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	<title>Reporter sans frontières</title>
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		<title>États-Unis : la fusion prévue entre Paramount et Warner Bros. met en danger le paysage médiatique américain</title>
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		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Jul 2026 12:27:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[Le temps presse pour empêcher la fusion, d’un montant de 111 milliards de dollars, entre les conglomérats médiatiques Paramount et Warner Bros. Discovery, qui placerait certaines des marques d’information les plus influentes aux États-Unis et dans le monde sous le contrôle d’un seul propriétaire. Alors que les dirigeants des deux entreprises espèrent finaliser l&#8217;opération dès fin [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-chapo field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<p dir="ltr"><strong>Le temps presse pour empêcher la fusion, d’un montant de 111 milliards de dollars, entre les conglomérats médiatiques Paramount et Warner Bros. Discovery, qui placerait certaines des marques d’information les plus influentes aux États-Unis et dans le monde sous le contrôle d’un seul propriétaire. Alors que les dirigeants des deux entreprises espèrent finaliser l&rsquo;opération dès </strong><a class="external-website" title="fin juillet - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.wsj.com/business/deals/three-gulf-funds-agree-to-back-paramounts-81-billion-takeover-of-warner-04eda364?mod=article_inline" target="_blank" rel="noopener"><strong><u>fin juillet</u></strong></a><strong>, Reporters sans frontières (RSF) exhorte les procureurs généraux des États américains à bloquer cette fusion, avertissant qu&rsquo;elle réduirait l&rsquo;accès des citoyens et citoyennes à une information fiable et porterait atteinte au pluralisme des médias.</strong></p>
</div>
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<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-texte-riche field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<p class="text-align-justify" dir="ltr">La fusion des sociétés qui <a class="external-website" title="contrôlent - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://deadline.com/2026/06/paramount-warner-bros-job-losses-la-county-report-1236962892/" target="_blank" rel="noopener"><u>contrôlent</u></a> la chaîne d’information <em>CNN</em> et le réseau CBS, y compris les <a class="external-website" title="28 chaînes locales - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.paramountpressexpress.com/location-not-allowed" target="_blank" rel="noopener"><u>28 chaînes locales</u></a> détenues par CBS, limiterait les choix des Américains en matière d’information. Cette concentration <a class="external-website" title="réduirait l’éventail - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.hollywoodreporter.com/tv/tv-news/cnn-wary-bari-weiss-oversight-paramount-warner-bros-merger-1236632178/" target="_blank" rel="noopener"><u>réduirait l’éventail</u></a> de l’offre médiatique et des informations accessibles au public, et <a class="external-website" title="mettrait en péril des milliers d’emplois - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.hollywoodreporter.com/business/business-news/paramount-warner-bros-merger-1236594993/" target="_blank" rel="noopener"><u>mettrait en péril des milliers d’emplois</u></a> dans le secteur des médias. Plusieurs États américains sont déjà en train de finaliser une action en justice pour violation des lois antitrust – sur la concurrence – visant à contester cette fusion, qui devrait être déposée cette semaine, <a class="external-website" title="selon le quotidien New York Times - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.nytimes.com/2026/07/12/business/state-ag-lawsuit-paramount-warner-bros.html" target="_blank" rel="noopener"><u>selon le quotidien </u><em><u>New York Times</u></em></a>.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Cette fusion suscite une opposition farouche et persistante. Plus de 5 500 professionnels d’Hollywood ont signé une <a class="external-website" title="lettre ouverte - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://blockthemerger.com/openletter" target="_blank" rel="noopener"><u>lettre ouverte</u></a> s’opposant à cette opération. Selon le quotidien <em>Wall Street Journal</em>, <a class="external-website" title="les juristes de la division antitrust - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.wsj.com/business/media/justice-department-decision-to-allow-paramount-deal-surprised-staff-investigators-a18f70da?mod=e2tw" target="_blank" rel="noopener"><u>les juristes de la division antitrust</u></a> du ministère de la Justice <em>“étaient enclins à recommander une action en justice” </em>visant à bloquer la fusion, au motif qu’elle serait anticoncurrentielle et enfreindrait la législation antitrust. Mais des hauts responsables du ministère ont clos l’enquête de l’agence avant qu’ils n’aient pu formuler une recommandation. Plusieurs sénateurs ont également déjà condamné ces <a class="external-website" title="investissements étrangers massifs - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.booker.senate.gov/news/press/booker-schiff-warren-urge-fcc-to-halt-paramountwarner-bros-merger-over-national-security-risks" target="_blank" rel="noopener"><u>investissements étrangers massifs</u></a> émanant de <a href="https://rsf.org/fr/pays/arabie-saoudite" target="_blank" rel="noopener"><u>gouvernements hostiles</u></a> aux journalistes. Par ailleurs, les autorités britanniques s’apprêtent à <a class="external-website" title="s’opposer à cette opération - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://edition.cnn.com/2026/06/30/media/uk-discovery-wbd-merger-intl?utm_source=cnn_Reliable+Sources&amp;utm_medium=email" target="_blank" rel="noopener"><u>s’opposer à cette opération</u></a> dans les semaines à venir.</p>
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<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-texte-riche field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<blockquote>
<p dir="ltr"><em>« Aucune entreprise ne devrait avoir autant d’influence sur ce que les Américains regardent, lisent et entendent que celle que pourrait détenir Paramount-Warner Bros. Les  Américains et Américaines comptent sur  une offre médiatique fiable et plurielle pour prendre des décisions du quotidien allant de leur alimentation, leur vote, leurs investissements pour l’avenir ou encore l’éducation de leurs enfants. Cette fusion monopolistique porterait un coup dévastateur au journalisme américain en réduisant la diversité éditoriale et  en concentrant davantage les médias entre les mains d’oligarques qui ont déjà pris des décisions éditoriales drastiques  chez CBS. Plusieurs États américains semblent prêts à bloquer cette fusion devant les tribunaux. RSF appelle d’autres États à se joindre à eux sans délai. »</em></p>
<p dir="ltr"><strong>Ben Grazda</strong><br />
Responsable du plaidoyer du bureau Amérique du Nord de RSF</p>
</blockquote>
</div>
</div>
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<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-texte-riche field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<h5 class="text-align-justify" dir="ltr"><strong>Les fusions passées renseignent sur les dangers de la concentration</strong></h5>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">En août 2025, <a class="external-website" title="Paramount et Skydance ont fusionné - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.paramount.com/press/skydance-media-and-paramount-global-complete-merger-creating-next-generation-media-company" target="_blank" rel="noopener"><u>Paramount et Skydance ont fusionné</u></a> pour former une seule et même entreprise. Cette opération, dont le montant s’élève à <a class="external-website" title="huit milliards de dollars - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://apnews.com/article/paramount-skydance-media-cbs-trump-merger-a030c4f2c1903ed0e7f927782a64fcc0" target="_blank" rel="noopener"><u>huit milliards de dollars</u></a>, a placé Paramount, la société qui contrôle la <a class="external-website" title="troisième chaîne - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.tvinsider.com/1254222/cbs-abc-nbc-evening-news-ratings-2026-q1/" target="_blank" rel="noopener"><u>troisième chaîne</u></a> d’information la plus regardée du pays, <a class="external-website" title="CBS News - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://apnews.com/article/paramount-skydance-merger-cbs-news-trump-85560c3c7aaaa1fe894380683e66a89c" target="_blank" rel="noopener"><em><u>CBS New</u></em><u>s</u></a>, entre les mains du milliardaire <a class="external-website" title="David Ellison - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.nytimes.com/2026/06/14/business/media/trump-ufc-david-ellison.html" target="_blank" rel="noopener"><u>David Ellison</u></a>, un allié de <a class="external-website" title="Donald Trump - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.pbs.org/newshour/politics/trumps-moves-against-media-outlets-mirror-authoritarian-approaches-to-silencing-dissenthttps://www.pbs.org/newshour/politics/trumps-moves-against-media-outlets-mirror-authoritarian-approaches-to-silencing-dissent" target="_blank" rel="noopener"><u>Donald Trump</u></a>. Quelques mois seulement après la fusion, 2 000 personnes – soit environ 10 % des effectifs de Paramount – ont <a class="external-website" title="perdu leur emploi - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://apnews.com/article/paramount-layoffs-skydance-merger-job-cuts-d98e6037d36254487112c833781b8f42" target="_blank" rel="noopener"><u>perdu leur emploi</u></a>. Quant à <em>CBS News</em> a <a class="external-website" title="licencié - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.cnn.com/2026/03/20/media/cbs-news-layoffs-bari-weiss-paramount" target="_blank" rel="noopener"><u>licencié</u></a> en mars 6 % de son personnel et a décidé de fermer <em>CBS News Radio</em>.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Conséquence de cette concentration ? Un public moins bien informé. <em>CBS News Radio</em> comptait environ <a class="external-website" title="700 stations affiliées - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.usatoday.com/story/entertainment/tv/2026/05/22/cbs-news-radio-shutdown/90215365007/" target="_blank" rel="noopener"><u>700 stations affiliées</u></a> à travers le pays, qui se sont de fait retrouvées privées de leur principale source de programmes. Sa disparition prive ces stations d’un fournisseur majeur de contenus. La radio, qui ne nécessite pas de connexion Internet, demeure pourtant l’un des <a class="external-website" title="moyens les plus accessibles - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.americanbar.org/groups/crsj/resources/human-rights/2025-october/losing-infrastructure-community-connection/" target="_blank" rel="noopener"><u>moyens les plus accessibles</u></a> pour diffuser l’actualité, d’autant que de plus en plus d’Américains vivent dans des <a class="external-website" title="déserts de l’information - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.medill.northwestern.edu/news/2025/news-deserts-hit-new-high-and-50-million-have-limited-access-to-local-news-study-finds.html" target="_blank" rel="noopener"><u>déserts de l’information</u></a>. Les anciennes stations affiliées à CBS doivent <a class="external-website" title="désormais choisir - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://news.wttw.com/2026/06/23/legacy-brand-sunset-illinois-radio-stations-reckon-cbs-news-radio-s-shutdown" target="_blank" rel="noopener"><u>désormais choisir</u></a> parmi un nombre de plus en plus restreint de sources pour s’approvisionner en informations, ce qui nuit à la diversité des informations qu’elles peuvent diffuser auprès d’un public qui compte sur leur couverture médiatique.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">La fusion entre Paramount et Warner Bros., d’un montant de <a class="external-website" title="près de 111 milliards de dollars - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://apnews.com/article/warner-brothers-paramount-skydance-netflix-david-ellison-d52e8730ba894adf2ebb9a69646d323b" target="_blank" rel="noopener"><u>près de 111 milliards de dollars</u></a>, éclipserait l’accord conclu en 2025 entre Paramount et Skydance (8 milliards de dollars). En conséquence, les spécialistes prévoient des répercussions encore plus dévastatrices pour les journalistes et le public. Selon un <a class="external-website" title="rapport - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://opportunity.lacounty.gov/wp-content/uploads/2026/06/Paramount_Warner_Merger_March_17_2026_Motion_Report_Back.pdf" target="_blank" rel="noopener"><u>rapport</u></a> récent du Département des opportunités économiques de Los Angeles, cela pourrait se traduire par la suppression d’environ 2 500 emplois dans le secteur des médias, y compris des postes de journalistes, dans la région de Los Angeles, et d’environ 6 000 dans le monde entier.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">En tant qu’actionnaire de la fondation Paramount, la filiale américaine de RSF, Reporters sans frontières, Inc., a déjà <a href="https://rsf.org/fr/%C3%A9tats-unis-rsf-et-la-fpf-demandent-%C3%A0-paramount-d%C3%AAtre-transparent-au-sujet-de-lacquisition" target="_blank" rel="noopener"><u>alerté</u></a>, aux côtés de la Freedom of the Press Foundation, sur les dangers de la concentration accrue des grands réseaux d’information entre les mains d’actionnaires ayant des liens avec des personnalités politiques. Pour les deux organisations, cela pourrait bouleverser complètement le paysage médiatique américain en renforçant la censure éditoriale, en sapant la confiance du public, en affaiblissant la responsabilité démocratique et en accélérant les licenciements dans les rédactions.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">RSF est profondément préoccupée par le fait que les grands conglomérats médiatiques cèdent de plus en plus aux pressions politiques, à un moment où les journalistes américains sont déjà confrontés à une escalade des menaces judiciaires, des intimidations et des atteintes à leur indépendance. Les Etats-Unis occupent la 64e place au Classement mondial de la liberté de la presse de RSF, perdant 7 places en 2026.</p>
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		<title>Victoire à Strasbourg du quotidien genevois Le Courrier contre le mécène Jean Claude Gandur</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/victoire-a-strasbourg-du-quotidien-genevois-le-courrier-contre-le-mecene-jean-claude-gandur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Jul 2026 12:18:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Suisse]]></category>
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					<description><![CDATA[La Cour européenne des droits de l’homme a mis un terme, jeudi 9 juillet, aux onze longues années qu’aura duré le procès civil intenté au quotidien genevois Le Courrier par le mécène et collectionneur suisse Jean Claude Gandur. Les juges de Strasbourg ont estimé que la condamnation du journal par la justice genevoise puis par [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;">La Cour européenne des droits de l’homme a mis un terme, jeudi 9 juillet, aux onze longues années qu’aura duré le procès civil intenté au quotidien genevois <em>Le Courrier</em> par le mécène et collectionneur suisse Jean Claude Gandur. Les juges de Strasbourg ont estimé que la condamnation du journal par la justice genevoise puis par le Tribunal fédéral pour atteinte civile à la personnalité en raison d’un article peu flatteur, <a href="https://hudoc.echr.coe.int/fre#{%22itemid%22:[%22001-251000%22]}">était contraire à la liberté de la presse</a>.</p>
<p style="font-weight: 400;">C’est donc une belle victoire pour le quotidien et pour la défense d’un journalisme indépendant et critique dont le rôle dans cette affaire, a conclu la juridiction européenne, n’a pas été reconnu à sa juste valeur par les tribunaux helvétiques.</p>
<blockquote>
<p style="font-weight: 400;"><em>« RSF Suisse se félicite d’autant plus de cette victoire que notre organisation avait apporté son soutien au Courrier. Nous étions convaincus que le procès qui opposait celui-ci au milliardaire genevois, épinglé par le journal à la veille d’un débat sur l’agrandissement du Musée d’art et d’histoire que cofinançait le collectionneur, mettait en jeu la liberté de la presse. Des leçons devront être tirées de cette jurisprudence par les tribunaux suisses, qui privilégient souvent trop vite la protection de la réputation des personnes mises en causes par rapport à la liberté de la presse. »</em></p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>Denis Masmejan</strong>, secrétaire général de RSF Suisse</p>
</blockquote>
<p style="font-weight: 400;">Le litige qui s’achève aura été emblématique à plus d’un titre. La disproportion entre les moyens financiers que le plaignant a pu engager dans ce procès et ceux que le quotidien, édité par une association sans but lucratif, pouvait mobiliser pour sa défense, était énorme. Elle était telle qu’elle faisait de cette affaire un exemple de procédure-bâillon – ces procès qui ont pour principal effet d’intimider les médias et de chercher à les réduire au silence, dénoncés dans toute l’Union européenne mais dont le monde politique en Suisse continue majoritairement à dénier l’importance.</p>
<p style="font-weight: 400;">Mais il est une autre disproportion que l’affaire met en relief. L’arbitrage entre la liberté de la presse d’une part et la protection civile de la réputation d’autrui est aujourd’hui globalement déséquilibré aussi bien dans la législation elle-même que dans les décisions des tribunaux qui l’appliquent.</p>
<p style="font-weight: 400;">A cet égard, certains passages du jugement de la Cour européenne sont éloquents. Celle-ci s’étonne ainsi que les juridictions suisses aient incriminé le style et l’angle de l’article, sans être en mesure par ailleurs de lui reprocher des affirmations factuellement sans fondement. « Pourtant, la présentation d’un article de presse et le style qui y est adopté relèvent du contenu rédactionnel, et il s’agit là d’un choix éditorial qu’il n’appartient en principe pas aux juridictions d’apprécier », a dû rappeler la Cour. Les juridictions suisses auraient également dû « examiner si la condamnation des journalistes était de nature à les dissuader, à l’avenir, de s’acquitter de leur rôle dans le débat public, afin d’éviter de longues et coûteuses procédures susceptibles de mettre en péril leur journal. »</p>
<p style="font-weight: 400;">L’heureuse conclusion de l’affaire met donc en évidence une réalité regrettable : l’application aux médias, en Suisse, des règles de droit civil protégeant la réputation d’autrui sont trop souvent trop éloignées des standards imposés par la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme. Ce constat vaut aussi bien pour les décisions de fond que pour les fameuses « mesures provisionnelles » qui se rattachent, elles aussi, à la protection civile de la personnalité et qui sont utilisées de manière manifestement abusives, <a href="https://rsf-ch.ch/vague-de-procedures-baillons-contre-heidi-news-rsf-saisit-la-rapporteuse-speciale-de-lonu-irene-khan/" target="_blank" rel="noopener">par exemple très récemment</a> contre le média en ligne <a href="https://rsf-ch.ch/vague-de-procedures-baillons-contre-heidi-news-rsf-saisit-la-rapporteuse-speciale-de-lonu-irene-khan/">Heidi.news</a>.</p>
<p style="font-weight: 400;">RSF Suisse appelle les autorités et le monde politique à en prendre conscience et à ouvrir un débat sur les changements à apporter, quand bien même les majorités parlementaires nécessaires font manifestement défaut à ce jour.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Quand la sécurité nationale devient une arme contre le journalisme : nouveau rapport de RSF</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/quand-la-securite-nationale-devient-une-arme-contre-le-journalisme-nouveau-rapport-de-rsf/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Jul 2026 05:00:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[De plus en plus souvent, des professionnels des médias sont poursuivis en justice, emprisonnés, surveillés, contraints à l’exil, voire tués au nom de la sécurité nationale. Ces dernières années, la notion de sécurité nationale a largement dépassé son objectif initial pour devenir, partout dans le monde, un instrument de répression du journalisme. C’est ce que [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span class="docData;DOCY;v5;2801;BQiAAgAAEYQCAAAGiAIAAAMqCgAABTgKAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAngcAAACZBwAAAS4AAAABBgAAAAAJBgAAAAAaBhYAAAAAAQEUAQEZBgoAAABmAHIALQBDAEgAGwYAAAAAAlgHAAAFjQEAAAEWAAAAAAEBFAEBGQYKAAAAZgByAC0AQwBIAAhtAQAAAGgBAABsAGUAIAA3ACAAagB1AGkAbABsAGUAdAAgADIAMAAyADYAIAATICAARABlACAAcABsAHUAcwAgAGUAbgAgAHAAbAB1AHMAIABzAG8AdQB2AGUAbgB0ACwAIABkAGUAcwAgAHAAcgBvAGYAZQBzAHMAaQBvAG4AbgBlAGwAcwAgAGQAZQBzACAAbQDpAGQAaQBhAHMAIABzAG8AbgB0ACAAcABvAHUAcgBzAHUAaQB2AGkAcwAgAGUAbgAgAGoAdQBzAHQAaQBjAGUALAAgAGUAbQBwAHIAaQBzAG8AbgBuAOkAcwAsACAAcwB1AHIAdgBlAGkAbABsAOkAcwAsACAAYwBvAG4AdAByAGEAaQBuAHQAcwAgAOAAIABsABkgZQB4AGkAbAAsACAAdgBvAGkAcgBlACAAdAB1AOkAcwAgAGEAdQAgAG4AbwBtACAAZABlACAAbABhACAAcwDpAGMAdQByAGkAdAAFJQIAAAEWAAAAAAEBFAEBGQYKAAAAZgByAC0AQwBIAAgFAgAAAAACAADpACAAbgBhAHQAaQBvAG4AYQBsAGUALgAgAEMAZQBzACAAZABlAHIAbgBpAOgAcgBlAHMAIABhAG4AbgDpAGUAcwAsACAAbABhACAAbgBvAHQAaQBvAG4AIABkAGUAIABzAOkAYwB1AHIAaQB0AOkAIABuAGEAdABpAG8AbgBhAGwAZQAgAGEAIABsAGEAcgBnAGUAbQBlAG4AdAAgAGQA6QBwAGEAcwBzAOkAIABzAG8AbgAgAG8AYgBqAGUAYwB0AGkAZgAgAGkAbgBpAHQAaQBhAGwAIABwAG8AdQByACAAZABlAHYAZQBuAGkAcgAsACAAcABhAHIAdABvAHUAdAAgAGQAYQBuAHMAIABsAGUAIABtAG8AbgBkAGUALAAgAHUAbgAgAGkAbgBzAHQAcgB1AG0AZQBuAHQAIABkAGUAIAByAOkAcAByAGUAcwBzAGkAbwBuACAAZAB1ACAAagBvAHUAcgBuAGEAbABpAHMAbQBlAC4AIABDABkgZQBzAHQAIABjAGUAIABxAHUAZQAgAG0AbwBuAHQAcgBlACAAbABlACAAbgBvAHUAdgBlAGEAdQAgAHIAYQBwAHAAbwByAHQAIABkAGUAIABSAGUAcABvAHIAdABlAHIAcwAgAHMAYQBuAHMAIABmAHIAbwBuAHQAaQDoAHIAZQBzAAUxAAAAARYAAAAAAQEUAQEZBgoAAABmAHIALQBDAEgACBEAAAAADAAAACAAKABSAFMARgApAAU5AAAAARYAAAAAAQEUAQEZBgoAAABmAHIALQBDAEgACBkAAAAAFAAAACAAaQBuAHQAaQB0AHUAbADpACAABSkAAAABFgAAAAABARQBARkGCgAAAGYAcgAtAEMASAAICQAAAAAEAAAAqwCgAAVJAAAAARYAAAAAAQEUAQEZBgoAAABmAHIALQBDAEgACCkAAAAAJAAAAE4AYQB0AGkAbwBuAGEAbAAgAFMAZQBjAHUAcgBpAHQAeQAgAAUtAAAAARYAAAAAAQEUAQEZBgoAAABmAHIALQBDAEgACA0AAAAACAAAAGEAcwAgAGEABTUAAAABFgAAAAABARQBARkGCgAAAGYAcgAtAEMASAAIFQAAAAAQAAAAIABXAGUAYQBwAG8AbgAgAAUzAAAAARYAAAAAAQEUAQEZBgoAAABmAHIALQBDAEgACBMAAAAADgAAAGEAZwBhAGkAbgBzAHQABScAAAABFgAAAAABARQBARkGCgAAAGYAcgAtAEMASAAIBwAAAAACAAAAIAAFOQAAAAEWAAAAAAEBFAEBGQYKAAAAZgByAC0AQwBIAAgZAAAAABQAAABKAG8AdQByAG4AYQBsAGkAcwBtAAUpAAAAARYAAAAAAQEUAQEZBgoAAABmAHIALQBDAEgACAkAAAAABAAAAKAAuwAFTQEAAAEWAAAAAAEBFAEBGQYKAAAAZgByAC0AQwBIAAgtAQAAACgBAAAuACAAQwBlACAAcgBhAHAAcABvAHIAdAAgAGEAbgBhAGwAeQBzAGUAIABsAGUAcwAgAOkAdgBvAGwAdQB0AGkAbwBuAHMAIABtAG8AbgBkAGkAYQBsAGUAcwAgAGUAdAAgAGYAbwByAG0AdQBsAGUAIABkAGkAeAAgAHIAZQBjAG8AbQBtAGEAbgBkAGEAdABpAG8AbgBzACAAdgBpAHMAYQBuAHQAIADgACAAZwBhAHIAYQBuAHQAaQByACAAbABhACAAcAByAG8AdABlAGMAdABpAG8AbgAgAOAAIABsAG8AbgBnACAAdABlAHIAbQBlACAAZABlACAAbABhACAAbABpAGIAZQByAHQA6QAgAGQAZQAgAGwAYQAgAHAAcgBlAHMAcwBlAAUKAAAAAQAAAAAIAAAAAAUKAAAACAUAAAANAAAAAB8EAAAA80NJVwoAAAAAAAAAABEAAAAAtQAAAAAtAAAAAQYAAAAACQYbAAAAJwQUAQAACwEBHAEAKAQAAAAAHQEAKQQAAAAAGwYAAAAAAXkAAAAEBgoAAABBAHIAaQBhAGwABQYKAAAAQQByAGkAYQBsAAcGCgAAAEEAcgBpAGEAbAAGBgoAAABBAHIAaQBhAGwAEwEBCAQWAAAAFgQWAAAAGQYEAAAAZQBuABoGCgAAAGEAcgAtAFMAQQAbBgoAAABmAHIALQBDAEgAAgAAAAA=">De plus en plus souvent, des professionnels des médias sont poursuivis en justice, emprisonnés, surveillés, contraints à l’exil, voire tués au nom de la sécurit</span>é nationale. Ces dernières années, la notion de sécurité nationale a largement dépassé son objectif initial pour devenir, partout dans le monde, un instrument de répression du journalisme. C’est ce que montre le nouveau rapport de Reporters sans frontières(RSF) intitulé « National Security as a Weapon against Journalism ». Ce rapport analyse les évolutions mondiales et formule dix recommandations visant à garantir la protection à long terme de la liberté de la presse</strong><strong>.</strong></p>
<p 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rapport confirme ce que RSF avait déjà souligné lors de la publication du classement mondial de la liberté de la presse fin avril 2026 : les lois sur la sécurité nationale sont détournées pour poursuivre pénalement les professionnels des médias et criminaliser le journalisme. C’est le cas de <strong>Frenchie Mae Cumpio </strong>(Philippines, emprisonnée), <strong>Turki al-Jasser </strong>(Arabie saoudite, exécuté), <strong>Zhang Zhan </strong>(Chine, emprisonnée), <strong>Jimmy Lai </strong>(Hong Kong, emprisonné) ou encore des professionnels des médias à <strong>Gaza </strong>(tués) ou en <strong>Crimée</strong> occupée par la Russie (tués ou emprisonnés). Cette tendance est exacerbée par les conflits, les troubles et la montée de l’autoritarisme. Mais elle s’observe également dans des pays stables et démocratiques, comme le montrent les cas de la journaliste française <strong>Adrienne Lavrilleux</strong>, du reporter finlandais <strong>Juha Mäntylä </strong>ou du journaliste grec <strong>Thanasis</strong><strong> Koukakis</strong>.</p>
