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	<title>Reporter sans frontières</title>
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		<title>Neuf ans après l’assassinat de Daphne Caruana Galizia, l’impunité menace toujours la liberté de la presse en Europe</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/neuf-ans-apres-lassassinat-de-daphne-caruana-galizia-limpunite-menace-toujours-la-liberte-de-la-presse-en-europe-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 30 Oct 2026 07:00:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[Le 16 octobre dernier marquait le neuvième anniversaire de l’assassinat de la journaliste maltaise Daphne Caruana Galizia. Neuf ans après ce crime, l’acquittement, le 2 septembre 2026, de l’homme d’affaires maltais Yorgen Fenech, accusé d’avoir commandité son meurtre, rappelle avec brutalité combien la quête de justice peut se heurter à de puissants intérêts. La journaliste [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><b>Le 16 octobre dernier marquait le neuvième anniversaire de l’assassinat de la journaliste maltaise Daphne Caruana Galizia. Neuf ans après ce crime, </b><a href="https://rsf.org/fr/acquittement-dans-l-affaire-de-la-journaliste-maltaise-daphne-caruana-galizia-rsf-s-indigne-de-l" target="_blank" rel="noopener"><b>l’acquittement</b></a><b>, le 2 septembre 2026, de l’homme d’affaires maltais Yorgen Fenech, accusé d’avoir commandité son meurtre, rappelle avec brutalité combien la quête de justice peut se heurter à de puissants intérêts.</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La journaliste devenue tristement célèbre après avoir été assassinée par une bombe placée sous sa voiture, enquêtait sur des allégations de corruption en lien avec le projet <strong>ElectroGas</strong>, portant sur la construction d’une centrale électrique alimentée au gaz naturel. Son assassinat n’est pas un fait divers. Il est le symbole d’une violence destinée à faire taire celles et ceux qui, par leur travail d’investigation, menacent les intérêts de certains. Et lorsque la justice échoue à établir les responsabilités, c’est la liberté de la presse elle-même qui s’en trouve fragilisée.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L’Europe n’est malheureusement pas épargnée par cette réalité. En février 2018, le journaliste d’investigation slovaque </span><a href="https://rsf.org/fr/slovaquie-l-absence-de-justice-pour-l-assassinat-de-jan-kuciak-aggrav%C3%A9e-par-la-multiplication-des" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;"><strong>Ján Kuciak</strong> et sa compagne <strong>Martina Kušnírová</strong></span></a><span style="font-weight: 400;"> étaient assassinés par balle à leur domicile. Ce double meurtre avait provoqué une onde de choc dans le pays et précipité la démission du Premier ministre Robert Fico. Huit ans plus tard, les familles attendent toujours que justice soit pleinement rendue, tandis que Robert Fico a retrouvé la tête du gouvernement en 2023. Cette séquence résume à elle seule le paradoxe d’une société qui s’indigne mais peine à obtenir justice.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En Grèce, en avril 2021, le journaliste </span><strong><a href="https://rsf.org/fr/quatri%C3%A8me-anniversaire-de-lassassinat-du-journaliste-dinvestigation-giorgos-karaivaz-en-gr%C3%A8ce-rsf" target="_blank" rel="noopener">Giorgos Karaivaz</a></strong><span style="font-weight: 400;">, spécialiste des faits divers et du crime organisé, était abattu en plein jour devant son domicile à Athènes. Son assassinat est considéré comme l’un des actes les plus violents contre le journalisme au sein de l’Union européenne or à ce jour, l’enquête est toujours au point mort. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">À quelques jours de la <strong>Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes</strong>, le 2 novembre, <strong>Reporters sans frontières Suisse</strong> rappelle une vérité que les démocraties ne peuvent se permettre d’ignorer : il ne saurait y avoir de liberté de la presse sans justice pour celles et ceux qui la défendent. L’impunité est un signal adressé aux auteurs de violences, une invitation à recommencer et une menace pour tous les journalistes qui poursuivent leurs enquêtes malgré les pressions.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les mobilisations des familles, des syndicats et des organisations de défense de la liberté de la presse ont permis de maintenir ces affaires dans le débat public. Mais la mobilisation ne peut se substituer à l’action des États. En 2014 déjà, le<strong> Conseil de l’Europe</strong> alertait sur l’insuffisance des efforts déployés par les autorités pour traduire en justice les auteurs de crimes contre les journalistes, contribuant à l’installation d’une culture de l’impunité. Force est de constater que douze ans plus tard, les Etats membres n’ont toujours pas mis en place un cadre législatif complet pour prévenir cette impunité.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L’<strong>Union européenne</strong> est souvent considérée comme un havre de liberté de la presse, tandis que le <strong>Conseil de l&rsquo;Europe</strong> est perçu comme la conscience démocratique du continent. Mais lorsque des assassinats restent insuffisamment élucidés et que leurs commanditaires échappent à la justice, c’est l’État de droit lui-même qui vacille. La protection des journalistes ne peut s’arrêter aux frontières des régimes autoritaires : elle doit être une exigence absolue, y compris au cœur des démocraties européennes.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La <strong>Suisse</strong>, elle aussi, doit regarder ses propres angles morts. Si les menaces prennent rarement ici la forme d’atteintes physiques comparables à celles observées ailleurs, l’hostilité qui se manifeste en ligne constitue une réalité préoccupante, dont l’intensité varie selon les profils et l’exposition médiatique. Une </span><a href="https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/00936502231158426" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">étude</span></a><span style="font-weight: 400;"> menée en 2023 par <strong>Léa Stahel</strong>, chercheuse à l’<strong>Université de Zurich</strong>, auprès de 568 journalistes suisses met en évidence plusieurs facteurs d’exposition : une large audience, une forte présence sur les réseaux sociaux ou encore le travail pour des chaînes de télévision abordant fréquemment des sujets politiques. L’étude souligne également des formes d’hostilité spécifiques : les femmes sont davantage exposées aux attaques sexistes, tandis que les journalistes issus de l’immigration sont particulièrement concernés par les manifestations racistes et xénophobes. Protéger la liberté de la presse en Suisse, c’est aussi reconnaître ces inégalités afin de lutter contre l’autocensure et prendre au sérieux les violences numériques.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L’impunité s’installe lorsque les menaces sont banalisées, lorsque les enquêtes s’enlisent, lorsque les responsables ne sont pas poursuivis et lorsque les victimes sont laissées seules face à leurs agresseurs. La combattre exige des actes, des moyens et une volonté politique constante. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le <strong>2 novembre</strong> prochain, <strong>RSF</strong> publiera sur son site les portraits des <strong>prédateurs de la liberté de la presse en 2026</strong>, en Europe et dans le monde. Les nommer, documenter leurs agissements et dénoncer les mécanismes qui leur permettent d’agir en toute impunité est indispensable. Car derrière chaque journaliste assassiné, menacé ou réduit au silence, il y a une information qui ne parvient pas au public et un droit fondamental qui recule. Face à cette réalité, le silence n’est pas une option.</span></p>
<h6><strong>Sophie Sager, Chargée des projets RSF Suisse</strong></h6>
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			</item>
		<item>
		<title>Fabian Eberhard sur la haine envers les journalistes : « Le risque d&#8217;agressions violentes contre des journalistes est bien réel »</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/fabian-eberhard-sur-la-haine-envers-les-journalistes-le-risque-dagressions-violentes-contre-des-journalistes-est-bien-reel/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 29 Oct 2026 14:51:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Newsletter 2026-09-FR]]></category>
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					<description><![CDATA[Depuis de longues années, le journaliste Fabian Eberhard, responsable des enquêtes et rédacteur en chef adjoint de l’hebdomadaire alémanique SonntagsBlick, mène des investigations sur des thèmes relatifs à l’extrémisme de droite, au nationalisme, au terrorisme, aux néonazis, aux islamistes et au mouvement identitaire. En 2023, il a été élu « Journaliste de l’année » par le magazine [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;">Depuis de longues années, le journaliste Fabian Eberhard, responsable des enquêtes et rédacteur en chef adjoint de l’hebdomadaire alémanique <em>SonntagsBlick</em>, mène des investigations sur des thèmes relatifs à l’extrémisme de droite, au nationalisme, au terrorisme, aux néonazis, aux islamistes et au mouvement identitaire. En 2023, il a été élu « Journaliste de l’année » par le magazine spécialisé <em>Schweizer Journalist:in</em>et a reçu à deux autres reprises le titre de « Journaliste d’investigation de l’année ». Il a en outre été récompensé en 2019 par le prestigieux Prix du journalisme de Zurich.</p>
<p style="font-weight: 400;">En révélant certains dysfonctionnements, les enquêtes de Fabian Eberhard font souvent des vagues et suscitent un large écho. Lui-même n’en ressort pas toujours indemne. Il s’est certes habitué à l’hostilité et parfois la haine que lui vaut son travail de journaliste. Mais ces réactions se sont considérablement aggravées ces dernières années, l’amenant à porter plaintes à plusieurs reprises  – la dernière fois, c’était à fin 2025 pour des menaces de mort le visant lui et sa famille.</p>
<p style="font-weight: 400;">« Ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. » Selon Fabian Eberhard, le climat à l’égard des professionnels des médias s’est nettement détérioré ces dernières années. « Même les enquêtes et les articles sur des sujets apparemment anodins peuvent rapidement susciter des réactions virulentes. »</p>
<p style="font-weight: 400;">Fabian Eberhard tient à sensibiliser le public à cette montée de la haine. Sur ses réseaux sociaux, notamment sur LinkedIn, Instagram et TikTok, il montre régulièrement les menaces et messages haineux qu’il reçoit en réaction à ses enquêtes. « Il est important que les gens prennent conscience des obstacles auxquels nous, professionnels des médias, sommes parfois confrontés. Exprimer publiquement et sous son vrai nom sa haine envers les journalistes est aujourd’hui bien plus acceptable qu’il y a encore quelques années. » La pandémie de Covid avait déjà renforcé cette tendance, mais elle est encouragée aujourd’hui également par le président américain Donald Trump ou par une partie de l’AfD en Allemagne. Le fait que de tels acteurs s’en prennent parfois ouvertement et sans retenue aux médias et aux professionnels de la presse a donné à beaucoup de gens l’impression qu’il était normal d’exprimer leur haine à l’égard de contenus journalistiques qui leur déplaisent. « Le seuil d’inhibition a visiblement baissé. Et cela vaut également pour la Suisse. »</p>
<p style="font-weight: 400;">Compte tenu de la pression économique croissante qui pèse sur de nombreuses rédactions, il n’est donc pas surprenant, selon Fabian Eberhard, que les journalistes hésitent à affronter de telles situations ou se laissent intimider. « Il faut avoir la peau dure et savoir encaisser pas mal de choses. » Lui-même parvient relativement bien à gérer la situation. « Comme de nombreuses menaces sont suffisamment explicites et claires, et qu’elles sont formulées sous un nom réel, il peut s’avérer judicieux et efficace de porter plainte ».</p>
<p style="font-weight: 400;">Il serait certes faux de croire que Fabian Eberhard évite désormais certains sujets en raison de ces manifestations d’hostilité. « Mais je mentirais si je disais que ces menaces ne m’affectent pas. Il m’arrive parfois, pour certains articles, de réfléchir à deux ou trois reprises à la manière dont je vais aborder le sujet et en parler. » Il effectue toutefois une grande partie de ses recherches en ligne, notamment sur des forums, des groupes Telegram ou d’autres canaux numériques, ce qui maintient une certaine distance physique. Il est en effet connu dans de nombreux milieux d’extrême droite, néonazis ou islamistes. Lors d’un reportage sur le terrain dans le canton de Schwyz en 2019, il aurait par exemple été reconnu dès sa descente du train. « Dans ce genre de situation, on devient très vite très prudent. Aujourd’hui, je ne couvrirais plus aussi facilement sur place un rassemblement de néonazis ou d’extrémistes de droite », même si l’envie ne lui manque pas.</p>
<p style="font-weight: 400;">Lors de certains événements auxquels Fabian Eberhard a participé par le passé, une protection policière s’est même avérée nécessaire. Sinon, les hostilités ou les menaces se limitent à l’espace numérique. « J suis néamoins devenu plus vigilant et plus prudent dans la vie de tous les jours, par exemple lorsque je me promène en ville. »</p>
<p style="font-weight: 400;">En Suisse, il reste rare que les journalistes soient pris à partie physiquement, relève Fabian Eberhard. « A l’étranger, par exemple dans certaines régions d’Allemagne ou d’Europe de l’Est, la situation est tout autre. » Il est vrai que certains représentants de la scène d’extrême droite notamment donnent souvent l’impression d’être prêts à mettre à exécution leurs menaces et l’expression de leur haine, observe-t-il. « Le risque d’agressions violentes est bel et bien réel. »</p>
<p style="font-weight: 400;">Cela dit, il reste tout à fait possible de dialoguer avec de nombreuses autres personnes qui expriment leur haine en ligne. « Les citoyens normaux colère, qui s’expriment en ligne sans recul et de manière très émotionnelle et haineuse sur certains sujets, se calment souvent étonnamment vite lorsqu’on cherche à dialoguer avec eux de manière calme et objective. »</p>
<h6><strong>Valentin Rubin, Policy &amp; Advocacy Manager RSF Suisse</strong></h6>
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			</item>
		<item>
		<title>Neuf ans après l’assassinat de Daphne Caruana Galizia, l’impunité menace toujours la liberté de la presse en Europe</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/neuf-ans-apres-lassassinat-de-daphne-caruana-galizia-limpunite-menace-toujours-la-liberte-de-la-presse-en-europe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Oct 2026 11:47:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Newsletter 2026-09-FR]]></category>
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					<description><![CDATA[Le 16 octobre dernier marquait le neuvième anniversaire de l’assassinat de la journaliste maltaise Daphne Caruana Galizia. Neuf ans après ce crime, l’acquittement, le 2 septembre 2026, de l’homme d’affaires maltais Yorgen Fenech, accusé d’avoir commandité son meurtre, rappelle avec brutalité combien la quête de justice peut se heurter à de puissants intérêts. La journaliste [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><b>Le 16 octobre dernier marquait le neuvième anniversaire de l’assassinat de la journaliste maltaise Daphne Caruana Galizia. Neuf ans après ce crime, </b><a href="https://rsf.org/fr/acquittement-dans-l-affaire-de-la-journaliste-maltaise-daphne-caruana-galizia-rsf-s-indigne-de-l" target="_blank" rel="noopener"><b>l’acquittement</b></a><b>, le 2 septembre 2026, de l’homme d’affaires maltais Yorgen Fenech, accusé d’avoir commandité son meurtre, rappelle avec brutalité combien la quête de justice peut se heurter à de puissants intérêts.</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La journaliste devenue tristement célèbre après avoir été assassinée par une bombe placée sous sa voiture, enquêtait sur des allégations de corruption en lien avec le projet <strong>ElectroGas,</strong> portant sur la construction d’une centrale électrique alimentée au gaz naturel. Son assassinat n’est pas un fait divers. Il est le symbole d’une violence destinée à faire taire celles et ceux qui, par leur travail d’investigation, menacent les intérêts de certains. Et lorsque la justice échoue à établir les responsabilités, c’est la liberté de la presse elle-même qui s’en trouve fragilisée.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L’Europe n’est malheureusement pas épargnée par cette réalité. En février 2018, le journaliste d’investigation slovaque </span><a href="https://rsf.org/fr/slovaquie-l-absence-de-justice-pour-l-assassinat-de-jan-kuciak-aggrav%C3%A9e-par-la-multiplication-des" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;"><strong>Ján Kuciak</strong> et sa compagne <strong>Martina Kušnírová</strong></span></a><span style="font-weight: 400;"> étaient assassinés par balle à leur domicile. Ce double meurtre avait provoqué une onde de choc dans le pays et précipité la démission du Premier ministre <strong>Robert Fico</strong>. Huit ans plus tard, les familles attendent toujours que justice soit pleinement rendue, tandis que Robert Fico a retrouvé la tête du gouvernement en 2023. Cette séquence résume à elle seule le paradoxe d’une société qui s’indigne mais peine à obtenir justice.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En Grèce, en avril 2021, le journaliste </span><strong><a href="https://rsf.org/fr/quatri%C3%A8me-anniversaire-de-lassassinat-du-journaliste-dinvestigation-giorgos-karaivaz-en-gr%C3%A8ce-rsf" target="_blank" rel="noopener">Giorgos Karaivaz</a></strong><span style="font-weight: 400;">, spécialiste des faits divers et du crime organisé, était abattu en plein jour devant son domicile à Athènes. Son assassinat est considéré comme l’un des actes les plus violents contre le journalisme au sein de l’Union européenne or à ce jour, l’enquête est toujours au point mort. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">À quelques jours de la <strong>Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes</strong>, le 2 novembre, Reporters sans frontières Suisse rappelle une vérité que les démocraties ne peuvent se permettre d’ignorer : il ne saurait y avoir de liberté de la presse sans justice pour celles et ceux qui la défendent. L’impunité est un signal adressé aux auteurs de violences, une invitation à recommencer et une menace pour tous les journalistes qui poursuivent leurs enquêtes malgré les pressions.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les mobilisations des familles, des syndicats et des organisations de défense de la liberté de la presse ont permis de maintenir ces affaires dans le débat public. Mais la mobilisation ne peut se substituer à l’action des États. En 2014 déjà, le <strong>Conseil de l’Europe</strong> alertait sur l’insuffisance des efforts déployés par les autorités pour traduire en justice les auteurs de crimes contre les journalistes, contribuant à l’installation d’une culture de l’impunité. Force est de constater que douze ans plus tard, les Etats membres n’ont toujours pas mis en place un cadre législatif complet pour prévenir cette impunité.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L’<strong>Union européenne</strong> est souvent considérée comme un havre de liberté de la presse. Mais lorsque des assassinats restent insuffisamment élucidés et que leurs commanditaires échappent à la justice, c’est l’État de droit lui-même qui vacille. La protection des journalistes ne peut s’arrêter aux frontières des régimes autoritaires : elle doit être une exigence absolue, y compris au cœur des démocraties européennes.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La <strong>Suisse</strong>, elle aussi, doit regarder ses propres angles morts. Si les menaces prennent rarement ici la forme d’atteintes physiques comparables à celles observées ailleurs, l’hostilité qui se manifeste en ligne constitue une réalité préoccupante, dont l’intensité varie selon les profils et l’exposition médiatique. Une </span><a href="https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/00936502231158426" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">étude</span></a><span style="font-weight: 400;"> menée en 2023 par <strong>Léa Stahel</strong>, chercheuse à l<strong>’Université de Zurich</strong>, auprès de 568 journalistes suisses met en évidence plusieurs facteurs d’exposition : une large audience, une forte présence sur les réseaux sociaux ou encore le travail pour des chaînes de télévision abordant fréquemment des sujets politiques. L’étude souligne également des formes d’hostilité spécifiques : les femmes sont davantage exposées aux attaques sexistes, tandis que les journalistes issus de l’immigration sont particulièrement concernés par les manifestations racistes et xénophobes.  Protéger la liberté de la presse en Suisse, c’est aussi reconnaître ces inégalités afin de lutter contre l’autocensure et prendre au sérieux les violences numériques.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L’impunité s’installe lorsque les menaces sont banalisées, lorsque les enquêtes s’enlisent, lorsque les responsables ne sont pas poursuivis et lorsque les victimes sont laissées seules face à leurs agresseurs. La combattre exige des actes, des moyens et une volonté politique constante. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le 2 novembre prochain, <strong>RSF</strong> publiera sur son site les portraits des <strong>prédateurs de la liberté de la presse en 2026</strong>, en Europe et dans le monde. Les nommer, documenter leurs agissements et dénoncer les mécanismes qui leur permettent d’agir en toute impunité est indispensable. Car derrière chaque journaliste assassiné, menacé ou réduit au silence, il y a une information qui ne parvient pas au public et un droit fondamental qui recule. Face à cette réalité, le silence n’est pas une option.</span></p>
