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	<title>rsfsuisse | Reporter sans frontières</title>
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		<title>La campagne de Donald Trump contre les médias continue de s&#8217;intensifier</title>
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		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 05 Oct 2026 09:06:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[Donald Trump et les médias entretiennent depuis plus de dix ans désormais une relation difficile. On s’est depuis longtemps habitué aux frasques du président américain, qui s’en prend sans relâche à l’appareil médiatique qu’il accuse de diffuser des «fake news», comme CNN, le New York Times, etc. Personne n’est plus surpris depuis longtemps lorsqu’il insulte [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;"><strong>Donald Trump et les médias entretiennent depuis plus de dix ans désormais une relation difficile. On s’est depuis longtemps habitué aux frasques du président américain, qui s’en prend sans relâche à l’appareil médiatique qu’il accuse de diffuser des «fake news», comme CNN, le <em>New York Times</em>, etc. Personne n’est plus surpris depuis longtemps lorsqu’il insulte des journalistes devant les caméras ou les dénonce en ligne comme des « ennemis du peuple ». Et depuis longtemps déjà, ses confrontations incessantes avec les médias se sont transformées en une campagne systématique visant à restreindre et à contrôler les médias critiques du pays au nom d’une prétendue liberté d’expression.</strong></p>
<p style="font-weight: 400;">La situation devient de plus en plus difficile pour la presse aux États-Unis. Après que l’agence de presse AP s’est vu refuser l’accès à la Maison Blanche dès le printemps 2025, CNN, MS Now et Politico ont connu le même sort en septembre. Parallèlement, la FCC, l’autorité de régulation chargée de la radiodiffusion, des médias, des communications et des licences de diffusion, menace de retirer leur licence à de nombreuses chaînes de télévision. Trump a intenté des poursuites pour plusieurs milliards contre le <em>New York Times</em>, ainsi que contre la BBC britannique. Si le gouvernement américain avait son mot à dire, les correspondants étrangers ne se verraient accorder qu’un permis de séjour de huit mois seulement. Le Pentagone a imposé des directives strictes aux journalistes qui couvrent l’actualité du ministère de la Défense dirigé par Pete Hegseth. Et les moyens financiers alloués aux chaînes de radio et de télévision publiques (déjà traditionnellement fragiles), tant aux États-Unis qu’à l’étranger, devraient être considérablement réduits, voire supprimés.</p>
<p style="font-weight: 400;">Clayton Weimers, directeur du bureau de RSF pour l’Amérique du Nord, basé à Washington, DC, <a href="https://www.nytimes.com/2026/09/12/us/politics/trump-free-speech.html" target="_blank" rel="noopener">a récemment déclaré au <em>New York Times</em></a> : « Il ne se passe pas une semaine sans qu’une nouvelle mesure ne soit prise pour restreindre davantage la liberté de la presse dans le pays. Nous constatons une restriction considérable de celle-ci. »</p>
<p style="font-weight: 400;">Dans la vision de Donald Trump, tout cela s’inscrit dans le cadre de la promotion d’une prétendue liberté d’expression. Mais ce que font en réalité Trump et ses partisans, c’est transformer la « liberté d’expression » en un slogan de combat afin de restreindre toujours davantage le journalisme « grand public » indépendant. Thibaut Bruttin, directeur général du secrétariat international de RSF à Paris, a <a href="https://rsf.org/en/free-speech-vs-free-press-new-book-defends-journalism-gives-proceeds-rsf" target="_blank" rel="noopener">récemment publié un ouvrage consacré précisément à ce sujet</a>. Dans la logique de Trump, la liberté d’expression s’oppose à la liberté de la presse : les médias et les instances de contrôle fonctionneraient comme des appareils de censure et restreindraient la liberté d’expression de chaque individu.</p>
<p style="font-weight: 400;">Les instances du débat public – notamment les médias indépendants –, qui devraient en réalité surveiller d’un œil critique le président, sont ainsi de plus en plus remplacées, sous Trump, par des loyalistes qui confirment, renforcent et diffusent le discours de Trump, tout en sanctionnant et en dénonçant les voix critiques. Dans le Classement mondial de la liberté de la presse publié chaque année par RSF, les États-Unis affichent donc sans grande surprise, en 2026, leur pire score jamais enregistré depuis la première édition de 2002 et occupent la 64e place, derrière des pays comme le Brésil, la Mauritanie ou le Botswana.</p>
<p style="font-weight: 400;">Steven Cheung, directeur de la communication de Trump à la Maison Blanche, n’y voit toutefois aucun problème. Début 2026, <a href="https://x.com/StevenCheung47/status/2016917181649363299" target="_blank" rel="noopener">sur X,</a> il a ouvertement qualifié ce contrôle croissant sur le débat public de « Full Spectrum Dominance », c’est-à-dire une domination sur tous les fronts.</p>
<p style="font-weight: 400;">Trump n’a pas encore atteint cet objectif. Et il ne pourra sans doute pas y parvenir aussi facilement qu’il le souhaiterait. En effet, les tribunaux du pays continuent de jouer leur rôle d’instances de contrôle et imposent des limites aux fantasmes de contrôle du président. La décision de réduire drastiquement les permis de séjour des correspondants a été annulée en septembre. Il en va de même pour les coupes budgétaires drastiques imposées à <em>Voice of America</em>. Et les poursuites judiciaires de Trump, qui se chiffrent en milliards, notamment contre le <em>New York Times</em> pour diffamation présumée, ont également <a href="https://www.bbc.com/news/articles/c62n7025wdgo" target="_blank" rel="noopener">été jugées illégales</a>. Les restrictions d’accès imposées à l’AP en février 2025, ainsi qu’à CNN, MS Now et Politico en septembre dernier, ont elles aussi été jugées inconstitutionnelles par les tribunaux et les experts constitutionnels américains.</p>
<p style="font-weight: 400;">Mais ces longues procédures judiciaires sont coûteuses et mobilisent les ressources des médias, ce qui les détourne de leur mission première, à savoir le travail journalistique. Et même après les décisions de justice, la situation n’est toujours pas claire. Le litige entre l’AP et l’administration Trump, par exemple, dure depuis plus d’un an et demi. La situation de <em>Voice of America</em> reste chaotique, l’avenir de la chaîne est totalement incertain – malgré l’illégalité des coupes budgétaires de l’année dernière.</p>
<p style="font-weight: 400;">À cela s’ajoute le fait que Trump ne semble pas disposé à se conformer aux décisions de justice. CNN, MS Now et <em>Politico</em> se voient toujours refuser l’accès à la Maison Blanche. Et Trump a déjà menacé d’intenter une nouvelle action en justice, également de plusieurs milliards, contre le <em>New York Times</em>. Son argument n’est pas nouveau : il a publié sur Truth Social que le journal avait depuis bien trop longtemps l’autorisation de mentir librement, de le calomnier et de le diffamer.</p>
<p style="font-weight: 400;">En somme, le président reproche à la presse libre exactement ce qu’il fait lui-même en permanence : mentir, diffamer, dénoncer.</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>Valentin Rubin, Policy &amp; Advocacy Manager de RSF Suisse</strong></p>
<p><em>(Photo: Keystone-ATS)</em></p>
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		<title>Dangereux affaiblissement du secret des sources en Suisse</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/dangereux-affaiblissement-du-secret-des-sources-en-suisse-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 05 Oct 2026 08:54:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
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					<description><![CDATA[Le Conseil des Etats vient d’ouvrir une brèche dans la protection des sources des journalistes en Suisse. En approuvant à une très large majorité de 34 voix contre 10, le 24 septembre, une motion et un postulat, les sénateurs ont montré qu’ils étaient prêts à affaiblir l’une des règles les plus fondamentales du journalisme. Engagée [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;">Le Conseil des Etats vient d’ouvrir une brèche dans la protection des sources des journalistes en Suisse. En approuvant à une très large majorité de 34 voix contre 10, le 24 septembre, une motion et un postulat, les sénateurs ont montré qu’ils étaient prêts à affaiblir l’une des règles les plus fondamentales du journalisme. Engagée aux côtés de nombreuses autres organisations du secteur des médias pour combattre ces propositions, RSF Suisse déplore vivement ce vote et rappelle l’importance, souvent mal comprise, du secret des sources pour que le public puisse disposer d’une information véritablement indépendante et critique.</p>
<p style="font-weight: 400;">Le postulat approuvé par la chambre des cantons est transmis directement au Conseil fédéral, mais la motion, plus contraignante, doit encore passer par le Conseil national. L’ampleur du soutien qu’elle a reçu dans la première chambre augure mal, il faut le reconnaître, de l’issue du processus parlementaire. Notre organisation continuera à déployer tous les efforts nécessaires pour expliquer la nécessité impérieuse d’une protection aussi étendue que possible du secret rédactionnel.</p>
<p style="font-weight: 400;">Celui-ci ne constitue pas un privilège, comme on l’entend souvent, des professionnels de l’information mais une composante du droit du public à l’information. D’innombrables précédents l’ont montré : les médias doivent pouvoir garantir une confidentialité absolue à leurs sources pour être en mesure de révéler des informations embarrassantes pour les pouvoirs en place si l’intérêt général le justifie.</p>
<p style="font-weight: 400;">Pensons au Watergate : ce n’est que sur son lit de mort que la source des journalistes du <em>Washington Post</em> – le numéro deux du FBI – a révélé être à l’origine des fuites qui ont permis au public de connaître la vérité sur l’espionnage du Parti démocrate auquel se livrait l’équipe du président Nixon, avec l’accord de celui-ci. Sans cette source, et sans le travail d’enquête opiniâtre des journalistes, Nixon aurait terminé son mandat sans avoir à rendre aucun compte.</p>
<p style="font-weight: 400;">A la tribune du Conseil des Etats, plusieurs élus sont venus expliquer qu’une violation du secret de fonction par un agent de l’Etat – le délit qu’avait commis <em>Deep Throat</em>, le surnom de la mystérieuse source du Watergate – justifie une levée du secret des sources ou à tout le moins son affaiblissement. C’est l’une des infractions pour lesquelles aucune exception n’est aujourd’hui prévue et le statu quo doit être maintenu. Car c’est l’une des infractions les plus caractéristiques et les plus importantes en matière de protection des sources. A défaut, c’est une bonne partie de la légitimité et de l’utilité du secret rédactionnel qui risque de disparaître.</p>
<p style="font-weight: 400;">Le vote du Conseil des Etats confirme une fois de plus que le principal point faible de la liberté de la presse en Suisse se situe dans son environnement législatif. C’est ce que montre pour notre pays, année après année, le Classement mondial de la liberté de la presse publié par RSF. Dans cette perspective, il faut noter que l’affaiblissement du secret des sources survient après le durcissement des mesures provisionnelles de la justice civile contre les médias, l’extension de l’article pénal sur le secret bancaire aux journalistes utilisant des données bancaires de source illégale et un rétrécissement constant du champ d’application du droit d’accès aux documents administratifs.</p>
<p style="font-weight: 400;">Cette évolution doit cesser. La majorité de droite du Parlement fédéral doit comprendre que la défense de la liberté de la presse n’est pas une revendication de gauche : elle fait partie des règles du jeu nécessaires pour que l’Etat soit contraint de rendre des comptes aux citoyens et à la société civile.</p>
<h5 style="font-weight: 400;"><strong>Denis Masmejan, secrétaire général de RSF Suisse</strong></h5>
<p style="font-weight: 400;">Lire aussi l’opinion publiée avant le débat dans le quotidien <a href="https://www.letemps.ch/opinions/chroniques/le-parlement-ne-doit-pas-eroder-le-secret-des-sources-des-journalistes?srsltid=AU7gw4XrrPpiNWZRTcH6qqHNXcJsVL0dnMnikarqDtfziIQRUS7gT9I-">Le Temps</a>.</p>
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		<title>La campagne de Donald Trump contre les médias continue de s&#8217;intensifier</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/la-campagne-de-donald-trump-contre-les-medias-continue-de-sintensifier/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Sep 2026 12:04:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Newsletter 2026-08-FR]]></category>
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					<description><![CDATA[Donald Trump et les médias entretiennent depuis plus de dix ans désormais une relation difficile. On s’est depuis longtemps habitué aux frasques du président américain, qui s’en prend sans relâche à l’appareil médiatique qu’il accuse de diffuser des «fake news», comme CNN, le New York Times, etc. Personne n’est plus surpris depuis longtemps lorsqu’il insulte [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;"><strong>Donald Trump et les médias entretiennent depuis plus de dix ans désormais une relation difficile. On s’est depuis longtemps habitué aux frasques du président américain, qui s’en prend sans relâche à l’appareil médiatique qu’il accuse de diffuser des «fake news», comme CNN, le <em>New York Times</em>, etc. Personne n’est plus surpris depuis longtemps lorsqu’il insulte des journalistes devant les caméras ou les dénonce en ligne comme des « ennemis du peuple ». Et depuis longtemps déjà, ses confrontations incessantes avec les médias se sont transformées en une campagne systématique visant à restreindre et à contrôler les médias critiques du pays au nom d’une prétendue liberté d’expression.</strong></p>
<p style="font-weight: 400;">La situation devient de plus en plus difficile pour la presse aux États-Unis. Après que l’agence de presse AP s’est vu refuser l’accès à la Maison Blanche dès le printemps 2025, CNN, MS Now et Politico ont connu le même sort en septembre. Parallèlement, la FCC, l’autorité de régulation chargée de la radiodiffusion, des médias, des communications et des licences de diffusion, menace de retirer leur licence à de nombreuses chaînes de télévision. Trump a intenté des poursuites pour plusieurs milliards contre le <em>New York Times</em>, ainsi que contre la BBC britannique. Si le gouvernement américain avait son mot à dire, les correspondants étrangers ne se verraient accorder qu’un permis de séjour de huit mois seulement. Le Pentagone a imposé des directives strictes aux journalistes qui couvrent l’actualité du ministère de la Défense dirigé par Pete Hegseth. Et les moyens financiers alloués aux chaînes de radio et de télévision publiques (déjà traditionnellement fragiles), tant aux États-Unis qu’à l’étranger, devraient être considérablement réduits, voire supprimés.</p>
<p style="font-weight: 400;">Clayton Weimers, directeur du bureau de RSF pour l’Amérique du Nord, basé à Washington, DC, <a href="https://www.nytimes.com/2026/09/12/us/politics/trump-free-speech.html" target="_blank" rel="noopener">a récemment déclaré au <em>New York Times</em></a> : « Il ne se passe pas une semaine sans qu’une nouvelle mesure ne soit prise pour restreindre davantage la liberté de la presse dans le pays. Nous constatons une restriction considérable de celle-ci. »</p>
<p style="font-weight: 400;">Dans la vision de Donald Trump, tout cela s’inscrit dans le cadre de la promotion d’une prétendue liberté d’expression. Mais ce que font en réalité Trump et ses partisans, c’est transformer la « liberté d’expression » en un slogan de combat afin de restreindre toujours davantage le journalisme « grand public » indépendant. Thibaut Bruttin, directeur général du secrétariat international de RSF à Paris, a <a href="https://rsf.org/en/free-speech-vs-free-press-new-book-defends-journalism-gives-proceeds-rsf" target="_blank" rel="noopener">récemment publié un ouvrage consacré précisément à ce sujet</a>. Dans la logique de Trump, la liberté d’expression s’oppose à la liberté de la presse : les médias et les instances de contrôle fonctionneraient comme des appareils de censure et restreindraient la liberté d’expression de chaque individu.</p>
<p style="font-weight: 400;">Les instances du débat public – notamment les médias indépendants –, qui devraient en réalité surveiller d’un œil critique le président, sont ainsi de plus en plus remplacées, sous Trump, par des loyalistes qui confirment, renforcent et diffusent le discours de Trump, tout en sanctionnant et en dénonçant les voix critiques. Dans le Classement mondial de la liberté de la presse publié chaque année par RSF, les États-Unis affichent donc sans grande surprise, en 2026, leur pire score jamais enregistré depuis la première édition de 2002 et occupent la 64e place, derrière des pays comme le Brésil, la Mauritanie ou le Botswana.</p>
<p style="font-weight: 400;">Steven Cheung, directeur de la communication de Trump à la Maison Blanche, n’y voit toutefois aucun problème. Début 2026, <a href="https://x.com/StevenCheung47/status/2016917181649363299" target="_blank" rel="noopener">sur X,</a> il a ouvertement qualifié ce contrôle croissant sur le débat public de « Full Spectrum Dominance », c’est-à-dire une domination sur tous les fronts.</p>
<p style="font-weight: 400;">Trump n’a pas encore atteint cet objectif. Et il ne pourra sans doute pas y parvenir aussi facilement qu’il le souhaiterait. En effet, les tribunaux du pays continuent de jouer leur rôle d’instances de contrôle et imposent des limites aux fantasmes de contrôle du président. La décision de réduire drastiquement les permis de séjour des correspondants a été annulée en septembre. Il en va de même pour les coupes budgétaires drastiques imposées à <em>Voice of America</em>. Et les poursuites judiciaires de Trump, qui se chiffrent en milliards, notamment contre le <em>New York Times</em> pour diffamation présumée, ont également <a href="https://www.bbc.com/news/articles/c62n7025wdgo" target="_blank" rel="noopener">été jugées illégales</a>. Les restrictions d’accès imposées à l’AP en février 2025, ainsi qu’à CNN, MS Now et Politico en septembre dernier, ont elles aussi été jugées inconstitutionnelles par les tribunaux et les experts constitutionnels américains.</p>
<p style="font-weight: 400;">Mais ces longues procédures judiciaires sont coûteuses et mobilisent les ressources des médias, ce qui les détourne de leur mission première, à savoir le travail journalistique. Et même après les décisions de justice, la situation n’est toujours pas claire. Le litige entre l’AP et l’administration Trump, par exemple, dure depuis plus d’un an et demi. La situation de <em>Voice of America</em> reste chaotique, l’avenir de la chaîne est totalement incertain – malgré l’illégalité des coupes budgétaires de l’année dernière.</p>
<p style="font-weight: 400;">À cela s’ajoute le fait que Trump ne semble pas disposé à se conformer aux décisions de justice. CNN, MS Now et <em>Politico</em> se voient toujours refuser l’accès à la Maison Blanche. Et Trump a déjà menacé d’intenter une nouvelle action en justice, également de plusieurs milliards, contre le <em>New York Times</em>. Son argument n’est pas nouveau : il a publié sur Truth Social que le journal avait depuis bien trop longtemps l’autorisation de mentir librement, de le calomnier et de le diffamer.</p>
<p style="font-weight: 400;">En somme, le président reproche à la presse libre exactement ce qu’il fait lui-même en permanence : mentir, diffamer, dénoncer.</p>
<h6 style="font-weight: 400;"><strong>Valentin Rubin, Policy &amp; Advocacy Manager de RSF Suisse</strong></h6>
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		<title>Dangereux affaiblissement du secret des sources en Suisse</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/dangereux-affaiblissement-du-secret-des-sources-en-suisse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Sep 2026 13:15:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Newsletter 2026-08-FR]]></category>
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					<description><![CDATA[Editorial Le Conseil des Etats vient d’ouvrir une brèche dans la protection des sources des journalistes en Suisse. En approuvant à une très large majorité de 34 voix contre 10, le 24 septembre, une motion et un postulat, les sénateurs ont montré qu’ils étaient prêts à affaiblir l’une des règles les plus fondamentales du journalisme. [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h2>Editorial</h2>
<p style="font-weight: 400;">Le Conseil des Etats vient d’ouvrir une brèche dans la protection des sources des journalistes en Suisse. En approuvant à une très large majorité de 34 voix contre 10, le 24 septembre, une motion et un postulat, les sénateurs ont montré qu’ils étaient prêts à affaiblir l’une des règles les plus fondamentales du journalisme. Engagée aux côtés de nombreuses autres organisations du secteur des médias pour combattre ces propositions, RSF Suisse déplore vivement ce vote et rappelle l’importance, souvent mal comprise, du secret des sources pour que le public puisse disposer d’une information véritablement indépendante et critique.</p>
<p style="font-weight: 400;">Le postulat approuvé par la chambre des cantons est transmis directement au Conseil fédéral, mais la motion, plus contraignante, doit encore passer par le Conseil national. L’ampleur du soutien qu’elle a reçu dans la première chambre augure mal, il faut le reconnaître, de l’issue du processus parlementaire. Notre organisation continuera à déployer tous les efforts nécessaires pour expliquer la nécessité impérieuse d’une protection aussi étendue que possible du secret rédactionnel.</p>