<p>Dans son rapport, RSF met en évidence <strong>dix constatations</strong>. Notre organisation souligne notamment le fait que, dans de nombreux pays, les lois sur la sécurité nationale font l’objet d’une application extensive afin de poursuivre les professionnels des médias en justice. Nous relevons également que <strong>les lois d’urgence </strong>ou les mesures similaires deviennent <strong>permanentes </strong>et menacent ainsi gravement la liberté de la presse. Les accusations de financement ou de soutien au <strong>terrorisme </strong>sont par ailleurs devenues l’un des principaux moyens utilisés pour s’en prendre aux médias. La définition de la sécurité nationale n’est donc pas figée non plus et peut <strong>s’étendre à d’autres domaines</strong>, tels que <strong>la cybersécurité</strong>, la propagande ou les questions environnementales. Ce durcissement des mesures peut entraîner une intensification de la <strong>surveillance </strong>et <strong>de la répression</strong> transnationale.</p>
<p>Parallèlement, RSF formule <strong>dix recommandations </strong>visant à rétablir un équilibre entre les préoccupations légitimes en matière de sécurité nationale et la <strong>protection de la liberté de la presse</strong>. Parmi ces recommandations, on mentionnera :</p>
<ul>
<li>une définition précise de ce qui constitue une menace pour la sécurité nationale ;</li>
<li>la garantie que les dispositions-cadres relatives à la lutte contre le terrorisme ne soient pas utilisées de manière abusive à l’encontre des médias ;</li>
<li>des garanties que les poursuites à l’encontre des professionnels des médias se déroulent exclusivement dans le cadre de procédures pénales et civiles ordinaires, et non devant des tribunaux militaires, d’exception ou d’urgence ;</li>
<li>des assurances que les droits des professionnels des médias et la liberté de la presse soient protégés pendant les conflits armés et dans d’autres situations d’urgence.</li>
</ul>
<p>Vous trouverez la liste complète des conclusions et recommandations dans la synthèse du rapport ci-jointe ainsi que dans le rapport lui-même (en anglais).</p>
<p><span style="color: #ff0000;"><strong><a style="color: #ff0000;" href="https://rsf-ch.ch/wp-content/uploads/2026/07/Rapport-RSF_Securite-nationale_Juillet-2026_FR_Synthese.pdf" target="_blank" rel="noopener">Synthèse (français)</a></strong></span></p>
<p><span style="color: #ff0000;"><a style="color: #ff0000;" href="https://rsf-ch.ch/wp-content/uploads/2026/07/National-Security_ENG_JULY_EMBARGO.pdf" target="_blank" rel="noopener"><strong>Rapport (anglais)</strong></a></span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Correspondante au Liban: « Vivre au quotidien avec des drones au-dessous de la tête est épuisant »</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/correspondante-au-liban-vivre-au-quotidien-avec-des-drones-au-dessous-de-la-tete-est-epuisant-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Jul 2026 08:00:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[Basée au Liban depuis 2020, la journaliste indépendante Sophie Woeldgen couvre l’actualité du Proche Orient, d’abord pour le média en ligne Heidi.news, aujourd’hui principalement pour les médias Le Temps, Le Soir (Belgique) et La Tribune du Dimanche (France). Elle nous livre son témoignage sur la réalité du métier de correspondante : ciblage des reporters, précarité [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Basée au Liban depuis 2020, la journaliste indépendante Sophie Woeldgen couvre l’actualité du Proche Orient, d’abord pour le média en ligne Heidi.news, aujourd’hui principalement pour les médias Le Temps, Le Soir (Belgique) et La Tribune du Dimanche (France). Elle nous livre son témoignage sur la réalité du métier de correspondante : ciblage des reporters, précarité des pigistes et charge mentale d’un quotidien rythmé par le bourdonnement incessant des drones. </strong></p>
<p><b>Vous couvrez un terrain hautement inflammable, notamment le sud du Liban, qualifié de zone de combat par l’armée israélienne. Comment parvient-on à travailler sous les bombardements ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Cette guerre-ci est beaucoup plus difficile à couvrir que les précédentes phases du conflit. Mais, déjà en 2024 des tirs d’artillerie avaient tué Issam Abdallah, journaliste pour Reuters et blessé gravement Christina Assi, photographe pour l&rsquo;AFP. Ils étaient pourtant parfaitement identifiés comme « Presse » sur une route dégagée que nous empruntions tous. Les enquêtes ont démontré qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;un ciblage. Une question s&rsquo;est alors posée pour nous, journalistes : devons-nous continuer à afficher nos insignes de presse au risque d&rsquo;être ciblés, ou devons-nous nous déplacer en civils pour nous fondre dans la masse ? C&rsquo;est un double tranchant permanent. Une vingtaine de journalistes ont été tués au Liban depuis octobre 2023. </span></p>
<p><b>A quoi ressemble une semaine type en tant que journaliste au Liban ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">C&rsquo;est un peu compliqué car je bouge beaucoup, mais cela dépend du contexte. Tout </span><span style="font-weight: 400;">dépend si l’on est en période d&rsquo;escalade, de guerre de haute intensité, ou dans des phases plus calmes. En tant que correspondante, il y a une obligation de réagir à n&rsquo;importe quel moment. Bien sûr, je planifie des interviews et des rencontres pour garder le</span><span style="font-weight: 400;"> lien, créer des contacts et obtenir des informations de fond. Ce travail est moins lié à l&rsquo;actualité immédiate, mais nourrit les papiers et la compréhension du pays. A côté de cela, il y a l&rsquo;urgence : s&rsquo;il se passe quelque chose à un endroit, je prends la voiture </span><span style="font-weight: 400;">et j&rsquo;y vais. Cela peut être à 6 heures du matin, en début d&rsquo;après-midi, à l&rsquo;autre bout du pays ou un dimanche. Cette capacité de réaction est fondamentale.</span></p>
<p><b>Contrairement à d&rsquo;autres correspondants, vous avez fait le choix de travailler sans fixeur sur place. Pourquoi ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">C&rsquo;est précisément la force d&rsquo;être correspondante locale : on prend le temps de bâtir son propre réseau avec des contacts directs. Quand la situation l’exige, je peux appeler directement mes sources pour savoir si une route est ouverte, fermée ou dangereuse. Il y a aussi une réalité économique : les fixeurs demandent des tarifs extrêmement élevés. Les chaînes de télévision ou les grands médias américains paient des sommes que nous, journalistes de presse écrite, sommes incapables d&rsquo;aligner. Et je reste convaincue que l&rsquo;absence d&rsquo;intermédiaire permet de nouer une relation différente, plus humaine avec les gens.</span></p>
<p><b>La violence s&rsquo;est-elle intensifiée contre les reporters et les civils ces derniers mois ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L&rsquo;exemple terrible d&rsquo;Amal Khalil, une collègue avec qui j’ai collaboré. Elle et sa consœur se trouvaient juste derrière une voiture qui a été frappée par un drone. Elles se sont immédiatemen</span><span style="font-weight: 400;">t réfugiées dans un bâtiment qui a son tour a été frappé par un avion de chasse israélien. La Croix-Rouge et l&rsquo;armée libanaise ont tenté d&rsquo;intervenir pour les extraire, mais elles ont essuyé des tirs de l&rsquo;armée israélienne. L&rsquo;interdiction d&rsquo;accès a duré six heures. Quand la Croix-Rouge a enfin pu approcher, Amal avait succombé à ses blessures. En tant qu&rsquo;Européens, nous bénéficions d&rsquo;une relative protection mais nos collègues libanais sont en première ligne. On observe un ciblage systématique des secouristes et des journalistes au Sud. Cette année, avec les évacuations massives, tout véhicule en mouvement est devenu une cible. Nos fenêtres d&rsquo;opportunité sont minimes et demandent de prendre de grands risques.</span></p>
<p><b>Face à un tel danger, comment évaluez-vous les risques. Observez-vous une différence avec vos collègues salariés en termes de sécurité ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La sécurité sur le terrain est une notion très volatile, elle change en l&rsquo;espace de quelques minutes. Certains de mes collègues salariés doivent, pour chaque déplacement, demander l&rsquo;autorisation à un responsable de la sécurité basé à Paris ou ailleurs. Pour moi, ce fonctionnement est contre-productif. Sur le terrain, vous voyez une accalmie, vous constatez qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de drone à cet instant précis, vous savez qui vous allez voir, il faut saisir l&rsquo;opportunité. Devoir attendre des validations hiérarchiques à distance bloque ces fenêtres cruciales. La perception du risque depuis un bureau parisien n&rsquo;a rien à voir avec la réalité du contexte local. </span></p>
<p><strong>C&rsquo;est à dire ?</strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Il n&rsquo;y a pas de risque zéro. Le danger aujourd&rsquo;hui au Liban n&rsquo;est pas de recevoir un éclat et de s&rsquo;en tirer avec deux mois d&rsquo;arrêt maladie. En discutant avec les soignants, on sait qu&rsquo;en cas de frappe directe de drone sur une voiture, les chances de survie sont quasi nulles. La question devient alors purement journalistique : je ne vais pas sur le terrain pour le plaisir d&rsquo;y aller. L&rsquo;évaluation doit être rigoureuse : est-ce que l&rsquo;importance de l&rsquo;information que je vais rapporter vaut le coup de prendre ce risque spécifique ? Si l&rsquo;objectif éditorial est crucial, alors j&rsquo;accepte ce risque. Avec l&rsquo;expérience, on développe aussi des réflexes, on apprend à analyser le comportement d&rsquo;un drone au-dessus de nos têtes ou à se mettre à l&rsquo;ombre car on sait qu’on est beaucoup plus visibles au soleil.</span></p>
<p><b>Existe-t-il une différence majeure entre les journalistes salariés et les pigistes indépendants comme vous ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le vrai problème de fond est le manque cruel de moyens et la sous-rémunération systémique des correspondants indépendants. Pour être honnête, je gagne moins que le salaire minimum genevois. Je parviens à m&rsquo;en sortir parce que je n&rsquo;ai pas d&rsquo;enfants à charge, mais c&rsquo;est un travail usant, 7 jours sur 7, sur place depuis des mois. Et la majorité de mes collègues indépendants touchent encore beaucoup moins que moi. Ma situation n’est pas la plus précaire car je sais que j’ai des médias qui me suivent et je me sens sécurisée sur ce point mais cette précarité pousse à la surenchère et au danger. Cela signifie aussi renoncer à consulter un psychologue parce que c&rsquo;est trop cher. Pour réussir à vendre un article, certains pigistes sont poussés à prendre des risques démesurés. Je vois des collègues développer des troubles obsessionnels, souffrir d&rsquo;insomnies sévères, devenir d&rsquo;une nervosité extrême, jusqu&rsquo;au point de rupture où ils lâchent totalement la profession. En Suisse, le statut de pigiste n&rsquo;offre absolument aucune sécurité. Si j&rsquo;ai un problème de santé demain, la question est immédiate : combien de temps puis-je tenir financièrement avant de devoir retravailler ?</span></p>
<p><b>Vous vivez actuellement à Beyrouth. À quoi ressemble votre quotidien ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Juste avant notre entretien, j&rsquo;ai dû fermer toutes les fenêtres de mon appartement parce qu&rsquo;un drone tournait au-dessus de mon immeuble. Sinon, le bourdonnement est tel que vous ne m&rsquo;entendriez pas. J&rsquo;ai la chance d&rsquo;habiter dans un quartier chrétien qui est épargné par les bombardements directs. Mais la guerre psychologique est omniprésente. Le conflit s&rsquo;est intensifié récemment, mais nous subissons des bombardements imprévisibles et une tension permanente depuis des mois. Vivre au quotidien avec des drones au-dessus de la tête est épuisant. Le volume sonore de ces engins est assourdissant et s&rsquo;infiltre physiquement : quand le drone descend très bas et stagne pendant des heures, je sens mon rythme cardiaque s&rsquo;accélérer, mes muscles se tendre. Les voisins s&rsquo;énervent, les enfants pleurent, les animaux paniquent. Mon père, qui me disait toujours que j&rsquo;exagérais, est venu me voir l&rsquo;année passée. Après deux jours de drones non-stop, il devenait fou et ne comprenait pas comment on pouvait tolérer cette violation constante de l&rsquo;espace aérien. Au Liban, nous avons tristement banalisé ce bruit constant. </span></p>
<p><b>Cette fatigue physique et psychologique altère-t-elle la qualité de votre travail ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Cela demande une énergie colossale. J&rsquo;aime profondément ce pays, ses habitants, et c&rsquo;est un choix conscient de ma part d&rsquo;être ici. Mais après des semaines de bombardements, il y a des moments où j&rsquo;ai juste envie de rentrer, de me poser, et de faire du journalisme dans des conditions normales, là où il y a de l&rsquo;électricité en continu, du calme, la possibilité de manger et de dormir correctement. Quand je rentre en Suisse, les idées s&rsquo;organisent clairement dans ma tête tout simplement parce que j&rsquo;ai pu dormir. Les capacités de réflexion sont altérées lorsque la majorité de votre énergie quotidienne est siphonnée par des mécanismes de pure survie. </span></p>
<p><b>Vous évoquiez votre réseau de confiance sur place, mais quelle est l&rsquo;attitude générale de la population envers les journalistes ? Constatez-vous de la méfiance ou une évolution ces dernières années ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">J’ai mentionné l’armée israélienne mais il y a aussi le Hezbollah qui combat au sud du Liban. Ils surveillent de très près nos positions et nos accès. Il est toujours possible de naviguer, mais cela demande beaucoup d&rsquo;efforts, de contacts et de patience. Si une tentative échoue le premier jour, il faut réessayer le lendemain en espérant ne pas tomber sur la personne qui bloquera le passage. C&rsquo;est un travail permanent mais c&rsquo;est aussi cela qui rend le métier fascinant. En Iran et dans une partie de la Syrie le passage par un fixeur est obligatoire, ce qui restreint la liberté puisqu’il doit rendre des comptes aux autorités et risque des ennuis si votre travail déplaît. En Jordanie, les contrôles sont stricts, et le Nord d&rsquo;Israël est presque totalement bouclé aux journalistes. C&rsquo;est toute la région qui subit une restriction globale des accès.</span></p>
<h6><strong>Sophie Sager, Chargée de projets RSF Suisse</strong></h6>
<p><em>(Photo : Alexandra Henry. Sur la photo : Sophie Woeldgen immortalise des chars près du checkpoint qui mène à Kobane, près de l&rsquo;Euphrate. La route venait d&rsquo;être conquise par des combattants des Forces Démocratiques Syriennes vers la fin janvier 2026.)</em></p>
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		<title>Vague de procédures-bâillons contre Heidi.news : RSF saisit la rapporteuse spéciale de l&#8217;ONU Irene Khan</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/vague-de-procedures-baillons-contre-heidi-news-rsf-saisit-la-rapporteuse-speciale-de-lonu-irene-khan/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Jul 2026 12:46:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Newsletter 2026-06-FR]]></category>
		<category><![CDATA[Suisse]]></category>
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					<description><![CDATA[Le média suisse romand Heidi.news fait face depuis plusieurs mois à une vague sans précédent d’interdictions de publication ordonnées par la justice. Quatre articles d’investigation du journaliste Antoine Harari ont fait l&#8217;objet de pas moins de 45 ordonnances de mesures superprovisionnelles – un instrument du droit civil suisse permettant à une personne ou à une [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-chapo field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<p><strong>Le média suisse romand Heidi.news fait face depuis plusieurs mois à une vague sans précédent d’interdictions de publication ordonnées par la justice. Quatre articles d’investigation du journaliste Antoine Harari ont fait l&rsquo;objet de pas moins de 45 ordonnances de mesures superprovisionnelles – un instrument du droit civil suisse permettant à une personne ou à une entreprise d’obtenir, parfois sans même que la partie adverse soit entendue, une interdiction judiciaire de publier certains contenus. L’issue des procédures demeure incertaine. Si les plaignants obtenaient gain de cause, les conséquences pour la liberté de la presse en Suisse seraient profondément préoccupantes. Face à cette situation, Reporters sans frontières (RSF) a saisi la rapporteuse spéciale des Nations unies sur la liberté d’expression. </strong></p>
</div>
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<div class="paragraph paragraph--type--texte-riche paragraph--view-mode--default">
<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-texte-riche field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Au printemps, le journaliste Antoine Harari du média en ligne suisse romand <em>Heidi.news</em> a consacré une <a class="external-website" title="série d’articles - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.heidi.news/explorations/le-fabuleux-destin-d-abdallah-chatila" target="_blank" rel="noopener"><u>série d’articles</u></a> aux activités de l’homme d’affaires genevois Abdallah Chatila et plus spécifiquement au sujet du rachat de la filiale suisse d’une banque russe visée par des sanctions européennes et suisses.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Pour financer ce rachat, Abdallah Chatila a emprunté 140 millions de francs suisses, avec la promesse de « dérussifier » la banque. Or, selon l’enquête d’<em>Heidi.news</em>,<em> </em>plusieurs créanciers ayant accordé ces prêts entretiendraient des liens étroits avec la Russie de Vladimir Poutine et certains seraient eux-mêmes visés par des sanctions.</p>
<h5 class="text-align-justify" dir="ltr"><strong>Les créanciers, un sujet d’intérêt public… qui vaut des ennuis à </strong><em><strong>Heidi.news </strong></em></h5>
<p class="text-align-justify" dir="ltr"><em>Heidi.news</em> a publié les noms de ces créanciers, estimant que cette information relevait clairement de l’intérêt public. L’enquête révélait en effet des éléments qui semblent avoir échappé aux organismes de surveillance. Cette publication a toutefois donné lieu à 45 ordonnances de mesures superprovisionnelles prononcées par la justice. Les demandes ont été déposées par sept avocats représentant au total 15 personnes physiques et morales. Les mesures provisionnelles et superprovisionnelles sont un instrument du droit civil suisse permettant à des particuliers ou à des entreprises d’agir en justice contre des contenus journalistiques les concernant, lorsqu’ils estiment qu’ils pourraient en subir un « préjudice grave ».</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">En Suisse, ces mesures sont fréquemment utilisées contre les médias afin de les contraindre à supprimer certains éléments de leurs publications, tels que des noms ou des informations précises. Elles peuvent être ordonnées par un tribunal sans même que la partie adverse soit entendue au préalable. La frontière entre un usage légitime de ces procédures et une censure arbitraire apparaît particulièrement ténue. Cela est d’autant plus vrai depuis la révision récente de la base légale par le Parlement suisse. Dans l’ancienne version du texte de loi, la partie plaignante devait démontrer un « préjudice particulièrement grave ». Depuis 2025, il suffit désormais d’un « préjudice grave », sans qu’il soit nécessaire qu’il soit « particulièrement » important. Une modification apparemment mineure de la loi, mais aux conséquences significatives pour la liberté de la presse.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Pour le rédacteur en chef de <em>Heidi.news</em>, Serge Michel, les motivations des plaignants ne font aucun doute. Il déclare à RSF : « I<em>l ne s’agit pas de prétendre que </em>Heidi.news<em> a publié des informations erronées ou portant atteinte à la personnalité, entraînant un préjudice grave, comme le prévoit le Code civil. Il s’agit de nous réduire au silence au moyen de procédures-bâillons manifestement abusives. Cette avalanche de mesures superprovisionnelles est absurde. »</em></p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Selon Serge Michel, certains plaignants auraient même engagé des actions contre <em>Heidi.news</em> à titre personnel, tout en agissant simultanément au nom des sociétés dont ils sont les seuls propriétaires, afin de lancer des procédures parallèles portant sur le même objet. Cette pratique multiplie manifestement la charge de travail, ainsi que les frais d’avocats, pour la rédaction de <em>Heidi.news</em>. Elle illustre également le caractère arbitraire et abusif de ces procédures.</p>
</div>
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<div class="paragraph paragraph--type--citation paragraph--view-mode--default">
<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-texte-riche field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<blockquote><p><em>« La section suisse de RSF critique depuis longtemps la faille juridique que constituent les mesures superprovisionnelles en Suisse. La vague de plaintes visant </em>Heidi.news<em> illustre parfaitement le recours massif aux procédures-bâillons contre une petite rédaction. Le cadre légal facilite excessivement, selon nous, les actions engagées contre des contenus journalistiques jugés dérangeants. Nous appelons également le Parlement à se saisir enfin de la questions des procédures-bâillons. »<br />
</em><strong>Denis Masmejan</strong><br />
<strong>Secrétaire général de RSF Suisse</strong></p></blockquote>
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<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-texte-riche field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<h5 class="text-align-justify" dir="ltr"><strong>Les mesures superprovisionnelles : une faille du cadre juridique suisse</strong></h5>
<p class="text-align-justify" dir="ltr"><em>Heidi.news</em> n’est pas le seul média à faire face à de telles mesures superprovisionnelles, d’autres titres de presse suisses étant également concernés. Ces dernières années, des mesures superprovisionnelles ont notamment été ordonnées contre la <a class="external-website" title="RTS - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.rts.ch/audio-podcast/2025/audio/la-rts-obtient-la-suspension-des-mesures-superprovisionnelles-concernant-l-affaire-denis-vipret-28982890.html" target="_blank" rel="noopener"><em><u>RTS</u></em></a>, contre le groupe de presse national Tamedia ou encore contre le journal <em>Blick</em>. <a class="external-website" title="Le problème est bien connu. - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.humanrights.ch/fr/rechercher/mesures-provisionnelles-medias-liberte-expression-danger-suisse" target="_blank" rel="noopener"><u>Le problème est bien connu. </u></a></p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Pour <em>Heidi.news</em>, les neuf audiences judiciaires organisées dans le canton de Genève représentent déjà une charge considérable, en temps et en argent. Si les plaignants obtenaient gain de cause, les frais de procédure et les honoraires d’avocats alourdiraient significativement cette charge.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">L’effet de telles mesures superprovisionnelles est indéniable, affirme Serge Michel : « <em>Le risque d’autocensure augmente. Mais nous ne nous laissons ni influencer ni intimider. »</em> La rédaction prépare la suite de son enquête sur Abdallah Chatila, mais en raison des procédures judiciaires en cours, la date de publication n’a toutefois pas encore été fixée.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr"><em>Heidi.news</em> a également <a class="external-website" title="lancé, en mai, une pétition - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://secure.avaaz.org/community_petitions/fr/les_membres_du_parlement_suisse_protegeons_la_liberte_de_la_presse_en_suisse/?tkXJMkb" target="_blank" rel="noopener"><u>lancé, en mai, une pétition</u></a> appelant le législateur suisse à introduire une loi contre les procédures-bâillons (SLAPP), ou à défaut, à mettre en place des mécanismes empêchant que les médias soient ainsi entravés dans leur travail – par exemple <em>via</em> une procédure en deux étapes permettant de déterminer si une plainte est fondée ou si elle relève d’une procédure abusive.</p>
<h5 class="text-align-justify" dir="ltr"><strong>RSF mobilisée contre les procédures-bâillons </strong></h5>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Une réglementation comparable existe déjà dans l’Union européenne et au Royaume-Uni, mais pas en Suisse. C’est pourquoi la section suisse de RSF, en collaboration avec d’autres organisations médiatiques suisses et des ONG de la société civile, s’engage dans le cadre de <a class="external-website" title="l’Alliance suisse contre les SLAPP - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.allianz-gegen-slapp.ch/" target="_blank" rel="noopener"><u>l’Alliance suisse contre les SLAPP</u></a>, afin de lutter contre cette dérive et de sensibiliser le public, ainsi que les responsables politiques à ce problème.</p>
<h5 class="text-align-justify" dir="ltr"><strong>La rapporteuse spéciale des Nations unies sur la liberté d’expression, Irene Khan, a été saisie</strong></h5>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">RSF a en outre soutenu la rédaction de <em>Heidi.news</em> et appuyé sa démarche auprès de la rapporteuse spéciale des Nations unies pour la liberté d’expression, Irene Khan. L’objectif est de porter cette question, particulièrement préoccupante en Suisse au regard de la législation actuelle, au plus haut niveau des instances internationales compétentes.</p>
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		<item>