<h6><strong>Sophie Sager, Chargée des projets RSF Suisse</strong></h6>
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			</item>
		<item>
		<title>Albanie : un photojournaliste suisse visé par des intimidations lors de manifestations marquées par des violences policières</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/albanie-un-photojournaliste-suisse-vise-par-des-intimidations-lors-de-manifestations-marquees-par-des-violences-policieres-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Oct 2026 08:16:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Suisse]]></category>
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					<description><![CDATA[Au moins 12 journalistes et professionnels des médias ont été victimes d’agressions physiques &#8211; parmi lesquels figure notamment un photojournaliste indépendant originaire de Suisse &#8211; alors qu’ils couvraient les manifestations qui se sont déroulées en Albanie entre le 13 et le 19 octobre. La plupart de ces incidents impliquaient des agents de police. Reporters sans [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><b>Au moins 12 journalistes et professionnels des médias ont été victimes d’agressions physiques &#8211; parmi lesquels figure notamment un photojournaliste indépendant originaire de Suisse &#8211; alors qu’ils couvraient les manifestations qui se sont déroulées en Albanie entre le 13 et le 19 octobre. La plupart de ces incidents impliquaient des agents de police. Reporters sans frontières (RSF) condamne ces violences et demande que des sanctions soient prises à l’encontre des responsables, que les mesures existantes visant à garantir la sécurité des journalistes soient appliquées et que la réponse apportée par les autorités fasse l’objet d’un examen parlementaire.</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">RSF a recensé 28 cas de violences, d’intimidations et de tentatives d’entrave au travail des journalistes ayant touché au moins 23 professionnels des médias en Albanie entre le 13 et le 19 octobre. Au moins 10 de ces incidents ont donné lieu à un recours direct à la force physique contre au moins 12 journalistes : coups, coups de pied, bousculades et contrainte à quitter les lieux où ils effectuaient leur reportage. Certains journalistes ont signalé la saisie ou la tentative de saisie de leurs téléphones et des dégâts causés à leur matériel de presse, ainsi que des blessures infligées par les dispositifs de contrôle des foules utilisés par la police.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Outre les menaces reçues lors de leurs reportages sur le terrain, les journalistes sont victimes d’intimidations de la part du Premier ministre de l’Albanie, un pays candidat à l’adhésion à l’Union européenne (UE). Le 18 octobre, par exemple, le Premier ministre Edi Rama a </span><a href="https://abcnews.al/rama-pronari-i-news-24-sajon-rebelim-te-studenteve-evazion-fiskal-miliona-euro-mbrohet-nga-prokuroria-e-tiranes/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">accusé sans fondement le propriétaire de News24</span></a><span style="font-weight: 400;"> d’avoir inventé de toutes pièces des récits de révolte étudiante dans le but de renverser le gouvernement.</span></p>
<blockquote><p><em><span style="font-weight: 400;">« Bien que la situation autour des manifestations étudiantes soit tendue, les journalistes doivent pouvoir rendre compte du comportement des forces de l’ordre sans être frappés, repoussés, placés en garde à vue ou empêchés de quelque manière que ce soit de filmer. Si les professionnels des médias respectent les consignes légitimes de la police, les agents de police doivent garantir leur droit, tout aussi légitime, de rendre compte des événements. Les autorités doivent faire respecter les directives existantes en matière de sécurité des journalistes et sanctionner tout comportement agressif de la part des agents de police et des manifestants. Nous appelons également le Premier ministre Edi Rama à cesser d’intimider les médias qui couvrent les manifestations, ce qui relève de leur mission. Nous appelons le Parlement albanais à se pencher sur les violences commises par la police, et l’Union européenne à évaluer la manière dont les engagements de ce pays candidat en matière de liberté de la presse sont mis en œuvre dans la pratique. »</span></em></p>
<p><b>Pavol Szalai<br />
</b>Directeur du bureau de RSF à Prague</p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Rien que le 18 octobre, au moins huit professionnels des médias ont signalé avoir été victimes d’abus de la part de la police. Selon l’Association des journalistes d’Albanie (AGSH), la police a interpellé de force le photojournaliste Hameraldi Agolli, qui collabore avec l’AP, alors qu’il était en train de travailler, tandis que le journaliste de News24, Renaldo Salianji, a été frappé par des policiers. Taulant Kopliku a déclaré à SYRI TV qu’un agent l’avait frappé à l’épaule et s’était emparé de son téléphone, qui lui a été rendu après que ses images eurent été effacées. Par ailleurs, SYRI TV a rapporté que deux de ses journalistes avaient été agressés par les forces de l’ordre lors d’incidents distincts : Marshi Korreshi a été frappée dans le dos avec un casque et bousculée alors qu’elle couvrait en direct un incendie au commissariat n° 3, et Elkier Bushkolaj a été blessé à la jambe par un projectile en caoutchouc tiré par la police. Le journaliste Juljan Hoxha et le photojournaliste Felix Bilani auraient été touchés aux jambes par des policiers, qui ont repoussé les reporters à coups de casque pour les éloigner du bureau du Premier ministre. L’AGSH a également signalé que la journaliste de Klan News, Glidona Daci, avait été touchée par des pierres lors d’un incident attribué à des policiers.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L&rsquo;agence Reuters a </span><a href="https://www.reuters.com/world/europe/albanian-anti-government-protesters-clash-with-police-tirana-2026-10-17/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">indiqué</span></a><span style="font-weight: 400;"> que deux de ses journalistes avaient été touchés par des balles en caoutchouc alors qu&rsquo;ils couvraient les affrontements survenus à Tirana le 17 octobre. Le photojournaliste indépendant suisse </span><b>Raimond Lüppken</b><span style="font-weight: 400;"> a rapporté à RSF que, le même jour, alors qu&rsquo;il filmait des hommes vêtus de noir dans la ville côtière de Durrës, deux autres hommes en civil se sont approchés de lui et lui ont demandé de supprimer l&rsquo;enregistrement, ce qu&rsquo;il a refusé de faire. D’après les informations de RSF, le groupe qu’il avait filmé portait des gilets arborant des insignes de police. Il soupçonnait les deux hommes d’être liés à ce groupe, mais leur identité et leur statut au sein de la police n’ont pas été confirmés.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L&rsquo;un des cas les plus violents s&rsquo;est produit au début des manifestations, le 13 octobre. Izmir Akulli, rédacteur en chef du site d&rsquo;information en ligne </span><a href="http://dosja.al/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Dosja.al</span></a><span style="font-weight: 400;">, a été transporté à l&rsquo;hôpital après que plusieurs policiers l&rsquo;ont roué de coups de pied et de coups de poing près de la Banque d&rsquo;Albanie, alors qu&rsquo;il filmait leur altercation avec un étudiant. </span><a href="https://dosja.al/e-rende-dhunohet-brutalisht-nga-policia-kryeredaktori-i-dosja-al-izmir-akulli-me-goditen-me-shkelma-dhe-grushte-teksa-filmoja-dhunen-ndaj-studentit-agsh-kerkon-hetim-per-efektivet-i519300" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Selon le récit qu&rsquo;il a publié</span></a><span style="font-weight: 400;">, les violences se sont poursuivies même après qu&rsquo;il se soit identifié comme journaliste.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les tentatives visant à entraver le travail des journalistes se sont poursuivies : dans la soirée du 19 octobre, la police a empêché le journaliste de News24, Osman Stafa, ainsi que d’autres professionnels des médias, de suivre et de filmer des interpellations policières dans les ruelles adjacentes à la Rruga e Dibrës, à Tirana, </span><a href="https://www.balkanweb.com/policia-nis-shoqerimet-me-force-ne-rrugen-e-dibres-bllokon-gazetarin-e-news24-nga-filmimi-ne-rrugicat-ku-u-ndoqen-protestuesit/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">selon News24</span></a><span style="font-weight: 400;">.</span></p>
<p><b>Les engagements en matière de sécurité doivent être respectés</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Selon un </span><a href="https://safejournalists.net/alert/safejournalists-violence-against-journalists-must-end-albanian-authorities-must-ensure-accountability-and-safe-reporting-conditions/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">communiqué</span></a><span style="font-weight: 400;"> du réseau SafeJournalists publié le 18 octobre, l&rsquo;Agence albanaise de contrôle de la police a ouvert une enquête sur des allégations de fautes professionnelles et sept agents ont été suspendus. On ignore encore si ces mesures concernent des affaires impliquant des journalistes.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Dans une </span><a href="https://safejournalists.net/alert/open-letter-urgent-institutional-action-and-accountability-to-protect-journalists-media-workers-and-public-watchdogs-in-albania/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">lettre ouverte cosignée par RSF</span></a><span style="font-weight: 400;"> le 14 octobre, des organisations de défense de la liberté de la presse et de la société civile ont appelé à la mise en œuvre intégrale des « </span><a href="https://asp.gov.al/udhezues-i-policise-se-shtetit-per-sigurine-e-gazetareve/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Lignes directrices pour la sécurité des journalistes</span></a><span style="font-weight: 400;"> » adoptées par la police nationale en mai 2025, à la conduite d’enquêtes indépendantes sur les allégations de violences et d’entraves commises par les organes de contrôle de la police, ainsi qu’à la tenue d’une audition parlementaire dédiée à cette question. D’autres incidents ont néanmoins été signalés après cet appel.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L’Albanie occupe la 83e place sur 180 pays et territoires dans le </span><a href="https://rsf.org/en/country/albania" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Classement mondial de la liberté de la presse 2026 de RSF</span></a><span style="font-weight: 400;">.</span></p>
<p><br style="font-weight: 400;" /><br style="font-weight: 400;" /></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Russie : le harcèlement de Novaïa Gazeta franchit un nouveau cap avec l’arrestation temporaire de son rédacteur en chef</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/russie-le-harcelement-de-novaia-gazeta-franchit-un-nouveau-cap-avec-larrestation-temporaire-de-son-redacteur-en-chef/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 Oct 2026 14:27:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[++ UPDATE : Le 30 octobre, la rédaction de Novaïa Gazeta a annoncé qu’elle cesserait complètement ses activités en Russie à compter du 9 novembre. La pression du Kremlin sur le dernier journal indépendant de Russie est devenue trop forte. Le 30 octobre, la rédaction a écrit sur son site web : « Le 9 [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #ff0000;"><em><strong>++ UPDATE : Le 30 octobre, la rédaction de Novaïa Gazeta a annoncé qu’elle cesserait complètement ses activités en Russie à compter du 9 novembre. La pression du Kremlin sur le dernier journal indépendant de Russie est devenue trop forte. Le 30 octobre, la rédaction a écrit sur son site web : « Le 9 novembre, nous éteindrons la lumière dans la maison où nous vivons depuis 30 ans, nous éteindrons les serveurs et nous partirons. Il n’y a plus de journal. Les autorités et les services spéciaux russes ont contraint la rédaction à cesser son travail. » ++</strong></em></span></p>
<hr />
<p><b>Le rédacteur en chef du journal indépendant russe Novaïa Gazeta, l&rsquo;un des derniers journaux indépendants de Russie, Sergueï Sokolov, a été temporairement emmené au Comité d’enquête russe ce 15 octobre, après une perquisition à son domicile à Moscou. Reporters sans frontières (RSF) dénonce une nouvelle étape dans l’acharnement des autorités contre ce média emblématique du journalisme indépendant russe.</b></p>
<p><b>Sergueï Sokolov</b><span style="font-weight: 400;"> a disparu des radars de sa rédaction vers midi, ce jeudi 15 octobre, peu avant une réunion éditoriale qu’il devait présider. Après une perquisition à son domicile, il a été conduit, </span><a href="https://t.me/novaya_pishet/60605" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">selon Novaïa Gazeta</span></a><span style="font-weight: 400;">, au Comité d’enquête russe, l’organe fédéral chargé des enquêtes pénales sur les crimes graves, directement placé sous l’autorité du président russe. Il a été </span><a href="https://t.me/novaya_pishet/60611" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">retenu</span></a><span style="font-weight: 400;"> pendant environ 3 heures, sans être autorisé à quitter les lieux, bien qu’il ait été entendu en qualité de témoin dans le cadre d’une enquête pour “utilisation et conservation illégales de données à caractère personnel”. C’est dans cette affaire que le journaliste d’investigation de Novaïa Gazeta </span><b>Oleg Roldouguine</b><span style="font-weight: 400;"> avait été arrêté en avril 2026, avant d’être assigné à résidence.</span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">« Jusqu’où ira l’acharnement du Kremlin contre Novaïa Gazeta ? Six de ses journalistes et collaborateurs ont été assassinés, sa rédaction a été perquisitionnée, ses journalistes poursuivis et le média désigné ‘agent de l’étranger’. Cette nouvelle offensive vise à faire taire l’une des dernières voix du journalisme indépendant encore installée en Russie. RSF demande que les autorités mettent fin au harcèlement judiciaire visant l’ensemble de la rédaction, notamment Sergueï Sokolov et Oleg Roldouguine. »<br />
</span><b>Jeanne Cavelier<br />
</b><b>Responsable du bureau Europe de l’Est et Asie centrale de RSF</b></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Cette nouvelle intervention s’inscrit dans une </span><a href="https://rsf.org/fr/de-prix-nobel-%C3%A0-agent-de-l-%C3%A9tranger-dmitri-mouratov-et-nova%C3%AFa-gazeta-dans-l-engrenage-de-la" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">longue série de persécutions</span></a><span style="font-weight: 400;"> visant Novaïa Gazeta. En avril, ses locaux moscovites avaient été perquisitionnés pendant plus de douze heures. Le 4 septembre, le journal a été </span><a href="https://x.com/RSF_inter/status/2095910337031573773" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">désigné “agent de l’étranger”</span></a><span style="font-weight: 400;"> par les autorités russes, qui ont également inscrit 106 personnes liées à la rédaction sur la liste des personnes affiliées à des “agents de l’étranger”. Sergueï Sokolov avait lui-même </span><a href="https://novayagazeta.ru/articles/2024/02/29/glavreda-novoi-gazety-sergeia-sokolova-dostavili-v-perovskii-sud-moskvy-s-politseiskim-protokolom-o-diskreditatsii-vs-rf-news" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">déjà été arrêté en 2024</span></a><span style="font-weight: 400;"> pour “discrédit des forces armées”.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Fondé en 1993, Novaïa Gazeta a payé un lourd tribut à son engagement pour une information indépendante : six de ses journalistes et collaborateurs ont été assassinés depuis 2000, dont </span><a href="https://rsf.org/fr/vid%C3%A9os-vingt-ans-apr%C3%A8s-l-assassinat-d-anna-politkovska%C3%AFa-les-mots-et-les-alertes-de-la-journaliste" target="_blank" rel="noopener"><b>Anna Politkovskaïa</b></a><span style="font-weight: 400;">, tuée le 7 octobre 2006. Malgré la censure imposée depuis l’invasion russe à grande échelle de l’Ukraine en 2022 et les pressions judiciaires incessantes, le journal poursuit son travail d’information.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En 2026, la Russie occupe la 172e place sur 180 pays et territoires répertoriés dans le Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF, et constitue l&rsquo;une des plus grandes prisons pour les professionnels des médias au monde.</span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>France : au moins douze journalistes agressés lors des mobilisations étudiantes et lycéennes</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/france-au-moins-douze-journalistes-agresses-lors-des-mobilisations-etudiantes-et-lyceennes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 16 Oct 2026 07:46:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[Insultes, coups, menaces et destructions de matériel : Reporters sans frontières (RSF) a recensé douze cas de journalistes agressés physiquement ou intimidés verbalement par des membres des forces de l’ordre, des manifestants ou des tiers, alors qu’ils couvraient les mobilisations lycéennes et étudiantes, qui se déroulent en France depuis le 21 septembre. RSF condamne fermement [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><b>Insultes, coups, menaces et destructions de matériel : Reporters sans frontières (RSF) a recensé douze cas de journalistes agressés physiquement ou intimidés verbalement par des membres des forces de l’ordre, des manifestants ou des tiers, alors qu’ils couvraient les mobilisations lycéennes et étudiantes, qui se déroulent en France depuis le 21 septembre. RSF condamne fermement ces violences et entraves manifestes à la liberté de la presse, et appelle les autorités compétentes à identifier leurs auteurs qui doivent répondre de leurs actes.</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">De Saint-Denis à Marseille, en passant par Dijon, Montpellier et Paris, les journalistes qui couvrent les mobilisations étudiantes et lycéennes en cours depuis le 21 septembre sont confrontés à des violences répétées. Au moins douze d’entre eux ont été agressés physiquement ou verbalement : six par des manifestants ou des tiers, six par les forces de l’ordre, alors même qu’ils étaient tous clairement identifiables comme journalistes et que certains se sont, en outre, identifiés en tant que tels auprès des fonctionnaires de police. Ces atteintes à la liberté de la presse contreviennent aux dispositions du </span><a href="https://www.interieur.gouv.fr/documentation/ressources/schema-national-du-maintien-de-lordre.html" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Schéma national de maintien de l’ordre</span></a><span style="font-weight: 400;"> (SNMO), adopté par le ministère de l’Intérieur, qui garantit notamment le droit des journalistes de couvrir les opérations de forces de l’ordre et d’être protégés par celles-ci.</span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;"><em>« Frapper un journaliste, le menacer ou détruire son matériel porte gravement atteinte à la liberté de la presse et au droit de chacun à être informé. Les journalistes doivent pouvoir couvrir les mobilisations en toute sécurité, y compris lorsque les tensions s’exacerbent. Les autorités, elles, doivent garantir leur protection et veiller à ce que les auteurs de ces violences soient identifiés et répondent de leurs actes. Au-delà de cette réponse indispensable, la récurrence des agressions dans le cadre de la couverture de mouvements sociaux appelle un travail de fond pour combattre l’hostilité envers la presse et rappeler le rôle essentiel des journalistes dans une démocratie : documenter les faits, rendre compte des événements ainsi que des revendications et permettre le débat public. »</em><br />
