Enquête sur les entraves à la distribution de la presse

Enquête sur les entraves à la distribution de la presse

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A l’occasion du congrès annuel de Distripress, qui réunit ce lundi 23 septembre à Berlin, les éditeurs et distributeurs de presse du monde entier, Reporters sans frontières (RSF) a dévoilé son dernier rapport d’enquête : “Ces journaux qui n’arrivent jamais”, qui révèle comment des Etats, leurs institutions ou de puissants oligarques ou groupes privés entravent la distribution de la presse.

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Quand les distributeurs de journaux entravent la liberté de la presse

Quand les distributeurs de journaux entravent la liberté de la presse

A l’occasion du congrès annuel de Distripress, qui réunit ce lundi 23 septembre à Berlin, les éditeurs et distributeurs de presse du monde entier, Reporters sans frontières (RSF) a dévoilé son dernier rapport d’enquête : “Ces journaux qui n’arrivent jamais”, qui révèle comment des Etats, leurs institutions ou de puissants oligarques ou groupes privés entravent la distribution de la presse.

A défaut de faire taire un journaliste ou d’empêcher une enquête, l’information peut être bloquée au moment de sa distribution. Tant qu’il n’est pas parvenu entre les mains de son lecteur, un journal reste vulnérable – et l’imagination des prédateurs infinie. C’est ce que révèle le rapport “Ces journaux qui n’arrivent jamais. Enquête sur les entraves à la distribution de la presse” publié ce 23 septembre, qui documente les multiples obstacles qui se dressent sur le chemin souvent périlleux de la distribution.

« Ils sont rarement cités et nommés dans un journal. Ils sont dans l’angle mort du circuit de l’information. Pourtant, imprimeurs, distributeurs et vendeurs de journaux sont des maillons essentiels de la liberté de la presse, déclare le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire. Un journaliste ne doit pas seulement pouvoir enquêter et écrire librement. Le produit de son travail doit aussi pouvoir parvenir sans entrave jusqu’à son lecteur. Sans cette condition, les citoyens ne peuvent accéder à une information plurielle, indispensable à toute démocratie. D’où la nécessité et l’urgence de lever le voile sur des pratiques qui menacent notre droit fondamental d’être informé.”

L’étude réalisée par RSF dans plus de 90 pays montre que près de 41% des atteintes à la distribution se produisent au moment de la vente. Dernier intermédiaire entre le lecteur et son journal, le vendeur de journaux peut aussi faire l’objet d’ultimes pressions pour limiter l’information. Souvent, les moyens mis en oeuvre sont spectaculaires : au Congo-Brazzaville ou en Guinée équatoriale, les kiosquiers se souviennent encore comment la police a saisi des éditions entières, avant d’y mettre le feu pour les détruire irrémédiablement.

L’entrave peut aussi se produire plus discrètement comme à Madagascar, lorsque toute une édition, qui annonçait en une une liaison secrète de la Première dame avec le conseiller du président, a été massivement rachetée, au petit matin, par des représentants du pouvoir. Souvent, elle est aussi plus insidieuse, comme en Pologne, où les marchands de journaux n’ont d’autre choix que de promouvoir la seule presse pro-gouvernementale au détriment de la presse indépendante, qui – faute d’être vue et achetée – finit par étouffer économiquement. Enfin, la censure peut s’exercer de façon radicale et brutale comme au Mexique, où les “crieurs”, les marchands de journaux, se trouvent directement menacés, voire assassinés par des lecteurs mécontents du contenu des articles.

Une autre phase cruciale de la chaîne de distribution est le transport et la distribution de la presse sur l’ensemble d’un territoire national. C’est aussi une occasion supplémentaire de limiter la circulation de la presse indépendante ou d’opposition. Plus de 22 % des cas d’atteinte à la libre distribution se produisent pendant l’acheminement des journaux entre l’imprimerie et le point de vente, selon l’étude menée par RSF. Au Nigeria, au Cachemire indien ou au Pakistan, les autorités n’hésitent pas à faire appel aux forces de l’ordre ou aux militaires pour arrêter les camions de distribution et saisir leur cargaisons de journaux.

Plus le chemin jusqu’au point de vente est long, plus les obstacles se multiplient aisément. Les frontières peuvent devenir infranchissables pour certains titres sur simple décision des

autorités locales. Parfois, c’est pour raison religieuse, comme dans le cas du titre satirique Charlie Hebdo interdit dans de nombreux pays musulmans en 2015, d’autres fois, c’est purement politique, comme a pu le constater l’hebdomadaire français Jeune Afrique, devenu, ces derniers mois, indésirable et introuvable en Algérie. Sans compter les mesures économiques qui peuvent s’avérer être de puissants instruments de censure. Comme le montrent les exemples kosovar et russe, la décision d’un État d’instaurer une taxe à l’importation ou de supprimer une subvention publique au postage suffit parfois à menacer la distribution d’un titre, voire l’ensemble du secteur de l’édition.