<p style="font-weight: 400;">Celui-ci ne constitue pas un privilège, comme on l’entend souvent, des professionnels de l’information mais une composante du droit du public à l’information. D’innombrables précédents l’ont montré : les médias doivent pouvoir garantir une confidentialité absolue à leurs sources pour être en mesure de révéler des informations embarrassantes pour les pouvoirs en place si l’intérêt général le justifie.</p>
<p style="font-weight: 400;">Pensons au Watergate : ce n’est que sur son lit de mort que la source des journalistes du <em>Washington Post</em> – le numéro deux du FBI – a révélé être à l’origine des fuites qui ont permis au public de connaître la vérité sur l’espionnage du Parti démocrate auquel se livrait l’équipe du président Nixon, avec l’accord de celui-ci. Sans cette source, et sans le travail d’enquête opiniâtre des journalistes, Nixon aurait terminé son mandat sans avoir à rendre aucun compte.</p>
<p style="font-weight: 400;">A la tribune du Conseil des Etats, plusieurs élus sont venus expliquer qu’une violation du secret de fonction par un agent de l’Etat – le délit qu’avait commis <em>Deep Throat</em>, le surnom de la mystérieuse source du Watergate – justifie une levée du secret des sources ou à tout le moins son affaiblissement. C’est l’une des infractions pour lesquelles aucune exception n’est aujourd’hui prévue et le statu quo doit être maintenu. Car c’est l’une des infractions les plus caractéristiques et les plus importantes en matière de protection des sources. A défaut, c’est une bonne partie de la légitimité et de l’utilité du secret rédactionnel qui risque de disparaître.</p>
<p style="font-weight: 400;">Le vote du Conseil des Etats confirme une fois de plus que le principal point faible de la liberté de la presse en Suisse se situe dans son environnement législatif. C’est ce que montre pour notre pays, année après année, le Classement mondial de la liberté de la presse publié par RSF. Dans cette perspective, il faut noter que l’affaiblissement du secret des sources survient après le durcissement des mesures provisionnelles de la justice civile contre les médias, l’extension de l’article pénal sur le secret bancaire aux journalistes utilisant des données bancaires de source illégale et un rétrécissement constant du champ d’application du droit d’accès aux documents administratifs.</p>
<p style="font-weight: 400;">Cette évolution doit cesser. La majorité de droite du Parlement fédéral doit comprendre que la défense de la liberté de la presse n’est pas une revendication de gauche : elle fait partie des règles du jeu nécessaires pour que l’Etat soit contraint de rendre des comptes aux citoyens et à la société civile.</p>
<h5 style="font-weight: 400;"><strong>Denis Masmejan, secrétaire général de RSF Suisse</strong></h5>
<p style="font-weight: 400;">Lire aussi l’opinion publiée avant le débat dans le quotidien <a href="https://www.letemps.ch/opinions/chroniques/le-parlement-ne-doit-pas-eroder-le-secret-des-sources-des-journalistes?srsltid=AU7gw4XrrPpiNWZRTcH6qqHNXcJsVL0dnMnikarqDtfziIQRUS7gT9I-">Le Temps</a>.</p>
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		<title>Cisjordanie occupée : la nouvelle norme ?</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/cisjordanie-occupee-la-nouvelle-norme-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Aug 2026 09:14:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[Grenades aveuglantes, gaz lacrymogène, munitions réelles, détentions : l’action menée par les autorités et l’armée israélienne à l’encontre des professionnels des médias palestiniens en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est se caractérise par sa dureté et son arbitraire. Cela ne suscite toutefois qu’une faible opposition au niveau international. Islam Amarneh est une journaliste de 31 ans [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;"><strong>Grenades aveuglantes, gaz lacrymogène, munitions réelles, détentions : l’action menée par les autorités et l’armée israélienne à l’encontre des professionnels des médias palestiniens en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est se caractérise par sa dureté et son arbitraire. Cela ne suscite toutefois qu’une faible opposition au niveau international.</strong></p>
<p style="font-weight: 400;">Islam Amarneh est une journaliste de 31 ans originaire de Cisjordanie ; elle travaille habituellement pour l’agence de presse féministe palestinienne Nawa. Or, le 3 mai, précisément à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, elle a été arrêtée au milieu de la nuit au sud de Bethléem par des soldats israéliens, au domicile de son père. Depuis lors, elle est incarcérée, sans procès ni audience. Une telle détention est possible en vertu de la législation israélienne, qui autorise le recours à une « détention administrative » à l&rsquo;encontre de personnes dont les autorités estiment qu&rsquo;elles pourraient enfreindre la loi à l&rsquo;avenir.</p>
<p style="font-weight: 400;">En vertu de cet instrument juridique controversé, Israël détient actuellement plus de 3 000 Palestiniens, dont certains pour une durée indéterminée. Parmi eux figurent au moins 19 professionnels des médias. Islam Amarneh est l’une d’entre eux, tout comme son frère Osayd, également journaliste, qui a été incarcéré il y a exactement un an, le 27 août 2025. Selon les autorités israéliennes, les deux frère et sœur représentaient un risque pour la sécurité nationale d’Israël, raison pour laquelle ils ont été placés en détention pour une durée indéterminée.</p>
<p style="font-weight: 400;">La détention de ces deux frère et sœur illustre parfaitement le prix que les journalistes de Cisjordanie doivent payer pour exercer leur métier. RSF a documenté, cet été encore,<a href="https://rsf.org/fr/cisjordanie-larm%C3%A9e-isra%C3%A9lienne-multiplie-les-violences-contre-les-reporters-palestiniens" target="_blank" rel="noopener"> toute une série d’agressions</a> commises par les autorités et l’armée à l’encontre de professionnels des médias. Le 11 mai, l’armée israélienne a utilisé des gaz lacrymogènes et des grenades aveuglantes contre des journalistes dans le camp de réfugiés de Qalandia, près de Jérusalem. Le 16 mai, l’armée israélienne a interdit l’accès du camp de réfugiés près de Jénine aux professionnels des médias. Le 25 mai, la police de Jérusalem a arrêté un journaliste palestinien de 25 ans près de la mosquée Al-Aqsa, dans la vieille ville, et lui a interdit l’accès au complexe de la mosquée pendant six mois. Le 7 juin, l’armée israélienne a même ouvert le feu et tiré sur un groupe de professionnels des médias qui se rendaient au camp de réfugiés de Balata, près de Naplouse. Parmi eux se trouvait notamment le photographe de l’agence américaine Associated Press, Majdi Mohammed Shteih.</p>
<h5 style="font-weight: 400;"><strong>La presse internationale est également prise pour cible</strong></h5>
<p style="font-weight: 400;">Outre ces mesures à l&rsquo;encontre des journalistes palestiniens, la presse internationale en Israël et en Cisjordanie a récemment fait l&rsquo;objet d&rsquo;une pression croissante de la part d&rsquo;Israël. La journaliste française Alice Froussard, qui travaille notamment pour la RTS, a été<a href="https://rsf-ch.ch/le-refoulement-de-la-journaliste-francaise-alice-froussard-par-israel-apres-gaza-le-verrouillage-informationnel-de-la-cisjordanie/" target="_blank" rel="noopener"> empêchée d&rsquo;entrer sur le territoire et expulsée</a> en juin à l&rsquo;aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv. La journaliste espagnole Queralt Castillo s’est également vu refuser l’entrée en Israël en janvier 2026. De même, entre juillet 2025 et janvier 2026, des interdictions d’entrée ont été<a href="https://rsf.org/fr/isra%C3%ABl-rsf-d%C3%A9nonce-linterdiction-d-entr%C3%A9e-sur-le-territoire-de-la-journaliste-espagnole-queralt"> prononcées</a> à l’encontre de la journaliste française Khadija Toufik et du journaliste italien Alessandro Stefanelli.</p>
<p style="font-weight: 400;">Heureusement, aucun journaliste n’a été tué ou gravement blessé lors de tous ces incidents. Cela n’en rend toutefois pas moins graves l’arbitraire et les atteintes à la liberté de la presse commises par les autorités israéliennes. Au contraire : elles méritent toute notre attention, tout comme c’est le cas dans d’autres contextes. Israël figure parmi les plus grandes prisons au monde pour les professionnels des médias. Selon les données recueillies par Reporters sans frontières, seuls la Chine, la Russie, la Birmanie et la Biélorussie comptent davantage de journalistes emprisonnés qu’Israël.</p>
<p style="font-weight: 400;">Les mesures prises par Israël à l’encontre des journalistes palestiniens et internationaux en Cisjordanie semblent être devenues depuis longtemps la nouvelle norme. Compte tenu de la guerre menée par Israël dans la bande de Gaza, des destructions qui y règnent et de la situation qui reste précaire, ces faits ne retiennent plus guère l’attention de la communauté internationale. Pourtant, ces développements sont révélateurs du deuxième front de la guerre menée par Israël : outre la campagne militaire visant à contrôler militairement la bande de Gaza, le gouvernement de Netanyahou s’efforce tout autant de contrôler le récit de la guerre et du conflit entre Israéliens et Palestiniens. Dans cette logique, les journalistes qui rapporteraient des fais contredisant ce récit ne sont qu’une source de perturbation. Dans la bande de Gaza, où plus de 200 journalistes ont déjà été tués par des attaques israéliennes, cela semble hélas avoir été une évidence. Mais il en va de même en Cisjordanie. RSF demande que ces pratiques cessent, que les journalistes détenus arbitrairement soient libérés et que les pays alliés de l’Etat d’Israël fassent pression en ce sens.</p>
<h6><strong>Valentin Rubin, Policy &amp; Advocacy Manager RSF Suisse</strong></h6>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Cisjordanie occupée : la nouvelle norme ?</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/cisjordanie-occupee-la-nouvelle-norme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Aug 2026 07:31:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Newsletter 2026-07-FR]]></category>
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					<description><![CDATA[Editorial Grenades aveuglantes, gaz lacrymogène, munitions réelles, détentions : l’action menée par les autorités et l’armée israélienne à l’encontre des professionnels des médias palestiniens en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est se caractérise par sa dureté et son arbitraire. Cela ne suscite toutefois qu’une faible opposition au niveau international. Islam Amarneh est une journaliste de 31 [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h2>Editorial</h2>
<p style="font-weight: 400;"><strong>Grenades aveuglantes, gaz lacrymogène, munitions réel</strong><strong>les, détentions : l’action menée par les autorités et l’armée israélienne à l’encontre des professionnels des médias palestiniens en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est se caractérise par sa dureté et son arbitraire. Cela ne suscite toutefois qu’une faible opposition au niveau international.</strong></p>
<p style="font-weight: 400;">Islam Amarneh est une journaliste de 31 ans originaire de Cisjordanie ; elle travaille habituellement pour l’agence de presse féministe palestinienne Nawa. Or, le 3 mai, précisément à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, elle a été arrêtée au milieu de la nuit au sud de Bethléem par des soldats israéliens, au domicile de son père. Depuis lors, elle est incarcérée, sans procès ni audience. Une telle détention est possible en vertu de la législation israélienne, qui autorise le recours à une « détention administrative » à l&rsquo;encontre de personnes dont les autorités estiment qu&rsquo;elles pourraient enfreindre la loi à l&rsquo;avenir.</p>
<p style="font-weight: 400;">En vertu de cet instrument juridique controversé, Israël détient actuellement plus de 3 000 Palestiniens, dont certains pour une durée indéterminée. Parmi eux figurent au moins 19 professionnels des médias. Islam Amarneh est l’une d’entre eux, tout comme son frère Osayd, également journaliste, qui a été incarcéré il y a exactement un an, le 27 août 2025. Selon les autorités israéliennes, les deux frère et sœur représentaient un risque pour la sécurité nationale d’Israël, raison pour laquelle ils ont été placés en détention pour une durée indéterminée.</p>
<p style="font-weight: 400;">La détention de ces deux frère et sœur illustre parfaitement le prix que les journalistes de Cisjordanie doivent payer pour exercer leur métier. RSF a documenté, cet été encore,<a href="https://rsf.org/fr/cisjordanie-larm%C3%A9e-isra%C3%A9lienne-multiplie-les-violences-contre-les-reporters-palestiniens"> toute une série d’agressions</a> commises par les autorités et l’armée à l’encontre de professionnels des médias. Le 11 mai, l’armée israélienne a utilisé des gaz lacrymogènes et des grenades aveuglantes contre des journalistes dans le camp de réfugiés de Qalandia, près de Jérusalem. Le 16 mai, l’armée israélienne a interdit l’accès du camp de réfugiés près de Jénine aux professionnels des médias. Le 25 mai, la police de Jérusalem a arrêté un journaliste palestinien de 25 ans près de la mosquée Al-Aqsa, dans la vieille ville, et lui a interdit l’accès au complexe de la mosquée pendant six mois. Le 7 juin, l’armée israélienne a même ouvert le feu et tiré sur un groupe de professionnels des médias qui se rendaient au camp de réfugiés de Balata, près de Naplouse. Parmi eux se trouvait notamment le photographe de l’agence américaine Associated Press, Majdi Mohammed Shteih.</p>
<h5 style="font-weight: 400;"><strong>La presse internationale est également prise pour cible</strong></h5>
<p style="font-weight: 400;">Outre ces mesures à l&rsquo;encontre des journalistes palestiniens, la presse internationale en Israël et en Cisjordanie a récemment fait l&rsquo;objet d&rsquo;une pression croissante de la part d&rsquo;Israël. La journaliste française Alice Froussard, qui travaille notamment pour la RTS, a été<a href="https://rsf-ch.ch/le-refoulement-de-la-journaliste-francaise-alice-froussard-par-israel-apres-gaza-le-verrouillage-informationnel-de-la-cisjordanie/"> empêchée d&rsquo;entrer sur le territoire et expulsée</a> en juin à l&rsquo;aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv. La journaliste espagnole Queralt Castillo s’est également vu refuser l’entrée en Israël en janvier 2026. De même, entre juillet 2025 et janvier 2026, des interdictions d’entrée ont été<a href="https://rsf.org/fr/isra%C3%ABl-rsf-d%C3%A9nonce-linterdiction-d-entr%C3%A9e-sur-le-territoire-de-la-journaliste-espagnole-queralt"> prononcées</a> à l’encontre de la journaliste française Khadija Toufik et du journaliste italien Alessandro Stefanelli.</p>
<p style="font-weight: 400;">Heureusement, aucun journaliste n’a été tué ou gravement blessé lors de tous ces incidents. Cela n’en rend toutefois pas moins graves l’arbitraire et les atteintes à la liberté de la presse commises par les autorités israéliennes. Au contraire : elles méritent toute notre attention, tout comme c’est le cas dans d’autres contextes. Israël figure parmi les plus grandes prisons au monde pour les professionnels des médias. Selon les données recueillies par Reporters sans frontières, seuls la Chine, la Russie, la Birmanie et la Biélorussie comptent davantage de journalistes emprisonnés qu’Israël.</p>
<p style="font-weight: 400;">Les mesures prises par Israël à l’encontre des journalistes palestiniens et internationaux en Cisjordanie semblent être devenues depuis longtemps la nouvelle norme. Compte tenu de la guerre menée par Israël dans la bande de Gaza, des destructions qui y règnent et de la situation qui reste précaire, ces faits ne retiennent plus guère l’attention de la communauté internationale. Pourtant, ces développements sont révélateurs du deuxième front de la guerre menée par Israël : outre la campagne militaire visant à contrôler militairement la bande de Gaza, le gouvernement de Netanyahou s’efforce tout autant de contrôler le récit de la guerre et du conflit entre Israéliens et Palestiniens. Dans cette logique, les journalistes qui rapporteraient des fais contredisant ce récit ne sont qu’une source de perturbation. Dans la bande de Gaza, où plus de 200 journalistes ont déjà été tués par des attaques israéliennes, cela semble hélas avoir été une évidence. Mais il en va de même en Cisjordanie. RSF demande que ces pratiques cessent, que les journalistes détenus arbitrairement soient libérés et que les pays alliés de l’Etat d’Israël fassent pression en ce sens.</p>
<h6><strong>Valentin Rubin, Policy &amp; Advocacy Manager RSF Suisse</strong></h6>
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			</item>
		<item>
		<title>De Melitopol aux geôles russes : trois ans de captivité pour six journalistes ukrainiens</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/de-melitopol-aux-geoles-russes-trois-ans-de-captivite-pour-six-journalistes-ukrainiens/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Aug 2026 11:29:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[Condamnations iniques, mauvais traitements, absence de procès… Six des sept professionnels des médias de Melitopol, ville occupée du sud-est de l’Ukraine, croupissent dans les geôles du Kremlin après avoir été arbitrairement arrêtés par les forces russes le 20 août 2023, un seul ayant été libéré. Trois ans après ce coup de filet, Reporters sans frontières [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><b>Condamnations iniques, mauvais traitements, absence de procès… Six des sept professionnels des médias de Melitopol, ville occupée du sud-est de l’Ukraine, croupissent dans les geôles du Kremlin après avoir été arbitrairement arrêtés par les forces russes le 20 août 2023, un seul ayant été libéré. Trois ans après ce coup de filet, Reporters sans frontières (RSF) met en lumière leur situation et demande leur libération immédiate. </b></p>
<p><i><span style="font-weight: 400;">«Il ne peut pas l’écrire directement dans ses lettres mais, à travers ses allusions, nous comprenons qu’il subit de mauvais traitements.»</span></i><span style="font-weight: 400;"> Artur est inquiet. Cela fait trois ans que son frère </span><b>Vladyslav Hershon</b><span style="font-weight: 400;">, administrateur de la chaîne Telegram locale ukrainienne </span><i><span style="font-weight: 400;">Melitopol Tse Ukraina,</span></i><span style="font-weight: 400;"> qui informait sur la vie quotidienne de la ville de Melitopol sous occupation russe, a été </span><a href="https://rsf.org/fr/enqu%C3%AAte-rsf-sur-les-traces-des-journalistes-disparus-de-melitopol" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">arrêté</span></a><span style="font-weight: 400;"> par l’armée russe. Après avoir été détenu dans la région russe de Rostov, dans le sud-ouest du pays, où il était «</span><i><span style="font-weight: 400;">quotidiennement battu»</span></i><span style="font-weight: 400;">, selon les informations d’Artur, il a été transféré cette année dans une prison de la ville de Vladimir, à l’est de Moscou. Le jeune homme de 28 ans, </span><a href="https://rsf.org/fr/premi%C3%A8res-condamnations-des-professionnels-des-m%C3%A9dias-rafl%C3%A9s-%C3%A0-melitopol-15-et-16-ans-de-prison" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">condamné</span></a><span style="font-weight: 400;"> en 2025 à 15 ans de prison pour «espionnage» et «terrorisme» en raison de son activité d’information, souffre de démangeaisons ainsi que d’un problème rénal, alerte son frère.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Vladyslav Hershon</span> <span style="font-weight: 400;">est loin d’être le seul dans cette situation. Cinq de ses six confrères et consœurs, </span><a href="https://rsf.org/fr/enqu%C3%AAte-rsf-sur-les-traces-des-journalistes-disparus-de-melitopol" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">arrêtés</span></a><span style="font-weight: 400;"> avec lui le 20 août 2023 à Melitopol et liés à deux chaînes d’information locale sur Telegram, </span><i><span style="font-weight: 400;">Melitopol tse Ukrainia</span></i><span style="font-weight: 400;"> et </span><i><span style="font-weight: 400;">RIA-Pivden, </span></i><span style="font-weight: 400;">sont encore en prison et ont, pour la plupart, été lourdement condamnés.</span></p>
<p><b>Jusqu’à 26 ans de prison</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les condamnations se sont enchaînées contre ces six professionnels des médias de Melitopol avec des peines allant de 14 à 26 ans de prison. La plus récente est celle d’</span><b>Oleksandr Malyshev, </b><span style="font-weight: 400;">administrateur de la chaîne </span><i><span style="font-weight: 400;">Melitopol tse Ukraina, </span></i><span style="font-weight: 400;">qui a écopé en avril dernier de 26 ans pour «attaque terroriste» et «espionnage», la plus lourde peine jamais prononcée contre un professionnel des médias depuis l’invasion à grande échelle de 2022. Il est incarcéré dans le centre de détention n°3 de Rostov, à Novotcherkassk, dans le sud-ouest de la Russie.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Quelques mois auparavant, en novembre, son collègue,</span> <b>Maksym Rupchov</b><span style="font-weight: 400;">, avait, quant à lui, été condamné à 15 ans de prison pour «trahison» et «participation à une organisation terroriste». Selon les informations reçues par RSF, Maksym Rupchov a été transféré à près de 3 000 kilomètres de Melitopol, à Charp, en Iamalie, dans le nord russe.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En octobre, c’était la benjamine du groupe agée de 21 ans et administratrice de cette même chaîne, </span><b>Yana Suvorova, </b><span style="font-weight: 400;">qui </span><a href="https://www.instagram.com/p/DQMA6lJiiEg/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">écopait</span></a><span style="font-weight: 400;"> de 14 ans de prison pour «terrorisme» et «espionnage». Elle est emprisonnée dans la prison n°2 de Taganrog, connue pour ses mauvais traitements envers les détenus ukrainiens, </span><a href="https://rsf.org/fr/d%C3%A9clar%C3%A9e-morte-par-la-russie-rsf-r%C3%A9v%C3%A8le-les-derniers-mois-de-captivit%C3%A9-de-victoria-roshchyna" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">documentés par RSF</span></a><span style="font-weight: 400;">, et où avait été enfermée la journaliste indépendante morte en détention russe, </span><a href="https://rsf.org/fr/vika-ne-se-l%C3%A8ve-pas-des-t%C3%A9moins-racontent-les-derniers-jours-de-victoria-roshchyna-journaliste" target="_blank" rel="noopener"><b>Victoria Roshchyna</b></a><span style="font-weight: 400;">. Interrogé par l’organisation, son compagnon indique recevoir des lettres de sa part. </span></p>
