À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, Reporters sans frontières (RSF) publie son nouveau Classement mondial de la liberté de la presse pour 2026. Il en ressort que le score moyen de la liberté de la presse, tous pays confondus, atteint son plus bas historique. Pour la première fois depuis la création de notre classement il y a 25 ans, plus de la moitié des pays évalués se situent dans les catégories « difficile » et « très grave ». La pression juridique, qui prend souvent la forme de ce qu’on appelle le lawfare (« guerre juridique »), s’intensifie partout dans le monde. C’est dans une certaine mesure également le cas en Suisse, qui gagne toutefois une place au classement grâce au recul d’autres pays et malgré une situation quasi inchangée.

La tendance observée ces dernières années concernant la situation de la liberté de la presse dans le monde se poursuit en 2026. De plus en plus de pays se retrouvent dans les deux dernières catégories du classement – « difficile » et « très grave ». Si lors de la première édition de 2002, plus de 20% de la population mondiale vivait encore dans des pays où la situation de la liberté de la presse pouvait être qualifiée de « bonne », ce chiffre n’est plus que de 1% dans la 25e édition de 2026. Parallèlement, plus de 50% de la population mondiale vit aujourd’hui dans des pays où la situation doit être considérée comme « difficile » ou « très grave ». En 2002, ce chiffre n’était que de 13%.

« Des cinq indicateurs qui permettent de mesurer l’état de la liberté de la presse dans le monde, l’indicateur légal est celui qui baisse le plus cette année, signe d’une criminalisation croissante du journalisme. Au nom de la sécurité nationale ou de la lutte contre le terrorisme, un nombre croissant de pays poursuivent les professionnels des médias ou interdisent la couverture de sujets d’intérêt général – une tendance qui ne concerne pas que les régimes autoritaires. »
Isabelle Cornaz, présidente de RSF Suisse

Dans sept pays seulement – la Norvège, les Pays-Bas, l’Estonie, le Danemark, la Suède, la Finlande et l’Irlande –, la situation de la liberté de la presse peut être qualifiée de « bonne » dans l’ensemble. Comme les années précédentes, la Suisse(8e) ne figure donc pas parmi les meilleurs. Les problèmes juridiques, notamment l’application aux journalistes du secret bancaire et les mesures civiles de blocage de contenus journalistiques, pèsent trop lourdement. Le rejet de l’initiative visant à réduire de moitié la redevance radio-tv le 8 mars 2026 a certes permis d’éviter le pire, mais de nombreux médias sont toujours confrontés à une pression économique constante.

Nos informations détaillées

Analyse globale de la liberté de la presse dans le monde en 2026

La situation en Suisse

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