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	<title>Newsletter 2024-03-FR | Reporter sans frontières</title>
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	<description>Section suisse</description>
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		<title>Gaza: le témoignage de la journaliste Ola Al-Zaanoun</title>
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		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Oct 2024 08:54:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Newsletter 2024-03-FR]]></category>
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					<description><![CDATA[Depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas, le 7 octobre 2023, plus de 130 journalistes ont perdu la vie dans la bande de Gaza. Selon Reporters sans frontières (RSF), au moins 32 d&#8217;entre eux ont été tués en exerçant leur profession. Aucun autre conflit au 21e siècle n&#8217;a été aussi meurtrier [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas, le 7 octobre 2023, plus de 130 journalistes ont perdu la vie dans la bande de Gaza. Selon Reporters sans frontières (RSF), au moins 32 d&rsquo;entre eux ont été tués en exerçant leur profession. Aucun autre conflit au 21e siècle n&rsquo;a été aussi meurtrier pour les professionnels des médias.</p>
<p>La journaliste palestinienne Ola Al-Zaanoun – qui est également la correspondante de notre organisation à Gaza – a vécu de près les premiers mois de la guerre. Dès le deuxième jour, elle a dû fuir la ville avec sa famille et d’autres journalistes, après que son bureau a été détruit par une attaque. En abandonnant tout, elle s’est réfugiée, avec ses enfants et son mari également journaliste, dans le sud de la bande de Gaza, où les conditions de travail se sont révélées extrêmement difficiles aussi. « Imaginez travailler depuis un hôpital, sous des tentes, avec très peu d&rsquo;électricité ou d&rsquo;accès à Internet, au milieu de corps, de blessés et de déplacés », raconte-t-elle à RSF Suisse. Malgré ces conditions, elle a continué à couvrir quotidiennement le sud de Gaza et à maintenir un contact étroit avec le siège international de RSF à Paris.</p>
<h5>« Aucune sécurité ni protection »</h5>
<p>En novembre toutefois, Ola s&rsquo;est blessée à la jambe en sautant du deuxième étage d&rsquo;un immeuble à Rafah pour échapper à une frappe aérienne. En même temps, elle avait du mal à subvenir aux besoins de ses enfants, que ce soit pour la nourriture ou les médicaments. « J&rsquo;ai dû me résoudre à quitter Gaza, même si cela a été très difficile pour moi. Il n&rsquo;y avait, et il n&rsquo;y a toujours, aucune sécurité ni protection », explique-t-elle aujourd&rsquo;hui.</p>
<p>Après des mois d’efforts, elle a réussi à quitter Gaza en février 2024 pour rejoindre l&rsquo;Égypte. Par rapport à beaucoup d&rsquo;autres, elle s’estime chanceuse : « Le passage de la frontière de Rafah est bloqué, et pour les journalistes, il est presque impossible de sortir ou d&rsquo;entrer. » Seuls ceux qui, comme elle, travaillent avec des agences de presse étrangères ou des organisations internationales comme RSF, avaient une chance de s’échapper.</p>
<h5>Montrer la réalité de la guerre au monde</h5>
<p>Ceux qui n’ont pas pu ou voulu partir sont restés. Et ont continué à travailler dans des conditions extrêmes. Les journalistes, en particulier, ont risqué leur vie pour témoigner et rendre visible aux yeux du monde entier les conséquences de la guerre. Beaucoup l’ont payé de leur vie. Ola Al-Zaanoun connaissait personnellement plusieurs des 130 journalistes tués dans la bande de Gaza depuis le 7 octobre 2023. Rushdi Al-Sarraj, par exemple, qui travaillait pour des médias étrangers comme le <em>Spiegel</em> et <em>Le Monde</em> avant d’être tué le 22 octobre 2023. Ou Samer Abu Daqqa, correspondant pour <em>Al Jazeera</em>, tué le 15 décembre lors d’une attaque de drone. Et Ismail Al-Ghoul, également journaliste pour <em>Al Jazeera</em>, qui devait trouver la mort le 31 juillet lors d’une frappe aérienne israélienne.</p>
<p>« La bande de Gaza est minuscule, tous les journalistes se connaissent », raconte Ola. C’est pour elle terriblement difficile d’accepter que l&rsquo;armée israélienne frappe de manière aussi indiscriminée, touchant également les journalistes, alors que, selon le droit international, ils ne devraient pas être pris pour cible.</p>
<h5>Les attaques contre les journalistes sont des crimes de guerre</h5>