L’étape de l’impression peut également s’avérer aussi cruciale que fatidique. Pour certains journaux d’opposition, les tentatives de censure se déroulent juste avant la mise sous presse. Comme en Égypte, où un imprimeur lié à l’Etat fait du chantage à l’impression : si une enquête qui dérange le pouvoir n’est pas retirée, c’est l’ensemble du journal qui ne sera pas imprimé. Ou au Gabon, où les contenus des éditions ont été piratés juste avant le lancement des rotatives. Et quand il est trop tard pour intervenir et interférer sur le contenu des journaux, la saisie des exemplaires fraîchement imprimés et jugés indésirables est d’autant plus aisée qu’un oligarque ou des services de renseignements s’avèrent tout-puissants dans le pays, comme c’est le cas en Bulgarie et au Soudan.

De façon plus insidieuse, les situations de monopole, ou la mainmise des États ou de puissants groupes de presse sur le secteur de l’impression et plus généralement de la distribution leur permet aussi de contrôler la presse en imposant de facto leurs lois, leurs prix, voire en décidant, comme au Venezuela et au Nicaragua, quel titre est habilité à recevoir la précieuse et incontournable matière première pour tout journal imprimé : le papier. Au final, qu’importent la manière et les moyens, les multiples interférences dans le circuit de distribution ont généralement un même objectif : empêcher un journal d’être lu.

REPORTERS SANS FRONTIÈRES/ REPORTERS WITHOUT BORDERS
Pauline ADES-MEVEL
Porte-parolat / Spokeswoman
Responsable du bureau UE/Balkans
Head of EU-Balkans desk
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+337 82 37 23 12
CS 90247
75083 Paris Cedex 02

La saoudienne Eman al Nafjan, la vietnamienne Pham Doan Trang, et la maltaise Caroline Muscat, lauréates du Prix RSF 2019 pour la liberté de la presse

La saoudienne Eman al Nafjan, la vietnamienne Pham Doan Trang, et la maltaise Caroline Muscat, lauréates du Prix RSF 2019 pour la liberté de la presse

Ce 12 septembre, Reporters sans frontières (RSF) a remis le Prix pour la liberté de la presse 2019 à la journaliste saoudienne Eman al Nafjan, à la vietnamienne Pham Doan Trang ainsi qu’à la journaliste maltaise Caroline Muscat, lors d’une cérémonie organisée pour la première fois à Berlin.

A l’occasion des 25 ans de la section allemande de l’organisation, Reporters sans frontières (RSF) a remis le Prix pour la liberté de la presse 2019 ce jeudi 12 septembre en Allemagne, au Deutsches Theater de Berlin. La cérémonie, présentée par Pinar Atalay, journaliste et présentatrice de télévision, a réuni de nombreux invités prestigieux, parmi lesquels Michael Müller, bourgmestre-gouverneur de Berlin, Alan Rusbridger, ancien rédacteur en chef du journal The Guardian, Susanne Koelbl, journaliste à Der Spiegel, Nidhya Paliakara, journaliste à TV5Monde, d’anciens lauréats du Prix RSF (Swati Chaturvedi, Can Dündar, Grigory Pasko).

Le Prix du Courage, qui récompense un journaliste, un média ou une organisation pour avoir fait preuve de courage pour l’exercice, la défense ou la promotion du journalisme, a été décerné à la journaliste saoudienne Eman al Nafjan. Fondatrice du site SaudiWoman.me, et auteure de nombreux articles dans la presse internationale, dont le Guardian et le New York Times, Eman al Nafjan a été à la pointe de la campagne pour le droit des Saoudiennes à conduire et pour mettre fin au système répressif de tutelle masculine en Arabie saoudite. En mai 2018, elle a été arrêtée avec d’autres militantes féministes, avant d’être remise en liberté conditionnelle le 28 mars dernier. Selon les médias saoudiens, il lui serait reproché de nuire à la “sécurité nationale” et d’avoir eu des “contacts suspects avec des entités étrangères”. Considérée comme “traître”, elle risque jusqu’à 20 ans de prison.

Le Prix de l’Impact, qui récompense un journaliste dont le travail a permis une amélioration concrète de la liberté, l’indépendance et le pluralisme du journalisme ou une prise de conscience sur ce sujet, a été remis à Pham Doan Trang. Journaliste et blogueuse, elle a notamment fondé le magazine juridique en ligne Luât Khoa, et anime la rédaction de thevietnamese – deux publications qui permettent à leurs lecteurs de s’emparer des lois du pays pour défendre leur droit et combattre l’arbitraire du Parti. Elle est aussi l’auteur de nombreux ouvrages, dont l’un a contribué à faire progresser les droits des communautés LGBT du pays. Son travail lui a valu d’être à deux reprises battue et maintenue par la police plusieurs jours en détention arbitraire au cours de l’année 2018.

