Après la plainte déposée auprès du Groupe de travail des Nations unies sur les disparition forcées par Reporters sans frontières (RSF) et deux autres ONG, une procédure d’action urgente a été déclenchée par les Nations unies.

Dans un message envoyé le 15 octobre, le groupe de travail des Nations unies sur les disparitions forcées (GTDF) a indiqué à Reporters sans frontières (RSF) avoir déclenché une procédure d’urgence auprès des autorités saoudiennes le 11 octobre 2018 sur le cas de Jamal Khashoggi, sur la base de la saisine de RSF, et avoir transmis une copie de ce cas aux autorités turques. RSF avait saisi le GTDF du cas de Jamal Khashoggi avec deux organisations de défense des droits humains Al Karama et Al Qst, basées respectivement à Genève et Londres.

Selon la saisine, “les autorités saoudiennes sont considérées comme responsables de la disparition de celui-ci dans le consulat du Royaume à Istanbul. Le 2 octobre 2018, Jamal Khashoggi et sa fiancée Hatice Cengiz se rendaient au consulat saoudien à Istanbul. A leur arrivée au consulat, des agents saoudiens ont empêché celle-ci d’entrer, la forçant à l’attendre à l’extérieur. Jamal Khashoggi est ensuite entré au consulat seul à 13h14 (comme le confirme l’extrait de CCTV) mais n’est pas réapparu. Son sort et sa localisation restent à ce jour inconnu.”

La disparition du célèbre éditorialiste saoudien s’est produite dans un contexte de répression intensifiée des journalistes et blogueurs dans son pays d’origine. Depuis septembre dernier, plus d’une quinzaine d’entre eux ont été arrêtés en Arabie saoudite dans la plus grande opacité.

Entre 25 et 30 journalistes professionnels ou non sont actuellement emprisonnés en Arabie saoudite qui occupe la 169e place sur 180 au Classement mondial 2018 de la liberté de la presse établi par RSF.