</span><b>Laure Chauvel<br />
</b><b>Responsable du bureau France de RSF</b></p></blockquote>
<p><b>Des journalistes pris pour cible par des manifestants…</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Deux journalistes de la chaîne d’information en continu BFMTV ont été pris à partie, molestés et insultés le 29 septembre devant le lycée Paul-Éluard de Saint-Denis. Ils ont ensuite été exfiltrés par mesure de sécurité et </span><a href="https://x.com/BFMTV_Inside/status/2104871911201349652" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">la chaîne a annoncé porter plainte</span></a><span style="font-weight: 400;">. Le même jour, à Lille, Zack Ajili, correspondant de la chaîne d’information en continu LCI ainsi qu’un journaliste reporter d&rsquo;images (JRI) de la chaîne, qui a souhaité rester anonyme, ont été </span><a href="https://x.com/24hPujadas/status/2105332529347604684?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E2105332529347604684%7Ctwgr%5Eef320fb1d6f3d03808b086f4187d531371ca5c2d%7Ctwcon%5Es1_&amp;ref_url=https%3A%2F%2Ftoutelatele.ouest-france.fr%2Fdavid-pujadas-son-coup-de-gueule-apres-une-agression-notre-equipe-a-du-quitter-les-lieux-dans-la-panique-190283" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">agressés par des manifestants</span></a><span style="font-weight: 400;">, puis contraints à quitter les lieux précipitamment. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les intimidations se sont poursuivies à Dijon le lendemain, où un journaliste du média local en ligne Dijon Actualités, clairement identifié comme tel, a été approché par un jeune homme armé d&rsquo;un couteau, qui lui a intimé de cesser de filmer devant le lycée Le Castel, dont il couvrait la mobilisation. Le 8 octobre, le même journaliste a été frappé dans le dos par un individu. Deux plaintes ont été déposées. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">À Marseille, un correspondant de la chaîne M6 a été </span><a href="https://www.lamontagne.fr/marseille-13000/faits-divers/encercle-et-frappe-a-plusieurs-reprises-devant-un-lycee-de-marseille-un-journaliste-de-m6-victime-dune-agression-violente_15056306/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">encerclé puis frappé à plusieurs reprises</span></a><span style="font-weight: 400;"> alors qu’il couvrait, le jeudi 1er octobre, le blocage devant le lycée Saint-Exupéry, dans le 15e arrondissement de la cité phocéenne. Il a été blessé au front et sa caméra détruite. Dans l’après-midi, à Manosque, une journaliste de l’antenne locale des Alpes du sud et Haute-Provence de la chaîne d’information en continu BFM DICI a été </span><a href="https://x.com/BFMTV_Inside/status/2105693139755503657" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">prise à partie, insultée et bousculée</span></a><span style="font-weight: 400;"> alors qu’elle couvrait le mouvement de blocage des lycées dans la ville avant d’être exfiltrée du mouvement pour des raisons de sécurité.</span></p>
<p><b>…et confrontés à des violences de la part de membres des forces de l’ordre</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Plusieurs journalistes ont également été victimes de violences commises par des forces de l’ordre. À Lyon, une journaliste du mensuel Lyon Mag a vu</span><a href="https://x.com/lyonmag/status/2106034836800700775" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;"> son téléphone projeté au sol par un CRS (membre d’une compagnie républicaine de sécurité)</span></a><span style="font-weight: 400;">, le 2 octobre, alors qu’elle s’était préalablement identifiée auprès de lui. Dans la même journée, à Fréjus, un journaliste du quotidien régional Var Matin </span><a href="https://x.com/Var_Matin/status/2105943824002695552" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">a été agressé verbalement</span></a><span style="font-weight: 400;"> et a reçu un coup de matraque par une fonctionnaire de police, malgré la présentation de sa carte de presse.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le même jour à Montpellier, le journaliste Valentin Levetti, directeur de publication du média en ligne indépendant Stup.media, a été percuté au tibia droit par un motard identifié comme un policier en civil, sans brassard ni matricule, alors qu&rsquo;il filmait une interpellation rue Balard, à proximité du lycée Georges-Clémenceau. Il était pourtant </span><a href="https://bsky.app/profile/stup.media/post/3mwxk6ocut22w" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">clairement identifiable comme journaliste</span></a><span style="font-weight: 400;"> (brassard, casque et sac siglés « presse »). Mis en arrêt de travail par deux médecins ayant constaté un hématome et des dermabrasions, un troisième constate, quatre jours après l’agression, des lésions compatibles avec une entorse du genou droit. Le journaliste a porté plainte contre X, le 8 octobre, auprès du procureur de la République de Montpellier pour violences volontaires aggravées commises par une personne dépositaire de l’autorité publique avec une arme par destination. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Toujours à Montpellier, le journaliste Samuel Clauzier, qui collabore avec plusieurs médias dont le site d’information Rue89 Bordeaux, a été victime de trois agressions par des CRS le 6 octobre. Clairement identifiable comme journaliste – il portait un casque, quatre badges presse et un brassard – et se tenant à distance des forces de l’ordre pour ne pas les gêner dans leurs interventions, il a d’abord reçu un coup de bouclier dans la poitrine puis, quelques minutes plus tard, un CRS a frappé son téléphone avec une matraque alors qu’il le filmait en pleine intervention. Une heure plus tard, aux alentours de 17 heures, le journaliste a été violemment frappé dans le dos par un fonctionnaire de police, et son matériel a alors été projeté à plusieurs mètres.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le même jour à Paris, un CRS </span><a href="https://x.com/humanite_fr/status/2107474761668571275" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">a attrapé à la gorge</span></a><span style="font-weight: 400;"> un journaliste du quotidien L&rsquo;Humanité, Mike Strachinescu, et ce à deux reprises, alors même qu’il avait présenté sa carte de presse aux forces de l’ordre. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les violences se sont poursuivies lors de la journée de mobilisation du 8 octobre. Alors qu’il couvrait, pour le quotidien américain Wall Street Journal, un rassemblement sur la place de la Bastille à Paris en fin de journée, le photographe Patrick Wack a reçu un tir de lanceur de balles de défense (LBD) à bout portant, alors qu’il était isolé. Blessé à l’oreille, il a dû recevoir des points de suture le soir même.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ces agressions s’inscrivent dans un contexte plus large de recrudescence des violences à l’égard des journalistes qui couvrent les mouvements sociaux en France, ces dernières années. En 2025, </span><a href="https://rsf.org/fr/france-manifestation-du-1er-mai-%C3%A0-paris-la-libert%C3%A9-de-la-presse-entrav%C3%A9e-par-des-violences" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">RSF avait dénoncé</span></a><span style="font-weight: 400;"> les violences policières contre plusieurs journalistes lors de la traditionnelle manifestation du 1er mai. En septembre de la même année, lors de la mobilisation du mouvement de protestation « Bloquons tout », </span><a href="https://rsf.org/fr/france-la-libert%C3%A9-de-la-presse-entrav%C3%A9e-par-des-violences-polici%C3%A8res-au-cours-des-manifestations" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">des journalistes étaient de nouveau entravés</span></a><span style="font-weight: 400;"> physiquement par les forces de l’ordre. Lors des journées et nuits de révoltes déclenchées par la mort du jeune Nahel en 2023, pas moins de </span><a href="https://rsf.org/fr/rsf-d%C3%A9nonce-fermement-les-attaques-contre-les-journalistes-qui-couvrent-les-violences-urbaines-en" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">18 professionnels des médias ont été agressés</span></a><span style="font-weight: 400;"> par des émeutiers.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Si vous êtes journaliste et avez été victime de violences ou d’intimidations dans le cadre des mobilisations en cours, contactez-nous à l’adresse : </span><a href="mailto:deskfrance@rsf.org"><span style="font-weight: 400;">deskfrance@rsf.org</span></a><span style="font-weight: 400;">. </span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Couvrir la guerre russe en Ukraine : Webinaires et guide à l&#8217;intention des reporters étrangers</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/couvrir-la-guerre-russe-en-ukraine-webinaires-et-guide-a-lintention-des-reporters-etrangers/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 12 Oct 2026 10:27:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[Accréditations, zonages, contacts utiles… Si les journalistes peuvent librement travailler en Ukraine, certaines règles sont indispensables à connaître pour couvrir la guerre. Reporters sans frontières (RSF) publie un guide pratique en anglais, coécrit par deux fixeurs ukrainiens expérimentés, qui rassemble les principaux conseils pour aider les reporters étrangers à préparer et mener à bien leur [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><b>Accréditations, zonages, contacts utiles… Si les journalistes peuvent librement travailler en Ukraine, certaines règles sont indispensables à connaître pour couvrir la guerre. Reporters sans frontières (RSF) publie un guide pratique en anglais, coécrit par deux fixeurs ukrainiens expérimentés, qui rassemble les principaux conseils pour aider les reporters étrangers à préparer et mener à bien leur mission dans le pays. </b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Fruit de l’expérience de terrain de deux fixeurs ukrainiens, </span><b>Oleksandra Aleksandrenko</b><span style="font-weight: 400;"> et </span><b>Rostyslav Tsyren</b><span style="font-weight: 400;">, qui accompagnent des journalistes étrangers en Ukraine depuis le début de l’invasion russe à grande échelle en 2022, ce guide a été conçu pour répondre aux principales questions que peuvent se poser des reporters étrangers avant leur mission et pendant leur séjour en Ukraine. Il présente ainsi le cadre légal dans lequel les médias peuvent travailler, rappelle les contraintes d’accès liées à la guerre, les principales règles de sécurité, notamment face à la menace des drones russes qui fait l’objet d’un autre guide publié par RSF, et fournit une liste de contacts utiles. Il rappelle également les principes clefs du journalisme sensible aux traumatismes (trauma-informed journalism), utiles pour préparer des reportages. </span></p>
<ul>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><a href="https://rsf.org/sites/default/files/medias/file/2026/09/12X16%20Pocket%20Ukraine%20Valid%20%281%29_0.pdf" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Télécharger le guide en anglais en format PDF</span></a></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><a href="https://youtu.be/uVSwTZBMY8Y" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Regarder la vidéo</span></a></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><a href="https://forms.gle/6JoLJypdVUQkKThK6" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Plus d’informations sur les webinaires à venir</span></a><span style="font-weight: 400;"> : </span> <span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;">&#8211; 16 octobre, 14 h GMT (17 h UTC+3) – Préparation pratique et reportages sur le terrain (en anglais)</span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;">&#8211; 30 octobre, 14 h GMT (17 h UTC+3) – Le journalisme tenant compte des traumatismes dans le contexte ukrainien (en anglais)</span></li>
</ul>
<blockquote>
<p style="text-align: left;"><span style="font-weight: 400;">« Ce guide a pour objectif premier de donner des recommandations, des informations pratiques et des ressources utiles aux journalistes étrangers qui se rendent en Ukraine pour couvrir la guerre russe. Avec cet outil et la vidéo explicative qui l’accompagne, RSF souhaite aider les reporters à préparer au mieux leur mission. Trois webinaires seront également organisés à l’automne pour répondre aux questions pratiques et comprendre les règles du terrain. »<br />
</span><b>Pauline Maufrais<br />
</b><b>Chargée de zone Ukraine chez RSF</b></p>
</blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Depuis le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine le 24 février 2022, le Centre de la liberté de la presse de RSF à Kyiv, la capitale, a soutenu plus de 1 500 professionnels des médias dans le pays dont 600 étrangers, via des prêts ou dons de matériel et d’équipements de protection, tels que des casques et gilets pare-balles, des trousses de premiers secours, des détecteurs de drones, ou encore des batteries externes. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le service assistance de RSF peut par ailleurs fournir une aide financière d’urgence aux professionnels des médias, notamment pour couvrir des frais médicaux s’ils ont été blessés ou pour contribuer au remplacement d’équipements endommagés dans le cadre de leur travail. Un programme de soutien psychologique est aussi possible. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ce guide est également disponible sur le site Internet </span><a href="https://resources.rsf.org/fr/preparing-to-report-from-ukraine-rsf-publishes-a-guide-for-foreign-journalists/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Resources for Journalists </span></a><span style="font-weight: 400;">de RSF. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les conseils de ce guide ont été relus par le partenaire en Ukraine de RSF, l’Institute of Mass Information (IMI). </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ce guide a été réalisé avec le soutien financier de l’Union européenne. Son contenu relève de la seule responsabilité de RSF et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l’Union européenne.</span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La campagne de Donald Trump contre les médias continue de s&#8217;intensifier</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/la-campagne-de-donald-trump-contre-les-medias-continue-de-sintensifier-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 05 Oct 2026 09:06:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[Donald Trump et les médias entretiennent depuis plus de dix ans désormais une relation difficile. On s’est depuis longtemps habitué aux frasques du président américain, qui s’en prend sans relâche à l’appareil médiatique qu’il accuse de diffuser des «fake news», comme CNN, le New York Times, etc. Personne n’est plus surpris depuis longtemps lorsqu’il insulte [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;"><strong>Donald Trump et les médias entretiennent depuis plus de dix ans désormais une relation difficile. On s’est depuis longtemps habitué aux frasques du président américain, qui s’en prend sans relâche à l’appareil médiatique qu’il accuse de diffuser des «fake news», comme CNN, le <em>New York Times</em>, etc. Personne n’est plus surpris depuis longtemps lorsqu’il insulte des journalistes devant les caméras ou les dénonce en ligne comme des « ennemis du peuple ». Et depuis longtemps déjà, ses confrontations incessantes avec les médias se sont transformées en une campagne systématique visant à restreindre et à contrôler les médias critiques du pays au nom d’une prétendue liberté d’expression.</strong></p>
<p style="font-weight: 400;">La situation devient de plus en plus difficile pour la presse aux États-Unis. Après que l’agence de presse AP s’est vu refuser l’accès à la Maison Blanche dès le printemps 2025, CNN, MS Now et Politico ont connu le même sort en septembre. Parallèlement, la FCC, l’autorité de régulation chargée de la radiodiffusion, des médias, des communications et des licences de diffusion, menace de retirer leur licence à de nombreuses chaînes de télévision. Trump a intenté des poursuites pour plusieurs milliards contre le <em>New York Times</em>, ainsi que contre la BBC britannique. Si le gouvernement américain avait son mot à dire, les correspondants étrangers ne se verraient accorder qu’un permis de séjour de huit mois seulement. Le Pentagone a imposé des directives strictes aux journalistes qui couvrent l’actualité du ministère de la Défense dirigé par Pete Hegseth. Et les moyens financiers alloués aux chaînes de radio et de télévision publiques (déjà traditionnellement fragiles), tant aux États-Unis qu’à l’étranger, devraient être considérablement réduits, voire supprimés.</p>
<p style="font-weight: 400;">Clayton Weimers, directeur du bureau de RSF pour l’Amérique du Nord, basé à Washington, DC, <a href="https://www.nytimes.com/2026/09/12/us/politics/trump-free-speech.html" target="_blank" rel="noopener">a récemment déclaré au <em>New York Times</em></a> : « Il ne se passe pas une semaine sans qu’une nouvelle mesure ne soit prise pour restreindre davantage la liberté de la presse dans le pays. Nous constatons une restriction considérable de celle-ci. »</p>
<p style="font-weight: 400;">Dans la vision de Donald Trump, tout cela s’inscrit dans le cadre de la promotion d’une prétendue liberté d’expression. Mais ce que font en réalité Trump et ses partisans, c’est transformer la « liberté d’expression » en un slogan de combat afin de restreindre toujours davantage le journalisme « grand public » indépendant. Thibaut Bruttin, directeur général du secrétariat international de RSF à Paris, a <a href="https://rsf.org/en/free-speech-vs-free-press-new-book-defends-journalism-gives-proceeds-rsf" target="_blank" rel="noopener">récemment publié un ouvrage consacré précisément à ce sujet</a>. Dans la logique de Trump, la liberté d’expression s’oppose à la liberté de la presse : les médias et les instances de contrôle fonctionneraient comme des appareils de censure et restreindraient la liberté d’expression de chaque individu.</p>
<p style="font-weight: 400;">Les instances du débat public – notamment les médias indépendants –, qui devraient en réalité surveiller d’un œil critique le président, sont ainsi de plus en plus remplacées, sous Trump, par des loyalistes qui confirment, renforcent et diffusent le discours de Trump, tout en sanctionnant et en dénonçant les voix critiques. Dans le Classement mondial de la liberté de la presse publié chaque année par RSF, les États-Unis affichent donc sans grande surprise, en 2026, leur pire score jamais enregistré depuis la première édition de 2002 et occupent la 64e place, derrière des pays comme le Brésil, la Mauritanie ou le Botswana.</p>
<p style="font-weight: 400;">Steven Cheung, directeur de la communication de Trump à la Maison Blanche, n’y voit toutefois aucun problème. Début 2026, <a href="https://x.com/StevenCheung47/status/2016917181649363299" target="_blank" rel="noopener">sur X,</a> il a ouvertement qualifié ce contrôle croissant sur le débat public de « Full Spectrum Dominance », c’est-à-dire une domination sur tous les fronts.</p>