Le Prix de l’Indépendance, qui récompense un journaliste pour sa résistance aux pressions financières, politiques, économiques ou religieuses, a été attribué à la maltaise Caroline Muscat. Après l’assassinat de Daphne Caruana Galizia, cette journaliste a créé The Shift News, un média indépendant d’investigation en ligne, engagé dans la lutte contre la corruption et la défense de la liberté de la presse à Malte. Au sein d’un paysage médiatique dominé par des organes de presse assujettis au gouvernement, Caroline Muscat s’est attachée à dévoiler les nombreuses affaires de corruption touchant les responsables politiques de l’île. Cible de poursuites-bâillons, son site d’information refuse de se plier aux demandes de retrait de contenu de l’entreprise britannique Henley & Partners, spécialisée dans le conseil en citoyenneté mondiale et en résidence. En 2015, le travail journalistique de Caroline Muscat a été récompensé par la Commission Européenne.

“Tous les ans des lauréats du prix sont absents parce qu’ils en sont empêchés par les dirigeants de leurs pays, a déclaré Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. Deux des trois lauréats de cette cérémonie à Berlin n’ont pas pu recevoir directement leur prix, comme le journaliste berlinois Carl von Ossietzky avait été empêché d’aller chercher son prix Nobel de la Paix à Oslo en 1936, ou comme c’est arrivé aussi au défenseur chinois des libertés Liu Xiaobo en 2010, lui qui déjà n’avait pas pu recevoir le Prix Reporters sans frontières pour la liberté de la presse six ans plus tôt. Ces journalistes qui devraient être l’honneur de leur pays sont privés de leur liberté de voyager, et souvent de leur liberté tout court, mais leur engagement franchit les frontières sans que les dictateurs puissent rien faire pour l’empêcher”.

Créé en 1992, le Prix Reporters sans frontières a déjà récompensé le futur Prix Nobel de la paix Liu Xiaobo, le blogueur saoudien emprisonné Raïf Badawi, le journal turc Cumhuriyet… Le Prix contribue chaque année à la défense du journalisme. Outre leurs dimensions honorifiques, les prix remis aux lauréats sont accompagnés d’une dotation d’une valeur de 2500 euros.

TV5MONDE est le partenaire historique du Prix RSF.
L’édition 2019 du Prix est également soutenue par le fournisseur de messagerie Posteo et le groupe média Intan.

A propos de TV5MONDE

TV5MONDE, la chaîne culturelle francophone mondiale, a pour vocation de promouvoir la création francophone et la langue française à travers le monde. Présent dans 198 pays et auprès de 364 millions de foyers, TV5MONDE, qui sous-titre ses programmes en 14 langues, est l’un des plus grands réseaux mondiaux de télévision avec 9 chaînes généralistes régionalisées et 2 chaînes thématiques (TiVi5MONDE et TV5MONDE Style). La chaîne fait rayonner les programmes de ses chaînes partenaires, ses émissions propres et diffuse des œuvres francophones tels que le cinéma, la fiction, le documentaire ou le spectacle vivant.

Erol Önderoğlu enfin acquitté dans un procès, un autre se profile

Erol Önderoğlu enfin acquitté dans un procès, un autre se profile

Après trois ans de persécution, le représentant de Reporters sans frontières (RSF) en Turquie Erol Önderoğlu a enfin été acquitté ce 17 juillet, tout comme ses confrères Şebnem Korur Fincancı et Ahmet Nesin. Mais il n’est pas tiré d’affaire : un autre procès à son encontre s’ouvrira le 7 novembre.

Enfin ! Accusés de « propagande terroriste », « d’apologie du crime » et « d’incitation au crime », le représentant de RSF en Turquie Erol Önderoğlu, la défenseure des droits humains Şebnem Korur Fincancı et l’écrivain Ahmet Nesin ont été acquittés ce 17 juillet. Ils étaient poursuivis pour avoir pris la direction symbolique du journal Özgür Gündem, un jour chacun, en 2016. Une manière de défendre le pluralisme face à la persécution de ce titre, fermé manu militari en août 2016.

Qui est Erol Önderoglu ?Lire son portrait

Erol Önderoğlu est désormais visé par un second procès, qui s’ouvrira le 7 novembre. La justice lui reproche cette fois d’avoir manifesté sa solidarité avec des centaines d’universitaires traînés en justice pour une pétition pacifiste. Une action qui lui vaut à nouveau d’être accusé de « propagande terroriste » aux côtés de seize autres activistes.