<p><b>Des sorts encore incertains</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L’incertitude demeure quant au sort de l’administrateur de la chaîne Telegram du média d’information local </span><i><span style="font-weight: 400;">RIA-Pivden </span></i><span style="font-weight: 400;">– auparavant </span><i><span style="font-weight: 400;">RIA-Melitopol </span></i><span style="font-weight: 400;">–</span> <b>Heorhiy Levtchenko</b><span style="font-weight: 400;">, </span><a href="https://rsf.org/fr/premi%C3%A8res-condamnations-des-professionnels-des-m%C3%A9dias-rafl%C3%A9s-%C3%A0-melitopol-15-et-16-ans-de-prison" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">condamné</span></a><span style="font-weight: 400;"> à 16 ans de prison en septembre 2025 pour «haute trahison». Quelques mois après son procès, il a été envoyé dans la prison n°2 de Simféropol, en Crimée occupée. Il avait alors déclaré vouloir faire appel à Moscou et, selon les informations reçues par RSF, la Cour suprême de la Fédération de Russie a confirmé son jugement en juin 2026. Son lieu actuel de détention n’est pas connu, confirme la directrice de </span><i><span style="font-weight: 400;">RIA-Pivden, </span></i><b>Svitlana</b> <b>Zalizetska</b><span style="font-weight: 400;">.</span><i><span style="font-weight: 400;"> «Nous vérifions actuellement des informations selon lesquelles il aurait pu être transféré en République de l’Altaï, en Russie, pour y purger sa peine.» </span></i><span style="font-weight: 400;">Toutefois, «</span><i><span style="font-weight: 400;">les possibilités d’obtenir des informations fiables sur son lieu de détention sont très limitées»</span></i><span style="font-weight: 400;">, souligne la journaliste ukrainienne.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Enfin, </span><b>Anastasia Hloukhovska</b><span style="font-weight: 400;">, ex-journaliste pour le média local </span><i><span style="font-weight: 400;">Ria-Pivden </span></i><span style="font-weight: 400;">jusqu’à l’invasion russe à grande échelle en 2022,</span> <span style="font-weight: 400;">est la seule à ne pas avoir été poursuivie ni condamnée depuis son arrestation. Détenue au secret depuis trois ans, elle a toutefois été localisée : des témoins interrogés par RSF </span><a href="https://rsf.org/fr/russie-dans-lenfer-carc%C3%A9ral-de-kizel-les-preuves-de-vie-de-deux-journalistes-ukrainiens-d%C3%A9tenus-au" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">ont confirmé sa présence</span></a><span style="font-weight: 400;"> dans la prison n°3 de Kizel, à des milliers de kilomètres à l’est de l’Ukraine. </span></p>
<h5><b>L’espoir d’un échange</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">Les familles de journalistes de Melitopol détenus placent leurs espoirs dans un échange de prisonniers entre l’Ukraine et la Russie qui permettrait le retour de leurs proches. Un précédent le nourrit : </span><b>Mark Kaliush</b><span style="font-weight: 400;">, administrateur de </span><i><span style="font-weight: 400;">Melitopol Tse Ukraina, </span></i><span style="font-weight: 400;">également arrêté le 20 août 2023, a été </span><a href="https://rsf.org/fr/apr%C3%A8s-plus-de-deux-ans-dans-les-ge%C3%B4les-du-kremlin-les-journalistes-ukrainiens-dmytro-khyliuk-et" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">échangé le 24 août 2025, au même titre que le reporter </span><b>Dmytro Kyliuk</b><span style="font-weight: 400;">.</span></a><span style="font-weight: 400;"> </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Si le défenseur des droits humains ukrainien, Dmytro Lubinets, a </span><a href="https://www.youtube.com/live/DGN0nOMt9bk" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">déclaré</span></a><span style="font-weight: 400;">, lors d’une conférence de presse, le 12 août dernier, que l’Ukraine avait constitué «</span><i><span style="font-weight: 400;">une liste de journalistes» </span></i><span style="font-weight: 400;">dans le cadre de négociations d’échanges, Artur, le frère de Vladyslav Hershon, rappelle que le principal obstacle à la libération reste «</span><i><span style="font-weight: 400;">le pays voisin»</span></i><span style="font-weight: 400;"> – la Russie. </span></p>
<blockquote><p><i><span style="font-weight: 400;">« Trois ans après leur arrestation arbitraire, six professionnels des médias ukrainiens de Melitopol sont victimes du système répressif du Kremlin. Rien ne justifie leur maintien dans les geôles russes dans des conditions inhumaines et dégradantes, et parfois sans aucune information sur leur lieu exact de détention. RSF demande leur libération immédiate et inconditionnelle, et celle de tous les professionnels des médias détenus par la Russie.»</span></i></p>
<p><b>Pauline Maufrais</b><b><br />
</b><span style="font-weight: 400;">Chargée de zone Ukraine chez RSF</span></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">RSF recense au moins </span><a href="https://rsf.org/fr/ukraine-portraits-des-professionnels-des-m%C3%A9dias-arbitrairement-d%C3%A9tenus" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">27 professionnels ukrainiens</span></a><span style="font-weight: 400;"> des médias emprisonnés par Moscou. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les demandes de RSF aux autorités russes concernant cette affaire sont toujours restées sans réponse</span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>« Libre, mais pas chez moi » : la journaliste biélorusse Maryna Zolatava raconte sa vie en exil</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/libre-mais-pas-chez-moi-la-journaliste-bielorusse-maryna-zolatava-raconte-sa-vie-en-exil/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Aug 2026 09:12:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[Journaliste et ancienne rédactrice en chef du site d&#8217;information indépendant, désormais fermé, TUT.BY, Maryna Zolatava livre à Reporters sans frontières (RSF) un témoignage inédit sur la répression qui continue de frapper les médias indépendants dans son pays. Arrêtée en 2021, libérée en 2025 puis contrainte à l&#8217;exil, elle reste l&#8217;une des voix les plus emblématiques [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Journaliste et ancienne rédactrice en chef du site d&rsquo;information indépendant, désormais fermé, TUT.BY, Maryna Zolatava livre à Reporters sans frontières (RSF) un témoignage inédit sur la répression qui continue de frapper les médias indépendants dans son pays. Arrêtée en 2021, libérée en 2025 puis contrainte à l&rsquo;exil, elle reste l&rsquo;une des voix les plus emblématiques de la presse libre biélorusse.</strong></p>
<p>Le 9 août 2020, une élection présidentielle frauduleuse permet à Alexandre Loukachenko de se maintenir au pouvoir au Bélarus, déclenchant un vaste mouvement de contestation à travers le pays. Le régime répond par une <a href="https://rsf.org/fr/b%C3%A9larus-%C3%A0-la-veille-d-un-simulacre-d-%C3%A9lection-rsf-d%C3%A9pose-plainte-%C3%A0-la-cpi-pour-les-crimes-contre-l" target="_blank" rel="noopener"><u>répression massive</u></a> visant les opposants, qui s&rsquo;étend rapidement aux médias indépendants. En 2021, <strong>Maryna Zolatava</strong>, rédactrice en chef de <em>TUT.BY,</em> le principal média indépendant du pays, est arrêtée et le média est <a href="https://rsf.org/fr/b%C3%A9larus-rsf-d%C3%A9nonce-la-tentative-des-autorit%C3%A9s-de-r%C3%A9duire-au-silence-le-principal-m%C3%A9dia-ind%C3%A9pendant" target="_blank" rel="noopener"><u>fermé</u></a>. Qualifiée de « <a href="https://rsf.org/fr/en-proc%C3%A8s-au-b%C3%A9larus-la-journaliste-maryna-zolatava-cultive-l-espoir-depuis-la-prison" target="_blank" rel="noopener"><u>terroriste</u></a> » et <a href="https://rsf.org/fr/b%C3%A9larus-l-absurde-condamnation-de-maryna-zolatava-et-de-lioudmila-tchekina-confirm%C3%A9e-par-la-cour" target="_blank" rel="noopener"><u>condamnée</u></a> à douze ans de prison en 2023, elle est finalement <a href="https://rsf.org/fr/maryna-zolatava-est-libre-rsf-salue-la-lib%C3%A9ration-de-la-journaliste-de-tutby-apr%C3%A8s-plus-de-quatre" target="_blank" rel="noopener"><u>libérée</u></a> le 13 décembre 2025 avant d&rsquo;être immédiatement expulsée vers l&rsquo;Ukraine. Elle obtient ensuite une protection internationale en Pologne, où elle retrouve sa famille.</p>
<p>Dans le témoignage qu’elle livre à RSF, elle revient sur son arrestation et sur <a href="https://rsf.org/fr/b%C3%A9larus-%C3%A0-la-veille-d-un-simulacre-d-%C3%A9lection-rsf-d%C3%A9pose-plainte-%C3%A0-la-cpi-pour-les-crimes-contre-l" target="_blank" rel="noopener"><u>l&rsquo;anéantissement</u></a> de la liberté de la presse au Bélarus, où 20 professionnels des médias restent à ce jour <a href="https://rsf.org/fr/b%C3%A9larus-portraits-des-professionnels-des-m%C3%A9dias-arbitrairement-d%C3%A9tenus" target="_blank" rel="noopener"><u>détenus</u></a>.</p>
<h2 class="text-align-center" dir="ltr"><strong>Six ans après les manifestations en Biélorussie, la presse libre a été interdite et 21 professionnels des médias sont en prison</strong></h2>
<p class="text-align-center" dir="ltr"><em><strong>Par</strong> <strong>Maryna Zolatava</strong></em></p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">« Cela ne durera pas plus d&rsquo;un an. On ne peut pas créer une Corée du Nord en plein cœur de l&rsquo;Europe au XXIe siècle. » C&rsquo;est ce que je me disais, un soir de septembre 2020, assise dans une voiture avec ma collègue de <em>TUT.BY</em>, <strong>Katsiaryna Barysevich</strong>, devant le commissariat où plusieurs de nos confrères venaient d&rsquo;être emmenés. Cette voiture nous avait été prêtée par un lecteur de <em>TUT.BY</em>, qui voulait soutenir notre rédaction.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Deux mois plus tard, Katya (Katsiaryna) était arrêtée à son tour et condamnée à six mois de colonie pénitentiaire pour avoir écrit que Raman Bandarenka, un habitant de Minsk battu par des militants pro-gouvernementaux puis décédé à l&rsquo;hôpital, n&rsquo;était pas ivre au moment des faits, contrairement à ce qu&rsquo;avait affirmé le président Alexandre Loukachenko.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">C’était neuf mois <a href="https://rsf.org/fr/b%C3%A9larus-rsf-d%C3%A9nonce-la-tentative-des-autorit%C3%A9s-de-r%C3%A9duire-au-silence-le-principal-m%C3%A9dia-ind%C3%A9pendant" target="_blank" rel="noopener"><u>avant que la répression contre </u></a><a class="external-website" title="TUT.BY - ouverture dans un nouvel onglet" href="http://tut.by/" target="_blank" rel="noopener"><em><u>TUT.BY</u></em></a> ne s’intensifie et que je sois arrêté. Malgré une répression déjà sans précédent dans l&rsquo;histoire du Bélarus indépendant, nous étions loin d&rsquo;imaginer ce qui nous attendait.</p>
<h5 class="text-align-justify" dir="ltr"><strong>Les médias indépendants labellisés « organisations extrémistes »</strong></h5>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Il s&rsquo;est avéré qu&rsquo;il était possible de purger le paysage médiatique sans avoir recours à la coupure d’Internet. Il suffit simplement de <a href="https://rsf.org/fr/b%C3%A9larus-6-mois-apr%C3%A8s-l-arrestation-de-raman-pratasevich-l-extr%C3%A9misme-est-devenu-l-arme-ma%C3%AEtresse" target="_blank" rel="noopener"><u>déclarer tous les médias indépendants</u></a> « organisations extrémistes » et d’imposer des sanctions – administratives ou pénales – pour toute interaction avec eux. Vous risquez 15 jours de détention pour vous être abonné à un compte « extrémiste » sur les réseaux sociaux ou pour avoir partagé un lien provenant de celui-ci, même s’il contient le contenu le plus anodin qui soit, comme des prévisions météorologiques. Et si vous accordez une interview à un tel média, si vous y travaillez ou que vous y avez travaillé avant qu&rsquo;il ne soit déclaré « extrémiste », vous risquez une peine de trois ou quatre ans de prison.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Vous pensez que j&rsquo;exagère ? Rien que dans mon unité de la colonie pénitentiaire, entre 2023 et 2025, quatre personnes ont été emprisonnées pour cette raison. <a href="https://rsf.org/fr/maryna-zolatava-et-lioudmila-tchekina-d%C3%A9clar%C3%A9es-extr%C3%A9mistes-le-r%C3%A9gime-bi%C3%A9lorusse-s-acharne-contre" target="_blank" rel="noopener"><u>Sans même me compter.</u></a></p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Nous qui avons grandi dans les premières années de l&rsquo;indépendance du Bélarus, aurions-nous pu imaginer qu&rsquo;un jour les peines infligées aux dissidents sous le “socialisme développé” paraîtraient presque clémentes face aux condamnations de 10 à 15 ans prononcées après 2020 ? Ces peines rappellent les années 1930, celles de la Grande Terreur stalinienne. Certes, nous n&rsquo;avons pas été déportés en Sibérie, nous n&rsquo;avons pas construit de camps dans la steppe ni abattu d’arbres par moins cinquante degrés. Faut-il en remercier Alexandre Loukachenko ? Ou est-ce simplement parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a ni Sibérie ni steppe au Bélarus ?</p>
<h5 class="text-align-justify" dir="ltr"><strong>Libre, mais pas chez moi</strong></h5>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Depuis décembre 2025, principalement grâce aux efforts des États-Unis, je suis libre. Ou, pour être plus précise : libre, mais pas chez moi. Aujourd&rsquo;hui, il ne nous reste que deux options: être « chez soi, mais sans liberté », ou « libre, mais pas chez soi ». Notre groupe de prisonniers politiques a été transféré des prisons biélorusses vers l&rsquo;Union européenne (UE) <em>via</em> l&rsquo;Ukraine. J&rsquo;ai obtenu une protection internationale en Pologne, où j&rsquo;ai retrouvé ma famille. Je devrais être heureuse.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Non.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Non. Parce que ma collègue <strong>Liudmila Chekina</strong>, qui était directrice de <em>TUT.BY,</em> est toujours en prison. Elle a déjà passé six anniversaires derrière les barreaux. Liudmila garde le moral et, j’en suis sûr, rayonne d’optimisme. Mais je sais à quel point c’est difficile pour elle.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Non. Parce que les journalistes biélorusses continuent d&rsquo;être condamnés à de très lourdes peines. En 2026, les dirigeants du célèbre média régional <em>Intex-press</em>, <strong>Uladzimir Yanukevich</strong> et <strong>Andrei Pakalenka</strong>, ont été condamnés respectivement à quatorze et onze ans de prison. Uladzimir Yanukevich a pourtant 65 ans. Le journaliste de <em>BelaPAN</em> <strong>Pavel Dabravolski </strong>a écopé de neuf ans de prison. Le journaliste <strong>Kiryl Pazniak </strong>et sa fille Yanina, âgée de vingt ans, ont chacun été condamnés à trois ans et demi de prison. En mars, la journaliste de <em>Belsat</em> <strong>Katsiaryna Andreyeva </strong>a été <a href="https://rsf.org/fr/b%C3%A9larus-six-journalistes-graci%C3%A9s-lors-d-une-vague-de-lib%C3%A9rations-historique" target="_blank" rel="noopener"><u>libérée</u></a> après cinq ans et demi de détention, tandis que son mari, le journaliste indépendant <strong>Ihar Ilyash</strong>, a été condamné à quatre ans de colonie pénitentiaire l&rsquo;automne dernier. Au total, <a href="https://rsf.org/fr/b%C3%A9larus-portraits-des-professionnels-des-m%C3%A9dias-arbitrairement-d%C3%A9tenus" target="_blank" rel="noopener"><u>20 professionnels des médias sont actuellement détenus au Bélarus.</u></a></p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Non. Parce que la répression continue. À la suite de négociations avec les Américains, les autorités biélorusses ont libéré (ou expulsé de force) plus de 500 personnes en l’espace d’un an, parmi lesquelles des personnalités politiques de premier plan et des militants de la société civile. Mais, dans le même temps, elles continuent d’emprisonner de plus en plus de personnes. La dernière libération collective <a href="https://rsf.org/fr/b%C3%A9larus-six-journalistes-graci%C3%A9s-lors-d-une-vague-de-lib%C3%A9rations-historique" target="_blank" rel="noopener"><u>remonte</u></a> à mars 2026. Le 28 avril, le journaliste <strong>Andrzej Poczobut</strong> a <a href="https://rsf.org/fr/b%C3%A9larus-andrzej-poczobut-enfin-libre-rsf-exhorte-minsk-%C3%A0-lib%C3%A9rer-tous-les-journalistes-d%C3%A9tenus" target="_blank" rel="noopener"><u>retrouvé</u></a> la liberté. Pourtant, <a class="external-website" title="selon les défenseurs des droits humains, - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://prisoners.spring96.org/en" target="_blank" rel="noopener"><u>selon les défenseurs des droits humains, </u></a>au moins 883 prisonniers politiques étaient toujours détenus fin juillet 2026, dont de nombreuses personnes âgées ou gravement malades. Beaucoup ont déjà passé cinq, voire six ans derrière les barreaux.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Non. Parce que le métier de journaliste <a href="https://rsf.org/fr/presque-tous-les-m%C3%A9dias-ind%C3%A9pendants-ont-%C3%A9t%C3%A9-%C3%A9radiqu%C3%A9s-au-b%C3%A9larus-apr%C3%A8s-la-d%C3%A9tention-et-l-exil" target="_blank" rel="noopener"><u>est désormais interdit au Bélarus</u></a>. Cela paraît inconcevable : pour continuer à informer sur leur propre pays, mes collègues ont dû le quitter. Ils ne peuvent plus couvrir les événements sur le terrain, ni recueillir des témoignages de personnes au Bélarus, ni assister aux conférences de presse officielles ni même signer leurs articles de leur nom. La plupart des médias indépendants ont été classés comme “organisations extrémistes”, ce qui expose toute personne collaborant avec eux à des poursuites pénales. Malgré cela, mes confrères poursuivent leur travail avec un engagement admirable, ce qui  force le respect. Ils ont dû réinventer leur manière de faire du journalisme. De nombreux projets d&rsquo;enquête et d&rsquo;analyse ont vu le jour. Il est difficile de garder le pouls d&rsquo;un pays depuis l&rsquo;exil, mais ils y parviennent.</p>
<h5 class="text-align-justify" dir="ltr"><strong>Août 2020 : un tournant pour le Bélarus</strong></h5>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Il y a six ans, le Bélarus a vécu des événements décisifs. Dès le début de la campagne présidentielle, les deux principaux adversaires d&rsquo;Alexandre Loukachenko, Viktar Babaryka et Sergueï Tikhanovski, ont été arrêtés. Viktar Babaryka a été condamné à quatorze ans de prison avant d&rsquo;être expulsé en décembre 2025. Sergueï Tikhanovski a été condamné à dix-huit ans avant d&rsquo;être expulsé en juin 2025. Son épouse, Sviatlana Tikhanovskaïa, s&rsquo;est alors portée candidate à sa place. Avec Maria Kalesnikava, directrice de campagne de Viktar Babaryka, et Veronika Tsepkalo, elles ont formé un trio inédit dont les rassemblements ont attiré des milliers de personnes jusque dans les plus petites villes du pays. Jamais auparavant les Biélorusses ne s&rsquo;étaient autant mobilisés pour une campagne électorale. Comme à son habitude, Alexandre Loukachenko a organisé une fraude électorale massive, impossible à dissimuler à l&rsquo;ère du numérique. À <em>TUT.BY</em>, nous en avons recueilli de nombreuses preuves. Les électeurs descendus dans la rue ont été confrontés à une violence policière sans précédent. Cette violence et cette répression se poursuivent encore aujourd&rsquo;hui. Elles ont contraint des centaines de milliers de Biélorusses à quitter leur pays.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Beaucoup sont aujourd&rsquo;hui désillusionnés et pensent avoir perdu. Je ne partage pas ce point de vue. L&rsquo;année 2020 a montré la maturité du peuple biélorusse, son aspiration à l&rsquo;indépendance et sa volonté de défendre résolument son choix et de faire valoir ses droits par des moyens légaux. Mais aujourd&rsquo;hui, les Biélorusses, qu&rsquo;ils vivent dans leur pays ou en exil, traversent une période extrêmement difficile.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">À l&rsquo;occasion de l’anniversaire de ces événements importants, je voudrais lancer un appel à mes confrères et consœurs du monde entier. N&rsquo;oubliez pas le Bélarus. Nous existons. Nous sommes neuf millions. Et le Bélarus n&rsquo;est pas Alexandre Loukachenko. Écoutez nos voix.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Échec de la protection de l&#8217;État : un septième journaliste tué cette année au Mexique</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/echec-de-la-protection-de-letat-un-septieme-journaliste-tue-cette-annee-au-mexique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Jul 2026 08:00:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[Reporters sans frontières (RSF) condamne l’assassinat du journaliste Francisco Alejandro Leyva Aguilar, ce 22 juillet dans l’État d’Oaxaca. Il s’agit du septième journaliste tué au Mexique depuis le début de l’année 2026, le deuxième en moins d’une semaine. Un an auparavant, Leyva avait officiellement signalé avoir reçu des menaces de mort. RSF exige l’ouverture d’une [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-chapo field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<p dir="ltr"><strong>Reporters sans frontières (RSF) condamne l’assassinat du journaliste Francisco Alejandro Leyva Aguilar, ce 22 juillet dans l’État d’Oaxaca. Il s’agit du septième journaliste tué au Mexique depuis le début de l’année 2026, le deuxième en moins d’une semaine. Un an auparavant, Leyva avait officiellement signalé avoir reçu des menaces de mort. RSF exige l’ouverture d’une enquête avec l’intervention des autorités fédérales ainsi qu’une explication publique sur les défaillances des institutions qui étaient informées de la situation de risque dans laquelle se trouvait le journaliste.</strong></p>