<p>Selon les Conventions de Genève, les journalistes sont considérés comme des civils protégés dans les conflits armés, à condition qu’ils ne participent pas aux combats. Les attaques ciblées contre eux constituent des crimes de guerre, comme le prévoit l&rsquo;article 8 du Statut de la Cour pénale internationale (CPI).</p>
<p>La résolution 2222 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée à l’unanimité à New York en 2015 en présence de l’ancien secrétaire général de RSF Christophe Deloire, a renforcé cette protection en affirmant que « les journalistes, les professionnels des médias et les membres du personnel associé qui accomplissent des missions professionnelles périlleuses dans des zones de conflit armé doivent être considérés comme des civils, et doivent être respectés et protégés en tant que tels […] » Dans cette résolution, le Conseil de sécurité demandait par ailleurs <em>instamment</em> à toutes les parties concernées « de respecter l’indépendance professionnelle et les droits des journalistes, des professionnels des médias et des membres du personnel associé, en tant que civils […] »</p>
<p>Depuis le matin du 7 octobre 2023, RSF s’est engagé pour que les journalistes soient protégés dans ce conflit. Près d’un an plus tard, le 26 septembre, notre organisation a lancé une action de soutien et de solidarité qui s’est tenue au même moment, dans dix villes réparties sur quatre continents. En Suisse, l’événement a eu lieu sur la <a href="https://rsf-ch.ch/au-rythme-ou-les-journalistes-sont-tues-a-gaza-il-ny-aura-bientot-plus-personne-pour-vous-informer/" target="_blank" rel="noopener">Place des Nations à Genève</a>. Notre message : « Au rythme où les journalistes sont tués à Gaza, il ne restera bientôt plus personne pour vous informer ».</p>
<p>RSF a également déposé <a href="https://rsf-ch.ch/gaza-rsf-depose-une-quatrieme-plainte-en-un-an-aupres-de-la-cpi-pour-crimes-de-guerre-commis-par-israel-contre-les-journalistes/" target="_blank" rel="noopener">quatre plaintes</a> auprès de la Cour pénale internationale, demandant au procureur en chef de la Cour, Karim Khan, d’enquêter sur les possibles crimes de guerre commis contre des journalistes à Gaza. Celui-ci a assuré que ces plaintes seront examinées dans le cadre de ses enquêtes sur des crimes de guerre perpétrés lors de ce conflit.</p>
<h5>Pas des porte-paroles du Hamas</h5>
<p>Un an après le début du conflit, la terreur ne faiblit pas. Pour Ola Al-Zaanoun, « le plus grand danger vient de l&rsquo;armée israélienne, qui bombarde sans distinction les hôpitaux, les écoles et les bâtiments civils. » Elle réfute également l’idée que les journalistes de Gaza soient des porte-paroles du Hamas : « Beaucoup de médias, notamment les plus petits, sont indépendants du Hamas. » Il existe également de nombreux journalistes travaillant pour des agences internationales ou pour l’Autorité palestinienne, et de nombreux journalistes indépendants. « Tous ceux-là n’ont rien à voir avec le Hamas. »</p>
<p>Quitter Gaza a été la décision la plus difficile de sa vie, disait encore Ola en février dernier, peu après son départ. Mais elle espère bien pouvoir y retourner un jour. Pour l&rsquo;instant toutefois, elle reste interdite de retour dans son propre pays qui, selon elle, est devenu invivable. « Cette guerre est la plus difficile que nous ayons jamais connue. Il n’y a jamais eu autant de morts parmi les civils et de journalistes tués. Nous n’avons ni protection ni sécurité, chaque jour, nous risquons la mort. Et Israël ne veut pas que le monde en soit témoin. »</p>
<h6>Valentin Rubin, Policy &amp; Advocacy Manager de RSF Suisse</h6>
<p><strong> </strong></p>
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		<title>«Je peine à voir un autre but à cette plainte que celui de me réduire au silence»</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/je-peine-a-voir-un-autre-but-a-cette-plainte-que-celui-de-me-reduire-au-silence/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Oct 2024 08:54:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Newsletter 2024-03-FR]]></category>