L’acquittement d’Erol Onderoglu est une victoire exceptionnelle de la justice et de la liberté de la presse dans un pays où l’une et l’autre sont violées chaque jour” déclare Christophe Deloire, secrétaire général de RSF « Notre profond soulagement est malheureusement teinté d’amertume, puisqu’Erol Önderoğlu est de nouveau appelé à la barre dans quatre mois. Le harcèlement de ce défenseur historique de la liberté de la presse est une profonde injustice. Nous appelons la justice à faire preuve du même bon sens qu’aujourd’hui et à abandonner sans délai ces nouvelles poursuites. »

« Je remercie chaleureusement tous ceux qui nous ont soutenu pendant ce procès, déclare Erol Önderoğlu. Le combat continue pour tous nos collègues injustement poursuivis ou emprisonnés. »

La Turquie occupe la 157e place sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse établi en 2019 par RSF. Déjà très préoccupante, la situation des médias est devenue critique après la tentative de putsch de juillet 2016 : de nombreux médias ont été fermés sans aucun recours effectif, les procès de masse se succèdent et le pays détient le record mondial du nombre de journalistes professionnels emprisonnés.

 

Quarante ans de mensonges d’Etat : RSF dévoile l’existence d’un fichier inédit de la justice iranienne

Quarante ans de mensonges d’Etat : RSF dévoile l’existence d’un fichier inédit de la justice iranienne

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A partir d’un registre officiel de la justice iranienne que s’est procuré Reporters sans frontières, l’ONG révèle que 860 journalistes et journalistes-citoyens ont été poursuivis, arrêtés, détenus, voire exécutés entre 1979 et 2009 par le régime iranien.

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Bilan RSF 2018 des violences contre les journalistes : “Tous les voyants sont au rouge”

Bilan RSF 2018 des violences contre les journalistes : “Tous les voyants sont au rouge”

Reporters sans frontières (RSF) publie ce 18 décembre son bilan annuel des exactions commises contre les journalistes dans le monde. En 2018, 80 journalistes ont été tués, 348 sont actuellement en détention et 60 sont otages. Des chiffres en hausse qui traduisent une violence inédite contre les journalistes.

Qu’il s’agisse d’assassinats, d’emprisonnements, de prises d’otages ou de disparitions forcées, les violences commises contre les journalistes en 2018 dans le monde sont en nette hausse. C’est ce que révèle Reporters sans frontières dans son bilan annuel. L’année 2018 a été particulièrement meurtrière avec 80 journalistes* tués dans l’exercice de leurs fonctions (+8%). Après trois années de baisse, le nombre de journalistes professionnels tués est en hausse de 15% : 63 homicides contre 55 l’an dernier. Les assassinats très médiatisés de l’éditorialiste saoudien Jamal Khashoggi ou du jeune journaliste de données slovaque Jan Kuciak ont mis en lumière la détermination sans limite des ennemis de la liberté de la presse. En 2018, plus de la moitié des journalistes tués ont été sciemment visés et assassinés.

Les violences contre les journalistes atteignent un niveau inédit cette année ; tous les voyants sont au rouge, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. La haine contre les journalistes proférée, voire même revendiquée, par des leaders politiques, religieux ou des businessmen sans scrupules a des conséquences dramatiques sur le terrain et se traduit par une hausse inquiétante des violations à l’égard des journalistes. Démultipliés par les réseaux sociaux, qui portent à cet égard une lourde responsabilité, ces sentiments haineux légitiment ces violences et affaiblissent, un peu plus chaque jour, le journalisme et, avec lui, la démocratie.

Lors de la publication de la dernière édition du Classement mondial de la liberté de la presse en avril dernier, RSF s’inquiétait déjà de cette haine affichée envers les médias de la part de responsables politiques et de la volonté des régimes autoritaires d’exporter leurs contre-modèles.

Des détenus et des otages toujours plus nombreux

Avec 15 morts, l’Afghanistan est cette année le pays le plus meurtrier pour le journalisme, suivi par la Syrie (11) et le Mexique (9), pays en paix le plus dangereux pour les journalistes. Autre fait notable : l’entrée des Etats-Unis parmi les pays les plus meurtriers au monde après la fusillade sanglante contre la rédaction du Capitol Gazette.

Le nombre de journalistes détenus dans le monde est lui aussi en hausse : 348 contre 326 en 2017. Comme l’an dernier, cinq pays détiennent à eux seuls plus de la moitié des journalistes emprisonnés : L’Iran, l’Arabie saoudite, l’Egypte, la Turquie et la Chine. Ce dernier pays reste la plus grande prison du monde avec 60 journalistes détenus dont ¾ de non-professionnels. Le nombre d’otages a lui aussi augmenté de 11% avec 60 journalistes captifs à ce jour contre 54 l’an dernier. Cinquante-neuf d’entre eux sont retenus au Moyen-Orient (Syrie, Irak et Yémen). Parmi eux, six sont des étrangers. En dépit de la défaite de l’Etat islamique en Irak et de son recul en Syrie, peu d’informations ont filtré sur le sort de ces otages, à l’exception du Japonais Jumpei Yasuda qui a retrouvé la liberté après trois ans de captivité en Syrie. Un journaliste ukrainien est lui toujours aux mains des autorités autoproclamées de la “République populaire de Donetsk” (DNR) qui l’accusent d’être un espion.  Enfin, RSF a enregistré trois nouveaux cas de journalistes disparus au cours de l’année, deux en Amérique latine et un en Russie.

