec son confrère Dario Veréb, à une formation pour les reporters de guerre que <a href="https://rsf-ch.ch/de/nothilfekurs-fuer-krisenreporterinnen-und-reporter/">RSF Suisse avait signalée</a>. Voici leur compte rendu.</p>
<p><em>La sueur dégouline de mon front et perle sur mon gilet de protection. Je veux l&rsquo;essuyer, mais j&rsquo;ai du sang sur les mains. Raimond va fumer une cigarette. Je me laisse tomber sur une chaise, vide une bouteille d&rsquo;eau, me relève en grognant et vais me laver, même si dans dix minutes je serai à nouveau sale.</em></p>
<p><em>Je dois encore remplir l&rsquo;IFAK, mon kit de premiers secours individuel. Pansement thoracique, garrot, tube de Wendl, couverture de survie. J&rsquo;ai encore un pansement compressif. Puis Bernhard vient nous chercher. Retour dans les galeries.</em></p>
<p><em>Raimond et moi nous approchons d&rsquo;un camion qui fume. Le chauffeur est allongé, le front sur le tableau de bord. Pascal s&rsquo;approche de nous en boitant et nous décrit la situation : «Tout à coup, la route a explosé. Le chauffeur est encore en vie.» Il a dû rouler sur une mine. Nous ouvrons la portière du passager. Sur le rétroviseur est accrochée ce que nous pensons être une partie du corps d&rsquo;un passant, et traînons l&rsquo;occupant à l&rsquo;extérieur. Agenouillés derrière un pilier, nous commençons la première évaluation : «Exsanguination», crie Raimond: la victime perd du sang. Je lui passe le garrot de mon IFAK, il ligature le bras à moitié explosé. «Hot Zone, Hot Zone», crie Pascal. Un sniper a ouvert le feu ; nous devons partir d&rsquo;ici. «Il y a encore un enfant sur la banquette arrière!» J&rsquo;hésite, puis me précipite vers le véhicule. Des coups de feu résonnent. J&rsquo;attrape l&rsquo;enfant et me dirige là où je peux le soigner. Je me crie à moi-même: «Exsanguination»: aucun saignement massif n&rsquo;est visible. Je poursuis: «Airway»: l&rsquo;enfant respire difficilement. Je le mets en position latérale de sécurité. Etape suivante: «Breathing», puis «Circulation», «Disability» et enfin «Exposure». E, A, B, C, D, E. Raimond traite le conducteur selon le même schéma.</em></p>
<p><em>À un moment donné, Bernhard nous tape sur l&rsquo;épaule et met fin à l&rsquo;exercice. De nouveau, de la sueur dégouline de mon front. Les mains de Raimond sont couvertes de sang. Le poids du casque, du gilet pare-balles et du gilet pare-éclats pèse lourdement sur nos corps. «Faites une pause. Nous préparons le prochain scénario», dit Bernhard.</em></p>
<h6>Pas à pas vers la zone de guerre</h6>
<p>Les galeries de la carrière de Trübbach (SG) sont parfaites pour ce cours de premiers secours destiné aux reporters de crise que nous avons suivi les 11 et 12 juin : Dans les couloirs sombres et moisis de la mine souterraine, l&rsquo;instructeur Bernhard Mautner et son équipe mettent en scène des situations réalistes, telles que les journalistes peuvent les rencontrer dans des zones de conflit.</p>
<p>Avec des mesures de sécurité maximales, des armes à feu, des explosifs et des fumigènes sont utilisés pour mettre les participants sous stress. Une alarme aérienne diffusée par haut-parleur, des gicleurs et de faibles sources de lumière complètent le décor. Outre les mannequins qu&rsquo;il faut sans cesse sortir de situations dangereuses et transporter dans des zones sûres, les instructeurs jouent eux aussi les victimes qu&rsquo;il faut soigner. L&rsquo;utilisation de sang de porc pour simuler de grandes blessures permet de rendre la guerre non seulement audible et visible, mais aussi odorante. Dans le feu de l&rsquo;action, l&rsquo;illusion est oppressante.</p>
<p>Avant de passer à des scénarios réalistes, les participants reçoivent de Bernhard Mautner une instruction théorique sur la manière de sauver des vies, fondées sur des connaissances techniques et des décennies d&rsquo;expérience militaire. Parfois, des explications médicales précises sur le pneumothorax soient suivies de phrases telles que : «Si des anses intestinales pendent, elles ne doivent pas se dessécher».</p>
<p>Les premières plaies sont de fausses plaies en silicone bouchées avec de simples gazes, puis on passe à du vrai sang et des pansements hémostatiques. Comme le dit Bernhard, «si vous avez un trou, vous le bouchez». C&rsquo;est ainsi que l&rsquo;on se rapproche peu à peu des conditions de guerre telles qu&rsquo;elles prévalent en Ukraine.</p>
<h6>«Vous n&rsquo;êtes pas censés jouer au docteur»</h6>