		<title>La presse à Hong Kong souffre depuis six ans de la loi draconienne sur la sécurité nationale</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/la-presse-a-hong-kong-souffre-depuis-six-ans-de-la-loi-draconienne-sur-la-securite-nationale-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Jun 2026 15:22:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[Il y a six ans, le 30 juin 2020, le gouvernement de Xi Jinping à Pékin a adopté à Hong Kong la loi radicale et draconienne sur la sécurité nationale (National Security Law). Depuis lors, dans la région administrative spéciale de Hong Kong, toute déclaration publique ou intention manifestée visant à séparer Hong Kong de [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Il y a six ans, le 30 juin 2020, le gouvernement de Xi Jinping à Pékin a adopté à Hong Kong la loi radicale et draconienne sur la sécurité nationale (National Security Law). Depuis lors, dans la région administrative spéciale de Hong Kong, toute déclaration publique ou intention manifestée visant à séparer Hong Kong de la Chine est considérée comme un délit. Cette loi peut être interprétée de manière si large que ses conséquences pour le mouvement démocratique hongkongais, ainsi que pour les médias et la liberté de la presse, restent aujourd’hui encore très graves. Au cours des six dernières années, de nombreux médias ont dû cesser leurs activités, et des locaux de rédactions ont été perquisitionnés par les forces de sécurité. De plus, des personnalités du monde des médias et des entrepreneurs du secteur, tels que Jimmy Lai ou Patrick Lam, ont été emprisonnés et réduits au silence sur la base d’accusations forgées de toutes pièces. Au moins 19 professionnels des médias ont été emprisonnés à Hong Kong depuis 2020, et certains d’entre eux ne sont toujours pas libres. <em>(Photo : Keystone-ATS)</em></strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le plus connu d’entre eux est sans doute Jimmy Lai. Depuis plus de cinq ans et demi, </span><a href="https://rsf.org/en/2000-days-behind-bars-time-running-out-jimmy-lai" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">soit plus de 2 000 jours</span></a><span style="font-weight: 400;">, il est détenu arbitrairement à Hong Kong, dont une grande partie en isolement cellulaire. En décembre 2025, une nouvelle condamnation a été prononcée à l’encontre de Lai : 20 ans de prison. Il est accusé de complot en vue de collaborer avec des forces étrangères ainsi que de publication de contenus séditieux en lien avec son ancienne activité d’éditeur du journal « Apple Daily ». Le verdict proprement dit n’a été rendu qu’en février 2026 ; il s’agit de la peine la plus lourde prononcée à ce jour contre un journaliste à Hong Kong en vertu de la loi sur la sécurité nationale.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En 2024, le procès des deux journalistes de l’ancien journal « Stand News », Patrick Lam et Chung Pui-kuen, a fait tout autant de bruit. La rédaction de « Stand News » avait déjà été prise d’assaut par les forces de sécurité fin 2021, ce qui avait contraint le journal à cesser ses activités. Bien que les chefs d’accusation retenus contre Patrick Lam et Chung Pui-kuen dans le jugement de 2024 ne relevaient pas de la loi sur la sécurité nationale, « Stand News » avait auparavant été déclaré comme constituant un risque pour la sécurité nationale de Hong Kong. Patrick Lam et Chung Pui-kuen ont été condamnés respectivement à onze et vingt-et-un mois d’emprisonnement pour émeute et atteinte à la sécurité de l’État, en vertu de la Loi fondamentale de Hong Kong (Hong Kong Basic Law).</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les procès intentés contre Jimmy Lai, ainsi que contre Patrick Lam et Chung Pui-kuen, illustrent parfaitement le recul drastique de la liberté de la presse à Hong Kong ces dernières années. En 2010, Hong Kong occupait encore la 34e place sur 180 pays et territoires recensés dans le classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF. En 2019, la région administrative spéciale occupait déjà la 73e place. Et aujourd’hui, les problèmes ont pris une telle ampleur que Hong Kong n’occupe plus que la 140e place. La situation de la liberté de la presse est globalement considérée comme très grave et il s’agit de l’un des plus forts recul de la liberté de la presse observés par RSF au cours des dernières décennies.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">RSF a toujours suivi de près les événements dans la zone administrative spéciale et a elle-même été confrontée à la répression exercée par les autorités. Celles-ci s’en prennent non seulement aux professionnels des médias, mais aussi aux ONG, comme Reporters sans frontières. En 2024, Aleksandra Bielakowska, collaboratrice de RSF, a </span><a href="https://rsf.org/en/hong-kong-rsf-representative-detained-and-deported-attempt-monitor-jimmy-lai-s-national-security" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">même été détenue pendant plusieurs heures à l’aéroport de Hong Kong sous de vagues prétextes, empêchée d’entrer sur le territoire, puis expulsée</span></a><span style="font-weight: 400;">. Le travail et la présence de RSF ont manifestement trop inquiété les autorités de Hong Kong pour qu’elles puissent laisser Mme Bielakowska entrer sans réagir.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Malgré la loi sur la sécurité nationale et la répression de plus en plus sévère à l’encontre de la presse, les professionnels des médias de Hong Kong n’ont pas cédé et continuent de résister. Patrick Lam, de « Stand News », a déclaré en 2024 dans sa </span><a href="https://x.com/hkdc_us/status/1829119010694181301" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">déclaration faite à la suite du verdict rendu à son encontre et à celle de Chung Pui-kuen</span></a><span style="font-weight: 400;"> : « Nous avons révélé des vérités qui, sans cela, seraient restées cachées, même si cela n’a pas été sans difficulté. Nous avons défendu les plus démunis et les minorités, malgré les attaques et les condamnations. Nous avons documenté autant que possible la vie quotidienne à Hong Kong. Nous voulions consigner ces histoires avant qu’elles ne disparaissent. Mais nous savions tous que notre liberté s’amenuisait. Malgré tout, beaucoup ont choisi de rester, de se battre et de tirer parti de l’espace restreint dont nous disposions. »</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Et Sébastien, le fils de Jimmy Lai, a déclaré en février 2026 </span><a href="https://www.youtube.com/watch?v=W15ZWKTWIkg" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">aux médias américains</span></a><span style="font-weight: 400;"> que son père était resté stoïquement calme lors du prononcé du verdict en février. Il aurait même souri, « en signe de résistance ». Cela a donné de la force à Sébastien Lai. La Chine a peut-être emprisonné physiquement Jimmy Lai, mais pas son esprit de combat, a souligné Sébastien. Cet esprit de combat a certes coûté très cher à Jimmy Lai, à savoir sa liberté. Et pourtant, il sert d’inspiration à la presse encore libre dans la région, de repère et de source de motivation. Car les libertés qui subsistent doivent être mises à profit et préservées. Sinon, elles disparaîtront elles aussi complètement.</span></p>
<h6><strong>Valentin Rubin, Policy &amp; Advocacy Manager RSF Suisse</strong></h6>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
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		<title>Correspondante au Liban: « Vivre au quotidien avec des drones au-dessous de la tête est épuisant »</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/correspondante-au-liban-vivre-au-quotidien-avec-des-drones-au-dessous-de-la-tete-est-epuisant/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Jun 2026 15:00:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Newsletter 2026-06-FR]]></category>
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					<description><![CDATA[Basée au Liban depuis 2020, la journaliste indépendante Sophie Woeldgen couvre l’actualité du Proche Orient, d’abord pour le média en ligne Heidi.news, aujourd’hui principalement pour les médias Le Temps, Le Soir (Belgique) et La Tribune du Dimanche (France). Elle nous livre son témoignage sur la réalité du métier de correspondante : ciblage des reporters, précarité [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Basée au Liban depuis 2020, la journaliste indépendante Sophie Woeldgen couvre l’actualité du Proche Orient, d’abord pour le média en ligne Heidi.news, aujourd’hui principalement pour les médias Le Temps, Le Soir (Belgique) et La Tribune du Dimanche (France). Elle nous livre son témoignage sur la réalité du métier de correspondante : ciblage des reporters, précarité des pigistes et charge mentale d’un quotidien rythmé par le bourdonnement incessant des drones. </strong></p>
<p><b>Vous couvrez un terrain hautement inflammable, notamment le sud du Liban, qualifié de zone de combat par l’armée israélienne. Comment parvient-on à travailler sous les bombardements ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Cette guerre-ci est beaucoup plus difficile à couvrir que les précédentes phases du conflit. Mais, déjà en 2024 des tirs d’artillerie avaient tué Issam Abdallah, journaliste pour Reuters et blessé gravement Christina Assi, photographe pour l&rsquo;AFP. Ils étaient pourtant parfaitement identifiés comme « Presse » sur une route dégagée que nous empruntions tous. Les enquêtes ont démontré qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;un ciblage. Une question s&rsquo;est alors posée pour nous, journalistes : devons-nous continuer à afficher nos insignes de presse au risque d&rsquo;être ciblés, ou devons-nous nous déplacer en civils pour nous fondre dans la masse ? C&rsquo;est un double tranchant permanent. Une vingtaine de journalistes ont été tués au Liban depuis octobre 2023. </span></p>
<p><b>A quoi ressemble une semaine type en tant que journaliste au Liban ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">C&rsquo;est un peu compliqué car je bouge beaucoup, mais cela dépend du contexte. Tout </span><span style="font-weight: 400;">dépend si l’on est en période d&rsquo;escalade, de guerre de haute intensité, ou dans des phases plus calmes. En tant que correspondante, il y a une obligation de réagir à n&rsquo;importe quel moment. Bien sûr, je planifie des interviews et des rencontres pour garder le</span><span style="font-weight: 400;"> lien, créer des contacts et obtenir des informations de fond. Ce travail est moins lié à l&rsquo;actualité immédiate, mais nourrit les papiers et la compréhension du pays. A côté de cela, il y a l&rsquo;urgence : s&rsquo;il se passe quelque chose à un endroit, je prends la voiture </span><span style="font-weight: 400;">et j&rsquo;y vais. Cela peut être à 6 heures du matin, en début d&rsquo;après-midi, à l&rsquo;autre bout du pays ou un dimanche. Cette capacité de réaction est fondamentale.</span></p>
<p><b>Contrairement à d&rsquo;autres correspondants, vous avez fait le choix de travailler sans fixeur sur place. Pourquoi ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">C&rsquo;est précisément la force d&rsquo;être correspondante locale : on prend le temps de bâtir son propre réseau avec des contacts directs. Quand la situation l’exige, je peux appeler directement mes sources pour savoir si une route est ouverte, fermée ou dangereuse. Il y a aussi une réalité économique : les fixeurs demandent des tarifs extrêmement élevés. Les chaînes de télévision ou les grands médias américains paient des sommes que nous, journalistes de presse écrite, sommes incapables d&rsquo;aligner. Et je reste convaincue que l&rsquo;absence d&rsquo;intermédiaire permet de nouer une relation différente, plus humaine avec les gens.</span></p>
<p><b>La violence s&rsquo;est-elle intensifiée contre les reporters et les civils ces derniers mois ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L&rsquo;exemple terrible d&rsquo;Amal Khalil, une collègue avec qui j’ai collaboré. Elle et sa consœur se trouvaient juste derrière une voiture qui a été frappée par un drone. Elles se sont immédiatemen</span><span style="font-weight: 400;">t réfugiées dans un bâtiment qui a son tour a été frappé par un avion de chasse israélien. La Croix-Rouge et l&rsquo;armée libanaise ont tenté d&rsquo;intervenir pour les extraire, mais elles ont essuyé des tirs de l&rsquo;armée israélienne. L&rsquo;interdiction d&rsquo;accès a duré six heures. Quand la Croix-Rouge a enfin pu approcher, Amal avait succombé à ses blessures. En tant qu&rsquo;Européens, nous bénéficions d&rsquo;une relative protection mais nos collègues libanais sont en première ligne. On observe un ciblage systématique des secouristes et des journalistes au Sud. Cette année, avec les évacuations massives, tout véhicule en mouvement est devenu une cible. Nos fenêtres d&rsquo;opportunité sont minimes et demandent de prendre de grands risques.</span></p>
<p><b>Face à un tel danger, comment évaluez-vous les risques. Observez-vous une différence avec vos collègues salariés en termes de sécurité ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La sécurité sur le terrain est une notion très volatile, elle change en l&rsquo;espace de quelques minutes. Certains de mes collègues salariés doivent, pour chaque déplacement, demander l&rsquo;autorisation à un responsable de la sécurité basé à Paris ou ailleurs. Pour moi, ce fonctionnement est contre-productif. Sur le terrain, vous voyez une accalmie, vous constatez qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de drone à cet instant précis, vous savez qui vous allez voir, il faut saisir l&rsquo;opportunité. Devoir attendre des validations hiérarchiques à distance bloque ces fenêtres cruciales. La perception du risque depuis un bureau parisien n&rsquo;a rien à voir avec la réalité du contexte local. </span></p>
<p><strong>C&rsquo;est à dire ?</strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Il n&rsquo;y a pas de risque zéro. Le danger aujourd&rsquo;hui au Liban n&rsquo;est pas de recevoir un éclat et de s&rsquo;en tirer avec deux mois d&rsquo;arrêt maladie. En discutant avec les soignants, on sait qu&rsquo;en cas de frappe directe de drone sur une voiture, les chances de survie sont quasi nulles. La question devient alors purement journalistique : je ne vais pas sur le terrain pour le plaisir d&rsquo;y aller. L&rsquo;évaluation doit être rigoureuse : est-ce que l&rsquo;importance de l&rsquo;information que je vais rapporter vaut le coup de prendre ce risque spécifique ? Si l&rsquo;objectif éditorial est crucial, alors j&rsquo;accepte ce risque. Avec l&rsquo;expérience, on développe aussi des réflexes, on apprend à analyser le comportement d&rsquo;un drone au-dessus de nos têtes ou à se mettre à l&rsquo;ombre car on sait qu’on est beaucoup plus visibles au soleil.</span></p>
<p><b>Existe-t-il une différence majeure entre les journalistes salariés et les pigistes indépendants comme vous ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le vrai problème de fond est le manque cruel de moyens et la sous-rémunération systémique des correspondants indépendants. Pour être honnête, je gagne moins que le salaire minimum genevois. Je parviens à m&rsquo;en sortir parce que je n&rsquo;ai pas d&rsquo;enfants à charge, mais c&rsquo;est un travail usant, 7 jours sur 7, sur place depuis des mois. Et la majorité de mes collègues indépendants touchent encore beaucoup moins que moi. Ma situation n’est pas la plus précaire car je sais que j’ai des médias qui me suivent et je me sens sécurisée sur ce point mais cette précarité pousse à la surenchère et au danger. Cela signifie aussi renoncer à consulter un psychologue parce que c&rsquo;est trop cher. Pour réussir à vendre un article, certains pigistes sont poussés à prendre des risques démesurés. Je vois des collègues développer des troubles obsessionnels, souffrir d&rsquo;insomnies sévères, devenir d&rsquo;une nervosité extrême, jusqu&rsquo;au point de rupture où ils lâchent totalement la profession. En Suisse, le statut de pigiste n&rsquo;offre absolument aucune sécurité. Si j&rsquo;ai un problème de santé demain, la question est immédiate : combien de temps puis-je tenir financièrement avant de devoir retravailler ?</span></p>
<p><b>Vous vivez actuellement à Beyrouth. À quoi ressemble votre quotidien ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Juste avant notre entretien, j&rsquo;ai dû fermer toutes les fenêtres de mon appartement parce qu&rsquo;un drone tournait au-dessus de mon immeuble. Sinon, le bourdonnement est tel que vous ne m&rsquo;entendriez pas. J&rsquo;ai la chance d&rsquo;habiter dans un quartier chrétien qui est épargné par les bombardements directs. Mais la guerre psychologique est omniprésente. Le conflit s&rsquo;est intensifié récemment, mais nous subissons des bombardements imprévisibles et une tension permanente depuis des mois. Vivre au quotidien avec des drones au-dessus de la tête est épuisant. Le volume sonore de ces engins est assourdissant et s&rsquo;infiltre physiquement : quand le drone descend très bas et stagne pendant des heures, je sens mon rythme cardiaque s&rsquo;accélérer, mes muscles se tendre. Les voisins s&rsquo;énervent, les enfants pleurent, les animaux paniquent. Mon père, qui me disait toujours que j&rsquo;exagérais, est venu me voir l&rsquo;année passée. Après deux jours de drones non-stop, il devenait fou et ne comprenait pas comment on pouvait tolérer cette violation constante de l&rsquo;espace aérien. Au Liban, nous avons tristement banalisé ce bruit constant. </span></p>
<p><b>Cette fatigue physique et psychologique altère-t-elle la qualité de votre travail ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Cela demande une énergie colossale. J&rsquo;aime profondément ce pays, ses habitants, et c&rsquo;est un choix conscient de ma part d&rsquo;être ici. Mais après des semaines de bombardements, il y a des moments où j&rsquo;ai juste envie de rentrer, de me poser, et de faire du journalisme dans des conditions normales, là où il y a de l&rsquo;électricité en continu, du calme, la possibilité de manger et de dormir correctement. Quand je rentre en Suisse, les idées s&rsquo;organisent clairement dans ma tête tout simplement parce que j&rsquo;ai pu dormir. Les capacités de réflexion sont altérées lorsque la majorité de votre énergie quotidienne est siphonnée par des mécanismes de pure survie. </span></p>
<p><b>Vous évoquiez votre réseau de confiance sur place, mais quelle est l&rsquo;attitude générale de la population envers les journalistes ? Constatez-vous de la méfiance ou une évolution ces dernières années ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">J’ai mentionné l’armée israélienne mais il y a aussi le Hezbollah qui combat au sud du Liban. Ils surveillent de très près nos positions et nos accès. Il est toujours possible de naviguer, mais cela demande beaucoup d&rsquo;efforts, de contacts et de patience. Si une tentative échoue le premier jour, il faut réessayer le lendemain en espérant ne pas tomber sur la personne qui bloquera le passage. C&rsquo;est un travail permanent mais c&rsquo;est aussi cela qui rend le métier fascinant. En Iran et dans une partie de la Syrie le passage par un fixeur est obligatoire, ce qui restreint la liberté puisqu’il doit rendre des comptes aux autorités et risque des ennuis si votre travail déplaît. En Jordanie, les contrôles sont stricts, et le Nord d&rsquo;Israël est presque totalement bouclé aux journalistes. C&rsquo;est toute la région qui subit une restriction globale des accès.</span></p>
<h6><strong>Sophie Sager, Chargée de projets RSF Suisse</strong></h6>
<p><em>(Photo : Alexandra Henry. Sur la photo : Sophie Woeldgen immortalise des chars près du checkpoint qui mène à Kobane, près de l&rsquo;Euphrate. La route venait d&rsquo;être conquise par des combattants des Forces Démocratiques Syriennes vers la fin janvier 2026.)</em></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<item>
		<title>La presse à Hong Kong souffre depuis six ans de la loi draconienne sur la sécurité nationale</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/la-presse-a-hong-kong-souffre-depuis-six-ans-de-la-loi-draconienne-sur-la-securite-nationale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Jun 2026 12:00:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Newsletter 2026-06-FR]]></category>
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					<description><![CDATA[Il y a six ans, le 30 juin 2020, le gouvernement de Xi Jinping à Pékin a adopté à Hong Kong la loi radicale et draconienne sur la sécurité nationale (National Security Law). Depuis lors, dans la région administrative spéciale de Hong Kong, toute déclaration publique ou intention manifestée visant à séparer Hong Kong de [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Il y a six ans, le 30 juin 2020, le gouvernement de Xi Jinping à Pékin a adopté à Hong Kong la loi radicale et draconienne sur la sécurité nationale (National Security Law). Depuis lors, dans la région administrative spéciale de Hong Kong, toute déclaration publique ou intention manifestée visant à séparer Hong Kong de la Chine est considérée comme un délit. Cette loi peut être interprétée de manière si large que ses conséquences pour le mouvement démocratique hongkongais, ainsi que pour les médias et la liberté de la presse, restent aujourd’hui encore très graves. Au cours des six dernières années, de nombreux médias ont dû cesser leurs activités, et des locaux de rédactions ont été perquisitionnés par les forces de sécurité. De plus, des personnalités du monde des médias et des entrepreneurs du secteur, tels que Jimmy Lai ou Patrick Lam, ont été emprisonnés et réduits au silence sur la base d’accusations forgées de toutes pièces. Au moins 19 professionnels des médias ont été emprisonnés à Hong Kong depuis 2020, et certains d’entre eux ne sont toujours pas libres. <em>(Photo : Keystone-ATS)</em></strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le plus connu d’entre eux est sans doute Jimmy Lai. Depuis plus de cinq ans et demi, </span><a href="https://rsf.org/en/2000-days-behind-bars-time-running-out-jimmy-lai" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">soit plus de 2 000 jours</span></a><span style="font-weight: 400;">, il est détenu arbitrairement à Hong Kong, dont une grande partie en isolement cellulaire. En décembre 2025, une nouvelle condamnation a été prononcée à l’encontre de Lai : 20 ans de prison. Il est accusé de complot en vue de collaborer avec des forces étrangères ainsi que de publication de contenus séditieux en lien avec son ancienne activité d’éditeur du journal « Apple Daily ». Le verdict proprement dit n’a été rendu qu’en février 2026 ; il s’agit de la peine la plus lourde prononcée à ce jour contre un journaliste à Hong Kong en vertu de la loi sur la sécurité nationale.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En 2024, le procès des deux journalistes de l’ancien journal « Stand News », Patrick Lam et Chung Pui-kuen, a fait tout autant de bruit. La rédaction de « Stand News » avait déjà été prise d’assaut par les forces de sécurité fin 2021, ce qui avait contraint le journal à cesser ses activités. Bien que les chefs d’accusation retenus contre Patrick Lam et Chung Pui-kuen dans le jugement de 2024 ne relevaient pas de la loi sur la sécurité nationale, « Stand News » avait auparavant été déclaré comme constituant un risque pour la sécurité nationale de Hong Kong. Patrick Lam et Chung Pui-kuen ont été condamnés respectivement à onze et vingt-et-un mois d’emprisonnement pour émeute et atteinte à la sécurité de l’État, en vertu de la Loi fondamentale de Hong Kong (Hong Kong Basic Law).</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les procès intentés contre Jimmy Lai, ainsi que contre Patrick Lam et Chung Pui-kuen, illustrent parfaitement le recul drastique de la liberté de la presse à Hong Kong ces dernières années. En 2010, Hong Kong occupait encore la 34e place sur 180 pays et territoires recensés dans le classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF. En 2019, la région administrative spéciale occupait déjà la 73e place. Et aujourd’hui, les problèmes ont pris une telle ampleur que Hong Kong n’occupe plus que la 140e place. La situation de la liberté de la presse est globalement considérée comme très grave et il s’agit de l’un des plus forts recul de la liberté de la presse observés par RSF au cours des dernières décennies.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">RSF a toujours suivi de près les événements dans la zone administrative spéciale et a elle-même été confrontée à la répression exercée par les autorités. Celles-ci s’en prennent non seulement aux professionnels des médias, mais aussi aux ONG, comme Reporters sans frontières. En 2024, Aleksandra Bielakowska, collaboratrice de RSF, a </span><a href="https://rsf.org/en/hong-kong-rsf-representative-detained-and-deported-attempt-monitor-jimmy-lai-s-national-security" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">même été détenue pendant plusieurs heures à l’aéroport de Hong Kong sous de vagues prétextes, empêchée d’entrer sur le territoire, puis expulsée</span></a><span style="font-weight: 400;">. Le travail et la présence de RSF ont manifestement trop inquiété les autorités de Hong Kong pour qu’elles puissent laisser Mme Bielakowska entrer sans réagir.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Malgré la loi sur la sécurité nationale et la répression de plus en plus sévère à l’encontre de la presse, les professionnels des médias de Hong Kong n’ont pas cédé et continuent de résister. Patrick Lam, de « Stand News », a déclaré en 2024 dans sa </span><a href="https://x.com/hkdc_us/status/1829119010694181301" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">déclaration faite à la suite du verdict rendu à son encontre et à celle de Chung Pui-kuen</span></a><span style="font-weight: 400;"> : « Nous avons révélé des vérités qui, sans cela, seraient restées cachées, même si cela n’a pas été sans difficulté. Nous avons défendu les plus démunis et les minorités, malgré les attaques et les condamnations. Nous avons documenté autant que possible la vie quotidienne à Hong Kong. Nous voulions consigner ces histoires avant qu’elles ne disparaissent. Mais nous savions tous que notre liberté s’amenuisait. Malgré tout, beaucoup ont choisi de rester, de se battre et de tirer parti de l’espace restreint dont nous disposions. »</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Et Sébastien, le fils de Jimmy Lai, a déclaré en février 2026 </span><a href="https://www.youtube.com/watch?v=W15ZWKTWIkg" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">aux médias américains</span></a><span style="font-weight: 400;"> que son père était resté stoïquement calme lors du prononcé du verdict en février. Il aurait même souri, « en signe de résistance ». Cela a donné de la force à Sébastien Lai. La Chine a peut-être emprisonné physiquement Jimmy Lai, mais pas son esprit de combat, a souligné Sébastien. Cet esprit de combat a certes coûté très cher à Jimmy Lai, à savoir sa liberté. Et pourtant, il sert d’inspiration à la presse encore libre dans la région, de repère et de source de motivation. Car les libertés qui subsistent doivent être mises à profit et préservées. Sinon, elles disparaîtront elles aussi complètement.</span></p>