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					<description><![CDATA[Sabrina Pisu espère, cette fois, en avoir terminé. Cette journaliste italienne basée à Genève (photo DR), où elle est correspondante notamment pour L’Espresso, a dû batailler ferme, durant deux ans, face à une plainte pénale déposée par le Département genevois de l’Instruction publique à propos de l’un de ses articles. Début septembre, près de deux [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Sabrina Pisu espère, cette fois, en avoir terminé. Cette journaliste italienne basée à Genève <em>(photo DR)</em>, où elle est correspondante notamment pour <em>L’Espresso</em>, a dû batailler ferme, durant deux ans, face à une plainte pénale déposée par le Département genevois de l’Instruction publique à propos de l’un de ses articles. Début septembre, près de deux ans après les faits, la chambre pénale de recours genevoise semble avoir enfin mis un point final en confirmant le classement de la plainte déjà décidé l’an dernier par le Ministère public. Au moment d’écrire ces lignes, il restait toutefois encore une possibilité théorique, pour l’Etat de Genève, de recourir au Tribunal fédéral.</p>
<p>Tout a commencé en octobre 2022, avec une enquête que Sabrina Pisu a <a href="https://lespresso.it/c/-/2023/3/27/mio-figlio-confinato-in-una-scuola-ghetto-per-le-persone-con-disabilita/2849">écrite pour le célèbre hebdomadaire</a> de la péninsule, primée en Italie. Cet article a été réalisé à partir de témoignages récoltés auprès de parents d’enfants pris en charge, notamment, par l’Etablissement de pédagogie spécialisée (ECPS) Dupuy à Conches, relevant de l’Office médico-pédagogique lui-même rattaché au Département de l’instruction publique. Dans le canton de Genève, après la révélation des maltraitances commises au foyer de Mancy sur des enfants atteints de troubles du comportement, le sujet est resté ultrasensible, et les informations que recueille la journaliste étaient à l’évidence d’intérêt général.</p>
<h5>Rendez-vous annulé</h5>
<p>Les rapports sont d’emblée tendus avec Pierre-Antoine Preti, le chargé de communication de la conseillère d’Etat responsable, à l’époque, de l’instruction publique, Anne Emery-Torracinta. Sabrina Pisu parvient néanmoins à décrocher un rendez-vous avec la magistrate, mais la rencontre sera finalement annulée. Car entretemps, la journaliste, qui a rendez-vous avec mère de l’un des enfants pris en charge à Conches, l’accompagne au moment d’aller rechercher le garçon dans le préau, à la sortie de l’école. Un photographe est avec elles et prend des images, dont certaines en faisant voler un drone au-dessus du bâtiment. La mère a d’ailleurs prévenu l’école qu’elle serait accompagnée ce jour-là d’une journaliste et d’un photographe.</p>
<p>Pour le DIP et son chargé de communication, c’en était apparemment trop. Le rendez-vous avec la cheffe du Département est annulé et une plainte pénale déposée pour violation de domicile et contravention à l’interdiction de survol de bâtiments publics par des drones prescrite par la réglementation fédérale et cantonale sur l’espace aérien. Dans sa plainte, le Département fait état d’une prétendue « panique » que la venue de la journaliste et du photographe aurait semée auprès de certaines des enfants de l’établissement.</p>
<h5>Journaliste chevronnée</h5>
<p>Une enquête pénale est ouverte. Sabrina Pisu et le photographe doivent s’expliquer d’abord devant la police puis devant le Ministère public. En journaliste chevronnée – elle a réalisé nombre d’enquêtes sur la mafia et la corruption et pour cela a été lauréate de divers prix –, Sabrina Pisu sait qu’en aucun cas d’autres enfants ou d’autres parents ne devaient risquer de voir exposées leur image ni aucune information les concernant, et elle y a veillé. Plusieurs des témoignages recueillis par la police auprès du personnel de l’établissement vont d’ailleurs dans ce sens.</p>
<p>Il reste que les prévenus doivent attendre le printemps 2024 pour être mis hors de cause. Le Ministère public classe le dossier. En substance, retient le procureur, le préau de l’école n’est pas un espace clos au sens de l’article du code pénal relatif à la violation de domicile et de toute manière, ni l’école ni le Département n’ont signifié à la journaliste qu’elle n’était pas en droit d’y pénétrer. Quant à la législation sur l’aviation, s’il est exact que le survol d’un bâtiment public par un drone est interdit, seule une infraction par négligence aurait pu être reprochée au photographe ; or ladite réglementation ne sanctionne qu’une infraction intentionnelle.</p>
<h5>«Atteintes inacceptables à la liberté d&rsquo;informer»</h5>
