RSF Suisse déplore la confirmation en appel de la condamnation de la journaliste Jana Avanzini

RSF Suisse déplore la confirmation en appel de la condamnation de la journaliste Jana Avanzini

Le Tribunal cantonal lucernois a confirmé en appel la condamnation à une amende de 500 francs de la journaliste Jana Avanzini. Celle-ci a été reconnue coupable, comme en première instance, de violation de domicile. Elle s’était rendue, afin d’y réaliser un reportage pour le média en ligne Zentralplus, dans une villa occupée illégalement par des activistes. Reporters sans frontières (RSF) Suisse a contribué à hauteur de 5000.- aux coûts de la procédure d’appel engagée par la journaliste. Notre organisation déplore ce jugement, qui touche à une question de principe. Il limite effet sans raison convaincante la liberté des journalistes de rechercher et de constater les faits et nuit à la qualité du journalisme.

Les motifs du jugement ne sont pas encore connus. La journaliste aura la possibilité de faire recours au Tribunal fédéral. Elle avait été poursuivie sur plainte de la société propriétaire de la villa à Lucerne, appartenant à l’industriel Jørgen Bodum. En première instance, elle avait été condamnée à une amende de 500.- francs, au paiement des frais de justice pour un montant de près de 1800.-, ainsi qu’au versement d’une contribution aux frais d’avocat de la plaignante de 3’000.- francs, les conclusions civiles de cette dernière étant au surplus réservées.

Créé en 2015, le fonds de soutien de RSF Suisse est destiné en priorité à venir en aide aux journalistes en exil. Selon ses statuts, il peut toutefois exceptionnellement soutenir des journalistes travaillant en Suisse engagés dans des procédures judiciaires qui mettent fondamentalement en jeu la liberté de l’information.

Lire notre communiqué précédent sur cette affaire ici.

Une tribune de RSF Suisse sur la crise sanitaire: «Jamais les médias n’ont été aussi nécessaires, et jamais ils ne se sont portés aussi mal»

Une tribune de RSF Suisse sur la crise sanitaire: «Jamais les médias n’ont été aussi nécessaires, et jamais ils ne se sont portés aussi mal»

Dans cette période de pandémie et de confinement, où les citoyens trouvent-ils les réponses à leurs questions ? À qui les posent-ils et comment s’informent-ils de la situation ? Cette crise sanitaire sans précédent et son flot de rumeurs et de fausses nouvelles révèle toute l’importance de l’accès à une information fiable et de qualité. (Photo Keystone-ATS).

Médecins, experts scientifiques, travailleurs de la santé, gouvernement et administration sont évidemment des sources indispensables. Mais il y a une catégorie d’acteurs sans lesquels le citoyen serait laissé à lui-même : les médias.

Journalistes, photographes, caméramans, monteurs, graphistes, techniciens, etc., toutes celles et ceux qui s’efforcent en ce moment, sans relâche, d’apporter une information fiable donnent, en Suisse et partout dans le monde, le meilleur d’eux-mêmes.

Ils le font dans des conditions économiques qui ont brutalement viré au désastre. Alors même que les médias vivent depuis de nombreuses années dans un environnement d’une extrême difficulté, la crise du coronavirus a entraîné ces dernières semaines l’effondrement des recettes publicitaires qui constituaient – encore – la principale source de revenus de la plupart d’entre eux.

L’envol de l’audience des médias ces dernières semaines démontre pourtant à quel point les citoyens ont besoin d’information. Le Conseil fédéral a pris des mesures extraordinaires pour faire face à une situation extraordinaire, engageant des moyens de soutien à l’économie pour 40 milliards de francs. Il serait désolant et paradoxal qu’aucune mesure ne soit prise en faveur des médias alors que ceux-ci sont plus nécessaires que jamais.

Reporters sans frontières (RSF) lutte pour la liberté d’information dans le monde entier. Depuis le début de la pandémie, notre organisation n’a pas cessé de dénoncer le fait que plusieurs gouvernements profitent de la crise pour entraver l’accès à une information fiable, libre et critique.