<p>Ce sont justement les expériences du journaliste Raimond Lüppken en Ukraine qui sont à l&rsquo;origine de ce cours. Il s’est entretenu avec de nombreux soldats et médecins : «L&rsquo;une des premières questions qui m&rsquo;a été posée à chaque fois était de savoir si je pouvais me soigner moi-même.» Lors de ses deux derniers séjours en zone de guerre, il devait répondre par la négative. Une fois rentré en Suisse, il a donc décidé de mieux se préparer pour sa prochaine mission. Il est tombé sur la vaste offre de cours de secourisme proposée par Bernhard Mautner, qui ne proposait toutefois encore rien pour les reporters de crise. Un téléphpone a suffit à convaincre l&rsquo;instructeur. En quelques semaines, Bernhard a conçu un programme sur mesure avec ses collègues.</p>
<p>Durant le cours, Bernhard ne cesse d&rsquo;insister : «Votre mission en zone de guerre est de faire des reportages. Vous ne devez pas jouer au médecin. L&rsquo;IFAK est avant tout destiné à vous-mêmes.» Mais Raimond est rassuré à l&rsquo;idée d&rsquo;être préparé à une situation d&rsquo;urgence et de pouvoir aider son compagnon. Dans l&rsquo;idéal, ni lui ni moi n&rsquo;aurons jamais à mettre en pratique ce que nous avons appris.</p>
<p>Après deux jours éprouvants mais extrêmement intéressants, nous quittons la zone de guerre fictive de Trübbach avec un certificat de TCCC (Tactical Combat Casualty Care) et de TEMS (Tactical Emergency Medical Support) valable deux ans.</p>
<h6>Texte et images: Dario Veréb et Raimond Lüppken</h6>
<hr />
<p><em>Aide tactique d&rsquo;urgence pour les journalistes en situation de crise</em><br />
<em>Durée de la formation : 2 jours à 8 heures</em><br />
<em>Coût du cours : CHF 740,- (pour les membres du SSM CHF 540,-)</em><br />
<em>Pour plus d&rsquo;informations : <a href="https://www.nothelferkurs.li/taktische-nothilfe-krisenreporter-innen/" target="_blank" rel="noopener">www.nothelferkurs.li/taktische-nothilfe-krisenreporter-innen</a></em></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L’enquête de RSF sur la mort du photoreporter Maks Levin conclut à son exécution par les troupes russes</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/lenquete-de-rsf-sur-la-mort-du-photoreporter-maks-levin-conclut-a-son-execution-par-les-troupes-russes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Jul 2022 08:39:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Newsletter 2022-02-FR]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://rsf-ch.ch/?p=26008</guid>

					<description><![CDATA[Le 1er avril dernier, dans une forêt située au nord de Kyiv, non loin du village de Moshchun, trois policiers ukrainiens découvrent enfin le corps de Maks Levin, 40 ans, l’un de photoreporters de guerre ukrainiens les plus expérimentés et l’une des figures de la profession (Image: Maks Levin dans la région de Donetsk en [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le 1<sup>er</sup> avril dernier, dans une forêt située au nord de Kyiv, non loin du village de Moshchun, trois policiers ukrainiens découvrent enfin le corps de Maks Levin, 40 ans, l’un de photoreporters de guerre ukrainiens les plus expérimentés et l’une des figures de la profession <em>(Image: Maks Levin dans la région de Donetsk en 2018, AP Photo/Inna Varenytsia).</em></p>
<p>La veille, 31 mars, la carcasse incendiée de sa Ford Maverik avait déjà été repérée au même endroit, grâce à sa plaque d’immatriculation, ainsi qu’un corps à demi calciné allongé à côté du véhicule. Celui, identifié plus tard, d’Oleksiy Chernyshov, un militaire ami de Maks, qui l’accompagnait ce jour-là pour assurer sa sécurité.</p>
<p>Sur le corps de Maks Levin, trois impacts de balle, un sur le torse et deux à la tête. Le photoreporter est en civil et porte, comme le veulent les consignes données aux journalistes, un brassard bleu analogue à celui qu’arborent les soldats ukrainiens. Oleksiy Chernyshov, lui, est en treillis militaire.</p>
<p>Les proches de Maks Levin et d’Oleksiy Chernyshov étaient sans nouvelles d’eux depuis le 13 mars. Le dernier signe de vie reçu par la compagne de Maks est un message vocal déposé à 11h23 ce jour-là. Les deux hommes étaient partis pour tenter une nouvelle fois de récupérer le drone dont se servait Maks Levin pour son travail, expose <a href="https://rsf-ch.ch/wp-content/uploads/2022/06/Rapport-Ukraine-V2.pdf" target="_blank" rel="noopener">le rapport publié le mois dernier par RSF</a> au terme d’une mission d’enquête effectuée sur place du 24 mai au 3 juin.</p>
<h6>Panne de batterie</h6>
