Malte : une délégation d’ONG réclame une enquête publique indépendante sur le meurtre de Daphne Caruana Galizia

Malte : une délégation d’ONG réclame une enquête publique indépendante sur le meurtre de Daphne Caruana Galizia

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Reporters sans frontières (RSF) publie les conclusions d’une mission internationale pour la liberté d’expression menée à Malte du 15 au 17 octobre 2018. Les six organisations présentes ont constaté que les autorités maltaises ne respectaient pas l’obligation qui leur incombe de protéger la liberté de la presse et demandent l’ouverture d’une enquête indépendante sur l’assassinat de la journaliste d’investigation Daphne Caruana Galizia.

Un an après le meurtre de Daphne Caruana Galizia, Rebecca Vincent, directrice du bureau de RSF à Londres et Pauline Adès-Mével, responsable du bureau UE-Balkans de RSF se sont rendues à Malte avec

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RSF demande la libération immédiate de cinq journalistes arrêtés en RDC

RSF demande la libération immédiate de cinq journalistes arrêtés en RDC

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Cinq journalistes d’AfricaNews ont été interpellés par la police vendredi 19 octobre en République démocratique du Congo (RDC) à la suite d’une enquête portant sur des faits de corruption présumés au sein d’une école de formation de la police. Reporters sans frontières (RSF) dénonce une vague d’arrestations arbitraires et demande la remise en liberté immédiate de ces reporters.

Les journalistes Octave Mukendi, Bruce Landu, Roddy Bosakwa, Dan Luyila et Laurent Omba se trouvent depuis ce ma

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Turquie : Appeler l’ONU à ouvrir une enquête au sujet de Khashoggi

Turquie : Appeler l’ONU à ouvrir une enquête au sujet de Khashoggi

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(New York, le 18 octobre 2018) – La Turquie devrait demander d’urgence au Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, de diligenter une enquête des Nations Unies sur la possible exécution extrajudiciaire de l’éminent journaliste saoudien Jamal Khashoggi, ont déclaré conjointement aujourd’hui le Comité pour la protection des journalistes, Human Rights Watch, Amnesty International et Reporters sans frontières.

Inde : Violentes attaques contre les femmes journalistes par des fondamentalistes hindous au Kerala

Inde : Violentes attaques contre les femmes journalistes par des fondamentalistes hindous au Kerala

Reporters sans frontières (RSF) dénonce les agressions intolérables dont ont été victimes les journalistes qui couvraient un pèlerinage dans un temple hindou pour la première fois ouvert aux femmes dans l’Etat du Kerala, dans le sud de l’Inde. L’organisation appelle les autorités à garantir la sécurité des reporters.

Des dizaines de journalistes attaqués, essentiellement des femmes… A l’occasion de l’ouverture aux croyants – et pour la première fois aux femmes – du temple hindou de Sabarimala, hier mercredi 17 octobre dans l’Etat du Kerala, en Inde du sud, des centaines de manifestants déchaînés proches des milieux fondamentalistes s’en sont pris aux reporters qui couvraient l’événement avec une violence inouïe. Le pèlerinage doit durer jusqu’à lundi.

“Nous appelons les autorités indiennes à tout mettre en œuvre pour garantir la protection des journalistes qui veulent couvrir cet événement, et plus particulièrement des femmes, déclare Daniel Bastard, responsable du bureau Asie-Pacifique de RSF.

Cela vaut naturellement pour le gouvernement du Kerala, dont le rôle est de protéger les journalistes au moyen de forces de police suffisantes. Mais c’est aussi valable pour les plus hautes instances de la mouvance nationaliste hindou, à commencer par les responsables du parti au pouvoir et le Premier ministre, qui doivent condamner ces violences intolérables avec la plus grande fermeté.”