<p style="font-weight: 400;">Trump n’a pas encore atteint cet objectif. Et il ne pourra sans doute pas y parvenir aussi facilement qu’il le souhaiterait. En effet, les tribunaux du pays continuent de jouer leur rôle d’instances de contrôle et imposent des limites aux fantasmes de contrôle du président. La décision de réduire drastiquement les permis de séjour des correspondants a été annulée en septembre. Il en va de même pour les coupes budgétaires drastiques imposées à <em>Voice of America</em>. Et les poursuites judiciaires de Trump, qui se chiffrent en milliards, notamment contre le <em>New York Times</em> pour diffamation présumée, ont également <a href="https://www.bbc.com/news/articles/c62n7025wdgo" target="_blank" rel="noopener">été jugées illégales</a>. Les restrictions d’accès imposées à l’AP en février 2025, ainsi qu’à CNN, MS Now et Politico en septembre dernier, ont elles aussi été jugées inconstitutionnelles par les tribunaux et les experts constitutionnels américains.</p>
<p style="font-weight: 400;">Mais ces longues procédures judiciaires sont coûteuses et mobilisent les ressources des médias, ce qui les détourne de leur mission première, à savoir le travail journalistique. Et même après les décisions de justice, la situation n’est toujours pas claire. Le litige entre l’AP et l’administration Trump, par exemple, dure depuis plus d’un an et demi. La situation de <em>Voice of America</em> reste chaotique, l’avenir de la chaîne est totalement incertain – malgré l’illégalité des coupes budgétaires de l’année dernière.</p>
<p style="font-weight: 400;">À cela s’ajoute le fait que Trump ne semble pas disposé à se conformer aux décisions de justice. CNN, MS Now et <em>Politico</em> se voient toujours refuser l’accès à la Maison Blanche. Et Trump a déjà menacé d’intenter une nouvelle action en justice, également de plusieurs milliards, contre le <em>New York Times</em>. Son argument n’est pas nouveau : il a publié sur Truth Social que le journal avait depuis bien trop longtemps l’autorisation de mentir librement, de le calomnier et de le diffamer.</p>
<p style="font-weight: 400;">En somme, le président reproche à la presse libre exactement ce qu’il fait lui-même en permanence : mentir, diffamer, dénoncer.</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>Valentin Rubin, Policy &amp; Advocacy Manager de RSF Suisse</strong></p>
<p><em>(Photo: Keystone-ATS)</em></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Dangereux affaiblissement du secret des sources en Suisse</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/dangereux-affaiblissement-du-secret-des-sources-en-suisse-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 05 Oct 2026 08:54:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
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					<description><![CDATA[Le Conseil des Etats vient d’ouvrir une brèche dans la protection des sources des journalistes en Suisse. En approuvant à une très large majorité de 34 voix contre 10, le 24 septembre, une motion et un postulat, les sénateurs ont montré qu’ils étaient prêts à affaiblir l’une des règles les plus fondamentales du journalisme. Engagée [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;">Le Conseil des Etats vient d’ouvrir une brèche dans la protection des sources des journalistes en Suisse. En approuvant à une très large majorité de 34 voix contre 10, le 24 septembre, une motion et un postulat, les sénateurs ont montré qu’ils étaient prêts à affaiblir l’une des règles les plus fondamentales du journalisme. Engagée aux côtés de nombreuses autres organisations du secteur des médias pour combattre ces propositions, RSF Suisse déplore vivement ce vote et rappelle l’importance, souvent mal comprise, du secret des sources pour que le public puisse disposer d’une information véritablement indépendante et critique.</p>
<p style="font-weight: 400;">Le postulat approuvé par la chambre des cantons est transmis directement au Conseil fédéral, mais la motion, plus contraignante, doit encore passer par le Conseil national. L’ampleur du soutien qu’elle a reçu dans la première chambre augure mal, il faut le reconnaître, de l’issue du processus parlementaire. Notre organisation continuera à déployer tous les efforts nécessaires pour expliquer la nécessité impérieuse d’une protection aussi étendue que possible du secret rédactionnel.</p>
<p style="font-weight: 400;">Celui-ci ne constitue pas un privilège, comme on l’entend souvent, des professionnels de l’information mais une composante du droit du public à l’information. D’innombrables précédents l’ont montré : les médias doivent pouvoir garantir une confidentialité absolue à leurs sources pour être en mesure de révéler des informations embarrassantes pour les pouvoirs en place si l’intérêt général le justifie.</p>
<p style="font-weight: 400;">Pensons au Watergate : ce n’est que sur son lit de mort que la source des journalistes du <em>Washington Post</em> – le numéro deux du FBI – a révélé être à l’origine des fuites qui ont permis au public de connaître la vérité sur l’espionnage du Parti démocrate auquel se livrait l’équipe du président Nixon, avec l’accord de celui-ci. Sans cette source, et sans le travail d’enquête opiniâtre des journalistes, Nixon aurait terminé son mandat sans avoir à rendre aucun compte.</p>
<p style="font-weight: 400;">A la tribune du Conseil des Etats, plusieurs élus sont venus expliquer qu’une violation du secret de fonction par un agent de l’Etat – le délit qu’avait commis <em>Deep Throat</em>, le surnom de la mystérieuse source du Watergate – justifie une levée du secret des sources ou à tout le moins son affaiblissement. C’est l’une des infractions pour lesquelles aucune exception n’est aujourd’hui prévue et le statu quo doit être maintenu. Car c’est l’une des infractions les plus caractéristiques et les plus importantes en matière de protection des sources. A défaut, c’est une bonne partie de la légitimité et de l’utilité du secret rédactionnel qui risque de disparaître.</p>
<p style="font-weight: 400;">Le vote du Conseil des Etats confirme une fois de plus que le principal point faible de la liberté de la presse en Suisse se situe dans son environnement législatif. C’est ce que montre pour notre pays, année après année, le Classement mondial de la liberté de la presse publié par RSF. Dans cette perspective, il faut noter que l’affaiblissement du secret des sources survient après le durcissement des mesures provisionnelles de la justice civile contre les médias, l’extension de l’article pénal sur le secret bancaire aux journalistes utilisant des données bancaires de source illégale et un rétrécissement constant du champ d’application du droit d’accès aux documents administratifs.</p>
<p style="font-weight: 400;">Cette évolution doit cesser. La majorité de droite du Parlement fédéral doit comprendre que la défense de la liberté de la presse n’est pas une revendication de gauche : elle fait partie des règles du jeu nécessaires pour que l’Etat soit contraint de rendre des comptes aux citoyens et à la société civile.</p>
<h5 style="font-weight: 400;"><strong>Denis Masmejan, secrétaire général de RSF Suisse</strong></h5>
<p style="font-weight: 400;">Lire aussi l’opinion publiée avant le débat dans le quotidien <a href="https://www.letemps.ch/opinions/chroniques/le-parlement-ne-doit-pas-eroder-le-secret-des-sources-des-journalistes?srsltid=AU7gw4XrrPpiNWZRTcH6qqHNXcJsVL0dnMnikarqDtfziIQRUS7gT9I-">Le Temps</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La campagne de Donald Trump contre les médias continue de s&#8217;intensifier</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/la-campagne-de-donald-trump-contre-les-medias-continue-de-sintensifier/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Sep 2026 12:04:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Newsletter 2026-08-FR]]></category>
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					<description><![CDATA[Donald Trump et les médias entretiennent depuis plus de dix ans désormais une relation difficile. On s’est depuis longtemps habitué aux frasques du président américain, qui s’en prend sans relâche à l’appareil médiatique qu’il accuse de diffuser des «fake news», comme CNN, le New York Times, etc. Personne n’est plus surpris depuis longtemps lorsqu’il insulte [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;"><strong>Donald Trump et les médias entretiennent depuis plus de dix ans désormais une relation difficile. On s’est depuis longtemps habitué aux frasques du président américain, qui s’en prend sans relâche à l’appareil médiatique qu’il accuse de diffuser des «fake news», comme CNN, le <em>New York Times</em>, etc. Personne n’est plus surpris depuis longtemps lorsqu’il insulte des journalistes devant les caméras ou les dénonce en ligne comme des « ennemis du peuple ». Et depuis longtemps déjà, ses confrontations incessantes avec les médias se sont transformées en une campagne systématique visant à restreindre et à contrôler les médias critiques du pays au nom d’une prétendue liberté d’expression.</strong></p>
<p style="font-weight: 400;">La situation devient de plus en plus difficile pour la presse aux États-Unis. Après que l’agence de presse AP s’est vu refuser l’accès à la Maison Blanche dès le printemps 2025, CNN, MS Now et Politico ont connu le même sort en septembre. Parallèlement, la FCC, l’autorité de régulation chargée de la radiodiffusion, des médias, des communications et des licences de diffusion, menace de retirer leur licence à de nombreuses chaînes de télévision. Trump a intenté des poursuites pour plusieurs milliards contre le <em>New York Times</em>, ainsi que contre la BBC britannique. Si le gouvernement américain avait son mot à dire, les correspondants étrangers ne se verraient accorder qu’un permis de séjour de huit mois seulement. Le Pentagone a imposé des directives strictes aux journalistes qui couvrent l’actualité du ministère de la Défense dirigé par Pete Hegseth. Et les moyens financiers alloués aux chaînes de radio et de télévision publiques (déjà traditionnellement fragiles), tant aux États-Unis qu’à l’étranger, devraient être considérablement réduits, voire supprimés.</p>
<p style="font-weight: 400;">Clayton Weimers, directeur du bureau de RSF pour l’Amérique du Nord, basé à Washington, DC, <a href="https://www.nytimes.com/2026/09/12/us/politics/trump-free-speech.html" target="_blank" rel="noopener">a récemment déclaré au <em>New York Times</em></a> : « Il ne se passe pas une semaine sans qu’une nouvelle mesure ne soit prise pour restreindre davantage la liberté de la presse dans le pays. Nous constatons une restriction considérable de celle-ci. »</p>
<p style="font-weight: 400;">Dans la vision de Donald Trump, tout cela s’inscrit dans le cadre de la promotion d’une prétendue liberté d’expression. Mais ce que font en réalité Trump et ses partisans, c’est transformer la « liberté d’expression » en un slogan de combat afin de restreindre toujours davantage le journalisme « grand public » indépendant. Thibaut Bruttin, directeur général du secrétariat international de RSF à Paris, a <a href="https://rsf.org/en/free-speech-vs-free-press-new-book-defends-journalism-gives-proceeds-rsf" target="_blank" rel="noopener">récemment publié un ouvrage consacré précisément à ce sujet</a>. Dans la logique de Trump, la liberté d’expression s’oppose à la liberté de la presse : les médias et les instances de contrôle fonctionneraient comme des appareils de censure et restreindraient la liberté d’expression de chaque individu.</p>
<p style="font-weight: 400;">Les instances du débat public – notamment les médias indépendants –, qui devraient en réalité surveiller d’un œil critique le président, sont ainsi de plus en plus remplacées, sous Trump, par des loyalistes qui confirment, renforcent et diffusent le discours de Trump, tout en sanctionnant et en dénonçant les voix critiques. Dans le Classement mondial de la liberté de la presse publié chaque année par RSF, les États-Unis affichent donc sans grande surprise, en 2026, leur pire score jamais enregistré depuis la première édition de 2002 et occupent la 64e place, derrière des pays comme le Brésil, la Mauritanie ou le Botswana.</p>
<p style="font-weight: 400;">Steven Cheung, directeur de la communication de Trump à la Maison Blanche, n’y voit toutefois aucun problème. Début 2026, <a href="https://x.com/StevenCheung47/status/2016917181649363299" target="_blank" rel="noopener">sur X,</a> il a ouvertement qualifié ce contrôle croissant sur le débat public de « Full Spectrum Dominance », c’est-à-dire une domination sur tous les fronts.</p>
<p style="font-weight: 400;">Trump n’a pas encore atteint cet objectif. Et il ne pourra sans doute pas y parvenir aussi facilement qu’il le souhaiterait. En effet, les tribunaux du pays continuent de jouer leur rôle d’instances de contrôle et imposent des limites aux fantasmes de contrôle du président. La décision de réduire drastiquement les permis de séjour des correspondants a été annulée en septembre. Il en va de même pour les coupes budgétaires drastiques imposées à <em>Voice of America</em>. Et les poursuites judiciaires de Trump, qui se chiffrent en milliards, notamment contre le <em>New York Times</em> pour diffamation présumée, ont également <a href="https://www.bbc.com/news/articles/c62n7025wdgo" target="_blank" rel="noopener">été jugées illégales</a>. Les restrictions d’accès imposées à l’AP en février 2025, ainsi qu’à CNN, MS Now et Politico en septembre dernier, ont elles aussi été jugées inconstitutionnelles par les tribunaux et les experts constitutionnels américains.</p>
<p style="font-weight: 400;">Mais ces longues procédures judiciaires sont coûteuses et mobilisent les ressources des médias, ce qui les détourne de leur mission première, à savoir le travail journalistique. Et même après les décisions de justice, la situation n’est toujours pas claire. Le litige entre l’AP et l’administration Trump, par exemple, dure depuis plus d’un an et demi. La situation de <em>Voice of America</em> reste chaotique, l’avenir de la chaîne est totalement incertain – malgré l’illégalité des coupes budgétaires de l’année dernière.</p>
<p style="font-weight: 400;">À cela s’ajoute le fait que Trump ne semble pas disposé à se conformer aux décisions de justice. CNN, MS Now et <em>Politico</em> se voient toujours refuser l’accès à la Maison Blanche. Et Trump a déjà menacé d’intenter une nouvelle action en justice, également de plusieurs milliards, contre le <em>New York Times</em>. Son argument n’est pas nouveau : il a publié sur Truth Social que le journal avait depuis bien trop longtemps l’autorisation de mentir librement, de le calomnier et de le diffamer.</p>
<p style="font-weight: 400;">En somme, le président reproche à la presse libre exactement ce qu’il fait lui-même en permanence : mentir, diffamer, dénoncer.</p>
<h6 style="font-weight: 400;"><strong>Valentin Rubin, Policy &amp; Advocacy Manager de RSF Suisse</strong></h6>
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			</item>
		<item>
		<title>Dangereux affaiblissement du secret des sources en Suisse</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/dangereux-affaiblissement-du-secret-des-sources-en-suisse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Sep 2026 13:15:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Newsletter 2026-08-FR]]></category>
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					<description><![CDATA[Editorial Le Conseil des Etats vient d’ouvrir une brèche dans la protection des sources des journalistes en Suisse. En approuvant à une très large majorité de 34 voix contre 10, le 24 septembre, une motion et un postulat, les sénateurs ont montré qu’ils étaient prêts à affaiblir l’une des règles les plus fondamentales du journalisme. [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h2>Editorial</h2>
<p style="font-weight: 400;">Le Conseil des Etats vient d’ouvrir une brèche dans la protection des sources des journalistes en Suisse. En approuvant à une très large majorité de 34 voix contre 10, le 24 septembre, une motion et un postulat, les sénateurs ont montré qu’ils étaient prêts à affaiblir l’une des règles les plus fondamentales du journalisme. Engagée aux côtés de nombreuses autres organisations du secteur des médias pour combattre ces propositions, RSF Suisse déplore vivement ce vote et rappelle l’importance, souvent mal comprise, du secret des sources pour que le public puisse disposer d’une information véritablement indépendante et critique.</p>
<p style="font-weight: 400;">Le postulat approuvé par la chambre des cantons est transmis directement au Conseil fédéral, mais la motion, plus contraignante, doit encore passer par le Conseil national. L’ampleur du soutien qu’elle a reçu dans la première chambre augure mal, il faut le reconnaître, de l’issue du processus parlementaire. Notre organisation continuera à déployer tous les efforts nécessaires pour expliquer la nécessité impérieuse d’une protection aussi étendue que possible du secret rédactionnel.</p>
<p style="font-weight: 400;">Celui-ci ne constitue pas un privilège, comme on l’entend souvent, des professionnels de l’information mais une composante du droit du public à l’information. D’innombrables précédents l’ont montré : les médias doivent pouvoir garantir une confidentialité absolue à leurs sources pour être en mesure de révéler des informations embarrassantes pour les pouvoirs en place si l’intérêt général le justifie.</p>
<p style="font-weight: 400;">Pensons au Watergate : ce n’est que sur son lit de mort que la source des journalistes du <em>Washington Post</em> – le numéro deux du FBI – a révélé être à l’origine des fuites qui ont permis au public de connaître la vérité sur l’espionnage du Parti démocrate auquel se livrait l’équipe du président Nixon, avec l’accord de celui-ci. Sans cette source, et sans le travail d’enquête opiniâtre des journalistes, Nixon aurait terminé son mandat sans avoir à rendre aucun compte.</p>
<p style="font-weight: 400;">A la tribune du Conseil des Etats, plusieurs élus sont venus expliquer qu’une violation du secret de fonction par un agent de l’Etat – le délit qu’avait commis <em>Deep Throat</em>, le surnom de la mystérieuse source du Watergate – justifie une levée du secret des sources ou à tout le moins son affaiblissement. C’est l’une des infractions pour lesquelles aucune exception n’est aujourd’hui prévue et le statu quo doit être maintenu. Car c’est l’une des infractions les plus caractéristiques et les plus importantes en matière de protection des sources. A défaut, c’est une bonne partie de la légitimité et de l’utilité du secret rédactionnel qui risque de disparaître.</p>
<p style="font-weight: 400;">Le vote du Conseil des Etats confirme une fois de plus que le principal point faible de la liberté de la presse en Suisse se situe dans son environnement législatif. C’est ce que montre pour notre pays, année après année, le Classement mondial de la liberté de la presse publié par RSF. Dans cette perspective, il faut noter que l’affaiblissement du secret des sources survient après le durcissement des mesures provisionnelles de la justice civile contre les médias, l’extension de l’article pénal sur le secret bancaire aux journalistes utilisant des données bancaires de source illégale et un rétrécissement constant du champ d’application du droit d’accès aux documents administratifs.</p>
<p style="font-weight: 400;">Cette évolution doit cesser. La majorité de droite du Parlement fédéral doit comprendre que la défense de la liberté de la presse n’est pas une revendication de gauche : elle fait partie des règles du jeu nécessaires pour que l’Etat soit contraint de rendre des comptes aux citoyens et à la société civile.</p>
<h5 style="font-weight: 400;"><strong>Denis Masmejan, secrétaire général de RSF Suisse</strong></h5>
<p style="font-weight: 400;">Lire aussi l’opinion publiée avant le débat dans le quotidien <a href="https://www.letemps.ch/opinions/chroniques/le-parlement-ne-doit-pas-eroder-le-secret-des-sources-des-journalistes?srsltid=AU7gw4XrrPpiNWZRTcH6qqHNXcJsVL0dnMnikarqDtfziIQRUS7gT9I-">Le Temps</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>« Le silence n’est plus une option » : 133 journalistes du monde entier se mobilisent pour Dawit Isaak, enfermé arbitrairement en Érythrée depuis 25 ans</title>