</div>
<div class="field field--name-field-contenu-editorial field--type-entity-reference-revisions field--label-hidden field__items">
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<div class="paragraph paragraph--type--texte-riche paragraph--view-mode--default">
<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-texte-riche field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<p class="text-align-justify" dir="ltr"><strong>Francisco Alejandro Leyva Aguilar</strong>, âgé de 60 ans, a été abattu par balles le 22 juillet dans la municipalité de San Pablo Etla, dans l’État d’Oaxaca. Le gouverneur de l’État, Salomón Jara, a <a class="external-website" title="condamné - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://x.com/salomonj/status/2079990024171299114?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E2079990024171299114%7Ctwgr%5Ee4266910b70b8449b4f0d9eb627a57c01dff5a9e%7Ctwcon%5Es1_c10&amp;ref_url=https%3A%2F%2Felpais.com%2Fmexico%2F2026-07-22%2Fasesinado-a-balazos-el-periodista-francisco-" target="_blank" rel="noopener"><u>condamné</u></a> ce crime et a demandé une coordination entre le parquet de l’État et le Bureau du procureur général de la République, ainsi que son unité spécialisée dans les crimes contre la liberté d’expression.</p>
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<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-texte-riche field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<blockquote>
<p dir="ltr"><em>« Sept journalistes assassinés en un peu plus de six mois témoignent d’un échec grave et durable de l’État mexicain. Parmi les victimes figurent des journalistes qui avaient signalé des menaces ainsi que d’autres qui avaient bénéficié de mécanismes de protection ou de mesures de surveillance. Ouvrir une enquête après chaque assassinat n’a pas permis de protéger des vies, n’a pas mis fin à la violence et ne peut plus constituer l’unique réponse. Le gouvernement mexicain doit assumer sa responsabilité politique, expliquer les défaillances constatées dans chaque affaire et présenter un plan national d’urgence. »</em></p>
<p dir="ltr"><strong>Artur Romeu</strong><br />
Directeur du bureau Amérique latine de RSF</p>
</blockquote>
</div>
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<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-texte-riche field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Francisco Alejandro Leyva Aguilar exerçait le journalisme depuis près de trente ans et a dirigé  le réseau de chaînes de télévision et de stations de radio publiques <em>CORTV</em> (Corporation de radio et télévision d’Oaxaca) entre 2016 et 2020. Au moment de son assassinat, il publiait la chronique politique en ligne <em>El Zumbido del Moscardón</em>, reprise dans plusieurs médias d’Oaxaca, comme <em>Hendirecto</em> et <em>Presente de Oaxaca</em>, et administrait une <a class="external-website facebook" title="page - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.facebook.com/leyvaguilar" target="_blank" rel="noopener"><u>page</u></a>Facebook sur laquelle il publiait des chroniques sur l’actualité politique. Celle-ci était suivie par plus de 15 000 personnes. La veille de son assassinat, il y avait publié une chronique critique à l’égard du gouverneur et de plusieurs membres de son administration.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr"><strong>Un journaliste menacé</strong></p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Un peu plus d’un an auparavant, le 14 juillet 2025, Leyva s’était présenté devant le Bureau du défenseur des droits de l’homme du peuple d’Oaxaca ( “Defensoría de los Derechos Humanos del Pueblo de Oaxaca”) l’institution locale de défense des droits humains, pour déposer une plainte à la suite de menaces de morts qu’il avait reçu. Il faisait un lien entre ces menaces et le fait qu’il ait été publiquement discrédité dans le cadre de « Trapitos al Sol», une rubrique diffusée lors des conférences de presse officielles du gouverneur d’Oaxaca, Salomón Jara. Lancée en avril 2024, cette rubrique avait pour objectif affiché de démentir les informations que le gouvernement de l’État considérait comme fausses ou trompeuses à son sujet. Selon cette plainte, le journaliste a déclaré que cette mise en cause publique aurait été suivie d’une campagne de discrédit menée par des médias et des comptes en ligne, ainsi que de menaces de mort proférées par téléphone par des individus non identifiés. Leyva a imputé cette campagne au gouvernement de l’État et a publiquement tenu le gouverneur pour responsable de tout préjudice qui pourrait lui être causé.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Deux jours plus tard, il a déposé une plainte auprès du Bureau du procureur général de la République contre le gouverneur de l’État, Salomón Jara, deux responsables de l’administration de l’État et toute autre personne susceptible d’être impliquée. Le parquet fédéral a ouvert une enquête pour menaces, mais n’a pris aucune mesure de protection et a transmis le dossier au parquet de l’État d’Oaxaca douze jours plus tard. Les documents consultés par RSF montrent que le parquet de l’État n’a confirmé la réception du dossier qu’en novembre 2025, soit quatre mois après le dépôt de la plainte.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr"><strong>Un journaliste par mois tué au Mexique depuis 2026</strong></p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Avec sept journalistes tués depuis janvier 2026, le Mexique compte désormais l’équivalent d&rsquo; un professionnel de l’information mort par mois en raison de travail.</p>
<ul>
<li dir="ltr">
<p class="text-align-justify"><a href="https://rsf.org/fr/mexique-sixi%C3%A8me-journaliste-tu%C3%A9-en-2026-le-gouvernement-doit-agir-de-toute-urgence-contre-les" target="_blank" rel="noopener"><strong><u>Josué Martínez Contreras</u></strong></a>, du média <em>Noticias San Martín Texmelucan</em>, a été tué le 16 juillet 2026.</p>
</li>
<li dir="ltr">
<p class="text-align-justify"><a href="https://rsf.org/fr/alex-serna-sp%C3%A9cialiste-de-l-environnement-cinqui%C3%A8me-journaliste-tu%C3%A9-au-mexique-depuis-janvier-2026" target="_blank" rel="noopener"><strong><u>Manuel Alejandro Moreno Serna</u></strong></a> (Alex Serna), du média <em>Observatorio Ciudadano de la Costa Grande</em>, a été tué le 3 juillet 2026.</p>
</li>
<li dir="ltr">
<p class="text-align-justify"><a href="https://rsf.org/fr/mexique-alors-que-le-pays-inaugure-la-coupe-du-monde-2026-un-journaliste-est-assassin%C3%A9-dans-l-%C3%A9tat" target="_blank" rel="noopener"><strong><u>Luis Ángel López Valdez</u></strong></a><strong>,</strong> rédacteur et web-rédacteur pour Reportaje Policiaco Veracruzano, a été assassiné le 11 juin 2026.  Il bénéficiait de mesures d’accompagnement et de surveillance.</p>
</li>
<li dir="ltr">
<p class="text-align-justify"><a href="https://rsf.org/fr/troisi%C3%A8me-meurtre-de-journaliste-%C3%A0-veracruz-au-mexique-en-2026-rsf-exige-des-r%C3%A9ponses-urgentes" target="_blank" rel="noopener"><strong><u>Roxana Guzmán Ramírez</u></strong></a>, du média <em>Pulso Informativo del Sureste</em>, a été enlevée le 2 juin 2026 avant d&rsquo;être retrouvée assassinée à la fin du mois de juin.</p>
</li>
<li dir="ltr">
<p class="text-align-justify"><a href="https://rsf.org/fr/deux-attaques-par-balles-contre-des-journalistes-en-deux-jours-au-mexique-faisant-un-tu%C3%A9-des" target="_blank" rel="noopener"><strong><u>Juan David Gámez</u></strong></a>, du média <em>Táctica SS</em>, a été tué le 18 mars 2026.</p>
</li>
<li dir="ltr">
<p class="text-align-justify"><a href="https://rsf.org/fr/mexique-un-onzi%C3%A8me-journaliste-assassin%C3%A9-sous-la-pr%C3%A9sidence-sheinbaum-rsf-r%C3%A9clame-justice-apr%C3%A8s-la" target="_blank" rel="noopener"><strong><u>Carlos Castro</u></strong></a>, du média Código Norte de Veracruz, a été tué le 8 janvier 2026. Il avait été intégré à un mécanisme de protection de l’État après avoir reçu des menaces, mais les mesures ont été suspendues en 2024, les autorités estimant que le risque avait été écarté.</p>
</li>
</ul>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Le Mexique occupe la 122ᵉ place sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2026 de RSF et chute à la 160ᵉ place pour l’indicateur de sécurité. Le pays demeure l’un des endroits les plus dangereux et les plus meurtriers au monde pour exercer le journalisme.</p>
</div>
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</div>
</div>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>États-Unis : la fusion prévue entre Paramount et Warner Bros. met en danger le paysage médiatique américain</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/etats-unis-la-fusion-prevue-entre-paramount-et-warner-bros-met-en-danger-le-paysage-mediatique-americain/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Jul 2026 12:27:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[Le temps presse pour empêcher la fusion, d’un montant de 111 milliards de dollars, entre les conglomérats médiatiques Paramount et Warner Bros. Discovery, qui placerait certaines des marques d’information les plus influentes aux États-Unis et dans le monde sous le contrôle d’un seul propriétaire. Alors que les dirigeants des deux entreprises espèrent finaliser l&#8217;opération dès fin [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-chapo field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<p dir="ltr"><strong>Le temps presse pour empêcher la fusion, d’un montant de 111 milliards de dollars, entre les conglomérats médiatiques Paramount et Warner Bros. Discovery, qui placerait certaines des marques d’information les plus influentes aux États-Unis et dans le monde sous le contrôle d’un seul propriétaire. Alors que les dirigeants des deux entreprises espèrent finaliser l&rsquo;opération dès </strong><a class="external-website" title="fin juillet - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.wsj.com/business/deals/three-gulf-funds-agree-to-back-paramounts-81-billion-takeover-of-warner-04eda364?mod=article_inline" target="_blank" rel="noopener"><strong><u>fin juillet</u></strong></a><strong>, Reporters sans frontières (RSF) exhorte les procureurs généraux des États américains à bloquer cette fusion, avertissant qu&rsquo;elle réduirait l&rsquo;accès des citoyens et citoyennes à une information fiable et porterait atteinte au pluralisme des médias.</strong></p>
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<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-texte-riche field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<p class="text-align-justify" dir="ltr">La fusion des sociétés qui <a class="external-website" title="contrôlent - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://deadline.com/2026/06/paramount-warner-bros-job-losses-la-county-report-1236962892/" target="_blank" rel="noopener"><u>contrôlent</u></a> la chaîne d’information <em>CNN</em> et le réseau CBS, y compris les <a class="external-website" title="28 chaînes locales - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.paramountpressexpress.com/location-not-allowed" target="_blank" rel="noopener"><u>28 chaînes locales</u></a> détenues par CBS, limiterait les choix des Américains en matière d’information. Cette concentration <a class="external-website" title="réduirait l’éventail - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.hollywoodreporter.com/tv/tv-news/cnn-wary-bari-weiss-oversight-paramount-warner-bros-merger-1236632178/" target="_blank" rel="noopener"><u>réduirait l’éventail</u></a> de l’offre médiatique et des informations accessibles au public, et <a class="external-website" title="mettrait en péril des milliers d’emplois - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.hollywoodreporter.com/business/business-news/paramount-warner-bros-merger-1236594993/" target="_blank" rel="noopener"><u>mettrait en péril des milliers d’emplois</u></a> dans le secteur des médias. Plusieurs États américains sont déjà en train de finaliser une action en justice pour violation des lois antitrust – sur la concurrence – visant à contester cette fusion, qui devrait être déposée cette semaine, <a class="external-website" title="selon le quotidien New York Times - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.nytimes.com/2026/07/12/business/state-ag-lawsuit-paramount-warner-bros.html" target="_blank" rel="noopener"><u>selon le quotidien </u><em><u>New York Times</u></em></a>.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Cette fusion suscite une opposition farouche et persistante. Plus de 5 500 professionnels d’Hollywood ont signé une <a class="external-website" title="lettre ouverte - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://blockthemerger.com/openletter" target="_blank" rel="noopener"><u>lettre ouverte</u></a> s’opposant à cette opération. Selon le quotidien <em>Wall Street Journal</em>, <a class="external-website" title="les juristes de la division antitrust - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.wsj.com/business/media/justice-department-decision-to-allow-paramount-deal-surprised-staff-investigators-a18f70da?mod=e2tw" target="_blank" rel="noopener"><u>les juristes de la division antitrust</u></a> du ministère de la Justice <em>“étaient enclins à recommander une action en justice” </em>visant à bloquer la fusion, au motif qu’elle serait anticoncurrentielle et enfreindrait la législation antitrust. Mais des hauts responsables du ministère ont clos l’enquête de l’agence avant qu’ils n’aient pu formuler une recommandation. Plusieurs sénateurs ont également déjà condamné ces <a class="external-website" title="investissements étrangers massifs - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.booker.senate.gov/news/press/booker-schiff-warren-urge-fcc-to-halt-paramountwarner-bros-merger-over-national-security-risks" target="_blank" rel="noopener"><u>investissements étrangers massifs</u></a> émanant de <a href="https://rsf.org/fr/pays/arabie-saoudite" target="_blank" rel="noopener"><u>gouvernements hostiles</u></a> aux journalistes. Par ailleurs, les autorités britanniques s’apprêtent à <a class="external-website" title="s’opposer à cette opération - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://edition.cnn.com/2026/06/30/media/uk-discovery-wbd-merger-intl?utm_source=cnn_Reliable+Sources&amp;utm_medium=email" target="_blank" rel="noopener"><u>s’opposer à cette opération</u></a> dans les semaines à venir.</p>
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<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-texte-riche field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<blockquote>
<p dir="ltr"><em>« Aucune entreprise ne devrait avoir autant d’influence sur ce que les Américains regardent, lisent et entendent que celle que pourrait détenir Paramount-Warner Bros. Les  Américains et Américaines comptent sur  une offre médiatique fiable et plurielle pour prendre des décisions du quotidien allant de leur alimentation, leur vote, leurs investissements pour l’avenir ou encore l’éducation de leurs enfants. Cette fusion monopolistique porterait un coup dévastateur au journalisme américain en réduisant la diversité éditoriale et  en concentrant davantage les médias entre les mains d’oligarques qui ont déjà pris des décisions éditoriales drastiques  chez CBS. Plusieurs États américains semblent prêts à bloquer cette fusion devant les tribunaux. RSF appelle d’autres États à se joindre à eux sans délai. »</em></p>
<p dir="ltr"><strong>Ben Grazda</strong><br />
Responsable du plaidoyer du bureau Amérique du Nord de RSF</p>
</blockquote>
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<h5 class="text-align-justify" dir="ltr"><strong>Les fusions passées renseignent sur les dangers de la concentration</strong></h5>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">En août 2025, <a class="external-website" title="Paramount et Skydance ont fusionné - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.paramount.com/press/skydance-media-and-paramount-global-complete-merger-creating-next-generation-media-company" target="_blank" rel="noopener"><u>Paramount et Skydance ont fusionné</u></a> pour former une seule et même entreprise. Cette opération, dont le montant s’élève à <a class="external-website" title="huit milliards de dollars - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://apnews.com/article/paramount-skydance-media-cbs-trump-merger-a030c4f2c1903ed0e7f927782a64fcc0" target="_blank" rel="noopener"><u>huit milliards de dollars</u></a>, a placé Paramount, la société qui contrôle la <a class="external-website" title="troisième chaîne - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.tvinsider.com/1254222/cbs-abc-nbc-evening-news-ratings-2026-q1/" target="_blank" rel="noopener"><u>troisième chaîne</u></a> d’information la plus regardée du pays, <a class="external-website" title="CBS News - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://apnews.com/article/paramount-skydance-merger-cbs-news-trump-85560c3c7aaaa1fe894380683e66a89c" target="_blank" rel="noopener"><em><u>CBS New</u></em><u>s</u></a>, entre les mains du milliardaire <a class="external-website" title="David Ellison - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.nytimes.com/2026/06/14/business/media/trump-ufc-david-ellison.html" target="_blank" rel="noopener"><u>David Ellison</u></a>, un allié de <a class="external-website" title="Donald Trump - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.pbs.org/newshour/politics/trumps-moves-against-media-outlets-mirror-authoritarian-approaches-to-silencing-dissenthttps://www.pbs.org/newshour/politics/trumps-moves-against-media-outlets-mirror-authoritarian-approaches-to-silencing-dissent" target="_blank" rel="noopener"><u>Donald Trump</u></a>. Quelques mois seulement après la fusion, 2 000 personnes – soit environ 10 % des effectifs de Paramount – ont <a class="external-website" title="perdu leur emploi - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://apnews.com/article/paramount-layoffs-skydance-merger-job-cuts-d98e6037d36254487112c833781b8f42" target="_blank" rel="noopener"><u>perdu leur emploi</u></a>. Quant à <em>CBS News</em> a <a class="external-website" title="licencié - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.cnn.com/2026/03/20/media/cbs-news-layoffs-bari-weiss-paramount" target="_blank" rel="noopener"><u>licencié</u></a> en mars 6 % de son personnel et a décidé de fermer <em>CBS News Radio</em>.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Conséquence de cette concentration ? Un public moins bien informé. <em>CBS News Radio</em> comptait environ <a class="external-website" title="700 stations affiliées - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.usatoday.com/story/entertainment/tv/2026/05/22/cbs-news-radio-shutdown/90215365007/" target="_blank" rel="noopener"><u>700 stations affiliées</u></a> à travers le pays, qui se sont de fait retrouvées privées de leur principale source de programmes. Sa disparition prive ces stations d’un fournisseur majeur de contenus. La radio, qui ne nécessite pas de connexion Internet, demeure pourtant l’un des <a class="external-website" title="moyens les plus accessibles - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.americanbar.org/groups/crsj/resources/human-rights/2025-october/losing-infrastructure-community-connection/" target="_blank" rel="noopener"><u>moyens les plus accessibles</u></a> pour diffuser l’actualité, d’autant que de plus en plus d’Américains vivent dans des <a class="external-website" title="déserts de l’information - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.medill.northwestern.edu/news/2025/news-deserts-hit-new-high-and-50-million-have-limited-access-to-local-news-study-finds.html" target="_blank" rel="noopener"><u>déserts de l’information</u></a>. Les anciennes stations affiliées à CBS doivent <a class="external-website" title="désormais choisir - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://news.wttw.com/2026/06/23/legacy-brand-sunset-illinois-radio-stations-reckon-cbs-news-radio-s-shutdown" target="_blank" rel="noopener"><u>désormais choisir</u></a> parmi un nombre de plus en plus restreint de sources pour s’approvisionner en informations, ce qui nuit à la diversité des informations qu’elles peuvent diffuser auprès d’un public qui compte sur leur couverture médiatique.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">La fusion entre Paramount et Warner Bros., d’un montant de <a class="external-website" title="près de 111 milliards de dollars - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://apnews.com/article/warner-brothers-paramount-skydance-netflix-david-ellison-d52e8730ba894adf2ebb9a69646d323b" target="_blank" rel="noopener"><u>près de 111 milliards de dollars</u></a>, éclipserait l’accord conclu en 2025 entre Paramount et Skydance (8 milliards de dollars). En conséquence, les spécialistes prévoient des répercussions encore plus dévastatrices pour les journalistes et le public. Selon un <a class="external-website" title="rapport - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://opportunity.lacounty.gov/wp-content/uploads/2026/06/Paramount_Warner_Merger_March_17_2026_Motion_Report_Back.pdf" target="_blank" rel="noopener"><u>rapport</u></a> récent du Département des opportunités économiques de Los Angeles, cela pourrait se traduire par la suppression d’environ 2 500 emplois dans le secteur des médias, y compris des postes de journalistes, dans la région de Los Angeles, et d’environ 6 000 dans le monde entier.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">En tant qu’actionnaire de la fondation Paramount, la filiale américaine de RSF, Reporters sans frontières, Inc., a déjà <a href="https://rsf.org/fr/%C3%A9tats-unis-rsf-et-la-fpf-demandent-%C3%A0-paramount-d%C3%AAtre-transparent-au-sujet-de-lacquisition" target="_blank" rel="noopener"><u>alerté</u></a>, aux côtés de la Freedom of the Press Foundation, sur les dangers de la concentration accrue des grands réseaux d’information entre les mains d’actionnaires ayant des liens avec des personnalités politiques. Pour les deux organisations, cela pourrait bouleverser complètement le paysage médiatique américain en renforçant la censure éditoriale, en sapant la confiance du public, en affaiblissant la responsabilité démocratique et en accélérant les licenciements dans les rédactions.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">RSF est profondément préoccupée par le fait que les grands conglomérats médiatiques cèdent de plus en plus aux pressions politiques, à un moment où les journalistes américains sont déjà confrontés à une escalade des menaces judiciaires, des intimidations et des atteintes à leur indépendance. Les Etats-Unis occupent la 64e place au Classement mondial de la liberté de la presse de RSF, perdant 7 places en 2026.</p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Victoire à Strasbourg du quotidien genevois Le Courrier contre le mécène Jean Claude Gandur</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/victoire-a-strasbourg-du-quotidien-genevois-le-courrier-contre-le-mecene-jean-claude-gandur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Jul 2026 12:18:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Suisse]]></category>