Établi chaque année depuis 1995 par RSF, le bilan annuel des exactions commises contre les journalistes se fonde sur des données précises. RSF procède à une minutieuse collecte d’informations permettant d’affirmer avec certitude, ou du moins une très forte présomption, que la détention, l’enlèvement, la disparition ou la mort d’un journaliste est une conséquence directe de l’exercice de sa profession.

*Ce chiffre comprend les journalistes professionnels, les non professionnels et les collaborateurs des médias.

télécharger le rapport RSF Bilan 2018_f

 

L’engagement de chefs d’Etat et de gouvernement sur la base de la Déclaration sur l’information et la démocratie : “une démarche historique”

L’engagement de chefs d’Etat et de gouvernement sur la base de la Déclaration sur l’information et la démocratie : “une démarche historique”

Dimanche 11 novembre, à l’occasion du Forum de Paris sur la paix, 12 pays démocratiques ont lancé un processus politique sur l’information et la démocratie. Ils se sont engagés sur la base de la Déclaration édictée par la Commission mise en place à l’initiative de Reporters sans frontières (RSF)

C’est à l’évidence une démarche historique en faveur de garanties démocratiques sur l’information et la liberté d’opinion. Depuis l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’Homme en 1948, jamais des chefs d’Etat de pays démocratiques ne s’étaient mobilisés sur une position aussi forte en faveur de la liberté, de l’indépendance, du pluralisme et de la fiabilité de l’information, sur la base d’une déclaration édictée par une Commission indépendante. Le 11 novembre, à l’occasion du Forum de Paris sur la paix, 12 chefs d’Etat et de gouvernement (Burkina Faso, Canada, Costa Rica, Danemark, France, Lettonie, Liban, Lituanie, Norvège, Sénégal, Suisse, Tunisie) ont répondu à l’appel lancé par la Commission sur l’information et la démocratie, présidée par Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF), et Shirin Ebadi, lauréate du Prix Nobel de la paix.

Pour cette initiative, six chefs d’Etat et de gouvernement étaient réunis pendant une heure, de 17h à 18h, dans la salle de presse du Forum de Paris à la Grande Halle de la Villette. Dans son allocution de présentation de la Déclaration avec Shirin Ebadi, Christophe Deloire a déclaré que “Reporters sans frontières a initié cette Commission sur l’information et la démocratie au moment même où la démocratie connaît une crise profonde qui est aussi une crise systémique de l’espace public : (…) rumeurs, désinformation érigée en modèle, affaiblissement du journalisme de qualité, violence parfois extrême contre les reporters… Au-delà de ces phénomènes, a expliqué le co-président de la Commission, il est de notre responsabilité de considérer les causes structurelles et de prendre les mesures appropriées (…) car les démocraties, ouvertes, subissent de plein fouet ces bouleversements, tandis que les régimes despotiques en tirent profit”.

Le président de la République française Emmanuel Macron, qui avait reçu la Commission à l’Elysée le 11 septembre, à l’occasion de sa première réunion à Paris, a déclaré : “Nous sommes aujourd’hui à un tournant majeur 70 ans après l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, la liberté d’opinion et d’expression qui est au fondement de nos démocraties et dont nous pensions les progrès irréversibles, se trouve à nouveau menacée et contestée,” avant d’ajouter “je soutiens votre initiative, je suis favorable en nous inspirant de la déclaration présentée aujourd’hui à ce que nous nous mettions d’accord sur un ensemble d’engagements et à ce que nous nous efforcions de rallier à ces engagements le maximum d’Etats. Je suis favorable à ce que nous mettions en place un groupement international d’experts sur ce sujet, parce qu’il n’y a pas de bonheur sans liberté et de liberté sans courage. Vous avez décidé de prendre vos responsabilités, je pense que nous devons en tant que chefs d’Etat et de gouvernement les prendre aussi, et donc je veux ici dire la mobilisation complète de la France dans ce soutien et remercier mes amis chefs d’Etat et de gouvernement ici présents qui je le sais partagent cela.

Puis, sur scène, ont tour à tour pris la parole les présidents Carlos Alvarado (Costa Rica), Beji Caïd Essebsi (Tunisie), Macky Sall (Sénégal), et les Premiers ministres Justin Trudeau (Canada) et Erna Solberg (Norvège). Cette dernière a rappelé l’attachement de son pays à tout appel en faveur de la paix mondiale, des droits de l’Homme et du développement durable. “Sans la liberté d’expression et une vraie communication et un vrai espace pour cela, l’Etat de droit est menacé, les institutions qui les protègent seront sapées, a-t-elle expliqué.