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		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Sep 2026 08:46:08 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[Vingt-cinq ans après leur arrestation, Dawit Isaak, Temesgen Ghebreyesus, Seyoum Tsehaye et Amanuel Asrat restent détenus au secret, sans jugement, et sans accès à leurs proches. À l’occasion de ce quart de siècle de détention arbitraire, Reporters sans frontières (RSF) et 133 journalistes emblématiques du monde entier appellent la communauté internationale à tout mettre en [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><b>Vingt-cinq ans après leur arrestation, Dawit Isaak, Temesgen Ghebreyesus, Seyoum Tsehaye et Amanuel Asrat restent détenus au secret, sans jugement, et sans accès à leurs proches. À l’occasion de ce quart de siècle de détention arbitraire, Reporters sans frontières (RSF) et 133 journalistes emblématiques du monde entier appellent la communauté internationale à tout mettre en oeuvre pour obtenir leur libération. </b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ils sont les journalistes détenus sans procès depuis le plus longtemps au monde. Le 23 septembre 2026 marque les 25 ans de la détention du journaliste suédo-érythréen </span><b>Dawit Isaak </b><span style="font-weight: 400;">et de ses confrères érythréens </span><b>Temesgen Ghebreyesus</b><span style="font-weight: 400;">, </span><b>Seyoum Tsehaye </b><span style="font-weight: 400;">et </span><b>Amanuel Asrat</b><span style="font-weight: 400;">. Ils ont été arrêtés en septembre 2001 dans la capitale, Asmara, lors d’une vague de répression des autorités érythréennes contre les voix critiques, dont celles de la presse indépendante. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Cofondateur et copropriétaire du journal indépendant </span><i><span style="font-weight: 400;">Setit</span></i><span style="font-weight: 400;">, Dawit Isaak avait notamment publié des articles appelant à des réformes démocratiques. En novembre 2005, il a été brièvement libéré, avant d’être de nouveau arrêté deux jours plus tard. Comme Dawit Isaak, Temesgen Ghebreyesus, Seyoum Tsehaye et Amanuel Asrat n’ont jamais été jugés. Depuis, aucune information n’a permis d’établir avec certitude leur lieu de détention ou leur état de santé. Interrogé en 2009 par la chaîne de télévision suédoise </span><i><span style="font-weight: 400;">TV4 </span></i><span style="font-weight: 400;">sur la situation de Dawit Isaak, le président du pays, Isaias Afwerki, avait répondu : <b>« </b></span><i><span style="font-weight: 400;">Je me fiche de l’endroit où il est ou de ce qu’il fait. Il a fait une grosse erreur <b>»</b></span></i><span style="font-weight: 400;">, sans fournir plus d’explications. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En décembre 2025, à l’issue de la première visite du gouvernement suédois depuis plus de 30 ans, la ministre des Affaires étrangères Maria Malmer Stenergard avait affirmé à l’</span><i><span style="font-weight: 400;">Agence France-Presse </span></i><span style="font-weight: 400;">(</span><i><span style="font-weight: 400;">AFP</span></i><span style="font-weight: 400;">) que le journaliste était en vie, selon l’ <b>« </b></span><i><span style="font-weight: 400;">évaluation <b>»</b> </span></i><span style="font-weight: 400;">du ministère. </span></p>
<blockquote><p><i><span style="font-weight: 400;"><b>« </b>La détention arbitraire depuis 25 ans de Dawit Isaak et de ses confrères Temesgen Ghebreyesus, Seyoum Tsehaye et Amanuel Asrat, est une tragédie qui n’a que trop duré. Détenus au secret pendant un quart de siècle, en dehors de tout cadre légal, ils subissent une violation grave et manifeste de leurs droits fondamentaux, qui est au coeur de la plainte pour crimes contre l’humanité, déposée par RSF en Suède en 2024, visant le président Isaias Afwerki et d’autres hauts responsables érythréens. Cette longue détention constitue aussi une entrave durable contre le droit des Érythréens à être informés. À l’occasion de ce triste anniversaire et à l’initiative de RSF, plus de 100 journalistes du monde entier lancent un appel à la communauté internationale pour obtenir leur libération et faire toute la lumière sur les circonstances de leur détention. Les responsables de ces actes doivent répondre de leurs responsabilités.<b>»</b><br />
</span></i><b>Jeanne Lagarde<br />
</b><b>Responsable plaidoyer du bureau Afrique subsaharienne de RSF </b></p></blockquote>
<h5><b>Une mobilisation internationale pour sa libération</b></h5>
<p><span style="color: #666666; font-size: 14px;">Depuis 2001, les appels à la libération se sont multipliés. En 2016, la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples a demandé aux autorités érythréennes de libérer le journaliste ou d&rsquo;organiser un procès rapide et équitable, et de lui verser des compensations.</span></p>
<p><b></b><span style="font-weight: 400;">Le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a par ailleurs été saisi par une coalition d’avocats et d’organisations, dont RSF, à l’initiative du Centre Raoul Wallenberg pour les droits de la personne. En mars 2023, les experts ont conclu que la détention prolongée de Dawit Isaak violait 19 articles du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et de la Déclaration universelle des droits de l&rsquo;homme, que le gouvernement a promis d&rsquo;honorer. Ils avaient alors appelé les autorités érythréennes à <b>« </b></span><i><span style="font-weight: 400;">libérer immédiatement et sans condition M. Isaak et lui accorder un droit exécutoire à une indemnisation et à d&rsquo;autres réparations, conformément au droit international <b>»</b></span></i><span style="font-weight: 400;">. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En septembre 2024, la section suédoise de RSF a déposé une plainte auprès du parquet suédois visant le président Isaias Afwerki et d’autres hauts responsables érythréens, pour des faits susceptibles de constituer des crimes contre l’humanité, sans obtenir l’ouverture d’une enquête. Une autre plainte de l’organisation avait été introduite dix ans plus tôt. La justice suédoise avait annoncé l’ouverture d’une enquête avant de se rétracter quelques semaines plus tard, estimant qu’au vu du refus prévisible de coopérer de la justice érythréenne, une investigation serait peine perdue. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L&rsquo;Érythrée demeure à la dernière place du Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2026, soit la 180e. C’est l’État qui a le plus souvent occupé ce rang depuis la création du Classement en 2002, devant la Corée du Nord. </span></p>
<h5><b>Appel mondial pour la libération de Dawit Isaak et ses confrères</b></h5>
<p><i style="color: #666666; font-size: 14px;">L&rsquo;appel en faveur de la libération de Dawit Isaak et de ses collègues a été signé par 133 journalistes de renom.</i></p>
<p><b></b><span style="font-weight: 400;">Le 23 septembre 2001, </span><b>Dawit Isaak </b><span style="font-weight: 400;">a été arrêté à Asmara avec trois de ses confrères, </span><b>Temesgen Ghebreyesus</b><span style="font-weight: 400;">, </span><b>Seyoum Tsehaye </b><span style="font-weight: 400;">et </span><b>Amanuel Asrat</b><span style="font-weight: 400;">, lors d’une vague de répression menée contre la presse indépendante érythréenne. Vingt-cinq ans plus tard, Dawit Isaak est toujours détenu au secret, sans avoir été jugé ni condamné. Son lieu de détention, comme les conditions dans lesquelles il est maintenu, restent inconnus. Nous n’avons même aucun signe de vie de nos confrères depuis des années. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Un quart de siècle de détention sans procès constitue une atteinte d&rsquo;une gravité exceptionnelle aux droits fondamentaux d&rsquo;un journaliste. C&rsquo;est aussi un avertissement adressé à tous ceux et celles qui, en Erythrée mais aussi partout dans le monde, s’efforcent d’exercer le métier d&rsquo;informer librement. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le sort de Dawit Isaak concerne l&rsquo;ensemble de la profession et, au-delà, tous les citoyens et citoyennes attachés au droit de savoir, de s&rsquo;exprimer et d&rsquo;accéder à une information indépendante. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">C&rsquo;est pourquoi, nous, journalistes et éditeurs de presse du monde entier, refusons que le silence et le temps finissent par rendre cette détention acceptable. Nous refusons que le silence des autorités érythréennes devienne une fatalité. Après 25 ans, l&rsquo;absence d&rsquo;informations sur leur sort et de mesures concrètes d’ampleur en faveur de leur libération, traduit certes l&rsquo;absence de volonté manifeste des autorités érythréennes de sortir du silence, mais aussi une trop grande indifférence de la communauté internationale. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le silence n’est plus une option. Mobilisons-nous pour Dawit Isaak et ses confrères Temesgen Ghebreyesus, Seyoum Tsehaye et Amanuel Asrat. Nous lançons cet appel à tous ceux et celles qui peuvent agir. </span></p>
<ul>
<li><b>Aux autorités érythréennes </b><span style="font-weight: 400;">: libérer immédiatement et sans condition Dawit Isaak et ses confrères, révéler leur lieu de détention et leur état de santé, et permettre à leurs familles ainsi qu’à des observateurs indépendants de leur rendre visite et d’obtenir des informations fiables sur leur situation. S’ils devaient faire l’objet de poursuites, garantir qu’ils soient jugés dans le cadre de procès équitables et qu’ils puissent pleinement exercer leurs droits à la défense. </span></li>
<li><b>Aux États africains et à l&rsquo;Union africaine </b><span style="font-weight: 400;">: faire de la libération de Dawit Isaak et de ses confrères une priorité de leur dialogue avec les autorités érythréennes et exiger la fin de la détention arbitraire des journalistes en Érythrée. </span></li>
<li><b>À la Commission africaine des droits de l&rsquo;homme et des peuples </b><span style="font-weight: 400;">: renforcer ses démarches auprès des autorités érythréennes et poursuivre le suivi de la situation de Dawit Isaak et des autres journalistes détenus arbitrairement dans le pays. </span></li>
<li><b>À la Suède</b><span style="font-weight: 400;">, dont Dawit Isaak est ressortissant : obtenir sa libération et faire de son cas une priorité diplomatique. </span></li>
<li><b>Aux Nations unies</b><span style="font-weight: 400;">, notamment au Conseil des droits de l&rsquo;homme et au Groupe de travail sur la détention arbitraire : maintenir la pression sur les autorités érythréennes et assurer un suivi effectif de la demande de libération immédiate de Dawit Isaak et de ses confrères. </span></li>
<li><b>À l&rsquo;Union européenne et à ses États membres</b><span style="font-weight: 400;">, ainsi qu&rsquo;à l&rsquo;ensemble des partenaires internationaux de l&rsquo;Érythrée : utiliser les leviers diplomatiques à disposition pour obtenir des autorités érythréennes des mesures concrètes en faveur de leur libération. </span></li>
<li><b>À tous les médias et organisations de défense de la liberté de la presse </b><span style="font-weight: 400;">: maintenir la mobilisation pour Dawit Isaak et pour tous les journalistes érythréens privés de liberté pour avoir simplement exercé leur métier. </span></li>
</ul>
<p><strong><a href="https://rsf-ch.ch/wp-content/uploads/2026/09/Journalistes-signataires-en-solidarite-avec-Dawit-Isaak_RSF-Suisse.pdf" target="_blank" rel="noopener">Vous trouverez ici la liste de tous les journalistes signataires à travers le monde.</a></strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>« The Propaganda Monitor » : comment la Chine de Xi Jinping réduit au silence le journalisme indépendant et exporte sa propagande</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/the-propaganda-monitor-comment-la-chine-de-xi-jinping-reduit-au-silence-le-journalisme-independant-et-exporte-sa-propagande/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Sep 2026 10:00:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[Reporters sans frontières (RSF) publie cette semaine un nouveau rapport détaillant les efforts déployés par le régime chinois pour imposer sa propagande dans l’espace médiatique mondial. Depuis 2013, le dirigeant chinois Xi Jinping s’efforce de promouvoir un « nouvel ordre mondial des médias » dans lequel les faits sont occultés au profit de la propagande [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><b>Reporters sans frontières (RSF) publie cette semaine un nouveau rapport détaillant les efforts déployés par le régime chinois pour imposer sa propagande dans l’espace médiatique mondial. Depuis 2013, le dirigeant chinois Xi Jinping s’efforce de promouvoir un « nouvel ordre mondial des médias » dans lequel les faits sont occultés au profit de la propagande et où la répression frappe quiconque rapportant des vérités qui déplaisent à son gouvernement. Le rapport détaille les nombreuses tactiques utilisées par Pékin, telles que le financement de médias étrangers, les accords de coopération médiatique, voire le harcèlement et les menaces envers des professionnels de l’information, afin de prendre le contrôle du discours mondial sur la Chine et d’éradiquer le journalisme indépendant qui lui demande des comptes.</b></p>
<p><a href="https://rsf.org/sites/default/files/medias/file/2026/09/Propaganda%20Monitor%20China%20-%20FR_ENG%20-%20digital.pdf" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Lire le rapport.</span></a></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ce rapport constitue le deuxième volet du </span><a href="https://rsf.org/fr/propaganda-monitor-0" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Propaganda Monitor</span></a><span style="font-weight: 400;">, un projet d’investigation mené par RSF pour mettre en lumière la géopolitique de la propagande. Après une première édition consacrée à la </span><a href="https://rsf.org/fr/propaganda-monitor-rsf-publie-son-rapport-sur-la-g%C3%A9opolitique-de-la-propagande-du-kremlin" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Russie</span></a><span style="font-weight: 400;">, ce deuxième rapport retrace l’appareil de propagande mondial du régime chinois et son expansion à travers les cinq continents.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les conclusions de cette édition sont alarmantes : aucun pays au monde n’est à l’abri de la propagande chinoise. Depuis l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping en 2013, le régime chinois ne s’est pas contenté de réduire au silence les médias sur son propre territoire. Il s’est également employé activement à exporter un « nouvel ordre mondial des médias » au-delà de ses frontières et à remplacer le journalisme par un modèle autoritaire de contrôle de l’information, dans lequel les médias n’ont d’autre fonction que de se faire les porte-parole de l’État.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le rapport détaille comment Pékin investit massivement dans l’expansion de la présence de ses médias d’État à l’étranger, en nouant des partenariats avec des médias de confiance dans les pays ciblés et en invitant des journalistes du monde entier à effectuer des voyages tous frais payés en Chine afin de promouvoir son discours. Ce système s’appuie sur une multitude d’acteurs, depuis le Département central de la propagande – qui contrôle le contenu des médias d’État, tels que </span><a href="https://rsf.org/fr/un-m%C3%A9gaphone-en-65-langues-comment-le-m%C3%A9dia-d-%C3%A9tat-chinois-cgtn-fa%C3%A7onne-les-r%C3%A9cits-de-p%C3%A9kin-dans-le" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">CGTN</span></a><span style="font-weight: 400;"> et Xinhua, présents dans 160 pays à travers le monde – jusqu’aux médias de la diaspora aux États-Unis, en Australie et en Nouvelle-Zélande. L’appareil de propagande chinois s’appuie sur des propagandistes inféodés aux intérêts de Pékin, tels qu’</span><a href="https://rsf.org/fr/chine-rsf-d%C3%A9nonce-une-campagne-de-cyberharc%C3%A8lement-amplifi%C3%A9e-par-la-campagne-de-discr%C3%A9dit-men%C3%A9e-par" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Andy Boreham</span></a><span style="font-weight: 400;">, du journal d’État Shanghai Daily, et « forme » les journalistes étrangers à reprendre telle quelle la propagande du régime. De plus, la répression exercée par Pékin contre le journalisme – qui fait de la Chine la</span><a href="https://rsf.org/fr/pays/chine" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;"> plus grande prison de professionnels de l’information au monde</span></a><span style="font-weight: 400;">, avec 120 personnes actuellement détenues – s’étend de plus en plus aux reporters à l’étranger, favorisant l’autocensure sur les reportages critiques à l’égard de la Chine.</span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">« La Chine tente d’établir ses propres normes et son propre modèle de « journalisme » – un modèle dans lequel les médias ne répondent qu’au régime et sont considérés comme un outil de propagande et de contrôle, et non comme un pilier indépendant de la démocratie. Ce qui est encore plus inquiétant, c’est que la Chine collabore étroitement avec d’autres régimes autoritaires, tels que la Russie de Poutine, afin de renforcer leur emprise sur l’espace informationnel mondial et de transformer le journalisme tel que nous le connaissons à l’échelle internationale. Nous espérons que ce rapport mettra davantage en lumière ces tactiques et dotera nos démocraties d’un bouclier pour protéger notre espace informationnel – avant qu’il ne soit trop tard. »<br />
</span><b>Anne Bocandé et Aleksandra Bielakowska<br />
</b><b>Directrice de la rédaction de RSF et responsable du plaidoyer de RSF pour l’Asie-Pacifique</b></p></blockquote>
<h5><b><br />
Les stratégies de la Chine pour exporter son modèle médiatique autoritaire</b></h5>
<p><b>1 – Accords de partage de contenu</b><span style="font-weight: 400;"> : les accords de partage de contenu entre les médias d’État chinois et des chaînes publiques étrangères ainsi que des médias locaux permettent à la propagande chinoise d’être republiée sous la forme d’un journalisme en apparence indépendant, comme on l’a observé en Allemagne. </span></p>
<p><b>2 – Exploitation des médias de la diaspora</b><span style="font-weight: 400;"> : les médias de la diaspora et les personnalités influentes qui retiennent l’attention des expatriés chinois sont recrutés pour amplifier la propagande chinoise – ou contraints à le faire – et doivent omettre délibérément les contenus qui ne correspondent pas aux intérêts du régime, comme on l’a observé aux États-Unis.</span></p>
<p><b>3 – Financement et matériel en échange de la censure </b><span style="font-weight: 400;">: des financements et du matériel professionnel sont fournis aux médias locaux en échange d’une ligne éditoriale conforme aux intérêts du régime chinois, y compris sur les sujets censurés, comme on l’observe aux Îles Salomon.</span></p>
<p><b>4 – Communication dans les langues locales </b><span style="font-weight: 400;">: on observe une recrudescence des services en langues étrangères proposés par les médias d’État chinois – tels que CGTN, qui diffuse dans 160 pays, dont la Turquie, la France et l’Afghanistan – afin de diffuser les discours de Pékin et de dissimuler les violations des droits de l’homme commises par la Chine.</span></p>
<p><b>5 – Pressions sur les médias étrangers par l’intermédiaire des ambassades </b><span style="font-weight: 400;">: des ambassades chinoises et leurs diplomates s’en sont pris aux médias indépendants et ont divulgué les données personnelles de journalistes enquêtant sur l’influence de Pékin, discréditant ainsi le travail de ces reporters dans le but de les intimider et de les réduire au silence, comme on l’a observé aux Philippines et au Danemark.</span></p>
<p><b>6 – Programmes de formation et sommets des médias</b><span style="font-weight: 400;"> : organisation de voyages entièrement pris en charge et de programmes de « formation », ainsi que de sommets des médias destinés aux journalistes, afin de saper les principes journalistiques fondamentaux et de promouvoir la propagande et les discours chinois, comme on l’a observé en Argentine et aux Fidji.</span></p>
<p><b>7 – Répression transnationale</b><span style="font-weight: 400;"> : Non seulement la Chine détient 120 journalistes sur son territoire, mais elle cible également les médias indépendants et ceux de la diaspora à travers le monde, y compris les journalistes ouïghours et hongkongais basés aux États-Unis et au Royaume-Uni.</span></p>