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					<description><![CDATA[La Cour européenne des droits de l’homme a mis un terme, jeudi 9 juillet, aux onze longues années qu’aura duré le procès civil intenté au quotidien genevois Le Courrier par le mécène et collectionneur suisse Jean Claude Gandur. Les juges de Strasbourg ont estimé que la condamnation du journal par la justice genevoise puis par [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;">La Cour européenne des droits de l’homme a mis un terme, jeudi 9 juillet, aux onze longues années qu’aura duré le procès civil intenté au quotidien genevois <em>Le Courrier</em> par le mécène et collectionneur suisse Jean Claude Gandur. Les juges de Strasbourg ont estimé que la condamnation du journal par la justice genevoise puis par le Tribunal fédéral pour atteinte civile à la personnalité en raison d’un article peu flatteur, <a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre#{%22itemid%22:[%22001-251000%22]}">était contraire à la liberté de la presse</a>.</p>
<p style="font-weight: 400;">C’est donc une belle victoire pour le quotidien et pour la défense d’un journalisme indépendant et critique dont le rôle dans cette affaire, a conclu la juridiction européenne, n’a pas été reconnu à sa juste valeur par les tribunaux helvétiques.</p>
<blockquote>
<p style="font-weight: 400;"><em>« RSF Suisse se félicite d’autant plus de cette victoire que notre organisation avait apporté son soutien au Courrier. Nous étions convaincus que le procès qui opposait celui-ci au milliardaire genevois, épinglé par le journal à la veille d’un débat sur l’agrandissement du Musée d’art et d’histoire que cofinançait le collectionneur, mettait en jeu la liberté de la presse. Des leçons devront être tirées de cette jurisprudence par les tribunaux suisses, qui privilégient souvent trop vite la protection de la réputation des personnes mises en causes par rapport à la liberté de la presse. »</em></p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>Denis Masmejan</strong>, secrétaire général de RSF Suisse</p>
</blockquote>
<p style="font-weight: 400;">Le litige qui s’achève aura été emblématique à plus d’un titre. La disproportion entre les moyens financiers que le plaignant a pu engager dans ce procès et ceux que le quotidien, édité par une association sans but lucratif, pouvait mobiliser pour sa défense, était énorme. Elle était telle qu’elle faisait de cette affaire un exemple de procédure-bâillon – ces procès qui ont pour principal effet d’intimider les médias et de chercher à les réduire au silence, dénoncés dans toute l’Union européenne mais dont le monde politique en Suisse continue majoritairement à dénier l’importance.</p>
<p style="font-weight: 400;">Mais il est une autre disproportion que l’affaire met en relief. L’arbitrage entre la liberté de la presse d’une part et la protection civile de la réputation d’autrui est aujourd’hui globalement déséquilibré aussi bien dans la législation elle-même que dans les décisions des tribunaux qui l’appliquent.</p>
<p style="font-weight: 400;">A cet égard, certains passages du jugement de la Cour européenne sont éloquents. Celle-ci s’étonne ainsi que les juridictions suisses aient incriminé le style et l’angle de l’article, sans être en mesure par ailleurs de lui reprocher des affirmations factuellement sans fondement. « Pourtant, la présentation d’un article de presse et le style qui y est adopté relèvent du contenu rédactionnel, et il s’agit là d’un choix éditorial qu’il n’appartient en principe pas aux juridictions d’apprécier », a dû rappeler la Cour. Les juridictions suisses auraient également dû « examiner si la condamnation des journalistes était de nature à les dissuader, à l’avenir, de s’acquitter de leur rôle dans le débat public, afin d’éviter de longues et coûteuses procédures susceptibles de mettre en péril leur journal. »</p>
<p style="font-weight: 400;">L’heureuse conclusion de l’affaire met donc en évidence une réalité regrettable : l’application aux médias, en Suisse, des règles de droit civil protégeant la réputation d’autrui sont trop souvent trop éloignées des standards imposés par la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme. Ce constat vaut aussi bien pour les décisions de fond que pour les fameuses « mesures provisionnelles » qui se rattachent, elles aussi, à la protection civile de la personnalité et qui sont utilisées de manière manifestement abusives, <a href="https://rsf-ch.ch/vague-de-procedures-baillons-contre-heidi-news-rsf-saisit-la-rapporteuse-speciale-de-lonu-irene-khan/" target="_blank" rel="noopener">par exemple très récemment</a> contre le média en ligne <a href="https://rsf-ch.ch/vague-de-procedures-baillons-contre-heidi-news-rsf-saisit-la-rapporteuse-speciale-de-lonu-irene-khan/">Heidi.news</a>.</p>
<p style="font-weight: 400;">RSF Suisse appelle les autorités et le monde politique à en prendre conscience et à ouvrir un débat sur les changements à apporter, quand bien même les majorités parlementaires nécessaires font manifestement défaut à ce jour.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Quand la sécurité nationale devient une arme contre le journalisme : nouveau rapport de RSF</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/quand-la-securite-nationale-devient-une-arme-contre-le-journalisme-nouveau-rapport-de-rsf/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Jul 2026 05:00:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://rsf-ch.ch/?p=43752</guid>

					<description><![CDATA[De plus en plus souvent, des professionnels des médias sont poursuivis en justice, emprisonnés, surveillés, contraints à l’exil, voire tués au nom de la sécurité nationale. Ces dernières années, la notion de sécurité nationale a largement dépassé son objectif initial pour devenir, partout dans le monde, un instrument de répression du journalisme. C’est ce que [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span class="docData;DOCY;v5;2801;BQiAAgAAEYQCAAAGiAIAAAMqCgAABTgKAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAngcAAACZBwAAAS4AAAABBgAAAAAJBgAAAAAaBhYAAAAAAQEUAQEZBgoAAABmAHIALQBDAEgAGwYAAAAAAlgHAAAFjQEAAAEWAAAAAAEBFAEBGQYKAAAAZgByAC0AQwBIAAhtAQAAAGgBAABsAGUAIAA3ACAAagB1AGkAbABsAGUAdAAgADIAMAAyADYAIAATICAARABlACAAcABsAHUAcwAgAGUAbgAgAHAAbAB1AHMAIABzAG8AdQB2AGUAbgB0ACwAIABkAGUAcwAgAHAAcgBvAGYAZQBzAHMAaQBvAG4AbgBlAGwAcwAgAGQAZQBzACAAbQDpAGQAaQBhAHMAIABzAG8AbgB0ACAAcABvAHUAcgBzAHUAaQB2AGkAcwAgAGUAbgAgAGoAdQBzAHQAaQBjAGUALAAgAGUAbQBwAHIAaQBzAG8AbgBuAOkAcwAsACAAcwB1AHIAdgBlAGkAbABsAOkAcwAsACAAYwBvAG4AdAByAGEAaQBuAHQAcwAgAOAAIABsABkgZQB4AGkAbAAsACAAdgBvAGkAcgBlACAAdAB1AOkAcwAgAGEAdQAgAG4AbwBtACAAZABlACAAbABhACAAcwDpAGMAdQByAGkAdAAFJQIAAAEWAAAAAAEBFAEBGQYKAAAAZgByAC0AQwBIAAgFAgAAAAACAADpACAAbgBhAHQAaQBvAG4AYQBsAGUALgAgAEMAZQBzACAAZABlAHIAbgBpAOgAcgBlAHMAIABhAG4AbgDpAGUAcwAsACAAbABhACAAbgBvAHQAaQBvAG4AIABkAGUAIABzAOkAYwB1AHIAaQB0AOkAIABuAGEAdABpAG8AbgBhAGwAZQAgAGEAIABsAGEAcgBnAGUAbQBlAG4AdAAgAGQA6QBwAGEAcwBzAOkAIABzAG8AbgAgAG8AYgBqAGUAYwB0AGkAZgAgAGkAbgBpAHQAaQBhAGwAIABwAG8AdQByACAAZABlAHYAZQBuAGkAcgAsACAAcABhAHIAdABvAHUAdAAgAGQAYQBuAHMAIABsAGUAIABtAG8AbgBkAGUALAAgAHUAbgAgAGkAbgBzAHQAcgB1AG0AZQBuAHQAIABkAGUAIAByAOkAcAByAGUAcwBzAGkAbwBuACAAZAB1ACAAagBvAHUAcgBuAGEAbABpAHMAbQBlAC4AIABDABkgZQBzAHQAIABjAGUAIABxAHUAZQAgAG0AbwBuAHQAcgBlACAAbABlACAAbgBvAHUAdgBlAGEAdQAgAHIAYQBwAHAAbwByAHQAIABkAGUAIABSAGUAcABvAHIAdABlAHIAcwAgAHMAYQBuAHMAIABmAHIAbwBuAHQAaQDoAHIAZQBzAAUxAAAAARYAAAAAAQEUAQEZBgoAAABmAHIALQBDAEgACBEAAAAADAAAACAAKABSAFMARgApAAU5AAAAARYAAAAAAQEUAQEZBgoAAABmAHIALQBDAEgACBkAAAAAFAAAACAAaQBuAHQAaQB0AHUAbADpACAABSkAAAABFgAAAAABARQBARkGCgAAAGYAcgAtAEMASAAICQAAAAAEAAAAqwCgAAVJAAAAARYAAAAAAQEUAQEZBgoAAABmAHIALQBDAEgACCkAAAAAJAAAAE4AYQB0AGkAbwBuAGEAbAAgAFMAZQBjAHUAcgBpAHQAeQAgAAUtAAAAARYAAAAAAQEUAQEZBgoAAABmAHIALQBDAEgACA0AAAAACAAAAGEAcwAgAGEABTUAAAABFgAAAAABARQBARkGCgAAAGYAcgAtAEMASAAIFQAAAAAQAAAAIABXAGUAYQBwAG8AbgAgAAUzAAAAARYAAAAAAQEUAQEZBgoAAABmAHIALQBDAEgACBMAAAAADgAAAGEAZwBhAGkAbgBzAHQABScAAAABFgAAAAABARQBARkGCgAAAGYAcgAtAEMASAAIBwAAAAACAAAAIAAFOQAAAAEWAAAAAAEBFAEBGQYKAAAAZgByAC0AQwBIAAgZAAAAABQAAABKAG8AdQByAG4AYQBsAGkAcwBtAAUpAAAAARYAAAAAAQEUAQEZBgoAAABmAHIALQBDAEgACAkAAAAABAAAAKAAuwAFTQEAAAEWAAAAAAEBFAEBGQYKAAAAZgByAC0AQwBIAAgtAQAAACgBAAAuACAAQwBlACAAcgBhAHAAcABvAHIAdAAgAGEAbgBhAGwAeQBzAGUAIABsAGUAcwAgAOkAdgBvAGwAdQB0AGkAbwBuAHMAIABtAG8AbgBkAGkAYQBsAGUAcwAgAGUAdAAgAGYAbwByAG0AdQBsAGUAIABkAGkAeAAgAHIAZQBjAG8AbQBtAGEAbgBkAGEAdABpAG8AbgBzACAAdgBpAHMAYQBuAHQAIADgACAAZwBhAHIAYQBuAHQAaQByACAAbABhACAAcAByAG8AdABlAGMAdABpAG8AbgAgAOAAIABsAG8AbgBnACAAdABlAHIAbQBlACAAZABlACAAbABhACAAbABpAGIAZQByAHQA6QAgAGQAZQAgAGwAYQAgAHAAcgBlAHMAcwBlAAUKAAAAAQAAAAAIAAAAAAUKAAAACAUAAAANAAAAAB8EAAAA80NJVwoAAAAAAAAAABEAAAAAtQAAAAAtAAAAAQYAAAAACQYbAAAAJwQUAQAACwEBHAEAKAQAAAAAHQEAKQQAAAAAGwYAAAAAAXkAAAAEBgoAAABBAHIAaQBhAGwABQYKAAAAQQByAGkAYQBsAAcGCgAAAEEAcgBpAGEAbAAGBgoAAABBAHIAaQBhAGwAEwEBCAQWAAAAFgQWAAAAGQYEAAAAZQBuABoGCgAAAGEAcgAtAFMAQQAbBgoAAABmAHIALQBDAEgAAgAAAAA=">De plus en plus souvent, des professionnels des médias sont poursuivis en justice, emprisonnés, surveillés, contraints à l’exil, voire tués au nom de la sécurit</span>é nationale. Ces dernières années, la notion de sécurité nationale a largement dépassé son objectif initial pour devenir, partout dans le monde, un instrument de répression du journalisme. C’est ce que montre le nouveau rapport de Reporters sans frontières(RSF) intitulé « National Security as a Weapon against Journalism ». Ce rapport analyse les évolutions mondiales et formule dix recommandations visant à garantir la protection à long terme de la liberté de la presse</strong><strong>.</strong></p>
<p class="docData;DOCY;v5;10996;BQiAAgAAEYQCAAAGiAIAAAMtKgAABTsqAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAoScAAADVCgAAASgAAAABBgAAAAAJBgAAAAAaBhAAAAAZBgoAAABmAHIALQBDAEgAGwYAAAAAApoKAAAFMQEAAAEQAAAAGQYKAAAAZgByAC0AQwBIAAgXAQAAABIBAABMAGUAIAByAGEAcABwAG8AcgB0ACAAYwBvAG4AZgBpAHIAbQBlACAAYwBlACAAcQB1AGUAIABSAFMARgAgAGEAdgBhAGkAdAAgAGQA6QBqAOAAIABzAG8AdQBsAGkAZwBuAOkAIABsAG8AcgBzACAAZABlACAAbABhACAAcAB1AGIAbABpAGMAYQB0AGkAbwBuACAAZAB1ACAAYwBsAGEAcwBzAGUAbQBlAG4AdAAgAG0AbwBuAGQAaQBhAGwAIABkAGUAIABsAGEAIABsAGkAYgBlAHIAdADpACAAZABlACAAbABhACAAcAByAGUAcwBzAGUAIABmAGkAbgAgAGEAdgByAGkAbAAgADIAMAAyADYABSMAAAABEAAAABkGCgAAAGYAcgAtAEMASAAICQAAAAAEAAAAoAA6AAVZAQAAARAAAAAZBgoAAABmAHIALQBDAEgACD8BAAAAOgEAACAAbABlAHMAIABsAG8AaQBzACAAcwB1AHIAIABsAGEAIABzAOkAYwB1AHIAaQB0AOkAIABuAGEAdABpAG8AbgBhAGwAZQAgAHMAbwBuAHQAIABkAOkAdABvAHUAcgBuAOkAZQBzACAAcABvAHUAcgAgAHAAbwB1AHIAcwB1AGkAdgByAGUAIABwAOkAbgBhAGwAZQBtAGUAbgB0ACAAbABlAHMAIABwAHIAbwBmAGUAcwBzAGkAbwBuAG4AZQBsAHMAIABkAGUAcwAgAG0A6QBkAGkAYQBzACAAZQB0ACAAYwByAGkAbQBpAG4AYQBsAGkAcwBlAHIAIABsAGUAIABqAG8AdQByAG4AYQBsAGkAcwBtAGUALgAgAEMAGSBlAHMAdAAgAGwAZQAgAGMAYQBzACAAZABlACAABU0AAAABFgAAAAABARQBARkGCgAAAGYAcgAtAEMASAAILQAAAAAoAAAARgByAGUAbgBjAGgAaQBlACAATQBhAGUAIABDAHUAbQBwAGkAbwAgAAVXAAAAARAAAAAZBgoAAABmAHIALQBDAEgACD0AAAAAOAAAACgAUABoAGkAbABpAHAAcABpAG4AZQBzACwAIABlAG0AcAByAGkAcwBvAG4AbgDpAGUAKQAsACAABUUAAAABFgAAAAABARQBARkGCgAAAGYAcgAtAEMASAAIJQAAAAAgAAAAVAB1AHIAawBpACAAYQBsAC0ASgBhAHMAcwBlAHIAIAAFVwAAAAEQAAAAGQYKAAAAZgByAC0AQwBIAAg9AAAAADgAAAAoAEEAcgBhAGIAaQBlACAAcwBhAG8AdQBkAGkAdABlACwAIABlAHgA6QBjAHUAdADpACkALAAgAAU7AAAAARYAAAAAAQEUAQEZBgoAAABmAHIALQBDAEgACBsAAAAAFgAAAFoAaABhAG4AZwAgAFoAaABhAG4AIAAFSwAAAAEQAAAAGQYKAAAAZgByAC0AQwBIAAgxAAAAACwAAAAoAEMAaABpAG4AZQAsACAAZQBtAHAAcgBpAHMAbwBuAG4A6QBlACkALAAgAAU5AAAAARYAAAAAAQEUAQEZBgoAAABmAHIALQBDAEgACBkAAAAAFAAAAEoAaQBtAG0AeQAgAEwAYQBpACAABaMAAAABEAAAABkGCgAAAGYAcgAtAEMASAAIiQAAAACEAAAAKABIAG8AbgBnACAASwBvAG4AZwAsACAAZQBtAHAAcgBpAHMAbwBuAG4A6QApACAAbwB1ACAAZQBuAGMAbwByAGUAIABkAGUAcwAgAHAAcgBvAGYAZQBzAHMAaQBvAG4AbgBlAGwAcwAgAGQAZQBzACAAbQDpAGQAaQBhAHMAIADgACAABS8AAAABFgAAAAABARQBARkGCgAAAGYAcgAtAEMASAAIDwAAAAAKAAAARwBhAHoAYQAgAAU5AAAAARAAAAAZBgoAAABmAHIALQBDAEgACB8AAAAAGgAAACgAdAB1AOkAcwApACAAbwB1ACAAZQBuACAABTEAAAABFgAAAAABARQBARkGCgAAAGYAcgAtAEMASAAIEQAAAAAMAAAAQwByAGkAbQDpAGUABS0AAAABEAAAABkGCgAAAGYAcgAtAEMASAAIEwAAAAAOAAAAIABvAGMAYwB1AHAA6QAFHwIAAAEQAAAAGQYKAAAAZgByAC0AQwBIAAgFAgAAAAACAABlACAAcABhAHIAIABsAGEAIABSAHUAcwBzAGkAZQAgACgAdAB1AOkAcwAgAG8AdQAgAGUAbQBwAHIAaQBzAG8AbgBuAOkAcwApAC4AIABDAGUAdAB0AGUAIAB0AGUAbgBkAGEAbgBjAGUAIABlAHMAdAAgAGUAeABhAGMAZQByAGIA6QBlACAAcABhAHIAIABsAGUAcwAgAGMAbwBuAGYAbABpAHQAcwAsACAAbABlAHMAIAB0AHIAbwB1AGIAbABlAHMAIABlAHQAIABsAGEAIABtAG8AbgB0AOkAZQAgAGQAZQAgAGwAGSBhAHUAdABvAHIAaQB0AGEAcgBpAHMAbQBlAC4AIABNAGEAaQBzACAAZQBsAGwAZQAgAHMAGSBvAGIAcwBlAHIAdgBlACAA6QBnAGEAbABlAG0AZQBuAHQAIABkAGEAbgBzACAAZABlAHMAIABwAGEAeQBzACAAcwB0AGEAYgBsAGUAcwAgAGUAdAAgAGQA6QBtAG8AYwByAGEAdABpAHEAdQBlAHMALAAgAGMAbwBtAG0AZQAgAGwAZQAgAG0AbwBuAHQAcgBlAG4AdAAgAGwAZQBzACAAYwBhAHMAIABkAGUAIABsAGEAIABqAG8AdQByAG4AYQBsAGkAcwB0AGUAIABmAHIAYQBuAOcAYQBpAHMAZQAgAAVLAAAAARYAAAAAAQEUAQEZBgoAAABmAHIALQBDAEgACCsAAAAAJgAAAEEAZAByAGkAZQBuAG4AZQAgAEwAYQB2AHIAaQBsAGwAZQB1AHgABVEAAAABEAAAABkGCgAAAGYAcgAtAEMASAAINwAAAAAyAAAALAAgAGQAdQAgAHIAZQBwAG8AcgB0AGUAcgAgAGYAaQBuAGwAYQBuAGQAYQBpAHMAIAAFPwAAAAEWAAAAAAEBFAEBGQYKAAAAZgByAC0AQwBIAAgfAAAAABoAAABKAHUAaABhACAATQDkAG4AdAB5AGwA5AAgAAVNAAAAARAAAAAZBgoAAABmAHIALQBDAEgACDMAAAAALgAAAG8AdQAgAGQAdQAgAGoAbwB1AHIAbgBhAGwAaQBzAHQAZQAgAGcAcgBlAGMAIAAFNQAAAAEWAAAAAAEBFAEBGQYKAAAAZgByAC0AQwBIAAgVAAAAABAAAABUAGgAYQBuAGEAcwBpAHMABTcAAAABFgAAAAABARQBARkGCgAAAGYAcgAtAEMASAAIFwAAAAASAAAAIABLAG8AdQBrAGEAawBpAHMABSEAAAABEAAAABkGCgAAAGYAcgAtAEMASAAIBwAAAAACAAAALgAFGgAAAAEQAAAAGQYKAAAAZgByAC0AQwBIAAgAAAAABRoAAAABEAAAABkGCgAAAGYAcgAtAEMASAAIAAAAAB8EAAAAT1lxXwCYAAAAASgAAAABBgAAAAAJBgAAAAAaBhAAAAAZBgoAAABmAHIALQBDAEgAGwYAAAAAAl0AAAAFGgAAAAEQAAAAGQYKAAAAZgByAC0AQwBIAAgAAAAABRoAAAABEAAAABkGCgAAAGYAcgAtAEMASAAIAAAAAAUaAAAAARAAAAAZBgoAAABmAHIALQBDAEgACAAAAAAfBAAAABD1JCAAzwwAAAEoAAAAAQYAAAAACQYAAAAAGgYQAAAAGQYKAAAAZgByAC0AQwBIABsGAAAAAAKUDAAABWsAAAABEAAAABkGCgAAAGYAcgAtAEMASAAIUQAAAABMAAAARABhAG4AcwAgAHMAbwBuACAAcgBhAHAAcABvAHIAdAAsACAAUgBTAEYAIABtAGUAdAA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rapport confirme ce que RSF avait déjà souligné lors de la publication du classement mondial de la liberté de la presse fin avril 2026 : les lois sur la sécurité nationale sont détournées pour poursuivre pénalement les professionnels des médias et criminaliser le journalisme. C’est le cas de <strong>Frenchie Mae Cumpio </strong>(Philippines, emprisonnée), <strong>Turki al-Jasser </strong>(Arabie saoudite, exécuté), <strong>Zhang Zhan </strong>(Chine, emprisonnée), <strong>Jimmy Lai </strong>(Hong Kong, emprisonné) ou encore des professionnels des médias à <strong>Gaza </strong>(tués) ou en <strong>Crimée</strong> occupée par la Russie (tués ou emprisonnés). Cette tendance est exacerbée par les conflits, les troubles et la montée de l’autoritarisme. Mais elle s’observe également dans des pays stables et démocratiques, comme le montrent les cas de la journaliste française <strong>Adrienne Lavrilleux</strong>, du reporter finlandais <strong>Juha Mäntylä </strong>ou du journaliste grec <strong>Thanasis</strong><strong> Koukakis</strong>.</p>
<p>Dans son rapport, RSF met en évidence <strong>dix constatations</strong>. Notre organisation souligne notamment le fait que, dans de nombreux pays, les lois sur la sécurité nationale font l’objet d’une application extensive afin de poursuivre les professionnels des médias en justice. Nous relevons également que <strong>les lois d’urgence </strong>ou les mesures similaires deviennent <strong>permanentes </strong>et menacent ainsi gravement la liberté de la presse. Les accusations de financement ou de soutien au <strong>terrorisme </strong>sont par ailleurs devenues l’un des principaux moyens utilisés pour s’en prendre aux médias. La définition de la sécurité nationale n’est donc pas figée non plus et peut <strong>s’étendre à d’autres domaines</strong>, tels que <strong>la cybersécurité</strong>, la propagande ou les questions environnementales. Ce durcissement des mesures peut entraîner une intensification de la <strong>surveillance </strong>et <strong>de la répression</strong> transnationale.</p>
<p>Parallèlement, RSF formule <strong>dix recommandations </strong>visant à rétablir un équilibre entre les préoccupations légitimes en matière de sécurité nationale et la <strong>protection de la liberté de la presse</strong>. Parmi ces recommandations, on mentionnera :</p>
<ul>
<li>une définition précise de ce qui constitue une menace pour la sécurité nationale ;</li>
<li>la garantie que les dispositions-cadres relatives à la lutte contre le terrorisme ne soient pas utilisées de manière abusive à l’encontre des médias ;</li>
<li>des garanties que les poursuites à l’encontre des professionnels des médias se déroulent exclusivement dans le cadre de procédures pénales et civiles ordinaires, et non devant des tribunaux militaires, d’exception ou d’urgence ;</li>
<li>des assurances que les droits des professionnels des médias et la liberté de la presse soient protégés pendant les conflits armés et dans d’autres situations d’urgence.</li>
</ul>
<p>Vous trouverez la liste complète des conclusions et recommandations dans la synthèse du rapport ci-jointe ainsi que dans le rapport lui-même (en anglais).</p>
<p><span style="color: #ff0000;"><strong><a style="color: #ff0000;" href="https://rsf-ch.ch/wp-content/uploads/2026/07/Rapport-RSF_Securite-nationale_Juillet-2026_FR_Synthese.pdf" target="_blank" rel="noopener">Synthèse (français)</a></strong></span></p>
<p><span style="color: #ff0000;"><a style="color: #ff0000;" href="https://rsf-ch.ch/wp-content/uploads/2026/07/National-Security_ENG_JULY_EMBARGO.pdf" target="_blank" rel="noopener"><strong>Rapport (anglais)</strong></a></span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Correspondante au Liban: « Vivre au quotidien avec des drones au-dessus de la tête est épuisant »</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/correspondante-au-liban-vivre-au-quotidien-avec-des-drones-au-dessous-de-la-tete-est-epuisant/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Jun 2026 15:00:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Newsletter 2026-06-FR]]></category>
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					<description><![CDATA[Basée au Liban depuis 2020, la journaliste indépendante Sophie Woeldgen couvre l’actualité du Proche Orient, d’abord pour le média en ligne Heidi.news, aujourd’hui principalement pour les médias Le Temps, Le Soir (Belgique) et La Tribune du Dimanche (France). Elle nous livre son témoignage sur la réalité du métier de correspondante : ciblage des reporters, précarité [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Basée au Liban depuis 2020, la journaliste indépendante Sophie Woeldgen couvre l’actualité du Proche Orient, d’abord pour le média en ligne Heidi.news, aujourd’hui principalement pour les médias Le Temps, Le Soir (Belgique) et La Tribune du Dimanche (France). Elle nous livre son témoignage sur la réalité du métier de correspondante : ciblage des reporters, précarité des pigistes et charge mentale d’un quotidien rythmé par le bourdonnement incessant des drones. </strong></p>
<p><b>Vous couvrez un terrain hautement inflammable, notamment le sud du Liban, qualifié de zone de combat par l’armée israélienne. Comment parvient-on à travailler sous les bombardements ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Cette guerre-ci est beaucoup plus difficile à couvrir que les précédentes phases du conflit. Mais, déjà en 2024 des tirs d’artillerie avaient tué Issam Abdallah, journaliste pour Reuters et blessé gravement Christina Assi, photographe pour l&rsquo;AFP. Ils étaient pourtant parfaitement identifiés comme « Presse » sur une route dégagée que nous empruntions tous. Les enquêtes ont démontré qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;un ciblage. Une question s&rsquo;est alors posée pour nous, journalistes : devons-nous continuer à afficher nos insignes de presse au risque d&rsquo;être ciblés, ou devons-nous nous déplacer en civils pour nous fondre dans la masse ? C&rsquo;est un double tranchant permanent. Une vingtaine de journalistes ont été tués au Liban depuis octobre 2023. </span></p>