Quelques exemples illustrent ce phénomène inquiétant. La loi adoptée en Hongrie est un pas supplémentaire vers une répression totale – RSF l’a dénoncé aux côtés de plusieurs autres organisations. En Chine, au vu de la chronologie des premiers jours de la crise, il apparaît que, sans le contrôle et la censure imposés par les autorités, les médias chinois auraient informé le public bien plus tôt de la gravité de l’épidémie, épargnant des milliers de vies et évitant peut-être la pandémie. En Egypte, le gouvernement a renforcé la censure exercée par les pouvoirs publics. Plusieurs sites d’information ont été fermés pour six mois, accusés de diffuser de fausses nouvelles sur l’épidémie. En Algérie, après le placement en détention provisoire du correspondant de RSF Khaled Drareni, notre organisation a dénoncé l’utilisation éhontée de la pandémie par le régime algérien pour régler ses comptes avec le journalisme libre et indépendant.

Malheureusement, la liste des atteintes à la liberté d’informer commises à la faveur de la crise actuelle serait longue. Il faut le répéter avec force : une information libre est aujourd’hui plus nécessaire que jamais. Il importe que les médias aient toute latitude non seulement de publier des informations fiables, mais aussi de porter un regard au besoin critique sur le comportement des autorités et des acteurs de la crise, quelles que soient la gravité de la situation et la légitimité des mesures décidées.

Au moment où, en Suisse, le Parlement fédéral a interrompu ses travaux pour des raisons certes compréhensibles, les médias restent de fait, pour une période qu’on espère aussi brève que possible, les seuls contre-pouvoirs en place. Ils doivent pouvoir rendre compte de cette crise au plus près d’une réalité que les citoyens ont le droit de connaître sous tous ses aspects. La section suisse de Reporters sans frontières demande instamment à toutes les autorités, fédérales, cantonales et communales, de veiller à ne pas entraver ce travail par quelque moyen que ce soit. Nous tenons ici à rendre hommage à tous les professionnels des médias dont le travail apporte une contribution irremplaçable au vivre ensemble et à l’exercice de la démocratie.

Denis Masmejan, secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF) Suisse

Camille Lanci, collaboratrice de RSF Suisse

Commandez ici le nouvel album RSF consacré à Philippe Halsman

Commandez ici le nouvel album RSF consacré à Philippe Halsman

Le réseau de distribution de nos albums est en partie affecté par la crise du coronavirus. Vous pouvez donc le commander directement en ligne en suivant ce lien.

2020 est l’occasion pour notre collection d’albums de faire peau neuve et d’offrir à nos lecteurs un contenu enrichi, articulé autour de moments forts, de rencontres, de témoignages poignants, de portraits acides des ennemis toujours plus nombreux de la liberté de la presse, le tout servi par une maquette repensée pour rendre nos actions plus concrètes et lisibles.

Témoignage

Pour ce premier numéro de notre nouvelle formule, Hatice Cengiz, la veuve de Jamal Khashoggi, journaliste saoudien sauvagement assassiné le 2 octobre 2018 au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, signe un long récit de la journée qui a vu sa vie basculer et de son combat pour que justice soit faite.

Portraits de stars

C’est bien simple, quand vous regardez les photos des plus grandes stars du xx e siècle, il y a une chance sur deux que le cliché soit signé Philippe Halsman ! C’est ce photographe de légende que nous avons choisi pour incarner notre nouvelle formule, lui qui a inventé la « Jumpology », fixant pour l’éternité dans leur élan vital les stars d’Hollywood et les grandes figures de la planète.  Marilyn, Dali, Gide, Bardot, Montand, Fernandel, Einstein… Le photographe de Magnum Photos et star de LIFE magazine dévoilait la personnalité cachée de ses sujets dans des mises en scènes complexes et joyeuses.
RSF Suisse soutient financièrement le cas de la journaliste  Jana Avanzini dans son procès en appel à Lucerne contre l’homme d’affaires Jørgen Bodum

