Reporters sans frontières (RSF) Suisse condamne fermement la discrimination dont est victime Frédéric Koller, journaliste au Temps, qui entrave gravement la liberté de la presse.

Du 5 au 9 septembre, le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann effectue une visite en Chine accompagné d’une délégation de représentants des milieux économiques et scientifiques. Le journaliste du Temps, spécialiste de la Chine, n’a pu obtenir de visa pour couvrir le déplacement du conseiller fédéral. Et cela sans explication.

Ce procédé n’est pas nouveau. En février, RSF dénonçait déjà le harcèlement des correspondants étrangers. Dans un communiqué, l’organisation demandait aux autorités chinoises de cesser d’entraver le travail des journalistes étrangers. Dans son dernier rapport publié en février 2018, le Club des correspondants étrangers de Chine décrivait une très forte détérioration de la situation.

Le chantage au renouvellement du visa, levier de pression classique, est en forte hausse : 15% des répondants en font état, soit trois fois plus que l’année précédente. 6% des répondants sont même directement menacés d’expulsion, un chiffre qui a aussi triplé.

Les refus d’accréditation sont aussi en hausse. Le 25 octobre dernier, un groupe de médias internationaux de premier plan (BBC, The Economist, The Financial Times, The Guardian, the New York Times, Yomiuri Shimbun, Sankei Shimbun, Libération et Voice of America) se sont ainsi vus empêchés de couvrir le Comité permanent du Bureau politique, officiellement “faute de place”.

Les journalistes étrangers rencontrent désormais une pression bien plus insidieuse : les pressions faites sur leurs sources d’information et leurs appuis logistiques. Un quart des répondants déclarent que certains de leurs contacts ont été harcelés, détenus ou convoqués pour être interrogés. Même lorsque les autorités regardent ailleurs, de moins en moins de Chinois acceptent le contact avec la presse étrangère, par peur de sanctions.