<p><b>A quoi ressemble une semaine type en tant que journaliste au Liban ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">C&rsquo;est un peu compliqué car je bouge beaucoup, mais cela dépend du contexte. Tout </span><span style="font-weight: 400;">dépend si l’on est en période d&rsquo;escalade, de guerre de haute intensité, ou dans des phases plus calmes. En tant que correspondante, il y a une obligation de réagir à n&rsquo;importe quel moment. Bien sûr, je planifie des interviews et des rencontres pour garder le</span><span style="font-weight: 400;"> lien, créer des contacts et obtenir des informations de fond. Ce travail est moins lié à l&rsquo;actualité immédiate, mais nourrit les papiers et la compréhension du pays. A côté de cela, il y a l&rsquo;urgence : s&rsquo;il se passe quelque chose à un endroit, je prends la voiture </span><span style="font-weight: 400;">et j&rsquo;y vais. Cela peut être à 6 heures du matin, en début d&rsquo;après-midi, à l&rsquo;autre bout du pays ou un dimanche. Cette capacité de réaction est fondamentale.</span></p>
<p><b>Contrairement à d&rsquo;autres correspondants, vous avez fait le choix de travailler sans fixeur sur place. Pourquoi ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">C&rsquo;est précisément la force d&rsquo;être correspondante locale : on prend le temps de bâtir son propre réseau avec des contacts directs. Quand la situation l’exige, je peux appeler directement mes sources pour savoir si une route est ouverte, fermée ou dangereuse. Il y a aussi une réalité économique : les fixeurs demandent des tarifs extrêmement élevés. Les chaînes de télévision ou les grands médias américains paient des sommes que nous, journalistes de presse écrite, sommes incapables d&rsquo;aligner. Et je reste convaincue que l&rsquo;absence d&rsquo;intermédiaire permet de nouer une relation différente, plus humaine avec les gens.</span></p>
<p><b>La violence s&rsquo;est-elle intensifiée contre les reporters et les civils ces derniers mois ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L&rsquo;exemple terrible d&rsquo;Amal Khalil, une collègue avec qui j’ai collaboré. Elle et sa consœur se trouvaient juste derrière une voiture qui a été frappée par un drone. Elles se sont immédiatemen</span><span style="font-weight: 400;">t réfugiées dans un bâtiment qui a son tour a été frappé par un avion de chasse israélien. La Croix-Rouge et l&rsquo;armée libanaise ont tenté d&rsquo;intervenir pour les extraire, mais elles ont essuyé des tirs de l&rsquo;armée israélienne. L&rsquo;interdiction d&rsquo;accès a duré six heures. Quand la Croix-Rouge a enfin pu approcher, Amal avait succombé à ses blessures. En tant qu&rsquo;Européens, nous bénéficions d&rsquo;une relative protection mais nos collègues libanais sont en première ligne. On observe un ciblage systématique des secouristes et des journalistes au Sud. Cette année, avec les évacuations massives, tout véhicule en mouvement est devenu une cible. Nos fenêtres d&rsquo;opportunité sont minimes et demandent de prendre de grands risques.</span></p>
<p><b>Face à un tel danger, comment évaluez-vous les risques. Observez-vous une différence avec vos collègues salariés en termes de sécurité ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La sécurité sur le terrain est une notion très volatile, elle change en l&rsquo;espace de quelques minutes. Certains de mes collègues salariés doivent, pour chaque déplacement, demander l&rsquo;autorisation à un responsable de la sécurité basé à Paris ou ailleurs. Pour moi, ce fonctionnement est contre-productif. Sur le terrain, vous voyez une accalmie, vous constatez qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de drone à cet instant précis, vous savez qui vous allez voir, il faut saisir l&rsquo;opportunité. Devoir attendre des validations hiérarchiques à distance bloque ces fenêtres cruciales. La perception du risque depuis un bureau parisien n&rsquo;a rien à voir avec la réalité du contexte local. </span></p>
<p><strong>C&rsquo;est à dire ?</strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Il n&rsquo;y a pas de risque zéro. Le danger aujourd&rsquo;hui au Liban n&rsquo;est pas de recevoir un éclat et de s&rsquo;en tirer avec deux mois d&rsquo;arrêt maladie. En discutant avec les soignants, on sait qu&rsquo;en cas de frappe directe de drone sur une voiture, les chances de survie sont quasi nulles. La question devient alors purement journalistique : je ne vais pas sur le terrain pour le plaisir d&rsquo;y aller. L&rsquo;évaluation doit être rigoureuse : est-ce que l&rsquo;importance de l&rsquo;information que je vais rapporter vaut le coup de prendre ce risque spécifique ? Si l&rsquo;objectif éditorial est crucial, alors j&rsquo;accepte ce risque. Avec l&rsquo;expérience, on développe aussi des réflexes, on apprend à analyser le comportement d&rsquo;un drone au-dessus de nos têtes ou à se mettre à l&rsquo;ombre car on sait qu’on est beaucoup plus visibles au soleil.</span></p>
<p><b>Existe-t-il une différence majeure entre les journalistes salariés et les pigistes indépendants comme vous ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le vrai problème de fond est le manque cruel de moyens et la sous-rémunération systémique des correspondants indépendants. Pour être honnête, je gagne moins que le salaire minimum genevois. Je parviens à m&rsquo;en sortir parce que je n&rsquo;ai pas d&rsquo;enfants à charge, mais c&rsquo;est un travail usant, 7 jours sur 7, sur place depuis des mois. Et la majorité de mes collègues indépendants touchent encore beaucoup moins que moi. Ma situation n’est pas la plus précaire car je sais que j’ai des médias qui me suivent et je me sens sécurisée sur ce point mais cette précarité pousse à la surenchère et au danger. Cela signifie aussi renoncer à consulter un psychologue parce que c&rsquo;est trop cher. Pour réussir à vendre un article, certains pigistes sont poussés à prendre des risques démesurés. Je vois des collègues développer des troubles obsessionnels, souffrir d&rsquo;insomnies sévères, devenir d&rsquo;une nervosité extrême, jusqu&rsquo;au point de rupture où ils lâchent totalement la profession. En Suisse, le statut de pigiste n&rsquo;offre absolument aucune sécurité. Si j&rsquo;ai un problème de santé demain, la question est immédiate : combien de temps puis-je tenir financièrement avant de devoir retravailler ?</span></p>
<p><b>Vous vivez actuellement à Beyrouth. À quoi ressemble votre quotidien ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Juste avant notre entretien, j&rsquo;ai dû fermer toutes les fenêtres de mon appartement parce qu&rsquo;un drone tournait au-dessus de mon immeuble. Sinon, le bourdonnement est tel que vous ne m&rsquo;entendriez pas. J&rsquo;ai la chance d&rsquo;habiter dans un quartier chrétien qui est épargné par les bombardements directs. Mais la guerre psychologique est omniprésente. Le conflit s&rsquo;est intensifié récemment, mais nous subissons des bombardements imprévisibles et une tension permanente depuis des mois. Vivre au quotidien avec des drones au-dessus de la tête est épuisant. Le volume sonore de ces engins est assourdissant et s&rsquo;infiltre physiquement : quand le drone descend très bas et stagne pendant des heures, je sens mon rythme cardiaque s&rsquo;accélérer, mes muscles se tendre. Les voisins s&rsquo;énervent, les enfants pleurent, les animaux paniquent. Mon père, qui me disait toujours que j&rsquo;exagérais, est venu me voir l&rsquo;année passée. Après deux jours de drones non-stop, il devenait fou et ne comprenait pas comment on pouvait tolérer cette violation constante de l&rsquo;espace aérien. Au Liban, nous avons tristement banalisé ce bruit constant. </span></p>
<p><b>Cette fatigue physique et psychologique altère-t-elle la qualité de votre travail ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Cela demande une énergie colossale. J&rsquo;aime profondément ce pays, ses habitants, et c&rsquo;est un choix conscient de ma part d&rsquo;être ici. Mais après des semaines de bombardements, il y a des moments où j&rsquo;ai juste envie de rentrer, de me poser, et de faire du journalisme dans des conditions normales, là où il y a de l&rsquo;électricité en continu, du calme, la possibilité de manger et de dormir correctement. Quand je rentre en Suisse, les idées s&rsquo;organisent clairement dans ma tête tout simplement parce que j&rsquo;ai pu dormir. Les capacités de réflexion sont altérées lorsque la majorité de votre énergie quotidienne est siphonnée par des mécanismes de pure survie. </span></p>
<p><b>Vous évoquiez votre réseau de confiance sur place, mais quelle est l&rsquo;attitude générale de la population envers les journalistes ? Constatez-vous de la méfiance ou une évolution ces dernières années ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">J’ai mentionné l’armée israélienne mais il y a aussi le Hezbollah qui combat au sud du Liban. Ils surveillent de très près nos positions et nos accès. Il est toujours possible de naviguer, mais cela demande beaucoup d&rsquo;efforts, de contacts et de patience. Si une tentative échoue le premier jour, il faut réessayer le lendemain en espérant ne pas tomber sur la personne qui bloquera le passage. C&rsquo;est un travail permanent mais c&rsquo;est aussi cela qui rend le métier fascinant. En Iran et dans une partie de la Syrie le passage par un fixeur est obligatoire, ce qui restreint la liberté puisqu’il doit rendre des comptes aux autorités et risque des ennuis si votre travail déplaît. En Jordanie, les contrôles sont stricts, et le Nord d&rsquo;Israël est presque totalement bouclé aux journalistes. C&rsquo;est toute la région qui subit une restriction globale des accès.</span></p>
<h6><strong>Sophie Sager, Chargée de projets RSF Suisse</strong></h6>
<p><em>(Photo : Alexandra Henry. Sur la photo : Sophie Woeldgen immortalise des chars près du checkpoint qui mène à Kobane, près de l&rsquo;Euphrate. La route venait d&rsquo;être conquise par des combattants des Forces Démocratiques Syriennes vers la fin janvier 2026.)</em></p>
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		<item>
		<title>La presse à Hong Kong souffre depuis six ans de la loi draconienne sur la sécurité nationale</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/la-presse-a-hong-kong-souffre-depuis-six-ans-de-la-loi-draconienne-sur-la-securite-nationale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Jun 2026 12:00:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Newsletter 2026-06-FR]]></category>
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					<description><![CDATA[Il y a six ans, le 30 juin 2020, le gouvernement de Xi Jinping à Pékin a adopté à Hong Kong la loi radicale et draconienne sur la sécurité nationale (National Security Law). Depuis lors, dans la région administrative spéciale de Hong Kong, toute déclaration publique ou intention manifestée visant à séparer Hong Kong de [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Il y a six ans, le 30 juin 2020, le gouvernement de Xi Jinping à Pékin a adopté à Hong Kong la loi radicale et draconienne sur la sécurité nationale (National Security Law). Depuis lors, dans la région administrative spéciale de Hong Kong, toute déclaration publique ou intention manifestée visant à séparer Hong Kong de la Chine est considérée comme un délit. Cette loi peut être interprétée de manière si large que ses conséquences pour le mouvement démocratique hongkongais, ainsi que pour les médias et la liberté de la presse, restent aujourd’hui encore très graves. Au cours des six dernières années, de nombreux médias ont dû cesser leurs activités, et des locaux de rédactions ont été perquisitionnés par les forces de sécurité. De plus, des personnalités du monde des médias et des entrepreneurs du secteur, tels que Jimmy Lai ou Patrick Lam, ont été emprisonnés et réduits au silence sur la base d’accusations forgées de toutes pièces. Au moins 19 professionnels des médias ont été emprisonnés à Hong Kong depuis 2020, et certains d’entre eux ne sont toujours pas libres. <em>(Photo : Keystone-ATS)</em></strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le plus connu d’entre eux est sans doute Jimmy Lai. Depuis plus de cinq ans et demi, </span><a href="https://rsf.org/en/2000-days-behind-bars-time-running-out-jimmy-lai" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">soit plus de 2 000 jours</span></a><span style="font-weight: 400;">, il est détenu arbitrairement à Hong Kong, dont une grande partie en isolement cellulaire. En décembre 2025, une nouvelle condamnation a été prononcée à l’encontre de Lai : 20 ans de prison. Il est accusé de complot en vue de collaborer avec des forces étrangères ainsi que de publication de contenus séditieux en lien avec son ancienne activité d’éditeur du journal « Apple Daily ». Le verdict proprement dit n’a été rendu qu’en février 2026 ; il s’agit de la peine la plus lourde prononcée à ce jour contre un journaliste à Hong Kong en vertu de la loi sur la sécurité nationale.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En 2024, le procès des deux journalistes de l’ancien journal « Stand News », Patrick Lam et Chung Pui-kuen, a fait tout autant de bruit. La rédaction de « Stand News » avait déjà été prise d’assaut par les forces de sécurité fin 2021, ce qui avait contraint le journal à cesser ses activités. Bien que les chefs d’accusation retenus contre Patrick Lam et Chung Pui-kuen dans le jugement de 2024 ne relevaient pas de la loi sur la sécurité nationale, « Stand News » avait auparavant été déclaré comme constituant un risque pour la sécurité nationale de Hong Kong. Patrick Lam et Chung Pui-kuen ont été condamnés respectivement à onze et vingt-et-un mois d’emprisonnement pour émeute et atteinte à la sécurité de l’État, en vertu de la Loi fondamentale de Hong Kong (Hong Kong Basic Law).</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les procès intentés contre Jimmy Lai, ainsi que contre Patrick Lam et Chung Pui-kuen, illustrent parfaitement le recul drastique de la liberté de la presse à Hong Kong ces dernières années. En 2010, Hong Kong occupait encore la 34e place sur 180 pays et territoires recensés dans le classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF. En 2019, la région administrative spéciale occupait déjà la 73e place. Et aujourd’hui, les problèmes ont pris une telle ampleur que Hong Kong n’occupe plus que la 140e place. La situation de la liberté de la presse est globalement considérée comme très grave et il s’agit de l’un des plus forts recul de la liberté de la presse observés par RSF au cours des dernières décennies.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">RSF a toujours suivi de près les événements dans la zone administrative spéciale et a elle-même été confrontée à la répression exercée par les autorités. Celles-ci s’en prennent non seulement aux professionnels des médias, mais aussi aux ONG, comme Reporters sans frontières. En 2024, Aleksandra Bielakowska, collaboratrice de RSF, a </span><a href="https://rsf.org/en/hong-kong-rsf-representative-detained-and-deported-attempt-monitor-jimmy-lai-s-national-security" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">même été détenue pendant plusieurs heures à l’aéroport de Hong Kong sous de vagues prétextes, empêchée d’entrer sur le territoire, puis expulsée</span></a><span style="font-weight: 400;">. Le travail et la présence de RSF ont manifestement trop inquiété les autorités de Hong Kong pour qu’elles puissent laisser Mme Bielakowska entrer sans réagir.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Malgré la loi sur la sécurité nationale et la répression de plus en plus sévère à l’encontre de la presse, les professionnels des médias de Hong Kong n’ont pas cédé et continuent de résister. Patrick Lam, de « Stand News », a déclaré en 2024 dans sa </span><a href="https://x.com/hkdc_us/status/1829119010694181301" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">déclaration faite à la suite du verdict rendu à son encontre et à celle de Chung Pui-kuen</span></a><span style="font-weight: 400;"> : « Nous avons révélé des vérités qui, sans cela, seraient restées cachées, même si cela n’a pas été sans difficulté. Nous avons défendu les plus démunis et les minorités, malgré les attaques et les condamnations. Nous avons documenté autant que possible la vie quotidienne à Hong Kong. Nous voulions consigner ces histoires avant qu’elles ne disparaissent. Mais nous savions tous que notre liberté s’amenuisait. Malgré tout, beaucoup ont choisi de rester, de se battre et de tirer parti de l’espace restreint dont nous disposions. »</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Et Sébastien, le fils de Jimmy Lai, a déclaré en février 2026 </span><a href="https://www.youtube.com/watch?v=W15ZWKTWIkg" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">aux médias américains</span></a><span style="font-weight: 400;"> que son père était resté stoïquement calme lors du prononcé du verdict en février. Il aurait même souri, « en signe de résistance ». Cela a donné de la force à Sébastien Lai. La Chine a peut-être emprisonné physiquement Jimmy Lai, mais pas son esprit de combat, a souligné Sébastien. Cet esprit de combat a certes coûté très cher à Jimmy Lai, à savoir sa liberté. Et pourtant, il sert d’inspiration à la presse encore libre dans la région, de repère et de source de motivation. Car les libertés qui subsistent doivent être mises à profit et préservées. Sinon, elles disparaîtront elles aussi complètement.</span></p>
<h6><strong>Valentin Rubin, Policy &amp; Advocacy Manager RSF Suisse</strong></h6>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Palantir débouté face à Republik : un signal important pour la liberté de la presse</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/palantir-deboute-face-a-republik-un-signal-important-pour-la-liberte-de-la-presse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Jun 2026 12:11:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Suisse]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans 22 des 23 points examinés, le média suisse Republik a obtenu gain de cause devant le tribunal de commerce de Zurich face au géant technologique américain Palantir. En début d’année, l’entreprise avait intenté une action en justice contre Republik, qui avait publié en décembre 2025, avec le collectif d’investigation WAV, deux articles sur les [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">Dans 22 des 23 points examinés, le média suisse Republik a obtenu gain de cause devant le tribunal de commerce de Zurich face au géant technologique américain Palantir. En début d’année, l’entreprise avait intenté une action en justice contre Republik, qui avait publié en décembre 2025, avec le collectif d’investigation WAV, deux articles sur les activités de Palantir en Suisse.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">À la suite de ces publications, Palantir avait exigé la publication dans Republik d’un long droit de réponse, que la rédaction avait refusé. L’entreprise avait alors saisi la justice civile contre ce média indépendant basé à Zurich. La semaine dernière, le tribunal de commerce de Zurich a rendu un jugement particulièrement réjouissant pour la liberté de la presse. Sur 22 des 23 points litigieux, Republik a obtenu gain de cause face au groupe technologique américain. Le tribunal n’a donné raison à Palantir que sur un seul point.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Si Palantir avait obtenu gain de cause sur la majorité des points, voire sur l’ensemble de sa demande de droit de réponse, les conséquences pour la liberté de la presse — du moins pour les médias suisses — auraient pu être problématiques. Les droits de réponse occupent certes une place importante dans le débat public. Dans le cas de Palantir, le droit de réponse demandé visait avant tout des objectifs de communication. Si la justice zurichoise l&rsquo;avait accepté, sa décision aurait mis une certaine pression sur les médias suisses pour ne parler de Palantir, à l&rsquo;avenir, que dans les termes voulus par l&rsquo;entreprise américaine.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">À cet égard, le jugement du tribunal de commerce de Zurich constitue un signal très positif. RSF Suisse se réjouit de l’issue favorable de cette longue et coûteuse procédure judiciaire pour Republik et le collectif d’investigation WAV. Certes, la décision n’est pas encore définitive. Mais elle montre qu’un journalisme rigoureux, fondé sur les faits et indépendant, portant sur des entreprises puissantes comme Palantir, relève clairement de l’intérêt public et doit avoir toute sa place dans une démocratie comme la Suisse. Elle rappelle également qu’il vaut la peine de défendre ces principes.</span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le refoulement de la journaliste française Alice Froussard par Israël : après Gaza, le verrouillage informationnel de la Cisjordanie ?</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/le-refoulement-de-la-journaliste-francaise-alice-froussard-par-israel-apres-gaza-le-verrouillage-informationnel-de-la-cisjordanie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 Jun 2026 12:20:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[Trente minutes après son arrivée, le 10 juin, à l’aéroport Ben Gurion en Israël, d’où elle devait rejoindre la Cisjordanie pour un reportage, la journaliste française Alice Froussard, collaboratrice de Radio France Internationale (RFI), a été interpellée, interrogée puis expulsée du pays par la police israélienne. Reporters sans frontières (RSF) exprime sa pleine solidarité avec [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-chapo field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<p dir="ltr"><strong>Trente minutes après son arrivée, le 10 juin, à l’aéroport Ben Gurion en Israël, d’où elle devait rejoindre la Cisjordanie pour un reportage, la journaliste française Alice Froussard, collaboratrice de Radio France Internationale (RFI), a été interpellée, interrogée puis expulsée du pays par la police israélienne. Reporters sans frontières (RSF) exprime sa pleine solidarité avec cette journaliste, spécialiste de la Cisjordanie depuis de nombreuses années, et dénonce une mesure liberticide d’une extrême gravité, révélatrice d’une volonté d’entraver la couverture de la Cisjordanie par la presse étrangère.</strong></p>
