Dans 22 des 23 points examinés, le média suisse Republik a obtenu gain de cause devant le tribunal de commerce de Zurich face au géant technologique américain Palantir. En début d’année, l’entreprise avait intenté une action en justice contre Republik, qui avait publié en décembre 2025, avec le collectif d’investigation WAV, deux articles sur les activités de Palantir en Suisse.

À la suite de ces publications, Palantir avait exigé la publication dans Republik d’un long droit de réponse, que la rédaction avait refusé. L’entreprise avait alors saisi la justice civile contre ce média indépendant basé à Zurich. La semaine dernière, le tribunal de commerce de Zurich a rendu un jugement particulièrement réjouissant pour la liberté de la presse. Sur 22 des 23 points litigieux, Republik a obtenu gain de cause face au groupe technologique américain. Le tribunal n’a donné raison à Palantir que sur un seul point.

Si Palantir avait obtenu gain de cause sur la majorité des points, voire sur l’ensemble de sa demande de droit de réponse, les conséquences pour la liberté de la presse — du moins pour les médias suisses — auraient pu être problématiques. Les droits de réponse occupent certes une place importante dans le débat public. Dans le cas de Palantir, le droit de réponse demandé visait avant tout des objectifs de communication. Si la justice zurichoise l’avait accepté, sa décision aurait mis une certaine pression sur les médias suisses pour ne parler de Palantir, à l’avenir, que dans les termes voulus par l’entreprise américaine.

À cet égard, le jugement du tribunal de commerce de Zurich constitue un signal très positif. RSF Suisse se réjouit de l’issue favorable de cette longue et coûteuse procédure judiciaire pour Republik et le collectif d’investigation WAV. Certes, la décision n’est pas encore définitive. Mais elle montre qu’un journalisme rigoureux, fondé sur les faits et indépendant, portant sur des entreprises puissantes comme Palantir, relève clairement de l’intérêt public et doit avoir toute sa place dans une démocratie comme la Suisse. Elle rappelle également qu’il vaut la peine de défendre ces principes.

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