Reporters sans frontières (RSF) affirme son engagement en faveur d’un “non” à l’initiative populaire “200 francs, ça suffit”. À travers cette prise de position, nous entendons rappeler le rôle central du service public de l’information en Suisse. Les citoyens sont invités à se prononcer le 8 mars prochain sur ladite initiative.

Alors que le financement du service public subit d’énormes pressions dans un contexte de rigueur budgétaire en Suisse, RSF, lors d’une conférence de presse tenue le 13 février à Genève, a réitéré son engagement pour sa protection. 

Lors de cette rencontre qui s’est déroulée à l’invitation du Club suisse de la presse, représenté par sa directrice générale Géraldine Savary, le directeur général de RSF, Thibaut Bruttin, a souligné que l’engagement de l’organisation dans cette campagne suisse s’inscrit dans un contexte européen particulièrement préoccupant, mis en évidence par le rapport Médias publics sous pression, paru en août 2025. 

Partout sur le continent, les médias de service public font l’objet de pressions politiques, qui s’expriment souvent par la remise en cause de leur stabilité financière ou de leur gouvernance, qui peuvent aller jusqu’à entraîner leur reprise en main, leur affaiblissement ou leur privatisation, voire leur disparition, comme récemment au Liechtenstein.  

« La guerre contre le journalisme est déclarée au niveau mondial et la bataille pour le service public de l’information est la première à mener. L’outrance des accusations contre l’audiovisuel public n’a d’égale que la violence des remèdes proposés, alors même que la Société suisse de radiodiffusion et télévision (SSR) assume déjà une réduction budgétaire considérable. L’économie des médias est un enjeu de liberté de la presse. L’enfer est pavé de bonnes intentions financières mais le définancement, qui peut être la conséquence de la votation du 8 mars prochain, fait peser un risque considérable sur l’avenir de la SSR, une des garanties du pluralisme et de la qualité de l’information en Suisse. A contrario, un vote négatif des Suisses peut montrer l’attachement à ce service public de l’information et envoyer un signal à l’Europe. »
Thibaut Bruttin
Directeur général de RSF

Le service public suisse (SSR), qui produit des contenus dans les quatre langues nationales – notamment via la Radio Télévision Suisse (RTS) – fait face à des bouleversements profonds du marché des médias et à une baisse progressive des recettes de la redevance. 

« L’initiative ‘200 francs, ça suffit’ conduirait à une réduction drastique des moyens de la SSR, amputant de moitié son financement et entraînant des conséquences irréversibles pour le journalisme en Suisse. Contrairement aux affirmations de ses promoteurs, cette perte ne pourrait en aucun cas être compensée par les médias privés ou par l’offre des réseaux sociaux, qui échappent largement à toute régulation démocratique. L’impact serait particulièrement lourd pour la diversité régionale et linguistique, la couverture de l’actualité locale, le soutien à la création culturelle et le développement numérique du service public. Pour un gain modeste pour les ménages, l’initiative affaiblirait durablement un pilier essentiel de la démocratie suisse.»
Denis Masmejan
Secrétaire général de RSF Suisse

Retrouvez ici l’argumentaire complet de Reporters sans frontières Suisse lors de la conférence vendredi 13 février. 

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