<h6><strong>Valentin Rubin, Policy &amp; Advocacy Manager RSF Suisse</strong></h6>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<item>
		<title>L’exil des journalistes gagne du terrain dans le monde : le nombre de pays de départ a doublé en cinq ans selon les données RSF</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/lexil-des-journalistes-gagne-du-terrain-dans-le-monde-le-nombre-de-pays-de-depart-a-double-en-cinq-ans-selon-les-donnees-rsf/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Jun 2026 09:30:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[À l’occasion de la journée internationale des réfugiés le 20 juin dernier, Reporters sans frontières (RSF) révèle une carte de l’exil des journalistes soutenus par RSF depuis 2021. Dans un contexte international marqué par les tensions politiques et sécuritaires, le nombre de pays où les professionnels de l’information sont contraints à la fuite a doublé [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>À l’occasion de la journée internationale des réfugiés le 20 juin dernier, Reporters sans frontières (RSF) révèle une carte de l’exil des journalistes soutenus par RSF depuis 2021. Dans un contexte international marqué par les tensions politiques et sécuritaires, le nombre de pays où les professionnels de l’information sont contraints à la fuite a doublé en cinq ans, selon les données RSF. Pour les journalistes concernés, plus de 1 400 personnes d’au moins 65 pays, la volonté de continuer à informer se heurte aux dangers liés à l’exercice de leur mission et aux limites des politiques d’accueil.</strong></p>
<p><iframe style="width: 100%; height: 600px;" title="Interactive or visual content" src="https://routes-de-l-exil.data.rsf.org/?lang=en" frameborder="0" scrolling="no" sandbox="allow-same-origin allow-forms allow-scripts allow-downloads allow-popups allow-popups-to-escape-sandbox allow-top-navigation-by-user-activation"></iframe></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">« </span><i><span style="font-weight: 400;">Les parcours d’exil des journalistes soutenus par RSF dessinent chaque année une cartographie mondiale de la répression. RSF dresse un bilan consternant qui fait écho aux enseignements du Classement 2026 de la liberté de la presse dans le monde : depuis cinq ans, 1 468 reporters de plus de 60 pays ont été soutenus par l’organisation car forcés de fuir les menaces, la prison ou la mort. Un chiffre accablant, qui ne représente pourtant qu’une partie d’un phénomène bien plus grand. Et le calvaire de ces reporters ne s’arrête pas là : extorsions, expulsions et violences administratives sont le quotidien de nombre d’entre eux après avoir dû fuir. Pour défendre le droit à l’information fiable, il importe que les États offrent aux journalistes exilés, dernier rempart contre la désinformation et la propagande qui gagnent du terrain, une protection effective : garanties contre le refoulement, visas d’urgence, titres de séjour pérennes, accès aux programmes de réinstallation et soutien à la reprise de leur travail. </span></i><span style="font-weight: 400;">»</span><i><span style="font-weight: 400;"><br />
</span></i><b>Vianney Loriquet</b><b><br />
</b><b>Datajournaliste et responsable du Classement mondial de la liberté de la presse</b></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">677 journalistes afghans, 160 russes, 101 birmans et des centaines d’autres d’une soixantaine de pays différents… Entre 2021 et 2025, l’exil a frappé des pans entiers du journalisme indépendant. D’après les données du bureau assistance de RSF international, 65 pays ont connu au moins un départ de journaliste contraint à l’exil ; dans 20 d’entre eux, au moins dix journalistes ont dû quitter leur pays.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Certains d’entre eux ont rejoint la Suisse après un parcours semé d’embûches. C’est pourquoi la section suisse de RSF a également soutenu, ces dernières années, plusieurs journalistes en exil qui ont dû fuir leur pays d’origine en raison de persécutions ou d’un danger pour leur vie. Ce soutien leur est apporté grâce à notre fonds de soutien et de solidarité spécialement créé à cet effet. Ces dernières années, RSF Suisse a ainsi pu venir en aide à plusieurs professionnels des médias, notamment originaires des régions kurdes de Turquie, de Biélorussie ou de Syrie.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le phénomène du journalisme en exil prend de l&rsquo;ampleur à l&rsquo;échelle mondiale et ne se limite pas à une région particulière.</span> <span style="font-weight: 400;">En cinq ans, le nombre de pays concernés a doublé, passant de 19 en 2021 à 40 en 2025. Sur la même période, le nombre de journalistes exilés ayant bénéficié de l’aide de RSF est resté à un niveau élevé : 235 en 2021 et 243 en 2025.</span></p>
<h5><b>Guerres et crime organisé poussent les journalistes à l’exil</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">L&rsquo;aggravation des crises sécuritaires et politiques dans plusieurs régions du monde est une clé de lecture de cette extension des zones de départ. </span></p>
<h5><b>Afrique subsaharienne : dégradation sécuritaire au Sahel et dans les Grands Lacs</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">La reprise des combats dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) a ouvert de nouvelles routes d’exil. En 2025, 21 journalistes ont fui le pays avec le soutien de RSF, pour la plupart vers le Burundi et l’Ouganda. Au Sahel, le phénomène s’étend désormais à une liste croissante de pays – Mali, Tchad, Guinée, Burkina Faso… – et progresse d’est e</span><span style="font-weight: 400;">n ouest depuis cinq ans, jusqu’au Sénégal.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;"><b>E</b></span><span style="font-weight: 400;"><b>n Amérique latine : un climat de violence politique et criminelle<br />
</b></span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L’instabilité des institutions, la pression des cartels sur le journalisme indépendant et le durcissement autoritaire de régimes comme ceux du Salvador ou du Venezuela nourrissent une dynamique particulièrement préoccupante : depuis le 1er janvier 2026, six journalistes ont déjà été tués au Mexique, en Colombie et au Guatemala. Pour ne pas connaître un sort similaire, des dizaines de journalistes ont pris la route de l’exil dans cette région. Ces cas restent toutefois parmi les plus difficiles à quantifier : dans des contextes aussi dégradés, les données d’assistance de RSF ne captent qu’une partie du phénomène.</span></p>
<h5><b>Répression, expulsions, détentions : l’engrenage de l’exil afghan</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">L’Afghanistan est devenu l’épicentre mondial de l’exil des journalistes depuis la chute de Kaboul, le 15 août 2021. En cinq ans, 677 journalistes afghans ont fui leur pays avec le soutien de RSF, soit près de la moitié des cas recensés par l’assistance de RSF dans le monde. Dispersés aujourd’hui dans 28 pays, ils incarnent l’une des plus grandes hémorragies du journalisme indépendant de l’histoire récente. </span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;">Toujours selon les chiffres de l’assistance de RSF, le pic de départs a été atteint en 2022 avec 183 journalistes afghans contraints à l’exil, et les répliques se font encore sentir. En 2025, 82 journalistes ont encore dû quitter le pays.<br />
</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Nombre de ces journalistes ne sont pourtant toujours pas en sécurité dans le pays où ils ont trouvé un refuge temporaire. Au Pakistan, une politique d’expulsion massive des réfugiés afghans a été lancée en 2023, dans un contexte de tensions entre le gouvernement pakistanais et le régime taliban. Au moins une cinquantaine de journalistes ont ainsi</span><a href="https://rsf.org/fr/pakistan-l-exil-bris%C3%A9-des-journalistes-afghans-renvoy%C3%A9s-vers-le-cauchemar-taliban-pendant-que-le" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;"> été renvoyés de force en Afghanistan</span></a><span style="font-weight: 400;">. Les visas de séjour des exilés afghans ne sont presque plus renouvelés, les plongeant dans l’illégalité.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">« </span><span style="font-weight: 400;">Après avoir passé une journée entière dans un centre de détention de la police pakistanaise, j’ai été contraint de payer 115 000 roupies pakistanaises [environ 330 francs suisses] pour éviter l’expulsion et obtenir ma libération. Début février, le propriétaire de ma maison m’a demandé de quitter les lieux </span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">, racontait en mars 2026 à RSF un reporter afghan réfugié à Islamabad.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En Afghanistan, le régime taliban poursuit son verrouillage de l’espace public. Cinq journalistes sont toujours officiellement détenus, </span><a href="https://rsf.org/barometre" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">selon les données du baromètre de RSF</span></a><span style="font-weight: 400;">. Pour les journalistes afghans, le choix se réduit chaque année davantage : disparaître du paysage médiatique, prendre la route de l’exil, ou risquer la détention.</span></p>
<h5><b>Birmanie : la junte veut réduire la presse au silence</b></h5>
<p><b></b><span style="font-weight: 400;">En Birmaine aussi, la situation est dramatique. En quatre ans, plus d’une centaine de journalistes accompagnés par RSF ont été contraints à fuir le pays. Depuis le coup d’État de février 2021, </span><a style="font-size: 14px;" href="https://rsf.org/fr/birmanie-quatre-ans-apr%C3%A8s-le-coup-d-%C3%A9tat-le-documentaire-de-rsf-d%C3%A9voile-la-r%C3%A9sistance-des">la junte militaire birmane mène une répression implacable contre la presse</a><span style="font-weight: 400;">. Sept journalistes et défenseurs de la liberté de la presse ont été tués. En tout, environ 300 journalistes birmans auraient trouvé refuge en Thaïlande pour fuir ce climat de terreur. Les conditions sont particulièrement précaires pour ces exilés, la majorité travaillant pour des salaires très faibles, sans statut légal ni couverture santé.</span></p>
<p><b></b><span style="font-weight: 400;">En réponse, RSF a soutenu plus de 350 journalistes birmans, toujours dans le pays ou en exil, notamment à travers le <a href="https://rsf.org/fr/en-pleine-guerre-civile-le-programme-rsf-pour-la-libert%C3%A9-de-la-presse-en-birmanie-soutenu-plus-de">Myanmar Press Freedom Project</a>, lancé en 2024 depuis la Thaïlande.</span></p>
<h5><b>Russie : le Kremlin poursuit les journalistes au-delà des frontières</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">La guerre d&rsquo;agression à grande échelle contre l’Ukraine a marqué une rupture brutale : en 2022, au plus fort du durcissement du régime contre la presse indépendante, 78 journalistes exilés ont bénéficié de l’aide de RSF, contre quatre l’année précédente. En tout, depuis 2021, 160 journalistes russes ayant bénéficié de l’assistance de RSF ont été contraints à l’exil, mais le chiffre total des professionnels des médias qui ont dû fuir le pays était déjà dix fois supérieur en 2023 </span><a href="https://rsf.org/fr/rsf-exhorte-les-etats-europ%C3%A9ens-%C3%A0-renforcer-leur-soutien-au-journalisme-russe-ind%C3%A9pendant-3"><span style="font-weight: 400;">selon un rapport de The Fix et du JX Fund,</span></a><span style="font-weight: 400;"> fonds de soutien pour le journalisme en exil créé par RSF.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">À mesure que le journalisme indépendant disparaît du territoire russe, les rédactions en exil deviennent l’un des derniers relais d’information libre pour la population. </span><a href="https://rsf.org/fr/rapport-jx-fund-les-m%C3%A9dias-russes-en-exil-un-rempart-fragile-que-l-europe-doit-soutenir-d-urgence"><span style="font-weight: 400;">D’après un autre rapport du JX Fund et de The Fix paru en 2025</span></a><span style="font-weight: 400;">, 63 médias russes indépendants basés à l’étranger restent actifs, malgré leur fragilité, entre la baisse des financements américains et les pressions constantes du Kremlin. Les auteurs du rapport évaluent leur audience entre 6 % et 9 % des adultes russes, soit plusieurs millions de personnes. Pour les faire taire, Moscou déplace désormais la répression hors de ses frontières. Entre février 2022 et septembre 2025, 66 professionnels des médias ont été arrêtés ou condamnés par contumace à cause de leur travail, </span><a href="https://rsf.org/fr/exil%C3%A9s-condamn%C3%A9s-traqu%C3%A9s-comment-la-russie-exporte-sa-r%C3%A9pression-judiciaire-contre-pr%C3%A8s-de-70"><span style="font-weight: 400;">selon des données croisées par RSF avec celles de Justice for Journalists (JFJ</span></a><span style="font-weight: 400;">).</span></p>
<h5><b>Égypte, Turquie : accueillir sans protéger la liberté de la presse</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">Dans plusieurs pays, l’accueil de journalistes fuyant des zones de conflit coexiste avec l’exil de reporters nationaux critiques du pouvoir. L’Égypte illustre cette ambivalence : depuis 2021, au moins 31 journalistes soutenus par RSF, majoritairement soudanais et palestiniens, y ont trouvé refuge. Certains continuent d’informer depuis le pays, à l’instar des </span><a href="https://rsf.org/fr/soudan-les-m%C3%A9dias-en-exil-fragiles-canaux-d-information-sur-une-guerre-oubli%C3%A9e"><span style="font-weight: 400;">médias soudanais</span></a><span style="font-weight: 400;">qui s’y sont installés. En tout, plus de 300 journalistes auraient fui le conflit qui règne au Soudan vers l’Égypte.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ces médias restent pourtant sous la menace de la censure du gouvernement soudanais, avec l&rsquo;aide de son allié égyptien. </span><span style="font-weight: 400;">« </span><span style="font-weight: 400;">Des actes d’intimidation, allant de l’expulsion du pays à des menaces de mort et des campagnes de diffamation ont visé l’équipe de Sudania 24, notamment le présentateur du programme qui a reçu des pressions pour publier un communiqué de soutien à l&rsquo;armée soudanaise </span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">, témoignait, sous le couvert de l’anonymat, un journaliste de la chaîne à RSF en 2025.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Par ailleurs, au moins 11 journalistes ont aussi fui l’Égypte sur la même période. Sous la dictature militaire du président Abdel Fattah al-Sissi, le pays demeure, en dépit de récentes libérations comme celle d’</span><a href="https://rsf.org/fr/%C3%A9gypte-le-journaliste-anglo-%C3%A9gyptien-alaa-abdel-fattah-enfin-lib%C3%A9r%C3%A9"><span style="font-weight: 400;">Alaa Abdel Fattah</span></a><span style="font-weight: 400;">, l’une des plus grandes prisons du monde pour les journalistes : 18 d’entre eux y sont actuellement détenus pour avoir fait leur travail.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Plus au nord, la Turquie connaît une dynamique similaire. Pôle régional d’accueil pour les réfugiés, elle a vu au moins 46 journalistes exilés d’Afghanistan, de Palestine ou de Syrie s’y installer depuis 2021. </span><a href="https://rsf.org/fr/turquie-la-r%C3%A9pression-anti-presse-du-pr%C3%A9sident-erdogan-n-pas-de-fronti%C3%A8re"><span style="font-weight: 400;">Mais pour les journalistes de Turquie, travailler en toute indépendance reste un défi majeur</span></a><span style="font-weight: 400;">. Au moins dix d’entre eux, d’après les données de l’assistance de RSF (un chiffre probablement très inférieur à la réalité, qui monte à plusieurs dizaines) ont fui le pays entre 2021 et 2025. </span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">« </span><i><span style="font-weight: 400;">Lorsqu’un journaliste est contraint de fuir son pays, l’exil ne met pas fin aux menaces. Précarité, isolement et répression transnationale s’ajoutent souvent aux difficultés administratives et linguistiques du pays d’accueil. Pourtant, ces professionnels continuent de produire une information indispensable, souvent au péril de leur sécurité. Garantir leur protection et leur permettre de poursuivre leur activité journalistique n’est pas seulement une obligation humanitaire : c’est une condition indispensable à la défense du droit à l’information et au maintien d’un débat démocratique. Les États ont la responsabilité de leur offrir des conditions d’accueil, de protection et d’intégration à la hauteur de cet enjeu. </span></i><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><b>Victoria Lavenue</b><b><br />
</b><b>Responsable du bureau Assistance de RSF</b></p></blockquote>
<h5><b>Le journalisme exilé rempart contre la désinformation, des politiques d’accueil pourtant encore lacunaire </b><br style="font-weight: 400;" /><br style="font-weight: 400;" /></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">RSF émet dix recommandations à destination des pays accueillant des journalistes exilés, réparties en trois axes principaux : la protection juridique, le soutien financier et le renforcement des capacités. </span></p>
<p><strong>RENFORCER LES PROTECTIONS JURIDIQUES</strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">1.Accorder des visas de longue durée afin d’offrir une protection immédiate, renouvelable, aux journalistes en danger et à leurs familles.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">2.Faciliter la délivrance de titres de séjour et de permis de travail de longue durée afin de permettre aux journalistes exilés de se réinstaller plus facilement et de reprendre leur activité dans le pays de destination, en particulier lorsqu’un retour rapide dans leur pays d’origine est peu probable.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">3.Mettre en place des dispositifs d’alerte des services de police par les journalistes menacés en cas de répression transnationale.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">4.Adopter une législation obligeant les plateformes numériques à répondre au harcèlement ciblant les journalistes, afin de protéger les journalistes exilés contre la répression transnationale et les abus en ligne.</span></p>
<p><strong>SOUTENIR LA VIABILITÉ FINANCIÈRE</strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">5.Financer les programmes existants, tels que le Journalism in Exile Fund, afin de favoriser le passage d’un financement par projet à un financement de fonctionnement structurel et durable pour les médias en exil.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">6.Faciliter l’enregistrement des médias en exil et prévoir des exonérations fiscales et des subventions publiques pour les médias en exil durant leurs premières années de développement.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">7.Financer et promouvoir des pôles médias offrant aux médias en exil des espaces de coworking, des outils de production et des </span><a href="https://rsf.org/fr/un-du-projet-voix-en-exil-cfi-la-mdj-rsf-et-singa-organisent-l-%C3%A9v%C3%A9nement-ensemble-pour-la" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">programmes de mentora</span></a><span style="font-weight: 400;">t – comme Voix en exil en France.</span></p>
<p><strong>RENFORCER LES CAPACITÉS DES MÉDIAS EN EXIL</strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">8.Soutenir le développement et l’adoption partagée de technologies ou de capacités de contournement, telles que le </span><a href="https://rsf.org/fr/bouquet-satellitaire-svoboda" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">bouquet satellitaire Svoboda</span></a><span style="font-weight: 400;"> ou </span><a href="https://rsf.org/fr/collateral-freedom" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Collateral Freedom</span></a><span style="font-weight: 400;">, afin d’aider les médias en exil à briser le mur de la censure étatique dans leur pays d’origine.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">9.Encourager les médias en exil à s’engager dans un processus de certification de leurs pratiques éditoriales – notamment par l’adhésion à des standards internationaux comme la </span><a href="https://journalismtrustinitiative.org/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Journalism Trust Initiative</span></a><span style="font-weight: 400;"> – afin de les protéger des pressions extérieures susceptibles de compromettre leur intégrité journalistique.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">10.Financer des programmes de formation permettant aux journalistes exilés de continuer à développer leurs compétences dans des domaines tels que la cybersécurité, la gestion juridique et financière, la sécurité numérique, l’enquête en sources ouvertes, la mesure d’audience, etc.</span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Dans les territoires ukrainiens occupés par la Russie, s’informer devient un acte clandestin</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/dans-les-territoires-ukrainiens-occupes-par-la-russie-sinformer-devient-un-acte-clandestin/</link>
		
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		<pubDate>Mon, 22 Jun 2026 10:14:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[Le Kremlin a partiellement ou totalement bloqué les réseaux sociaux et les services de messagerie non-russes dans les territoires ukrainiens de l’est et du sud-est occupés par la Russie. Isolés sur le plan numérique, des habitantes et habitants tentent malgré tout de contourner la censure pour rester en contact avec le monde extérieur et s’informer [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le Kremlin a partiellement ou totalement bloqué les réseaux sociaux et les services de messagerie non-russes dans les territoires ukrainiens de l’est et du sud-est occupés par la Russie. Isolés sur le plan numérique, des habitantes et habitants tentent malgré tout de contourner la censure pour rester en contact avec le monde extérieur et s’informer auprès de sources indépendantes en dehors des récits de propagande. Reporters sans frontières (RSF) a recueilli les témoignages de personnes pour qui s’informer est devenu un acte clandestin. </strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">«Un jour Internet et Telegram fonctionnent, le lendemain non.» Pour s’informer, Ihor*, qui vit dans les territoires ukrainiens occupés par la Russie, dépend de services quasiment inaccessibles. En Ukraine libre, ses proches ont accès à des sources plurielles. Lui, non. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine en 2022, les plateformes et messageries appartenant à des entreprises américaines comme Facebook, Instagram, X, YouTube, Signal ou encore Viber, appartenant à la société japonaise Rakuten, ont été partiellement ou totalement <a href="https://rsf.org/fr/présidentielle-en-russie-le-kremlin-renforce-son-bouclier-doré-en-ligne-pour-censurer-les" target="_blank" rel="noopener">censurées</a>. Dernière cible en date : Telegram, la messagerie fondée par l’entrepreneur russe Pavel Dourov, qui <a href="https://carnegieendowment.org/ru/russia-eurasia/politika/2026/03/russia-internet-telegram-restrictions" target="_blank" rel="noopener">fait l’objet d’un blocage</a> depuis le printemps dernier, après avoir perdu les grâces du Kremlin. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Moscou a progressivement fermé l’espace numérique en Russie et dans les régions de l’est et du sud de l’Ukraine envahies par l’armée russe en 2014 et en 2022, les remplaçant par <a href="https://rsf.org/fr/dans-les-territoires-occupés-d-ukraine-la-messagerie-du-kremlin-max-érige-un-nouveau-rideau-de-fer" target="_blank" rel="noopener">ses propres applications</a>, telles que Max sur laquelle RSF a déjà enquêté. Les médias ukrainiens <a href="https://euvsdisinfo.eu/fr/lemprise-de-la-russie-sur-linformation-dans-les-territoires-occupes-de-lukraine/" target="_blank" rel="noopener">interdits</a> ont été remplacés par des <a href="https://rsf.org/fr/enquête-sur-le-mystérieux-alexandre-malkevitch-le-propagandiste-du-kremlin-en-ukraine" target="_blank" rel="noopener">sites de désinformation</a> favorables au Kremlin, à l’instar de la holding ZaMedia, créée en 2022 par l’entrepreneur russe Alexander Malkevitch, ou de l’installation de médias russes comme le groupe audiovisuel d’État VGTRK qui a ouvert un bureau dans la ville occupée de Donetsk.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour continuer à accéder à une information plurielle, les habitants des régions sous contrôle russe de Donetsk, de Louhansk, de Zaporijjia, de Kherson ou encore de Crimée ont dû adapter leurs pratiques. </span></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">« </span><span style="font-weight: 400;">RSF condamne le verrouillage informationnel orchestré par le Kremlin dans les territoires occupés, en mimétisme avec ce qui est aussi monnaie courante en Russie. Les habitants sont forcés de s&rsquo;informer dans la clandestinité, en espérant que les ruses employées un jour, les VPN notamment, seront toujours efficaces le lendemain. Il est inacceptable que des populations entières soient aujourd’hui ainsi coupées de sources d’informations fiables et matraquées de propagande russe dans leur propre pays.<br />