<p>Interrogé cet été par <a href="https://www.heidi.news/suisse/a-geneve-le-dip-persecute-une-journaliste-dont-l-enquete-le-derange" target="_blank" rel="noopener"><em>Heidi news</em></a>, qui révèle l’affaire, RSF Suisse « s&rsquo;alarme des atteintes inacceptables à la liberté d&rsquo;informer dont ont été victimes les auteurs de cette enquête journalistique dont l&rsquo;intérêt public paraît indiscutable. » Le DIP n’a toutefois pas encore dit son dernier mot. Il saisit la Cour de justice – le tribunal supérieur du canton de Genève – en lui demandant d’annuler le classement et de forcer le Ministère public à poursuivre et condamner la journaliste et le photographe.</p>
<p>Les autorités paraissent convaincues qu’elles sont confrontées à une affaire de principe. C’est dans cet esprit en tout cas qu’elles semblent rédiger leur recours. Elle n’hésitent pas à y invoquer le cas célèbre, jugé par la Cour européenne des droits de l’homme, d’un journaliste qui, en Allemagne, pour tester la sécurité des aéroports, était monté à bord muni d’un couteau papillon – sa condamnation avait été jugée légitime.</p>
<h5>Classement confirmé</h5>
<p>Des arguments qui n’ont pourtant pas réussi à convaincre les juges genevois. Un arrêt daté du 3 septembre 2024 de la Chambre pénale de recours confirme le classement de l’affaire. Tout d’abord, observe cette décision, le DIP et les entités qui lui sont rattachées n’ont pas qualité pour se prévaloir dans leur recours d’une violation de la législation cantonale et fédérale sur l’espace aérien. Celle-ci ayant pour vocation essentielle de protéger la sécurité publique, et les autorités cantonales chargées de l’instruction publique n’ayant à l’évidence aucune prérogative en la matière, le Ministère public est en l’occurrence le seul maître d’éventuelles poursuites pénales.</p>
<p>Sur le second volet de l’affaire – la violation de domicile –, les juges constatent eux aussi, en plein accord avec le parquet, que le préau de l’école, compte tenu de la configuration particulière des lieux, ne constituait pas un espace clos au sens du code pénal. Personne, au surplus, n’ayant signifié au photographe et à la journaliste qu’ils n’avaient pas l’autorisation d’accéder au préau, il est impossible de considérer qu’ils ont pénétré sans droit dans un espace privatif. Prétendre le contraire reviendrait à interdire à tout tiers d’accompagner le parent d’un enfant dans le préau.</p>
<h5>«Réduire au silence les enfants les plus fragiles»</h5>
<p>« Ces deux dernières années ont été difficiles pour moi, fait part Sabrina Pisu, en raison de cette plainte pénale qui a conduit, notamment, à deux interrogatoires de longue durée, en janvier 2023 par la police et après en septembre par le Ministère public pour une audience de confrontation et d’audition de témoins. Durant les audiences, une éducatrice a confirmé que l’ECPS Dupuy a eté le théâtre de violences entre enfants, dont se plaignait dans mon article une mère. Je peine à voir un autre but à cette plainte que celui de me réduire au silence et, ce qui est plus grave encore, réduire au silence les enfants les plus fragiles dont les droits sont violés. Une procédure injuste et aussi punitive. Est-ce que c’est le prix à payer pour faire notre travail de journalistes indépendants ? Mon inquiétude, c’est que la plainte déposée contre moi va intimider d’autres journalistes et participe à garder les écoles spécialisées à l’abri des yeux de l’opinion publique, ce qui rend ces enfants complètement invisibles. »</p>
<p>Le Département, pour sa part, « ne commente pas les décisions de justice ni ne s&rsquo;exprime sur les cas particuliers », a fait savoir à RSF Suisse Constance Chaix, sa chargée d’information et de communication.</p>
<h5>Denis Masmejan, secrétaire général RSF Suisse</h5>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Solidarité avec les journalistes à Gaza</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/solidarite-avec-les-journalistes-a-gaza/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Oct 2024 08:53:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Newsletter 2024-03-FR]]></category>
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					<description><![CDATA[Editorial &#160; Dans ce numéro, nous mettons l’accent sur la tragédie du Moyen-Orient. Car c’est un triste record qui est d’ores et déjà battu, de très loin. En près d’un an, plus de 130 journalistes ont été tués à Gaza, dont 32 dans l’exercice de leur profession. Il faut ajouter les trois journalistes israéliens tués [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h2>Editorial<strong><br />
</strong></h2>
<p>&nbsp;</p>