RSF Suisse soutient financièrement le cas de la journaliste Jana Avanzini dans son procès en appel à Lucerne contre l’homme d’affaires Jørgen Bodum

Le fonds de soutien et de solidarité créé par la section suisse de Reporters sans frontières (RSF) a versé la somme 5’000.- francs à titre de contribution aux coûts du procès en appel de la journaliste Jana Avanzini. Celle-ci avait été condamnée par le Tribunal d’arrondissement de Lucerne pour violation de domicile après s’être rendue, afin d’y réaliser un reportage pour le média en ligne Zentralplus, dans une vieille villa de Lucerne (photo Keystone ATS) restée longtemps vide avant d’être occupée par des activistes. RSF Suisse attend désormais du Tribunal cantonal lucernois qu’il acquitte la journaliste en tenant dûment compte de la liberté d’informer et de la nécessité pour les médias de pouvoir accéder à des sources et des informations de première main.

Jana Avanzini a été poursuivie sur plainte de la société propriétaire de la villa, appartenant à l’industriel Jørgen Bodum. Elle a été condamnée à une amende de 500.- francs, au paiement des frais de justice pour un montant de près de 1800.-, ainsi qu’au versement d’une contribution aux frais d’avocat de la plaignante de 3’000.- francs, les conclusions civiles de cette dernière étant au surplus réservées. La journaliste a fait appel de sa condamnation. Une audience s’est tenue le 9 mars dernier devant le Tribunal cantonal lucernois. La décision doit tomber prochainement.

Le tribunal de première instance avait refusé de mettre la journaliste au bénéfice de l’exception dite de « sauvegarde d’intérêts légitimes ». Le juge a certes reconnu que le sort de cette villa restée longtemps vide était devenu un sujet de débat à Lucerne. Il a toutefois estimé que l’article de la journaliste n’apportait pas d’information nouvelle et se contentait de décrire l’ambiance régnant parmi les occupants de l’immeuble.

Pour RSF Suisse, un tel argument n’est pas compatible avec la liberté de la presse. La journaliste ne se rendait nullement sur place pour participer à une occupation illicite, mais pour y faire son travail. Elle devait pouvoir l’effectuer librement, interroger les occupants et rapporter ce qu’elle avait pu y constater sous la forme qui lui paraissait et qui paraissait à sa rédaction la plus appropriée, sans qu’un tribunal puisse se substituer à cette appréciation. RSF Suisse attend de la justice lucernoise qu’elle tranche cette question de principe en faveur de la liberté d’informer.

Créé en 2015, le fonds de soutien de RSF Suisse est destiné en priorité à venir en aide aux journalistes en exil. Selon ses statuts, il peut toutefois exceptionnellement soutenir des journalistes travaillant en Suisse engagés dans des procédures judiciaires qui mettent fondamentalement en jeu la liberté de l’information.

Notre communiqué de presse au format PDF: CP_RSF Suisse

Quand la violence du régime kazakh brisait le destin d’une journaliste aujourd’hui réfugiée en Suisse

Quand la violence du régime kazakh brisait le destin d’une journaliste aujourd’hui réfugiée en Suisse

C’est dans un univers glaçant et au cœur d’un récit poignant que nous plonge le dernier livre de Laurence Deonna, l’infatigable écrivain et journaliste genevoise, présidente de la section suisse de Reporters sans frontières (RSF) de 2000 à 2003. Lira Baiseitova Lanceuse d’alerte (L’Aire), préfacé par l’une des figures internationales de la lutte contre la corruption, l’ancienne magistrate française Eva Joly, retrace l’itinéraire de cette journaliste kazakhe aujourd’hui réfugiée en Suisse, fondatrice du journal Respublika 2000 fermé après deux années d’existence seulement sur ordre des autorités.