</span><b>Pauline Maufrais et Vincent Berthier<br />
</b><b>Chargée de la zone Ukraine et responsable du bureau technologie et journalisme de RSF</b></p></blockquote>
<h5><b>La colonisation numérique russe des territoires occupés</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;"><a href="https://rsf.org/fr/la-colonisation-de-l-ukraine-commence-par-son-réseau" target="_blank" rel="noopener">La colonisation numérique russe</a> commence dès le numéro de téléphone : les habitants ont progressivement été contraints d’abandonner leurs cartes SIM ukrainiennes d’avant occupation au profit d’opérateurs russes ou locaux afin de rester joignables ou d’accéder à certains services administratifs. </span><span style="font-weight: 400;">«</span><span style="font-weight: 400;">J’ai dû acheter deux cartes SIM russes, je l’ai vécu comme une contrainte et non pas comme un choix</span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">, confie Maryana, habitante de Crimée occupée depuis 2014. </span><span style="font-weight: 400;">«</span><span style="font-weight: 400;">En règle générale, nous essayons de retarder le plus longtemps possible tout passage à tout ce qui est russe</span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">, explique Tetyana, une habitante de Donetsk, dans l’est du pays, région partiellement occupée depuis 2014. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ihor, de la région occupée de Louhansk, toujours dans l’est, a lui aussi dû s’adapter. Dans son cas, ni les cartes SIM ukrainiennes, ni les cartes SIM russes ne fonctionnaient. Il s’est alors résolu à prendre une carte locale. </span><span style="font-weight: 400;">«</span><span style="font-weight: 400;">Toutes les cartes russes ne marchent pas ici, j’ai dû acheter une carte sim de LNR</span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">, raconte-t-il, en référence à la </span><span style="font-weight: 400;">«</span><span style="font-weight: 400;">République populaire de Louhansk</span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">, territoire séparatiste porté par la Russie depuis 2014 qui a déclaré son annexion, illégale, en 2022</span></p>
<h5><b>D’une messagerie à l’autre au gré des blocages</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">Si les applications de messagerie et de réseaux sociaux développées par des entreprises non-russes ont longtemps permis de s’informer et de garder le lien avec le monde extérieur, elles ont été progressivement bloquées. Viber, WhatsApp, puis Facebook</span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">, énumère Ihor. </span><span style="font-weight: 400;">«</span><span style="font-weight: 400;">Aujourd’hui nous n’avons plus vraiment de messagerie qui fonctionne vraiment</span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">. Les habitants et habitantes cherchent </span><span style="font-weight: 400;">«</span><span style="font-weight: 400;">des solutions pour communiquer avec leurs proches en Ukraine libre</span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;"> et cet isolement forcé laisse des traces. </span><span style="font-weight: 400;">«</span><span style="font-weight: 400;">C’est triste, on fait tout ce qu’on peut pour maintenir le lien, mais rien ne marche correctement</span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">, regrette Ihor.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Alors pour déjouer ce manque criant d’informations, la population confie parfois passer par l’intermédiaire de leurs proches, hors territoires occupés. </span><span style="font-weight: 400;">«</span><span style="font-weight: 400;">Lorsque certaines informations me paraissent douteuses, je les envoie aux membres de ma famille qui ont accès à plus de sources</span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">, explique Tetyana, depuis la région de Donetsk. Ces territoires sont en effet <a href="https://euvsdisinfo.eu/fr/lemprise-de-la-russie-sur-linformation-dans-les-territoires-occupes-de-lukraine/" target="_blank" rel="noopener">inondés</a> par des sources d’information pro-Kremlin ou contrôlées directement par la Russie, les <a href="https://rsf.org/fr/dix-ans-d-occupation-russe-en-crimée-une-décennie-de-répression-du-journalisme-indépendant-local" target="_blank" rel="noopener">médias indépendants ont été bloqués</a>. Pour Maryana, en Crimée, Telegram, partiellement accessible, reste encore sa source </span><span style="font-weight: 400;">«</span><span style="font-weight: 400;">d’information principale</span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">, malgré les réseaux de bots de propagande pro-russes qui y pullulent, comme l’a montré une analyse de l’<a href="https://www.atlanticcouncil.org/in-depth-research-reports/report/report-russian-bot-networks-occupied-ukraine/#russia-practices-info-influence" target="_blank" rel="noopener">Atlantic Council</a>. Ihor, quant à lui, raconte consulter le réseau social chinois TikTok, non officiellement interdit, même si l’accès est instable malgré son VPN, car </span><span style="font-weight: 400;">«</span><span style="font-weight: 400;">il y trouve quelques informations</span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Interrogée par RSF, la rédactrice en chef du média ukrainien RIA-PIVDEN, Svitlana Zalizetska, qui est basée à Zaporijjia, ville du sud-est en zone libre, et qui communique régulièrement avec les territoires occupés, confirme que les échanges sont souvent </span><span style="font-weight: 400;">«</span><span style="font-weight: 400;">à sens unique</span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">. La population dans ces zones contrôlées par le Kremlin </span><span style="font-weight: 400;">«</span><span style="font-weight: 400;">peut nous appeler, mais pas l’inverse</span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">. Et les blocages imposent de la flexibilité. </span><span style="font-weight: 400;">«</span><span style="font-weight: 400;">Il faut constamment chercher de nouvelles messageries, avoir des règles de communication qui correspondent à la réalité sécuritaire</span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">, résume la journaliste. </span></p>
<h5><b>Les VPN comme solution…</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour contourner les blocages, les citoyens s’équipent. Les VPN, Virtual Private Network, masquent les adresses IP des utilisateurs et leur permettent de se connecter à des serveurs hors d&rsquo;atteinte de la censure russe. Leurs téléchargements ont explosé. Google Trends, l’outil qui permet de suivre l’évolution de l’intérêt des internautes pour un mot-clé sur le moteur de recherche de Google, garde la trace de cette ruée vers les VPN depuis l’occupation. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Dans les oblasts de Kherson et de Zaporijjia, les recherches sur les VPN ont atteint leur pic dès juillet 2022, alors que les autorités d’occupation tentaient de bloquer l&rsquo;accès, respectivement aux VPNs ou à des réseaux sociaux.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les requêtes les plus populaires disent l’urgence de la situation : </span><span style="font-weight: 400;">«</span><i><span style="font-weight: 400;">télécharger VPN</span></i><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">, ou encore </span><span style="font-weight: 400;">«</span><i><span style="font-weight: 400;">VPN gratuit</span></i><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">. Dans la région de Donetsk, le pic a été atteint en août 2024, alors que le débit de YouTube était </span><span style="font-weight: 400;"><a href="https://rsf.org/fr/russie-rsf-d%C3%A9nonce-un-ralentissement-de-youtube-provoqu%C3%A9-par-les-autorit%C3%A9s-qui-met-en-p%C3%A9ril-le" target="_blank" rel="noopener">fortement dégradé à la suite d’une décision administrative des autorités russes.</a></span></p>
<h5><b></b><b>…instable et risquée</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">Ces VPN, trouvés sur des plateformes grand public comme Google Play, le catalogue d’applications de l’américain Google, fonctionnent souvent mal en raison des blocages. </span><span style="font-weight: 400;">«</span><i><span style="font-weight: 400;">Dernièrement, j’ai trouvé un nouveau VPN. Mais il fonctionne un jour sur deux</span></i><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">, rapporte Ihor.</span> <span style="font-weight: 400;">Recourir à un VPN reste une entreprise risquée. Depuis le 1er septembre 2025, Moscou intensifie sa répression contre cet outil. Faire la promotion des VPN expose désormais à de lourdes amendes : jusqu&rsquo;à 80 000 roubles (environ 880 francs suisses) pour les particuliers et 500 000 roubles (près de 5400 francs suisses) pour les personnes morales. Est également sanctionné d&rsquo;une amende de 5 000 roubles (environ 54 francs suisses) l&rsquo;usage d&rsquo;un VPN pour consulter des contenus considérés par le Kremlin comme </span><span style="font-weight: 400;">«</span><span style="font-weight: 400;">extrémistes</span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">, qui concernent nombre de publications journalistiques indépendantes sur la guerre.</span></p>
<h5><b>Une vision plus critique de l’espace numérique</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">La censure et les restrictions de la Russie ont formé les habitants à l’enjeu de la sécurité en ligne. </span><span style="font-weight: 400;">«</span><i><span style="font-weight: 400;">J’ai commencé à faire plus attention : authentification à deux facteurs, vérification des connexions et prudence en général</span></i><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">, raconte Maryana. Dans cette bulle fermée, la messagerie russe Max, </span><a href="https://rsf.org/fr/dans-les-territoires-occup%C3%A9s-d-ukraine-la-messagerie-du-kremlin-max-%C3%A9rige-un-nouveau-rideau-de-fer" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">imposée à marche forcée</span></a><span style="font-weight: 400;"> par le Kremlin pour remplacer les applications et messageries bloquées, ne convainc pas. </span><span style="font-weight: 400;">«</span><i><span style="font-weight: 400;">Les commentaires sont très mauvais</span></i><span style="font-weight: 400;">»</span><i><span style="font-weight: 400;">, </span></i><span style="font-weight: 400;">rapporte Ihor. Dans la mesure du possible, les habitants </span><span style="font-weight: 400;">«</span><i><span style="font-weight: 400;">l’installent sur un autre téléphone</span></i><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;">, conclut Maryana. Un revers numérique pour le Kremlin.</span></p>
<p><i><span style="font-weight: 400;">*Pour des raisons de sécurité, tous les témoins ont des noms d’emprunt et les noms des villes ne sont pas cités. </span></i></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>France : une décision sans précédent de l’autorité de régulation (ARCOM) contre la chaîne CNews</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/france-une-decision-sans-precedent-de-lautorite-de-regulation-arcom-contre-la-chaine-cnews/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Jun 2026 10:10:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[En adressant une mise en demeure à la chaîne d’information en continu française CNews à la suite d’une saisine de Reporters sans frontières (RSF) pour des manquements manifestes et un « déséquilibre structurel » en matière de pluralisme, le régulateur français fait enfin preuve de fermeté vis-à-vis d’un acteur qui contrevient à ses obligations légales. [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>En adressant une mise en demeure à la chaîne d’information en continu française CNews à la suite d’une saisine de Reporters sans frontières (RSF) pour des manquements manifestes et un « déséquilibre structurel » en matière de pluralisme, le régulateur français fait enfin preuve de fermeté vis-à-vis d’un acteur qui contrevient à ses obligations légales. RSF salue une décision à la hauteur des responsabilités qui incombent au régulateur et qui prend la mesure des manquements manifestes, durables et intentionnels à l’antenne de CNews.</strong></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">«La décision rendue publique à moins d’un an de l’élection présidentielle, montre que le régulateur a pris la mesure de ce qui se produisait sur cette antenne et du danger pour l’information fiable et le débat public. L’Arcom siffle la fin de la récréation pour CNews et, loin de la fuite en avant des années passées, prend ses responsabilités et met les moyens. Les analyses du régulateur convergent avec le travail d’enquête de RSF et arrivent au même constat implacable sur le caractère univoque des programmes et sur la place secondaire accordée aux faits par rapport au commentaire. L’ONG mène campagne depuis 2021 pour le respect du pluralisme sur les antennes de CNews et a été l’aiguillon d’une régulation pertinente, de la décision du Conseil d’État de février 2024 à cette décision sans précédent de juin 2026. RSF demeurera vigilante sur le changement de comportement de l’éditeur et se réserve le droit de saisir à nouveau l’Arcom et faire sanctionner CNews, si le droit n’était pas appliqué.»<br />
</span><b>Thibaut Bruttin<br />
</b><b>Directeur général de RSF</b></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Dans sa décision rendue le 15 juin 2026, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) française dresse un constat accablant. Après avoir analysé 168 heures de programmes sur CNews au mois de mars 2025 qui faisait l’objet de l’<a href="https://rsf.org/fr/pluralisme-en-france-sur-cnews-le-grand-contournement" target="_blank" rel="noopener">enquête</a> et de la <a href="https://rsf.org/fr/d%C3%A9faut-de-pluralisme-sur-la-cha%C3%AEne-fran%C3%A7aise-cnews-rsf-saisit-l-arcom" target="_blank" rel="noopener">saisine</a> de RSF, le régulateur estime que trois quarts des séquences expriment « à quelques nuances près » le même point de vue. Pire, ajoute l’Arcom, les points de vue divergents « demeurent isolés et se voient même dans certains cas dévalorisés. »</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Sur le contenu, à l’instar de RSF, l’Arcom a identifié une hyperconcentration éditoriale et des thématiques traitées à l’unisson. La religion musulmane est présentée sans réelle contradiction « comme une menace pour la société française » ; l’immigration, abordée de manière récurrente, est présentée comme un facteur déterminant de la montée de l’insécurité ; les affaires judiciaires font apparaître la surreprésentation de certaines thèses ; La France Insoumise (le parti fortement à gauche de Jean-Luc Mélenchon) fait l’objet « de mises en cause particulièrement vives sans contradiction significative » ; ou encore la guerre en Ukraine est traitée de manière « largement univoque » pour critiquer le soutien de la France.</span></p>
<h5><b>Les faits secondaires par rapport aux commentaires</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">Comme l’avait également documenté RSF, l’Arcom souligne que c’est la façon même avec laquelle les débats sont construits sur la chaîne qui ont très largement participé au traitement univoque de l’actualité. La présentation et la contextualisation des faits occupent une place « secondaire au regard de celle occupée par leur commentaire ». Les échanges en plateau conduisent le plus souvent « à un traitement de l’actualité qui tend à se confondre avec son commentaire largement univoque ». À cet égard, l’Arcom estime que les animateurs, à travers leurs éditos, se positionnent comme des « prescripteurs de point de vue à adopter sur le thème abordé » tout en limitant la parole accordée aux intervenants qui nuancent les propos ou défendent une opinion différente.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La décision de l’Arcom survient à la suite d’une <a href="https://rsf.org/fr/d%C3%A9faut-de-pluralisme-sur-la-cha%C3%AEne-fran%C3%A7aise-cnews-rsf-saisit-l-arcom" target="_blank" rel="noopener">saisine déposée par RSF</a> le 15 janvier 2026. Dans cette plainte de plus d’une centaine de pages, l’organisation démontrait comment la chaîne du groupe Canal+, propriété du milliardaire d’extrême droite Vincent Bolloré, apparaît comme la seule parmi les quatre chaînes françaises d’information en continu (BFMTV, CNews, France Info, LCI) à s’éloigner de manière manifeste, durable et intentionnelle des <a href="https://www.arcom.fr/se-documenter/espace-juridique/textes-juridiques/deliberation-ndeg-2024-15-du-17-juillet-2024-relative-au-respect-du-principe-de-pluralisme-des-courants-de-pensee-et-dopinion-par-les-editeurs-de-services" target="_blank" rel="noopener">critères établis par le régulateur</a> pour garantir le respect du pluralisme interne.</span></p>
<h5><b>Une dérobade sur le pluralisme politique</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">Alors que trois enquêtes indépendantes, celles de RSF, puis celles de <a href="https://www.mediapart.fr/journal/culture-et-idees/261225/temps-de-parole-les-grosses-ficelles-de-cnews-que-l-arcom-n-pas-vues" target="_blank" rel="noopener">Mediapart</a> et de <a href="https://rsf-ch.ch/le-refoulement-de-la-journaliste-francaise-alice-froussard-par-israel-apres-gaza-le-verrouillage-informationnel-de-la-cisjordanie/" target="_blank" rel="noopener">Libération</a>, avaient conclu à un détournement manifeste des règles relatives au pluralisme du temps de parole des personnalités politiques avec une très large surreprésentation de la gauche la nuit (lorsque presque personne ne consomme les programmes de CNews) et une surreprésentation de la droite et de l’extrême droite aux heures de grandes écoutes sur CNews, le régulateur n’a pas revue sa copie à ce sujet. Une dérobade d’autant plus inquiétante que la pratique s’est poursuivie après le mois de mars 2025 qui avait fait l’objet de l’enquête et de la saisine de RSF. Par ailleurs, en choisissant de séparer artificiellement le pluralisme politique du pluralisme des courants de pensée et d’opinion, l’Arcom introduit un système à deux vitesses de nature à complexifier inutilement la régulation dans ce domaine.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Si ces deux décisions n’ont pas le même fondement et que leur concomitance est de nature à faire naître une confusion, voire une fausse symétrie, la décision de l’Arcom intervient après la mise en demeure, le 11 juin dernier, de deux radios publiques, France Inter et Franceinfo, appelées à veiller davantage au pluralisme politique par le régulateur de l’audiovisuel, estimant que le parti Rassemblement national (parti d’extrême droite français) a été sous-représenté sur les temps diurnes durant les trois premiers mois de l’année 2026. Radio France, qui a <a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-info-de-france-inter/une-situation-conjoncturelle-repond-radio-france-apres-la-mise-en-demeure-de-l-arcom-pour-sous-representation-du-rn-1204101" target="_blank" rel="noopener">reconnu son erreur</a>, a plaidé « une situation conjoncturelle » et signifié que ses équipes « sont pleinement engagées pour le respect du pluralisme et appliquent une transparence totale. »</span></p>
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		<item>
		<title>Palantir débouté face à Republik : un signal important pour la liberté de la presse</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/palantir-deboute-face-a-republik-un-signal-important-pour-la-liberte-de-la-presse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Jun 2026 12:11:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Suisse]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans 22 des 23 points examinés, le média suisse Republik a obtenu gain de cause devant le tribunal de commerce de Zurich face au géant technologique américain Palantir. En début d’année, l’entreprise avait intenté une action en justice contre Republik, qui avait publié en décembre 2025, avec le collectif d’investigation WAV, deux articles sur les [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">Dans 22 des 23 points examinés, le média suisse Republik a obtenu gain de cause devant le tribunal de commerce de Zurich face au géant technologique américain Palantir. En début d’année, l’entreprise avait intenté une action en justice contre Republik, qui avait publié en décembre 2025, avec le collectif d’investigation WAV, deux articles sur les activités de Palantir en Suisse.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">À la suite de ces publications, Palantir avait exigé la publication dans Republik d’un long droit de réponse, que la rédaction avait refusé. L’entreprise avait alors saisi la justice civile contre ce média indépendant basé à Zurich. La semaine dernière, le tribunal de commerce de Zurich a rendu un jugement particulièrement réjouissant pour la liberté de la presse. Sur 22 des 23 points litigieux, Republik a obtenu gain de cause face au groupe technologique américain. Le tribunal n’a donné raison à Palantir que sur un seul point.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Si Palantir avait obtenu gain de cause sur la majorité des points, voire sur l’ensemble de sa demande de droit de réponse, les conséquences pour la liberté de la presse — du moins pour les médias suisses — auraient pu être problématiques. Les droits de réponse occupent certes une place importante dans le débat public. Dans le cas de Palantir, le droit de réponse demandé visait avant tout des objectifs de communication. Si la justice zurichoise l&rsquo;avait accepté, sa décision aurait mis une certaine pression sur les médias suisses pour ne parler de Palantir, à l&rsquo;avenir, que dans les termes voulus par l&rsquo;entreprise américaine.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">À cet égard, le jugement du tribunal de commerce de Zurich constitue un signal très positif. RSF Suisse se réjouit de l’issue favorable de cette longue et coûteuse procédure judiciaire pour Republik et le collectif d’investigation WAV. Certes, la décision n’est pas encore définitive. Mais elle montre qu’un journalisme rigoureux, fondé sur les faits et indépendant, portant sur des entreprises puissantes comme Palantir, relève clairement de l’intérêt public et doit avoir toute sa place dans une démocratie comme la Suisse. Elle rappelle également qu’il vaut la peine de défendre ces principes.</span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le refoulement de la journaliste française Alice Froussard par Israël : après Gaza, le verrouillage informationnel de la Cisjordanie ?</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/le-refoulement-de-la-journaliste-francaise-alice-froussard-par-israel-apres-gaza-le-verrouillage-informationnel-de-la-cisjordanie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 Jun 2026 12:20:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[Trente minutes après son arrivée, le 10 juin, à l’aéroport Ben Gurion en Israël, d’où elle devait rejoindre la Cisjordanie pour un reportage, la journaliste française Alice Froussard, collaboratrice de Radio France Internationale (RFI), a été interpellée, interrogée puis expulsée du pays par la police israélienne. Reporters sans frontières (RSF) exprime sa pleine solidarité avec [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-chapo field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<p dir="ltr"><strong>Trente minutes après son arrivée, le 10 juin, à l’aéroport Ben Gurion en Israël, d’où elle devait rejoindre la Cisjordanie pour un reportage, la journaliste française Alice Froussard, collaboratrice de Radio France Internationale (RFI), a été interpellée, interrogée puis expulsée du pays par la police israélienne. Reporters sans frontières (RSF) exprime sa pleine solidarité avec cette journaliste, spécialiste de la Cisjordanie depuis de nombreuses années, et dénonce une mesure liberticide d’une extrême gravité, révélatrice d’une volonté d’entraver la couverture de la Cisjordanie par la presse étrangère.</strong></p>
</div>
<div class="field field--name-field-contenu-editorial field--type-entity-reference-revisions field--label-hidden field__items">
<div class="field__item">
<div class="paragraph paragraph--type--texte-riche paragraph--view-mode--default">
<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-texte-riche field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Après le blocus imposé aux médias étrangers à Gaza, est-ce le tour de la Cisjordanie ? Les autorités israéliennes ont refoulé une journaliste étrangère à l&rsquo;aéroport de Ben Gurion, à Tel Aviv, alors même qu&rsquo;elle disposait de tous les documents requis pour entrer dans le pays et exercer son métier sur un territoire qu’elle arpente depuis des années.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">La journaliste française indépendante <strong>Alice Froussard, </strong>correspondante en Cisjordanie pour plusieurs médias français, a atterri en Israël a 22 heures, ce mercredi 10 juin, pour se rendre à Ramallah, en Cisjordanie occupée, comme à son habitude, en mission journalistique officielle pour <em>Radio France International</em> (<em>RFI</em>).  À 22 h 30, elle fut appréhendée, selon les informations de RSF, par les agents de contrôle aux frontières, interrogée, puis renvoyée plus de 10 heures plus tard vers la France.</p>