Lapidée

Hier, vers midi, dans la localité de Nilackal, sur la route qui mène au temple, la voiture de la journaliste de Republic TV Pooja Prasanna a été attaquée par une foule hystérique. Quelques minutes plus tard, non loin de là, l’envoyée d’India TodayMausami Singh, a été traînée hors d’un bus et giflée à plusieurs reprises. Alors qu’elle tentait de trouver refuge dans un véhicule de police, elle a été lapidée par des assaillants qui, selon les témoins, répétaient en boucle des slogans religieux.

Au même moment, dans la localité de Pamba, la journaliste du site The News MinuteSaritha S. Balan, a elle aussi été traînée hors d’un bus public et violemment battue, notamment à la colonne vertébrale. La voiture de la reporter de CNN-News 18 Radhika Ramaswamy a été détruite.

L’envoyée de New Delhi TV Sneha Koshy et la journaliste du site local newsgil.com Libi C.S. ont elles aussi été attaquées. Le rédacteur de Reporter TVRajeesh, a subi une fracture au bras, et son reporter d’image a lui aussi été blessé. A ces noms faut-il ajouter des dizaines d’étudiants en journalisme  – essentiellement des étudiantes – violemment prises à partie et entravées dans leur couverture de ce pèlerinage qui attire chaque année jusqu’à 20 millions de dévots.

Enquête interdite

Pourquoi une telle fureur ? Suite à un arrêté de la Cour suprême indienne, à compter de ce 17 octobre, le temple de Sabarimala n’est désormais plus interdit aux femmes âgées entre 10 et 50 ans, comme il l’était depuis des siècles. Une croyance archaïque défendue par les milieux fondamentalistes hindous voudrait que la présence de femmes en âge d’avoir leurs règles perturberait la principale divinité vénérée dans l’enceinte de Sabarimala. Les militants de la mouvance se sont donnés l’ordre pour interdire aux femmes journalistes tout accès au temple pour cette ouverture inédite.

En Inde, couvrir les thématiques relatives aux droits des femmes peut exposer les journalistes qui osent le faire à de terribles représailles. Cela peut aller jusqu’à la mort, comme ce fut le cas il y a un peu plus d’un an avec l’assassinat de Gauri Lankesh, rédactrice en chef de l’hebdomadaire laïque et féministe Lankesh Patrike.

Mais le problème dépasse largement les frontières du pays, comme l’a récemment révélé un rapport réalisé par RSF“Droits des femmes : enquêtes interdites” – Iran, Mexique, Somalie, France, Etats-Unis, la problématique est globale.

L’Inde se situe en 138e position sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2018.

Disparition de Khashoggi : RSF et plusieurs organisations de défense des droits de l’Homme demandent une enquête internationale de l’ONU

Disparition de Khashoggi : RSF et plusieurs organisations de défense des droits de l’Homme demandent une enquête internationale de l’ONU

Reporters sans frontières (RSF), Human Rights Watch (HRW), Amnesty International et Committee to Protect Journalists (CPJ) lancent un appel à la Turquie afin qu’elle demande à l’ONU d’ouvrir une enquête indépendante sur la disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, le 2 octobre, au sein du consulat saoudien à Istanbul. 

Le 18 octobre, dans un communiqué conjoint, RSF et trois autres organisations de défense de la liberté de la presse et de la liberté d’expression ont demandé à la Turquie de saisir dans les meilleurs délais Antonio Guterres, afin que le secrétaire général de l’ONU initie une enquête indépendante et impartiale. Cette enquête devrait déterminer les circonstances de la disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi et le rôle de l’Arabie saoudite dans cette affaire.

La recherche de la vérité et la garantie de la justice ne peuvent s’établir qu’à travers une enquête indépendante et impartiale”,déclare pour sa part Christophe Deloire, le secrétaire général de RSF. Si les Nations unies sont effectivement engagées contre l’impunité des crimes visant les journalistes, le moins qu’elles puissent faire est de se mobiliser pleinement pour une telle enquête dans l’un des cas les plus extrêmes et choquants des dernières années.