<p><b>8 – Propagandistes et influenceurs </b><span style="font-weight: 400;">: les institutions chinoises liées à l’État organisent de plus en plus de voyages sponsorisés pour des YouTubers et des créateurs TikTok étrangers, tandis que les médias d’État mettent en place des programmes destinés aux influenceurs afin de diffuser leur propagande et de toucher un public plus large et plus jeune, comme on l’a observé en Allemagne, au Nigeria et en Nouvelle-Zélande.</span></p>
<p><b>9 – Investissements et publicité </b><span style="font-weight: 400;">: la Chine investit massivement dans la publicité dans les médias et sur les réseaux sociaux. À Taïwan, la société chinoise Wubianjie a</span><a href="https://rsf.org/fr/how-chinese-marketing-network-quietly-injects-political-narratives-taiwanese-lifestyle-content" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;"> investi </span></a><span style="font-weight: 400;">massivement dans la promotion de contenus de désinformation au sein de groupes Facebook consacrés à l’art de vivre et sur des comptes Threads, en particulier lors de périodes politiquement sensibles et instables. En Afrique du Sud, un média dans lequel deux investisseurs liés à l’État chinois détiennent une participation de 20 % a annulé la chronique d’un journaliste après que celui-ci eut écrit sur la persécution des Ouïghours en Chine.</span></p>
<p><b>10 – Amplification de la propagande partageant les mêmes idées </b><span style="font-weight: 400;">: les médias d’État chinois, tels que CGTN, amplifient les contenus provenant de médias d’État russes comme Sputnik et RT, diffusant notamment leur propagande concernant l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie.</span></p>
<p><strong>Tous les articles du Propaganda Monitor, issus des éditions chinoise et russe, sont disponibles sur le <a href="https://rsf.org/fr/propagandamonitor" target="_blank" rel="noopener">mini-site </a>du projet. Ces rapports continuent d’être publiés régulièrement sur la base des enquêtes de RSF.</strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La Chine se classe 178e sur 180 pays et territoires dans le</span><a href="https://rsf.org/index" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;"> Classement mondial de la liberté de la presse 2026 de RSF</span></a><span style="font-weight: 400;">.</span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Quatre ans après le mouvement « Femme, vie, liberté » en Iran, le régime prépare une nouvelle offensive contre la presse</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/quatre-ans-apres-le-mouvement-femme-vie-liberte-en-iran-le-regime-prepare-une-nouvelle-offensive-contre-la-presse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Sep 2026 07:36:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
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					<description><![CDATA[La très lourde peine de 15 ans de prison infligée à la journaliste indépendante Yalda Moaiery, en août dernier, marque un nouvel épisode de l&#8217;escalade dans l’offensive contre la liberté de la presse en Iran. Quatre ans après le mouvement « Femme, vie, liberté » et la terrible répression du journalisme qui s’ensuivit, le régime [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><b>La très lourde peine de 15 ans de prison infligée à la journaliste indépendante Yalda Moaiery, en août dernier, marque un nouvel épisode de l&rsquo;escalade dans l’offensive contre la liberté de la presse en Iran. Quatre ans après le mouvement « Femme, vie, liberté » et la terrible répression du journalisme qui s’ensuivit, le régime est en passe d’approuver une nouvelle loi liberticide. Reporters sans frontières (RSF) appelle le Conseil des gardiens de la constitution à abandonner ce texte qui s’attaque tant aux sources qu’aux journalistes en Iran, où au moins 19 professionnels de l’information sont actuellement détenus. </b></p>
<p><b>Yalda Moaiery</b><span style="font-weight: 400;"> n&rsquo;a jamais reçu sa convocation au tribunal. Les autorités l&rsquo;avaient envoyée en août par SMS à un numéro qu&rsquo;elles avaient elles-mêmes bloqué, selon la journaliste. Rien de surprenant en Iran, pays classé 177e sur 180 dans le Classement mondial de la liberté de la presse de RSF. Depuis décembre, régulièrement, </span><a href="https://rsf.org/fr/guerre-en-iran-acc%C3%A8s-restreint-%C3%A0-l-information-reporters-sous-les-bombes-le-journalisme-face-%C3%A0-la" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">le régime coupe l’accès à Internet, bloque les cartes SIM des journalistes et leur interdit de communiquer avec des médias à l’étranger</span></a><span style="font-weight: 400;"> sous peine d&rsquo;être accusés d&rsquo;espionnage.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">C’est ainsi que Yalda Moaiery, photojournaliste indépendante qui couvre l’Iran et la région depuis 20 ans pour plusieurs médias internationaux &#8211; dont le quotidien français Le Monde, le magazine américain Time, et le quotidien espagnol El Pais &#8211;  s’est trouvée, ce 8 août, condamnée par contumace à 15 ans de prison pour avoir photographié l’offensive américano-israélienne en début d’année. « J&rsquo;ai pu me défendre lors d’une nouvelle audience au tribunal [le 1er septembre], mais le jury ne semblait pas m&rsquo;écouter, » confie-t-elle à RSF depuis l’Iran, où le pouvoir judiciaire relève de l&rsquo;autorité du Guide suprême.« La République islamique ne peut tolérer des journalistes qui travaillent librement », résume-t-elle. Accusée d’avoir « collaboré avec des médias étrangers dans le but de renforcer le régime sioniste et les États-Unis », la journaliste a vu sa peine confirmée le 1er septembre et attend son procès en appel.</span></p>
<h5><b>Une nouvelle loi en toile de fond </b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">Cette lourde peine de 15 ans de prison s’inscrit dans une répression accrue du journalisme, qui s&rsquo;intensifie depuis le déclenchement du mouvement « Femme, vie, liberté » en 2022. Et cette répression pourrait encore s’intensifier avec une  loi draconienne, actuellement en chantier. « Participer à des entretiens avec des médias ou des professionnels des médias qualifiés d&rsquo;hostiles par le ministère du Renseignement [&#8230;] est interdit », peut-on lire, par exemple, dans l’article 22 de ce « plan de lutte contre l&rsquo;influence étrangère ». </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ce projet de loi vient en fait donner un vernis légal à des restrictions qui avaient déjà cours qui se sont généralisées depuis la guerre de mars 2026 entre l’Iran et la coalition israélo-américaine : en effet, ces communications étaient déjà criminalisées dans la pratique. Il vient également élargir la définition de l&rsquo;« espionnage », et ainsi permettre d’incriminer sans difficulté les journalistes, ainsi que leurs sources. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les dispositions de cette nouvelle loi, approuvée par le Parlement le 16 août dernier, doivent encore être débattues par le Conseil des gardiens de la constitution avant d’entrer en vigueur. Aucune date n&rsquo;a été fixée pour cette ultime décision.</span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">« La peine de prison scandaleuse infligée à Yalda Moaiery, qui doit être immédiatement annulée, est une continuation d’une repression d’État qui ne fait que s’intensifier depuis le déclenchement du mouvement Femme, vie, liberté en 2022, avec la détention de plus de 100 journalistes qui le couvraient, parmi lesquels 19 croupissent encore en prison. Mais la peine inédite de Yalda Moaery, si elle est confirmée en appel, ne sera qu&rsquo;un avant-goût de ce qui attend les journalistes et leurs sources une fois la nouvelle loi adoptée. Cette nouvelle législation visant à faciliter les arrestations et renforcer l’autocensure, ne sert qu’à légitimer la répression illégale d’une dictature, et doit impérativement être rejetée. Les journalistes doivent être libérés, et la République islamique doit cesser d’instrumentaliser la sécurité nationale pour étouffer son peuple et ses journalistes. »<br />
</span><b>Jonathan Dagher<br />
</b><b>Responsable du bureau Moyen-Orient de RSF</b></p></blockquote>
<h5><b>Une loi qui criminalise toute collaboration avec des médias étrangers</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">Ce nouveau projet de loi dépasse les textes législatifs préexistants qui </span><a href="https://rsf.org/fr/r%C3%A9pression-en-iran-recrudescence-des-arrestations-de-journalistes-qui-ont-couvert-les" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">sanctionnaient</span></a><span style="font-weight: 400;"> la propagande contre l&rsquo;État ou la collaboration avec un État hostile, en criminalisant explicitement le fait de s&rsquo;exprimer dans des médias « liés aux États-Unis ou à Israël ».  Les ressortissants iraniens seraient également dans l&rsquo;obligation de demander une autorisation pour répondre à toute demande d&rsquo;entretien d&rsquo;un média étranger, même lorsque celui-ci n’est pas lié à l’un de ces deux pays ennemis de la République islamique. « Au lieu de définir précisément l’espionnage, [la loi] recourt à des notions extrêmement larges telles que la ‘collaboration’ », explique l’avocat iranien Mousa Barzin, exilé en Turquie. « Ce ne sont pas seulement les journalistes qui sont concernés : tout employé, médecin, infirmier, avocat ou autre citoyen susceptible de constituer une source d’information risque, par crainte de sanctions, de garder le silence. »</span></p>
<h5><b>Dix-neuf journalistes détenus, et les condamnations continuent </b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">Depuis la répression d’ampleur des journalistes qui couvraient le mouvement « Femme, vie, liberté » en 2022, plus de 100 professionnels des médias ont été détenus en raison de leur travail, dont 19 sont encore en prison.  D’autres font  face à des procédures judiciaires inextricables. Le journaliste </span><b>Mehdi Mahmoudian</b><span style="font-weight: 400;">, </span><a href="https://rsf.org/fr/r%C3%A9pression-en-iran-recrudescence-des-arrestations-de-journalistes-qui-ont-couvert-les" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">arrêté le 31 janvier</span></a><span style="font-weight: 400;"> a été condamné, le 13 août, à huit mois de prison pour « propagande contre le régime » pour avoir simplement couvert les circonstances de la guerre sur ses réseaux sociaux. Son confrère, le blogueur </span><a href="https://rsf.org/fr/iran-soheil-arabi-lib%C3%A9r%C3%A9-apr%C3%A8s-huit-ans-de-prison-mais-condamn%C3%A9-%C3%A0-l-exil" target="_blank" rel="noopener"><b>Soheil Arabi</b></a><span style="font-weight: 400;">, </span><a href="https://rsf.org/fr/le-journaliste-polonais-tomasz-piatek-le-photographe-iranien-soheil-arabi-et-le-m%C3%A9dia-turc" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">lauréat 2017 </span></a><span style="font-weight: 400;">du prix RSF dans la catégorie « journaliste-citoyen », a lui été condamné, trois jours plus tard, à cinq ans de prison pour « association et collusion en vue de commettre un crime contre la sécurité nationale ». D’autres condamnés sont en </span><a href="https://rsf.org/fr/iran-narges-mohammadi-entre-la-vie-et-la-mort-l-urgence-d-agir" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">liberté conditionnelle</span></a><span style="font-weight: 400;"> mais risquent à tout moment de retrouver leur geôle. Parmi ceux-là, </span><b>Narges Mohammadi</b><span style="font-weight: 400;">, la journaliste iranienne, écrivaine et lauréate du prix Nobel de la paix en 2023, actuellement en liberté pour raison médicale, mais régulièrement harcelée par les autorités et menacée d&#8217;emprisonnement.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les mesures de répression en Iran s’inscrivent dans une tendance mondiale d’instrumentaliser la sécurité nationale pour réprimer la liberté de la presse et resserrer l’étau sur le droit à l’information, comme le </span><a href="https://rsf.org/fr/quand-la-s%C3%A9curit%C3%A9-nationale-devient-une-arme-contre-le-journalisme-le-nouveau-rapport-de-rsf" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">révèle un rapport de RSF</span></a><span style="font-weight: 400;">. Depuis le début de la guerre en Iran en Mars 2026, et ses répercussions dans le Golfe, </span><a href="https://rsf.org/fr/la-guerre-censur%C3%A9e-la-r%C3%A9pression-s-intensifie-contre-les-journalistes-du-golfe-%C3%A0-la-jordanie" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">plusieurs régimes de la zone</span></a><span style="font-weight: 400;"> ont instauré des mesures liberticides pour empêcher la couverture du conflit. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Regardez le témoignage de Yalda Moaiery </span><a href="https://www.youtube.com/shorts/wR9qHihINU0" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">ici.</span></a></p>
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		<title>La protection des sources en danger: une large coalition du secteur des médias appelle au rejet des propositions soumises au Parlement</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/la-protection-des-sources-en-danger-une-large-coalition-du-secteur-des-medias-appelle-au-rejet-des-propositions-soumises-au-parlement/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Sep 2026 08:00:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
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		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[La protection des sources journalistiques risque d’être considérablement affaiblie. Le Conseil des États se prononcera le 24 septembre sur la motion 26.4051 et le postulat 26.4052 de sa Commission des affaires juridiques (CAJ-E). Si celles-ci sont adoptées, les sources des journalistes verront s&#8217;affaiblir la protection de leur identité. Une condition essentielle au journalisme d’investigation et [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><b>La protection des sources journalistiques risque d’être considérablement affaiblie. Le Conseil des États se prononcera le 24 septembre sur la <a href="https://www.parlament.ch/fr/ratsbetrieb/suche-curia-vista/geschaeft?AffairId=20264051" target="_blank" rel="noopener">motion 26.4051</a> et le postulat <a href="https://www.parlament.ch/fr/ratsbetrieb/suche-curia-vista/geschaeft?AffairId=20264052">26.4052</a> de sa Commission des affaires juridiques (CAJ-E). Si celles-ci sont adoptées, les sources des journalistes verront s&rsquo;affaiblir la protection de leur identité. Une condition essentielle au journalisme d’investigation et à la fonction de contrôle des médias serait ainsi remise en cause. Une large alliance constituée au sein du secteur des médias demande dès lors le rejet de ces deux interventions.</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Une protection fiable des sources est une condition indispensable pour que les lanceuses et lanceurs d’alerte signalent des irrégularités aux médias. Le simple fait de ne pas savoir si leur identité restera secrète peut les dissuader de s’adresser à une rédaction. Ce « chilling effect » a pour conséquence que des informations d’intérêt public ne sont tout simplement pas rendues publiques.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Or, la protection des sources n’est déjà pas absolue aujourd’hui. Le droit en vigueur prévoit une liste  d’exceptions. Une restriction supplémentaire n’est donc ni nécessaire ni suffisamment justifiée. Ce sont précisément les informations provenant des autorités ou des entreprises qui peuvent s’avérer décisives pour mettre au jour des irrégularités présentant un intérêt public considérable.</span></p>
<h5><b>Ce postulat met également en péril la protection des sources</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">Ce n’est pas seulement la motion qui pose problème. Le postulat remet également en question un principe fondamental : les sources pourraient être moins protégées par des droits garantis en amont dans le cadre de la procédure pénale et davantage par des motifs justificatifs a posteriori.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La différence est cruciale : la protection des sources telle qu’elle existe aujourd’hui vise à empêcher qu’une source ne soit dévoilée. Dans le modèle envisagé, celle-ci pourrait d’abord être découverte et identifiée. Ce n’est qu’ensuite qu’elle pourrait se défendre contre une sanction. Une fois qu’une source a été dévoilée, il est impossible de revenir en arrière. Cette perspective à elle seule peut dissuader des sources de transmettre des informations aux médias.</span></p>
<h5><b>Les rédactions modernes ont besoin d&rsquo;une protection complète</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">La limitation proposée de la protection à un cercle étroit de personnes concernées est également éloignée de la réalité pratique. Les rédactions modernes fonctionnent selon le principe de division du travail. Outre les journalistes, les rédactions en chef, les services juridiques, le service informatique, la production ou les analystes de données peuvent, par exemple, être amenés à avoir accès à des informations confidentielles révélées par des sources. Une délimitation plus stricte du cercle des personnes protégées engendre l&rsquo;insécurité juridique et augmente le risque que la protection des sources soit vidée de sa substance parce que des collaborateurs non protégés seraient contraints de renseigner la justice. La protection des médias contre les persquisitions doit donc également rester neutre sur le plan géographique et technologique, que les informations se trouvent dans une rédaction, auprès d&rsquo;une source, dans un cloud ou chez un prestataire de services.</span></p>
<h5><b>Une large alliance contre l&rsquo;affaiblissement de la protection des sources</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">Une large alliance issue du secteur des médias s&rsquo;est constituée ad hoc pour s&rsquo;opposer à ces deux interventions. Elle regroupe des associations de médias de toutes les régions linguistiques, des syndicats, des organisations de journalistes ainsi que de nombreux autres acteurs du secteur des médias de différentes tendances politiques. Ensemble, ils demandent au Conseil des États de rejeter la motion et le postulat.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le débat politique a notamment été déclenché par des fuites liées à la pandémie de Covid. L’examen de ces cas particuliers ne doit pas conduire à affaiblir la protection des sources dans son ensemble et par conséquent l’un des fondements du travail journalistique. En assouplissant la protection des sources, on risque que les dysfonctionnements restent à l’avenir dissimulés.</span></p>
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		<title>Allemagne : RSF se prépare dès à présent à d’éventuels recours juridiques en réponse aux projets de l’AfD pour l’audiovisuel en Saxe-Anhalt</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/allemagne-rsf-se-prepare-des-a-present-a-deventuels-recours-juridiques-en-reponse-aux-projets-de-lafd-pour-laudiovisuel-en-saxe-anhalt/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Sep 2026 13:18:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
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					<description><![CDATA[Reporters sans frontières (RSF) se prépare à engager d&#8217;éventuelles actions en justice contre tout affaiblissement du régime pluraliste de radiodiffusion en Saxe-Anhalt. Cette décision fait suite aux annonces de l&#8217;AfD, qui a déclaré qu&#8217;en cas d&#8217;arrivée au pouvoir, elle résilierait les accords interétatiques relatifs à la radiodiffusion et procéderait à une refonte en profondeur de [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><b>Reporters sans frontières (RSF) se prépare à engager d&rsquo;éventuelles actions en justice contre tout affaiblissement du régime pluraliste de radiodiffusion en Saxe-Anhalt. Cette décision fait suite aux annonces de l&rsquo;AfD, qui a déclaré qu&rsquo;en cas d&rsquo;arrivée au pouvoir, elle résilierait les accords interétatiques relatifs à la radiodiffusion et procéderait à une refonte en profondeur de la radiodiffusion publique.</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">« Nous prenons au sérieux les annonces de l’AfD et nous nous préparons donc dès à présent à d’éventuelles ingérences de l’État dans la réglementation de l’audiovisuel », déclare Christian Mihr, directeur général de Reporters sans frontières. « Si un futur gouvernement régional venait à dénoncer les accords interétatiques sur l’audiovisuel et s’il s’avérait que la réglementation de l’audiovisuel qui en résulterait ne permettait plus une formation d’opinion libre et complète, nous engagerions les démarches juridiques qui s’imposent. »</span></p>