<p>L’interdiction officielle, émise par l&rsquo;Administration des contrôles aux frontières et consultée par RSF, invoque comme motifs du refus <em>“des considérations de sécurité publique, de sûreté publique ou d&rsquo;ordre public”</em> et <em>“des considérations liées à la prévention de l&rsquo;immigration clandestine”</em>. La journaliste disposait pourtant de toutes les pièces requises, d’un visa et d’un contrat officiel avec <em>RFI</em>. <em>“La personne susmentionnée sera expulsée d’Israël conformément à l’article 10(A) de la loi dès que possible et, d’ici là, sera détenue dans un lieu désigné à cet effet”</em> stipule la lettre qui précise également qu’Alice Froussard devra présenter une demande préalable avant toute future visite en Israël.</p>
</div>
</div>
</div>
<div class="field__item">
<div class="paragraph paragraph--type--citation paragraph--view-mode--default">
<blockquote>
<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-texte-riche field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<p><em>«L&rsquo;expulsion d&rsquo;Alice Froussard d&rsquo;Israël est injustifiable. Cette correspondante expérimentée, qui couvre la Cisjordanie depuis des années, fait partie des journalistes qui ont le courage de se rendre dans les territoires palestiniens occupés pour travailler auprès de leurs confrères palestiniens, malgré les risques sécuritaires croissants auxquels ils sont exposés. Le refus de la laisser exercer son métier révèle jusqu&rsquo;où les autorités israéliennes sont prêtes à aller pour priver l’opinion publique internationale d’informations en provenance de la Palestine. Alors qu’elles imposent un blocus médiatique sur Gaza depuis bientôt trois ans, elles entravent désormais encore davantage l’information sur la Cisjordanie. Nous exprimons notre solidarité avec Alice Froussard, nous dénonçons son expulsion et nous appelons les autorités israéliennes à lever immédiatement cette interdiction aberrante qui viole toutes les normes du droit international.»</em></p>
<p><strong>Jonathan Dagher<br />
</strong>Responsable du Bureau Moyen-Orient de RSF</p>
</div>
</blockquote>
</div>
</div>
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<div class="paragraph paragraph--type--texte-riche paragraph--view-mode--default">
<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-texte-riche field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<p dir="ltr"><strong>Après l&rsquo;expulsion, la diffamation </strong></p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Le ministre israélien de la Diaspora et de la Lutte contre l&rsquo;antisémitisme Amichai Chikli s’est quant à lui félicité de cette expulsion <a class="external-website" title="sur le réseau social X - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://x.com/AmichaiChikli/status/2064975299737993533" target="_blank" rel="noopener"><u>sur le réseau social X</u></a>, en émettant des accusations infondées de “soutien au Hamas” contre la journaliste.<em> </em>La recommandation d’expulser la journaliste aurait été adressée ce ministre sur avis du directeur général de son ministère selon le site d’information israélien <em>I24News. “Les autorités lui reprochent notamment d’avoir qualifié certaines lois israéliennes de ‘draconiennes’, d’avoir affirmé que le système judiciaire israélien était dual et constituait un exemple ‘d’apartheid’, ainsi que d’avoir déclaré, au sujet du massacre du 7 octobre, que ‘l’attaque devait être examinée dans son contexte’.”</em></p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr"><em>RFI</em> a dénoncé dans un communiqué “<em>le refoulement de la journaliste Alice Froussard à son arrivée en Israël</em>” qui intervient comme le précise la direction du média <em>“dans un contexte de difficultés croissantes rencontrées par les journalistes pour couvrir l’actualité de la région”</em>.</p>
<p dir="ltr"><strong>Des représailles politiques ? </strong></p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">L&rsquo;interdiction d&rsquo;entrée sur le territoire imposée à Alice Froussard intervient au lendemain de l&rsquo;annonce par le ministère français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, d&rsquo;une interdiction de séjour en France envers le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, pour “incitation à la violence” et pour avoir promu “l&rsquo;annexion de la Cisjordanie”. Un éventuel amalgame entre l&rsquo;État français et une journaliste indépendante française est apparu plus clairement à la suite d&rsquo;une autre déclaration du ministre Amichai Chikli. Alors que l’ambassade de France à Jérusalem a exprimé son indignation ce jeudi face à l’expulsion d’Alice Froussard, Amichai Chikli a répondu en s’adressant au président Macron et à Jean-Noël Barrot, pour dénoncer les sanctions prises par la France.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr"><strong>Pressions croissantes sur la presse internationale</strong></p>
<p>RSF avait déjà alerté il y a quelques semaines sur la <a href="https://rsf.org/fr/isra%C3%ABl-rsf-d%C3%A9nonce-linterdiction-d-entr%C3%A9e-sur-le-territoire-de-la-journaliste-espagnole-queralt" target="_blank" rel="noopener"><u>pression croissante qu’exerce Israël sur la presse internationale</u></a> après l&rsquo;interdiction d’entrée sur le territoire de la journaliste espagnole <strong>Queralt Castillo</strong>, ainsi que la révocation des visas de la journaliste française<strong> Khadija Toufik</strong> et du journaliste italien <strong>Alessandro Stefanelli</strong>. Ces interdictions renforcent la pression sur<strong> </strong>les journalistes palestiniens de Cisjordanie, eux-mêmes dans le viseur des forces israéliennes depuis des années :<strong> </strong>arrestations, intimidations et <a class="external-website" title="violences - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.youtube.com/watch?v=04yb4eBCfUE&amp;t=1s" target="_blank" rel="noopener"><u>violences</u></a>, voire assassinat, comme cela a été le cas de <a href="https://rsf.org/fr/palestine-deux-ans-apr%C3%A8s-le-meurtre-de-la-journaliste-d-al-jazeera-shireen-abu-akleh-par-l-arm%C3%A9e" target="_blank" rel="noopener"><strong><u>Shireen Abu Akleh</u></strong></a><strong>,</strong> correspondante emblématique d’<em>Al Jazeera,</em> tuée en reportage par un sniper israèlien, le 11 mai 2022.</p>
</div>
</div>
</div>
</div>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Colombie : l’assassinat du journaliste Cristian Hernando Herrera Nariño, sous protection de l’État, appelle à des mesures renforcées des autorités</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/colombie-lassassinat-du-journaliste-cristian-hernando-herrera-narino-sous-protection-de-letat-appelle-a-des-mesures-renforcees-des-autorites/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Jun 2026 12:42:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[Reporters sans frontières (RSF) condamne l’assassinat du journaliste colombien Cristian Hernando Herrera Nariño, tué par balles ce samedi 6 juin à Cúcuta, à la frontière avec le Venezuela. Ancien reporter judiciaire pour La Opinión et Q’hubo Cúcuta, il dirigeait les médias numériques Cúcuta Real et Cúcuta al Rojo Vivo. Correspondant de l’organisation la Fondation pour [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Reporters sans frontières (RSF) condamne l’assassinat du journaliste colombien Cristian Hernando Herrera Nariño, tué par balles ce samedi 6 juin à Cúcuta, à la frontière avec le Venezuela. Ancien reporter judiciaire pour La Opinión et Q’hubo Cúcuta, il dirigeait les médias numériques Cúcuta Real et Cúcuta al Rojo Vivo. Correspondant de l’organisation la Fondation pour la liberté de la presse (Fundación para la Libertad de Prensa &#8211; FLIP), il couvrait le crime organisé, le narcotrafic, la contrebande, la corruption et les violences armées dans l’une des zones les plus dangereuses du pays et avait été menacé à plusieurs reprises. RSF appelle les autorités à prendre en compte son travail journalistique et les conditions de sa protection par l’État dans l’enquête. Il est le deuxième journaliste tué dans le pays depuis le début de l’année. </strong></p>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">« RSF adresse toutes ses condoléances aux proches de Cristian Herrera. L’assassinat de ce journaliste renommé, sous protection étatique, doit être examiné à la lumière des menaces répétées qu’il a reçues par le passé, de ses deux périodes d’exil contraint et d’une tentative d’assassinat à laquelle il avait échappé. L’organisation demande une enquête rapide et indépendante ; l’identification et la poursuite des auteurs et des commanditaires ; un examen de l’adéquation des mesures de protection qui lui avaient été attribuées ; et des garanties de sécurité pour les journalistes menacés dans le Norte de Santander, en particulier les collègues proches de Cristian Herrera exposés à des menaces, dont José Ignacio Arango. Cristian Herrera est le deuxième journaliste assassiné en Colombie en 2026 et le neuvième depuis le début du gouvernement du président Gustavo Petro en 2022. »<br />
</span><b>Artur Romeu<br />
</b><b>Directeur du bureau Amérique latine de RSF.</b></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Âgé de 50 ans et père de deux enfants, le journaliste emblématique Cristian Herrera bénéficiait du programme colombien de protection de l’État depuis 2014. Pendant plus de deux décennies, il avait signalé des menaces liées à son travail, survécu à une <a href="https://rsf-es.org/colombia-los-periodistas-cristian-herrera-y-andres-gonzalez-logran-escapar-de-un-intento-de-asesinato/" target="_blank" rel="noopener">tentative</a> d’assassinat en 2017 et été contraint à deux reprises de quitter le pays : d’abord pour le Chili, puis pour l’Espagne, où il avait séjourné avec sa famille dans le cadre d’un <a href="https://rsf-es.org/espana-solidaridad-tranquilidad-y-fuerzas-para-continuar-lo-que-el-programa-de-acogida-de-rsf-espana-aporta-a-los-periodistas-participantes/" target="_blank" rel="noopener">programme temporaire de relocalisation de RSF</a> destiné aux journalistes menacés. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le journaliste, ancien reporter judiciaire pour La Opinión et Q’hubo Cúcuta, dirigeait les médias en ligne Cúcuta Real et Cúcuta al <a href="https://www.facebook.com/profile.php?id=61564008867754#" target="_blank" rel="noopener">Rojo</a> Vivo, collaborait aussi avec Noticias Cúcuta 75 et était correspondant et membre du conseil d’administration de la<a href="https://flip.org.co/pronunciamientos" target="_blank" rel="noopener"> FLIP</a>, partenaire de RSF. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Il a été tué le samedi 6 juin à Cúcuta alors qu’il était avec sa famille. « Ils l’ont tué devant nous », a déclaré Karla Gabriela Niño Claro, femme du journaliste Cristian Herrera.  Selon son témoignage, après avoir tiré sur le journaliste emblématique, l’agresseur se serait arrêté et les aurait regardés, tandis qu’elle demandait à sa fille de reculer, par crainte qu’il ne leur tire aussi dessus. Selon l’Unité nationale de protection (<a href="https://x.com/unpcolombia/status/2063390270566089114?s=48" target="_blank" rel="noopener">UNP</a>), qui s’est exprimé sur le réseau social X, le journaliste se déplaçait, au moment de l’attaque, dans un véhicule mis à disposition par l’institution ; l’UNP a également indiqué que l’absence d’escortes à ce moment-là répondait à « une demande expresse et volontaire du journaliste ».  Une enquête a été ouverte sur cet homicide.Le Bureau du Défenseur du peuple, institution publique nationale des droits humains, a <a href="https://x.com/defensoriacol/status/2063343260135833993?s=46&amp;t=viD_VYG38FeptJiG8Pt9MA" target="_blank" rel="noopener">demandé au parquet</a> d’enquêter sur les sujets couverts par Cristian Herrera, les risques auxquels il était exposé et le contexte de violence dans le Norte de Santander et le Catatumbo.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Karla Gabriela Niño Claro décrit sa mari comme un journaliste « passionné », attaché à l’information et à la véracité, y compris dans les conditions les plus difficiles. « Pour honorer son amour de la liberté de la presse, son travail et son engagement, je demande que son crime fasse l’objet d’un suivi et que Cristian ne devienne pas un cas de plus en Colombie », a-t-elle affirmé. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">« Cristian était l’un des plus grands exemples d’amour pour le journalisme dans le Norte de Santander. Avec plus de 20 ans d’expérience, il connaissait les risques d’exercer dans une région comme celle-ci, mais cela ne l’a jamais arrêté. ‘El Gordo’, comme l’appelaient affectueusement ses amis, laisse un héritage aux journalistes et représentera toujours une part importante de l’histoire de la presse de notre ville », témoigne José Ignacio Arango, fondateur de Noticias Cúcuta 75 et collègue de Cristian Herrera, lui-même sous protection étatique et <a href="https://rsf.org/fr/colombie-les-menaces-contre-les-journalistes-dinvestigation-sintensifient-malgr%C3%A9-les-efforts-de" target="_blank" rel="noopener">menacé</a>. </span></p>
<h5><b>Neuf journalistes tués en Colombie depuis 2022</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">Cúcuta est le principal centre urbain du Norte de Santander, un département qui comprend le Catatumbo, région marquée par la présence de groupes armés, de routes du narcotrafic, de contrebande, de passages frontaliers illégaux et d&rsquo;affrontements pour le contrôle territorial. En juillet 2024, la police de Cúcuta a indiqué que, sur 25 bandes criminelles visées par des opérations, 17 restaient actives dans la ville.  L’assassinat de Cristian Herrera intervient un mois après celui du journaliste <a href="https://rsf.org/fr/colombie-rsf-condamne-l-assassinat-de-mateo-p%C3%A9rez-rueda-et-alerte-sur-le-silence-impos%C3%A9-%C3%A0-la-presse" target="_blank" rel="noopener">Mateo Pérez Rueda</a>, directeur du média numérique El Confidente, dans l’Antioquia. Cristian Herrera est le deuxième journaliste assassiné en Colombie en 2026 et le neuvième depuis le début du gouvernement du président Gustavo Petro, en août  2022, selon RSF. </span></p>
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		<title>États-Unis : le Pentagone restreint l’accès des journalistes indépendants</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/la-guerre-des-etats-unis-contre-lacces-a-linformation-le-pentagone-restreint-lacces-des-journalistes-independants/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Jun 2026 08:08:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
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					<description><![CDATA[La décision du Pentagone de fermer l&#8217;accès de son service de presse aux journalistes marque la dernière escalade d&#8217;une campagne soutenue visant à restreindre le journalisme indépendant au siège du ministère de la Défense. Sous la direction du ministre Pete Hegseth, les journalistes couvrant le Pentagone se heurtent à des obstacles tels que des restrictions [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-chapo field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<p dir="ltr"><strong>La décision du Pentagone de fermer l&rsquo;accès de son service de presse aux journalistes marque la dernière escalade d&rsquo;une campagne soutenue visant à restreindre le journalisme indépendant au siège du ministère de la Défense. Sous la direction du ministre Pete Hegseth, les journalistes couvrant le Pentagone se heurtent à des obstacles tels que des restrictions d’accès, des limites d’accréditation et de photographie, ainsi qu’un manque de transparence. Ces mesures restreignent systématiquement la couverture indépendante sur l’armée américaine, pourtant essentielle pour tenir le public informé des activités du gouvernement.</strong></p>
</div>
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<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-texte-riche field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<p class="text-align-justify" dir="ltr">En début de semaine, le Pentagone a reclassé son service de presse en « <a class="external-website" title="“Installation pour informations classifiées compartimentées” - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://apnews.com/article/pentagon-media-restrictions-trump-hegseth-91bae8b82d16b96091f31518cc4d4c72" target="_blank" rel="noopener"><u>Installation pour informations classifiées compartimentées</u></a> » («<em>sensitive Compartmented Information Facility» </em>ou SCIF), interdisant aux journalistes l’accès à un espace longtemps utilisé pour les interactions entre reporters et responsables de la défense. Si les dirigeants du Pentagone ont présenté cette décision comme une mesure de sécurité de routine, il s’agit en réalité de la dernière d’une série de restrictions introduites sous le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, qui ont progressivement limité les lieux où les journalistes peuvent se rendre, les personnes à qui ils peuvent s’adresser, les informations qu’ils peuvent rechercher et la manière dont ils peuvent couvrir l’action des dirigeants militaires. Prises dans leur ensemble, ces mesures révèlent une tendance plus large à restreindre l’accès du journalisme indépendant au sein de l’une des institutions militaires les plus puissantes au monde.</p>
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<blockquote>
<p dir="ltr"><em>« Les tentatives grotesques du secrétaire à la Défense Pete Hegseth pour museler le journalisme objectif viennent d’atteindre un nouveau niveau de bassesse. Après avoir échoué dans sa tentative d’obliger les journalistes à signer des serments de loyauté et s’être plaint de photos peu flatteuses de lui-même, le secrétaire à la Défense va jusqu’à expulser la presse de son propre bureau de presse. Aucune restriction prise isolément ne semble révolutionnaire en soi. Mais prises dans leur ensemble, ces mesures constituent un effort systématique visant à réduire le contrôle indépendant exercé sur le Pentagone. Le public ne peut pas demander des comptes aux institutions si les journalistes se voient progressivement refuser l’accès nécessaire pour rendre compte de leurs activités. »</em></p>
<p dir="ltr"><strong>Ben Grazda<br />
</strong>Responsable du plaidoyer au bureau Amérique du Nord de RSF</p>
</blockquote>
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<div class="clearfix text-formatted field field--name-field-texte-riche field--type-text-long field--label-hidden field__item">
<h5 class="text-align-justify"><strong>Restriction de l’accès : ériger des murs à l’intérieur du Pentagone</strong></h5>
<p class="text-align-justify">Le premier élément, et le plus visible, de cette tendance a été la restriction progressive de l’accès physique des journalistes. En mai 2025, Pete Hegseth a ordonné de <a class="external-website" title="nouvelles mesures de contrôle physique - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://media.defense.gov/2025/May/23/2003721693/-1/-1/1/UPDATED-PHYSICAL-CONTROL-MEASURES-FOR-PRESS-MEDIA-ACCESS-WITHIN-THE-PENTAGON.PDF" target="_blank" rel="noopener"><u>nouvelles mesures de contrôle physique</u></a> qui ont restreint l’accès des journalistes accrédités à des zones du Pentagone où ils avaient toujours été autorisés à entrer. En vertu de cette politique, les journalistes doivent obtenir une autorisation officielle ou être accompagnés pour pénétrer dans des espaces auparavant librement accessibles aux membres de la presse. Le Pentagone a justifié ces changements comme nécessaires pour empêcher des divulgations non autorisées, mais les journalistes affirment qu’ils entravent considérablement leurs activités de reportage habituelles.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Les restrictions à la liberté de déplacement au sein des locaux se sont encore durcies, poussant les journalistes à réagir. En décembre 2025, Julian E. Barnes, journaliste spécialisé dans les questions de sécurité internationale au <em>New York Times</em>, <a class="external-website" title="a intenté un procès - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.reuters.com/legal/government/new-york-times-sues-pentagon-over-press-access-2025-12-04/" target="_blank" rel="noopener"><u>a intenté un procès</u></a> contre cette mesure, encore aggravée par une nouvelle politique d’accréditation annoncée en octobre de la même année, arguant qu’elle portait atteinte aux activités de collecte d’informations protégées par la Constitution. En mars 2026, un juge fédéral a statué que certaines de ces restrictions entravaient illégalement le travail des journalistes. La bataille juridique s&rsquo;est poursuivie le 18 mai 2026, lorsque le même média a intenté une action en justice <a class="external-website" title="pour la deuxième fois - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://apnews.com/article/pentagon-press-access-new-york-times-lawsuit-df3330d202a87f41f25effc9ab96abab" target="_blank" rel="noopener"><u>pour la deuxième fois</u></a> en cinq mois, contestant une politique exigeant que les journalistes soient escortés par des fonctionnaires dans l&rsquo;ensemble du bâtiment.</p>
<h5 class="text-align-justify"><strong>Restriction de l&rsquo;information : le travail de reportage quotidien est devenu un problème de sécurité</strong></h5>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Les barrières physiques se sont également accompagnées de mesures visant à restreindre l&rsquo;accès à l&rsquo;information. En septembre 2025, le Pentagone a introduit une nouvelle politique intitulée <a class="external-website" title="“Media In-Brief” - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.nytimes.com/interactive/2025/09/20/us/pentagon-press-restrictions.html" target="_blank" rel="noopener"><em><u>“Media In-Brief”</u></em></a>, exigeant des journalistes souhaitant obtenir une accréditation qu&rsquo;ils acceptent des restrictions relatives au traitement et à la sollicitation d&rsquo;informations “non autorisées”.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">La controverse a rapidement pris de l&rsquo;ampleur. En octobre 2025, des journalistes de grands médias ont refusé de signer la déclaration et <a class="external-website" title="ont rendu leurs accréditations - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://apnews.com/article/pentagon-press-access-hegseth-trump-restrictions-5d9c2a63e4e03b91fc1546bb09ffbf12" target="_blank" rel="noopener"><u>ont rendu leurs accréditations</u></a> auprès du Pentagone en signe de protestation. Ces médias ont fait valoir que cette politique menaçait les activités de collecte d&rsquo;informations protégées par la Constitution, en créant une incertitude quant aux informations que les journalistes pouvaient légalement rechercher, conserver ou utiliser dans leurs reportages.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Cet épisode a marqué un tournant significatif dans les relations entre le Pentagone et la presse. Plutôt que de traiter les journalistes comme des gardiens indépendants au service de l’intérêt public, cette politique a présenté les pratiques de reportage courantes comme des risques potentiels pour la sécurité nécessitant une surveillance et un contrôle accrus.</p>
<h5 class="text-align-justify"><strong>Remodeler la presse accréditée : l’importance des choix d’accréditation</strong></h5>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Le Pentagone a également modifié la composition même de la presse accréditée. En février 2025, plusieurs organes de presse membres de longue date ont été exclus des espaces de travail dédiés au Pentagone et remplacés par <a class="external-website" title="un système de rotation des médias - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.reuters.com/world/us/trumps-pentagon-says-it-will-rotate-out-some-media-offices-2025-02-01/" target="_blank" rel="noopener"><u>un système de rotation des médias</u></a> qui a permis à de nouveaux organes d’entrer dans le bâtiment. Les responsables du Pentagone ont présenté ces changements comme un effort visant à diversifier l’accès et à élargir la participation. Pourtant, les détracteurs ont fait valoir que cette politique affaiblissait la capacité de couverture institutionnelle à un moment où un examen rigoureux des affaires militaires était plus que nécessaire.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">En mars 2026, à la suite de la publication de photographies largement diffusées prises lors d’apparitions précédentes, les photographes de presse indépendants <a class="external-website" title="ont été exclus - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.washingtonpost.com/business/2026/03/11/hegseth-press-briefings-photos-iran/" target="_blank" rel="noopener"><u>ont été exclus</u></a> des points presse du Pentagone auxquels participait Pete Hegseth. Les responsables du Pentagone ont démenti les informations selon lesquelles cette décision serait liée à un mécontentement face à une image “peu flatteuse” de Pete Hegseth.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">La photographie joue un rôle unique dans la responsabilité publique, car le journalisme visuel indépendant constitue un contre-pouvoir important face à la capacité du gouvernement à façonner sa propre image.</p>