Cette disparition – et probable assassinat – s’inscrit dans la vague de répression contre les journalistes et défenseurs des droits humains qui a suivi le sacre de Mohammed Ben Salman comme prince héritier.

L’intégralité du communiqué conjoint est consultable, dans sa version originale en anglais, ci-dessous :

https://rsf.org/en/news/rsf-jo…

Finlande : des cyber-harceleurs pro-Kremlin jugés pour avoir mené des campagnes de diffamation contre une journaliste d’investigation

Finlande : des cyber-harceleurs pro-Kremlin jugés pour avoir mené des campagnes de diffamation contre une journaliste d’investigation

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Reporters sans frontières (RSF) salue la tenue du procès de deux cyber-harceleurs à l’origine de violentes campagnes en ligne menées à l’encontre de la journaliste d’investigation Jessikka Aro, qui enquête sur les trolls du Kremlin depuis 2014.

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Disparition de Khashoggi : RSF et plusieurs organisations de défense des droits de l’Homme demandent une enquête internationale de l’ONU

Disparition de Khashoggi : RSF et plusieurs organisations de défense des droits de l’Homme demandent une enquête internationale de l’ONU

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Reporters sans frontières (RSF), Human Rights Watch (HRW), Amnesty International et Committee to Protect Journalists (CPJ) lancent un appel à la Turquie afin qu’elle demande à l’ONU d’ouvrir une enquête indépendante sur la disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, le 2 octobre, au sein du consulat saoudien à Istanbul.

Le 18 octobre, dans un communiqué conjoint, RSF et trois autres organisations de défense de la liberté de la presse et de la liberté d’expression ont demandé à la Turquie de sa

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Douze nominés pour le Prix RSF 2018 remis pour la 1ere fois à Londres

Douze nominés pour le Prix RSF 2018 remis pour la 1ere fois à Londres

Douze nominés pour le Prix RSF 2018 remis pour la 1ere fois à Londres

Pour la première fois de son histoire, Reporters sans frontières (RSF) remettra le Prix pour la liberté de la presse lors d’une cérémonie à Londres, le 8 novembre prochain. Au total, 12 journalistes, ONG et médias du monde entier ont été nominés dans trois catégories : le courage, l’impact et l’indépendance du journalisme. Pour honorer la ville hôte de Londres, un quatrième prix, « L’esprit de RSF », sera remis à un journaliste ou un média britannique.

Pour la première fois en 26 ans, la cérémonie de remise du Prix RSF pour la liberté de la presse aura lieu à Londres, à la Getty Images Gallery, le 8 novembre 2018. Douze journalistes, ONG et médias du monde entier concourent dans trois catégories renouvelées cette année afin d’être conforme au mandat et à la stratégie de RSF: le courage, l’impact et l’indépendance du journalisme. Pour honorer la ville hôte de Londres, un quatrième prix, « L’esprit de RSF », sera remis à un journaliste ou un média britannique désigné parmi quatre finalistes.

Parmi les nominés, Matthew Caruana Galizia, journaliste maltais dont la mère, Daphne Caruana Galizia, a été assassinée en 2017 à la suite de son enquête sur la corruption ; Paolo Borometti, journaliste italien et spécialiste de la mafia sicilienne, victime d’un complot meurtrier déjoué par la police italienne ; Swati Chaturvedi, journaliste indienne et auteur du livre “I am a Troll : Inside the Secret World of the BJP’s Digital Army” (“Je suis un troll : mon incursion dans le monde secret de l’armée digitale du BJP”) et Anas Aremeyaw Anas, journaliste ghanéen infiltré qui vit désormais dans la clandestinité après ses révélations sur la corruption dans le monde du football africain.

« La liste des finalistes de l’édition 2018 reflète les défis que relèvent avec courage et ténacité des journalistes du monde entier, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. Tous luttent contre des forces qui convergent pour affaiblir l’indépendance du journalisme, que ce soit les cyber-harceleurs, le crime organisé ou les Etats autoritaires » .