Reconnue par ses pairs du monde entier, lauréate de plusieurs prix prestigieux récompensant des journalistes ayant pris tous les risques pour révéler le dessous des cartes, Lira a payé affreusement cher son courage professionnel. Les autorités ne lui ont en particulier jamais pardonné la publication d’une interview de celui qui était à l’époque procureur général du canton de Genève, Bernard Bertossa. L’éminent magistrat y attestait de l’existence de comptes en Suisse abritant des fonds du président kazakh Nursultan Nazarbaev. Peu après, Leila, la fille adorée de Lila, mourait en détention à 25 ans après son arrestation par la police kazakhe. A l’époque, un rapport accablant de Reporters sans frontières avait documenté autant qu’il était possible de le faire les circonstances troubles de cette mort violente, ne laissant hélas à Lira aucune possibilité de douter que les sbires du régime avaient fait payer à Leila le courage de sa mère.

Parmi ses amis et ses proches, d’autres morts jalonnent la vie de Lira, à commencer par son petit frère, officiellement décédé d’une crise cardiaque lors d’un voyage en train mais dont le corps était curieusement couvert d’ecchymoses. Au fil des pages, Laurence Deonna dresse, en arrière-fonds de la vie brisée de la journaliste, le portrait d’un pays gangréné par la corruption, égaré par les années chaotiques ayant suivi l’effondrement de l’URSS dont la population a été la première victime, et où la violence, le meurtre déguisé en accident, l’intimidation et les menaces sont, pour le gouvernement et l’appareil de l’Etat, des méthodes de routine.

En 2019, le Kazakhstan occupait le158e rang sur 180 pays au classement mondial de la liberté de la presse publié chaque année par RSF. Dans sa note concernant ce pays, notre organisation relève que «les principaux médias d’opposition nationaux ont tous été interdits en 2013, les derniers croulent sous les procédures judiciaires, et même des titres peu critiques sont désormais visés. Internet est étroitement contrôlé : coupures périodiques de l’accès aux sites d’information, aux réseaux sociaux et aux services de messagerie, surveillance généralisée, blogueurs jetés en prison, voire en asile psychiatrique… Un héritage de censure qu’il est grand temps de solder.»

Laurence Deonna: Lira Baiseitova Lanceuse d’alerte, Editions de l’Aire, 2020 (141 p.)

 

 

Reporters sans frontières (RSF) Suisse salue l’acquittement du journaliste de « 20 minutes » par la justice neuchâteloise

Reporters sans frontières (RSF) Suisse salue l’acquittement du journaliste de « 20 minutes » par la justice neuchâteloise

La section suisse de Reporters sans frontières (RSF) a pris acte avec satisfaction et soulagement de l’acquittement du journaliste Frédéric Nejad prononcé ce mardi 17 décembre 2019 par la justice neuchâteloise. Celui-ci était poursuivi pour avoir enfreint une injonction adressée par la Cour criminelle aux chroniqueurs judiciaires chargés de couvrir le procès, en mars dernier, du double homicide perpétré aux Verrières (NE).

La justice n’a pas à adresser aux journalistes d’injonctions à caractère obligatoire sur la manière de rendre compte d’un procès. De tels ordres portent une atteinte manifeste à la liberté de la presse. Il faut donc saluer le désaveu infligé par les juges neuchâtelois à leurs pairs aujourd’hui.

Le journaliste rendant compte d’un procès doit être entièrement libre de citer la totalité des éléments évoqués à l’audience lorsqu’ils sont pertinents pour la compréhension des faits, de la procédure et du jugement. Toute autre solution représenterait une atteinte grave à la fonction de contrôle sur la manière dont la justice est rendue reconnue aux médias, notamment par la jurisprudence du Tribunal fédéral et de la Cour européenne des droits de l’homme.

Dans le cas précis, les informations que le journaliste a choisi de ne pas censurer avaient trait à la présence de certains tiers au moment des crimes. La Cour criminelle était partie de l’idée que la protection de la personne concernée justifiait de faire interdiction aux journalistes de révéler cette présence. Le fait qu’un tiers avait pu assister au crime ayant cependant joué un rôle dans la décision du Ministère public de réclamer la réclusion à vie de l’accusé, le journaliste avait logiquement estimé qu’elle devait figurer dans son compte-rendu.