<p>L’appareil, suite à une panne de batterie, était tombé dans la forêt quelques jours auparavant sans que le photographe parvienne à le retrouver. La zone se situait à proximité immédiate des combats, alors que les Russes n’avaient pas encore interrompu leur offensive sur Kyiv et que les affrontements, dans la région, étaient d’une exceptionnelle intensité.</p>
<p>La justice ukrainienne a ouvert une enquête sur la mort des deux hommes, qu’elle mène conjointement avec la Cour pénale internationale afin d’établir la possible commission d’un crime de guerre. Afin d’apporter sa contribution aux investigations officielles, Reporters sans frontières a cherché, sur place, à reconstituer les faits et à récolter des informations pour les transmettre aux autorités judiciaires compétentes.</p>
<p>Outre plusieurs proches de Maks Levin, la délégation de RSF comprenait notamment Arnaud Froger, chargé des investigations auprès du secrétariat international de l’organisation, ainsi que le célèbre photoreporter français Patrick Chauvel dont RSF vient d’éditer un album de photographies embrassant cinquante ans d’activités sur la plupart des conflits de la planète. Patrick Chauvel tenait à participer à cette mission : à la fin du mois de février, dans les premiers jours de la guerre, Maks Levin lui avait en effet servi de « fixeur », ces auxiliaires locaux indispensables sans lesquels les reporters étrangers ne peuvent guère opérer dans une zone de conflit.</p>
<h6>La carcasse incendiée de la voiture est là</h6>
<p>Le 28 mai, après une première tentative infructueuse deux jours auparavant, la délégation de RSF parvient enfin à l’endroit où, dans la forêt, les deux corps ont été retrouvés. La carcasse incendiée de la voiture est là, criblée de 14 impacts de balles. Les marques de ces tirs sur les arbres avoisinants permettent de conclure que le véhicule était à l’arrêt lorsqu’il a été touché. A l’intérieur, deux projectiles sont retrouvés, l’un de 5.45 millimètres, le calibre des Kalachnikov équipant les troupes russes, l’autre d’un diamètre plus important qui pourrait correspondre aux armes des forces spéciales russes. A côté de la voiture, à proximité de l’endroit où gisait le corps brûlé d’Oleksiy Chernyshov, un jerrican d’essence.</p>
<p>Les photos prises au moment de la découverte du corps de Maks Levin près de deux mois auparavant permettent à l’équipe de RSF d’en localiser très précisément l’emplacement, à 17 mètres à l’arrière du véhicule. Juste à cet endroit, fichée dans le sol à une profondeur de 15 centimètres, une balle de 5.45.</p>
<p>Cet élément en particulier semble indiquer « qu’il a probablement été abattu par une voire deux balles tirées à courte distance alors qu’il se trouvait déjà au sol », note les auteurs du rapport, qui ont également retrouvé sur place des traces de la présence des troupes russes – emballages de nourriture et couverts en plastique sur lesquels des traces ADN pourraient demeurer et être exploitées.</p>
<h6>Froide exécution des deux hommes</h6>
<p>L’ensemble des éléments recueillis sur place ainsi que ceux qu’ils ont pu consulter font pencher les auteurs du rapport vers la froide exécution des deux hommes selon deux scénarios envisageables. Dans le premier, les deux Ukrainiens, qui se sont aventurés avec leur voiture, sans s’en rendre compte, dans une forêt déjà tenue par les troupes russes sont pris pour cibles et abattus aisément. Selon le second, leur voiture est interceptée à un croisement dans la forêt, Oleksiy Chernyshov est désarmé, puis les deux hommes sont conduits un peu plus loin, contraints de sortir de leur véhicule, interrogés séparément puis abattus, Oleksiy Chernyshov pouvant avoir été brûlé vif comme le laisserait supposer la position de son corps quand il a été retrouvé.</p>
<p>Maks Levin n’était pas armé le jour où il est mort. Les témoignages recueillis par RSF sont unanimes : le photoreporter n’a jamais fait partie d’une unité militaire, et s’il utilisait un drone, c’était pour documenter l’invasion des troupes russes dans le cadre de son travail d’information. S’il lui est arrivé de fournir des images aux forces ukrainiennes, l’utilisation de son drone « s’inscrivait d’abord dans une démarche journalistique, comme l’a confirmé son entourage et comme le montrent les images vendues à des médias depuis le début de l’invasion russe », note RSF dans son rapport.</p>
<p>La dernière image prise avec son drone avant qu’il ne le perde en atteste : elle montre comment les Russes occupaient les maisons et stationnaient leurs blindés à proximité immédiate ou dans les cours des habitations pour s’en servir comme de boucliers civils afin d’empêcher les tirs ukrainiens. L’image était de mauvaise qualité. Maks Levin était sans doute impatient de retrouver son drone pour disposer de meilleures photos.</p>