<h5 class="text-align-justify"><strong>Restriction du contrôle : limitation de la responsabilité</strong></h5>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Tout en défendant leurs politiques restrictives en matière de presse contre des contestations judiciaires, les dirigeants du Pentagone ont également pris des mesures qui menaçaient <a class="external-website" title="l'indépendance éditoriale - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.theguardian.com/us-news/2026/jan/16/defense-department-stars-and-stripes-editorial-control?" target="_blank" rel="noopener"><u>l&rsquo;indépendance éditoriale</u></a> de <em>Stars and Stripes</em>, un journal militaire que le Congrès protège depuis longtemps contre toute ingérence directe du gouvernement. En janvier 2026, le ministère de la Défense a <a class="external-website" title="annoncé son intention - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.stripes.com/theaters/us/2026-01-15/pentagon-refocus-stars-and-stripes-content-20415816.html?" target="_blank" rel="noopener"><u>annoncé son intention</u></a> de réformer le journal. Ces mesures semblaient aller au-delà du simple financement et de la supervision du journal pour s&rsquo;étendre à un contrôle potentiel de son contenu, ce qui, selon les critiques, porterait atteinte à l&rsquo;indépendance éditoriale de longue date du journal.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Les inquiétudes se sont intensifiées en mars 2026, lorsque le Pentagone a publié <a class="external-website" title="un plan de modernisation - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.warren.senate.gov/imo/media/doc/letter_from_senators_warren_blumenthal_gallego_duckworth_on_stars_and_stripes.pdf?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener"><u>un plan de modernisation</u></a> qui renforçait le contrôle du département sur les activités du journal. Puis, en avril 2026, le Pentagone a licencié <a class="external-website" title="Jacqueline Smith, médiatrice du Stars and Stripes - ouverture dans un nouvel onglet" href="https://www.washingtonpost.com/business/2026/04/23/stars-stripes-ombudsman-fired-pentagon/?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener"><u>Jacqueline Smith, médiatrice du </u><em><u>Stars and Stripes</u></em></a>, dont le poste avait été créé par le Congrès en 1991 pour garantir l&rsquo;indépendance éditoriale du journal.</p>
<p class="text-align-justify" dir="ltr">Les restrictions imposées par le Pentagone aux journalistes reflètent <a href="https://rsf.org/fr/%C3%A9tats-unis-huit-fa%C3%A7ons-dont-donald-trump-restreint-la-libert%C3%A9-de-la-presse-au-sens-propre-du-terme" target="_blank" rel="noopener"><u>une détérioration plus générale de la liberté de la presse</u></a> sous l’administration Trump, marquée par des attaques contre les organes de presse, des poursuites judiciaires contre des journalistes, des tentatives d’influencer les décisions éditoriales et des obstacles croissants à l’accès à l’information d’intérêt public. Les conséquences sont déjà visibles dans le Classement mondial de la liberté de la presse de RSF, où les États-Unis ont chuté cette année à la <a href="https://rsf.org/fr/pays-%C3%A9tats-unis" target="_blank" rel="noopener"><u>64e place</u></a>, leur plus mauvais classement jamais enregistré.</p>
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		<title>Vous allez couvrir la Coupe du monde 2026 ? Préparez-vous à bien plus que du football !</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/vous-allez-couvrir-la-coupe-du-monde-2026-preparez-vous-a-bien-plus-que-du-football/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2026 09:49:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
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					<description><![CDATA[La Coupe du monde de la FIFA 2026, qui se déroulera du 11 juin au 19 juillet, devrait attirer des milliers de journalistes aux États-Unis, au Mexique et au Canada pour couvrir le plus grand événement sportif mondial de l’année. À quelques jours du début du tournoi, Reporters sans frontières appelle les professionnels des médias [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><b>La Coupe du monde de la FIFA 2026, qui se déroulera du 11 juin au 19 juillet, devrait attirer des milliers de journalistes aux États-Unis, au Mexique et au Canada pour couvrir le plus grand événement sportif mondial de l’année. À quelques jours du début du tournoi, Reporters sans frontières appelle les professionnels des médias à se préparer à un environnement de travail plus complexe, marqué par une surveillance accrue, des contrôles renforcés aux frontières et des inquiétudes grandissantes quant à la liberté de la presse au Mexique et aux États-Unis.</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les États-Unis ayant atteint</span><a href="https://rsf.org/fr/pays-%C3%A9tats-unis" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;"> leur plus bas classement</span></a><span style="font-weight: 400;"> jamais enregistré dans le Classement mondial de la liberté de la presse de RSF et le </span><a href="https://rsf.org/fr/pays-mexique" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Mexique</span></a><span style="font-weight: 400;"> demeurant l’un des pays les plus dangereux pour les journalistes, les reporters qui couvriront la Coupe du monde de football 2026 doivent se préparer minutieusement, comme pour tout reportage dans un contexte sensible. Bien que le Canada soit nettement </span><a href="https://rsf.org/fr/pays-canada" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">mieux classé</span></a><span style="font-weight: 400;"> que ses co-organisateurs, les journalistes qui y couvriront des </span><a href="https://rsf.org/fr/canada-rsf-d%C3%A9nonce-larrestation-de-savanna-craig-et-les-m%C3%A9thodes-dintimidation-employ%C3%A9es-par-la"><span style="font-weight: 400;">manifestations</span></a><span style="font-weight: 400;"> et d’autres sujets nationaux sensibles devront tout de même rester vigilants face aux risques sur le terrain.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Voici quelques points importants à garder à l’esprit avant de faire vos valises. </span></p>
<h5><b>Coup d&rsquo;envoi : avant votre arrivée</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">De nombreux journalistes étrangers sont exposés à des risques avant même de quitter l&rsquo;aéroport car les autorités frontalières américaines disposent d&rsquo;un large pouvoir discrétionnaire pour refuser l&rsquo;entrée sur le territoire, procéder à des contrôles approfondis ou même placer temporairement les voyageurs en détention. En conséquence, de nombreux journalistes étrangers sont exposés à certains risques avant même leur départ, même s&rsquo;ils disposent d&rsquo;un visa en cours de validité, d&rsquo;une accréditation pour la Coupe du monde et d&rsquo;une autorisation d&rsquo;entrée ESTA.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les journalistes doivent connaître leurs droits à la frontière, informer leurs contacts au sein de leur rédaction de leurs projets de voyage et mettre en place des procédures d&rsquo;urgence en cas d&rsquo;interrogatoire ou de détention</span><span style="font-weight: 400;"> et d’identifier des contacts juridiques avant de partir. </span><span style="font-weight: 400;">Ceux qui sont connus pour couvrir des sujets sensibles tels que la politique, les migrations, les manifestations ou les relations internationales peuvent faire l’objet d’une surveillance accrue.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La compétition se déroulant dans trois pays, les journalistes doivent vérifier les règles d’entrée et de réadmission de chaque pays, ainsi que les conditions de reportage, avant de se rendre sur place. Au Mexique, les reporters pourraient avoir besoin de mesures de sécurité supplémentaires en dehors des zones urbaines principales, tandis que ceux qui couvrent des manifestations ou des incidents politiquement sensibles au Canada et surtout aux États-Unis doivent se tenir informés des </span><a href="https://www.aljazeera.com/opinions/2026/5/21/canada-is-using-its-borders-to-police-palestine-solidarity" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">pratiques</span></a><span style="font-weight: 400;"> de la police locale et de toute </span><a href="https://www.cbc.ca/news/canada/toronto/toronto-police-protest-ban-9.7139973" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">restriction </span></a><span style="font-weight: 400;">concernant les rassemblements publics.</span></p>
<h5><b>Avis de la VAR : vous pourriez faire l&rsquo;objet d&rsquo;une surveillance</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">La sécurité numérique est essentielle pour préparer un reportage. Les autorités américaines peuvent inspecter les appareils électroniques à la frontière, notamment les téléphones, les ordinateurs portables et autres gadgets, ainsi que les messages, les e-mails et l&rsquo;activité sur les réseaux sociaux. RSF recommande aux journalistes de supprimer les données sensibles de leurs appareils, de se déconnecter des comptes inutiles et de désactiver les méthodes d&rsquo;authentification biométrique telles que la reconnaissance d&#8217;empreintes digitales et faciale avant de voyager. Les reporters devraient également passer en revue leurs publications sur les réseaux sociaux, car certaines procédures de visa et d’entrée sur le territoire comportent désormais des vérifications en ligne susceptibles de donner lieu à des interrogatoires supplémentaires.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Nous vous conseillons de lire les articles au sujet de la </span><a href="https://resources.rsf.org/fr/digital-safety/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">sécurité digitale publiés sur le site Ressources de RSF</span></a><span style="font-weight: 400;">. RSF Suisse vient également de publier un guide de sécurité numérique pour les journalistes. Vous y trouverez des conseils pratiques afin de sécuriser vos appareils électroniques et d’adopter une bonne hygiène numérique.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La Coupe du monde se déroulera dans des zones urbaines étroitement surveillées, où les forces de l&rsquo;ordre peuvent recourir à des caméras de surveillance, des drones, à la reconnaissance faciale et à des technologies de localisation des téléphones lors de grands événements. Au Mexique, les journalistes couvrant des sujets tels que le </span><a href="https://rsf.org/fr/deux-attaques-par-balles-contre-des-journalistes-en-deux-jours-au-mexique-faisant-un-tu%C3%A9-des" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">crime organisé</span></a><span style="font-weight: 400;">, les migrations, la corruption ou les forces de l&rsquo;ordre en dehors du tournoi devraient mettre en place des mesures plus strictes pour protéger leurs sources, leurs communications et leurs données de localisation. Au Canada, les journalistes couvrant des manifestations ou des événements politiquement sensibles pourraient faire l&rsquo;objet d&rsquo;une </span><a href="https://www.bloomberg.com/news/articles/2026-05-26/apple-google-blast-canada-s-plan-to-expand-police-data-powers" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">surveillance numérique accrue.</span></a> <span style="font-weight: 400;">Les journalistes couvrant des manifestations en marge de la Coupe du monde doivent également se préparer à une escalade de la violence et d’éventuels heurts. Lisez les </span><a href="https://resources.rsf.org/fr/safety-tips-for-journalists-covering-protests/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">conseils de Reporters sans frontières</span></a><span style="font-weight: 400;"> à ce sujet afin de préparer au mieux la couverture de la manifestation et de réduire les risques qui y sont liés. </span></p>
<h5><b>Carton rouge : les journalistes restent une cible potentielle</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">L&rsquo;accréditation de presse vise à aider les journalistes à exercer leur métier en toute sécurité. Cependant, ces dernières années, des reporters américains ont parfois été arrêtés, placés en garde à vue, verbalisés ou entravés dans leur travail alors qu&rsquo;ils</span><a href="https://rsf.org/fr/les-attaques-contre-les-journalistes-dans-le-minnesota-concluent-la-premi%C3%A8re-ann%C3%A9e-du-second-mandat" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;"> couvraient des manifestations</span></a><span style="font-weight: 400;"> et des interventions policières, malgré la détention des accréditations requises. Compte tenu de </span><a href="https://resources.rsf.org/travel-advisory-for-journalists-ahead-of-u-s-fifa-world-cup/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">l&rsquo;intensification prévue des activités </span></a><span style="font-weight: 400;">de l&rsquo;ICE (Immigration and Customs Enforcement), notamment du risque de profilage racial et de ciblage des populations vulnérables pendant l’événement, il est vivement recommandé aux journalistes étrangers</span><b> de se munir en permanence de leurs papiers d&rsquo;identité </b><span style="font-weight: 400;">lorsqu&rsquo;ils seront sur le terrain. Les journalistes doivent également s&rsquo;assurer d&rsquo;avoir obtenu le visa approprié pour couvrir la Coupe du monde.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les journalistes couvrant les manifestations, les opérations de contrôle de l’immigration, le maintien de l’ordre et les manifestations politiquement sensibles liées à la compétition pourraient être confrontés à des tensions accrues avec les forces de l’ordre. RSF conseille aux journalistes de se familiariser avec les lois locales relatives aux rassemblements publics, à l’accréditation et aux protocoles d’interaction avec la police avant de se rendre sur le terrain.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Au Mexique, les journalistes doivent faire preuve d’une prudence particulière lorsqu’ils couvrent des événements en dehors des principales zones de compétition ou lorsque leur reportage porte sur le crime organisé, la corruption ou la politique locale. Le Mexique reste l’un des pays les plus dangereux pour les journalistes, nombre d’entre eux étant confrontés à des menaces, à des intimidations et à des violences en raison de leur travail. Les reporters internationaux devraient travailler en étroite collaboration avec des contacts locaux de confiance et éviter tout risque inutile dans des lieux qu’ils ne connaissent pas.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Au Canada, les journalistes couvrant des manifestations ou des rassemblements publics controversés pourraient se heurter à des restrictions policières, à des risques de détention ou à des mesures visant à limiter l’accès des médias à proximité des zones de sécurité et des lieux de rassemblement public. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">RSF exhorte les reporters dans les trois pays hôtes à nous signaler toute violation de la liberté de la presse pendant la Coupe du monde.</span></p>
<h5><b>Échauffements : prenez le temps de vous organiser</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">La préparation d’un journaliste ne se limite pas à réserver des billets d’avion et à préparer son matériel. Il doit communiquer son itinéraire à ses rédacteurs en chef ou à ses contacts, trouver une assistance juridique, conserver des sauvegardes cryptées de ses documents essentiels et mettre en place des plans d’intervention rapide au cas où son matériel serait confisqué ou s’il venait à être interpellé.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les journalistes voyageant aux États-Unis, au Canada et au Mexique doivent savoir que les conditions d’exercice, les pratiques policières et les systèmes d’intervention d’urgence peuvent varier considérablement d’une ville à l’autre et d’une juridiction à l’autre. Établir des contacts locaux de confiance avant leur arrivée peut aider les reporters à gérer des situations juridiques, linguistiques et sécuritaires inconnues lors d’événements qui évoluent rapidement.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">RSF encourage également les journalistes à documenter et à signaler sans délai à RSF toute violation de la liberté de la presse pendant la Coupe du monde de la FIFA 2026, y compris les entraves, les intimidations, l’usage excessif de la force, la surveillance et les détentions arbitraires.</span></p>
<h5><b>Fair-play – Sur le terrain et avec les médias</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">La Coupe du monde devrait avant tout rester une affaire de football autant qu&rsquo;un des événements sportifs les plus fédérateurs au monde. Les journalistes qui se déplacent pour couvrir le tournoi devraient pouvoir se concentrer sur le jeu et les événements qui s&rsquo;y rapportent, et non sur les risques d&rsquo;intimidation ou d&rsquo;ingérence dans l&rsquo;exercice de leur métier.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le football mérite le fair-play. Les journalistes méritent la liberté de le couvrir en toute sécurité.</span></p>
<p><b>Consultez notre site internet de ressources pour les journalistes pour plus d&rsquo;informations</b><a href="https://resources.rsf.org/fr/" target="_blank" rel="noopener"><b> ici</b></a><b>, et contactez RSF à l&rsquo;adresse </b><a href="mailto:worldcup@rsf.org" target="_blank" rel="noopener"><b>worldcup@rsf.org</b></a><b> si vous souhaitez signaler une violation des droits de la presse ou si vous avez besoin d&rsquo;aide.</b></p>
<p><b>Plus de ressources : </b></p>
<p><a href="https://fifa.gan-compliance.com/p/Case?locale=en-GB" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Portail de signalement</span></a><span style="font-weight: 400;"> de la </span><b>FIFA</b><span style="font-weight: 400;"> pour les infractions</span></p>
<p><a href="https://resources.rsf.org/travel-advisory-for-journalists-ahead-of-u-s-fifa-world-cup/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Conseils aux voyageurs</span></a><span style="font-weight: 400;"> de </span><b>RSF et de l&rsquo;ACLU</b></p>
<p><a href="https://freedom.press/digisec/blog/reporting-on-the-world-cup-defend-your-devices/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Conseils en matière de sécurité numérique</span></a><span style="font-weight: 400;"> de la </span><b>Freedom of the Press Foundation</b></p>
<p><a href="https://www.nlg.org/kyr-booklet/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Brochure «Know Your Risks»</span></a><span style="font-weight: 400;"> de la </span><b>National Lawyers Guild</b></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Médias aux Etats-Unis: «Les répercussions des événements actuels se feront sentir encore longtemps»</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/medias-aux-etats-unis-les-repercussions-des-evenements-actuels-se-feront-sentir-encore-longtemps/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Jun 2026 14:29:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans le classement mondial de la liberté de la presse publié cette année par RSF, les États-Unis atteignent un nouveau plus bas historique, comme en 2025. Classée 64e sur 180 pays recensés, la plus ancienne démocratie du monde ne figure même plus dans le premier tiers du classement. Que cela signifie-t-il pour le journalisme dans [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><b>Dans le classement mondial de la liberté de la presse publié cette année par RSF, les États-Unis atteignent un nouveau plus bas historique, comme en 2025. Classée 64e sur 180 pays recensés, la plus ancienne démocratie du monde ne figure même plus dans le premier tiers du classement. Que cela signifie-t-il pour le journalisme dans ce pays ? Le journaliste américain Gabe Bullard, qui vit en Suisse depuis 2023, nous donne son point de vue.</b></p>
<p><b>On observe depuis des années un recul de la liberté de la presse aux États-Unis, et ce bien avant l&rsquo;arrivée de Trump. Que pensez-vous de cette évolution ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ce qui m&rsquo;inquiète, c&rsquo;est que les médias américains ne s&rsquo;opposent pas suffisamment, de concert, aux mesures et restrictions que Trump impose au journalisme dans le pays. L&rsquo;accès au Pentagone a été rendu plus difficile, notamment parce que de nombreux médias se sont opposés – à juste titre – aux nouvelles exigences. De plus, le pool de presse entourant Trump a été profondément remanié. Mais lorsque Trump insulte une fois de plus les médias lors d’une de ses nombreuses conférences de presse, les journalistes présents l’acceptent généralement sans broncher. Ils ne s’opposent pas assez, ni de manière suffisamment collective, à cette attitude hostile à la presse. Cela m’inquiète, même en tant qu’observateur de loin. À cela s’ajoute la situation économique très difficile, qui fait que les médias disposent de moins de moyens et ont tendance à se plier plus facilement ou à prendre moins de risques dans leur couverture médiatique.</span></p>
<p><b>Que voulez-vous dire par là ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">De plus en plus de rédactions se concentrent sur des sujets déjà très en vogue, pour lesquels elles peuvent plus facilement anticiper l’intérêt qu’ils susciteront auprès du public. Par ailleurs, elles ont largement structuré leur modèle économique autour des plateformes numériques – parfois encore davantage aux États-Unis qu’en Europe – et veillent à diffuser leurs contenus de manière à favoriser leur mise en avant par les algorithmes. On pourrait presque parler d’une capitulation face aux réseaux sociaux : les rédactions produisent souvent des articles plus courts, des vidéos plus dynamiques, verticales et optimisées pour les</span> <span style="font-weight: 400;">appareils mobiles, dans le but de ne pas perdre leur audience.</span></p>
<p><b>Et cela fonctionne-t-il ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pas vraiment. Les contenus optimisés pour mobiles et les vidéos verticales ne suffisent pas à eux seuls. N’oublions pas que la pression est déjà forte. L’administration Trump entrave régulièrement le travail de la presse et l’hostilité à l’égard des médias est importante. Selon moi, cela contribue à ce que davantage de personnes se détournent de l’actualité. Par ailleurs, depuis des années, on observe chez de nombreux responsables publics et politiques une tendance à nier leurs agissements fautifs ou à les qualifier de « fake news ». Ce qui, autrefois, aurait provoqué un scandale, voire une démission, est aujourd’hui rapidement oublié. Les médias perdent ainsi leur fonction de contre-pouvoir. Une vidéo verticale optimisée pour mobile ne peut, à elle seule, résoudre ce problème.</span></p>
<p><strong>Depuis 2023, vous vivez en Suisse et travaillez depuis ici comme journaliste indépendant. Auparavant, vous avez couvert l’actualité locale et nationale pour diverses rédactions américaines, notamment pour des stations de radio publiques. Pourriez-vous aujourd’hui encore exercer ce travail aux États-Unis comme vous le faisiez à l’époque ?</strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Oui et non. Certains postes que j’ai occupés par le passé n’existent tout simplement plus aujourd’hui, supprimés à la suite de coupes budgétaires drastiques. Certaines émissions de radio pour lesquelles je travaillais se sont tournées vers les réseaux sociaux, dans l’espoir d’élargir leur audience – avec un succès mitigé. Parallèlement, j’ai aussi travaillé dans le journalisme local, notamment dans le Kentucky. On y voit émerger de nouveaux projets passionnants. Mais la pression reste évidemment très forte. Cela dit, lorsqu’il y a de nouvelles initiatives dans le paysage médiatique américain, elles apparaissent surtout au niveau local. C’est aussi là que la demande est forte pour une information qui touche directement la population. Et il ne s’agit pas toujours des derniers tweets de Trump et de son administration, mais bien d’évolutions concrètes et locales.</span></p>
<p><b>En particulier, les stations de radio locales, organisées sur le modèle du service public, sont soumises à une pression particulièrement forte aux États-Unis.</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Lorsque je travaillais moi-même pour la radio publique, nous nous efforcions, comme d’autres stations, de réduire la part des financements fédéraux afin de diminuer la dépendance financière vis-à-vis de Washington D. C. Heureusement, cela a permis à certaines radios d’être moins fortement touchées par les coupes budgétaires décidées par Trump l’an dernier. Parallèlement, certaines stations bénéficiant d’une forte demande locale ont pu enregistrer une hausse des dons privés. La question est toutefois de savoir dans quelle mesure ce type de financement est durable. Quoi qu’il en soit, les conséquences des décisions actuelles continueront de se faire sentir pendant longtemps au sein des médias publics.</span></p>
<p><b>Quelles solutions immédiates les radios locales ont-elles mises en place face à cette pression économique croissante ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Certaines stations de radio locales ont notamment fait appel à des consultants et tentent désormais de se positionner comme concurrentes des radios commerciales. Je pense que c’est une mauvaise idée, d’autant plus que cela va à l’encontre de la mission fondamentale des médias de service public. Dans la station du Kentucky où je travaillais auparavant, nous avons constaté que les radios publiques comme la nôtre ne souffraient pas de l’image de médias « élitistes » déconnectés des besoins de la population. Au contraire, la demande était bien réelle, et nous pouvions y répondre en tant que média non commercial.</span></p>