Saluant le travail de Reporters sans frontières (RSF) pour la défense des journalistes et de la liberté de la presse, le président du Sénégal, Macky Sall, a indiqué qu’“en Afrique, il y a une volonté de plus en plus affirmée d’assurer la protection des journalistes et de créer les conditions d’un exercice digne de ce processus“. Le président sénégalais a déclaré “s’engager pleinement à accompagner le Pacte pour l’information et la démocratie”.  Tout comme le président tunisien, Beji Caïd Essebsi qui a soutenu pleinement lors de son discours le processus politique sur l’information et la démocratie. “Nous sommes venus ici pour vous dire : oui, nous sommes pour cette initiative et justement l’avenir nous apportera la preuve.

De son côté, le Premier ministre canadien, Justin Trudeau a rappelé la responsabilité des dirigeants de démocraties libres “de soutenir le besoin d’avoir des médias forts et indépendants en qui nos concitoyens ont confiance. Le Canada, a-t-il affirmé, s’engage à défendre la presse libre auprès de la Commission initiée par Reporters sans frontières”.

Le président du Costa Rica a également rappelé l’importance de maintenir “un espace public pluraliste et libre, et de préserver l’accès à information”. “Le pluralisme et la liberté d’opinion doivent être garantis. L’accès à des données factuelles, l’accès à la connaissance notamment en ce qui concerne les événements actuels relèvent d’un droit fondamental,” a ajouté le chef d’Etat.

La directrice générale de l’Unesco, Audrey Azoulay, et le secrétaire général du Conseil de l’Europe, Thorbjørn Jagland, ont également affiché leur soutien à la tribune. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres (ONU), avait d’ailleurs enregistré un message vidéo quelques jours plus tôt dans lequel il assurait : “Je salue l’initiative que vous avez prise de créer la Commission sur l’information et la démocratie. Elle intervient à un moment critique, où les nouveaux moyens de communication et de diffusion de l’information sont en train de transformer notre monde. Il est plus important que jamais d’avoir accès à des informations pertinentes et fiables. Or cette liberté est de plus en plus menacée (…). Aujourd’hui plus que jamais, nous devons réaffirmer l’importance du débat public, et rappeler qu’il doit se dérouler dans la rigueur et le respect, reposer sur des informations exactes et être ouvert à des voix plurielles. Je vous remercie de contribuer à ouvrir le chemin.

Les Etats, contactés par Reporters sans frontières à raison de leur respect des standards démocratiques, de leur place au Classement mondial de la liberté de la presse et des qualités personnelles de leurs dirigeants, se sont engagés à défendre des garanties démocratiques dans l’espace global de l’information et de la communication en prenant pour référence la Déclaration internationale sur l’information et la démocratie publiée lundi 5 novembre. Après avoir salué “le travail de la Commission internationale indépendante sur l’information et la démocratie initiée par Reporters sans frontières (RSF)”, les chefs d’Etat et de gouvernement ont annoncé avoir “décidé de lancer, en s’inspirant des principes énoncés par cette déclaration, une initiative pour l’information et la démocratie”. A travers cette initiative, ils réitèrent leur engagement en faveur de la liberté d’opinion et d’expression. Les chefs d’Etat et de gouvernement annoncent qu’ils “définiront les objectifs à suivre pour en garantir l’exercice dans le contexte technologique et politique du 21ème siècle”.

“Nous remercions les chefs d’Etat et de gouvernement d’avoir entendu notre appel”, a déclaré Christophe Deloire, co-président de la Commission sur l’information et la démocratie, avant d’ajouter qu’il est nécessaire de créer “un Groupe international d’experts pour l’information et la démocratie, à l’instar de ce qu’est le GIEC pour le réchauffement climatique. La comparaison avec le processus sur le climat ne relève pas du hasard, car comme pour le climat, il y a pour l’information et la démocratie un risque de spirale et d’emballement. L’écosystème de l’information est lui aussi déréglé. Le point de rupture est proche”, a conclu Christophe Deloire.

Présents à l’évènement, cinq membres de la Commission ont tour à tour pris la parole afin de rappeler que le journalisme, sous le feu de nombreuses menaces, est plus que jamais essentiel pour protéger la démocratie. “Il faut une information qui soit fiable, qui ne soit pas corrompue et aujourd’hui l’un des fléaux auquel on fait face ce sont les nouvelles corrompues comme la commission l’a souligné,” a déclaré l’économiste indien Amartya Sen.