<h5><b>Conséquences d&rsquo;un retrait du service public audiovisuel en Saxe-Anhalt</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">Dans son programme gouvernemental, l&rsquo;AfD de Saxe-Anhalt annonce : « Les accords interétatiques sur la radiodiffusion seront résiliés dès la prise de fonction, afin de créer une véritable dynamique de réforme ! »</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le fondement juridique de la radiodiffusion publique (ÖRR) en Allemagne repose sur les lois des Länder et sur les traités interétatiques conclus par ceux-ci &#8211; notamment le Traité interétatique sur les médias (MStV), le Traité interétatique sur le financement de la radiodiffusion (RFinStV) et le Traité interétatique sur la redevance audiovisuelle (RBStV). Pour mettre en œuvre ses projets politiques, l&rsquo;AfD en Saxe-Anhalt devrait dénoncer tous les accords interétatiques qui servent de fondement juridique au régime de la radiodiffusion. Cela inclut impérativement le MStV, qui définit la mission de service public, et le RFinStV, qui fixe le montant de la redevance. Pour une réforme complète en Saxe-Anhalt, il faudrait en outre décider de la résiliation du traité d’État relatif au MDR (l&rsquo;accord juridique qui régit le fonctionnement, l&rsquo;organisation et le financement du diffuseur public de radio et de télévision pour les États régionaux allemands de Saxe, Saxe-Anhalt et Thuringe.), ce qui entraînerait le retrait du Land de l’organisme interrégional commun.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La simple résiliation des accords interétatiques sur la radiodiffusion ne mettrait pas fin du jour au lendemain aux activités du  MDR : en raison d’un préavis de deux ans prévu dans l’accord interétatique relatif au MDR, la Saxe-Anhalt resterait dans un premier temps membre à part entière de l’organisme de radiodiffusion. Toutefois, si le Land ne met pas en place de nouvelle réglementation d’ici là &#8211; que ce soit par une réforme du contrat d’État en collaboration avec la Saxe et la Thuringe ou par une réforme de la législation régionale sur les médias -, cela serait inconstitutionnel. En effet, la réglementation régionale en matière de radiodiffusion doit impérativement garantir les principes structurels exigés par la Cour constitutionnelle fédérale : le principe de diversité, le principe d’indépendance vis-à-vis de l’État, ainsi qu’une couverture médiatique équilibrée et objective sur le fond.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Au cas où il s&rsquo;avérerait que ces principes ne soient pas respectés, RSF se réserve le droit d&rsquo;engager des poursuites judiciaires. En effet, les citoyens de Saxe-Anhalt doivent pouvoir continuer à s&rsquo;informer de manière exhaustive et libre à partir de sources d&rsquo;information fiables ; ce droit est protégé par leur liberté d&rsquo;information garantie par la Constitution.</span></p>
<h5><b>Une offensive systématique contre le système médiatique pluraliste et indépendant</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">Derrière les revendications de l&rsquo;AfD en matière de politique des médias se cache une démarche systématique qui va bien au-delà de la simple critique de l&rsquo;audiovisuel public et vise à ébranler les fondements d&rsquo;un système médiatique pluraliste et indépendant.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Alors que l’audiovisuel public est instrumentalisé comme une cible principale &#8211; le chef de file de la liste électorale de Saxe-Anhalt, Ulrich Siegmund, accuse par exemple de manière générale l’audiovisuel public sur TikTok de « manipuler » les citoyens -, la délégitimation d’une information libre ne s’arrête pas aux médias publics. Des médias établis tels que le Spiegel, la Süddeutsche Zeitung ou Die Zeit sont systématiquement diffamés à l’aide de termes polémiques tels que « presse du cartel », « médias du système » ou « presse mensongère ». Le cas de la station locale à but non lucratif Radio Corax, à Halle, illustre à quel point ce programme menace leur survie au niveau local. Sous le titre explicite « Couper les vivres à Radio Corax ! », le parti fustige, dans son programme de gouvernement, la station en la qualifiant d’« Antifa-News » qui se revendiquerait comme une « organisation terroriste anti-allemande ». Ses contenus offriraient une tribune au « fanatisme de gauche », à l’« idéologie arc-en-ciel perverse » et au « genderisme ». Il exige que toute subvention accordée à la station par l’Autorité régionale des médias lui soit retirée et que toutes les radios libres fassent l’objet d’un contrôle.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Derrière l’appel apparent de l’AfD en faveur de la liberté d’expression &#8211; formulé concrètement dans le programme gouvernemental de Saxe-Anhalt comme suit : « Les médias doivent à nouveau refléter l’ensemble du spectre des opinions » &#8211; se cache une tentative de restreindre la liberté d’expression. Alice Weidel a déjà clairement indiqué dès 2018 à quel point le parti entendait remplacer systématiquement la couverture médiatique des médias indépendants par ses propres messages : « Notre objectif ambitieux à long terme est que les Allemands finissent par regarder l’AfD plutôt que l’ARD » (le grand groupe audiovisuel public allemand). Cette stratégie s’accompagne d’une demande de révision du Digital Services Act (DSA). Les discours sur la censure, diffusés de manière ciblée dans ce contexte, déforment l’objectif réel de la réglementation numérique de l’État : garantir un espace numérique démocratique, exempt de haine et d’incitation à la haine, dans lequel les citoyens peuvent trouver des informations fiables.</span></p>
<h5><b>Les expériences internationales incitent à la prudence</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">Au niveau européen, RSF constate depuis des années que les </span><a href="https://rsf.org/en/rsf-publishes-new-report-protect-europe-s-public-media" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">médias de service public</span></a><span style="font-weight: 400;"> figurent parmi les premières cibles des gouvernements qui cherchent à affaiblir le journalisme indépendant. Souvent, on assiste d’abord à une politisation des instances de contrôle, au remplacement des directions, à l’affaiblissement des bases de financement ou à une modification des missions de service public, de telle sorte que l’indépendance éditoriale et la diversité des médias sont compromises.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La Hongrie a montré jusqu’où une telle restructuration peut aller : sous le Premier ministre Viktor Orbán, les chaînes de service public, auparavant autonomes, ont été centralisées au sein de la holding médiatique d’État MTVA et transformées en instruments de propagande du gouvernement. Les instances de contrôle étaient elles aussi sous l’influence du gouvernement. Parallèlement, les médias privés indépendants ont été affaiblis par l’attribution sélective de la publicité publique, des retraits de licence, des rachats par des oligarques proches du Fidesz et des campagnes de diffamation. Au final, les acteurs proches du gouvernement contrôlaient environ 80 % du paysage médiatique hongrois.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En Slovaquie, l&rsquo;audiovisuel public subit une érosion calquée sur le modèle hongrois. En juin 2024, le gouvernement du Premier ministre Robert Fico a dissous la chaîne publique RTVS dans le cadre d&rsquo;une procédure d&rsquo;urgence et l&rsquo;a remplacée par STVR. Il s&rsquo;est ainsi ouvert de nouvelles possibilités d&rsquo;exercer une influence sur la direction et l&rsquo;orientation éditoriale. Parallèlement, le financement a été réduit d’environ 30 % ; les professionnels des médias critiques ont été licenciés et la liberté éditoriale a été restreinte. </span><a href="https://rsf.org/en/slovakia-rsf-and-partners-concerned-about-cracks-independent-oversight-public-broadcaster" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">En août 2026, RSF</span></a><span style="font-weight: 400;">, en collaboration avec des organisations partenaires slovaques, a également mis en garde contre des violations systématiques des principes d’impartialité et de pluralisme d’opinion, pourtant prescrits par la loi, dans les journaux télévisés de la STVR.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les exemples européens montrent à quelle vitesse des prétendues réformes des médias peuvent se transformer en contrôle politique. L&rsquo;Allemagne n&rsquo;est pas à l&rsquo;abri de telles évolutions.</span> <span style="font-weight: 400;">Le système audiovisuel allemand étant organisé selon un modèle fédéral, les Länder assument une responsabilité particulière : ils doivent protéger la diversité des médias, leur indépendance vis-à-vis de l&rsquo;État et le droit des citoyen·ne·s à une information libre. C&rsquo;est pourquoi RSF examinera de près toute tentative visant à saper le pluralisme du système audiovisuel en Saxe-Anhalt.</span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
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		<title>Malte : RSF s’indigne d’un acquittement dans l’affaire de la journaliste Daphne Caruana Galizia</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/malte-rsf-sindigne-dun-acquittement-dans-laffaire-de-la-journaliste-daphne-caruana-galizia/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Sep 2026 14:03:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
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					<description><![CDATA[Le 2 septembre, le tribunal pénal de La Valette a déclaré l’homme d’affaires maltais Yorgen Fenech, lié à la fois à la mafia et à des responsables politiques, non coupable de « complicité » et d’ « association de malfaiteurs » dans l’affaire de l’assassinat de la journaliste d’investigation Daphne Caruana Galizia. Indignée par l’absence [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le 2 septembre, le tribunal pénal de La Valette a déclaré l’homme d’affaires maltais Yorgen Fenech, lié à la fois à la mafia et à des responsables politiques, non coupable de « complicité » et d’ « association de malfaiteurs » dans l’affaire de l’assassinat de la journaliste d’investigation Daphne Caruana Galizia. Indignée par l’absence de justice pleine et entière près d’une décennie après le crime, Reporters sans frontières (RSF) exige que le gouvernement prenne des mesures pour protéger les journalistes et la liberté de la presse.</strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Près de neuf ans après que la journaliste d’investigation Daphne Caruana Galizia a été tuée par une bombe placée dans sa voiture, le jury du tribunal pénal de La Valette, la capitale maltaise, a acquitté l’homme d’affaires Yorgen Fenech. Après deux mois de procès et huit heures de délibération, l’homme accusé d’avoir ordonné l’assassinat a été déclaré non coupable des deux chefs d’accusation qui pesaient contre lui : complicité et association de malfaiteurs dans l’assassinat de la journaliste.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Huit jurés sur neuf ont voté « non coupable » pour les deux chefs d’accusation alors que six voix étaient nécessaires pour le condamner. Le procès, auquel RSF a </span><a href="https://rsf.org/fr/malte-l-ouverture-du-proc%C3%A8s-du-commanditaire-pr%C3%A9sum%C3%A9-de-l-assassinat-de-journaliste-daphne-caruana" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">assisté</span></a><span style="font-weight: 400;">, avait démarré le 1er juillet.</span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">« Nous sommes plus qu’indignés. Ce verdict signifie que près de neuf ans après l’assassinat de Daphne Caruana Galizia, les autorités maltaises n’ont toujours pas identifié ni condamné le commanditaire. Nous sommes solidaires de la famille de la journaliste, qui a d’abord souffert de la perte de Daphne, puis s’est battue avec acharnement pour obtenir justice, pour finalement apprendre que l’homme accusé d’avoir ordonné l’assassinat est déclaré non coupable. La justice doit être pleinement rendue et les autorités maltaises doivent mettre en œuvre les mesures attendues depuis trop longtemps pour rendre justice à Daphne et sa famille, et protéger les journalistes, in fine la liberté de la presse. L’absence de ces mesures a contribué à l’assassinat de Daphne Caruana Galizia, comme l’a conclu l’enquête publique sur ce crime il y a cinq ans. »<br />
</span><b>Pavol Szalai<br />
</b><b>Directeur du bureau de Prague de RSF</b></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">La journaliste a été assassinée le 16 octobre 2017 lorsque sa voiture qui avait été piégée a explosé près de son domicile, dans la ville de Bidnija, située dans le nord de l’île. Selon le </span><a href="https://timesofmalta.com/article/live-trial-yorgen-fenech-enters-day-29.1132252" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">témoignage devant le tribunal</span></a><span style="font-weight: 400;"> de son fils, le journaliste Matthew Caruana Galizia, Daphne Caruana Galizia avait consacré ses derniers jours à leur enquête commune sur des allégations de corruption dans le cadre du projet ElectroGas, portant sur la construction d’une centrale électrique alimentée au gaz naturel.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le parquet a accusé Yorgen Fenech, l’un des principaux actionnaires d’ElectroGas et homme d’affaires lié à la fois à la mafia et à des responsables politiques, d’avoir ordonné l’assassinat de Daphne Caruana Galizia, sur la base de preuves et du récit du témoin-clé Melvin Theuma, qui a avoué avoir joué le rôle d’intermédiaire dans cet assassinat.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Cinq hommes ont été condamnés après que Melvin Theuma a bénéficié d’une grâce en 2019 en échange d’informations sur l’assassinat. En 2022, la Cour pénale de Malte a </span><a href="https://rsf.org/fr/malte-la-soci%C3%A9t%C3%A9-civile-d%C3%A9nonce-le-manque-dambition-et-de-transparence-du-gouvernement-dans-les" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">reconnu</span></a><span style="font-weight: 400;"> les frères Alfred et George Degiorgio coupables d’avoir installé et fait exploser la bombe dans le véhicule de Daphne Caruana Galizia. Le troisième accusé, Vincent Muscat, qui avait plaidé coupable dans sa participation à l’assassinat, a </span><a href="https://rsf.org/fr/malte-une-premi%C3%A8re-condamnation-et-un-d%C3%A9but-de-justice-pour-daphne-caruana-galizia" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">négocié</span></a><span style="font-weight: 400;"> une réduction de peine en 2021 en échange de son témoignage, qui a contribué à la </span><a href="https://rsf.org/fr/malte-une-premi%C3%A8re-condamnation-et-un-d%C3%A9but-de-justice-pour-daphne-caruana-galizia" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">condamnation</span></a><span style="font-weight: 400;">, en 2025, de Robert Agius et Jamie Vella pour avoir fourni les explosifs.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L’enquête publique sur l’assassinat de Daphne Caruana Galizia, pour laquelle le témoignage de RSF avait été </span><a href="https://rsf.org/fr/rsf-est-appel%C3%A9e-%C3%A0-t%C3%A9moigner-dans-l-enqu%C3%AAte-publique-sur-l-assassinat-de-daphne-caruana-galizia-dont" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">pris en compte</span></a><span style="font-weight: 400;">, a </span><a href="https://rsf.org/fr/l-%C3%A9tat-maltais-doit-reconna%C3%AEtre-sa-responsabilit%C3%A9-dans-l-assassinat-de-daphne-caruana-galizia" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">conclu</span></a><span style="font-weight: 400;"> dans son rapport de 2021 que l’État devait « assumer la responsabilité » de ce crime. Les autorités maltaises ont toutefois systématiquement </span><a href="https://cpj.org/2026/04/cpj-partners-urge-malta-to-take-action-on-media-reforms/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">manqué à leur devoir</span></a><span style="font-weight: 400;"> de mettre en œuvre la plupart des recommandations du rapport.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Malte est située 67e sur 180 pays et territoires dans le </span><a href="https://rsf.org/classement" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Classement mondial de la liberté de la presse 2026</span></a><span style="font-weight: 400;"> de RSF, ce qui la place au cinquième rang des pires performances parmi les 27 États membres de l’Union européenne.</span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Mexique : Ricardo Zuniga Rosas, huitième journaliste assassiné cette année, avait publiquement dénoncé des menaces liées à son travail</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/mexique-ricardo-zuniga-rosas-huitieme-journaliste-assassine-cette-annee-avait-publiquement-denonce-des-menaces-liees-a-son-travail/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Sep 2026 08:00:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[Le photographe et journaliste local Ricardo Zuniga Rosas a été assassiné le 29 août à l’âge de 35 ans, dans la municipalité de Tehuitzingo, dans l’État de Puebla. En mai, il avait dénoncé publiquement des menaces liées à son travail journalistique. Il est le deuxième journaliste assassiné à Puebla en moins de deux mois. Reporters [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><b>Le photographe et journaliste local Ricardo Zuniga Rosas a été assassiné le 29 août à l’âge de 35 ans, dans la municipalité de Tehuitzingo, dans l’État de Puebla. En mai, il avait dénoncé publiquement des menaces liées à son travail journalistique. Il est le deuxième journaliste assassiné à Puebla en moins de deux mois. Reporters sans frontières (RSF) condamne ce meurtre, demande une enquête approfondie et appelle la présidente Claudia Sheinbaum et les autorités fédérales à activer le dispositif d’urgence national face aux violences contre les journalistes, réclamé par RSF le 26 août.</b></p>
<p><b>Ricardo Zuniga Rosas</b><span style="font-weight: 400;"> a été</span><a href="https://www.eluniversalpuebla.com.mx/estado/matan-a-creador-de-contenido-en-tehuitzingo-denuncio-amenazas-tras-criticar-al-gobierno-municipal/?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;"> tué par balles</span></a><span style="font-weight: 400;"> le 29 août dans la petite localité rurale de Santa Cruz Atopoltitlan, dans la municipalité de Tehuitzingo, dans l’État de Puebla. Il est le huitième journaliste tué au Mexique en raison de son travail en 2026, soit, en moyenne un journaliste tué par mois.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Selon des médias tels que les quotidiens </span><a href="https://www.eluniversalpuebla.com.mx/estado/matan-a-creador-de-contenido-en-tehuitzingo-denuncio-amenazas-tras-criticar-al-gobierno-municipal/?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener"><i><span style="font-weight: 400;">El Universal</span></i></a><span style="font-weight: 400;"> et</span><a href="https://www.jornada.com.mx/noticia/2026/08/30/estados/asesinan-al-creador-de-contenido-ricardo-zuniga-en-puebla-denuncio-amenazas-por-criticar-al-alcalde-priista-de-tehuitzingo" target="_blank" rel="noopener"> <i><span style="font-weight: 400;">La Jornada</span></i></a><span style="font-weight: 400;">, deux hommes à moto sont arrivés à Productos Zuma, le magasin de produits d’entretien de Ricardo Zuniga Rosas, où se trouvait le journaliste. Ils sont entrés dans les locaux et lui ont tiré dessus. Transporté à l’hôpital de Tehuitzingo, il y est déclaré mort.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le journaliste local utilisait principalement sa</span><a href="https://www.facebook.com/ricardo.zuniga.90260" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;"> page Facebook</span></a><span style="font-weight: 400;">, qui comptait environ 13 000 abonnés, pour publier des photos et des vidéos, ainsi que pour diffuser en direct des plaintes et des signalements de citoyens sur des questions d’intérêt public à Tehuitzingo et dans d’autres municipalités de la région. Il publiait également des contenus sur sa chaîne YouTube, </span><i><span style="font-weight: 400;">Richie TV</span></i><span style="font-weight: 400;">, consacrés notamment aux travaux publics locaux, à la gestion des fonds publics et à d’autres questions d’intérêt public dans la région.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le 9 mai, Ricardo Zuniga Rosas avait</span><a href="https://www.facebook.com/share/p/1DabXCTAJm/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;"> publiquement dénoncé</span></a><span style="font-weight: 400;"> sur sa page Facebook avoir reçu, le 3 avril, un appel téléphonique d’une personne non identifiée lui demandant de cesser de questionner l’administration municipale sur la gestion de la décharge locale, l’utilisation des fonds publics, les travaux municipaux et d’autres questions politiques locales. Selon sa publication sur Facebook, son interlocuteur l’avait averti qu’il subirait des conséquences s’il continuait à couvrir ces sujets.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Une enquête policière sur le meurtre est déjà en cours. Le gouvernement de l’État de Puebla a </span><a href="https://x.com/e_consulta/status/2094437504300560711?s=20" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">condamné</span></a><span style="font-weight: 400;"> publiquement sur X le meurtre et appelé le parquet de l’État de Puebla (FGE) à déterminer si les activités journalistiques de Ricardo Zuniga Rosas constituaient le mobile du crime.</span></p>
