“Vous êtes notre dernier espoir.”

“Nous avons besoin de vous.”

“Nous comptons sur vous.”

“Est-ce que cela cessera un jour?”

Ce sont les messages que Reporters sans frontières (RSF) adresse, au nom des journalistes turcs emprisonnés arbitrairement, à la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), à travers une campagne de communication lancée ce jour sur les réseaux sociaux.

La CEDH reste en effet le dernier espoir, pour les journalistes turcs poursuivis et incarcérés arbitrairement, d’être libérés. Ces procédures sont contraires à la convention européenne des droits de l’homme à laquelle la Turquie, en tant que membre du Conseil de l’Europe, doit se conformer. En 2017, la Cour a accepté d’examiner de façon accélérée une vingtaine de recours introduits par journalistes emprisonnés en Turquie. Ces recours portent sur leur détention provisoire et n’auront que peu d’effet dès lors que les verdicts seront prononcés.

 

Il y a urgence !

 

Le 16 février, trois célèbres journalistes ont été condamnés à la prison à vie sans possibilité d’amnistie. Ahmet Altan, Mehmet Altan et Nazli Ilicak ont été reconnus coupables de “tentative de renverser l’ordre constitutionnel” pour avoir critiqué les autorités au cours d’une émission de télévision, la veille de la tentative de putsch.

 

En mars, la reprise du procès du quotidien Cumhuriyet est attendue ainsi que le verdict à l’égard des 26 journalistes accusés de collaborer avec des médias proches de la confrérie de Fethullah Gülen, présumé instigateur du putsch manqué. Les deux affaires sont devenues emblématiques de l’arbitraire qui règne dans les tribunaux turcs.

 

L’étau se resserre sur les journalistes turcs emprisonnés : Reporters sans frontières appelle la CEDH à agir avant qu’il ne soit trop tard et que les verdicts ne tombent !

 

La Turquie occupe la 155e place sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse établi en 2017 par RSF.