</div>
<div class="field field--name-field-contenu-editorial field--type-entity-reference-revisions field--label-hidden field__items">
<div class="field__item">
<div class="paragraph paragraph--type--texte-riche paragraph--view-mode--default">
<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-texte-riche field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Après le blocus imposé aux médias étrangers à Gaza, est-ce le tour de la Cisjordanie ? Les autorités israéliennes ont refoulé une journaliste étrangère à l&rsquo;aéroport de Ben Gurion, à Tel Aviv, alors même qu&rsquo;elle disposait de tous les documents requis pour entrer dans le pays et exercer son métier sur un territoire qu’elle arpente depuis des années.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">La journaliste française indépendante <strong>Alice Froussard, </strong>correspondante en Cisjordanie pour plusieurs médias français, a atterri en Israël a 22 heures, ce mercredi 10 juin, pour se rendre à Ramallah, en Cisjordanie occupée, comme à son habitude, en mission journalistique officielle pour <em>Radio France International</em> (<em>RFI</em>).  À 22 h 30, elle fut appréhendée, selon les informations de RSF, par les agents de contrôle aux frontières, interrogée, puis renvoyée plus de 10 heures plus tard vers la France.</p>
<p>L’interdiction officielle, émise par l&rsquo;Administration des contrôles aux frontières et consultée par RSF, invoque comme motifs du refus <em>“des considérations de sécurité publique, de sûreté publique ou d&rsquo;ordre public”</em> et <em>“des considérations liées à la prévention de l&rsquo;immigration clandestine”</em>. La journaliste disposait pourtant de toutes les pièces requises, d’un visa et d’un contrat officiel avec <em>RFI</em>. <em>“La personne susmentionnée sera expulsée d’Israël conformément à l’article 10(A) de la loi dès que possible et, d’ici là, sera détenue dans un lieu désigné à cet effet”</em> stipule la lettre qui précise également qu’Alice Froussard devra présenter une demande préalable avant toute future visite en Israël.</p>
</div>
</div>
</div>
<div class="field__item">
<div class="paragraph paragraph--type--citation paragraph--view-mode--default">
<blockquote>
<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-texte-riche field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<p><em>«L&rsquo;expulsion d&rsquo;Alice Froussard d&rsquo;Israël est injustifiable. Cette correspondante expérimentée, qui couvre la Cisjordanie depuis des années, fait partie des journalistes qui ont le courage de se rendre dans les territoires palestiniens occupés pour travailler auprès de leurs confrères palestiniens, malgré les risques sécuritaires croissants auxquels ils sont exposés. Le refus de la laisser exercer son métier révèle jusqu&rsquo;où les autorités israéliennes sont prêtes à aller pour priver l’opinion publique internationale d’informations en provenance de la Palestine. Alors qu’elles imposent un blocus médiatique sur Gaza depuis bientôt trois ans, elles entravent désormais encore davantage l’information sur la Cisjordanie. Nous exprimons notre solidarité avec Alice Froussard, nous dénonçons son expulsion et nous appelons les autorités israéliennes à lever immédiatement cette interdiction aberrante qui viole toutes les normes du droit international.»</em></p>
<p><strong>Jonathan Dagher<br />
</strong>Responsable du Bureau Moyen-Orient de RSF</p>
</div>
</blockquote>
</div>
</div>
<div class="field__item">
<div class="paragraph paragraph--type--texte-riche paragraph--view-mode--default">
<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-texte-riche field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<p dir="ltr"><strong>Après l&rsquo;expulsion, la diffamation </strong></p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Le ministre israélien de la Diaspora et de la Lutte contre l&rsquo;antisémitisme Amichai Chikli s’est quant à lui félicité de cette expulsion <a class="external-website" title="sur le réseau social X - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://x.com/AmichaiChikli/status/2064975299737993533" target="_blank" rel="noopener"><u>sur le réseau social X</u></a>, en émettant des accusations infondées de “soutien au Hamas” contre la journaliste.<em> </em>La recommandation d’expulser la journaliste aurait été adressée ce ministre sur avis du directeur général de son ministère selon le site d’information israélien <em>I24News. “Les autorités lui reprochent notamment d’avoir qualifié certaines lois israéliennes de ‘draconiennes’, d’avoir affirmé que le système judiciaire israélien était dual et constituait un exemple ‘d’apartheid’, ainsi que d’avoir déclaré, au sujet du massacre du 7 octobre, que ‘l’attaque devait être examinée dans son contexte’.”</em></p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr"><em>RFI</em> a dénoncé dans un communiqué “<em>le refoulement de la journaliste Alice Froussard à son arrivée en Israël</em>” qui intervient comme le précise la direction du média <em>“dans un contexte de difficultés croissantes rencontrées par les journalistes pour couvrir l’actualité de la région”</em>.</p>
<p dir="ltr"><strong>Des représailles politiques ? </strong></p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">L&rsquo;interdiction d&rsquo;entrée sur le territoire imposée à Alice Froussard intervient au lendemain de l&rsquo;annonce par le ministère français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, d&rsquo;une interdiction de séjour en France envers le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, pour “incitation à la violence” et pour avoir promu “l&rsquo;annexion de la Cisjordanie”. Un éventuel amalgame entre l&rsquo;État français et une journaliste indépendante française est apparu plus clairement à la suite d&rsquo;une autre déclaration du ministre Amichai Chikli. Alors que l’ambassade de France à Jérusalem a exprimé son indignation ce jeudi face à l’expulsion d’Alice Froussard, Amichai Chikli a répondu en s’adressant au président Macron et à Jean-Noël Barrot, pour dénoncer les sanctions prises par la France.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr"><strong>Pressions croissantes sur la presse internationale</strong></p>
<p>RSF avait déjà alerté il y a quelques semaines sur la <a href="https://rsf.org/fr/isra%C3%ABl-rsf-d%C3%A9nonce-linterdiction-d-entr%C3%A9e-sur-le-territoire-de-la-journaliste-espagnole-queralt" target="_blank" rel="noopener"><u>pression croissante qu’exerce Israël sur la presse internationale</u></a> après l&rsquo;interdiction d’entrée sur le territoire de la journaliste espagnole <strong>Queralt Castillo</strong>, ainsi que la révocation des visas de la journaliste française<strong> Khadija Toufik</strong> et du journaliste italien <strong>Alessandro Stefanelli</strong>. Ces interdictions renforcent la pression sur<strong> </strong>les journalistes palestiniens de Cisjordanie, eux-mêmes dans le viseur des forces israéliennes depuis des années :<strong> </strong>arrestations, intimidations et <a class="external-website" title="violences - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.youtube.com/watch?v=04yb4eBCfUE&amp;t=1s" target="_blank" rel="noopener"><u>violences</u></a>, voire assassinat, comme cela a été le cas de <a href="https://rsf.org/fr/palestine-deux-ans-apr%C3%A8s-le-meurtre-de-la-journaliste-d-al-jazeera-shireen-abu-akleh-par-l-arm%C3%A9e" target="_blank" rel="noopener"><strong><u>Shireen Abu Akleh</u></strong></a><strong>,</strong> correspondante emblématique d’<em>Al Jazeera,</em> tuée en reportage par un sniper israèlien, le 11 mai 2022.</p>
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		<item>
		<title>États-Unis : le Pentagone restreint l’accès des journalistes indépendants</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/la-guerre-des-etats-unis-contre-lacces-a-linformation-le-pentagone-restreint-lacces-des-journalistes-independants/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Jun 2026 08:08:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[La décision du Pentagone de fermer l&#8217;accès de son service de presse aux journalistes marque la dernière escalade d&#8217;une campagne soutenue visant à restreindre le journalisme indépendant au siège du ministère de la Défense. Sous la direction du ministre Pete Hegseth, les journalistes couvrant le Pentagone se heurtent à des obstacles tels que des restrictions [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-chapo field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<p dir="ltr"><strong>La décision du Pentagone de fermer l&rsquo;accès de son service de presse aux journalistes marque la dernière escalade d&rsquo;une campagne soutenue visant à restreindre le journalisme indépendant au siège du ministère de la Défense. Sous la direction du ministre Pete Hegseth, les journalistes couvrant le Pentagone se heurtent à des obstacles tels que des restrictions d’accès, des limites d’accréditation et de photographie, ainsi qu’un manque de transparence. Ces mesures restreignent systématiquement la couverture indépendante sur l’armée américaine, pourtant essentielle pour tenir le public informé des activités du gouvernement.</strong></p>
</div>
<div class="field field--name-field-contenu-editorial field--type-entity-reference-revisions field--label-hidden field__items">
<div class="field__item">
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<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-texte-riche field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<p class="text-align-justify" dir="ltr">En début de semaine, le Pentagone a reclassé son service de presse en « <a class="external-website" title="“Installation pour informations classifiées compartimentées” - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://apnews.com/article/pentagon-media-restrictions-trump-hegseth-91bae8b82d16b96091f31518cc4d4c72" target="_blank" rel="noopener"><u>Installation pour informations classifiées compartimentées</u></a> » («<em>sensitive Compartmented Information Facility» </em>ou SCIF), interdisant aux journalistes l’accès à un espace longtemps utilisé pour les interactions entre reporters et responsables de la défense. Si les dirigeants du Pentagone ont présenté cette décision comme une mesure de sécurité de routine, il s’agit en réalité de la dernière d’une série de restrictions introduites sous le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, qui ont progressivement limité les lieux où les journalistes peuvent se rendre, les personnes à qui ils peuvent s’adresser, les informations qu’ils peuvent rechercher et la manière dont ils peuvent couvrir l’action des dirigeants militaires. Prises dans leur ensemble, ces mesures révèlent une tendance plus large à restreindre l’accès du journalisme indépendant au sein de l’une des institutions militaires les plus puissantes au monde.</p>
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<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-texte-riche field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<blockquote>
<p dir="ltr"><em>« Les tentatives grotesques du secrétaire à la Défense Pete Hegseth pour museler le journalisme objectif viennent d’atteindre un nouveau niveau de bassesse. Après avoir échoué dans sa tentative d’obliger les journalistes à signer des serments de loyauté et s’être plaint de photos peu flatteuses de lui-même, le secrétaire à la Défense va jusqu’à expulser la presse de son propre bureau de presse. Aucune restriction prise isolément ne semble révolutionnaire en soi. Mais prises dans leur ensemble, ces mesures constituent un effort systématique visant à réduire le contrôle indépendant exercé sur le Pentagone. Le public ne peut pas demander des comptes aux institutions si les journalistes se voient progressivement refuser l’accès nécessaire pour rendre compte de leurs activités. »</em></p>
<p dir="ltr"><strong>Ben Grazda<br />
</strong>Responsable du plaidoyer au bureau Amérique du Nord de RSF</p>
</blockquote>
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<h5 class="text-align-justify"><strong>Restriction de l’accès : ériger des murs à l’intérieur du Pentagone</strong></h5>
<p class="text-align-justify">Le premier élément, et le plus visible, de cette tendance a été la restriction progressive de l’accès physique des journalistes. En mai 2025, Pete Hegseth a ordonné de <a class="external-website" title="nouvelles mesures de contrôle physique - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://media.defense.gov/2025/May/23/2003721693/-1/-1/1/UPDATED-PHYSICAL-CONTROL-MEASURES-FOR-PRESS-MEDIA-ACCESS-WITHIN-THE-PENTAGON.PDF" target="_blank" rel="noopener"><u>nouvelles mesures de contrôle physique</u></a> qui ont restreint l’accès des journalistes accrédités à des zones du Pentagone où ils avaient toujours été autorisés à entrer. En vertu de cette politique, les journalistes doivent obtenir une autorisation officielle ou être accompagnés pour pénétrer dans des espaces auparavant librement accessibles aux membres de la presse. Le Pentagone a justifié ces changements comme nécessaires pour empêcher des divulgations non autorisées, mais les journalistes affirment qu’ils entravent considérablement leurs activités de reportage habituelles.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Les restrictions à la liberté de déplacement au sein des locaux se sont encore durcies, poussant les journalistes à réagir. En décembre 2025, Julian E. Barnes, journaliste spécialisé dans les questions de sécurité internationale au <em>New York Times</em>, <a class="external-website" title="a intenté un procès - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.reuters.com/legal/government/new-york-times-sues-pentagon-over-press-access-2025-12-04/" target="_blank" rel="noopener"><u>a intenté un procès</u></a> contre cette mesure, encore aggravée par une nouvelle politique d’accréditation annoncée en octobre de la même année, arguant qu’elle portait atteinte aux activités de collecte d’informations protégées par la Constitution. En mars 2026, un juge fédéral a statué que certaines de ces restrictions entravaient illégalement le travail des journalistes. La bataille juridique s&rsquo;est poursuivie le 18 mai 2026, lorsque le même média a intenté une action en justice <a class="external-website" title="pour la deuxième fois - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://apnews.com/article/pentagon-press-access-new-york-times-lawsuit-df3330d202a87f41f25effc9ab96abab" target="_blank" rel="noopener"><u>pour la deuxième fois</u></a> en cinq mois, contestant une politique exigeant que les journalistes soient escortés par des fonctionnaires dans l&rsquo;ensemble du bâtiment.</p>
<h5 class="text-align-justify"><strong>Restriction de l&rsquo;information : le travail de reportage quotidien est devenu un problème de sécurité</strong></h5>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Les barrières physiques se sont également accompagnées de mesures visant à restreindre l&rsquo;accès à l&rsquo;information. En septembre 2025, le Pentagone a introduit une nouvelle politique intitulée <a class="external-website" title="“Media In-Brief” - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.nytimes.com/interactive/2025/09/20/us/pentagon-press-restrictions.html" target="_blank" rel="noopener"><em><u>“Media In-Brief”</u></em></a>, exigeant des journalistes souhaitant obtenir une accréditation qu&rsquo;ils acceptent des restrictions relatives au traitement et à la sollicitation d&rsquo;informations “non autorisées”.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">La controverse a rapidement pris de l&rsquo;ampleur. En octobre 2025, des journalistes de grands médias ont refusé de signer la déclaration et <a class="external-website" title="ont rendu leurs accréditations - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://apnews.com/article/pentagon-press-access-hegseth-trump-restrictions-5d9c2a63e4e03b91fc1546bb09ffbf12" target="_blank" rel="noopener"><u>ont rendu leurs accréditations</u></a> auprès du Pentagone en signe de protestation. Ces médias ont fait valoir que cette politique menaçait les activités de collecte d&rsquo;informations protégées par la Constitution, en créant une incertitude quant aux informations que les journalistes pouvaient légalement rechercher, conserver ou utiliser dans leurs reportages.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Cet épisode a marqué un tournant significatif dans les relations entre le Pentagone et la presse. Plutôt que de traiter les journalistes comme des gardiens indépendants au service de l’intérêt public, cette politique a présenté les pratiques de reportage courantes comme des risques potentiels pour la sécurité nécessitant une surveillance et un contrôle accrus.</p>
<h5 class="text-align-justify"><strong>Remodeler la presse accréditée : l’importance des choix d’accréditation</strong></h5>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Le Pentagone a également modifié la composition même de la presse accréditée. En février 2025, plusieurs organes de presse membres de longue date ont été exclus des espaces de travail dédiés au Pentagone et remplacés par <a class="external-website" title="un système de rotation des médias - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.reuters.com/world/us/trumps-pentagon-says-it-will-rotate-out-some-media-offices-2025-02-01/" target="_blank" rel="noopener"><u>un système de rotation des médias</u></a> qui a permis à de nouveaux organes d’entrer dans le bâtiment. Les responsables du Pentagone ont présenté ces changements comme un effort visant à diversifier l’accès et à élargir la participation. Pourtant, les détracteurs ont fait valoir que cette politique affaiblissait la capacité de couverture institutionnelle à un moment où un examen rigoureux des affaires militaires était plus que nécessaire.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">En mars 2026, à la suite de la publication de photographies largement diffusées prises lors d’apparitions précédentes, les photographes de presse indépendants <a class="external-website" title="ont été exclus - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.washingtonpost.com/business/2026/03/11/hegseth-press-briefings-photos-iran/" target="_blank" rel="noopener"><u>ont été exclus</u></a> des points presse du Pentagone auxquels participait Pete Hegseth. Les responsables du Pentagone ont démenti les informations selon lesquelles cette décision serait liée à un mécontentement face à une image “peu flatteuse” de Pete Hegseth.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">La photographie joue un rôle unique dans la responsabilité publique, car le journalisme visuel indépendant constitue un contre-pouvoir important face à la capacité du gouvernement à façonner sa propre image.</p>
<h5 class="text-align-justify"><strong>Restriction du contrôle : limitation de la responsabilité</strong></h5>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Tout en défendant leurs politiques restrictives en matière de presse contre des contestations judiciaires, les dirigeants du Pentagone ont également pris des mesures qui menaçaient <a class="external-website" title="l'indépendance éditoriale - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.theguardian.com/us-news/2026/jan/16/defense-department-stars-and-stripes-editorial-control?" target="_blank" rel="noopener"><u>l&rsquo;indépendance éditoriale</u></a> de <em>Stars and Stripes</em>, un journal militaire que le Congrès protège depuis longtemps contre toute ingérence directe du gouvernement. En janvier 2026, le ministère de la Défense a <a class="external-website" title="annoncé son intention - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.stripes.com/theaters/us/2026-01-15/pentagon-refocus-stars-and-stripes-content-20415816.html?" target="_blank" rel="noopener"><u>annoncé son intention</u></a> de réformer le journal. Ces mesures semblaient aller au-delà du simple financement et de la supervision du journal pour s&rsquo;étendre à un contrôle potentiel de son contenu, ce qui, selon les critiques, porterait atteinte à l&rsquo;indépendance éditoriale de longue date du journal.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Les inquiétudes se sont intensifiées en mars 2026, lorsque le Pentagone a publié <a class="external-website" title="un plan de modernisation - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.warren.senate.gov/imo/media/doc/letter_from_senators_warren_blumenthal_gallego_duckworth_on_stars_and_stripes.pdf?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener"><u>un plan de modernisation</u></a> qui renforçait le contrôle du département sur les activités du journal. Puis, en avril 2026, le Pentagone a licencié <a class="external-website" title="Jacqueline Smith, médiatrice du Stars and Stripes - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.washingtonpost.com/business/2026/04/23/stars-stripes-ombudsman-fired-pentagon/?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener"><u>Jacqueline Smith, médiatrice du </u><em><u>Stars and Stripes</u></em></a>, dont le poste avait été créé par le Congrès en 1991 pour garantir l&rsquo;indépendance éditoriale du journal.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Les restrictions imposées par le Pentagone aux journalistes reflètent <a href="https://rsf.org/fr/%C3%A9tats-unis-huit-fa%C3%A7ons-dont-donald-trump-restreint-la-libert%C3%A9-de-la-presse-au-sens-propre-du-terme" target="_blank" rel="noopener"><u>une détérioration plus générale de la liberté de la presse</u></a> sous l’administration Trump, marquée par des attaques contre les organes de presse, des poursuites judiciaires contre des journalistes, des tentatives d’influencer les décisions éditoriales et des obstacles croissants à l’accès à l’information d’intérêt public. Les conséquences sont déjà visibles dans le Classement mondial de la liberté de la presse de RSF, où les États-Unis ont chuté cette année à la <a href="https://rsf.org/fr/pays-%C3%A9tats-unis" target="_blank" rel="noopener"><u>64e place</u></a>, leur plus mauvais classement jamais enregistré.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>RSF Suisse condamne l’intervention de la police contre des journalistes lors des manifestations pour le climat à Payerne et à Lucerne</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/rsf-suisse-condamne-lintervention-de-la-police-contre-des-journalistes-lors-des-manifestations-pour-le-climat-a-payerne-et-a-lucerne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 May 2026 14:07:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Suisse]]></category>