<p><strong>Ce sont des débats et des arguments similaires à ceux que nous observons également en Suisse au sujet des médias de service public.</strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Absolument. À cet égard, j’ai également suivi de près l’initiative « 200 francs ça suffit » de moitié du 8 mars et j’ai été très satisfait de son issue. Les États-Unis et la Suisse ne sont évidemment pas comparables à l’identique, mais je dirais qu’une votation similaire sur le budget des médias de service public aux États-Unis aurait probablement abouti à un résultat favorable aux médias. Mais il ne s’agit bien sûr que de suppositions. Ce que j’ai par ailleurs trouvé remarquable et habile, c’est la manière dont les opposants à l’initiative en Suisse ont fortement mobilisé des figures de la politique américaine comme Elon Musk et Donald Trump.</span></p>
<p><strong>Dans quel sens ?</strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">On sait depuis longtemps ce que Musk a fait de Twitter. Et à quel point, chez Trump et Musk, les plateformes de communication et les médias se sont mêlés à la politique. L’influence de ces personnalités sur les médias aux États-Unis est considérable, et cela comporte des risques. Dans ce contexte, il a été très habile, en amont de l’initiative, d’établir ce lien et de mettre en garde contre ces dérives.</span></p>
<p><strong>Pourquoi avez-vous quitté les États-Unis pour vous installer en Suisse en 2023, encore sous l’administration Biden ?</strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Il s’agissait avant tout de raisons personnelles. Mais déjà les années précédentes, je m’étais interrogé sur l’impact réel de mon travail, face à une pression et un stress croissants. Les médias révélaient des comportements répréhensibles de personnalités importantes et rendaient publiques certaines de leurs pratiques, mais celles-ci conservaient malgré tout leur poste. Des cas comparables auraient autrefois eu un impact bien plus fort. Dans ce contexte, 2023 a été un bon moment pour me réorienter et venir en Suisse. En tant que journaliste indépendant, je continue de m’intéresser de près aux médias, y compris aux États-Unis. Mais j’ai désormais davantage de recul pour réfléchir au fonctionnement des médias et de l’industrie médiatique, ainsi qu’à leur viabilité à long terme.</span></p>
<p><strong>Comment votre regard sur le journalisme et la liberté de la presse a-t-il évolué depuis lors ?</strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">J’ai toujours considéré une presse libre ainsi qu’un journalisme local et d’investigation comme essentiels. Si je regarde l’évolution actuelle, cette conviction n’a fait que se renforcer. Les principaux défis, notamment dans un contexte de coupes budgétaires massives, concernent avant tout le modèle économique. Les médias, aux États-Unis comme ailleurs, doivent réussir à convaincre leur public de leur pertinence – en particulier lorsqu’ils sont décriés par des responsables politiques et largement ignorés par une partie de l’opinion publique. Ils doivent expérimenter, innover, ce qui nécessite évidemment des moyens suffisants et de la créativité. Mais les stratégies commerciales toujours renouvelées – résumés par l’IA, articles encore plus courts, et autres formats similaires auxquels de nombreux médias se raccrochent – ne suffiront pas, à elles seules, à résoudre le problème.</span></p>
<h6><strong>VALENTIN RUBIN, POLICY &amp; ADVOCACY MANAGER RSF SUISSE</strong></h6>
<p>&nbsp;</p>
<h6><strong style="color: #666666;">Partagez cet article !</strong></h6>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Lacunes béantes dans la protection numérique des journalistes et de leurs sources</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/lacunes-beantes-dans-la-protection-numerique-des-journalistes-et-de-leurs-sources/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Jun 2026 09:32:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Newsletter 2026-05-FR]]></category>
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					<description><![CDATA[Partout dans le monde – y compris en Suisse – les journalistes sont mal protégés contre les risques « cyber ». Les téléphones, les ordinateurs, les messageries des professionnels de l’information sont, dans l’ensemble, des portes d’entrée trop facilement franchissables par des intervenants extérieurs animés d’intentions malveillantes mais aussi par les forces de police ou [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Partout dans le monde – y compris en Suisse – les journalistes sont mal protégés contre les risques « cyber ». Les téléphones, les ordinateurs, les messageries des professionnels de l’information sont, dans l’ensemble, des portes d’entrée trop facilement franchissables par des intervenants extérieurs animés d’intentions malveillantes mais aussi par les forces de police ou de renseignement. C’est le constat sur lequel se sont accordés les deux intervenants d’un atelier proposé par RSF Suisse lors du dernier Presstival, le festival de journalisme qui, pour sa deuxième édition, s’est tenu sur deux jours à Bienne lors du week-end de Pentecôte.</strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Nicolas Diaz, responsable de la sécurité numérique au sein du secrétariat international de RSF à Paris et Sascha Buchbinder, journaliste d’investigation pour Saldo/K-Tipp à Zurich, membre du comité de la section suisse de RSF et ancien responsable de la sécurité opérationnelle pour les enquêtes des rédactions d’investigation de la SSR, l’ont chacun souligné. Le danger ne guette pas seulement les journalistes qui partent en reportage dans des régimes autoritaires ou qui enquêtent sur des activités illégales. Les journalistes généralistes actifs dans des pays démocratiques comme la Suisse sont certes moins exposés mais le risque y existe aussi. La profession aurait donc tort de se croire à l’abri parce qu’elle opère dans un pays « sûr ».</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le problème est que les rédactions ne prennent pas encore des mesures suffisantes pour former et protéger leurs journalistes contre les risques numériques. Et la formation de base des professionnels de l’information dans ce domaine paraît encore lacunaire. D’importants efforts doivent être consentis dans ce domaine pour rehausser le niveau de protection.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Il ne s’agit d’ailleurs pas seulement de la sécurité des journalistes eux-mêmes, mais aussi de celle de leurs sources et ceci aussi bien dans des contextes à risques que dans des situations apparemment sûres. Pour s’en convaincre, on se rappellera les récentes investigations à grande échelle du Ministère public vaudois pour identifier l’origine de la fuite ayant permis à certains médias de publier des informations sur le rapport d’expert mandaté dans l’affaire du « bouclier fiscal » qui secoue le canton. Si les médias ne prennent pas les mesures qui s’imposent, ils exposent leurs sources et prennent le risque qu’elles ne les informent plus.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La section suisse de RSF vient d’éditer un <a href="https://rsf-ch.ch/wp-content/uploads/2026/06/Guide-securite-numerique-pour-les-journalistes-version-finale.pdf">petit dépliant qui préconise des recommandations </a>de base à prendre en fonction du degré de danger auquel les journalistes sont exposés. Nous sommes conscients que ce n’est qu’un début mais nous sommes convaincus qu’il faut agir de toute urgence. Car il n’y a de protection effective de la liberté de la presse que si le travail des journalistes qui doit rester confidentiel le demeure réellement.</span></p>
<p><strong>Denis Masmejan, secrétaire général de RSF Suisse</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Médias aux Etats-Unis : « Les répercussions des événements actuels se feront sentir encore longtemps»</title>
		<link>https://rsf-ch.ch/les-repercussions-des-evenements-actuels-se-feront-sentir-encore-longtemps/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin-rsf2]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Jun 2026 06:49:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Newsletter 2026-05-FR]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://rsf-ch.ch/?p=43089</guid>

					<description><![CDATA[Dans le classement mondial de la liberté de la presse publié cette année par RSF, les États-Unis atteignent un nouveau plus bas historique, comme en 2025. Classée 64e sur 180 pays recensés, la plus ancienne démocratie du monde ne figure même plus dans le premier tiers du classement. Que cela signifie-t-il pour le journalisme dans [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><b>Dans le classement mondial de la liberté de la presse publié cette année par RSF, les États-Unis atteignent un nouveau plus bas historique, comme en 2025. Classée 64e sur 180 pays recensés, la plus ancienne démocratie du monde ne figure même plus dans le premier tiers du classement. Que cela signifie-t-il pour le journalisme dans ce pays ? Le journaliste américain Gabe Bullard, qui vit en Suisse depuis 2023, nous donne son point de vue.</b></p>
<p><b>On observe depuis des années un recul de la liberté de la presse aux États-Unis, et ce bien avant l&rsquo;arrivée de Trump. Que pensez-vous de cette évolution ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ce qui m&rsquo;inquiète, c&rsquo;est que les médias américains ne s&rsquo;opposent pas suffisamment, de concert, aux mesures et restrictions que Trump impose au journalisme dans le pays. L&rsquo;accès au Pentagone a été rendu plus difficile, notamment parce que de nombreux médias se sont opposés – à juste titre – aux nouvelles exigences. De plus, le pool de presse entourant Trump a été profondément remanié. Mais lorsque Trump insulte une fois de plus les médias lors d’une de ses nombreuses conférences de presse, les journalistes présents l’acceptent généralement sans broncher. Ils ne s’opposent pas assez, ni de manière suffisamment collective, à cette attitude hostile à la presse. Cela m’inquiète, même en tant qu’observateur de loin. À cela s’ajoute la situation économique très difficile, qui fait que les médias disposent de moins de moyens et ont tendance à se plier plus facilement ou à prendre moins de risques dans leur couverture médiatique.</span></p>
<p><b>Que voulez-vous dire par là ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">De plus en plus de rédactions se concentrent sur des sujets déjà très en vogue, pour lesquels elles peuvent plus facilement anticiper l’intérêt qu’ils susciteront auprès du public. Par ailleurs, elles ont largement structuré leur modèle économique autour des plateformes numériques – parfois encore davantage aux États-Unis qu’en Europe – et veillent à diffuser leurs contenus de manière à favoriser leur mise en avant par les algorithmes. On pourrait presque parler d’une capitulation face aux réseaux sociaux : les rédactions produisent souvent des articles plus courts, des vidéos plus dynamiques, verticales et optimisées pour les</span> <span style="font-weight: 400;">appareils mobiles, dans le but de ne pas perdre leur audience.</span></p>
<p><b>Et cela fonctionne-t-il ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pas vraiment. Les contenus optimisés pour mobiles et les vidéos verticales ne suffisent pas à eux seuls. N’oublions pas que la pression est déjà forte. L’administration Trump entrave régulièrement le travail de la presse et l’hostilité à l’égard des médias est importante. Selon moi, cela contribue à ce que davantage de personnes se détournent de l’actualité. Par ailleurs, depuis des années, on observe chez de nombreux responsables publics et politiques une tendance à nier leurs agissements fautifs ou à les qualifier de « fake news ». Ce qui, autrefois, aurait provoqué un scandale, voire une démission, est aujourd’hui rapidement oublié. Les médias perdent ainsi leur fonction de contre-pouvoir. Une vidéo verticale optimisée pour mobile ne peut, à elle seule, résoudre ce problème.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Depuis 2023, vous vivez en Suisse et travaillez depuis ici comme journaliste indépendant. Auparavant, vous avez couvert l’actualité locale et nationale pour diverses rédactions américaines, notamment pour des stations de radio publiques. Pourriez-vous aujourd’hui encore exercer ce travail aux États-Unis comme vous le faisiez à l’époque ?</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Oui et non. Certains postes que j’ai occupés par le passé n’existent tout simplement plus aujourd’hui, supprimés à la suite de coupes budgétaires drastiques. Certaines émissions de radio pour lesquelles je travaillais se sont tournées vers les réseaux sociaux, dans l’espoir d’élargir leur audience – avec un succès mitigé. Parallèlement, j’ai aussi travaillé dans le journalisme local, notamment dans le Kentucky. On y voit émerger de nouveaux projets passionnants. Mais la pression reste évidemment très forte. Cela dit, lorsqu’il y a de nouvelles initiatives dans le paysage médiatique américain, elles apparaissent surtout au niveau local. C’est aussi là que la demande est forte pour une information qui touche directement la population. Et il ne s’agit pas toujours des derniers tweets de Trump et de son administration, mais bien d’évolutions concrètes et locales.</span></p>
<p><b>En particulier, les stations de radio locales, organisées sur le modèle du service public, sont soumises à une pression particulièrement forte aux États-Unis.</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Lorsque je travaillais moi-même pour la radio publique, nous nous efforcions, comme d’autres stations, de réduire la part des financements fédéraux afin de diminuer la dépendance financière vis-à-vis de Washington D. C. Heureusement, cela a permis à certaines radios d’être moins fortement touchées par les coupes budgétaires décidées par Trump l’an dernier. Parallèlement, certaines stations bénéficiant d’une forte demande locale ont pu enregistrer une hausse des dons privés. La question est toutefois de savoir dans quelle mesure ce type de financement est durable. Quoi qu’il en soit, les conséquences des décisions actuelles continueront de se faire sentir pendant longtemps au sein des médias publics.</span></p>
<p><b>Quelles solutions immédiates les radios locales ont-elles mises en place face à cette pression économique croissante ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Certaines stations de radio locales ont notamment fait appel à des consultants et tentent désormais de se positionner comme concurrentes des radios commerciales. Je pense que c’est une mauvaise idée, d’autant plus que cela va à l’encontre de la mission fondamentale des médias de service public. Dans la station du Kentucky où je travaillais auparavant, nous avons constaté que les radios publiques comme la nôtre ne souffraient pas de l’image de médias « élitistes » déconnectés des besoins de la population. Au contraire, la demande était bien réelle, et nous pouvions y répondre en tant que média non commercial.</span></p>
<p><strong>Ce sont des débats et des arguments similaires à ceux que nous observons également en Suisse au sujet des médias de service public.</strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Absolument. À cet égard, j’ai également suivi de près l’initiative « 200 francs ça suffit » de moitié du 8 mars et j’ai été très satisfait de son issue. Les États-Unis et la Suisse ne sont évidemment pas comparables à l’identique, mais je dirais qu’une votation similaire sur le budget des médias de service public aux États-Unis aurait probablement abouti à un résultat favorable aux médias. Mais il ne s’agit bien sûr que de suppositions. Ce que j’ai par ailleurs trouvé remarquable et habile, c’est la manière dont les opposants à l’initiative en Suisse ont fortement mobilisé des figures de la politique américaine comme Elon Musk et Donald Trump.</span></p>
<p><strong>Dans quel sens ?</strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">On sait depuis longtemps ce que Musk a fait de Twitter. Et à quel point, chez Trump et Musk, les plateformes de communication et les médias se sont mêlés à la politique. L’influence de ces personnalités sur les médias aux États-Unis est considérable, et cela comporte des risques. Dans ce contexte, il a été très habile, en amont de l’initiative, d’établir ce lien et de mettre en garde contre ces dérives.</span></p>
<p><strong>Pourquoi avez-vous quitté les États-Unis pour vous installer en Suisse en 2023, encore sous l’administration Biden ?</strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Il s’agissait avant tout de raisons personnelles. Mais déjà les années précédentes, je m’étais interrogé sur l’impact réel de mon travail, face à une pression et un stress croissants. Les médias révélaient des comportements répréhensibles de personnalités importantes et rendaient publiques certaines de leurs pratiques, mais celles-ci conservaient malgré tout leur poste. Des cas comparables auraient autrefois eu un impact bien plus fort. Dans ce contexte, 2023 a été un bon moment pour me réorienter et venir en Suisse. En tant que journaliste indépendant, je continue de m’intéresser de près aux médias, y compris aux États-Unis. Mais j’ai désormais davantage de recul pour réfléchir au fonctionnement des médias et de l’industrie médiatique, ainsi qu’à leur viabilité à long terme.</span></p>
<p><strong>Comment votre regard sur le journalisme et la liberté de la presse a-t-il évolué depuis lors ?</strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">J’ai toujours considéré une presse libre ainsi qu’un journalisme local et d’investigation comme essentiels. Si je regarde l’évolution actuelle, cette conviction n’a fait que se renforcer. Les principaux défis, notamment dans un contexte de coupes budgétaires massives, concernent avant tout le modèle économique. Les médias, aux États-Unis comme ailleurs, doivent réussir à convaincre leur public de leur pertinence – en particulier lorsqu’ils sont décriés par des responsables politiques et largement ignorés par une partie de l’opinion publique. Ils doivent expérimenter, innover, ce qui nécessite évidemment des moyens suffisants et de la créativité. Mais les stratégies commerciales toujours renouvelées – résumés par l’IA, articles encore plus courts, et autres formats similaires auxquels de nombreux médias se raccrochent – ne suffiront pas, à elles seules, à résoudre le problème.</span></p>
<h6><strong>VALENTIN RUBIN, POLICY &amp; ADVOCACY MANAGER RSF SUISSE</strong></h6>
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		<title>RSF Suisse condamne l’intervention de la police contre des journalistes lors des manifestations pour le climat à Payerne et à Lucerne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[rsfsuisse]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 May 2026 14:07:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Suisse]]></category>
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					<description><![CDATA[Lors de deux actions menées en mai par le groupe d’activistes pour le climat « Act Now ! », des incidents sont survenus entre la police et des professionnels des médias. Un journaliste a été contraint d’effacer ses images, tandis qu’un autre a été temporairement menotté. RSF Suisse met en garde contre de telles interventions [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;"><strong>Lors de deux actions menées en mai par le groupe d’activistes pour le climat « Act Now ! », des incidents sont survenus entre la police et des professionnels des médias. Un journaliste a été contraint d’effacer ses images, tandis qu’un autre a été temporairement menotté. RSF Suisse met en garde contre de telles interventions et appelle les forces de l’ordre à faire preuve de proportionnalité dans leurs actions lorsque celles-ci impliquent des professionnels des médias.</strong></p>
<p><em>Photo : image symbolique</em></p>
<p style="font-weight: 400;">Dans le courant de mois de mai, des actions de protestation du mouvement suisse proclimat « Act Now ! » ont eu lieu en divers endroits en Suisse. Les militants ont organisé des sit-in dans des stations-service afin de sensibiliser les automobilistes et les exploitants de stations-service au changement climatique. Des militants se sont également aspergés de peinture noire au musée militaire de Payerne.</p>
<p style="font-weight: 400;">Lors de deux de ces actions, des incidents se sont produits entre les forces de sécurité et les journalistes présents sur place. Au musée militaire de Payerne, le photojournaliste Bénédict Bettermann, qui couvrait l’événement pour l’agence photo Alto Press, a été interpellé par la police, contrôlé et contraint de supprimer certaines de ses prises de vue et vidéos. Le photojournaliste Raimond Lüppken a connu pour sa part une expérience similaire lorsqu’il a couvert, le jeudi 14 mai, un sit-in d’Act Now à une station-service de Kriens (LU) , également pour l’agence photo Alto Press.</p>
<p style="font-weight: 400;">Raimond Lüppken s’est exprimé sur l’incident dans divers médias. Il a fait valoir que, bien que le sit-in ait eu lieu dans une station-service publique, les agents de police lui avaient interdit de filmer et de photographier. Le journaliste a alors voulu présenter sa carte de presse pour préciser qu’il ne faisait pas partie du collectif d’activistes, mais qu’il couvrait l’action en tant que journaliste. Il n’en a toutefois pas eu le temps. Il a été repoussé par la police, sa caméra est tombée à terre et il a même été menotté pendant un court instant.</p>
<p style="font-weight: 400;">RSF Suisse condamne le traitement qu’a eu à subir Raimond Lüpken. Le fait qu’un professionnel des médias soit traité de manière disproportionnée par la police en Suisse, et même brièvement menotté brièvement, a de quoi inquiéter. Mais ce n’est pas le premier incident de ce type dans le canton. En 2021 déjà, des agents de police à Lucerne avaient utilisé du spray au poivre contre un journaliste, qui avait été touché au visage. Cet événement avait débouché sur l’instauration d’un dialogue entre la police lucernoise et l’association professionnelle Impressum qui ne semble toutefois pas avoir débouché sur des résultats tangibles. Dans le cas de Raimond Lüpken du moins, la police aurait même annoncé son intention de porter plainte contre lui pour ne pas avoir obtempéré aux injonctions. Interrogée par RSF Suisse, la police cantonale lucernoise renvoie à la procédure en cours et se refuse à tout commentaire.</p>
<p style="font-weight: 400;">Lors des événements qui se sont déroulés au Musée de l’aviation militaire à Payerne, le 6 mai, le photojournaliste Bénédict Bettermann a été interpellé, fouillé, la carte mémoire de son appareil saisie. Puis il a été emmené au poste par la police cantonale fribourgeoise (les lieux sont situés sur territoire fribourgeois) au prétexte qu’il faisait en réalité partie du groupe d’activistes. Il y est resté environ 3 à 4 heures, et finalement contraint de supprimer les images et les vidéos sur lesquelles apparaissaient des policiers, selon les indications qu’il a fournies.</p>
<p style="font-weight: 400;">Bénédict Bettermann a indiqué à RSF Suisse avoir tenté en vain d’attester de sa qualité de journaliste en présentant une attestation de son employeur, l’agence Alto Press, la même que celle qui employait Raimond Lüpken, ainsi qu’une carte de presse. De son côté, la police fribourgeoise nous a fait savoir que « le journaliste n’était pas clairement identifiable comme tel sur place ; il ne portait pas de gilet de presse et n’a pas pu présenter de carte de presse valide » et que c’est donc à des fins d’identification et pour établir les faits qu’il a été emmené au poste. La police indique également qu’elle « reconnaît l’importance du travail journalistique et s’efforce de concilier cette liberté avec les exigences en matière de sécurité et d’ordre public. » Pour ce qui concerne les photos, elle observe avoir « abordé » le sujet avec l’intéressé.</p>
<p style="font-weight: 400;">Il semble en effet que le photojournaliste n’était pas en possession de la carte de presse habituelle en Suisse mais d’une autre carte. Il n’en reste pas moins que son travail sur place était bel et bien journalistique, que ce fait semblait aisé à établir et qu’à titre de professionnel des médias il était en droit de filmer et de photographier l’action de la police et ne devait pas être contraint de supprimer des images ou des vidéos.</p>
<blockquote>
<p style="font-weight: 400;"><em>«RSF Suisse condamne l’interpellation dont le photojournaliste a été l’objet. Notre organisation rappelle que le secret rédactionnel, garanti par la Constitution, couvre l’ensemble des informations et des données récoltées à l’occasion d’un travail journalistique et que la police ne saurait exiger d’y avoir accès et d’en supprimer certains éléments. Il est par ailleurs admis qu’une intervention des policiers sur le domaine public puisse être filmée et photographiée librement. Ce principe ne doit pas être remis en cause.»</em></p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>Denis Masmejan</strong><br />
Secrétaire général de RSF Suisse</p>
</blockquote>
<p style="font-weight: 400;">RSF Suisse rappelle par ailleurs le Plan d’action national élaboré conjointement par le secteur des médias et l’Office fédéral de la communication (OFCOM) pour les années 2023 à 2027. Ce document formule des objectifs visant à protéger la profession de journaliste et à garantir ses droits et sa sécurité. Il énumère notamment des mesures de protection destinées à garantir la sécurité des journalistes lors de manifestations, d’actions de protestation et de grands événements. Dans ce contexte, RSF Suisse appelle les forces de l’ordre à observer scrupuleusement le principe de la proportionnalité dans leurs relations avec les professionnels des médias, ainsi qu’à prendre en compte et à respecter leurs droits.</p>
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