La Commission est composée de 25 personnalités de 18 nationalités : les lauréats du Nobel Amartya Sen, Joseph Stiglitz et Mario Vargas Llosa, la lauréate du prix Sakharov Hauwa Ibrahim, et également, par ordre alphabétique, des spécialistes des nouvelles technologies, d’anciens dirigeants d’organisations internationales, des juristes et journalistes, à savoir Emily Bell, Yochai Benkler, Teng Biao, Nighat Dad, Can Dündar, Primavera de Filippi, Mireille Delmas-Marty, Abdou Diouf, Francis Fukuyama, Ulrik Haagerup, Ann Marie Lipinski, Adam Michnik, Eli Pariser, Antoine Petit, Navi Pillay, Maria Ressa, Marina Walker, Aidan White et Mikhail Zygar.

voir l’interview de Christophe Deloire

Prix RSF 2018 pour la liberté de la presse

Prix RSF 2018 pour la liberté de la presse

Ce 8 novembre, Reporters sans frontières (RSF) remet le Prix pour la liberté de la presse 2018 au journaliste maltais Matthew Caruana Galizia, à l’Indienne Swati Chaturvedi ainsi qu’à la journaliste philippine Inday Espina-Varona, lors d’une cérémonie organisée pour la première fois à Londres. Un prix spécial a été décerné à la journaliste britannique Carole Cadwalladr.

Pour la première fois de son histoire, RSF remet le Prix pour la liberté de la presse 2018 à Londres, lors d’une cérémonie organisée à la Getty Images Gallery, ce jeudi 8 novembre. La cérémonie, présentée par Lindsey Hilsum, chef du service international de Channel 4 News, a réuni de nombreux invités prestigieux, parmi lesquels Eve Pollard, présidente du conseil d’administration du bureau de RSF à Londres et figure légendaire de Fleet Street, Lyse Doucet, journaliste emblématique de la BBC, le dissident chinois Wu’er Kaixi et deux anciens lauréats du Prix RSF, les journalistes turc et syrienne, Can Dündar et Zaina Erhaim…

Le Prix du Courage
Le Prix du Courage, qui récompense un journaliste pour avoir fait preuve de courage dans l’exercice, la défense ou la promotion du journalisme, a été décerné à Swati Chaturvedi. Cette journaliste d’investigation indienne a fait l’objet de violentes campagnes de harcèlement en ligne pour ses enquêtes sur la “cellule IT” du parti du Premier ministre Narendra Modi (BJP), célèbre pour entretenir une armée de trolls déchaînés. En recueillant des témoignages au coeur même de cette cellule, elle a révélé comment ces millions de “yoddhas” (“guerriers” en hindi), comme les surnomme Narendra Modi, sont chargés d’attaquer sur les réseaux sociaux les journalistes ciblés par le parti nationaliste hindou.

 

 

Le Prix de l’Impact
Le Prix de l’Impact, qui récompense un journaliste dont le travail a permis une amélioration concrète de la liberté, l’indépendance et le pluralisme du journalisme ou une prise de conscience sur ce sujet, a été remis à Matthew Caruana Galizia, journaliste maltais, lauréat du Prix Pulitzer 2017 pour son travail sur les Panama Papers au sein du Consortium international de journalisme d’investigation (ICIJ). Matthew Caruana Galizia, 32 ans, est le fils de la journaliste maltaise Daphne Caruana Galizia, assassinée dans l’explosion de sa voiture piégée le 16 octobre 2017 à Malte. En 2018, Matthew Caruana Galizia a quitté l’ICIJ pour mener campagne en faveur d’une justice pleine et entière pour sa mère et pour toutes les affaires qu’elle avait mises en lumière lors de ses investigations, et qui lui ont coûté la vie.

 

 

Le Prix de l’Indépendance
Le Prix de l’Indépendance, qui récompense un journaliste pour sa résistance aux pressions financières, politiques, économiques ou religieuses, a été attribué à la Philippine Inday Espina-Varona. Journaliste chevronnée, par ailleurs très active sur les réseaux sociaux, Inday Espina-Varona a mené de nombreuses enquêtes sur des questions sensibles dans la société philippine, comme la prostitution des mineurs, les violences faites aux femmes, les questions LGBT ou encore le Front Moro de libération islamique sur l’île de Mindanao. Défenseuse acharnée de la liberté d’informer, elle représente aujourd’hui la résistance à la “démocrature” du président Rodrigo Duterte qui, depuis son arrivée au pouvoir en 2016, a lancé une guerre ouverte contre les médias indépendants.

 

 

Chaque année, le Prix RSF pour la liberté de la presse salue le courage, la ténacité et la qualité du travail de journalistes du monde entier qui n’hésitent pas à braver de nombreux obstacles et dangers pour la recherche de la vérité, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. Nous espérons que ce Prix leur offrira soutien et protection afin qu’ils poursuivent leur travail face aux pressions croissantes exercées contre eux et contre leurs médias dans leurs pays d’origine.”

 

“L’esprit de RSF”
Un Prix spécial, “L’esprit de RSF”, créé pour récompenser un journaliste, un média ou une ONG britannique, a été décerné à la journaliste de The Guardian and The Observer, Carole Cadwalladr, pour son reportage sur la manipulation des processus démocratiques aux États-Unis et au Royaume-Uni. Son enquête a ainsi révélé le rôle de la société d’analyse de données Cambridge Analytica dans les campagnes de Trump et du Brexit. Ses reportages lui valent d’être, aujourd’hui encore, victime de pressions et de harcèlement.