Il importe de souligner que dans le cas précis, le président du Conseil suisse de la presse, Dominique von Burg, entendu comme témoin, a estimé que le journaliste, en décidant de passer outre l’interdiction faite par la Cour criminelle, avait pleinement respecté la déontologie professionnelle.

Notre communiqué de presse au format pdf: CP RSF Drame des Verrières

 

En prétendant dicter ses conditions aux journalistes, c’est au public citoyen que la Grève du climat Vaud s’en prend

En prétendant dicter ses conditions aux journalistes, c’est au public citoyen que la Grève du climat Vaud s’en prend

La section suisse de Reporters sans frontières (RSF) a pris connaissance avec stupéfaction des conditions imposées aux médias par le mouvement de la « Grève du climat Vaud » pour la couverture journalistique du tirage au sort d’une candidature en vue de l’élection complémentaire au gouvernement vaudois. La prétention de ce mouvement à orienter et contrôler préventivement le travail des journalistes invités à couvrir l’événement ne tient pas seulement du ridicule : elle constitue une atteinte flagrante à la liberté de la presse. (Crédit photo: Fabrice Coffrini / AFP)

Mercredi 11 décembre, la Grève du climat Vaud a médiatisé le tirage au sort d’une candidature auquel le mouvement entendait procéder en vue de l’élection complémentaire au Conseil d’Etat. Les représentants des médias se sont vus contraints de signer une « Charte médias » pour avoir accès à la salle de la conférence de presse. Cette charte posait certaines conditions ayant trait à la manière dont les médias devaient rendre compte de l’événement.

Un tel procédé, qu’aucun mouvement ou parti politique ne se permettrait, est aussi inhabituel qu’intolérable dans une société démocratique, pluraliste et ouverte. Le journalisme n’a qu’un seul et unique intérêt à servir : celui du public à s’informer afin de pouvoir participer lui-même au débat public. Et c’est ce public citoyen que la Grève du climat Vaud méprise en agissant de la sorte, quelque légitime que puisse être par ailleurs la cause défendue par ce mouvement.

Sur plusieurs points, la charte que les journalistes étaient enjoints de signer prétend se substituer à l’éthique des journalistes eux-mêmes et à orienter leur travail en limitant ostensiblement toute approche critique. Les journalistes ont assez dénoncé les dérives poursuivant des buts finalement semblables qui ont pu se produire dans le monde des entreprises et du marketing pour devoir protester aujourd’hui avec force contre une tentative touchant cette fois au journalisme politique lui-même.

Lire notre communiqué de presse: CP RSF Suisse

«Lorsqu’il y a un bombardement, tu sais que tu vas mourir. Mais lorsqu’ils t’embarquent, tu ne sais pas ce qui va t’arriver»

«Lorsqu’il y a un bombardement, tu sais que tu vas mourir. Mais lorsqu’ils t’embarquent, tu ne sais pas ce qui va t’arriver»

Swissinfo, la plateforme internationale en ligne de la SSR, a 20 ans. Reporters sans frontières Suisse était partenaire de l’événement marquant cet anniversaire, mercredi 20 novembre à Berne. A cette occasion, RSF Suisse a été très fier de présenter le témoignage de deux journalistes vivant aujourd’hui en Suisse et qui ont reçu l’appui de notre le Fonds de soutien et de solidarité en faveur des journalistes et autres acteurs de l’information persécutés ou en danger.

Umut Akar (à droite sur la photo), kurde de Turquie, et  le Syrien Maher Akraa (à gauche, en compagnie du secrétaire général de RSF Suisse Denis Masmejan), sont venus partager leur expérience et leur parcours. Ils ont en commun tout à la fois leur métier de journaliste, la nécessité de fuir leur pays, puis l’arrivée en Suisse où chacun, depuis, tente coûte que coûte de rester fidèle à sa vocation.