<p>Dans ce numéro, nous mettons l’accent sur la tragédie du Moyen-Orient. Car c’est un triste record qui est d’ores et déjà battu, de très loin. En près d’un an, plus de 130 journalistes ont été tués à Gaza, dont 32 dans l’exercice de leur profession. Il faut ajouter les trois journalistes israéliens tués le 7 octobre, dont un en faisant son métier, et les quatre professionnels de l’information morts au Liban depuis les massacres de l’an dernier et la réplique israélienne qui s’en est suivie, dont trois en accomplissant leur fonction.</p>
<p>Ces massacres doivent cesser. « Au rythme où les journalistes sont tués à Gaza, il n’y aura bientôt plus personne pour vous informer », proclamait la banderole que nous avons déployée lors d’une <a href="https://rsf-ch.ch/au-rythme-ou-les-journalistes-sont-tues-a-gaza-il-ny-aura-bientot-plus-personne-pour-vous-informer/" target="_blank" rel="noopener">action de soutien et de solidarité</a>, jeudi 26 septembre sur la Place des Nations à Genève, en même temps que nos collègues de RSF faisaient de même dans dix villes sur quatre continents où nous sommes présents.</p>
<h5>La parole à une journaliste gazaouie</h5>
<p>Si rien n’est fait, on s’achemine en effet vers une forme de black-out de l’information. Car à l’élimination physique des journalistes à Gaza s’ajoute le fait que l’armée israélienne n’autorise pas les journalistes palestiniens à quitter l’enclave, ni celles et ceux qui y seraient parvenus à y revenir, et pas davantage les journalistes étrangers à s’y rendre – ce que nous avons toujours déploré, appelant la communauté internationale à faire pression sur Israël pour qu’il mette un terme à ce blocus de l’information.</p>
<p>Notre newsletter de ce jour <a href="https://rsf-ch.ch/gaza-le-temoignage-de-la-journaliste-ola-al-zaanoun/" target="_blank" rel="noopener">donne la parole à une journaliste gazaouie</a>, Ola Al-Zaanoon, notre représentante pour la bande de Gaza, qui a finalement dû se résoudre à quitter l’enclave. Elle nous décrit le quotidien des journalistes sous le déluge de feu à Gaza.</p>
<h5>Soupçons sérieux</h5>
<p>Notre organisation a enquêté sur la mort de nos confrères et consœurs et continue de le faire. En l’état de nos informations, il existe de sérieux soupçons que les 32 journalistes tués en faisant leur métier à Gaza ont été ciblés en tant que tels par l’armée israélienne. Si nos informations devaient se confirmer, il ne s’agirait pas seulement d’un désastre moral mais bien aussi de crimes de guerre. Et ces crimes ne doivent pas rester impunis. C’est pourquoi nous avons transmis ces cas et le résultat de nos investigations au bureau du procureur de la <a href="https://rsf-ch.ch/gaza-rsf-depose-une-quatrieme-plainte-en-un-an-aupres-de-la-cpi-pour-crimes-de-guerre-commis-par-israel-contre-les-journalistes/" target="_blank" rel="noopener">Cour pénale internationale</a>.</p>
<p>Prenons un seul exemple, celui du journaliste indépendant Ibrahim Muhareb. <a href="https://rsf.org/fr/rsf-d%C3%A9nonce-le-ciblage-d-un-groupe-de-journalistes-%C3%A0-gaza-par-un-char-isra%C3%A9lien-qui-tu%C3%A9-ibrahim" target="_blank" rel="noopener">Le dimanche 18 août dernier</a>, il se rendait, en compagnie d’un groupe d’autres journalistes, à Khan Younès pour couvrir le retrait des blindés israéliens, quand l’un des chars a ouvert le feu sur le groupe. Tous les journalistes portaient un gilet de presse qui les identifiait sans équivoque. Une vidéo enregistrée par l’un des membres du groupe montre le char approchant du bout d’une rue, face aux journalistes, et ouvrant le feu sur eux. Une autre journaliste a été blessée mais a survécu. Ibrahim Muhareb, lui, a été touché mortellement.</p>
<p>Comme si la mort ne suffisait pas, nos confrères et consœurs à Gaza sont également l’objet de campagnes haineuses qui visent à les faire passer pour des combattants du Hamas déguisés en journalistes. Ces accusations sont dégradantes. Elles nous obligent à être très clairs : Reporters sans frontières ne considère comme journalistes et professionnels de l’information et ne défend que des personnes qui se vouent exclusivement à l’information et ne participent aucunement aux combats. Il en va des valeurs que nous défendons et nous vérifions scrupuleusement et en permanence que celles-ci sont respectées. C’est pourquoi nous pensons être légitimés à nous élever avec la plus grand vigueur contre les fausses accusations lancées par la propagande israélienne ayant cherché à salir sans preuves plusieurs journalistes palestiniens.</p>
<h6>Denis Masmejan, secrétaire général de RSF Suisse</h6>
]]></content:encoded>
					
		
		
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