 

 

A propos du Prix RSF
Créé en 1992, le Prix Reporters sans frontières a déjà récompensé le Prix Nobel de la paix, Liu Xiaobo, le blogueur saoudien emprisonné Raïf Badawi, le journal turc Cumhuriyet… Le Prix contribue chaque année aux avancées de la liberté de l’information en récompensant des journalistes et des médias s’étant illustrés dans la défense ou la promotion de la liberté de l’information. Outre leur dimension honorifique, les prix remis aux lauréats sont accompagnés d’une dotation d’une valeur de 2500 euros.

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Partenaires 
TV5MONDE est le partenaire historique du Prix RSF.
Cette année, le Prix RSF est également soutenu par 4 New Square Solicitors, the European Publishers Council et Heineken.

A propos de TV5MONDE
TV5MONDE, la chaîne culturelle francophone mondiale, a pour vocation de promouvoir la création francophone et la langue française à travers le monde. Présent dans 198 pays et auprès de 370 millions de foyers, TV5MONDE, qui sous-titre ses programmes en 14 langues, est l’un des plus grands réseaux mondiaux de télévision avec 9 chaînes généralistes régionalisées et 2 chaînes thématiques (TiVi5MONDE et TV5MONDE Style). La chaîne fait rayonner les programmes de ses chaînes partenaires, ses émissions propres et diffuse des œuvres francophones tels que le cinéma, la fiction, le documentaire ou le spectacle vivant.

 


A PROPOS DE L’ÉVÉNEMENT :

·  le Prix pour la liberté de la presse 2018 a eu lieu le 8 novembre à la Gallerie Getty Images à Londres

·  Les lauréats seront disponibles à Londres pour des interviews les 8 et 9 novembre

·  Pour plus d’informations, demandes d’interviews et d’images, merci de contacter :
Rebecca Vincent, Directrice du bureau RSF Royaume-Uni à rvincent@rsf.org ou +44 (0) 7583 137 751
Padraig Reidy, Directeur éditorial, agence 89up à padraig@89up.org ou +44 (0) 7947 242 476.
Julie Bance, Chargée des relations presse au siège de RSF Paris à jbance@rsf.org ou +33 (0) 781 760 225

100 photos pour la liberté de la presse Vincent Munier

100 photos pour la liberté de la presse Vincent Munier

Des photos époustouflantes à la force hypnotique et aux blancs subtils : les animaux, tour à tour fragiles, puissants et gracieux, saisis dans leurs biotopes traités à l’égal de leurs habitants …

En cette fin d’année 2018, RSF met au pied des sapins un manifeste visuel pour la préservation de la biodiversité ! Vincent Munier, photographe au style inimitable, nous offre ses plus beaux clichés animaliers, de l’Antarctique au Japon en passant par la savane africaine et les Vosges.

Ouvrier horticole à 20 ans pour financer l’achat de son premier téléobjectif, puis reporter-photographe à L’Est Républicain, le jeune Vosgien décide en 2002 de se consacrer exclusivement et professionnellement à la vie sauvage. Très rapidement, il se fait connaître par une écriture unique où la brume, la pluie, la neige et le blizzard enveloppent poétiquement paysages graphiques et animaux rares, dont on distingue parfois seulement la silhouette. Ces images exceptionnelles naissent de quêtes lointaines dans les espaces inhabités près des pôles ou sur les hauts plateaux d’Asie et d’Afrique, et de longues patiences pour se fondre dans le grand blanc et y surprendre ses légitimes occupants : ours du Kamtchatka, loups de l’Arctique, manchots de l’Antarctique… Au fil de ses voyages et de ses exploits photographiques, Vincent Munier s’est naturellement imposé comme l’un des plus grands photographes animaliers de sa génération. Premier à avoir reçu le prix Eric Hosking du concours international de BBC Wildlife trois années de suite, il expose dans des galeries d’art et publie dans des magazines prestigieux à travers le monde.

DOSSIER SPÉCIAL ” LE JOURNALISME VERT BROIE DU NOIR “

Dans de nombreux pays du monde, les journalistes qui traitent d’environnement ressemblent de plus en plus à leurs confrères et consoeurs reporters de guerre ou spécialistes des mafias : quand on ne les assassine pas comme au Brésil, aux Philippines, au Mexique ou en Inde, quand on ne les emprisonne pas comme en Russie ou aux Etats-Unis, on tente par tous les moyens d’empêcher, de saboter ou de confiner leurs enquêtes. La criminalité environnementale et l’urgence écologique, qui décuplent leur courage, convaincront-elles les médias de leur accorder la primauté qui leur revient ?

Dossier de presse à télécharger : DP_MUNIER_V5

L’album est disponible ici