<h6>Denis Masmejan, secrétaire général de RSF Suisse</h6>
<p><a href="https://rsf-ch.ch/wp-content/uploads/2022/06/Rapport-Ukraine-V2.pdf" target="_blank" rel="noopener">Lire le rapport de RSF</a></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Nouvelle ombre</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/nouvelle-ombre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Jul 2022 08:39:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Newsletter 2022-02-FR]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://rsf-ch.ch/?p=26004</guid>

					<description><![CDATA[Editorial Cette newsletter vous a tenus régulièrement informés de la situation de la liberté de l’information en Suisse (photo Keystone-ATS) et des restrictions qu’elle peut subir dans un pays pourtant bien noté par le Classement mondial de la liberté de la presse publié chaque année par RSF. Cette année, la Suisse a tout de même [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h2>Editorial</h2>
<p>Cette newsletter vous a tenus régulièrement informés de la situation de la liberté de l’information en Suisse <em>(photo Keystone-ATS)</em> et des restrictions qu’elle peut subir dans un pays pourtant bien noté par le Classement mondial de la liberté de la presse publié chaque année par RSF.</p>
<p>Cette année, la Suisse a tout de même reculé de la 10<sup>e</sup> à la 14<sup>e</sup> place. Certaines particularités des lois suisses et de leur évolution récente n’y étaient pas étrangères. Il y a eu le vote du Parlement fédéral pour durcir <a href="https://rsf-ch.ch/rsf-suisse-seleve-contre-le-durcissement-sans-raison-des-mesures-provisionnelles-contre-les-medias/" target="_blank" rel="noopener">les mesures provisionnelles</a> qu’un juge civil peut prononcer pour bloquer la parution d’un article. Mais aussi<a href="https://rsf-ch.ch/lapplication-du-secret-bancaire-aux-journalistes-premier-loupe-au-parlement/" target="_blank" rel="noopener"> l’application de la loi sur les banques aux journalistes</a> pour les empêcher de publier des informations issues de données bancaires volées. Et, bien sûr, le référendum qui a bloqué <a href="https://rsf-ch.ch/rsf-suisse-dit-oui-a-laide-aux-medias/" target="_blank" rel="noopener">le renforcement de l’aide publique aux médias</a>.</p>
<p>Mais voici qu’une nouvelle ombre risque d’apparaître. Le mois dernier, le Département fédéral de la défense a mis en consultation un <a href="https://fedlex.data.admin.ch/eli/dl/proj/2022/15/cons_1">projet de révision de la loi sur le renseignement</a>. Il aura fallu une lecture très minutieuse du projet par le <a href="https://www.tagesanzeiger.ch/nachrichtendienst-soll-anwaelte-aerzte-und-journalisten-ausspaehen-duerfen-121795356050">Tages-Anzeiger</a> pour y déceler l’abrogation d’un alinéa important pour les journalistes, tout comme pour les médecins et les avocats.</p>
<p>Aujourd’hui, le service de renseignement ne peut pas soumettre à des mesures d’investigation secrètes les contacts d’une personne surveillée, lorsque ces contacts appartiennent « à l’un des groupes professionnels visés aux art. 171 à 173 » du Code de procédure pénale, soit les personnes qui, en raison de leur activité professionnelle, ont le droit de refuser de témoigner.</p>
<p>Les journalistes sont donc concernés. Pourquoi la ministre de la Défense Viola Amherd et son nouveau chef du renseignement Christian Dussey veulent-ils supprimer cette clause ? Quels changements précis une telle modification entraînerait-elle par rapport à la pratique actuelle ? Le rapport explicatif joint au projet ne fournit pas de réponse claire, pas davantage que les explications évasives de la porte-parole du SRC citée par le Tages-Anzeiger.</p>
<p>Les défenseurs de la liberté de la presse ne peuvent pas accepter que les journalistes soient surveillés à l’avenir par le service de renseignement uniquement parce qu’ils sont en contact avec des personnes qui, elles, intéressent le service de renseignement, même de manière parfaitement légitime. Un tel scénario constituerait une atteinte majeure au secret des sources. Le flou du rapport explicatif sur une question d’une telle portée aussi bien pour la liberté de l’information que pour d’autres libertés inaliénables dans une société démocratique –  le secret professionnel des avocats et des médecins en particulier – est aussi inquiétant qu’inadmissible.</p>
<h6>Denis Masmejan, secrétaire général RSF Suisse</h6>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