<blockquote><p><i><span style="font-weight: 400;">« Le meurtre de Ricardo Zuniga Rosas ne peut pas être considéré comme un incident isolé. Ce professionnel de l’information, qui avait publiquement dénoncé des menaces liées à son travail journalistique, a été tué seulement 23 jours après que RSF et d’autres organisations ont appelé les autorités de l’État de Puebla à renforcer de toute urgence les enquêtes et les mesures de protection en faveur des journalistes. Le parquet de l’État doit désormais transformer ses engagements en résultats concrets et établir à la fois qui a tué Roberto Zuniga Rosas et qui était à l’origine des menaces qui ont précédé son meurtre. »</span></i></p>
<p><strong>Artur Romeu</strong><br />
<strong>Directeur du bureau Amérique latine de RSF</strong></p></blockquote>
<h5><b>Une vague de journalistes assassinés en 2026</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">Le meurtre de Ricardo Zuniga Rosas a eu lieu seulement trois jours après une</span><a href="https://rsf.org/fr/mexique-rsf-et-des-m%C3%A9dias-de-tout-le-pays-interpellent-la-pr%C3%A9sidente-sheinbaum-et-les-autorit%C3%A9s" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;"> opération de communication</span></a><span style="font-weight: 400;"> menée par RSF et plus de 40 médias à travers le Mexique, appelant le gouvernement de la présidente Claudia Sheinbaum et les autorités judiciaires à prendre des mesures concrètes pour protéger les professionnels de l’information menacés dans le pays. Le 6 août, RSF avait également rencontré la procureure générale de l’État de Puebla, Idamis Pastor Betancourt, afin de demander le renforcement des mesures de protection pour les journalistes, aux côtés des organisations de défense de la liberté de la presse ARTICLE 19, Committee to Protect Journalists (CPJ) et Propuesta Civica.</span></p>
<p><b>Les sept autres journalistes tués en 2026 sont :</b></p>
<ul>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><a href="https://rsf.org/fr/mexique-l-assassinat-de-francisco-alejandro-leyva-aguilar-septi%C3%A8me-journaliste-tu%C3%A9-en-2026-r%C3%A9v%C3%A8le-l" target="_blank" rel="noopener"><b>Francisco Alejandro Leyva Aguilar</b></a><span style="font-weight: 400;">, journaliste, commentateur politique et ancien directeur du média public </span><i><span style="font-weight: 400;">CORTV</span></i><span style="font-weight: 400;">, a été tué par balles le 22 juillet dans l’État d’Oaxaca. Un an auparavant, il avait déposé une plainte officielle signalant avoir reçu des menaces de mort.</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><a href="https://rsf.org/fr/mexique-sixi%C3%A8me-journaliste-tu%C3%A9-en-2026-le-gouvernement-doit-agir-de-toute-urgence-contre-les" target="_blank" rel="noopener"><b>Josué Martinez Contreras</b></a><span style="font-weight: 400;">, du média </span><i><span style="font-weight: 400;">Noticias San Martin Texmelucan</span></i><span style="font-weight: 400;">, a été tué le 16 juillet.</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><a href="https://rsf.org/fr/alex-serna-sp%C3%A9cialiste-de-l-environnement-cinqui%C3%A8me-journaliste-tu%C3%A9-au-mexique-depuis-janvier-2026" target="_blank" rel="noopener"><b>Manuel Alejandro Moreno Serna</b></a><span style="font-weight: 400;"> (“Alex Serna”), du média </span><i><span style="font-weight: 400;">Observatorio Ciudadano de la Costa Grande</span></i><span style="font-weight: 400;">, a été tué le 3 juillet.</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><a href="https://rsf.org/fr/mexique-alors-que-le-pays-inaugure-la-coupe-du-monde-2026-un-journaliste-est-assassin%C3%A9-dans-l-%C3%A9tat" target="_blank" rel="noopener"><b>Luis Angel Lopez Valdez</b></a><span style="font-weight: 400;">, directeur du média </span><i><span style="font-weight: 400;">Reportaje Policiaco Veracruzano</span></i><span style="font-weight: 400;">, a été assassiné le 11 juin. Il bénéficiait du dispositif de protection de l’État.</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><a href="https://rsf.org/fr/troisi%C3%A8me-meurtre-de-journaliste-%C3%A0-veracruz-au-mexique-en-2026-rsf-exige-des-r%C3%A9ponses-urgentes" target="_blank" rel="noopener"><b>Roxana Berenice Guzman Ramirez</b></a><span style="font-weight: 400;">, directrice du média </span><i><span style="font-weight: 400;">Pulso Informativo del Sureste</span></i><span style="font-weight: 400;">, a été enlevée le 2 juin avant que son corps ne soit retrouvé à la fin du mois de juin.</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><a href="https://rsf.org/fr/deux-attaques-par-balles-contre-des-journalistes-en-deux-jours-au-mexique-faisant-un-tu%C3%A9-des" target="_blank" rel="noopener"><b>Juan David Gamez</b></a><span style="font-weight: 400;">, du média </span><i><span style="font-weight: 400;">Tactica SS</span></i><span style="font-weight: 400;">, a été tué le 18 mars.</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><a href="https://rsf.org/fr/mexique-un-onzi%C3%A8me-journaliste-assassin%C3%A9-sous-la-pr%C3%A9sidence-sheinbaum-rsf-r%C3%A9clame-justice-apr%C3%A8s-la" target="_blank" rel="noopener"><b>Carlos Castro</b></a><span style="font-weight: 400;">, du média </span><i><span style="font-weight: 400;">Cadigo Norte de Veracruz</span></i><span style="font-weight: 400;">, a été tué le 8 janvier. Il avait été placé sous la protection de l’État après avoir reçu des menaces, mais les mesures avaient été suspendues en 2024 après que les autorités eurent estimé que le niveau de risque avait diminué.</span></li>
</ul>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Cisjordanie occupée : la nouvelle norme ?</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/cisjordanie-occupee-la-nouvelle-norme-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Aug 2026 09:14:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[Grenades aveuglantes, gaz lacrymogène, munitions réelles, détentions : l’action menée par les autorités et l’armée israélienne à l’encontre des professionnels des médias palestiniens en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est se caractérise par sa dureté et son arbitraire. Cela ne suscite toutefois qu’une faible opposition au niveau international. Islam Amarneh est une journaliste de 31 ans [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;"><strong>Grenades aveuglantes, gaz lacrymogène, munitions réelles, détentions : l’action menée par les autorités et l’armée israélienne à l’encontre des professionnels des médias palestiniens en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est se caractérise par sa dureté et son arbitraire. Cela ne suscite toutefois qu’une faible opposition au niveau international.</strong></p>
<p style="font-weight: 400;">Islam Amarneh est une journaliste de 31 ans originaire de Cisjordanie ; elle travaille habituellement pour l’agence de presse féministe palestinienne Nawa. Or, le 3 mai, précisément à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, elle a été arrêtée au milieu de la nuit au sud de Bethléem par des soldats israéliens, au domicile de son père. Depuis lors, elle est incarcérée, sans procès ni audience. Une telle détention est possible en vertu de la législation israélienne, qui autorise le recours à une « détention administrative » à l&rsquo;encontre de personnes dont les autorités estiment qu&rsquo;elles pourraient enfreindre la loi à l&rsquo;avenir.</p>
<p style="font-weight: 400;">En vertu de cet instrument juridique controversé, Israël détient actuellement plus de 3 000 Palestiniens, dont certains pour une durée indéterminée. Parmi eux figurent au moins 19 professionnels des médias. Islam Amarneh est l’une d’entre eux, tout comme son frère Osayd, également journaliste, qui a été incarcéré il y a exactement un an, le 27 août 2025. Selon les autorités israéliennes, les deux frère et sœur représentaient un risque pour la sécurité nationale d’Israël, raison pour laquelle ils ont été placés en détention pour une durée indéterminée.</p>
<p style="font-weight: 400;">La détention de ces deux frère et sœur illustre parfaitement le prix que les journalistes de Cisjordanie doivent payer pour exercer leur métier. RSF a documenté, cet été encore,<a href="https://rsf.org/fr/cisjordanie-larm%C3%A9e-isra%C3%A9lienne-multiplie-les-violences-contre-les-reporters-palestiniens" target="_blank" rel="noopener"> toute une série d’agressions</a> commises par les autorités et l’armée à l’encontre de professionnels des médias. Le 11 mai, l’armée israélienne a utilisé des gaz lacrymogènes et des grenades aveuglantes contre des journalistes dans le camp de réfugiés de Qalandia, près de Jérusalem. Le 16 mai, l’armée israélienne a interdit l’accès du camp de réfugiés près de Jénine aux professionnels des médias. Le 25 mai, la police de Jérusalem a arrêté un journaliste palestinien de 25 ans près de la mosquée Al-Aqsa, dans la vieille ville, et lui a interdit l’accès au complexe de la mosquée pendant six mois. Le 7 juin, l’armée israélienne a même ouvert le feu et tiré sur un groupe de professionnels des médias qui se rendaient au camp de réfugiés de Balata, près de Naplouse. Parmi eux se trouvait notamment le photographe de l’agence américaine Associated Press, Majdi Mohammed Shteih.</p>
<h5 style="font-weight: 400;"><strong>La presse internationale est également prise pour cible</strong></h5>
<p style="font-weight: 400;">Outre ces mesures à l&rsquo;encontre des journalistes palestiniens, la presse internationale en Israël et en Cisjordanie a récemment fait l&rsquo;objet d&rsquo;une pression croissante de la part d&rsquo;Israël. La journaliste française Alice Froussard, qui travaille notamment pour la RTS, a été<a href="https://rsf-ch.ch/le-refoulement-de-la-journaliste-francaise-alice-froussard-par-israel-apres-gaza-le-verrouillage-informationnel-de-la-cisjordanie/" target="_blank" rel="noopener"> empêchée d&rsquo;entrer sur le territoire et expulsée</a> en juin à l&rsquo;aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv. La journaliste espagnole Queralt Castillo s’est également vu refuser l’entrée en Israël en janvier 2026. De même, entre juillet 2025 et janvier 2026, des interdictions d’entrée ont été<a href="https://rsf.org/fr/isra%C3%ABl-rsf-d%C3%A9nonce-linterdiction-d-entr%C3%A9e-sur-le-territoire-de-la-journaliste-espagnole-queralt"> prononcées</a> à l’encontre de la journaliste française Khadija Toufik et du journaliste italien Alessandro Stefanelli.</p>
<p style="font-weight: 400;">Heureusement, aucun journaliste n’a été tué ou gravement blessé lors de tous ces incidents. Cela n’en rend toutefois pas moins graves l’arbitraire et les atteintes à la liberté de la presse commises par les autorités israéliennes. Au contraire : elles méritent toute notre attention, tout comme c’est le cas dans d’autres contextes. Israël figure parmi les plus grandes prisons au monde pour les professionnels des médias. Selon les données recueillies par Reporters sans frontières, seuls la Chine, la Russie, la Birmanie et la Biélorussie comptent davantage de journalistes emprisonnés qu’Israël.</p>
<p style="font-weight: 400;">Les mesures prises par Israël à l’encontre des journalistes palestiniens et internationaux en Cisjordanie semblent être devenues depuis longtemps la nouvelle norme. Compte tenu de la guerre menée par Israël dans la bande de Gaza, des destructions qui y règnent et de la situation qui reste précaire, ces faits ne retiennent plus guère l’attention de la communauté internationale. Pourtant, ces développements sont révélateurs du deuxième front de la guerre menée par Israël : outre la campagne militaire visant à contrôler militairement la bande de Gaza, le gouvernement de Netanyahou s’efforce tout autant de contrôler le récit de la guerre et du conflit entre Israéliens et Palestiniens. Dans cette logique, les journalistes qui rapporteraient des fais contredisant ce récit ne sont qu’une source de perturbation. Dans la bande de Gaza, où plus de 200 journalistes ont déjà été tués par des attaques israéliennes, cela semble hélas avoir été une évidence. Mais il en va de même en Cisjordanie. RSF demande que ces pratiques cessent, que les journalistes détenus arbitrairement soient libérés et que les pays alliés de l’Etat d’Israël fassent pression en ce sens.</p>
<h6><strong>Valentin Rubin, Policy &amp; Advocacy Manager RSF Suisse</strong></h6>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Quand les journalistes disparaissent mystérieusement</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/quand-les-journalistes-disparaissent-mysterieusement/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 Aug 2026 08:00:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
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					<description><![CDATA[« Journée internationale des victimes de disparitions forcées ». Chez Reporters sans frontières, à l’évocation de cette journée, ce dimanche 30 août nous entendons directement « journalistes disparus ». Parce que des journalistes qui disparaissent ne sont pas seulement des tragédies individuelles mais un amoindrissement de la qualité de notre information et donc une réduction de notre capacité à [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>« Journée internationale des victimes de disparitions forcées ». Chez Reporters sans frontières, à l’évocation de cette journée, ce dimanche 30 août nous entendons directement « journalistes disparus ». Parce que des journalistes qui disparaissent ne sont pas seulement des tragédies individuelles mais un amoindrissement de la qualité de notre information et donc une réduction de notre capacité à faire des choix éclairés, nous décidons aujourd’hui de leur rendre hommage.</strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">« Disparus ». Avec des guillemets, oui. Car la plupart des disparitions </span><a href="https://rsf.org/fr/depuis-10-ans-19-journalistes-victimes-de-disparition-forc%C3%A9e-dans-le-monde" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">(près de la moitié</span></a><span style="font-weight: 400;">) sont en fait des disparitions forcées, c&rsquo;est-à-dire des enlèvements voire des meurtres déguisés. Et ce constat est d’autant plus alarmant lorsque l’on sait que les gouvernements sont tout de même souvent impliqués. De par leur silence sur ces détentions, voire par la dissimulation du sort et du lieu de détention des journalistes.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le cas du journaliste étasunien Austin Tice est particulièrement poignant et témoigne de ce procédé. Entré en Syrie au printemps 2012 par la Turquie, il couvrait la guerre civile pour plusieurs médias américains. D’abord présent dans le nord et le centre du pays, il est devenu, à partir de fin juillet, l’un des rares journalistes étrangers à réussir à entrer dans Damas. Il a finalement été arrêté le 14 août de la même année, alors qu’il cherchait sans doute à gagner le Liban pour sortir du pays. Le 14 août dernier marquait le triste anniversaire des 14 ans de sa disparition en Syrie. Malgré une enquête approfondie de Reporters sans frontières qui s’est rendue sur place après la chute du régime en décembre 2024, il est à ce jour impossible de dire si Austin Tice est encore vivant. Aucune preuve ne peut l’avérer. Mais aucune preuve ne démontre non plus qu’il est décédé dans les geôles syriennes. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le calvaire d&rsquo;Austin Tice résonne bien au-delà des frontières syriennes, rappelant la réalité mondiale glaçante. Aujourd&rsquo;hui, c’est le </span><a href="https://rsf.org/fr/journalistes-disparus-au-mexique-la-lutte-contre-limpunit%C3%A9-%C3%A0-lordre-du-jour-des-nations-unies" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Mexique</span></a><span style="font-weight: 400;"> qui arrive en tête du triste classement des pays où RSF compte le plus de disparitions forcées : 28 journalistes ont disparu dont 6 pour lesquels nous sommes absolument sûrs qu’il s’agit d’une disparition forcée. La </span><a href="https://rsf.org/fr/disparus-et-otages-sous-l-%C3%A8re-bachar-al-assad-portraits-de-45-journalistes-et-collaborateurs-de" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Syrie</span></a><span style="font-weight: 400;"> arrive à la deuxième place avec 37 journalistes disparus depuis 1995 dont 5 disparitions forcées. La distinction entre les journalistes portés disparus et les journalistes victimes de disparitions forcées se porte sur le statut même de l’exaction : un journaliste est porté disparu lorsqu’on ne sait pas s’il a été pris en otage, s’il est détenu par un Etat ou s’il a été tué. Alors qu’un journaliste est officiellement victime de disparition forcée lorsque, selon le droit international, sa disparition se caractérise par la privation de liberté par une autorité officielle (ou un groupe agissant en son nom, avec son soutien, ou avec son consentement), conjuguée au refus de reconnaître cette privation ou de révéler le sort de la personne concernée et sa localisation. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le baromètre de RSF qui répertorie les disparitions de journalistes en temps réel montre que 137 journalistes sont actuellement portés disparus dans le monde, dont 46 pour lesquels nous sommes certains qu’il s’agit de disparitions forcées.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Absence de vérité, silence des autorités et impunité sont utilisés comme des outils délibérés par lesquels les Etats (et les acteurs agissant en leur nom) privent les familles et la profession d’enquêtes, de procès, de réponses&#8230; Le signal donné est fort : la vie des journalistes n’a pas de valeur, produisant un effet paralysant et induisant l’autocensure pour certains de leurs pairs. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">C’est pourquoi RSF était présente au premier </span><a href="https://rsf-ch.ch/pres-de-la-moitie-des-journalistes-disparus-dans-le-monde-sont-victimes-de-disparitions-forcees/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Congrès international contre les disparitions forcées</span></a><span style="font-weight: 400;"> qui s’est ouvert l’année passée en janvier à Genève. Nous y avons appelé les États à faire de la ratification universelle de la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées une action prioritaire. Force est de constater que, malgré les efforts des Nations Unies, les disparitions forcées de journalistes sont encore d’actualité. La dernière disparition forcée en date : celle de Hassan Hamad, présentateur radio pour Blue Nile Radio au Soudan. Il a été arrêté le 13 mai 2026 par un </span><a href="https://www.cfjustice.org/sudan-committee-for-justice-documents-the-enforced-disappearance-of-broadcaster-hassan-hamed-hamad-in-blue-nile-state-and-calls-for-disclosure-of-his-fate/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">service de sécurité</span></a><span style="font-weight: 400;"> lié à l’armée dans l’Etat du Nil Bleu. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les journalistes ne disparaissent pas. Ils sont enlevés. Il est grand temps de renforcer la protection des journalistes et de lutter contre l’impunité.</span></p>
<h6><strong>Sophie Sager, chargée des projets RSF Suisse</strong></h6>
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