Au Brésil, où la Covid-19 fait des ravages, le président Bolsonaro multiplie les mensonges et les attaques contre la presse pour masquer son incapacité à gérer la crise sanitaire. A travers sa nouvelle campagne “la vérité nue”, réalisée par l’agence BETC Paris, Reporters sans frontières (RSF) rappelle l’importance cruciale du journalisme pour accéder à une information fiable sur la pandémie.

A compter du 22 février 2021, une nouvelle campagne de communication de RSF au Brésil appelle à montrer la “vérité nue”, la réalité des faits, au-delà des allégations fantaisistes ou manipulatrices. Un photomontage montre le chef de l’Etat brésilien, Jair Bolsonaro, mis à nu*, sur le torse duquel apparaît une pancarte où figure le nombre de morts de la Covid-19 et le nombre de cas testés positifs**. Une façon de confronter symboliquement le président Bolsonaro à la réalité des faits, alors que ce dernier accuse la presse du chaos dans le pays pour se dédouaner de sa désastreuse gestion de la crise sanitaire. Alors que le Brésil est aujourd’hui le troisième pays le plus touché de la planète par l’épidémie de Covid-19, cette campagne rappelle l’importance des faits pour comprendre et agir sur la pandémie. Des faits auxquels la population brésilienne ne pourrait accéder sans le travail des journalistes.

“Cette campagne “choc” est destinée à réveiller les consciences et à s’ériger contre les attaques permanentes du système Bolsonaro envers la presse, déclare le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire. Ces attaques sont non seulement intolérables d’un point de vue moral, mais également dangereuses pour la population brésilienne qui se voit privée d’informations vitales sur la pandémie. Le travail des journalistes est crucial pour rapporter les faits et informer les populations sur la réalité de la crise sanitaire. Plus que jamais, le droit à l’information, intimement lié au droit à la santé, doit être défendu au Brésil”.

Le travail de la presse brésilienne est devenu particulièrement complexe depuis l’accession au pouvoir de Jair Bolsonaro en 2018. Insultes, dénigrements, stigmatisations et humiliations les journalistes sont devenus la marque de fabrique du président brésilien. Dès qu’une information contraire à ses intérêts ou à ceux de son administration est rendue publique, il n’hésite pas à les attaquer violemment. Fin janvier encore, Jair Bolsonaro invitait les journalistes à “se faire foutre chez leur p… de mère » et à “s’enfiler des boîtes de lait concentré dans le c…”. Cette déclaration délirante s’inscrit dans une stratégie bien huilée d’attaques coordonnées du président et de ses proches contre la presse, comme l’a analysé RSF dans un récent bilan qui ne recensait pas moins de 580 attaques contre la presse en 2020.

“La vérité nue” s’inscrit dans la lignée des campagnes de communication fortes et irrévérencieuses diffusées par RSF pour favoriser une prise de conscience du grand public et de la communauté internationale sur les atteintes à la liberté d’informer. Réalisée grâce au soutien de l’agence BETC Paris, la campagne est disponible en quatre langues (français, anglais, espagnol, portugais).

Le Brésil se situe à la 107e position sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse publié par RSF.

*Photomontage

**Chiffres arrêtés au 21 février 202. Source : Consortium de journaux brésiliens formé par UOL, O Estado de S. Paulo, Folha de S. Paulo, O Globo, G1 et Extra, qui décidaient le 8 juin 2020 de créer une alliance inédite pour obtenir directement les informations auprès des autorités locales des 26 États du pays et dans le district fédéral de Brasilia, et de communiquer leurs propres bulletins.

Partagez cet article !