Cette année, les lauréats ont été désignés par un jury international composé depersonnalités telles Shirin Ebadi, lauréate du prix Nobel de la paix, Wu’er Kaixi, militant chinois – tous deux membres du Conseil émérite de RSF – et Pierre Haski, président de RSF. Le conseil d’administration du bureau RSF de Londres – constitué notamment d’Eve Pollard, figure légendaire de Fleet Street (rue historique de la presse londonienne), de James Harding, ex-directeur de BBC News, et de Jon Snow, présentateur de Channel 4 News – a sélectionné le lauréat du prix spécial « L’esprit de RSF ».

Créé en 1992, le prix RSF pour la liberté de la presse contribue chaque année aux avancées de la liberté de l’information en récompensant des journalistes et médias s’étant illustrés dans la défense ou la promotion de la liberté de l’information. Outre sa dimension honorifique, les prix remis aux lauréats sont accompagnés d’une dotation d’une valeur de 2500 euros. Le Prix RSF a déjà récompensé le célèbre dissident chinois Liu Xiaobo, le blogueur saoudien emprisonné Raif Badawi, la courageuse journaliste syrienne Zaina Erhaim et le journal turc en lutte Cumhuriyet.

Voir ci-dessous la liste complète des nominés :

1/ Le Prix du Courage 
Le Prix du courage récompense un journaliste, un média ou une organisation pour avoir fait preuve de courage dans l’exercice, la défense ou la promotion du journalisme, dans un environnement hostile et en dépit du danger pour sa liberté ou sa sécurité.

Journaliste et écrivain italien, né en Sicile en 1983, Paolo Borrometi est un expert de la mafia sicilienne. En raison de ses courageuses enquêtes publiées par le «Giornale di Sicilia» puis par le quotidien en ligne La Spia qu’il a créé en 2013, il est régulièrement menacé et vit sous escorte, nuit et jour, entouré par cinq policiers. En avril 2018, les forces de l’ordre italiennes ont déjoué un attentat à la bombe qui le visait ainsi que les cinq agents de police qui le protègent. Depuis Rome, où il s’est exilé, il continue sans relâche son combat contre la criminalité organisée en dépit des systématiques intimidations qu’il reçoit encore.

Journaliste indienne, Swati Chaturvedi a fait l’objet de violentes campagnes de harcèlement en ligne. A ces menaces, elle a décidé de répondre avec les armes du journalisme : elle a notamment enquêté sur la “cellule IT” du parti du Premier ministre Narendra Modi (BJP), célèbre pour entretenir une armée de trolls déchaînés. De là est né son ouvrage “I am a Troll : Inside the Secret World of the BJP’s Digital Army”. En recueillant des témoignages au coeur même de cette cellule montée de toute pièce par le BJP, elle montre comment ces millions de “yoddhas” (“guerriers” en hindi), comme les surnomme Narendra Modi, sont chargés d’attaquer sur les réseaux sociaux les journalistes inscrits sur une “liste de cibles” établie par le parti nationaliste hindou. Aujourd’hui, l’enquête réalisée par Swati Chaturvedi l’expose encore plus aux menaces de mort lancées par les trolls qu’elle reçoit de façon quotidienne.

Malgré les menaces, la journaliste d’investigation Çiğdem Toker multiplie les enquêtes sur la corruption dans une Turquie où la répression atteint des niveaux inégalés. Lorsque le journal Akşam est mis sous tutelle par les autorités en 2013, elle rejoint l’un des derniers titres indépendants du pays, Cumhuriyet. Forte de 32 ans de carrière au cours desquels elle a couvert les questions économiques, politiques et judiciaires, Çiğdem Toker s’impose aujourd’hui comme une des grandes figures de l’investigation. Ce qui lui vaut une reconnaissance croissante — et des procès en cascade. Conflits d’intérêts, clientélisme, népotisme, marchés truqués, appropriation de domaines non constructibles… Ses révélations sur ces thèmes hautement sensibles lui valent les poursuites de puissantes sociétés privées aux ramifications politiques, du ministère de la Santé et de bien d’autres.