«En Turquie si vous êtes un journaliste kurde, le gouvernement vous regarde comme un terroriste», a dénoncé Umut Akar. Maher Akraa raconte, lui, qu’il avait tout le temps peur d’être arrêté lors de ses derniers reportages en Syrie. «Lorsqu’il y a un bombardement, tu sais que tu vas mourir. Mais lorsqu’ils t’embarquent, tu ne sais pas ce qui va t’arriver.»

Notre fonds de soutien a été créé en 2015, à l’occasion des 25 ans de la section suisse de RSF. Il a permis d’accorder de l’aide à plusieurs dizaines de journalistes ayant dû fuir leur pays, sous forme d’achat de matériel de travail, de cours de langues, de formation continue, etc. Le but est de leur permettre de poursuivre, d’une manière ou d’une autre, l’exercice de la liberté d’informer.

Lors de cette soirée, une collecte a été également organisée en notre faveur. Pour nous soutenir, vous pouvez suivre ce lien.

Lire le communiqué de Swissinfo: .MM_20Jahre_21112019_FRA

RSF Suisse appelle les autorités helvétiques à la plus grande fermeté vis-à-vis de l’Arabie saoudite

RSF Suisse appelle les autorités helvétiques à la plus grande fermeté vis-à-vis de l’Arabie saoudite

Il y a une année exactement, le 2 octobre 2018, le journaliste saoudien Jamal Khashoggi était sauvagement mis à mort dans les locaux du consulat d’Arabie saoudite à Istanbul. Aujourd’hui, toute la lumière n’a pas encore été faite sur cet assassinat d’une indescriptible barbarie commis par des agents de l’Etat. Signe plus qu’alarmant, trente journalistes, éditorialistes ou blogueurs continuent à être arbitrairement détenus dans les prisons saoudiennes pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression. Dans ces conditions, Reporters sans frontières (RSF) Suisse estime que les autorités helvétiques, mais aussi les entreprises suisses, ne sauraient considérer que des relations « normales » peuvent être entretenues avec un tel Etat.

RSF Suisse demande une nouvelle fois au Conseil fédéral d’intervenir auprès de l’Arabie saoudite, malgré mais aussi à cause du rôle particulier que la Suisse joue dans la région en raison du mandat de puissance protectrice qui lui a été confié par les deux parties pour représenter les intérêts de l’Iran en Arabie saoudite et inversement.

Relayant les demandes de RSF International, la section suisse de Reporters sans frontières exhorte les autorités helvétiques à tout mettre en œuvre pour obtenir la libération immédiate des 30 journalistes, éditorialistes et blogueurs arbitrairement détenus, tels le journaliste du quotidien AlWatan Saleh Al-Shehi, Raif Badawi ou les militantes féministes Nouf Abdulaziz et Nassima Al-Sada. Le nombre de personnes détenues pour avoir exercé leur liberté d’expression a doublé depuis la désignation de Mohammed ben Salmane comme prince héritier en 2017.

RSF Suisse appelle les autorités fédérales à agir sans relâche pour exiger de l’Arabie saoudite qu’elle respecte la liberté d’expression et assure la protection des journalistes. Aucun accord de coopération quelconque ne doit être conclu ou ratifié par la Suisse avec l’Arabie saoudite tant et aussi longtemps que la situation désastreuse dénoncée par Reporters sans frontières n’aura pas évolué favorablement. Cela vise en particulier la nouvelle convention de double imposition signée entre les deux pays en 2018 mais dont l’examen par le parlement a été suspendu, à juste titre, à la suite de l’assassinat de Jamal Khashoggi. Les autorités politiques et judiciaires suisses saisies du dossier doivent doit également faire preuve de la plus grande fermeté à l’égard des activités contestées de l’avionneur Pilatus en Arabie saoudite.

Le communiqué de RSF International

Notre lettre ouverte au Conseil fédéral du 3 mai 2019, Journée mondiale de la liberté de la presse