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					<description><![CDATA[Lors de deux actions menées en mai par le groupe d’activistes pour le climat « Act Now ! », des incidents sont survenus entre la police et des professionnels des médias. Un journaliste a été contraint d’effacer ses images, tandis qu’un autre a été temporairement menotté. RSF Suisse met en garde contre de telles interventions [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;"><strong>Lors de deux actions menées en mai par le groupe d’activistes pour le climat « Act Now ! », des incidents sont survenus entre la police et des professionnels des médias. Un journaliste a été contraint d’effacer ses images, tandis qu’un autre a été temporairement menotté. RSF Suisse met en garde contre de telles interventions et appelle les forces de l’ordre à faire preuve de proportionnalité dans leurs actions lorsque celles-ci impliquent des professionnels des médias.</strong></p>
<p><em>Photo : image symbolique</em></p>
<p style="font-weight: 400;">Dans le courant de mois de mai, des actions de protestation du mouvement suisse proclimat « Act Now ! » ont eu lieu en divers endroits en Suisse. Les militants ont organisé des sit-in dans des stations-service afin de sensibiliser les automobilistes et les exploitants de stations-service au changement climatique. Des militants se sont également aspergés de peinture noire au musée militaire de Payerne.</p>
<p style="font-weight: 400;">Lors de deux de ces actions, des incidents se sont produits entre les forces de sécurité et les journalistes présents sur place. Au musée militaire de Payerne, le photojournaliste Bénédict Bettermann, qui couvrait l’événement pour l’agence photo Alto Press, a été interpellé par la police, contrôlé et contraint de supprimer certaines de ses prises de vue et vidéos. Le photojournaliste Raimond Lüppken a connu pour sa part une expérience similaire lorsqu’il a couvert, le jeudi 14 mai, un sit-in d’Act Now à une station-service de Kriens (LU) , également pour l’agence photo Alto Press.</p>
<p style="font-weight: 400;">Raimond Lüppken s’est exprimé sur l’incident dans divers médias. Il a fait valoir que, bien que le sit-in ait eu lieu dans une station-service publique, les agents de police lui avaient interdit de filmer et de photographier. Le journaliste a alors voulu présenter sa carte de presse pour préciser qu’il ne faisait pas partie du collectif d’activistes, mais qu’il couvrait l’action en tant que journaliste. Il n’en a toutefois pas eu le temps. Il a été repoussé par la police, sa caméra est tombée à terre et il a même été menotté pendant un court instant.</p>
<p style="font-weight: 400;">RSF Suisse condamne le traitement qu’a eu à subir Raimond Lüpken. Le fait qu’un professionnel des médias soit traité de manière disproportionnée par la police en Suisse, et même brièvement menotté brièvement, a de quoi inquiéter. Mais ce n’est pas le premier incident de ce type dans le canton. En 2021 déjà, des agents de police à Lucerne avaient utilisé du spray au poivre contre un journaliste, qui avait été touché au visage. Cet événement avait débouché sur l’instauration d’un dialogue entre la police lucernoise et l’association professionnelle Impressum qui ne semble toutefois pas avoir débouché sur des résultats tangibles. Dans le cas de Raimond Lüpken du moins, la police aurait même annoncé son intention de porter plainte contre lui pour ne pas avoir obtempéré aux injonctions. Interrogée par RSF Suisse, la police cantonale lucernoise renvoie à la procédure en cours et se refuse à tout commentaire.</p>
<p style="font-weight: 400;">Lors des événements qui se sont déroulés au Musée de l’aviation militaire à Payerne, le 6 mai, le photojournaliste Bénédict Bettermann a été interpellé, fouillé, la carte mémoire de son appareil saisie. Puis il a été emmené au poste par la police cantonale fribourgeoise (les lieux sont situés sur territoire fribourgeois) au prétexte qu’il faisait en réalité partie du groupe d’activistes. Il y est resté environ 3 à 4 heures, et finalement contraint de supprimer les images et les vidéos sur lesquelles apparaissaient des policiers, selon les indications qu’il a fournies.</p>
<p style="font-weight: 400;">Bénédict Bettermann a indiqué à RSF Suisse avoir tenté en vain d’attester de sa qualité de journaliste en présentant une attestation de son employeur, l’agence Alto Press, la même que celle qui employait Raimond Lüpken, ainsi qu’une carte de presse. De son côté, la police fribourgeoise nous a fait savoir que « le journaliste n’était pas clairement identifiable comme tel sur place ; il ne portait pas de gilet de presse et n’a pas pu présenter de carte de presse valide » et que c’est donc à des fins d’identification et pour établir les faits qu’il a été emmené au poste. La police indique également qu’elle « reconnaît l’importance du travail journalistique et s’efforce de concilier cette liberté avec les exigences en matière de sécurité et d’ordre public. » Pour ce qui concerne les photos, elle observe avoir « abordé » le sujet avec l’intéressé.</p>
<p style="font-weight: 400;">Il semble en effet que le photojournaliste n’était pas en possession de la carte de presse habituelle en Suisse mais d’une autre carte. Il n’en reste pas moins que son travail sur place était bel et bien journalistique, que ce fait semblait aisé à établir et qu’à titre de professionnel des médias il était en droit de filmer et de photographier l’action de la police et ne devait pas être contraint de supprimer des images ou des vidéos.</p>
<blockquote>
<p style="font-weight: 400;"><em>«RSF Suisse condamne l’interpellation dont le photojournaliste a été l’objet. Notre organisation rappelle que le secret rédactionnel, garanti par la Constitution, couvre l’ensemble des informations et des données récoltées à l’occasion d’un travail journalistique et que la police ne saurait exiger d’y avoir accès et d’en supprimer certains éléments. Il est par ailleurs admis qu’une intervention des policiers sur le domaine public puisse être filmée et photographiée librement. Ce principe ne doit pas être remis en cause.»</em></p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>Denis Masmejan</strong><br />
Secrétaire général de RSF Suisse</p>
</blockquote>
<p style="font-weight: 400;">RSF Suisse rappelle par ailleurs le Plan d’action national élaboré conjointement par le secteur des médias et l’Office fédéral de la communication (OFCOM) pour les années 2023 à 2027. Ce document formule des objectifs visant à protéger la profession de journaliste et à garantir ses droits et sa sécurité. Il énumère notamment des mesures de protection destinées à garantir la sécurité des journalistes lors de manifestations, d’actions de protestation et de grands événements. Dans ce contexte, RSF Suisse appelle les forces de l’ordre à observer scrupuleusement le principe de la proportionnalité dans leurs relations avec les professionnels des médias, ainsi qu’à prendre en compte et à respecter leurs droits.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Iran : RSF et le CPJ alertent sur la coupure d’Internet depuis plus que 80 jours utilisée pour masquer la répression contre la presse</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/iran-rsf-et-le-cpj-alertent-sur-la-coupure-dinternet-depuis-plus-que-80-jours-utilisee-pour-masquer-la-repression-contre-la-presse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 May 2026 10:50:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[Reporters sans frontières (RSF) et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) sont profondément alarmés par la coupure nationale d’Internet toujours en cours en Iran, qui prive les journalistes du pays de tout contact avec le reste du monde depuis maintenant plus que 80 jours consécutifs. Ce qui avait commencé comme une tentative de contrôle [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-chapo field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<p dir="ltr"><strong>Reporters sans frontières (RSF) et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) sont profondément alarmés par la coupure nationale d’Internet toujours en cours en Iran, qui </strong><a class="external-website" title="prive les journalistes - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://cpj.org/2026/04/how-middle-east-journalists-report-during-internet-blackouts/" target="_blank" rel="noopener"><strong><u>prive les journalistes</u></strong></a><strong> du pays de tout contact avec le reste du monde depuis maintenant plus que 80 jours consécutifs. Ce qui avait commencé comme une tentative de </strong><a class="external-website" title="contrôle de l’information - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://cpj.org/2026/02/iran-tightens-media-crackdown-with-raids-financial-pressure/" target="_blank" rel="noopener"><strong><u>contrôle de l’information</u></strong></a><strong> est devenu une attaque prolongée contre la liberté de la presse et une lutte quotidienne pour les reporters locaux qui tentent de travailler dans le pays.</strong></p>
</div>
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<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-texte-riche field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Selon le service de surveillance indépendant <a class="external-website" title="NetBlocks - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://x.com/netblocks/status/2056279162206220652" target="_blank" rel="noopener"><u>NetBlocks</u></a>, cette coupure entre désormais dans sa 12e semaine, ce qui en fait <a class="external-website" title="la plus longue et la plus sévère - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.themiddleeastuncovered.com/p/the-longest-internet-shutdown-in" target="_blank" rel="noopener"><u>la plus longue et la plus sévère</u></a> jamais enregistrée dans le pays. Le CPJ et RSF avertissent que ce rempart numérique a transformé l’Iran en un trou noir de l’information, délibérément créé par les autorités pour <a class="external-website" title="dissimuler une campagne silencieuse - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.openglobalrights.org/weaponizing-internet-shutdowns-in-iran-the-emerging-risk-of-crimes-against-humanity/" target="_blank" rel="noopener"><u>dissimuler une campagne silencieuse</u></a> et implacable visant à réduire au silence les journalistes indépendants par l’intimidation.</p>
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<p dir="ltr"><em>«En coupant l’accès à Internet pendant près de trois mois, le gouvernement iranien a créé un vide opérationnel terrifiant dans lequel la presse est privée de sa défense la plus élémentaire : l’attention du public. Nous assistons à une tentative délibérée de rendre invisibles à l’extérieur du pays le harcèlement, les menaces et les arrestations arbitraires visant les journalistes locaux – et ce faisant, de priver le public de son droit fondamental à être informé.»</em></p>
<p dir="ltr"><strong>Sara Qudah</strong><br />
Directrice régionale du CPJ</p>
</blockquote>
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<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-texte-riche field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Pour les rares reporters indépendants et rédactions qui tentent encore de travailler en Iran, le blocage de l’accès à Internet rend les reportages sûrs et fiables presque impossibles. Privés d’applications de messageries sécurisées ou même de connexion fiable, les journalistes ne peuvent ni contacter leurs sources en sécurité, ni vérifier des informations sur le terrain, ni transmettre leurs articles à l’étranger. Cette coupure ne rend pas seulement le travail plus compliqué : elle protège les autorités de toute surveillance.</p>
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<p dir="ltr"><em>«Le trou noir informationnel imposé par le régime iranien étouffe le pays, ses journalistes et ses citoyens. En coupant Internet, en surveillant ce qu’il reste des activités en ligne des journalistes et en continuant de menacer les professionnels des médias, le régime plonge le pays dans l’obscurité, se protégeant de toute responsabilité. Le public iranien, tout comme la communauté internationale, ont droit à une information libre, fiable et pluraliste en provenance de ce pays. Cette coupure d’Internet constitue une attaque contre ce droit et doit être levée immédiatement.»</em></p>
<p dir="ltr"><strong>Jonathan Dagher<br />
</strong>Responsable du bureau Moyen-Orient de RSF</p>
</blockquote>
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<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-texte-riche field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Ces derniers mois, les autorités ont discrètement arrêté, menacé et convoqué des journalistes <a class="external-website" title="à travers tout le pays - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://cpj.org/2026/03/press-freedom-violations-in-the-middle-east-during-the-iran-war/" target="_blank" rel="noopener"><u>à travers tout le pays</u></a>, sachant que ces abus passeraient <a href="https://rsf.org/fr/guerre-en-iran-acc%C3%A8s-restreint-%C3%A0-l-information-reporters-sous-les-bombes-le-journalisme-face-%C3%A0-la" target="_blank" rel="noopener"><u>inaperçus et ne seraient pas signalés</u></a>. En privant la population d’accès à Internet, le gouvernement a réduit les citoyens au rôle de simples observateurs de leur propre pays, tout en retirant aux journalistes leur seule véritable protection : l’attention du public et le soutien international.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Avec cette <a href="https://rsf.org/fr/black-out-m%C3%A9diatique-en-iran-au-moins-un-m%C3%A9dia-suspendu-et-aucun-signal-des-autres-r%C3%A9dactions" target="_blank" rel="noopener"><u>coupure</u></a> d’Internet, il est extrêmement difficile de savoir ce qu’il se passe pour les organisations internationales de défense de la liberté de la presse. Pour le CPJ comme pour RSF, confirmer les arrestations, vérifier la sécurité des professionnels des médias et documenter les attaques, est devenu plus difficile que jamais.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Ce vide informationnel est particulièrement dangereux pour les <a class="external-website" title="journalistes emprisonnés - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://cpj.org/2026/03/cpj-calls-for-immediate-release-of-jailed-journalists-in-iran-amid-escalating-conflict/" target="_blank" rel="noopener"><u>journalistes emprisonnés</u></a> en Iran, tel que le journaliste irano-américain <a class="external-website" title="Reza Valizadeh - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://cpj.org/data/people/reza-valizadeh/" target="_blank" rel="noopener"><strong><u>Reza Valizadeh</u></strong></a>, toujours détenu dans la prison d’Evin à Téhéran. Avec des communications restreintes, on sait peu de choses sur leur état de santé ou leur situation judiciaire, et les organisations internationales ne peuvent pas intervenir efficacement pour les protéger.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Le CPJ et RSF appellent de toute urgence les autorités iraniennes à :</p>
<ul>
<li dir="ltr">rétablir immédiatement un accès complet à Internet dans tout le pays et lever toutes les restrictions numériques ;</li>
<li dir="ltr">mettre fin aux menaces permanentes, au harcèlement judiciaire et à la détention arbitraire des journalistes exerçant leur métier ;</li>
<li dir="ltr">libérer immédiatement tous les journalistes emprisonnés en raison de leur travail et permettre aux observateurs internationaux d’évaluer les conditions de santé et de sécurité de chaque professionnel des médias incarcéré.</li>
</ul>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Le monde ne peut rester passif et laisser l’obscurité numérique servir de couverture pour réduire la presse au silence. Le CPJ et RSF appellent les instances des Nations unies chargées des droits humains, ainsi que les gouvernements du monde entier, à demander des comptes à Téhéran pour ces violations sans précédent.</p>
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		<title>Événement RSF le 30 avril à Berne – Journalisme en zones de conflit : Mission impossible?</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/evenement-rsf-le-30-avril-a-berne-journalisme-en-zones-de-conflit-mission-impossible/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Apr 2026 10:23:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Suisse]]></category>
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					<description><![CDATA[À l&#8217;occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse cette année, Reporters sans frontières publie, le jeudi 30 avril, le nouveau classement mondial de la liberté de la presse. Nous avons le plaisir de vous inviter également, ce jour-là, à notre soirée à Berne : JOURNALISME EN ZONES DE CONFLIT : MISSION IMPOSSIBLE ? Le [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>À l&rsquo;occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse cette année, Reporters sans frontières publie,<span class=""> </span><b>le jeudi 30 avril</b>, le nouveau classement mondial de la liberté de la presse. Nous avons le plaisir de vous inviter également, ce jour-là, à notre<span class=""> </span><b>soirée</b><span class=""> </span>à Berne :</p>
<p><b>JOURNALISME EN ZONES DE CONFLIT : MISSION IMPOSSIBLE ?<br />
</b>Le jeudi 30 avril à 18h30, au Vatter Business Centre à Berne (<a href="https://maps.app.goo.gl/7uKJfW5LwBjJQG3ZA" target="_blank" rel="noopener noreferrer" data-ik="ik-secure" data-ik-opengraph-status="anchor">Bärenplatz 2, 3011 Berne</a>)</p>
<p><a href="https://docs.google.com/forms/d/1hLb8Z439FhfciDPvog6T9QQuttwtMXbwoEMODmV8phw/edit" target="_blank" rel="noopener"><span style="color: #ff0000;"><strong>Inscription via ce lien.</strong></span></a></p>
<p>Partout dans le monde, les guerres et les conflits se multiplient. Et partout dans le monde, le journalisme est confronté à des conditions de plus en plus difficiles. Dans les zones de guerre et de crise, les journalistes sont souvent la cible d’attaques, d’arrestations, voire d’assassinats, dans un contexte où les rédactions ont de moins en moins de moyens pour parer à ce genre de risque et où, de plus, leur crédibilité est de plus en plus souvent mise en doute. Pourtant, face à un monde bouleversé, nous avons plus que jamais besoin d’informations fiables et indépendantes.</p>
<p>Nous discuterons de cette réalité le 30 avril, jour de la publication du nouveau Classement mondial de la liberté de la presse 2026 de Reporters sans frontières (RSF), en présence de reporters et de spécialistes du journalisme en zone de crise. Nous sommes heureux de vous annoncer d’ores et déjà la présence de<span class=""> </span><b>Luzia Tschirky</b><span class=""> </span>(ancienne correspondante de SRF en Europe de l&rsquo;Est) ainsi que <b>Serge Michel</b> (directeur éditorial de <a class="" href="http://heidi.news/" rel="noopener noreferrer" data-ik="ik-secure">Heidi.news</a>, ancien directeur adjoint des rédactions du Monde),<span class=""> </span><b>Monika Bolliger</b><span class=""> </span>(responsable du département Global chez Republik) et<span class=""> </span><b>Sacha Meuter</b><span class=""> </span>(Head of Research and Policy de la Fondation Hirondelle – Media for Peace and Human Dignity).</p>
<p>Ils nous donneront un aperçu de leur travail, des défis auxquels ils sont confrontés dans la couverture de l&rsquo;actualité internationale et de la manière dont celle-ci a évolué ces dernières années.</p>
<p>Nous présenterons également notre<span class=""> </span><b>nouveau Classement mondial de la liberté de la presse</b><span class=""> </span>pour 2026 et ce qu’il faut en retenir concernant l’état du journalisme dans le monde, en mettant l’accent sur les pays où les conditions pour un journalisme indépendant sont encore favorables, et ceux où cela devient de plus en plus difficile.</p>
<p>Un<span class=""> </span><b>apéritif</b><span class=""> </span>vous sera ensuite proposé.</p>
<p>Le nombre de places étant limité, nous vous prions de bien vouloir<span class=""> </span><b>vous inscrire à l’avance<span class=""><a href="https://docs.google.com/forms/d/1hLb8Z439FhfciDPvog6T9QQuttwtMXbwoEMODmV8phw/edit" target="_blank" rel="noopener noreferrer" data-ik="ik-secure" data-ik-opengraph-status="anchor"> </a></span><a href="https://docs.google.com/forms/d/1hLb8Z439FhfciDPvog6T9QQuttwtMXbwoEMODmV8phw/edit" target="_blank" rel="noopener noreferrer" data-ik="ik-secure" data-ik-opengraph-status="anchor">via ce lien</a></b>. L’événement se déroulera en deux langues (allemand-français), sans traduction simultanée, et est gratuit. Une collecte sera organisée sur place.</p>
<p>Nous nous réjouissons de vous accueillir le 30 avril à Berne !</p>
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