Hamid el Mahdaoui est un journaliste marocain, directeur du site badil.info, figure incontournable des réseaux sociaux marocains. Connu pour ses prises de position critiques envers le pouvoir et ses vidéos diffusées sur YouTube dans lesquels il commente l’actualité, el Mahdaoui est dans le collimateur des autorités et a déjà fait l’objet d’une dizaine de plaintes notamment pour diffamation. Il a été arrêté le 20 juillet 2017 alors qu’il se trouvait à Al-Hoceïma, dans la région du Rif, pour couvrir la marche pacifique interdite quelques jours plus tôt par les autorités marocaines. En 2017, il a été condamné à un an de prison ferme pour “incitation à une manifestation interdite”. Le 28 juin dernier, la cour d’appel de Casablanca l’a condamné à trois ans de prison ferme pour “non dénonciation de l’atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat”.

2/ Le Prix de l’Impact
Le Prix de l’impact récompense un journaliste, un média ou une organisation dont le travail a permis une amélioration concrète de la liberté, l’indépendance et le pluralisme du journalisme ou une prise de conscience sur ce sujet.

Matthew Caruana Galizia, 32 ans, est un journaliste d’investigation maltais. Il a travaillé pendant cinq ans pour le Consortium international de journalisme d’investigation (ICIJ) au sein duquel il a co-fondé l’unité “Data and Research” en 2014. Il a occupé le poste d’ingénieur en chef dans six enquêtes majeures du consortium : Offshore Leaks, Swiss Leaks, Luxembourg Leaks, Fatal Extraction, Panama Papers, and Paradise Papers et a reçu le prix Pulitzer en 2017 pour son travail sur les Panama Papers et le soutien apporté aux enquêtes de centaines de journalistes à travers le monde. En 2018, Matthew a quitté l’ICIJ pour se consacrer à l’enquête sur l’assassinat de sa mère, Daphne Caruana Galizia, elle-même journaliste d’investigation tuée en octobre 2017 par une voiture piégée près de son domicile à Malte.

Le Centre “Communication et Information de la Femme” (CIMAC) est une association civile fondée en 1988 par des femmes journalistes et des professionnelles de la communication. Ce collectif fait la promotion de l’égalité des genres et des droits humains auprès des journalistes, des acteurs politiques, de la société civile et du monde universitaire. Le Cimac vise notamment à construire un journalisme plus sensible à la question du genre et cherche à s’assurer que les médias, qu’il considère comme un outil d’éducation et de transformation sociale, respectent les droits des femmes dans leur travail quotidien.

Khaled el Balshy est un journaliste égyptien, ancienne grande figure du syndicat des journalistes, dans le collimateur du régime pour ses activités professionnelles et son engagement sans faille à défendre la liberté de la presse et ses confrères dans le pays. Khaled el Balshy a été fondateur et rédacteur en chef de plusieurs sites d’informations. Ardent défenseur de la liberté de la presse, il milite auprès des autorités pour ses confrères emprisonnés et n’hésite pas à lancer ou à collaborer à des pétitions pour protester contre des mesures ou textes de lois répressifs pour la presse. Il est régulièrement victime de campagnes de diffamation.

Afssar Sadeq Vali est directeur de la radio DéHilo Karavan dans la province de Khost (sud-est du pays) à la frontière avec le Pakistan, une des régions les plus traditionalistes et dangereuses du pays. Son média a commencé à émettre en 2009 et est depuis la seule radio destinée aux femmes dans la région. Dans un pays où la propagande fondamentaliste est encore appliquée dans certaines régions et où le simple fait d’être journaliste pour une femme peut valoir de sérieuses menaces, Afssar Sadeq a fait le choix de former des femmes au journalisme radio. Menacé à plusieurs reprises par les Taliban et des chefs de villages et boycotté par une partie de la population « parce qu’il travaille avec et pour les femmes. », Afssar Sadeq Vali  a fait le choix de résister. Aujourd’hui, sa radio est écoutée par plus d’un million de personnes de par et d’autres de la frontière.

3/ Le Prix de l’Indépendance
Le Prix de l’indépendance récompense un journaliste, un média ou une organisation pour sa résistance aux pressions financières, politiques, économiques, religieuses…

Masqué par un voile de perles à chacune de ses apparitions publiques, Anas Aremeyaw Anas s’est imposé comme la figure du journalisme d’investigation indépendant en Afrique de l’Ouest. A quelques jours de la sortie de sa dernière enquête sur la corruption dans le football ghanéen, Anas Aremeyaw Anas a été menacé de mort en direct à la radio par un député de la majorité au pouvoir. Le journaliste vit caché et communique via des messageries cryptées avec ses interlocuteurs. Malgré les pressions politiques et les menaces pour sa sécurité, il ne recule pas. “Numéro 12”, son documentaire, diffusé en juin dernier, montre en caméra cachée le président de la fédération ghanéenne de football en train d’accepter des pots-de-vin. En 2015, son enquête sur la magistrature avait abouti à la suspension d’une trentaine de juges.

Péter PETŐ est rédacteur en chef adjoint du site d’information hongrois www.24.hu. Entre août 2015 et octobre 2016, il a été rédacteur en chef adjoint du principal quotidien politique hongrois Népszabadsag qui a fermé du jour au lendemain au motif de “difficultés économiques”, alors qu’il venait de publier plusieurs articles sur des scandales impliquant des hommes politiques proches de Viktor Orban. Jeune journaliste talentueux et incorruptible, Peter Peto est fortement attaché à la cause de la liberté de la presse et persuadé qu’une presse libre permet d’assurer un contrôle sur ceux qui gouvernent le pays. Il défend sans relâche sa foi dans le journalisme et s’emploie à résister aux pressions économiques et financières dont il a souvent fait l’objet.

Journaliste philippine chevronnée, par ailleurs très active sur les réseaux sociaux, Inday Espina-Varona a mené de nombreuses enquêtes sur des questions sensibles dans la société philippine, comme la prostitution des mineurs, les violences faites aux femmes, les questions LGBT ou encore le Front Moro de libération islamiques sur l’île de Mindanao. Défenseuse acharnée de la liberté d’informer, elle est aussi célèbre pour avoir promu et animé de nombreux ateliers d’éducation aux médias. Aujourd’hui, avec le site Rappler, dont Inday est proche, ABS-CBN, le média auquel elle collabore, représente la résistance à la “démocrature” du président Rodrigo Duterte qui, depuis son arrivée au pouvoir en 2016, a lancé une guerre ouverte contre les médias indépendants.

Fondé par Taha Siddiqui, journaliste pakistanais forcé à l’exil après une tentative d’enlèvement en janvier 2018, safenewsrooms.org est une plate-forme digitale dont le but est de lutter contre la censure qui frappe les médias d’Asie du Sud – “SAFE” fait référence à la nécessité de pouvoir produire de l’information indépendante en toute sécurité, mais c’est aussi l’acronyme de South Asians for Freedom of Expression. Establishment militaire et services secrets au Pakistan, milieux nationalistes hindous en Inde, extrémistes islamistes au Bangladesh… Dans tout le sous-continent, des groupes violents menacent, enlèvent ou tuent des reporters parce qu’ils osent aborder des sujets jugés “interdits”. Safenewsrooms.org se veut un espace de liberté où les journalistes peuvent déposer leurs enquêtes, témoigner des intimidations dont ils sont victimes, dénoncer les cas de censure dont ils font l’objet…

4/ L’Esprit de RSF
« L’esprit de RSF » est un prix spécial créé cette année pour récompenser un journaliste, un média ou une ONG britannique qui a fait preuve d’un courage exceptionnel, a exercé un impact considérable ou a fait montre d’indépendance face à des pressions significatives.

Journaliste primée travaillant pour The Guardian and The Observer, Carole Cadwalladr a réalisé un reportage sur la manipulation des processus démocratiques aux États-Unis et au Royaume-Uni, révélant le rôle de Cambridge Analytica dans les campagnes de Trump et du Brexit. L’enquête de la journaliste démontre que la société d’analyse de données qui a travaillé avec l’équipe électorale de Trump aux États-Unis et avec la campagne Leave au Royaume-Uni a recueilli des millions de profils Facebook d’électeurs américains à l’occasion de l’une des plus importantes fuites de données du géant technologique, avant de les utiliser pour créer un puissant logiciel capable de prévoir et d’influencer le choix des votants. Ses reportages lui valent d’être, aujourd’hui encore, victime de pressions et de harcèlement.

Correspondante du Financial Times spécialisée dans la comptabilité et la fiscalité, Madison Marriage a infiltré, en janvier, le 33e dîner de charité annuel du Presidents Club à Londres. Embauché comme hôtesse pour cette soirée de collecte de fonds réservée aux hommes, Marriage a révélé, à travers son enquête, que de nombreuses femmes employées pour l’évènement ont été victimes d’attouchements et de harcèlement sexuel. Officiellement, la soirée de gala visait à récolter des fonds à but caritatif. À la suite de son reportage, nombre d’œuvres de bienfaisance bénéficiaires ont publiquement refusé les dons, et les invités se sont désolidarisés du Presidents Club, qui a été contraint de fermer.

Réseau collaboratif de journalisme d’investigation rassemblant 762 personnes à travers tout le Royaume-Uni, The Bureau Local a pour vocation de déclencher une nouvelle vague de journalisme d’investigation fondé sur des données au niveau régional. Depuis son lancement en mars 2017, le réseau a produit 180 articles, souvent consacrés à la responsabilisation du gouvernement local et national, ainsi que des entreprises. The Bureau Local œuvre également pour la promotion de la transparence et propose des ressources libres permettant à d’autres journalistes d’approfondir leur travail d’investigation. L’objectif est de faciliter le travail des journalistes dans la poursuite de leurs enquêtes et dans l’analyse de vastes ensembles de données.

La BBC et The Guardian font partie des 96 médias de 67 pays à avoir participé à l’enquête de l’ICIJ sur les Paradise Papers. Les révélations des Paradise Papers a provoqué un débat mondial sur les arrangements fiscaux offshore. En décembre 2017, le cabinet d’avocats britannique spécialisé dans les mécanismes offshore, Appleby, a entamé une procédure d’abus de confiance contre la BBC et The Guardian, et demandé la divulgation des documents et des sources des Paradise Papers. RSF a condamné le procès Appleby, notant qu’il pouvait représenter une nouvelle et grave remise en cause du journalisme d’investigation au Royaume-Uni, tout en soulignant que les informations publiées servaient indiscutablement l’intérêt public.

CONTACTS PRESSE :
Julie Bance : jbance@rsf.org / +33 (0)7 81 76 02 25

RSF rappelle à la Corée du Sud que la liberté de la presse ne peut souffrir d’exceptions

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Reporters sans frontières (RSF) regrette la mise à l’écart par Séoul d’un journaliste, ancien transfuge nord-coréen, qui devait couvrir une rencontre inter-coréenne lundi dernier, et rappelle qu’une démocratie ne peut transiger avec la liberté de la presse.

Reporters sans frontières (RSF) regrette la mise à l’écart par les autorités sud-coréennes de Kim Myong-song, ancien transfuge nord-coréen devenu journaliste du quotidien conservateur sud-co

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